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César / Oscar 2016 : le match en 5 rounds

Posté par kristofy, le 1 mars 2016

Les patients: Vincent Lindon, Leonardo DiCaprio, et Ennio Morricone !

Florence Foresti avait souligné que Vincent Lindon était un peu notre Leonardo à nous, plusieurs fois nominé mais pas encore Césarisé et que cette fois ça serait la bonne (Flo : merci du spoiler), et en effet César pour Lindon et Oscar pour DiCaprio. Mais c’était aussi la même situation pour une personnalité plus discrète, le compositeur italien Ennio Morricone, qui décroche enfin un Oscar pour une musique de film à 87 ans !

Vincent Lindon a été nommé 5 fois : meilleur acteur La Crise 1993, Ma petite entreprise 2000, Ceux qui restent 2008, Welcome 2010, Quelques heures de printemps 2013… avant d’obtenir enfin un César la 6ème fois pour La loi du marché.

Leonardo DiCaprio a été nommé 4 fois : meilleur second rôle Gilbert Grape 1994, meilleur acteur pour Aviator 2005, Blood Diamond 2007, Le Loup de Wall Street 2014 (ainsi que comme producteur)… avant d’obtenir enfin un Oscar la 5ème fois pour The Revenant.

Ennio Morricone a été nommé 5 fois sans Oscar (et pas pour ses célèbres musiques de western) : meilleure musique originale pour Les Moissons du ciel de Terrence Malick 1979, Mission de Roland Joffé 1986, Les Incorruptibles de Brian De Palma 1987, Bugsy de Barry Levinson 1991, Malena de Giuseppe Tornatore 2000. Il a tout de même reçu un Oscar honorifique pour l'ensemble de sa carrière en 2007, et cette année, il reçoit l'Oscar de la meilleure musique originale pour Les Huit Salopards (il était d’ailleurs en même temps nominé au César de la meilleure musique originale pour En mai, fais ce qu'il te plaît, 3 fois au César sans aucune récompense…).

Avantage : Oscar

Des seconds rôles nordiques de première catégorie

César : Karin Viard (21 nuits avec Pattie), Agnès Jaoui (Comme un avion), Noémie Lvovsky (La belle saison), Sara Forestier (La tête haute), Sidse Babett Knudsen (L'hermine). C’est Sidse Babett Knudsen qui a gagné, mais dans le film L'hermine c’est elle le premier rôle féminin ! Pourquoi elle n’était pas dans la catégorie meilleure actrice ? Parce que cette catégorie principale est devenu au fil du temps un concours entre les monstres sacrés - 13 nominations pour Catherine Deneuve, 15 nominations pour Isabelle Huppert - et les comédiennes qui portent un film sur leurs épaules.

Oscar : Jennifer Jason Leigh (Les 8 Salopards) ; Rooney Mara (Carol) ; Rachel McAdams (Spotlight) ; Alicia Vikander (The Danish Girl) ; Kate Winslet (Steve Jobs). C’est Alicia Vikander qui a gagné, mais dans le film The Danish Girl c’est aussi elle le premier rôle féminin ! Pourquoi elle n’était pas en catégorie meilleure actrice ? Parce que cette catégorie principale n’est plus pour une meilleure interprétation mais pour un choix stratégique pour obtenir l'Oscar, et les producteurs-distributeurs veulent multiplier le nombre de nominations et les chances de gagner. Ainsi Juliette Binoche, rôle central du Patient anglais avait davantage de chance de l'avoir en second-rôle que si elle avait été "actrice principale" où sa collègue Kristin Scott Thomas avait ses chances. Ce calcul fait que pour le film Carol le duo d’égale importance est partagé entre catégorie meilleure actrice pour Cate Blanchett et catégorie second rôle pour Rooney Mara (bien que elle seule ait eu le prix d’interprétation à Cannes…). Donc face aux favorites (Charlotte Rampling, Saoirse Ronan, Brie Larson oscarisée) il était plus prudent de ‘placer’ Alicia Vikander en catégorie second rôle féminin…

Avantage : nul

Un meilleur film en langue étrangère toujours suspect

César : Birdman (USA), Le Fils de Saul (Hongrie), Taxi Teheran (Iran), Mia Madre (Italie), Youth (Italie), Le tout nouveau testament (franco-Belgique), Je suis mort mais j’ai des amis (franco-Belgique). Avec 2 films italiens et 2 films franco-Belges (car une règle qu’il faudrait supprimer oblige d’inclure dans cette catégorie des films francophones-, les César peuvent tout se permettre (y compris oublier les films asiatiques ou latino-américains), en mélangeant exercice de style, comédie, mélodrame... Et donc aucune nomination pour Mad Max Fury Road qui a gagné 6 Oscars (sur 10 nominations) ? Le Fils de Saul était évidement le favori, et bizarrement le César a été attribué à Birdman… Pour mémoire déjà en 1995 le César du meilleur film étranger avait récompensé la comédie culte Quatre mariages et un enterrement face à Pulp Fiction de Quentin Tarantino (Palme d’or à Cannes et Oscar du meilleur scénario) et La Liste de Schindler de Steven Spielberg (7 Oscars dont meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario…). C’est quoi le problème avec cette catégorie pour les votants des Césars ?

