Confinement: le streaming en pleine forme, la chronologie des médias obsolète

Posté par vincy, le 2 avril 2020

Les confinés que nous sommes passent de plus en plus de temps sur les écrans (4h29 quotidiennement en mars de consommation télévisuelle, soit 44 minutes de plus qu'en mars 2019). La SVod explose.

La dernière semaine de mars, en France, 5 millions de confinés étaient branchés sur une plateforme, contre 2,7 millions il y a un an. En une semaine, le nombre de programmes regardés est passé de 14,8 millions à 18 millions, avec, en tête, la 3e saison (plutôt réussie) d'Elite sur Netflix et la dernière saison de The Walking Dead sur OCS. Netflix est le grand vainqueur de cette période : l'application a été téléchargée deux fois plus dans le monde, ses séries occupent toutes les places du Top 10 des consultations, les souscriptions ont doublé au minimum, s'accaparant les deux tiers de la consommation de Svod. Des séries comme Peaky Blinders, Stranger Things, Messiah, Riverdale occupent le terrain jusque dans les recherches Google. Et l'arrivée de la 4e saison de La Casa de Papel cette semaine va dynamiter les compteurs.

Dans le contexte, et en l'absence de salles de cinéma, il était urgent que la chronologie des médias s'adapte en France. Car, on le voit bien, hormis les feuilletons quotidiens sur les grandes chaînes nationales, les créations françaises sont inexistantes. Alors même que la vidéo à la demande profite elle aussi d'une forte croissance grâce à des initiatives comme La Toile ou des plateformes de niche comme La Cinetek, Queerscreen, Tënk ou Bref cinéma. D'autant que Canal + a du arrêter la gratuité mardi : on n'évite aucune guéguerre en France. Les chaînes concurrentes (TF1, M6) et des ayant-droits se sont plaints de cette opération destinée à valoriser les contenus de Canal (dont d'excellentes séries françaises comme Baron noir, Hippocrate, Le bureau des légendes ou la deuxième saison de L'amie prodigieuse qui commence se soir) en période de confinement au détriment de leurs intérêts (fortement fragilisés depuis le début de la crise sanitaire qui touche le pays).

Sorties anticipées en vod

Hier soir, le Conseil d’administration du CNC a finalement décidé la mise en place de nouvelles mesures pour faire face à cette période exceptionnelle.

La loi d'urgence sanitaire du 23 mars a donné la possibilité au président du CNC, Dominique Boutonnat, d’accorder des dérogations aux films encore en salles le 14 mars pour des sorties anticipées en vidéo à la demande. 25 demandes ont été déposées dans ce sens selon le Film Français, 11 selon Le Monde. Aux Etats-Unis, où il n'y a pas de chronologie des médias, les poids lours de l'hiver ont déjà été mis en ligne. Dernier en date, La Reine des neige 2 qui a avancé sa diffusion en vod de trois semaines.

Restait à savoir ce qu'il advenait des films qui devaient sortir après la date de confinement (18 mars, 25 mars, ...). Le CNC a officialisé la dispense de remboursement des aides du CNC, conditionnés à leur sortie en salles. Autrement dit, si tous les ayant-droits sont d'accord pour diffuser le film en vidéo à la demande, et non pas en salles de cinéma, les producteurs et distributeurs pourront toucher ces aides tout en évitant une exploitation au cinéma. C'est un premier pas en avant, qui montre que la chronologie des médias n'est plus si sacrée.

Souveraineté, exception culturelle et soft power

Alors que Disney + débarque le 7 avril et que le gouvernement parle de souveraineté nationale à tout bout de champs, il serait temps de faire prévaloir l'exception culturelle française, notion un peu oubliée, pour que les confinés, prisonniers chez eux, aient un accès simple et efficace, ôté de toute logique dogmatique à un contenu le plus varié possible. Mettre à disposition dans les foyers dès maintenant des films récents n'est pas à l'ordre du jour pour l'instant. On peut au moins sauver certains films prévus en début de printemps dans les salles, qui ont peu de chance de pouvoir lutter contre l'inflation de sorties lors du déconfinement, en les proposant à un public naturellement captif. Il s'agit de montrer les œuvres et d'assurer des recettes pour des productions qui risquent de n'avoir ni l'un ni l'autre quand les cinémas seront rouverts.

