Cannes 2017: Netflix en compétition, ça ne plaît pas à tout le monde…

Posté par vincy, le 15 avril 2017

Ce n'est pas une surprise. Est-ce une polémique? Toujours est-il que la sélection en compétition du 70e Festival de Cannes de deux films qui seront diffusés sur Netflix provoquent des grincements de dents.

The Meyerowitz Stories de Noah Baumbach a été acquis par Netflix en tant que simple diffuseur il y a une semaine, avant le dévoilement de la sélection. Okja de Bong Joon-ho est une production Netflix et prévu dès le départ un produit 5 étoiles (Tilda Swinton, Jake Gyllenhaal au casting) pour la plateforme en SVOD.

Respect des règles

La Fédération nationale des cinémas français (FNCF) a envoyé un communiqué pour exprimer son inquiétude. "Si les salles de cinémas ne remettent pas en cause la liberté de programmation du premier festival de cinéma du monde, ni le fait que de nouveaux acteurs internationaux viennent légitimement, comme Amazon, contribuer au développement et au financement du cinéma, elles contestent ce choix qui a été fait sans concertation", déclare la FNCF. En fait, à travers cette remarque, la Fédération s'interroge sur la fameuse chronologie des médias: "Si des films du Festival de Cannes contrevenaient à la réglementation en vigueur sur la chronologie des médias, par exemple en étant diffusés sur Internet simultanément à une sortie en salle, ils seraient passibles de sanctions par le CNC ! Et qu’en sera-t-il demain, si des films du Festival de Cannes ne sortaient pas en salle, remettant ainsi en cause leur nature d’œuvre cinématographique ?".

La fédération enfonce le clou avec l'argument juridico-fiscal: "Netflix, qui vient de fermer ses bureaux en France, montre qu’il contourne depuis plusieurs années la réglementation française et les règles fiscales (TVA et TSA). Ces règles fondent le cycle vertueux et le financement d’un écosystème exemplaire pour le cinéma dans notre pays, qui permet aujourd’hui à la plupart des films français et étrangers de la sélection officielle d’exister".

Autrement dit, Netflix ne joue pas le jeu, et ne respecte aucune règle du système français, qu'il soit légal ou financier. Ce que réclame la FNCF est simple: la garantie que The Meyerowitz Stories et Okja sortent bien en salles en France, avant leur diffusion sur Netflix.

Chronologie des médias, saison 20

Cette interpellation est légitime, mais nous semble mal posée. Cette chronologie des médias, dont la directive célèbre ses 20 ans, pose problème depuis quelques années avec le surgissement de la SVOD, de la VàD et du piratage. Le modèle actuel semble déjà dépassé. D'ailleurs, le Festival de Cannes sélectionne chaque années des films qui n'ont pas l'assurance de sorties en salle (et n'ont même pas de distributeurs au moment de leur sélection voire de leur projection cannoise). Et certains de ces films connaissent des sorties en salle si réduites qu'on peut se demander si une diffusion simultanée en SVOD ou en prime-time sur Arte ne serait pas plus profitable (on ne dit pas que c'est mieux, car l'expérience d'une salle de cinéma reste irremplaçable pour voir un film). Enfin, il est arrivé par le passé que des films produits par la télévision soient en sélection officielle. Prenons trois exemples.

Elephant de Gus Van Sant, Palme d'or en 2003, était un film produit par HBO. Sans sa Palme, d'ailleurs, il ne serait jamais sorti en salles aux Etats-Unis, visant ainsi, en vain, les Oscars. Ma vie avec Liberace, de Steven Soderbergh, est aussi un téléfilm coproduit par HBO. Présenté en compétition, le téléfilm avait bien un distributeur en France (ARP) mais n'est jamais sorti sur les grands écrans américains : la chaîne payante HBO l'a même diffusé sur le petit écran américain quelques jours après sa projection cannoise. Enfin, Carlos, d'Olivier Assayas, qui avait déclenché une polémique similaire à celle d'aujourd'hui.

Initialement prévu pour la télévision, le film, sélectionné hors-compétition, était produite par Canal +, et a été présenté dans sa version intégrale, en trois parties, tout en étant diffusé simultanément sur la chaîne cryptée (fin mai/début juin). Le film sera vendu sous une version cinématographique dans les autres pays. Et finalement, cette version raccourcie à 2h45 est sortie le 7 juillet en France, dans une centaine de salles, distribué par MK2. Cette solution était d'autant plus baroque que le DVD était disponible juste après sa diffusion télé début juin. "Bizarre chronologie des médias" écrivait-on à l'époque.