Oscar : L'étreinte du Serpent (Colombie) ; Mustang (France); Le Fils de Saul (Hongrie), Theeb (Jordanie); A War (Danemark). On note une moins grande variété de genre mais une vraie diversité de styles cinématographiques et un penchant pour des films d'auteurs assez pointus. Pourtant, la manière de sélectionner les films (quasiment soviétique), et le fait de mettre le Népal à égalité avec l'Italie ou la Chine pose toujours problème. Trois de ces films étaient à Cannes (2 à la Quinzaine des réalisateurs, et Le Fils de Saul récompensé du Grand prix du jury du festival de Cannes, donc le prix le plus important après la Palme d’or). Le Fils de Saul était donc évidement le favori, et logiquement il a reçu l’Oscar du Meilleur film en langue étrangère.

Avantage : Oscar

Aimés en mai, rejetés en février

César : Dheepan de Jacques Audiard, c’est la Palme d’or du Festival de Cannes (avec dans le jury tout de même Ethan et Joel Coen, Guillermo del Toro, Xavier Dolan…), et 9 nominations aux Césars… Jacques Audiard est adoré par les professionnels avec à son compte 3 Césars pour De battre mon cœur s'est arrêté, 3 Césars pour Un prophète, 1 César pour De rouille et d'os…, mais cette année il y a eu comme un Audiard-bashing… Le film a divisé la critique et surtout ce fut le plus gros échec public de Audiard depuis 20 ans. Résultat aucun César !

Oscar : Sicario de Denis Villeneuve, en compétition à Cannes, 30 millions de budget et environ 90 millions de recettes, 3 nominations techniques (meilleure photographie pour Roger Deakins, sa 13e infructueuse, meilleure musique, meilleur montage de son) mais aucune nomination pour le scénario, le réalisateur, ou le film… C’est le film qui aurait dû faire concurrence à Mad Max Fury Road et à The Revenant, mais il en a été décidé autrement. On pourrait dire la même chose de Carol, grand favori jusqu'aux Golden Globes, et qui repart bredouille. Résultat aucun Oscar !

Avantage : nul

Les minorités, véritables gagnantes des deux cérémonies

Zabou et Pierre Deladonchamps : «Dans notre milieu d’artistes de toutes origines pas le place pour la xénophobie, pas de place pour la misogynie, pas de place non plus pour l’homophobie, pas de place non plus pour l’antisémitisme [lol]… Il y a ici ce soir des gens de grand talent, et des gens qui n’en n’ont pas du tout…et des pourritures humaines qui vendraient leur mère pour une paire de Louboutin… Je connais des votants qui ne sont pas sympas et qui eux-mêmes insultent les gens…»
Voila une pique pour ‘la grande famille du cinéma français’ qui aussi doit se pencher sur une meilleure représentation des minorités devant comme derrière la caméra. En France, on se donne bonne conscience en votant pour Fatima, c'est bien, mais on est aussi obligé de rappeler que Loubna Abidar est sans papiers et menacée dans son pays.

Côté Oscar une polémique ‘OscarSoWhite’ enflait sur l’absence de personnalités Noires (ni interprétation, ni réalisation…) avec des votants en majorité Blancs et âgés. Des mesures ont été prises pour un renouvellement des votants avec plus de diversité, et aussi plus de femmes.
Chris Rock : « Pensez-y : il n'y a aucune véritable raison d’avoir une catégorie pour les hommes et une autre pour les femmes pour un prix d’interprétation. Si vous voulez des gens Noirs chaque année à cette cérémonie des Oscars, il faudrait alors juste une nouvelle catégorie meilleure interprétation black, comme quand un Blanc dit ‘mon meilleur ami noir’… En fait, nous voulons avoir l'opportunité d'avoir de bons rôles. Nous voulons que des acteurs Noirs aient les mêmes opportunités que les acteurs Blancs… »
La polémique n’est donc tant du côté des nominations mais plus du côté des producteurs et distributeurs de films…

Avantage : Oscar

César / Oscar 2016, le match en 5 rounds : La cérémonie des Oscars remporte 3 rounds contre celle des Césars, les deux organisations et leurs membres votants vont devoir faire mieux pour l'année prochaine... Ou pas.

Oscars 2016: Spotlight, DiCaprio et Mad Max sacrés par Hollywood

Posté par vincy, le 29 février 2016

Toutes les nominations et le live en direct sur notre compte twitter.

Palmarès très équilibré cette année aux Oscars, avec trois gagnants très différents. Spotlight a remporté le titre de meilleur film, amplement mérité, dans une course très ouverte. Avec deux Oscars, le film a su déjouer les pronostics et démontre une fois de plus qu'on peut faire un cinéma populaire et intelligent, même si le box office n'est pas phénoménal.  Et finalement quoi de mieux pour cette 88e cérémonie très très engagée politiquement, et menée brillament par Chris Rock que de couronner un film lui-même très politique?!