Et c'est toujours mieux que de laisser les Français face à une offre principalement américaine.

Ce n'est pas une question de souveraineté, mais de soft power. Les références culturelles et les habitudes de la demande se forgent d'abord dans l'offre. Pourquoi pas les sagas de Pagnol, les comédies avec Louis De Funès ou les Tontons flingueurs. Mais le cinéma et la télévision française peuvent aussi montrer qu'ils peuvent rivaliser avec des productions étrangères. Même si personne n'oserait ici Sex Education (Netflix), Game of Thrones (OCS) ou les Vikings (Amazon).

On en revient à l'audace et à l'écriture, mais c'est un autre débat.

Bientôt les films sortis en mars à la maison?

Posté par vincy, le 21 mars 2020

Un article du projet de loi d’urgence autorise le CNC à déroger aux règles de la chronologie des médias. Les salles de cinéma ont fermé le 13 mars, sacrifiant les films sortis le 11 mars (et même le 4 mars) mais aussi de nombreux films prévus le 18 mars qui étaient déjà en campagne de promotion.

Ce projet de loi d’urgence qui passera en commission mixte paritaire (Assemblée nationale et Sénat) demain, dimanche 22 mars permettra au gouvernement de prendre des mesures exceptionnelles par voie d’ordonnances dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de COVID-19, certaines touchant à des acquis sociaux et d'autres facilitant le financement d'un pays à l'arrêt.

Une chronologie inadaptée

Le président du CNC pourrait donc déroger à titre exceptionnel aux règles de chronologie des médias pour les films en exploitation en salles le 14 mars 2020 et uniquement pour ces films-là. Ce qui concerne finalement une soixantaine de films, qui pourraient être mis à disposition en vidéo à la demande. Ce que demandaient certains producteurs et distributeurs. Aux Etats-Unis, les studios ont déjà avancé les dates de sorties sur les plateformes, comme Birds of Prey, En avant, Invisible Man...

La Fédération nationale des cinémas français s'oppose à une telle mesure: "Le caractère d’urgence et indispensable à la vie de la Nation de cette mesure ne nous paraissant absolument pas avéré, outre notre opposition à priver sans aucune concertation les professionnels de la maîtrise d’un tel dispositif et à modifier le Code du Cinéma unilatéralement, Richard Patry a adressé une lettre de protestation au Ministre de la Culture" .

Une fédération dans le déni

Dans son communiqué du 20 mars, "La FNCF a eu l’assurance de Dominique Boutonnat, Président du CNC, confirmée par le communiqué du CNC de ce jour, qu’il s’attachera à prendre les éventuelles mesures dans ce cadre avec discernement et au cas par cas, sans jamais obérer l’avenir des salles de cinémas et à revenir à une application stricte des textes après cette crise. (...) La FNCF souhaite entamer dès maintenant des discussions constructives avec l’ensemble des organisations des distributeurs – éditeurs de films, et avec le CNC sous l’égide de Franck Riester, Ministre de Culture, pour envisager demain la réouverture des salles de cinéma pour le plus grand plaisir des spectateurs. Elle appelle ainsi les salles de cinéma à soutenir, lors de leur réouverture, les films qui étaient à l’affiche le 14 mars pour leur permettre de poursuivre leur carrière en salle avec succès."

Au cas par cas

C'est un peu utopique. Hormis quelques gros succès comme La bonne épouse ou De Gaulle, aucun film n'a de chance de ressortir dans de bonnes conditions dans un calendrier qui va être très chargé avec tous les reports de sortie. La bonne épouse ressortira en salles, évidemment. Radioactive et Vivarium sans doute aussi. Mais la visibilité des petits films ne sera pas assez grande pour amortir le coût d'une nouvelle exploitation alors que l'on craint déjà un énorme embouteillage de nouveautés dès mai-juin et encore plus à l'automne. Pourquoi priver Un fils, Une sirène à Paris, Femmes d'Argentine, pour ne citer que trois sorties du 11 mars, qui n'ont pas pu trouver leur public en moins de quatre jours, d'une nouvelle fenêtre dès maintenant, profitant de la notoriété acquise par la promotion récente en publicité ou dans les médias? Idem pour ceux sortis fin février et début mars, et qui ont déjà fait une grande partie de leurs entrées et qui ne gagneront rien à ressortir, à l'instar de Dark Waters ou Un divan à Tunis? Et finalement pourquoi empêcher producteurs et distributeurs de récupérer un peu de recettes rapidement en ces temps de crise financière... ?