Un débat sain

Par conséquent, la polémique Netflix du jour n'est qu'une nouvelle petite secousse sismique dont on a déjà ressenti les premiers effets au début des années 2000. Le Festival de Cannes a d'ailleurs une vertu sur ce registre: en anoblissant des films produits pour la télévision, il les conduit généralement dans les salles de cinéma.

La FNCF souhaite avoir les garanties que les deux films Netflix sortent en salle en France. Au nom de l'exception culturelle. Ce n'est qu'une stratégie défensive. Cela ne résoudra rien au problème de fond: dès lors que des plateformes comme Netflix entrent dans la production de films signés de grands cinéastes, il faudra sans doute revoir notre façon d'aborder la chronologie des médias et la définition même d'un film de cinéma.

Les deux films seront diffusés sur Netflix en 2017 pour les abonnés de la plate-forme dans les pays où le service est disponible. Cela touche 93 millions de personnes dans le monde. Si pour Okja, une sortie en salles n’est pas exclue, qu'en est-il de The Meyerowitz Stories? Et cela ne concernerait-il que la France, ou des pays comme la Corée du sud (pour Okja) et les Etats-Unis (pour que Meyerowitz vise les Oscars)? Ce genre de débats en tout cas n'a jamais lieu dans les autres festivals...

D'autant, Netflix ne cache pas vouloir proposer ses films simultanément en salles et en ligne. Là il s'agit d'instaurer un dialogue équitable entre la plateforme américaine qui veut faire plier un écosystème (gaulois) et un pays qui refuse le diktat d'une transnationale. Cette "uberisation" a un impact certain puisque ce ne sont pas seulement les films "Netflix" qui sont en jeu. En court-circuitant les salles qui pourraient diffuser les deux films sélectionnés à Cannes, ce ne sont pas les grands groupes de distribution qui sont menacés mais bien les exploitants indépendants, bien plus dépendant de ce genre de films, qui seraient ainsi un peu plus fragilisés.

Dans un échange de tweets passionnant entre Jean Labadie (Le Pacte) et Vincent Maraval (Wild Bunch, qui avait déjà expérimenté la projection cannoise en off d'un film qui sortait en VàD), on constate que le dialogue semble dans l'impasse. Pourtant c'est bien un autre débat qu'ils soulèvent, l'un en défendant l'exploitation et la distribution, l'autre en privilégiant la création (les deux n'étant pas incompatibles). Dans cette histoire, ce qui est en jeu c'est davantage la liberté d'accès au cinéma. La démocratisation, est-ce le fait que tous pourront voir les films dans une salle de cinéma près de chez soi ou que tous les films pourront être vus, chez soi ou en salle, par le plus grand nombre?

A la tête de Fidélité productions, Marc Missionnier préfère y voir une ouverture avec ces films et séries prévus pour le petit format. Une ouverture "en grand".

La palme d’or, un Disney et Omar Sy forment le trio gagnant de l’année 2016 selon le sondage annuel de Médiamétrie

Posté par vincy, le 30 mars 2017

L'Etude annuelle 75000 Cinéma de Médiamétrie explore les habitudes cinéphiles des Français, entre autres. L'année 2016 est, selon l'institut, un succès.

41,5 millions de personnes, soit 1,5 million de plus que l’année précédente, ont fréquenté les salles de cinéma l'an dernier "Le pouvoir du cinéma ne se dément pas et résulte d’une combinaison de facteurs qui attirent toujours plus de spectateurs. Nous analysons dans notre étude, toutes les composantes qui font du cinéma un média toujours plus dynamique", déclare Marine Boulanger, Directrice du Pôle Cinéma de Médiamétrie.

Les spectateurs occasionnels en force: incluant notamment les familles, ces spectateurs n’ont jamais été aussi présents en représentant 68% des spectateurs (soit 28,3 millions de Français) et 30,4% des entrées de l’année.
Les habitués (32% des spectateurs par conséquent) sont essentiellement des 50 ans et +, des 15-24 ans et des étudiants.
Les deux catégories de spectateurs sont "particulièrement satisfaits de leur salle de cinéma à qui ils attribuent en moyenne une note de 7,6 sur 10". Les deux tiers fréquentent un seul complexe, par fidélité ou proximité. Ainsi les parisiens, plus cinéphiles que la moyenne française, fréquentent près de trois établissement à l'année, en moyenne.