Mad Max Fury Road a triomphé par le nombre et fait une importante razzia dans les catégories techniques avec six Oscars. Le festival de Cannes, qui l'avait présenté en avant-première mondiale, a aussi pu compter sur trois autres prix prestigieux: Le fils de Saul (film en langue étrangère), Vice-Versa (animation) qui fait gagner un 8e Oscar à Pixar et un 10e au groupe Disney dans cette catégorie et Amy comme meilleur documentaire. Pour Le Fils de Saul, c'était la 9e fois que la Hongrie était nommée dans cette catégorie. Le cinéma hongrois n'avait remporté l'Oscar qu'une seule fois, en 1981, avec Mephisto de István Szabó.

Les Oscars ont pour l'instant récompensé de nombreux professionnels non américains, de la danoise Alicia Vikander aux britannique Mark Rylance et Sam Smith (qui fait une fois de plus gagner l'Oscar de la meilleure chanson à James Bond). Sans oublier la pakistanaise Sharmeen Obaid-Chinoy, le chilien Gabriel Osorio Vargas (c'est seulement le 2e Oscar pour ce pays) et bien sur le mexicain Emmanuel Lubezki qui rentre dans l'histoire avec un troisième Oscar consécutif dans sa catégorie (directeur de la photographie) après ceux de Gravity et Birdman. Pour l'italien et la légende de la musique de film Ennio Morricone, la sixième nomination aura été la bonne (même s'il avait déjà reçu un Oscar d'honneur en 2007).

Evidemment on retient surtout le deuxième Oscar consécutif du réalisateur mexicain Alejandro G. Innaritu, un an après Birdman. C'est le troisième cinéaste à réussir cet exploit après Joseph L. Mankiewicz (1948-1949) et John Ford (1940-1941). Il offre surtout l'Oscar tant attendu pour l'un des plus acteurs de ces 20 dernières années: Leonardo DiCaprio. Il l'a enfin eu. C'était le couronnement attendu autant pour la cérémonie que pour la star. Avec trois Oscars "historiques", The Revenant n'aura pas tout perdu.

Film: Spotlight de Tom McCarthy
Réalisateur: Alejandro G. Inarritu (The Revenant)
Acteur: Leonardo DiCaprio ( The Revenant)
Actrice: Brie Larson (Room)
Second-rôle masculin: Mark Rylance (Le Pont des Espions)
Second-rôle féminin: Alicia Vikander (The Danish Girl)
Film d'animation (long métrage): Vice-Versa (Inside Out)
Film documentaire (long métrage): Amy d'Asif Kapadia & James Gay-Rees
Film en langue étrangère: Le fils de Saul de Laszlo Nemes
Court métrage: Stutterer de Benjamin Cleary
Film d'animation (court): Bear Story de Gabriel Osorio Vargas (Chili)
Film documentaire (court): A Girl in the River: The Price of Forgiveness de Sharmeen Obaid-Chinoy
Scénario original: Tom McCarthy & Josh Singer (Spotlight)
Scénario (adaptation): Adam McKay & Charles Randolph, d'après sur le livre The Big Short: Inside the Doomsday Machine de Michael Lewis (The Big Short)
Musique: Ennio Morricone (Les 8 Salopards)
Chanson: Writing's On The Wall (007 Spectre) de Sam Smith et James Napier
Image: Emmanuel Lubezki (The Revenant)
Montage: Margaret Sixel (Mad Max: Fury Road)
Décors: Colin Gibson & Lisa Thompson (Mad Max: Fury Road)
Costumes: Jenny Beavan (Mad Max: Fury Road)
Maquillages et coiffures: Lesley Vanderwalt, Elka Wardega & Damian Martin (Mad Max: Fury Road)
Montage son: Mark Mangini & David White (Mad Max: Fury Road)
Mixage son: Chris Jenkins, Gregg Rudloff & Ben Osmo (Mad Max: Fury Road)
Effets visuels: Andrew Whitehurst, Paul Norris, Mark Ardington & Sara Bennett (Ex Machina)

Spotlight grand vainqueur des Independent Spirit Awards 2016

Posté par vincy, le 28 février 2016

Si les Oscars sont assez ouverts et pourraient décevoir la Warner, il est certain que le studio se consolera avec cette razzia de prix pour Spotlight aux Independent Spirit Awards. Le film de Tom McCarthy décryptant l'enquête journalistique sur le scandales de prêtres et curés pédophiles de Boston a raflé les principaux prix: film, réalisateur, scénario, montage et le prix Robert Altman qui récompense à la fois des directeurs de castings et l'ensemble des acteurs.

Pour le reste, seuls deux films ont reçu deux prix chacun: Beasts of No Nation avec les deux récompenses pour l'interprétation masculine et Room avec le prix de la meilleure actrice et celui du premier scénario.

Carol, l'un des favoris, a quand même récupéré le prix de la meilleure image. Et surtout Tangerine avec un prix du meilleur second-rôle féminin, a fait l'histoire: Mya Taylor est la première actrice transgenre à être distinguée dans un grand prix américain.

