Edito: La dernière séance (du cinéma porno)

Posté par redaction, le 7 décembre 2017

C'est officiel: le Beverley fermera en fin d'année. C'était le dernier cinéma X de la Capitale, dans le 2e arrondissement. Le patron part à la retraite. Maurice Larcohe dirige ce monosalle dédié au X depuis 34 ans. Les clients se sont faits rares. Rarement plus de 500 par semaine. Et pourtant, avec un ticket d'entrée à 12€, cela rendait l'affaire intéressante avec 300000€ de chiffre d'affaires. M'enfin, les beaux jours sont loin quand, dans les années 1980-1990, le cinéma accueillait plus de 1500 spectateurs par semaine.

Il faut dire que les clients ont vieilli aussi. Les trois quarts ont la carte senior. La salle aux fauteuils en skaï rouges (ça se nettoie plus facilement, même si des kleenex sont vendus comme d'autres proposent du pop corn) ont du en voir... C'est désormais un vestige, dernier survivant des 44 cinémas X de Paris.

Mais pourquoi aller voir un porno en salles quand tout est disponible chez soi, sur petit et très petit écran, en un clic de télécommande ou de souris? Même l'interdiction aux moins de 18 ans a sauté en l'air avec les smartphones. Et plutôt que de se taper un film au scénario déjà convenu, et aux positions imposées, comme en patinage artistique, le web a opté pour les séquences plus ou moins longues, parfois très courtes, hyper ciblées, et très variées. Il y en a pour tous les goûts et c'est illimité.

Le X et la génération XY

Le Président de la république Emmanuel Macron a déclaré lors de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, le 25 novembre, que "la pornographie a franchi la porte des établissements scolaires. Nous ne pouvons ignorer ce genre qui fait de la femme un objet d'humiliation". On aurait envie de lui dire: "ça dépend des films", mais globalement, la pornographie ne fait pas dans la légèreté. Même si l'image de la femme a été revalorisée, notamment grâce aux réalisatrices de porno, le problème est surtout de constater que le X est accessible sans verrouillage. Pour ce qui est de l'école, on peut toujours se dire qu'un smartphone n'y a plus sa place. L'accès au porno peut-être régulé avec succès, comme c'est le cas dans certains pays.

Maintenant dire que le X conduit à avoir une image dégradée de la femme, c'est un peu comme croire qu'on va faire un massacre de masse en jouant à Call of Duty. Le nœud du problème est ailleurs. L'Observatoire de la parentalité et de l'éducation numérique a récemment constaté que la moitié des adolescents de 15 à 17 ans sondés avaient déjà consulté un site pornographique, soit une hausse de 14 points sur quatre ans, et selon la même enquête, 45% des jeunes considéraient que la pornographie avait participé à leur apprentissage de la sexualité.

Size does matter?

Alors certes il y a du X de qualité. C'est comme le cinéma, il y a beaucoup de daubes et quelques plans bien anglés, bien cadrés. Mais il faut reconnaître que l'invasion du X sur les ados posent un problème autrement plus sérieux, pas forcément le truc qu'on remarquait dans le noir d'une salle porno. Dans Libération, lundi, le docteur Marc Abécassis, spécialiste en chirurgie plastique, expliquait: "Je pratique la chirurgie intime depuis 1992 et ce que je vois de plus en plus, ce sont des jeunes d’à peine plus de 18 ans, alors que la fourchette se situe plutôt entre 35 et 45 ans. Avec l’Internet, les médias qui communiquent, les forums, et évidemment le porno, on s’exhibe plus. Du coup, le regard des autres hommes est encore plus pesant que dans les générations précédentes. On me dit : "Je ne peux pas aller à la piscine, dans les douches, dans les vestiaires, me changer devant les autres", les hommes s’évaluent."

