« Les ailes du silence » pour Jacques Higelin (1940-2018)

Posté par vincy, le 6 avril 2018

jacques higelin jappeloup daniel auteuil

Le chanteur, compositeur et poète Jacques Higelin est mort ce 6 avril des suites d'une longue maladie. Il avait 77 printemps. "C’était un artiste absolu, dont le talent se déclinait à l’infini : auteur, compositeur, interprète, comédien, écrivain, Jacques Higelin était un poète merveilleux qui avait conquis le cœur des mélomanes comme des cinéphiles" explique Frédérique Bredin, présidente du CNC. "Son univers lyrique et flamboyant, sa sensibilité à fleur de peau, son caractère généreux et passionné nous manqueront terriblement" ajoute-t-elle en guise d'hommage.

Né le 18 octobre 1940, Jacques Higelin a d'abord commencé sa carrière comme comédien. A 19 ans il tourne dans Nathalie, agent secret d'Henri Decoin et La Verte Moisson de François Villiers. Ses rôles sont secondaires. Durant les sixties, on le croise quand même dans Bébert et l'Omnibus d'Yves Robert, Concerto mécanique pour la folie ou la folle mécamorphose de Julien Duvivier, Les Saintes chéries : Ève au volant de Jean Becker, Par un beau matin d'été de Jacques Deray, Sept jours ailleurs de Marin Karmitz et Erotissimo de Gérard Pirès.

Alors que sa carrière musicale s'envole, mélange de pop et de rock, de chanson à textes et de prestations scéniques virevoltantes, il tourne moins. On le repère malgré tout dans Elle court, elle court la banlieue de Gérard Pirès, L'An 01 de Jacques Doillon, Alain Resnais et Jean Rouch, Un autre homme, une autre chance de Claude Lelouch, Contre l'oubli de Chantal Akerman et René Allio, Un homme à la mer de Jacques Doillon, À mort la mort ! de Romain Goupil, qui tournera en 2008 un documetaire sur le chanteur, Higelin en chemin. Il prête sa voix au beau film d'animation de Jacques-Rémy Girered, La Prophétie des Grenouilles, réalise avec Lyonel Kouro un court métrage Le rêve. Et finalement apparaît dans un succès populaire en 2013, son ultime film, avant que la maladie ne l'éloigne de la lumière, Jappeloup de Christian Duguay.

Il a aussi écrit la musique du film La bande du Rex de Jean-Henri Meunier (1980). En 2013, dans son (avant-dernier) album Beau Repaire, figure un duo avec Sandrine Bonnaire, "Duo d'anges heureux".

Père du chanteur Arthur H, du comédien et réalisateur Kên Higelin et de la chanteuse et comédienne Izïa Higelin, inspiré par le jazz, Boris Vian, Charles Trenet et Léo Ferré, ses chansons ont traversé les décennies. Il n'était pas un faiseur de tubes (hormis peut-être "Champagne", "Poil dans la main", et "Tombé du ciel") mais remplissait les salles, les petites comme les grandes. Incontestablement, c'était l'un des artistes les plus créatifs du paysage musical français, alliant les contraires, de Didier Lockwood à Brigitte Fontaine, de Téléphone à Youssou n'dour, de Bernard Lavilliers à Jeanne Cherhal.

Les films récompensés ce week-end, de Madrid à Bruxelles en passant par Gérardmer et Rotterdam

Posté par vincy, le 5 février 2018

C'était un festival de palmarès ce week-end.

A Bruxelles, les 8e Prix Magritte ont décerné cinq prix à Une famille syrienne de Philippe Van Leeuw, récompensé en tant que meilleur film, pour sa réalisation, son scénario, son image et sa musique. Les César belges francophones ont aussi primé Home, le film flamand de Fien Troch (meilleur film flamand), Faut pas lui dire (meilleur premier film), Grave (meilleur film étranger en coproduction, meilleurs décors), Chez nous (meilleure actrice pour Emilie Dequenne), King of the Belgians (meilleur acteur pour Peter Van den Begin), Noces (meilleur second-rôle féminin pour Aurora Marion, meilleurs costumes), Le fidèle (meilleur second-rôle masculin pour Jean-Benoît Ugeux), Mon ange (meilleur espoir féminin pour Maya Dory), Dode Hoek (meilleur espoir masculin pour Soufiane Chilah), Sonar (meilleur son), Paris pieds nus (meilleur montage). Et Sandrine Bonnaire a reçu un Magritte d'honneur.