Le palmarès complet:
Meilleur film: Spotlight
Meilleur réalisateur: Tom McCarthy, Spotlight
Meilleur scénario: Tom McCarthy & Josh Singer, Spotlight
Meilleur premier film: The Diary of a Teenage Girl
Meilleur premier scénario: Emma Donoghue, Room (d'après son roman)
Meilleur acteur: Abraham Attah, Beasts of No Nation
Meilleure actrice: Brie Larson, Room
Meilleur second-rôle masculin: Idris Elba, Beasts of No Nation
Meilleur second-rôle féminin: Mya Taylor, Tangerine
Meilleur documentaire: The Look of Silence
Meilleur film international: Le fils de Saul
Meilleure image: Carol
Meilleur montage: Spotlight
Prix John Cassavetes (film à moins de 500000$): Krisha
Prix Robert Altman (casting): Spotlight

Mon film de l’année 2015 : La chambre interdite de Guy Maddin

Posté par MpM, le 28 décembre 2015

la chambre interdite

S’il ne faut retenir qu’un seul film de l’année 2015, c’est forcément le film-somme de Guy Maddin (coréalisé avec Evan Johnson), cette Chambre interdite qui convoque rien de moins que les fantômes des films perdus des grands cinéastes du passé, de Murnau à Hitchcock en passant par Ford ou Lang. A la fois romanesque et irrévérencieux, fantastique et baroque, gonflé et sublime, il emporte le spectateur dans un foisonnement d’histoires emboîtées les unes dans les autres et dont les échos se répondent de séquence en séquence. Une baignoire prête pour le bain nous amène dans un sous-marin où l’apparition soudaine d’un Forestier nous fait basculer dans une forêt où des brigands ont enlevé une jeune femme qui…

On se perd avec bonheur dans ce labyrinthe aux dédales à la fois déroutants et d’une grande cohérence qui propose un voyage dans le cinéma des origines dont il emprunte une partie de l’esthétisme : images déformées et tremblantes, lumières vacillantes, inserts et cartons dignes du cinéma muet, expressionnisme, surimpressions, clair-obscur, auréoles noires autour de l’image, bords flous, couleurs saturées… C’est une splendeur visuelle constamment renouvelée, aux confins de l’expérimentation radicale et de la réinvention inspirée.

Avec cette boulimie gourmande à la fois scénaristique et visuelle, Guy Maddin et Evan Johnson touchent à l’essence même du cinéma qui est de raconter des histoires, imaginer des situations, animer des personnages, créer des interactions, faire des clins d’œil au spectateur et multiplier les niveaux de lecture comme autant de poupées russes. Ce qui se joue, c’est au-delà d’un simple un film, une véritable prise de position artistique, presque un manifeste pour réaffirmer ce qu’est le cinéma et d’où il vient.

Voilà pourquoi notre année 2015 gardera l’empreinte de ce voyage onirique et sensoriel, mais aussi spectral, aux multiples clefs et interprétations, qui revient à un principe fondamental : le plaisir brut du cinéma.

Mais bien sûr, d'autres films auront fait à leur manière cette année cinéma. Côté documentaires, on retiendra trois styles complètement différents pour évoquer les traumatismes du passé : The look of silence de Joshua Oppenheimer, L'image manquante de Rithy Panh et Une jeunesse allemande de Jean-gabriel Périot. Côté cinéma français, ce sont les premiers films qui ont fait la différence : Le grand jeu de Nicolas Pariser, Ni le ciel ni la terre de Clément Cogitore et Mustang de Deniz Gamze Ergüven. Côté cinéma européen, on a fait le grand écart entre Le fils de Saul de Lazlo nemes, qui a ouvert un nouveau chapitre du cinéma sur la Shoah, et Les milles et une nuits, projet fou de Miguel Gomes qui parle si bien de notre époque. Le cinéma latino-américain nous aura gâté avec L'étreinte du serpent de Ciro Guerra et Le bouton de nacre de Patricio Guzman. Et le cinéma asiatique avec Cemetery of splendor de Apichatpong Weerasethakul et Taxi Téhéran de Jafar Panahi. C'est dire si, une fois de plus, on aura voyagé, rêvé, réfléchi et traversé des quantités d'émotions complexes par la simple magie d'un écran éclairé dans une salle obscure.

Oscars 2016: 9 finalistes pour la catégorie du meilleur film en langue étrangère

Posté par vincy, le 18 décembre 2015

Ils étaient 80. Ils ne sont plus que 9. La "short-list" pour l'Oscar du meilleur film en langue étrangère s'est considérablement affinée. Ils ne seront que 5 le 14 janvier lorsque les nominations aux Oscars seront révélées.

