L’eXcentris de Montréal change de vocation

Posté par vincy, le 24 septembre 2009

ex-centris.jpgC'était l'un des multiplexes les plus intéressants de la métropole québécoise. Quand L'eXcentris a ouvert, il s'agissait d'en faire un lieu de résistance (en défendant le cinéma art et essai) et d'expérience (vidéos expérimentales, cinéma interactif...). Il accueille ainsi le festival du Nouveau Cinéma, dont la 37e édition se tiendra  à partir du 8 octobre prochain.

Daniel Langlois, propriétaire du lieu, a annoncé sa métamorphose en janvier dernier : "Il est certain qu'après 10 années consacrées en bonne partie à la diffusion d'un cinéma d'auteur et différent, l'arrêt de la programmation régulière de cinéma à Ex-Centris créera probablement un vide. Par contre, comme d'autres exploitants de salles inspirés par les succès d'Ex-Centris programment de plus en plus le type de cinéma que nous avons mis en valeur depuis 1999, il existe maintenant à Montréal quelques alternatives pour voir ce type de cinéma."

"Les contraintes imposées par la distribution traditionnelle du cinéma, qui sont basées sur un nombre de séances fixes par jour et ce 7 jours sur 7, sont acceptables pour les salles à vocation spécialisée et équipées uniquement pour la projection du cinéma. Par contre, cela limite grandement un lieu versatile comme Ex-Centris qui désire programmer à sa guise un contenu varié et expérimental. "

Le 5 avril 2009, le complexe fermait ses portes dans on état d'alors. Le cinéma Parallèle, crée en 1967 et hébergé dans l'eXcentris, a été du coup relocalisé. Il s'abritera dans un édifice qui accueillera aussi l'Ecole d'imagerie numérique et l'École de danse contemporaine. Un projet qui devrait coûter 40 millions de $ CAN.

Du son et du vivant

L'eXcentris change de mission. Lieu pluridisciplinaire situé au coeur du Plateau, le lieu va s'ouvrir à la musique. Un laboratoire permettra aux artistes de mélanger les genres, les supports, transformant l'endroit en un centre expérimental des arts de la scène.

Cabaret, cinéma, spectacle vivant, arts numériques : il faudra de toute façon passer par un hall transformé en restaurant bar. Un club d'un nouveau genre finalement.

La programmation hétéroclite vise à privilégier les échanges. Le cinéma prendra moins d'importance. La salle Cassavetes accueillera même des concerts classiques et du jazz, voire du théâtre...

La fin d'une belle aventure, et surtout d'une audace individuelle.

Le cinéma fait sa révolution française

Posté par vincy, le 14 juillet 2009

Tout a changé lundi 13 juillet au matin avec la publication au Journal Officiel de l'arrêté sur les délais d'exploitation des films.

Une semaine après avoir arraché l'accord professionnel signé par 28 organisations et entreprises pour raccourcir le délai d'exploitation des films, tout est mis en place pour que le cinéma français fasse sa petite révolution à la veille du 14 juillet.

Les films seront désormais disponibles en vidéo à la demande (Vod) et en DVD quatre mois après leur sortie en salles contre six à sept mois et demi au minimum jusqu'ici. Un délai qui pourra être ramené à trois mois, dans des conditions assez strictes. En effet seuls les films ayant réalisé moins de 200 entrées au cours de leur 4e semaine d'exploitation en salles pourront bénéficier d'une telle dérogation. Conclu pour une durée de deux ans tacitement reconductible par périodes d'un an, cet accord réaménage la fameuse chronologie des médias qui organise la diffusion des oeuvres sur différents supports et à la télévision. Cela veut dire qu'un film comme Harry Potter et le Prince de sang-mêlé qui sort demain en salles pourra être en vente en DVD dès la mi-novembre contre janvier auparavant. Idéal pour en faire un cadeau des fêtes.