Les sorties post-13 mars non concernées

Et puis il n'y a pas lieu de paniquer. On voit bien que l'objectif est de conserver la chronologie des médias, sauf à titre exceptionnel.

Le CNC a précisé que chaque demande serait menée en pleine concertation avec les représentants de la filière et notamment les organisations professionnelles des exploitants de salles de cinéma. "La fermeture des salles de cinéma est un moment critique pour toute la filière. Le public doit pouvoir accéder aux films, mais il nous faut également assurer les équilibres fondamentaux qui permettent de financer la création à moyen et long terme, ainsi que la reprise de l’activité au moment de la réouverture des salles" a déclaré Dominique Boutonnat, Président de l'organisme.

La disposition examinée par le Parlement ne concerne pas les films destinés aux salles mais qui n’étaient pas encore sortis au moment de la fermeture des cinémas (Petit Pays, Forte, Benni) et qui n'avaient pas encore annoncé leur report.

Des films directement en Vidéo à la demande?

Tous ces films prêts à sortir ne sont pas soumis à la chronologie des médias et les titulaires de droits sont libres de les exploiter sur tous supports dans le cadre de leur liberté contractuelle indique le CNC. Reste le cas épineux des films programmé qui ne sortiront finalement pas en salles, pour de multiples raisons. Le CNC est, en principe, tenu de réclamer, aux bénéficiaires d’aides accordées dans le cadre du soutien financier au cinéma, la restitution de ces sommes lorsque la première exploitation des films ne se fait pas en salles. Mais l'institution a lancé cette semaine, pour ces films non encore sortis en salles, une concertation qui associe toute la filière du cinéma et de l’audiovisuel, pour réfléchir aux modalités selon lesquelles certains d’entre eux pourraient, le cas échéant, être mis à la disposition du public directement sous forme de VOD ou de DVD / Blu-Ray, sans que les bénéficiaires des aides "cinéma", ainsi d’ailleurs que des autres financements réglementés, soient contraints pour autant de les restituer.

"Le public doit pouvoir accéder aux films, mais il nous faut également assurer les équilibres fondamentaux qui permettent de financer la création à moyen et long terme, ainsi que la reprise de l'activité au moment de la réouverture des salles", rappelle Dominique Boutonnat.

Le 18 mars, Franck Riester, ministre de la Culture, a soutenu un ensemble de mesures mis en place par le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) comme la suspension du paiement de l’échéance de mars 2020 de la taxe sur les entrées en salles de spectacles cinématographiques (TSA) pour soutenir leur trésorerie, le versement de manière anticipée des soutiens aux salles art et essai et à la distribution et la garantie du paiement de ses aides. Le ministre a rappelé que "toutes les subventions attribuées par le CNC aux manifestations annulées pour des raisons sanitaires leur resteront acquises si elles ont déjà été versées, ou seront effectivement payées si elles ne l’ont pas encore été."

Et si les films sortis en mars passaient tout de suite en vidéo à la demande?

Posté par vincy, le 17 mars 2020

Les cinémas sont fermés depuis le 13 mars. La pandémie de Covid-19, aka le satané coronavirus, pourrait bousculer la chronologie des médias, temporairement. Après tout, Canal + s'est mis en clair pour les non abonnés. Et confinés que nous sommes, nous pouvons acheter des films récents en vidéo à la demande, notamment sur Netflix ou à La Cinetek, ou se gaver gratuitement de 1150 films de patrimoine sur Open Culture.