Six d'entre eux ont été choisis par les membres de l'académie et les trois autres ajoutés par le comité spécial en charge de cette catégorie. Première constatation : l'Europe domine la sélection. Seuls les films de Jordanie et de Colombie font de la résistance. Deuxième constat: le Festival de Cannes place quatre films, dont trois provenant de la Quinzaine des réalisateurs aux côtés du Grand prix du jury de la compétition. Troisième chose à retenir: ni Ours, ni Palme, ni Leopard ni même Lion d'or dans cette sélection. Quatrième détail important: hormis El Club (Chili), les quatre nominés au Golden Globe du meilleur film en langue étrangère sont dans la liste. Y compris The Fencer, film qui n'a eu aucun prix jusqu'à présent et n'a été dans aucun festival majeur. Enfin, quatre des finalistes sont des nouveaux talents, qui entrent la cour des grands dès leur premier film.

Allemagne: Le labyrinthe des mensonges de Giulio Ricciarelli (Toronto 2014, Prix du Public aux Arcs) - premier long métrage
Belgique: Le tout nouveau testament de Jaco Van Dormael (Quinzaine des réalisateurs 2015)
Colombie: L'étreinte du serpent de Ciro Guerra (Quinzaine des réalisateurs 2015, Prix CICAE Cannes 2015) - en photo
Danemark: Krigen (A War) de Tobias Lindholm (Venise 2015)
Finlande: The Fencer de Klaus Härö
France: Mustang de Deniz Gamze Ergüven (Quinzaine des réalisateurs 2015, 20 prix dans le monde) - premier long métrage
Hongrie: Le fils de Saul de Laszlo Nemes (Cannes 2015, Grand prix du jury) - premier long métrage
Irlande: Viva de Paddy Breathnach (Telluride 2015)
Jordanie: Theeb de Naji Abu Nowar (Venise 2014, Meilleur réalisateur sélection Orrizzonti) - premier long métrage

Golden Globes 2016: Carol domine The Big Short, The Revenant et Steve Jobs

Posté par vincy, le 10 décembre 2015

On aurait pu le croire distancer depuis sa présentation au Festival de Cannes mais le film de Todd Haynes, Carol, qui sort le 6 janvier en France, est bel et bien un favori pour les Oscars cette année. Après sa belle razzia aux New York Critics Circle Awards, le film empoche 5 nominations aux Golden Globes, dont film, réalisateur, musique et deux nominations fratricides pour ses deux actrices.

Il devance ainsi The Revenant, qui pourrait valoir enfin un Oscar à DiCaprio, The Big Short (Le casse du siècle), la surprise de ces nominations tant il n'apparaissait sur aucuns radars, et Steve Jobs. Ces trois films obtiennent quatre nominations même si le biopic sur le fondateur d'Apple n'est pas retenu parmi les meilleurs films. 5 films décrochent trois nominations et parmi eux seuls Spotlight, Room et Seul sur Mars sont nommés en meilleur film. Mad Max réussit tout de même l'exploit d'avoir deux nominations dans les deux catégories reines: film et réalisateur.

Bien sûr il y a quelques surprises dans la liste des oubliés: Johnny Depp, les acteurs de Spotlight, Tom Hardy, Meryl Streep, pourtant chouchou des Golden Globes, Charlotte Rampling, Elizabeth Banks...

Bref, la compétition est très ouverte entre des favoris des critiques, des succès du box office respectés, et quelques nouveaux chouchous comme Trumbo, favori des Screen Actors Guild Awards. Notons également la double nomination d'Alicia Vikander (actrice et second rôle).
Pour finir, la catégorie du film en langue étrangère a choisit Mustang, Le nouveau testament, Le fils de Saul mais aussi El Club et un film nordique, The Fencer.

Meilleur film (drame): Carol ; Mad Max : Fury Road : The Revenant ; Room ; Spotlight
Meilleur film (comédie): The Big Short (Le casse du siècle) ; Joy ; Seul sur Mars ; Spy ; Trainwreck
Meilleur réalisateur: Todd Haynes (Carol) ; Alejandro G. Inarritu (The Revenant) ; Tom McCarthy (Spotlight) ; George Miller (Mad Max) ; Ridley Scott (Seul sur Mars)
Meilleur scénario: Room ; Spotlight ; The Big Short (Le casse du siècle) ; Steve Jobs ; The Hateful Eight
Meilleur acteur (drame): Bryan Cranston (Trumbo) ; Leonardo DiCaprio (The Revenant) ; Michael Fassbender (Steve Jobs) ; Eddie Redmayne (The Danish Girl) ; Will Smith (Concussion)
Meilleur acteur (comédie): Christian Bale (The Big Short) ; Steve Carell (The Big Short) ; Matt Damon (Seul sur Mars) ; Al Pacino (Danny Collins) ; Mark Ruffalo (Infinitely Polar Bear)
Meilleure actrice (drame): Cate Blanchett (Carol); Brie Larson (Room) ; Rooney Mara (Carol) ; Saoirse Ronan (Brooklyn) : Alicia Vikander (The Danish Girl)
Meilleure actrice (comédie): Jennifer Lawrence (Joy) ; Melissa McCarthy (Spy) ; Amy Schumer (Trainwreck) ; Maggie Smith (The Lady in the Van) ; Lily Tomlin (Grandma)
Meilleur second-rôle masculin: Paul Dano (Love & Mercy) ; Idris Elba (Beasts of No Nation) ; Mark Rylance (Le Pont des espions) ; Michael Shannon (99 Homes) ; Sylvester Stallone (Creed)
Meilleur second-rôle féminin: Jane Fonda (Youth) ; Jennifer Jason Leigh (The Hateful Eight) ; Helen Mirren (Trumbo) ; Alicia Vikander (Ex Machina) ; Kate Winslet (Steve Jobs)
Meilleur film d'animation: Anomalisa ; Le voyage d'Arlo ; Vice-Versa ; Snoopy et les Peanuts, le film ; Shaun le mouton
Meilleur film en langue étrangère: Le tout nouveau testament ; El Club ; The Fencer ;; Mustang ; Le fils de Saul
Meilleure musique originale: Ryuichy Sakamoto, Alva Noto (The Revenant) ; Ennio Morricone (The Hateful Eight) ; Daniel Pemberton (Steve Jobs) ; Carter Burwell (Carol) ; Alexandre Desplat (The Danish Girl)
Meilleure chanson: Love Me Like You Do (Cinquante nuances de Grey) ; One Kind of Love (Love & Mercy) ; See You Again (Fast & Furious 7) ; Simple Sound #3 (Youth) ; Writing’s On The Wall (Spectre)