Les services de télévision payants pourront montrer les films en première diffusion 10 à 12 mois après leur sortie en salles, contre 12 mois minimum aujourd'hui, puis 22 à 24 mois en 2e diffusion (24 mois aujourd'hui).

Les chaînes de télévision en clair pourront les programmer 22 mois (contre 24 mois) après leur sortie en salles lorsqu'elles sont coproductrices, 30 mois dans le cas contraire (contre 36 mois).

Avec un délai de 36 mois à compter de la sortie des films en salles, la VoD par abonnement arrive en fin de chaîne. Seule la VoD gratuite, interdite avant 48 mois, lui est postérieure.

Un bilan régulier de son application sera organisé sous l'égide du Centre national de la cinématographie (CNC) tous les six mois.

L'accord a réussi à être signé in extremis. La Fédération nationale des cinémas français (FNCF) a d'abord voulu obtenir des mesures de rééquilibrage en faveur du secteur de l’exploitation, notamment des mesures liées au prix d’achat des films, des mesures au soutien à l’exploitation, et des mesures fiscales susceptibles de bénéficier à l’ensemble de la filière. La FNCF jugeait en effet que les salles de cinémas sont les seules, parmi tous les diffuseurs, à voir réduire leur durée d’exclusivité d'un tiers de sa durée.

Mais dans un contexte où tout va de plus en plus vite, y compris la consommation des films, le gouvernement avait décidé de s'adapter aux usages déjà en cours dans des pays comme les Etats-Unis ou le Royaume Uni. Il va être de plus en plus difficile de rattraper un film au cinéma deux mois après sa sortie et cela va sans doute conduire à une rotation encore plus rapide. Cela peut aussi inciter de nombreux cinéphiles à attendre la diffusion en VoD pour des films moins marketés, plus risqués ou audacieux. Le genre de films qui a besoin de temps pour s'installer dans un marché saturé. Le public a de plus en plus tendance à choisir des films fédérateurs, et l'augmentation du prix du billet ne va pas inverser le phénomène.

Le Ministère en avait fait un pilier de sa lutte contre le piratage, persuadé qu'en améliorant l'offre légale de films sur internet le piratage allait se réduire. Cela impliquait de bouleverser toute la chronologie des médias. Un accord, le premier qui est aussi global, a été trouvé entre une vingtaine de signataires : organisations professionnelles du cinéma (exploitants, distributeurs, réalisateurs et producteurs), les chaînes (France Télévisions, TF1, Arte, Canal+, M6), les diffuseurs de films en VoD, ou encore Orange et SFR.

Et si la plupart des points sont rendus obligatoires, Ccrtains points de l'accord ne le sont pas. En particulier, celui affirmant la nécessité de règles en matière de rémunération minimale garantie des ayant droits, ou encore celui ayant trait aux pratiques en matière de promotion des oeuvres.

Du coup, tout le monde n'est pas satisfait. La Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD), la Société civile des Auteurs Réalisateurs Producteurs (ARP) et la Fédération Française des Télécoms ont stigmatisé le manque d'ambition d'un texte qu'ils n'ont pas signé. La SACD persiste à demander des "initiatives audacieuses pour mettre en place une offre légale, novatrice, générale et sécurisée". La Société souhaite une "réflexion réellement approfondie sur la construction de la nouvelle économie de la création et de son financement à l'ére numérique" et propose notamment de "favoriser, au-delà des périodes d'exclusivité, l'exploitation permanente et suivie des oeuvres audiovisuelles et cinématographiques". Le SEVN (éditeurs de DVD) s'est abstenu jugeant trop restrictives les règles instaurées sur la publicité pour les sorties de films en DVD.

Amerrika diffusé sur Cdiscount : une expérience avortée

Posté par vincy, le 21 juin 2009

amerrika.jpgD'un côté, un distributeur qui cherchait à faire connaître davantage son film parmi les 14 qui sortaient le mercredi 17 juin. Pour faire exister un (petit) film, les (bonnes) critiques ne suffisent plus. Il faut aussi passer le cap de la deuxième semaine d'exploitation. Memento avait imaginé de diffuser gratuitement le film de Cherien Dabis, Amerrika, sur le site Cdiscount.com. Une sorte d'avant-première globale, et gratuite, deux jours avant la sortie du film, limitée à 10 000 internautes.