Le CNC réfléchit à un dispositif qui permettrait d'avancer les sorties de films en vidéo à la demande (achat à l'acte), notamment pour ceux sortis en salles depuis début mars et qui n'ont eu une exploitation que de moins de dix jours (autant dire à perte). Or, pour ces films sortis avant le décret de fermeture des salles, et qui ont perdu beaucoup, il est impossible de les voir distribuer en VOD avant une période de quatre mois, en l’état actuel des choses. Si on souhaitait les rendre disponibles sur les plateformes, il faudrait changer la loi. A moins que le CNC et le gouvernement puissent contourner le problème et offrir une dérogation.

Des films sacrifiés

En revanche, pour les films programmés en salles d'ici au 15 avril, il y a deux options. Reporter la date de sortie (ce que beaucoup ont déjà fait, y compris Black Widow, prévu le 29 avril et Trolls 2, décalé au 14 octobre) ou être directement diffusé en VOD ou DVD, sans jamais connaître une exploitation au cinéma..

Mais dans ce cas il faut que le CNC garantisse que les producteurs puissent obtenir les financements publics liés au visa d'exploitation, notamment le fonds de soutien.

Dans tous les cas, pour ne pas fâcher les exploitants, il faudrait que les mesures soient temporaires. Alors que Netflix est au top des passe-temps et que Disney + arrive en France, il serait assez intelligent de pouvoir rattraper les films sortis après mars. Marc Irmer (@marcdolcevita) soutenait sur twitter cette option; "Je suis le producteur de Un Fils de Mehdi Barsaoui sorti mercredi 11 et dans le contexte, je suis pour l'ouverture de la VOD en attendant la réouverture des salles. Tous ces efforts, pour n'être vu que 4 jours...c'est trop frustrant."

Coronavirus: Les salles de cinéma dorénavant fermées

Posté par vincy, le 14 mars 2020

Le premier ministre Edouard Philippe a annoncé samedi 14 mars la fermeture dès minuit et "jusqu’à nouvel ordre" de tous les "lieux recevant du public non indispensables à la vie du pays", appelant les Français à "plus de discipline" face à la pandémie de coronavirus. Tout en maintenant (pour l'instant) la décision absurde de maintenir les élections municipales.

Restaurants, bars, discothèques, et cinémas doivent désormais fermer. Tous les commerces sont touchés, à l’exception des magasins alimentaires, pharmacies, banques, bureau de tabac ou encore stations-essence, a précisé le premier ministre. Dans ce contexte, la France est passée au "stade 3" de l’épidémie puisque le virus circule désormais sur tout le territoire.

A partir de demain et jusqu'au 15 avril, le cinéma se verra donc chez soi, sur les plateformes SVàD et VàD.

Coronavirus: les salles de cinéma en mode intimiste, les fermetures, reports et annulations s’enchaînent

Posté par redaction, le 13 mars 2020

Les Festivals s'annulent les uns après les autres, notamment Cinéma du réel qui commençait aujourd'hui, mais aussi Cinélatino à Toulouse et le Festival national du film d'animation. Les sorties de films sont décalées à l'été ou l'automne (derniers en date: The Room, Sans un bruit 2, Divorce club, Le jardin secret, Effacer l'historique, Ondine, Adolescentes, Mulan, Petit pays, Police et Fast and Furious 9). Le coronavirus bouscule aussi les tournages, suspendus. Et on attendra fin avril pour savoir si le Festival de Cannes aura bien lieu (e tout cas physiquement, puisque virtuellement c'est toujours possible).

Coronavirus: SERIES MANIA annulé

Mais avec les nouvelles annonces gouvernementales d'aujourd'hui - le premier ministre Édouard Philippe a annoncé l'interdiction des rassemblements de plus de 100 personnes -,  ce sont désormais les cinémas qui sont menacés.

Cela veut dire que toute salle de plus 100 fauteuils sera fermée ou qu'il faudra limiter les séances à un nombre restreint de spectateurs pour les plus grandes salles. En Italie, en Belgique et en Suisse, toutes les salles sont fermées.

Ce sera du cas par cas. Kinépolis, qui a fermé ses salles belges, a d'ores et déjà annoncé que la totalité des cinémas Kinepolis français restent ouverts au public, en limitant la fréquentation de chaque salle. Les salles aux capacités inférieures à 110 places voient leur fréquentation limitée à 30 spectateurs par séance, soit presque un tiers de taux remplissage. Les autres salles sont ainsi limitées à 95 spectateurs maximum par séance.