Spotlight et Mad Max: Fury Road sacrés par les critiques de Los Angeles

Posté par vincy, le 7 décembre 2015

Comme toujours, les critiques de Los Angeles regardent ce que leurs confrères de New York ont choisi avant eux-mêmes de faire leur palmarès. On constate que les critiques de Los Angeles ont souvent mis en finalistes les vainqueurs des critiques de New York (Kristen Stewart, Mark Rylance, Edward Lachman, Saoirse Ronan, The Look of Silence, Vice-Versa, Todd Haynes pour la réalisation). Manière d'approuver le tableau d'honneur new yorkais.

Mais il faut bien qu'il se distinguent et leurs vainqueurs sont du coup presque plus surprenants: Mad Max (réalisation, décors, image, et finaliste dans la catégorie meilleur film), Anomalisa, Charlotte Rampling n'étaient pas jusque là dans la liste des favoris dans leur catégorie. Désormais, ils peuvent faire campagne en vue des Oscars, avec l'adoubement des critiques angelinos. Bien sûr on imagine mal Anomalisa gagner contre Vice-Versa l'Oscar du meilleur film d'animation. Mais pour tous les autres, la compétition est ouverte.

Face à Carol, préféré par les new yorkais, les angelinos ont opposé/proposé Spotlight comme concurrent sérieux aux Oscars. Meilleur film et meilleur scénario, le film, présenté en avant-première mondiale à Venise, a déjà reçu plusieurs prix: pour son casting (Gotham Awards, Independent Spirit Awards), scénario (Hollywood Film festival), médaille de bronze du public (Festival de Toronto).

L'autre fait notable est du côté du prix du meilleur film en langue étrangère qui couronne Le Fils de Saul alors qu'il avait remporté le prix du meilleur nouveau réalisateur à NY.

Meilleur film: Spotlight
Meilleur réalisateur: George Miller (Mad Max: Fury Road)
Meilleure actrice: Charlotte Rampling (45 Years)
Meilleur acteur: Michael Fassbender (Steve Jobs)
Meilleur scénario: Tom McCarthy et Josh Singer (Spotlight)
Meilleur film d'animation: Anomalisa
Meilleur film en langue étrangère: Le Fils de Saul
Meilleur documentaire: Amy
Prix nouvelle génération: Ryan Coogler (scénariste et réalisateur de Creed: L'héritage de Rocky Balboa)
Meilleur second-rôle féminin: Alicia Vikander (Ex-Machina)
Meilleur second-rôle masculin: Michael Shannon (99 Homes)
Meilleure image: John Seale (Mad Max: Fury Road)
Meilleure musique: Carter Burwell (Anomalisa, Carol)
Meilleur montage: Hank Corwin (The Big Short - Le casse du siècle)
Meilleurs décors: Colin Gibson (Mad Max: Fury Road)
Prix honorifique pour l'ensemble de sa carrière: Anne V. Coates

Les critiques de New York succombent au charme de Carol

Posté par vincy, le 2 décembre 2015

Todd Haynes réussit à faire presque aussi bien qu'en 2002 avec Loin du Paradis quand il avait emporté 5 prix à l'issue des votes du cercle des critiques de New York (film, réalisateur, scénario, image - déjà Edward Lachman - et les deux seconds rôles). Cette année, avec Carol, il obtient l'image, le scénario, la réalisation et surtout le titre de meilleur film. Carré d'as. Autant dire qu'il rafle l'essentiel et que Carol est définitivement dans les starting blocks pour les Oscars (l'an dernier Boyhood avait raflé trois prix dont film et réalisateur avant de devenir l'un des films les plus primés de la saison).