Mais le distributeur a été confronté à une fronde des exploitants (mais aussi des chaînes de télévision et des éditeurs vidéo) qui avaient décidé de programmé le film, apprécié depuis sa projection à la Quinzaine des réalisateurs. 10 000 internautes cela fait peut-être du buzz, mais c'est autant de tickets payants potentiels perdus. L'opération a donc été suspendue quelques heures après son lancement. Selon Cdiscount, le film a été visionné 2 500 fois avant son retrait. Chiffre qu'il faut comparer au 3 311 curieux qui l'ont vu dans 23 salles de région parisienne mercredi, soit le sixième démarrage de la semaine. L'expérience aurait pu être intéressante. Mais on ne joue pas impunément avec la chronologie des supports...

Car la véritable révolution en cours pour le cinéma est bien l'ordre chronologiques des supports de diffusion - salle de cinéma, vidéo à la demande, édition DVD et Blu-ray, chaîne de télévision payante, puis gratuite..

Comment déterminer le succès d’un film si les entrées en salles n’est plus le seul critère de référence ?

Il y a trois mois, La journée de la jupe, d'abord présenté sur la chaîne de télévision Arte, avait été snobbé par les exploitants de cinéma (voir actualité du 23 mars 2009). Une pratique qui risque d'être pourtant de plus en plus courante. London River, de Rachid Bouchareb, vient d'être montré sur la chaîne culturelle franco-allemande alors que sa sortie en salle n'est prévue que le 23 septembre. Le meilleur exemple reste le film de Yann Arthus-Bertrand, Home, "projeté" simultanément sur le Net (Youtube), à la TV (8,3 millions de téléspectateurs sur France 2), en plein-air (sur le Champ-de-Mars) et dans les salles de cinéma (voir buzz du film). En France, il n'a attiré que 75 000 spectateurs.

Un impact à double tranchant : un carton cathodique signifie souvent un flop au box office. Aussi comment déterminer le succès d'un film si les entrées en salles n'est plus le seul critère de référence. La télévision a pour cela une vertu : elle attire les masses (parce qu'elle est gratuite?) là où le cinéma est un choix, une sélection de la part du "consommateur". Ainsi, Home ou La journée de la jupe ne seront pas classés dans les films les plus vus en salles, et pourtant ils sont parmi les films les plus vus de l'année.

La nouvelle Loi du gouvernement va bousculer un peu plus les habitudes. Désormais, un film pourra se retrouver en format vidéo (DVD, Blu-Ray...) quatre mois après sa sortie en salles, et non plus six mois. La Video à la demande va aussi transformer les habitudes. On peut imaginer que certains films qui ne trouvent pas leur place en salles (trop de sorties) soient directement vendus sur des canaux de VOD. Et si Hadopi se révélera vite impuissante, il reste qu'Amerrika a sans doute déjà rencontré son public en version piratée ... Nous n'en sommes qu'au début de cette mutation numérique...

Un pas en avant pour l’audiodescription

Posté par Morgane, le 12 décembre 2008

Mercredi 10 décembre, la charte de l’audiodescription a été paraphée dans une des salles du Cinéma des Cinéastes par des signataires tels que le CNPSAA (Comité Nationale pour la Promotion Sociale des Aveugles et des Amblyopes), l’Association Valentin Haüy, En Aparté, Titra Film, Arte, TF1, France Télévisions, SRF, DIRE, SDI et UPF.

L’audiodescription ou comment rendre la culture accessible à tous. A l’occasion de cette conférence de presse, plusieurs orateurs sont intervenus afin de revenir sur « le moment historique » que représentait cette signature et sur l’audiodescription et son statut. Le maître-mot de ces interventions reste la volonté de rendre la culture, ici visuelle, accessible à tout un chacun. Alors, en quoi consiste ce procédé ? Coup de projecteur sur l’audiodescription.