La salle de cinéma reste le premier lieu d'information, avec les supports promotionnels et les bande annonces. Viennent ensuite Internet et la télévision. Ce résultat est à relativiser: pour le cinéma d'art et d'essai, qui est peu promu sur le petit écran, la presse écrite doit encore avoir un rôle à jouer, tout comme les radios publiques.

En 2016, les spectateurs ont accordé un score moyen de satisfaction de 76% aux films de l’année, avec, en tête Moi, Daniel Blake (95%), Zootopie (94%) et Demain tout commence (90%). Et à voir ce qui motive les spectateurs en salles, ce n'est pas étonnant: l'histoire, le genre et la bande annonce sont les facteurs déterminants. La critique n'est incitative que pour 16% des sondés.

Gaumont cède ses cinémas à Pathé

Posté par vincy, le 2 mars 2017

Petit tremblement de terre dans l'exploitation. Gaumont a vendu pour 380M€ ses 34% dans Les Cinémas Gaumont Pathé. Autrement dit, la marque à la marguerite ne sera plus exploitant, laissant Pathé gérer l'intégralité de leur réseau. Par ailleurs, le groupe Gaumont propose à ses actionnaires minoritaires de céder leurs parts à Paté.

Sidonie Dumas, Directrice Générale de Gaumont a déclaré lors de la publication des résultats annuels de la société: "Nous nous félicitons de la coopération fructueuse avec Pathé au cours de ces seize dernières années qui a permis aux Cinémas Gaumont Pathé de devenir un des leaders européens de l'exploitation cinématographique. La réalisation de cette cession va permettre à notre groupe d'accélérer le développement prometteur de ses activités de production de séries télévisées aux Etats-Unis et en Europe, de renforcer la production de films de cinéma et d'envisager l'expansion des activités de Gaumont en Europe. "

Renforcer la production et la distribution

Pour Gaumont, c'est avant tout un changement de stratégie. Le groupe souhaite se renforcer sur la production et la distribution, que ce soit dans le cinéma ou la télévision. Et surtout il peut envisager quelques acquisitions et un développement dans des pays comme le Royaume-Uni et l'Allemagne. Les Cinémas Gaumont Pathé sont de loin le premier réseau français avec 380M€ de chiffre d'affaires. Gaumont, avec son activité cinéma a généré 189M€ de chiffre d'affaires (en recul de 13%) et un résultat net de 18,9% (+6%) en 2016. La production cinématographique est en hausse avec 114M€ de C.A. (contre 71M€ en 2015), avec une forte hausse de l'activité distribution (12,2M d'entrées) et celle des ventes de droits de diffusion.

Gaumont prévoit de sortir 15 films et de livrer 7 séries cette année.

La marguerite ne disparaîtra pas tout de suite

Actuellement Gaumont appartient à une holding de Nicolas Seydoux, CinéPar, frère de Jérôme Seydoux, patron de Pathé, dont les salles de cinéma vont devenir le cœur de l'activité. La transaction, après accord des autorités financières, devrait être finalisée en mai. La marque Gaumont restera accrochée au fronton des cinémas jusqu'en 2023.

Le regroupement des cinémas Gaumont et Pathé n'a que 17 ans d'existence. Il rassemble 108 multiplexes et 1076 écrans, pour 67 millions de spectateurs l'an dernier. Le réseau est présent en France, en Suisse, aux Pays-Bas et en Belgique.

César / Oscars: Moins d’audience à la TV mais plus de salles pour les lauréats

Posté par vincy, le 28 février 2017

jerome commandeur jimmy kimmelIls ont été césarisés ou oscarisés: Elle, Divines et Moonlight vont essayer de profiter de leur statut de lauréat dès demain dans les salles. Même si dans les deux cas, l'audience TV n'était pas au rendez-vous.

Côté César, Canal+ n'est que 4e de la soirée (retransmise en clair et sur Dailymotion) avec 1,9 million de téléspectateurs, soit 10,5% du public. On est loin du score de l'an dernier (2,5 millions de téléspectateurs, 11,9% de PDA). C'est l'audience la plus faible depuis 2010.

Côté Oscars, pour ABC ce n'est pas mieux. Avec 32,9 millions de téléspectateurs et une PDA d'environ 22%, c'est la plus faible audience depuis 2008. Selon Nielsen, c'est principalement les habitants des grandes métropoles qui ont regardé la cérémonie (New York, Chicago et la Californie).