Bref, c'est un paradoxe: alors que le film porno est visionné sur un écran de plus en plus petit, les hommes, croyant que la taille compte, se veulent de plus en plus "grand". Mais, mauvaise nouvelle, le vrai problème est ailleurs: c'est la pollution qui réduit la taille du pénis et la qualité du sperme au fil des décennies. Pas de quoi pouvoir imiter un acteur porno avec votre ami(e) si on en croit les dernières études comparatives en Europe sur le sujet, même au pays de Rocco Siffredi.

Gaumont-Pathé s’empare de La Géode

Posté par vincy, le 18 octobre 2017

Universcience, qui regroupe le Palais de la découverte et la Cité des sciences et de l’industrie, avait lancé le 3 février dernier un appel à projets innovants pour la Géode. La monosalle emblématique du Parc de la Villette souffre depuis plusieurs années d'une fréquentation en chute libre, passant de 1 million de spectateurs au moment de son ouverture à 300000 entrées en 2016.

Universcience avait donc lancé cette procédure de sélection durant l'été pour une remise de dossiers le 22 septembre. "Au regard des critères objectifs portant sur les volets culturel, social et financier, tels que fixés par le règlement de consultation, Universcience désigne la société Les Cinémas Gaumont Pathé comme attributaire pressenti" indique le communiqué de l'établissement le 17 octobre. La Compagnie des Alpes (qui gère aussi le Futuroscope où se situe une salle équivalente) et GL Events (dont le projet était de reconvertir le cinéma en centre de congrès) ont été recalés. Pathé a ouvert récemment un multiplexe au sein même de la Cité des sciences et de l'industrie, Pathé La Villette, équipé de la première salle 4DX en France (le Gaumont Montpellier et le Pathé de Toulon ont depuis suivi le mouvement).

Normalement, ce projet a "pour ambition de donner un nouvel élan à ce lieu emblématique en offrant au public de nouvelles expériences." Il s'agira surtout de rénover la salle (pour quelques millions d'euros) et de modifier l'offre (c'est là le plus grand défi).

Le conseil d'administration d'Universcience devra encore adopter la "convention d’occupation temporaire du domaine public pour l’exploitation du bâtiment de la Géode". Son actuel contrat d'occupation du domaine public se termine fin 2017.

7 ans de crise

Inaugurée il y a 32 ans, la Géode projetait des documentaires dans des formats souvent IMAX et/ou 3D. Mais son modèle a pris du plomb dans l'aile. Les multiplexes se sont équipés en 3D. Les réalisations documentaires en IMAX se sont raréfiées pour cause de coûts élevés. Et la Géode, liée à son établissement de tutelle dédié à la pédagogie, n'a jamais programmé de films grands publics pour attirer de nouveaux spectateurs, privilégiant les films animaliers, historiques ou scientifiques, ou des innovations comme la réalité virtuelle. Le ticket d'entrée était cher pour des séances qui dépassaient rarement 45 minutes. Actuellement la sphère programme Matt Pokora, My Way Tour, National Parks Adventures, A Beautiful Planet, Ouragan 3D et Baleines.

La Géode réalise un chiffre d'affaires de 3 millions par an environ et emploie 14 personnes. La salle est déficitaire depuis 7 ans.

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Lire aussi: La Géode: 30 films pour célébrer ses 30 ans

Un cinéma parisien honoré par le Prix CNC de la salle innovante

Posté par vincy, le 3 octobre 2017

Pour sa deuxième édition, le Prix de la salle innovante a été remis par le CNC au congrès de la FNCF à Deauville. Cette année, c'est le lauréat est le Studio des Ursulines, situé dans le quartier latin à Paris, qui a reçu le Grand prix. Une salle monoécran spécialisée dans le jeune public, qui a innové avec son site web de recommandation de films art et essai pour le jeune public, Benshi. La particularité est qu'il met en réseau 130 salles de cinéma partenaires.

Le CNC dote le lauréat d’une campagne de communication de 10000 €.