L’audiodescription : Pourquoi ? Comment ? La question du « Pourquoi ? » trouve sa réponse dans le vœu d’universalité dont se réclame l’outil culturel incluant ainsi les personnes handicapées et ici, plus particulièrement, les personnes aveugles. L’audiodescription a alors pour but de leur donner accès aux images dont regorge aujourd’hui notre société, que ce soit à travers le cinéma, la télévision, le musée etc…

Le court métrage Anna d’Alejandro Gonzalez Inarritu, appartenant à l’œuvre collective Chacun son cinéma (réalisée à l’occasion du 60ème anniversaire du Festival de Cannes) dans lequel un homme « décrit » l’image à son amie aveugle dans une salle de cinéma en est un très bon exemple.

« L’audiodescription consiste à décrire les éléments visuels d’une œuvre cinématographique au public non voyant et malvoyant, pour lui donner les éléments essentiels à la compréhension de l’œuvre (décors, personnages, actions, gestuelle…). Le texte enregistré est calé entre les dialogues et les bruitages et mixé avec le son original de l’œuvre ». La présente charte a donc pour but de donner un cadre, principalement éthique, à l’audiodescription. Laure Morisset et Frédéric Gonant (comédiens et audiodescripteurs) en ont rappelé les points fondamentaux :

- Le choix des mots est essentiel tout comme le respect de l’œuvre.

- L’audiodescripteur se doit d’être objectif et ne doit pas chercher à imposer ses propres sentiments mais à les provoquer. Pour cela, il doit se livrer à une analyse rigoureuse de l’image et de la bande-son.

- L’audiodescripteur doit respecter l’auditeur avec une description qui soit en mesure de se faire oublier, de se fondre dans le film lui-même.

L’audiodescription : retour sur un développement français lent. La France est en effet en retard dans le domaine de l’audiodescription. Apparue aux Etats-Unis en 1975 grâce à Gregory Frazier, professeur à l’université de San Francisco, et à August Coppola (frère du célèbre Francis Ford), doyen de cette même université, l’audidescription a fait ses timides premiers pas dans l’Hexagone il y a de cela 20 ans. Alors que cette pratique est devenue courante en Angleterre, au Canada, en Italie, en Espagne, aux Etats-Unis et autres, la France a, elle, un wagon de retard que cette charte, on le souhaite, comblera.

Le procédé est présenté pour la première fois en France lors du festival de Cannes 1989 avec des extraits audiodécrits des Diaboliques d’Henri-Georges Clouzot et des Enfants du Paradis de Marcel Carné. Le premier film entièrement audiodécrit par l’Association Valentin Haüy n’est autre qu’Indiana Jones et la dernière croisade de Steven Spielberg, également en 1989. Concernant le théâtre, Le Songe d’une nuit d’été de William Shakespeare est la première représentation audiodécrite, en 1990, au Théâtre National de Chaillot. Quant à la chaîne Arte, elle a été la première a diffusé des films en audiodescription à partir de 1999.

A ce jour, en France, environ 300 films sont audiodécrits. TF1, en septembre dernier, a proposé Les bronzés 3 dans ce format spécifique. La ville de Paris, régulièrement depuis 2004, propose au cinéma Arlequin et plus récemment au MK2 Quai de Seine, des films La môme, Un long dimanche de fiançailles, Paris, Comme une image, ou encore lors de sa sortie nationale, Entre les murs. Cette charte fera en sorte que ce nombre ne cesse d’augmenter et qu’à terme, l’audiodescription s’intègre à toutes les productions.