Un peu plus au nord, aux Pays-bas, le 47e Festival international du film de Rotterdam (IFFR) a élu un film chinois, The Widowed Witch de Cai Chengjie, pour son Tigre d'or. Un prix spécial du jury a été remis à The Reports on Sarah and Saleem de Muayad Alayan pour le scénario de Rami Alayan tandis que le film a aussi reçu le Prix du public du Fonds Hubert Bals. Le public a choisi pour son grand prix The Guilty de Gustav Möller, par ailleurs récipiendaire du prix du jury jeunes. Notons que Lucrecia Martel, une habituée cannoise, a été distinguée par le Prix KNF (les critiques néerlandais) pour Zama, tandis que Balekempa d'Ere Gowda a reçu le Prix de la critique internationale FIPRESCI.

A Gérardmer, le jury du 25e Festival internernational du Film Fantastique composé de Mathieu Kassovitz, Pascale Arbillot, David Belle, Nicolas Boukhrief, Judith Chemla, Suzanne Clément, Aïssa Maïga, Olivier Mégaton et Finnegan Oldfield, a plébiscité Ghostland de Pascal Lauguer, une coproduction franco-canadienne qui sortira le 14 mars (avec Mylène Farmer au générique). Ghostland a aussi été honoré du Prix du public et du Prix du jury Syfy. Un autre film canadien, Les affamés, de Robin Aubert (dont Netflix vient d'acquérir les droits), partage le Prix du jury avec Les bonnes manières de Juliana Rojas et Marco Dutra. Ce film franco-brésilien qui sort le 21 mars a aussi reçu le prix de la critique.

Enfin, à Madrid, c'était le week-end des 32e Goyas, les Oscars espagnols. La libreria d'Isabel Coixet, a raflé les prix les plus importants: film, réalisation, scénario adapté. La cinéaste avait déjà remporté un triplé équivalent pour The Secret Life of Words en 2006 (film, réalisation, scénario original). D'autres films sont repartis avec le sourire: Eté 1993 de Carla Simon (premier film, second-rôle masculin pour David Verdaguer, révélation féminine pour Bruna Cusi), Handia, le géant d'Altzo de Aitor Arregi et Jon Garano (scénario original, image, musique, espoir masculin pour Eneko Sagardoy, décors, costumes, direction artistique, maquillage et coiffure, effets spéciaux), El autor de Manuel Martin Cuenca (acteur pour Javier Gutiérrez, second-rôle féminin pour Adelfa Calvo), No sé decir adiós de Lino Escalera (actrice pour Natalie Poza). En animation, la suite de Tad l'explorateur perdu a triomphé. Deux nommés aux Oscars se sont répartis les prix des meilleurs films étrangers: la Palme d'or The Square (meilleur film européen) et le Teddy Award de Berlin Une femme fantastique (meilleur film en langue espagnole). Enfin, Marisa Paredes a reçu un Goya d'honneur. C'était son premier Goya après deux nominations.

Albi 2017 : Les oeillades prennent le large avec Gaël Morel

Posté par MpM, le 22 novembre 2017

Pour sa première soirée, le festival Les oeillades d'Albi avait invité le réalisateur Gaël Morel pour Prendre le large, sorti sur les écrans le 8 novembre dernier. Le film raconte l'histoire d'Edith, une ouvrière textile dont l'usine s'apprête à délocaliser et qui, au lieu de prendre ses indemnités de licenciement, accepte d'être reclassée dans un atelier marocain. Commence alors pour elle une nouvelle vie partagée entre la dureté des conditions de travail et la douceur de belles rencontres.

C'est un très joli portrait de femme que brosse Gaël Morel, qui ne cache pas ce que le film doit à son actrice Sandrine Bonnaire. "Nous n'avons pas écrit le film pour elle, mais grâce à elle" a-t-il expliqué lors du débat suivant la projection. Son envie de travailler avec la comédienne est d'ailleurs l'un des moteurs du film, au même titre que son désir de rendre hommage à la classe ouvrière dont il est issu. Il souhaitait également collaborer avec l'écrivain Rachid O. qui co-scénarise le film.