Benshi, lancé début 2016, est actuellement en campagne de financement participatif sur Kiss Kiss Bank Bank pour lancer sa plateforme VàD, Benshi studio. A la recherche de 20000€, ils ont déjà récolté 15500€ grâce à plus de 400 contributeurs.

Créée en 1925 et ouverte en 1926, la salle de la rue de Ursulines projetait des films d'avant-garde et est devenue la première salle spécialisée dans les films art et essai. Il s'est orienté vers le public jeune en 2003?

Trois mentions spéciales ont été décernées: le CGR Les Minimes de La Rochelle pour ses salles premium, le Pandora d’Avignon pour son Frames Vidéo Festival dédié à la culture numérique en ligne, et le Grand Palace des Sables-d’Olonne pour son ouverture aux entreprises et aux écoles.

L'an dernier, le Grand prix avait récompensé Le Caroussel de Verdun.

Le cinéma « La Pagode » passe sous pavillon américain

Posté par vincy, le 27 septembre 2017

Charles Cohen a racheté La Pagode, le cinéma d'art et essai situé dans le 7e arrondissement de Paris et fermé en 2015.

Classée Monument historique depuis 1990, La Pagode est protégée. L'inquiétude venait plutôt de son devenir, à l'époque.

Le groupe de Charles Cohen, Cohen Media Group, affirme que le bâtiment "fera l'objet d'une restauration minutieuse et approfondie". Quand? Ce n'est pas précisé.

Le groupe de Charles Cohen est connu aux Etats-Unis pour distribuer des films art et essai (les plus récents: Une journée à travers le cinéma français, Visages, Villages, Le client, Les Cowboys, Journal d'une femme de chambre, Mustang et Marguerite). La société, qui assure à la fois la production, la distribution et même l'exploitation (à New York et Los Angeles), a été crée en 2008.

Charles Cohen, milliardaire qui pèse environ 2,65 milliards de $, passionné par le cinéma européen et notamment français, est l'un des plus gros promoteurs immobilier aux Etats-Unis.

Edito: le prix à payer

Posté par redaction, le 21 septembre 2017

L'iPhone se vend désormais au prix d'un SMIC. Folie inflationniste pour un produit qui, désormais, est officiellement obsolète en douze mois, et donc le fabriquant ne souhaite pas qu'il vive vraiment plus longtemps. Certes, nous sommes tous dépendants de ces smartphones, sans nous soucier des effets sur la santé et l'environnement. Une partie de notre vie sociale se passe dorénavant sur ces écrans. Heureusement pour le 7e art, cet écran est encore trop petit pour apprécier un film.

Le cinéma reste un loisir "modique". En France, selon la plus récente étude du CNC, un ticket vaut en moyenne 6,51€ (c'est un peu plus cher à Paris, beaucoup moins dans des villes de moins de 20000 habitant). Ce prix est en hausse quasi continuelle depuis 2006 (à l'époque le billet moyen valait 5,94€). Ce qui sauve la fréquentation c'est bien sûr les cartes illimitées, et quelques hits très fédérateurs. La France est le pays qui résiste le mieux en Europe.

Aux Etats-Unis, où le calcul se fait par recettes, on a privilégié un ticket moyen nettement en hausse. Le ticket vaut en moyenne 8,89$ (7,44€) contre 6,55$ en 2006! Cela permet d'accroître les recettes alors que la fréquentation est plutôt en baisse (1,32 milliard d'entrées en 2016 contre 1,4 milliard d'entrées en 2007). Mais ça décourage pas mal de spectateurs de se payer une séance alors qu'un abonnement à Netflix coûte finalement moins cher pour une programmation plus vaste.

Même pas 10$ pour un film au cinéma par jour

Dernière trouvaille du moment, MoviePass, lancé le 15 août, par un ancien de Netflix justement. MoviePass propose un abonnement mensuel de 9,95$ permettant de voir un film par jour, à l'exception des films 3D ou Imax. C'est révolutionnaires (une carte illimitée en France c'est au minimum 20€).