Elton John, du cinéma sur scène, de la scène au cinéma

Posté par vincy, le 11 décembre 2008

the red piano tour elton john

Mardi 9 décembre, Bercy était presque plein (avec des sièges dans la fosse, la moyenne d'âge du public étant de 40 ans) pour écouter Elton John et les mélodies de son piano rouge. En grande partie, hormis un morceau des années 90, il a été puisé dans son répertoire des années 70.

Scéniquement, l'extravagant Elton John semblait sage, assis derrière son clavier, à boire de l'eau, vêtu d'un costume sobre, signé Yamamoto. Cela change d'un autre concert à Bercy il y a une quinzaine d'années, où il était tombé raide sur la scène.

Mais l'excentricité se trouvait ailleurs : l'immense écran qui faisait la largeur de Bercy projettait des clips colorés, des histoires chorégraphiées ou des montages / collages plus abstraits. Ainsi on revoit le chanteur lorsqu'il était jeune, ses fantasmes, son époque. Dans l'un des films  évoquant la folie du show biz et des fans ("The Train doesn't stop there anymore", Justin Timberlake incarne la star. Sur la scène, la direction artistique n'a rien de conventionnel. Pour "Candle in the Wind", Marilyn reprend son rôle, reléguant Lady Di à ses roses anglaises. Gonflés à l'hélium, des gros nibards, une banane et deux cerises, des roses ou un stick de rouge à lèvres s'érigent et donnent au spectacle une atmosphère décadente, criarde et délirante. Tous les fantasmes, jusqu'à l'homosexualité assumée du personnage, y passent.

C'est le créatif et réalisateur David La Chappelle qui a imaginé tout ce décorum pop art et satirique où, comme avec Warhol, "Elton" devient un sigle, une marque.  Ce spectacle court (90 minutes) de 17 chansons a commencé à Las Vegas en 2004 (200 représentations durant 4 ans) avant d'aborder une tournée mondiale. La seule date française était Paris Bercy. Mais 28 salles de cinéma du pays proposaient la diffusion du concert sur un grand écran et en haute définition. Une tendance de fond puisque l'Euro de football et un concert de l'opéra de New York avait déjà suscité de telles projections. La Géode en avait même fait un choix stratégique lors du lancement de la Géode numérique en mars 2007.

Pour Bercy, il fallait débourser 73 à 194 euros. Pour ailleurs, le ticket d'entrée n'était qu'à 17 euros. Les Kinépolis de Nancy, Thionville, Lille Lomme, Mulhouse, Metz, Nîmes, les Pathé de Nice, Toulon et Lyon, les Gaumont de Reims, Paris (Champs Elysées et Labège ont fait partie du réseau. D'autres salles de villes moyennes comme Agen Aix en Provence, Angers, Beaune, Blos, Cannes, Carcassonne, Montauban, Montpellier, Périgueux, Saint-Quentin ou Sarlat s'y sont jointes.  Le show, très visuel, s'y prêtait, l'ambiance d'une salle en moins. Cela devait ressembler à l'expérience d'un immense DVD "live" sans montage. Selon Le Parisien, il y avait 300 personnes dans la salle du Gaumont parisien pour partager ce moment.

Le nouveau Forum des images (5)

Posté par vincy, le 4 décembre 2008

Dernière étape dans ce nouveau Forum des Images, la médiathèque François Truffaut. C'est la réelle nouveauté de cette ensemble cinéphilique de la rue du Cinéma. Une partie des fonds spécialisés étaient en effet localisés dans une autre bibliothèque parisienne (André Malraux, tout un symbole).

Ici, nous trouverons 17 000 livres, 72 revues, 6 2000 revues de presse. Le Film français ou Positif dans leur intégralité.

Mais on pourra aussi voir 2 000 DVD et écouter 2 500 CD. Un fond porté sur le cinéma expérimental est en phase de constitution.

Double particularité de cet espace à même la rue : la médiathèque sera ouverte le dimanche et les abonnés porrront emprunter les livres mais aussi les DVD. Il y aura 7 500 films (2 000 à l'ouverture) à voir chez soi. Qu'on soit chercheurs, spécialistes, cinéphiles, ou curieux.