Dans tous les cas, français comme américain, la formule semble s'user. Après tout, combien attendent le lendemain pour voir les "meilleurs moments" (gaffes ou gags) sur leur smartphone?

Cependant, les lauréats vont quand même essayer de profiter de cet effet d'aubaine.

Elle de Paul Verhoeven, César du meilleur film et de la meilleure actrice, sorti le 25 mai dernier et déjà disponible en vidéo à la demande, avait déjà bénéficié d'une ressortie en salles mi-janvier à l'occasion du festival Télérama, pile-poil au moment des révélations de ses nominations aux César et aux Oscars. Grâce à cette sortie, il s'était ajouté 50000 spectateurs en plus dans son escarcelle. Le film totalise aujourd'hui 603000 entrées, toujours diffusé dans 80 salles. Dès le mercredi 1er mars, Elle sera projeté sur 125 écrans.

Divines d'Houda Benyamina, César du meilleur premier film, du meilleur espoir féminin et du meilleur second-rôle féminin, lui aussi disponible en vidéo à la demande. Tout comme Elle, il est ressorti en salles lors du festival Télérama. Avec seulement 321000 entrées au compteur, c'est sans doute lui qui a le plus à gagner. Le film devrait passer de dix salles à une quarantaine de copies.

Enfin, Moonlight, Oscar surprise du meilleur film, mais également Oscar de la meilleure adaptation et Oscar du meilleur second-rôle masculin, va doubler son nombre de copies en passant de 148 salles à 346. Il a déjà séduit 280000 spectateurs. Il peut espérer dépasser les 500000 entrées. C'est, malgré tout, la troisième année consécutive qu'un lauréat de l'Oscar du meilleur film ne dépassera pas le million de spectateurs en France. Ce film produit pour 1,5 million de $ (le plus petit budget récompensé par un Oscar du meilleur film dans l'histoire de la cérémonie!) a rapporté 22M$ au box office nord-américain. Par anticipation, le distributeur A24 avait ajouté 130 copies dès vendredi dernier. Pour l'instant Moonlight est avant-dernier sur les 40 dernières années: seul Démineurs, en 2009, avait récolté moins de recettes (17M$ au total). Le tout est de savoir si cet Oscar permettra au film de Barry Jenkins de dépasser Birdman, The Artist et Spotlight, tous autour de 40-45M$ (et bons cancres dans la liste des films oscarisés).

En 2016, 204 films ont été rendus accessibles pour les malvoyants et malentendants

Posté par vincy, le 7 janvier 2017

En 2016, 204 films sont sortis en France avec une adaptation aux personnes souffrant d'un handicap auditif ou visuel. C'est une hausse de 33% par rapport à 2015 selon le bilan de l'association Ciné Sens, chargée de sensibiliser et de promouvoir l'accessibilité du cinéma, des salles et des films.

Les versions sous-titrées pour les sourds et malentendants (SME) et l'audiodescription pour les aveugles et malvoyants (AD) ont fait un bond considérable grâce aux recommandations de la Commission Supérieure Technique de l'Image et du Son (CST) sur l'accessibilité des livrables DCP (Digital Cinema Package) permettant de simplifier la diffusion des versions "adaptées".

Onze distributeurs ont ainsi mis à disposition plus de 10 films en version adaptée: Metropolitan (16), Mars Distribution (15), Pathé Distribution et StudioCanal (13 chacun), Diaphana, Disney, Gaumont et Wild Bunch (12 chacun), 20th Century Fox France et SND (11 chacun) et Universal (10). "Certains se sont lancés dans une adaptation systématique ou presque des films qu’ils proposent, et les mettent à disposition des salles sur un DCP d’exploitation unique, avec les clés KDM correspondantes envoyés systématiquement. D’autres proposent des adaptations selon le profil du film" rappelle l'association.

En décembre, la DMA, Délégation Ministérielle à l’Accessibilité, a conçu un guide à l’usage des Etablissements Recevant du Public ( ERP), ce qui concernent les cinémas, pour les accompagner dans leurs réflexions et la mise en oeuvre de l’accueil des personnes porteuses de handicap.