Notons aussi une sorte de razzia franco-cannoise (Le fils de Saul, Timbuktu et Sils Maria, tous produits en France), qui, avec Vice-Versa, donne ainsi 8 prix, indirectement aux sélections de Thierry Frémaux.

Meilleur film: Carol
Meilleur réalisateur: Todd Haynes (Carol)
Meilleur acteur: Michael Keaton (Spotlight)
Meilleure actrice: Saoirse Ronan (Brooklyn)
Meilleur film d'animation: Vice-Versa
Meilleur documentaire: In Jackson Heights
Meilleur scénario: Phyllis Nagy (Carol)
Meilleure image: Edward Lachman (Carol)
Meilleur second-rôle masculin: Mark Rylance (Le Pont des espions)
Meilleur second-rôle féminin: Kristen Stewart (Sils Maria)
Meilleur film étranger: Timbuktu
Meilleur premier film: Le fils de Saul
Prix spécial: William J. Becker (1927-2015), patron du distributeur Janus Films
Prix spécial: Ennio Morricone (pour la musique de The Hateful Eight)

National Board of Review 2015: Mad Max sacré, Seul sur Mars adoubé, Mustang distingué

Posté par vincy, le 1 décembre 2015

C'est un choc pour ceux qui voyaient le cinéma indépendant en tête de la course aux Oscars. Le National Board of Review, qui a rarement été une prédiction juste pour la statuette la plus célèbre d'Hollywood, a fait, cette année, le choix de films populaires. Mad Max Fury Road a ainsi été sacré par le prix du meilleur film tandis que Seul sur Mars emporte trois prix (réalisation, acteur, adaptation) et The Hateful Eight deux récompenses (second rôle féminin et scénario). On peut y ajouter la surprise Stallone pour le spin-off de Rocky, Creed.

L'autre indicateur intéressant c'est la belle performance des films cannois: meilleur film avec Mad Max donc, mais aussi meilleur film d'animation (Vice Versa), meilleur film en langue étrangère (Le fils de Saul), meilleur documentaire (Amy) et le film franco-turc Mustang distingué par le prix de la liberté d'expression. Il faut ajouter Sicario (deux fois reconnu), Mediterranea (deux fois mentionné), The Tribe et Goodnight Mommy, cités dans les listes finales du NBR.

Meilleur Film: Mad Max: Fury Road
Meilleur réalisateur: Ridley Scott – Seul sur Mars
Meilleur acteur:  Matt Damon – Seul sur Mars
Meilleure actrice: Brie Larson – Room
Meilleur second rôle masculin: Sylvester Stallone – Creed
Meilleur second rôle féminin: Jennifer Jason Leigh – The Hateful Eight
Meilleur scénario: Quentin Tarantino – The Hateful Eight
Meilleur scénario / adaptation: Drew Goddard – Seul sur Mars
Meilleur film d'animation: Vice-Versa
Meilleures révélations: Abraham Attah – Beasts of No Nation & Jacob Tremblay – Room
Meilleur nouveau talent (réalisation): Jonas Carpignano – Mediterranea
Meilleur film en langue étrangère: Le Fils de Saul
Meilleur documentaire: Amy
Prix de l'histoire du cinéma William K. Everson : Cecilia De Mille Presley
Meilleur ensemble d'acteurs: The Big Short (Le Casse du siècle)
Prix Spotlight: Sicario,pour son exceptionnelle vision collaborative
Prix NBR de la liberté d'expression: Beasts of No Nation & Mustang

Top Films
Le Pont des espions
Creed
The Hateful Eight
Vice-Versa
Spotlight
Seul sur Mars
Room
Sicario
Straight Outta Compton

Top 5 Foreign Language Films
Goodnight Mommy
Mediterranea
Phoenix
Une seconde mère
The Tribe

Top 5 Documentaries
Best of Enemies
The Black Panthers: Vanguard of the Revolution
The Diplomat
Listen to Me Marlon
The Look of Silence

Top 10 Independent Films
’71
45 Years
Cop Car
Ex Machina
Grandma
It Follows
James White
Mississippi Grind
Welcome to Me
While We’re Young

Independent’s Spirit Awards: Carol, Spotlight, Beasts of No Nation, Anomalisa et Tangerine grands favoris

Posté par vincy, le 25 novembre 2015

Carol est en tête des nominations aux Independent's Spirit Awards avec 6 nominations, devançant ainsi Beasts of No Nation et Spotlight (5 chacun), Tangerine et Anomalisa (4 chacun).

Pour ces Oscars du cinéma indépendants, qui seront remis le 27 février, le choix est donc ouvert entre le film de Todd Haynes en compétition à Cannes (avec prix d'interprétation et Queer Palm à la clé),  le film de guerre de Cary Joji Fukunaga, doublement récompensé à Venise, l'histoire vraie primée par un Pulitzer adaptée par Thomas McCarthy, lui aussi doublement primé à Venise et et grand gagnant des Gotham Awards, le micro-budget filmé avec un iphone de Sean Baker, prix du jury à Deauville, et le dessin animé de Charlie Kaufman, Grand prix à Venise.