Limoges : et de trois!

Posté par vincy, le 23 octobre 2008

Limoges compte désormais trois complexes cinématographiques. La particularité de cette préfecture (départementale ET régionale) est de ne pas avoir d'enseignes nationales comme UGC, Gaumont, Pathé, Kinépolis ou Megarama. 36e agglomération de France (250 000 habitants), ses deux cinémas sont trustés par un exploitant indépendant, Multiplex, géré par Michel Fridemann.  La ville a vu disparaître de nombreux salles (Les stars, Le colisée, Le rex...). Il ne reste donc que Le Lido, classé Art & Essai, avec trois salles, et Grand écran Centre, multiplexe des années 90, avec quatorze écrans. les deux sont situés en centre-ville. Les deux cinémas attirent 600 000 spectateurs par an.

Multiplex a inauguré le 15 octobre son nouvel ensemble de dix salles, Grand écran Ester, à quelques kilomètres de Limoges. Le groupe attend un chiffre de fréquentation proche des 500 000 entrées annuelles. Le nouveau cinéma emploie quinze personnes. Dans le contexte régional, c'est une bonne nouvelle pour le 7e art puisque le cinéma de Brive (Le Rex) résiste difficilement à la crise.

Le réseau indépendant est aussi présent à Libourne, Bergerac et Arcachon. C'est dans le centre-ville d'Arcachon justement que son septième complexe ouvrira en 2010.

Piratage : propagande ou réelle peur?

Posté par vincy, le 7 août 2008

Ah ces médias officiels et officiellement libéraux (comprendre la presse quotidienne économique) : ils se sont régalés dès ce matin à brandir la menace du piratage. L'Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle a publié la première étude mesurant "précisément" les statistiques de piratage de films. Cette Alpa qui veut alpaguer les corsaires du clic est une vieille association de 23 ans, créée par le Ministère de la Culture et celui de la Justice, financée par les professionnels du cinéma  et présidée par le P-DG de Gaumont. Il y a plus neutre. Sise dans les très chics quartiers du VIIIe arrondissement de Paris, cette Alpa a un site internet qui ne contient que ses contacts et son logo. On fait mieux en guise de transparence.

Alors, certes, l’Alpa a déclenché le signal d’alarme, voudrait que le train s’arrête, parlant de « péril ». L’étude porte sur la période novembre 2007 / juin 2008. Les chiffres son évidemment balancés aux médias pour faire paniquer les professionnels et pointer du doigt les méchants internautes.

De façon grossière, on nous dit « autant de films piratés que d’entrées payées ». Pourtant si l’on sait calculer les chiffres reçus on note 14,1 millions de téléchargements en juin + 62 millions de téléchargements de janvier à mai, soit 76 millions d’actes de piratages. Contre près de 100 millions de vendus. Bien sûr, ça ne retire en rien l’effarante donnée de 450 000 téléchargements illicites par jour en France.

Mais il faut relativiser certaines données et s’inquiéter pour d’autres. Car finalement cela impacte davantage sur le marché du DVD, en chute libre, que sur les entrées, plutôt dynamiques malgré la crise économique. D’abord les films américains s’octroient une part de marché bien plus importante chez les pirates (66%) que chez les spectateurs. Les blockbusters sont made in USA, avec en tête des daubes comme Transformers et Next, mais aussi American gangster, Bee Movie et No country for Old men, tous au dessus de 2 millions de clics. C’est d’autant plus inquiétant que le film des Coen est très loin d’avoir obtenu ce nombre de spectateurs en salles. De même, la part de marché des films européens est de 12% chez les pirates, ce qui n’a rien à voir avec la moyenne de 4% annuelle dans les salles.