L'économie est périlleuse. Car MoviePass s'engage à reverser aux salles le "tarif" normal. Au-delà de deux films, le système devient donc déficitaire. Aucune chaîne américaine n'a signé d'accord avec MoviePass. On les comprend: cela casse leurs recettes. Mais le pari de MoviePass est ailleurs: si le nombre d'abonnés à son programme est suffisamment important, il pourra revendre les données de sa base de clients. Pour les exploitants, c'est aussi un moyen de remplir leurs salles (hormis le week-end, elles sont plutôt vides, au point d'offrir des tarifs bradés les lundis et mardis), et de vendre davantage de produits alimentaires.

Un fauteuil sur six occupé en France

Car c'est l'autre problème que les cinémas connaissent: il y a les spectateurs réguliers, mais ils ne suffisent pas à remplir les fauteuils dans de nombreuses séances. Avec un ticket moins cher, et une offre variée, cela peut aussi permettre à des cinéphiles de prendre le risque d'aller voir des films plus singuliers et moins populaires. En France, le taux d'occupation est assez faible: 14,4% en France, 16,6% à Paris. On peut toujours se glorifier de notre bon niveau de fréquentation, on constate mois après mois, la désaffection du public pour 90% des films qui sortent chaque semaine, une part de piratage toujours importante, et une consommation de la télévision en pleine forme. Avec un fauteuil sur six occupé, des cinémas qui continuent de s'agrandir ou de se construire, et un ticket de ciné qui reste cher (malgré des efforts pour les enfants), une formule comme MoviePass pourrait aller chercher le spectateur oublié, pour le meilleur (qu'il aille au cinéma) et pour le prix. Mais avant cela, rassurons-nous: MoviePass a le temps de couler. Ou de devenir incontournable.

Edito: Ôtez-nous d’un doute…

Posté par redaction, le 7 septembre 2017

Il y a presque un mois, une jeune femme antiraciste a été tuée par un suprémaciste blanc à Charlottesville, en Virginie. La question / division raciale aux Etats-Unis est toujours aussi vivace. Pas seulement aux Etats-Unis d'ailleurs, puisque, désormais, le politiquement correct domine l'ensemble de la communication des uns et des autres (au points d'être choqué ou amusé dès que quelqu'un sort des clous dictés par le code de bonne conduite).

Chaque citoyen occidental pèse un statut ou un tweet pour ne pas subir les trolls opposants. On anéantit le débat, on écrase la réflexion sous un torrent d'insultes, de vannes, de piques, de punch-lines. Le second degré disparaît. L'esprit se meurt. La nuance n'a plus le droit d'exister. La liberté d'expression est "sous contrôle" et "sous pression".

Cela conduit à des situations absurdes, proche d'un révisionnisme historique ou/et cinématographique inquiétant. Une salle de cinéma de Memphis a ainsi annulé la présentation annuelle d'Autant en emporte le vent, projeté depuis 34 ans en août à l'Orpheum Theatre. Brett Batterson, président du cinéma, considère qu'en tant qu’organisation "dont la mission est de divertir, d’éduquer et de mettre en valeur la communauté que nous servons, The Orpheum ne pouvait diffuser un film qui est insensible à une grande partie de la population locale", suite aux nombreux messages sur les réseaux sociaux. Le film le plus vu au cinéma dans l'Histoire du 7e art est qualifié de "potentiellement raciste". Sic.

En 1939, les producteurs savaient que le contenu racial du film pouvait être offensant pour certaines personnes. Pour adapter le roman de Margaret Mitchell, quelques modifications avaient été apportées afin d'atténuer l'esclavagisme ou même les stéréotypes liés aux afro-américains. Malgré cela, la comédienne Hattie McDaniel, qui incarnait une domestique bienveillante, a été la première Afro-Américaine à gagner un Oscar (meilleur second-rôle féminin), près de 25 ans avant la fin de la ségrégation dans les Etats du sud.