Les festivals et les films atteints par le coronavirus

Le Forum des Images à Paris ferme jusqu'à nouvel ordre. La Cinémathèque française suspend ses activités.

Si la fréquentation va naturellement chuter, paradoxalement, cette mesure pourrait ne pas trop toucher les cinémas art et essai et les cinémas de quartier ou de proximités. Les 1179 cinémas art et essais ont souvent de petites salles (en moyenne les cinémas art et essai en France offre 172 sièges au total). Et 56% des cinémas en France n'ont qu'un écran. Ce sont les multiplexes qui sont principalement atteints par cette mesure.

Les vrais gagnants seront sans doute les plateforme de SVàD et de VàD, comme Netflix ou La Cinetek. En attendant, c'est le moment d'être curieux et de découvrir les films qui sont à l'affiche et ceux qui maintiennent leur sortie dans les trois, quatre prochaines semaines.

Contagion et virus: 15 films à voir en cas de confinement

Le musical Kinky Boots de Cindy Lauper et Harvey Fierstein au cinéma

Posté par vincy, le 5 mars 2020

Le 12 mars, Pathé Live vous convie à voir la comédie musicale I. Une séance unique de 2H15 à 20h pétantes. La projection unique, enregistrée à Londres, a déjà eu lieu Outre-Manche où elle a rapporté 1,2M£ au box office, se plaçant même en tête le jeudi quand le musical a été projeté.

Ce musical a été créé en 2012 à Broadway. Vainqueur de 6 Tony Awards (dont meilleure comédie musicale, meilleure partition et meilleure chorégraphie), le show a été joué 2500 fois à New York (soit 320M$ de recettes) et 1400 fois à Londres, en plus d'avoir tourné dans plusieurs pays. Le succès s'est prolongé également dans les ventes de disques puisque la chanson "Sex Is in the Heel" est la première chanson issue d'un show de Broadway à entrer dans le Top 10 des meilleurs ventes en 25 ans.

Avec un livret signé du grand Harvey Fierstein (Torch Song Trilogy, La cage aux folles, Hairspray) et des musiques composées  (et inspirées) par Cindy Lauper, Kinky Boots est adapté du film britannique éponyme, lui-même inspiré d'une histoire vraie.

Si on vous conseille d'aller voir ce musical feel-good et queer, c'est parce qu'il est réellement emballant. Coloré, romantique, entraînant, le musical est l'une des meilleures créations sur scène ces dernières années dans le genre. C'est drôle et touchant, malin et bien écrit.

C'est l'histoire de Charlie. Il tente de sauver l'entreprise familiale, une usine qui fabrique de bonnes vieilles chaussures anglaises. Malheureusement la faillite n'est pas loin. Aussi, quand il croise Lola, une artiste drag queen haut perchée, exubérante et assumée, il décide de l'engager comme directrice artistique. Elle va alors créer des bottes et cuissardes aussi excentriques que glamour. Autant dire que les employés ne sont pas chaud, et la fiancée de Charlie encore moins... La tolérance a ses limites... L'objectif est de viser la fashion week de Milan. Mais entre temps, les sentiments vont se mêler aux affaires...

Pathé Gaumont : travaux au Gaumont Opéra et reprise du réseau Ciné Alpes

Posté par vincy, le 4 octobre 2019

L'un des navires amiral des Cinémas Pathé Gaumont va fermer temporairement. Le Gaumont Opéra Capucines va lancer une grande phase de travaux dès la mi-octobre. La rénovation de ce complexe de 2100 fauteuils dans le centre de Paris se doublera de l'installation du siège de Pathé, aujourd'hui situé près des Champs-Elysées. Le nouvel établissement sera rebaptisé Pathé Opéra et doté d'une librairie, d'un café et de nouvelles salles plus confortables.