Ce faisceau d'envies et de désirs de cinéma donne une oeuvre forte et puissante qui, suivant une trame classique, enchevêtre habilement le destin personnel de son héroïne aux réalités sociales d'un monde en souffrance. En plongeant son personnage dans un atelier marocain, le réalisateur joue sur l'inversion des situations (c'est elle l'étrangère, celle qui est mal vue et doit s'adapter à des règles qu'elle ne connaît pas) et parle ainsi à la fois de notre rapport aux autres et des méfaits d'une mondialisation déshumanisée.

"Le scénario c'est le croquis"

Pour autant, Gaël Morel ne voulait tomber dans aucun extrême en filmant le Maroc, pays où il a passé une partie de sa vie : ni la facilité de l'exotisme, ni la paresse du misérabilisme. Mais comment y arriver concrètement, lui a-t-on demandé lors d'un bref entretien. "Par exemple, c'était vraiment en évitant de filmer le Tanger orientaliste, la Medina, tous les lieux qui sont attachés à l'orientalisme tangérois", explique-t-il. "Comme je connaissais ce Tanger, j'ai voulu filmer en dehors de ça, et surtout je voulais filmer une ville verticale. On oublie que Tanger est construite sur des montagnes. Et donc on change de format. Quand on arrive au Maroc, d'un seul coup, le son s'ouvre, l'image s'agrandit, on est dans la verticalité. Ca m'intéressait de jouer l'idée de la verticalité tangéroise contre l'horizontalité en France."

Concernant la réalité sociale marocaine, minutieusement décrite dans ce mélange d'autoritarisme et d'esclavage moderne, certaines choses se sont décidées au moment du repérage. "Une fois que je repère le lieu et que je me dis : ça va se passer là, j'enquête sur le lieu où je vais tourner. Et donc là j'ai des réponses. Ca oxygène le scénario. A la base, il y a des choses que j'ai envie de filmer, donc je regarde si elles existent ou pas. Si elles existent, après, je vais aller dans les détails, pour que ça élève le scénario à un niveau de réalité. Vous voyez, c'est comme un croquis : vous faites un croquis et après vous trouvez le matériel pour construire. Ben disons que le scénario c'est le croquis, et après, quand vous trouvez un lieu, vous amenez des choses. Comme la scène de fouille ! Cette fouille, elle était là. C'était pas un truc de décor. "

Même chose pour la terrible séquence dans les champs de fraises "hors sol" qui a été filmée dans une véritable exploitation, avec les vraies ouvrières qui y travaillent dans des conditions souvent terribles, logeant le soir dans un petit dortoir où elles sont enfermées.

Le réalisateur n'a pas hésité à confronter sa comédienne à ces réalités-là, en faisant suivre à son personnage une trajectoire évidemment initiatique non seulement d'un point de vue intérieur, mais également physique. "On a beaucoup travaillé sur son apparence, ses vêtements, alors c'est presque invisible, mais ça apporte quelque chose. Et Sandrine a un truc avec son visage : quand il est fermé, il dégage une gravité et une sévérité rares. Et dès qu'elle sourit, c'est un autre personnage. Donc il y avait ça. Après, il y a une chose qui s'appelle la confiance. Elle m'a fait confiance et de mon côté, la confiance était déjà là dès l'écriture du scénario. C'était vraiment une confiance réciproque, un abandon de l'un à l'autre, qui fait qu'on s'est trouvé. On s'est vraiment trouvé."

Cannes 2017: Agnès Varda et JR remportent L’Œil d’or

Posté par vincy, le 27 mai 2017

Le 3e Prix de L’Œil d’or récompensent le meilleur documentaire du Festival de Cannes toutes sélections confondues. Cette année, le jury composé de Sandrine Bonnaire, Lucy Walker, Dror Moreh, Thom Powers et Lorenzo Codelli, a distingué Agnès Varda et JR pour leur film Visages, Villages, présenté hors compétition en sélection officielle.

"Le jury a été profondément ému par le choix d’Agnès et JR d’aller à la rencontre des soi-disant petites gens, touché au cœur par ce film qui conte la considération de l’Autre à travers l’art. Deux regards conjugués, tendres et généreux..." a expliqué Sandrine Bonnaire.

Le Pacte sortira le film en salles le 28 juin.

Dans ce documentaire Agnès Varda et JR font le tour de la France, loin des villes, en voyage avec le camion photographique (et magique) de JR. Ils ont écoutés, photographiés et parfois affichés les gens qu'ils croisaient. Le film raconte aussi l’histoire de leur amitié qui a grandi au cours du tournage, entre surprises et taquineries, en se riant des différences.