Mais oui, en effet, Autant en emporte le vent peut-être vu comme "potentiellement raciste". Ce qui ne retire rien aux qualités du film. Car cet aspect dérangeant est aussi celui qui prévalait (parfois encore plus durement) à l'époque où se déroule les aventures de Scarlett O'Hara. La guerre de Sécession était aussi un combat pour l'abolition de l'esclavage et l'affranchissement des Afro-américains. Les Sudistes, héros du livre comme du film, n'étaient pas dans le bon camp (et d'ailleurs, ils perdent). C'est toujours mieux que d'effacer complètement le sujet comme dans Les Proies de Sofia Coppola.

Censure

Si on en vient à refuser de projeter ce film mythique, quid des Westerns (franchement anti Amérindiens pour la plupart)? Quid des films de guerre où les ennemis étaient régulièrement caricaturés (propagande oblige)? Peu de films seraient finalement "visibles".

De la même manière le raciste Tintin au Congo serait interdit (il l'est parfois dans certaines bibliothèques). Comme on a gommé la pipe de Monsieur Hulot ou le clope de Lucky Luke au nom du dogme "Le tabac c'est mal". On révise l'histoire, on la transforme au gré de nos humeurs, morales, et autres contextes sociétaux. Mais il est évident qu'un film réalisé dans les années 1930 ou 1950 ne peut pas avoir le même point de vue qu'un film contemporain. Ce n'est pas pour rien aussi que les minorités se battent pour être "visibles" ou plaident pour "l'égalité" des salaires. Le combat n'est pas fini. Cependant, on constate que sur les Afro-américains, les Amérindiens, les homosexuels, etc..., le cinéma américain a évolué. Et peut-être que dans 30 ans, les futurs spectateurs seront choqués de voir des acteurs/actrices se fréquenter dans un fast-food ou conduire une voiture (autant de choses qu'on jugera sans doute nocives dans le futur). Pour l'instant, fumer semble moins tolérer que baiser (et souvent c'est sans capotes). Doit-on pour autant juger les films où Bogart allume une cigarette comme "potentiellement dangereux" pour la santé? Et que dire de tous les grands films pourtant très sexistes réalisés au fil des décennies?

Le racisme n'a aucun sens et être raciste est un délit indiscutable et condamnable. On ne reviendra pas là dessus. Mais plutôt que d'interdire à un spectateur de voir ou revoir un grand film sous prétexte qu'il n'est pas politiquement correct "de nos jours", il suffit d'accompagner la projection d'un débat pédagogique pour expliquer son contexte.

Car si on efface l'identité d'une époque, la vérité d'un moment de l'Histoire, l'art illustrant/traduisant cette période, alors on risque de censurer de nombreuses œuvres plastiques, littéraires ou cinématographiques. Autant en emporte le vent, les John Wayne ou les James Bond sont datés. Pas forcément cinématographiquement, mais socialement, politiquement. Mais ils font aussi partie d'un grand récit artistique, de notre mythologie par l'image, de ces fictions qui construisent notre perception du monde et reflètent la vérité de leur époque, donc de notre Histoire. Donc de notre présent.

Le Grand Rex vend ses fauteuils

Posté par vincy, le 21 juillet 2017

A l'occasion de ses travaux d'été (16 août-8 septembre), la grande salle mythique du Grand Rex sera fermée pour rénovation. "Tous les sièges du balcon, les moquettes ainsi que les peintures de sol vont être refaits" indique le communiqué.

"À cette occasion et suite au succès de la même opération sur la salle 4, nous allons mettre en vente, au prix symbolique de 10€ l'unité, les anciens fauteuils du balcon. Un siège comprend deux accoudoirs et est fixé sur le sol (ou sur un socle) à l'aide de vis (qui vous seront fournies)" précise le cinéma.

À partir du 16 août et durant deux jours seulement ce sont plus de 1000 sièges qui seront mis à la disposition des chineurs, collectionneurs et autres fans cinéphiles.