Un essoufflement de la fréquentation

Le circuit disposera encore du Gaumont Opéra Premier, lui aussi bientôt renommé Pathé Opéra Premier (6 salles) dans le cadre de la cession des cinémas Gaumont à Pathé, actée en 2017. Le Gaumont Opéra Français ayant fermé en décembre dernier. Dans le secteur, il y a aussi un UGC (4 salles). Le Gaumont Opéra a longtemps été le Paramount Opéra, de 1927 à 2007. Il dispose de 7 salles. En 2018, l'ensemble du pôle Opéra a accueilli 980000 spectateurs (-10% par rapport à 2017). Depuis le début de l'année, amputé d'un complexe, les Gaumont Opéra demeurent parmi les 20 multiplexes les plus fréquentés de France avec 650000 spectateurs (en baisse de 5% par rapport à la période équivalente).

Un réseau complémentaire

Par ailleurs, Pathé va acquérir le circuit cinématographique CinéAlpes. Le groupe est entré en négociations exclusives avec sa propriétaire. Le réseau comprend 13 salles (soit 17920 places et 105 écrans). Ciné Alpes est surtout présent à Dijon (Quetigny), Brest, Clermont-Ferrand et Aubière, Macon, Nevers, Tours, Aurillac et Mouans-Sartoux. Il y a trois projets en cours (Dijon, Le Creusot, Brest), soit 20 salles de plus et plus de 3300 fauteuils.

Autant dire que Pathé va s'implanter dans des villes où le groupe est complètement absent. Ce qui devrait faciliter l'avis de l'autorité de la concurrence... Aurélien Bosc, Président des Cinémas Pathé Gaumont, rappelle que "ces deux sociétés ont une démarche semblable autour de l'expérience spectateur en investissant dans les nouvelles technologies et en particulier dans des salles IMAX Laser".

Les Cinémas Pathé Gaumont sont leaders de l'exploitation cinématographique en France, aux Pays-Bas et en Suisse. Ils sont également présents en Belgique et en Tunisie. À fin 2018, Les Cinémas Pathé Gaumont exploitent un total de 108 cinémas pour 1116 écrans, accueillant 63,4 millions de spectateurs. Avec l'ajout de Ciné Alpes, ce sont 4,196 millions de spectateurs qui s'ajouteront aux résultats du groupe.

Un MK2 pourrait s’installer au nord de la Goutte d’or à Paris

Posté par vincy, le 20 juin 2019

Un jury a désigné le projet lauréat concernant la construction d'un nouveau quartier dans le nord de paris, à la frontière de la Goutte d'or, sur une emprise jusque là laissée en friche par la SNCF (et qui a accueillit le Ground Control quelques étés).

Le lauréat est le groupement d’opérateurs EMERIGE/OGIC, avec l’architecte Christian Biecher et les paysagistes SLA. Ils devront aménager de manière écologique 3 hectares. Cet espace Ordener-Poissonniers très dense (70000m2 de surface de plancher et seulement un hectare de jardin dans un quartier qui manque d'espaces verts) doit être livré à partir de 2023. 1000 nouveaux habitants sont attendus mais aussi une école de design, un établissement culturel opéré par la Bellevilloise, un foodcourt par Les Camionneuses, un incubateur Ici Paris et un cinéma de 9 salles MK2.

MK2 n'est pas présent dans le 18e arrondissement (les MK2 Quai de Seine / Quai de Loire sont à 3 kilomètres). UGC a installé un Ciné-Cité dans les nouveaux quartiers du boulevard Macdonald à 3,5 kilomètres, le Pathé Wepler est à moins de deux kilomètres, tout comme le Louxor, cinéma indépendant au sud de la Goutte d'or).

Ce nouvel MK2, accessible avec deux lignes de métro, serait le 10e complexe parisien du groupe.

Cependant, avant d'en arriver là, il y aura plusieurs obstacles à surmonter. A commencer par la concertations avec les associations de riverains qui critiquent un projet sur-densifié dans un quartier déjà très dense démographiquement, la réduction de la surface d'espaces verts (un parc était initialement prévu), et la méthode même du choix du projet. Le choix même d'un cinéma n'était pas demandé par les habitants du quartier, qui, outre un grand parc, aurait préféré un conservatoire (qui manque cruellement dans l'arrondissement).