Les courts-métrages français et québécois se donnent rendez-vous à Trouville

Posté par vincy, le 1 septembre 2016

Pour ses 17e Rencontres France / Québec autour du Court, le festival Off Courts (2-10 septembre) installera son Ciné-mobile place de l'Hôtel de ville. Off Courts ce n'est pas qu'un Festival avec ses compétitions, ses cartes blanches, ses débats et ses rencontres ou encore ses ciné-concerts. Il s'agit aussi de la 14e édition des Laboratoires internationaux de création, et du 10e Marché international du court.

Les sélections mettent en compétition 18 courts québécois, 21 courts français et 14 courts européens ou francophones. Et en bonus, une grosse section hors-compétition, avec notamment une sélection polar pour le Prix SNCF et un focus Haïti.

S'ajoutent quelques événements comme une soirée "Effeuillage Burlesque" ou les 20 ans du collectif Phylactère cola, des tables rondes pro comme la "Mutualisation des moyens, enjeux de production du court" ou encore différents concerts de musique pour faire pétiller la nuit normande.
Enfin, 10 prix remis le 9 septembre au soir, dont le Prix France Télévisions Jeune Producteur que Sandrine Bonnaire, présidente du jury 2016, remettra à une structure ayant 6 années maximum d’existence.

Sandrine Bonnaire chez Mahamat-Saleh Haroun

Posté par vincy, le 16 août 2016

Le réalisateur de L'homme qui crie (Prix du jury à Cannes 2010) et de Gris Gris (en compétition à Cannes 2013) Mahamat-Saleh Haroun a enrôlé Sandrine Bonnaire pour son prochain film, Une saison en France.

Le cinéaste tchadien va s'intéresser à un immigrant Centrafricain, Abbas, venu en France de Centrafrique, et qui est contraint une nouvelle fois à s’exiler. Professeur de collège et veuf ayant fui la guerre dans son pays avec ses deux enfants, il demande l'asile politique. Malheureusement, sa demande est rejetée et il doit quitter la France, avec ses gamins. Mais Carole, une femme française, tombe amoureuse de lui et lui propose de le loger.

Abbas sera incarné par Eriq Ebouaney (dont la filmographie va de Park Chan-wook à Fabrice Eboué, de Brian de Palma à Jean Becker en passant par Ridley Scott et Claire Denis) . C’est le premier long métrage du réalisateur tchadien qui sera tourné en France (cet automne).

"J’ai essayé de saisir la complexité des situations à travers les trajectoires de différents personnages qui n’ont pas eu d’autre choix que de fuir leur pays. Quel est le destin de ces hommes et femmes jetés sur les routes de l’exil ? Telle est la question qui court tout au long du film" explique le réalisateur pour décrire son film.

Le cinéaste a présenté hors-compétition à Cannes cette année le documentaire Hissein Habré, une tragédie tchadienne.

Sandrine Bonnaire prend le large avec Gaël Morel

Posté par vincy, le 30 avril 2016

Cinq ans après Notre paradis, le réalisateur Gaël Morel a repris le chemin des plateaux de cinéma. Prendre le large se tourne depuis dix jours à Tanger (Maroc), avant de migrer à Villefranche-sur-Saône et Lyon en mai puis Paris.

Pour son sixième film, le cinéaste a choisi Sandrine Bonnaire pour le rôle principal. L'actrice incarne Edith, 45 ans, ouvrière dans une usine textile, qui voit sa vie bouleversée par un plan social. Loin de son fils et sans attache, plutôt que le chômage, elle est la seule à choisir de rejoindre son usine qui a été délocalisée au Maroc…

Outre Bonnaire, on retrouvera Lubna Azabal (Incendies), Mouna Fettou (J'ai vu tuer Ben Barka) et Ilian Bergala (La Famille Bélier). Bonnaire succède ainsi à Elodie Bouchez, Amira Casar, Catherine Deneuve et Béatrice Dalle dans la liste qui ont tourné sur le regard de Morel.

Le film a obtenu l'avance sur recettes l'an dernier. Produit par TS Productions et Rhône-Alpes Cinéma, Prendre le large sera distribué par Les films du losange.

Gaël Morel, découvert comme acteur dans Les Roseaux sauvages d'André Téchiné, a réalisé son premier film il y a 20 ans (À toute vitesse). Son téléfilm New Wave (2008) vient d'être adapté librement par Téchiné et Céline Sciamma (Quand on a 17 ans).