En clair, comble de l'ironie, le festival de Sundance, temple des révélations du cinéma indépendant américain, a été clairement ignoré cette année. Bien sûr certains des films présentés à Sundance grappillent quelques nominations, mais on peut en dire autant de films présentés ailleurs comme Mediterranea et It Follows (Semaine de la critique à Cannes), Room (Telluride et Toronto), Love & Mercy (Toronto et Berlin), The Look of Silence (Venise)... Quatre des cinq films en langue étrangères viennent tout droit de la Croisette. L'autre de la Lagune. Les cinq sont des coproductions ou productions françaises, dont Bande de filles, réalisée par Céline Sciamma, et Mustang et Le Fils de Saul, signés de deux réalisateurs ayant fait leurs études en France.

Autre particularité, le renouvellement. Les cinq acteurs principaux en finale n'ont jusque là jamais été nominés en premier ou en second rôle, et aucun ne fait parti du gratin hollywoodien. Côté seconds rôles masculins, en revanche, trois d'entre eux ont déjà été cités par le passé. Pour les actrices, on note d'abord la double nomination pour les deux interprètes de Carol, Cate Blanchett et Rooney Mara. On salue aussi la première nomination pour deux comédiennes transsexuelles (Kitana Kiki Rodriguez et Mya Taylor). Certes, Brie Larson a déjà été nominée et Cate Blanchett a été récompensée en 2007 (second rôle) et 2013 (rôle principal), en plus d'une nomination en 2004 (second rôle). Mais pour les trois autres, c'est bien une première toutes catégories confondues. En second-rôle, on constate ce même renouvellement puisque seule Jennifer Jason Leigh a déjà été nominée (2 fois en tant qu'actrice, une fois comme second rôle, une fois comme productrice/réalisatrice et une fois comme scénariste), en plus de partager son trophée pour un prix récompensant un casting (2009).

Meilleur film
Anomalisa
Beasts of No Nation
Carol
Spotlight
Tangerine

Meilleur réalisateur
Sean Baker, Tangerine
Cary Joji Fukunaga, Beasts of No Nation
Todd Haynes, Carol
Charlie Kaufman & Duke Johnson, Anomalisa
Tom McCarthy, Spotlight
David Robert Mitchell, It Follows

Meilleur scénario
Charlie Kaufman, Anomalisa
Donald Margulies, The End of the Tour
Phyllis Nagy, Carol
Tom McCarthy & Josh Singer, Spotlight
S. Craig Zahler, Bone Tomahawk

Meilleur premier film
The Diary of a Teenage Girl
James White
Manos Sucias
Mediterranea
Songs My Brothers Taught Me

Meilleur premier scénario
Jesse Andrews, Me and Earl and the Dying Girl (This is not a Love Story)
Jonas Carpignano, Mediterranea
Emma Donoghue, Room
Marielle Heller, The Diary of a Teenage Girl
John Magary, Russell Harbaugh, Myna Joseph, The Mend

Meilleur acteur
Christopher Abbott, James White
Abraham Attah, Beasts of No Nation
Ben Mendelsohn, Mississippi Grind
Jason Segel, The End of the Tour
Koudous Seihon, Mediterranea

Meilleure actrice
Cate Blanchett, Carol
Brie Larson, Room
Rooney Mara, Carol
Bel Powley, The Diary of A Teenage Girl
Kitana Kiki Rodriguez, Tangerine

Meilleur second rôle masculin
Kevin Corrigan, Results
Paul Dano, Love & Mercy
Idris Elba, Beasts of No Nation
Richard Jenkins, Bone Tomahawk
Michael Shannon, 99 Homes

Meilleur second rôle féminin
Robin Bartlett, H.
Marin Ireland, Glass Chin
Jennifer Jason Leigh, Anomalisa
Cynthia Nixon, James White
Mya Taylor, Tangerine

Meilleur documentaire
(T)error
Best of Enemies
Heart of a Dog
The Look of Silence
Meru
The Russian Woodpecker

Meilleur film étranger
Un pigeon perché sur une branche philosophait sur l'existence...
L'étreinte du serpent
Bande de filles
Mustang
Le fils de Saul

Meilleure image
Beasts of No Nation
Carol
It Follows
Meadlowland
Les chansons que mes frères m'ont apprises

Meilleur montage
Heaven Knows What
It Follows
Manos Sucias
Room
Spotlight

Prix John Cassavetes (Meilleur film avec un budget inférieur à $500,000)
Advantageous
Christmas, Again
Heaven Knows What
Krisha
Out of My Hand

Prix Robert Altman Award (Meilleur casting)
Spotlight

Prix Kiehl’s Someone to Watch
Chloe Zhao (productrice, réalisatrice, scénariste Les chansons que mes frères m'ont apprises)
Felix Thompson (réalisateur, scénariste King Jack)
Robert Machoian & Rodrigo Ojeda-Beck (réalisateurs, scénaristes, God Bless the Child)

Prix des Producteurs -Piaget
Darren Dean (Tangerine)
Mel Eslyn (Lamb)
Rebecca Green & Laura D. Smith (It follows)