Chaque siège vaut 10€; qu'il soit rouge ou noisette.

Il n'y a qu'un seul moyen de les acheter. Il faut se déplacer (et soi-même les démonter). En effet, il n'y a aucune réservation possible ni aucune vente par internet.

L’un des plus vieux cinémas du monde bientôt transformé en école maternelle?

Posté par vincy, le 22 janvier 2017

La ville de Puteaux vient d'acheter le Casino, un bâtiment vieux de 122 ans, ancienne salle des fêtes transformée en salle de cinéma au début du XXe siècle. La première séance au Casino daterait de 1905, selon l’association d’histoire locale « Racines en Seine ». Situé près du pont de Puteaux, cet ancien cinéma va être reconverti en école afin d'agrandir l'établissement scolaire voisin, une maternelle, qui passerait de 200 à 350 enfants. L'extension est prévue pour la rentrée 2019.

La mairie rappelle qu'il n'est pas classé aux monuments historiques (donc il était possible de le démolir tout simplement si la vente avait été faite à une société privée). En le rachetant, la municipalité s'engage à conserver la façade et les éléments historiques. Le bâtiment est est inscrit au patrimoine culturel du département des Hauts-de-Seine.

L’opposant historique de la mairie, l'une des plus citées par Le Canard Enchaîné pour des abus de biens sociaux et des affaires de népotisme, Christophe Grébert (MoDem), a décidé de sauver le lieu, arguant qu'on peut le restaurer et lui redonner sa dimension artistique (Puteaux dispose déjà d'une salle de cinéma, Le central, et d'un multiplexe, l'UGC Ciné Cité La Défense). Il lance un compte Facebook et un compte Twitter dédiés à la défense de ce bâtiment, l'illustrant avec de vieilles photos.

Cela fait près de 60 ans que le Casino ne projette plus aucun film. Mais c'est aussi l'un des plus vieux cinémas du monde encore debout. Christophe Grébert a donc lancé une opération "Sauvons le vieux cinéma de Puteaux", demandant "à la municipalité d'engager les démarches pour obtenir le classement de notre vieux cinéma aux Monuments Historiques" et en redonnant "une nouvelle vie à ce lieu, qui fait partie de l'histoire de notre commune et du patrimoine de la cinématographie française." "Cette salle de quartier pourrait être à nouveau dédiée à la fête, aux rencontres entre habitants et à la culture populaire, comme il y a 122 ans" explique-t-il.

Quant à l'agrandissement de l'école maternelle Parmentier, il rappelle que "la municipalité possède et possédait d'autres terrains et immeubles à proximité immédiate de l'école, où sont extension peut être tout autant envisagée. Par exemple, la ville était propriétaire encore récemment d'une vaste maison au 5 rue Gerhard. Mais celle-ci a été revendue à une connaissance du maire." De plus, selon lui, "la ville possède aussi un immeuble au 3 rue Gerhard, ainsi qu'un terrain libre entre le 3 et le 5, où l'extension de l'école pourrait se faire. La justification de la municipalité tombe donc à l'eau."

Le CNC créé un Prix de la salle innovante

Posté par vincy, le 5 juillet 2016

Le CNC lance un appel à candidatures auprès de toutes les salles de cinéma pour le 1er Prix de la salle innovante. Afin de "favoriser l’émergence de nouvelles pratiques et inciter à l’innovation dans les salles de cinéma, Frédérique Bredin, Présidente du CNC, lance un appel à candidatures pour décerner à l’automne 2016" cette récompense, selon le communiqué de l'institution.

Un jury de professionnels sélectionnera la salle qui aura su inventer et mettre en œuvre une nouvelle manière d’exploiter la salle de cinéma (lieu, technologies, programmation, animation, mise en œuvre de toutes pratiques novatrices).