Retour sur le Festival de Saint-Jean de Luz : une 17e édition et de jeunes réalisateurs plus que prometteurs

Posté par redaction, le 17 octobre 2012

C’est sous des températures encore quasi estivales que s’est déroulé du 9 au 13 octobre dernier le Festival international des jeunes réalisateurs de Saint-Jean de Luz. A l’heure où les férus du 7e art de la côte basque s’affairaient autour du cinéma le Select pour la cérémonie d’ouverture, les organisateurs pouvaient déjà prédire le franc succès que serait cette 17e édition. Et pour sûr, avec un jury pareil, la ville balnéaire était l’endroit où il fallait être la semaine dernière. C’est ainsi que Thierry Neuvic, Mickael Cohen, Julien Courbey, Pauline Etienne, Elodie Navarre et Cyril Mennegun se retrouvaient au sein d’un jury de choix présidé par Audrey Fleurot, personnalité grimpante du petit écran, comme du grand (notamment remarquée pour ses rôles de dame du lac dans la série Kaamelot ou aux côtés d’Omar Sy dans Intouchables.).

Mardi s’ouvrait donc solennellement le festival avec comme première projection le deuxième long métrage d’Idit Cébula Rue Mandar. La réalisatrice, autrefois comédienne (Comme t’y es Belle, Nos jour heureux) présentait en exclusivité un film délicieusement piquant et touchant servi par un casting des plus efficaces, composé de Richard Berry, Sandrine Kiberlain et Emmanuelle Devos. Déjà récompensée à ce même festival en 2007 pour Deux vies plus une, Idith Cébula confiera quelques jours plus tard revenir avec grand plaisir à cet événement qui promeut à grande échelle les réalisateurs de demain.

Loin de s’essouffler, la cadence n'a fait que s’accroitre les jours suivants. Le festival a atteint un record d'affluence pour les films en compétition, et ce fut la ruée tous les soirs autour des personnalités présentes. Eric Elmosnino est venu présenter aux côtés de son réalisateur Yann Coridian un Ouf qui par son originalité et sa fraicheur, sort largement du lot.

Jeudi soir, c’est Virginie Efira et l’équipe de Patrick Ridremont qui ont subjugué littéralement les spectateurs avec Dead Man Talking, qui a d'ailleurs reçu le prix du public (voir tout le palmarès). Un film bouleversant et totalement édifiant du réalisateur belge qui livrait en exclusivité au public français un premier long métrage mûri durant douze années. Et les bonnes surprises ne se sont pas arrêtées là : Sandrine Bonnaire en compagnie de son jeune acteur Jalil Mehenni venait dès le lendemain présenter J’enrage de son absence avec Alexandra Lamy et William Hurt (récompensé du prix d’interprétation masculine).

Autant de films et de réalisateurs qui assuraient de donner du fil à retordre à l’équipe d’Audrey Fleurot au moment de décerner les prix... A la sortie des projections des courts métrages samedi matin, les membres du jury rencontraient les journalistes pour quelques questions. C’est ainsi que la présidente du jury nous confiait : «C’est ma première participation à un jury. J’étais à la fois flattée et stressée ; c’est une grosse responsabilité mais aussi l’opportunité de réfléchir sur le cinéma, de se confronter aux points de vue des autres au sein d’une superbe équipe. ».

Thierry Neuvic, pour sa part, est revenu sur un festival placé sous le signe des retrouvailles, comme l’avait annoncé Patrick Fabre, délégué artistique : « Ici je suis ravi. C’est un festival à taille humaine, familial, où les films en compétition restent le seul enjeu. De plus j’aime beaucoup cette région, on y ressent une certaine nostalgie et un climat très amical. Je pense que tous les festivals devraient ressembler à celui-là. » . Des retrouvailles malheureusement manquées pour Georges Lautner, venu rendre hommage à Claude Pinoteau, avec qui il couvrait depuis toujours le festival. Cette 17e édition était d’ailleurs dédiée à la mémoire du réalisateur de la Boum 1 et 2 et de la Gifle, ami fidèle des amateurs du 7e art, des jeunes cinéastes et des luziens bien sûr.