Réouverture en février du cinéma Les 3 Luxembourg

Posté par vincy, le 5 janvier 2017

Le cinéma Les 3 Luxembourg rouvrira ses portes début février 2017 a annoncé un communiqué du cinéma. Ce vénérable cinéma du Quartier Latin à Paris, s'est offert une cure de jeunesse, 30 ans après sa dernière modernisation.

Reprise en 2012 par Charlotte Prunier, la salle avait d'abord fait évoluer sa programmation, jusqu'à y organiser quelques projections pour la presse.

Mais, dans son vieux jus, Les 3 Luxembourg avait besoin d'être rénové, notamment en améliorant les conditions d’accueil et de projection.

Après quelques mois de travaux, le cinéma se lancera dans une année ponctuée d'événements: une nuit de cinéma culte, une rencontre avec Bertrand Tavernier autour de son film Voyage à travers le cinéma Français, l’avant-première du programme de court métrages La Fontaine fait son cinéma ou encore le retour des ciné-clubs.

Les 3 Luxembourg conserveront leur programmation art et essai, avec des projections-événements des débats et des rencontres, des films nouveaux "plus rares, exigeants, politiques, militants" et "accompagnés sur la durée pour leur donner une meilleure visibilité", et des œuvres marquantes plusieurs semaines après leur sortie en salles.

Ouvert en 1966, avec ses trois salles superposées (130, 110 et 80 fauteuils), Les 3 Luxembourg était le premier complexe du genre dans Paris. Rappelons que "Les 3 Lux" avait accueilli en mai 1968 les États généraux du cinéma. Un temps, la salle a était dans le réseau de salles Olympic de Frédéric Mitterrand dans les années 1980.

Un photographe globe-trotter archive et expose les salles de cinémas de l’âge d’or du 7e art

Posté par vincy, le 3 janvier 2017

Stephan Zaubitzer a eu un coup de blues. A l'heure des smartphones et de Netflix, il a subitement pris conscience que le cinéma pouvait disparaître. La salle de cinéma en tout cas. Le photographe allemand, par nostalgie et par envie, a donc eu l'idée de garder les images de ces vieux cinémas qui brillaient dans leurs villes dans les années 1930, 40, 50... L'âge d'or du "silver screen".

De ce tour du monde commencé en 2003 au Maroc, il a rapporté des images de cinémas fermés ou toujours debout, parfois transformés. Brésil, Burkina-Faso, Cuba, Californie, Egypte, France, Inde, Liban, République Tchèque, Royaume Uni... ce tour du monde étonnant et insolite se prolonge en livres comme CinéMaroc sur les salles de cinéma du pays (Ed. de l'œil, 2015) ou en expositions (au prochain festival Travelling en février, qui est dédié à la ville de Tanger).

Vous pouvez admirer ses clichés sur son site (en français): www.stephanzaubitzer.com

Plus de nouveautés que de classiques au cinéma Les Fauvettes

Posté par vincy, le 31 décembre 2016

Le complexe Les Fauvettes avait été lancé en novembre 2015 en axant sa programmation sur les films restaurés, cultes ou de patrimoine. Les cinéphiles étaient ravis. C'en est finit. Le cinéma parisien du réseau Gaumont Pathé, qui avait remplacé l'ancien Gaumont Gobelins, devient généraliste.

Le changement s'est fait progressivement puisque de nombreuses nouveautés se sont invitées dans la programmation depuis septembre. Les Fauvettes propose dorénavant Rogue One, Premier contact, Sully et Les animaux fantastiques. Une salle projette des classiques (notamment un cycle Clint Eastwood). Les Fauvettes continue cependant son travail événementiel autour de vieux films (Jamel Debouzze accompagnera la projection de The Kid de Charlie Chaplin) ou d'avant premières (La La Land à la mi janvier).

Le journaliste et auteur Jean-Pierre Lavoignat, en charge de la programmation depuis le début de l'année 2016, devient consultant sur les événements du réseau Gaumont Pathé, qui reprend sous sa responsabilité la grille horaire des Fauvettes.

Ce changement éditorial est la conséquence d'un échec de la fréquentation du complexe. 100000 spectateurs sont venus aux Fauvettes en 2016 alors que l'objectif était trois fois plus important.

UGC monopolise les écrans de cinéma de Versailles

Posté par vincy, le 18 décembre 2016

Bouleversement en région parisienne. Tandis que Gaumont Pathé met les bouchées double (en reprenant les cinémas d'Europacorp), que MK2 consolide son réseau parisien (notamment à Bastille), UGC s'associe avec C2L pour reprendre trois cinémas à Versailles et Meaux. Initialement c'est le réseau CGR qui devait mettre la main sur les deux cinémas versaillais (lire notre actualité du 13 mars 2015).