La Mairie a paru surprise de cette densité et a a émis des réserves notamment en faisant de la préservation des halles un critère essentiel. Le projet devrait encore évoluer pendant une nouvelle période de concertation qui débutera en juillet afin d'amender certains aspects.

Cannes 2019: une nouvelle récompense et un prix qui évolue

Posté par vincy, le 14 mai 2019

Pour cette 72e édition, le Festival de Cannes s'enrichit d'un nouveau prix et voit un de ses prix historiques évoluer.

Tout d'abord, un Prix des cinémas art et essai, en partenariat avec le Festival de Cannes, qui sera décerné à l’un des films de la Sélection Officielle (Compétition, Un certain regard,...) par un jury composé exclusivement d'exploitants, révélé aujourd'hui:

Isabelle Gibbal-Hardy (Grand Action à Paris), présidente du jury, sera entourée de Marc Van Maele (ABC de Toulouse), Matthias Elwardt (les cinémas Zeise d'Ottensen en Allemagne), Mario Fortin (président de l'Association québécoise des cinémas d'art et d'essai, les cinémas Beaubien) et Mira Staleva (Dom na Kinoto à Sofia).

Créé par l’Afcae (Association française des cinémas d'art et essai), qui remet déjà un prix à la Quinzaine des réalisateurs, et la Cicae (Confédération internationale des cinémas d'art et d'essai), ce prix engagera les salles art et essai à programmer le film lauréat.

Les deux organisateurs précisent que cet engagement "est une décision de principe qui ne préjuge pas du nombre de semaines ou de séances attribuées au film, ni s'il sera programmé en sortie nationale ou en continuation."

Le prix CST, lui, n'est pas vraiment nouveau puisqu'il est remis depuis 1951 par la Commission supérieure technique. A une époque il était intégré au palmarès officiel, lors de la remise des prix du jury de la compétition. En 2003, et jusqu'à l'an dernier, il s'était renommé Prix Vulcain de l'artiste-technicien.

Il fait peau neuve et change de nom puisqu'il devient le Prix CST de l’artiste-technicien, qui peut ainsi récompenser un directeur de la photographie, un chef décorateur, un costumier, un monteur, etc... "pour la qualité de sa contribution à la création d’un film de la compétition officielle du Festival de Cannes". L'an dernier, Shin Joom-hee, directeur artistique de Burning avait été récompensé.

Le prix CST de l’artiste-technicien sera remis cette année par un jury composé de Christine Beauchemin-Flot (directrice du cinéma Le Sélect à Antony), Patrick Bézier (président d'Audiens Care), Pierre-William Glenn (directeur de la photographie, réalisateur et président d’honneur de la CST), Gérard Krawczyk (cinéaste), Élisabeth Perez (productrice) et François Ray (chef opérateur, jeune diplômé de La Fémis).

L’annonce du lauréat au palmarès officiel sera de nouveau proclamée en clôture du Festival de Cannes.

Blanche Gardin, leader d’un jour au box office

Posté par vincy, le 27 mars 2019

Un record d'entrées pour un événement en direct au cinéma. Pathé Live a cartonné avec le dernier spectacle de Blanche Gardin, diffusé en direct, grâce à 7 caméras, le 21 mars depuis le théâtre de l'Européen (Paris XVIIe) dans 337 salles (Pathé et Gaumont, mais aussi dans les réseaux Kinepolis, Mégarama, Cinéville, etc...).

88000 spectateurs en France, 92000 au total ont pu voir l'humoriste grinçante (Molière du spectacle d'humour pour son premier spectacle Je parle toute seule) dans Bonne nuit blanche, son nouveau stand-up.Dans certaines salles, BG a attiré plus de 1000 spectateurs , telle un blockbuster de multiplexes.

Blaanche Gardin bat ainsi Florence Foresti qui, avec Foresti Party Bercy avait attiré 87000 spectateurs (ont 82000 en France). C'était il y a six ans et demi. Elle avait organisé cette diffusion exceptionnelle parce que sa tournée était complète.

Blanche Gardin a ainsi triomphé durant un jour, et une seule séance, de Us, Captain Marvel, Rebelles, Walter et Mon bébé. Le spectacle était pourtant déconseillé aux moins de 17 ans.