Enfin samedi soir, Audrey Fleurot rejoignait Kad Merad et Olivier Baroux pour présenter Mais qui a re-tué Pamela Rose. Avec une cérémonie de clôture aussi grandiose, la 17e édition résonnait déjà comme l’une des plus mémorables de Saint Jean de Luz. Et le phénomène ne saurait s’estomper. C’est avec un réel engouement que le public cette année était venu en masse pour assister à l’émergence de réalisateurs hors normes et talentueux. En somme, un festival qui permettait au public luzien et venu d’ailleurs, d’être le premier spectateur des débuts de cinéastes plus que prometteurs.

Yanne Yager

Deauville 2012 : jurys, hommages et films en compétition

Posté par vincy, le 25 juillet 2012

La 38e édition du festival du cinéma américain de Deauville se tiendra du 31 août au 9 septembre. La manifestation a annoncé son programme et ses jurys. Parmi les avant-premières attendues : Mud (en compétition à Cannes) de Jeff Nichols, Savages d'Oliver Stone, Take this Waltz de Sarah Polley, Taken 2 d'Olivier Megaton, Ted, succès surprise de l'été aux US et Elle s'appelle Ruby des réalisateurs de Little Miss Sunshine.

Le jury de la compétition

Sandrine Bonnaire, présidente, Sami Bouajila, Clotilde Courau, Philippe Découflé, Anaïs Demoustier, Christophe Honoré, Joann Sfar, Florent Emilio Siri et Alice Taglioni.

Le jury révélation Cartier

Frédéric Beigbeder, président, Astrid Bergès-Frisbey, Mélanie Bernier et Ana Girardot.

Le film d'ouverture

Jason Bourne : L'héritage de Tony Gilroy

Les hommages

William Friedkin, Paula Wagner et Melvin Van Peebles

La compétition

  • Les bêtes du sud sauvage de Benh Zeitlin
  • Booster de Matt Ruskin
  • California Solo de Marshall Lewy
  • Compliance de Craig Zobel
  • Electrick Children de Rebecca Thomas
  • For Ellen de So Yong Kim
  • Francine de Brian M. Cassidy et Melanie Shatzky
  • Gimme The Loot d’Adam Leon
  • God Bless America de Bobcat Goldthwait
  • Robot and Frank de Jake Schreier
  • Smashed de James Ponsoldt
  • Una Noche de Lucy Mulloy
  • The We and the I de Michel Gondry
  • Your Sister's Sister de Lynn Shelton

Cannes 2012 : la sélection de la Semaine de la Critique

Posté par vincy, le 23 avril 2012

L'Europe en force pour cette 51e sélection de la Semaine de la Critique, qui se tiendra à Cannes du 17 au 25 mai.
Comme attendu, l'Inde s'immisce dans la liste des longs-métrages. En sélectionnant un film de ce pays dans Un certain regard, Thierry Frémaux avait évoqué jeudi dernier le grand retour du cinéma indien, qui fêtera son centenaire l'an prochain.
On notera aussi que le premier long métrage de fiction de l'actrice Sandrine Bonnaire, produit par Dominique Besnehard, a été choisi pour une séance spéciale.

Long-métrages
Aquí y allá, Antonio Méndez Esparza (Espagne-États-Unis-Mexique)
Au galop, Louis-Do de Lencquesaing (France)
Les Voisins de Dieu, Meni Yaesh (Israël-France)
Hors les murs, David Lambert (Belgique-Canada-France)
Peddlers, Vasan Bala (Inde)
Los Salvajes, Alejandro Fadel (Argentine)
Sofia’s Last Ambulance, Ilian Metev (Allemagne-Croatie-Bulgarie )

Courts et moyens métrages
La Bifle, Jean-Baptiste Saurel (France)
Ce n'est pas un film de cow-boys, Benjamin Parent (France)
Circle Line, Shin Suwon (Corée du Sud )
O Duplo, Juliana Rojas (Brésil)
Family Dinner, Stefan Constantinescu (Suède)
Fleuve rouge, Song Hong, Stéphanie Lansaque & François Leroy (France)
Hazara, Shay Levi (Israël)
Horizon, Paul Negoescu (Roumanie)
Un dimanche matin, Damien Manivel (France)
Yeguas y cotorras, Natalia Garagiola (Argentine)

Séances spéciales
Film d’Ouverture : Broken, Rufus Norris (Royaume-Uni)
Film de Clôture : pas encore décidé
Augustine, Alice Winocour (France)
J’enrage de son absence, Sandrine Bonnaire (France-Luxembourg-Belgique)