Ensemble, ils ont racheté les trois établissements franciliens de la famille Edeline: le Cyrano (1562 fauteuils) et le Roxane (767 fauteuils) à Versailles et le Majestic (1304 fauteuils) à Meaux, soit un total de 19 écrans et 800000 spectateurs. C'est à peu près la fréquentation d'un UGC Ciné Cité à Villeneuve d'Ascq, à Créteil ou à Lyon. Est-ce un changement de stratégie pour le réseau UGC jusque là concentrée sur des multiplexes d'une certaine taille dans les métropoles et les zones commerciales denses?

UGC assurera la programmation sans changer l'ADN des salles (le Roxane est classé art et essai) tandis que Marie-Laure Couderc (C2L), nièce de l'ancien propriétaire Jean-François Edeline, gérera le réseau. Les salles seront estampillées UGC et profiteront de tout le savoir-faire marketing et de la politique commerciale du réseau.

Dans tous les cas, les trois cinémas auront besoin d'être rénovés.

UGC confirme ainsi sa main mise dans cette zone francilienne, avec sa présence à Velizy et Saint-Quentin-en Yvelines et son futur multiplexe à Parly 2. Un quasi monopole pourrait-on dire qui est renforcé par le futur cinéma Cine Movida à Maurepas qui sera géré par ... Marie-Laure Couderc, qui exploite aussi un cinéma à Rambouillet (lire notre actualité sur la guerre des multiplexes dans les Yvelines). C2L est aussi présent dans le nord des Yvelines (Poissy, Saint-Germain en Laye) et à Provins (comme Meaux, en Seine-et-Marne), en plus de quelques salles dans le nord de la France et en Ile-de-France (Gif, Vaucresson, Sartrouville).

Les cinémas Gaumont Pathé à La Villette, Aéroville et La Joliette

Posté par vincy, le 17 décembre 2016

Situé dans le tout nouveau centre commercial Vill’Up, le cinéma Pathé La Villette a ouvert ses portes le mercredi 14 décembre. Il est en concurrence directe avec Etoile Les Lilas, les MK2 Quai de Seine et Quai de Loire et l'UGC Ciné Cité 19. Il s’agit du plus grand cinéma du nord-est parisien avec 16 salles ultramodernes et 2 900 fauteuils. L'ouverture était prévue en 2015 mais un incendie a retardé l'inauguration du centre commercial d'un an.

Il abrite aussi la toute première salle IMAX dans un cinéma à Paris intra-muros, et la deuxième après la Géode, située à quelques mètres.

"Le nouveau cinéma a été conçu pour offrir aux spectateurs un confort de projection optimal : 1,10 mètre d’espacement entre chaque rangée, des fauteuils club dans toutes les salles, des fauteuils duo pour se lover à deux" et "les spectateurs peuvent en outre réserver à l’avance leur fauteuil grâce au placement numéroté" explique le communiqué du groupe.

Situé au cœur du 5 ème musée de France, dans la quatrième travée de la Cité des Sciences et de l’Industrie, le Pathé La Villette, est le 5e complexe cinématographique ouvert à Paris en 3 ans après le Pathé Beaugrenelle, Les Fauvettes, le Gaumont Convention et le Gaumont Alésia. Il vise 700 000 entrées en 2016 et 1 million à terme.

Près de trois mois après le début de leurs négociations exclusives, les Cinémas Gaumont Pathé ont par ailleurs signé l'accord avec EuropaCorp, pour reprendre l’activité d’exploitation cinématographique de la société de Luc Besson (lire notre actualité du 5 octobre) qui comprend le multiplexe d’Aéroville à Tremblay-en-France, près de l'aéroport de Roissy Charles de Gaulle et le projet de multiplexe La Joliette à Marseille.

Les Cinémas Gaumont Pathé exploitent 110 cinémas pour un total de 1 051 écrans et totalisent 64,5 millions d’entrées en Europe. Le cinéma d’Aéroville est un multiplexe de 12 salles et 2380 fauteuils qui a totalisé 712 000 entrées en 2015. Le projet de cinéma de La Joliette abritera 14 salles et 2 800 fauteuils sur le site d’activité de La Joliette à Marseille.