Autant de clics pour Bienvenue chez les Ch'tis que pour Persépolis
Mais bizarrement les films français sen tirent bien. Seulement 19% de part de marché sur les ordinateurs contre 40% en moyenne sur les grands écrans. Le plus gros « hit » est évidemment Bienvenue chez les Ch’tis avec 682 000 téléchargements, soit 3,5 % des entrées du film ! De même les 206 000 clics de Disco ou 287 000 clics de La Môme sont très loin des 2,5 millions de clics pour le film oscarisé des Coen mais aussi de leurs scores au box office. A la rigueur le producteur de Survivre avec les loups a raison d’avoir la rage : 149 000 téléchargements pour 650 000 entrées… Pire, Persépolis accumule 675 000 curieux en ligne pour à peine deux fois plus de fidèles des salles obscures.

Mais attention, rien ne dit que ces pirates n’achètent pas le DVD ou ne vont pas aussi voir le film en salles. Il faudra surtout croiser les chiffres de la VOD avec la prochaine étude pour voir si la tendance est à la hausse ou à la baisse.
Enfin, plutôt que de se focaliser sur les Top 10 des œuvres les plus téléchargées, peut-on s’interroger sur les motifs des « pirates » et de se demander comment faire pour les attirer à voir un film brésilien ou japonais sur un ordinateur plutôt que d’aller le voir en salles ?

Air France, le multiplexe ambulant

Posté par vincy, le 5 août 2008

af_constellation.jpgVous êtes quelques centaines de milliers à avoir pris l'avion pour partir ou revenir ce week-end. Désormais les longs courriers proposent souvent des écrans individuels avec une dizaine de films au choix... Fini le temps où nous devions nous tordre le coup et prendre des jumelles pour voir un film, coincé entre la calvitie du  gros monsieur du rang devant et les incontinents qui se lèvent tout le temps.

Air France, pour la petite histoire, a diffusé son premier film  à bord en 1951. Les passagers du Lockheed Constellation (photo) embarquait à New York pour aller à Paris. Judicieusement, la compagnie avait projeté Un Américain à Paris, de Vincente Minelli, avec Gene Kelly. On fait pire choix. Tout avait de la classe en ce temps-là.

Hélas, il n'y avait aucune réglementation à l'époque, et l'expérience fut arrêtée. 15 ans plus tard, sur ses premiers jets, les Boeing 707, Air France lance son service de cinéma, avec ces fameux (et très lourds) projecteurs encastrés dans le plafond. C'était le temps des écouteurs payants, des films en deux langues...

Tout cela a évidemment évolué avec les technologies, d'une part en vue d'offrir un service plus individualisé, mais surtout pour alléger les avions. Les écrans sont donc désormais dans le fauteuil, et servent de jeux vidéos et de radios. Parfois plus 85 films sont disponibles en 9 langues différentes. Ainsi l'an dernier, Air France a proposé 230 oeuvres (110 américaines, 70 de nationalités diverses, 50 françaises).

Le plus impressionnant est qu'avec 22 000 fauteuils équipés (et volants), sur l'ensemble de ses longs courriers, la compagnie aérienne offre deux fois plus de place qu'un réseau comme MK2 (11 000 fauteuils). Mais là les spectateurs ne sont pas comptés dans les résultats du box office...

Paris retrouvera son Forum des images en décembre

Posté par vincy, le 20 juin 2008

Les travaux n'en finissaient pas... L'annulation d'un marché avait tout compliqué. De retards en impatience, le public désespérait de se voir trimballer "hors les murs" à travers Paris. Il ne faudra pas, en tout cas, attendre le réaménagement du quartier des Halles pour profiter du nouveau Forum des Images. La Mairie de Paris vient d'annoncer sa réouverture pour le 5 décembre 2008, avec un auditorium de 500 places refait à neuf, le 7e bar, des collections numérisées et l'ouverture de la Bibliothèque du cinéma François Truffaut. Le Forum pourra ainsi accueillir de nouveau ses festivals partenaires dès 2009 : NEMO, l'étrange festival, la reprise de la Quinzaine des Réalisateurs et le festival des films gays et lesbiens de Paris.