Les candidatures pour le Prix de la salle innovante 2016 sont ouvertes aux exploitants d’établissements de spectacles cinématographiques qui ont été créées ou ont fait l’objet d’une réouverture au public entre le 1er septembre 2015 et le 1er septembre de l’année 2016 et aux exploitants d’établissements de spectacles cinématographiques au sein desquels a été mis en œuvre un projet innovant entre le 1er septembre 2015 et le 1er septembre 2016.

Les innovations mises en œuvre et présentées par les exploitants peuvent notamment porter sur :

  1. l’architecture de l’établissement, son aménagement intérieur ou son insertion dans l’environnement ;
  2. les technologies développées et les équipements mis à disposition des spectateurs ;
  3. la programmation des œuvres cinématographiques et des autres contenus audiovisuels ;
  4. l’animation de la salle ;
  5. la politique de communication de l’établissement…

    La salle lauréate se verra attribuer une dotation financière de 10 000 € et bénéficiera d’une campagne de communication. Le jury est composé de Patrick Bloche, député de Paris et Président de la Commission des affaires culturelles et de l’éducation à l’Assemblée nationale, Laurent Cotillon, directeur exécutif du Film Français, Cécile de France, Cédric Klapisch, Arnaud Métral, directeur Général de Webedia - Allociné, Agnès Salson, diplômée de la Fémis (exploitation/distribution) et co-fondatrice du Tour des Cinémas et Jean-Paul Viguier, architecte.

    Le prix sera remis le 28 septembre 2016. La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 5 septembre 2016 (Modalités et conditions de participation).

    Vivendi ouvre le premier cinéma du Cameroun

    Posté par vincy, le 1 juillet 2016

    Vivendi (Canal +) veut conquérir l'Afrique, côté culture. Après la télévision et en attendant des magasins Fnac (le groupe entre au capital de la chaîne de distribution), le groupe français a inauguré il y a deux semaines, à Yaoundé au Cameroun, une salle de cinéma de 300 places. C'est la première salle de cinéma au Cameroun. Vivendi veut en ouvrir une centaine en Afrique.

    La salle a été appelée CanalOlympia, comme Canal plus et L'Olympia, deux des propriétés de Vivendi.

    CanalOlympia est à la fois une salle de cinéma fermée et une salle de spectacles en extérieure (ça tombe Vivendi a quelques humoristes dans son catalogue). Le Cameroun n'est pas choisi au hasard : le groupe Bolloré y est présent dans les secteurs ferroviaire, portuaire et agricole.

    Le cinéma se trouve dans l'Université de Yaoundé (ce qui avait créé une polémique d'ailleurs). C'est la première fois depuis 20 ans que le Cameroun retrouve une salle dédiée aux projections de films. Dans les années 1970, le pays comptait une trentaine de salles, parfois très grandes.

    Vincent Bolloré, qui est venu inaugurer le lieu en personne a affirmé que le cinéma recevrait "en  avant-première ou en première des films qui sortent au même moment à Los Angeles ou à Tokyo". Il espère aussi que des talents locaux émergeront et rempliront le portefeuille de contenus de son groupe. Des salles CanalOlympia supplémentaires verront le jour dans les prochains mois à Conakry en Guinée, à Cotonou au Bénin, à Brazzaville en République du Congo et à Dakar au Sénégal.

    Car hormis quelques pays (Maghreb, Egypte, Nigéria, Afrique du sud, Kenya), les pays africains souffrent d'un manque de salles. Des pays comme le Bénin, la Gambie, la Mauritanie, la Centrafrique, Madagascar, la Guinée Bissau, et donc le Bénin, le Congo Brazzaville et la République démocratique du Congo n'en ont aucune. Le Sénégal, le Mali, le Niger, la Côte d'Ivoire, le Mozambique ou la Tanzanie en comptent moins de dix chacun. Avec la croissance des classes moyennes, l'Afrique a une carte à jouer pour se doter en multiplexes, et en profiter pour créer sa propre industrie cinématographique.