Un accord entre la holding de Luc Besson et EuropaCorp rejeté

Posté par vincy, le 4 octobre 2011

Les actionnaires d'EuropaCorp, fondée par Luc Besson, ont refusé d'approuver les accords régissant les relations entre la société de production et de distribution et Front line, la holding personnelle du réalisateur (par ailleurs Président du conseil d'administration). Pour cette résolution, les actions de Luc Besson, Front Line et de Christophe Lambert, Directeur général) n’ont pas été prises en compte dans le calcul du quorum et ils n’ont pas participé au vote. "Seuls 11,6% des actionnaires de la société ont voté contre cette résolution" précise-t-on au groupe. Mais le résultat est cinglant : l'accord a été rejeté à 84,42%.

Front line, qui avec les parts de Luc Besson, détient 62% du capital d'Europacorp, ne pourrait donc plus facturer des services (qui pouvaient atteindre 1,5 million d'euros par an). EuropaCorp verse à Front Line 71% des revenus de la holding, pour rémunérer des prestations classiques, techniques et administratives.

Un communiqué daté du 4 octobre précise cependant que "la convention régissant les relations entre EuropaCorp et Front Line, la holding de Luc Besson, rejetée par l’Assemblée générale des actionnaires le 28 septembre dernier, continue de produire ses effets".

Lors de l'assemblée générale des actionnaires du 28 septembre, le projet d'augmentation du capital, soumis au vote de l’Assemblée qu’en vertu d’une obligation légale, a aussi été rejeté à 92,68% (incluant le vote de Luc Besson).

La crise que traverse le groupe (son chiffre d'affaires au premier trimestre a chuté de 16,5% après une année 2010 décevante) a changé en profondeur les ambitions du groupe depuis quelques mois (voir actualité du 4 mai dernier).

Un multiplexe, Taken 2 et la série The Transporter

Cela ne l'empêche pas de viser de nouveaux projets puisque EuropaCorp a annoncé lors de la même Assemblée générale qu'il allait ouvrir un multiplexe près de l'aéroport parisien de Roissy-Charles-de-Gaulle en 2013.Le complexe cinématographique sera intégré dans le futur centre de commerces et de services Aéroville et devrait compter 12 salles.

Luc Besson posera la première pierre sera posée le 7 octobre, après-demain.

Europacorp doit malgré tout retrouver la croissance. Au premier trimestre l'exploitation en salles n'a rapporté que 2,1 millions d'euros (principalement grâce aux 800 000 entrées de The Tree of Life), soit une chute de 62,5% par rapport à la période équivalente en 2010. Le chiffre d'affaires en salles n'a représenté que 11,1% du résultat global du groupe, soit moins que les ventes vidéos et l'activité Télévision, dopée par la diffusion pour Les Aventures Extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec.

Le groupe compte sur ses tournages : Taken 2, A l'aveugle, ou encore la série The Transporter.

Un multiplexe à la place du Gaumont Grand Ecran Italie

Posté par vincy, le 1 septembre 2011

Depuis janvier 2006, la prestigieuse salle du Gaumont Grand Ecran Italie est fermée. Le modèle économique des cinémas mono-écran semble révolu, malgré l'avenir des films spectaculaires en relief. Après plusieurs années de mobilisation des riverains (et la création d'un collectif Sauvons le Grand Ecran), les différents projets de reconversion en zone commerciale (vêtements, décoration...) ont été abandonnés. Ultime rebondissement de ce feuilleton à haute-tension locale : Pathé devrait construire un multiplexe de 10 salles (1 250 fauteuils). L'annonce vient du Maire (PS) du 13e arrondissement, Jérôme Coumet (voir le texte complet). C'est une surprise puisque Gaumont dispose de 5 salles (1 146 places) à quelques centaines de mètres de là, avenue des Gobelins, et Pathé possède un multiplexes de 14 salles (3 780 places) à 3,5 kms. Avec les Gaumont Alésia, Montparnasse, Convention et Aquaboulevard, le réseau monopolise la partie sud de la capitale, reléguant en seconde zone les réseaux UGC et MK2 pourtant bien implantés, et concurrençant fortement les cinémas art & essais du quartier (La clef, L'escurial).

Si le projet n'est pas encore totalement concrétisé, dans l'attente d'autorisations administratives, c'est au moins un bon compromis qui se dessine, même si la zone d'achalandage risque d'être saturée.

Sauvons le Grand Ecran a accueilli la nouvelle avec circonspection pour ne pas dire "amertume".  <"Si on peut se féliciter que les recours de l'association Sauvons le Grand Ecran ont jusqu'ici évité à cette salle d'exception d'être transformée en simples boutiques, cette opération aboutirait en définitive... à la destruction pure et simple de ce complexe polyvalent unique en son genre dans toute la région !" explique l'association sur son site (voir texte complet). Le collectif se désole de voir la grande salle éparpillée façon puzzle en petites salles pour offrir seulement, au final, 400 places supplémentaires aux spectateurs.

Dans tous les cas, que ce soit en conservant l'immense salle ou en la transformant en multiplexe, on reste perplexe face à cette profusions de cinémas dans le sud est de Paris alors que certains quartiers se désertifient : le Nord Ouest, l'Ouest et même les très peuplés 10 et 11e arrondissement sont pauvres en salles. Le 13e, avec l'extension du MK2 bibliothèque et celle de l'UGC Gobelins, concentre, avec le 19e arrondissement la plupart des projets actuels.

Si aucun exploitant n'a voulu d'une seule grande salle, il aurait peut-être été utile de le transformer en un centre culturel polyvalent : le nombre de manifestations artistiques soutenues par la Mairie (Festival Paris Polar, Semaine italienne, Maghreb des Livres...) justifiaient au minimum une étude de prospection.

7,75 millions de $CAN pour rouvrir le cinéma eXcentris à Montréal

Posté par vincy, le 17 avril 2011

Rebondissement : le cinéma eXcentris va renaître, après deux ans de fermeture et un projet risqué de reconversion (voir actualité du 24 septembre 2009). Le cinéma art et essai Parallèle va devenir propriétaire, en partie, avec l'aide de financements publics, du complexe situé sur le Plateau de Montréal. Cerise sur le gâteau, les trois salles actuelles seront complétées par deux nouvelles salles de 50 et 70 places d'ici deux à trois ans. La ville qui fut autrefois la plus cinéphile du Canada va pouvoir retrouver un peu de son lustre face à Toronto, désormais coeur de l'industrie nord-américaine avec l'un des quatre festivals les plus prestigieux du monde.

Lors de la conférence de presse, le fondateur du Parallèle et patron du Festival du nouveau cinéma (FCMM), Claude Chamberlan, semblait ravi : « ces cinq salles de cinéma d'auteur, c'est un vieux rêve. Comme ça existe à Paris...» Simon Brault, patron de Culture Montréal, semblait rassurer : « on arrête ainsi de dégringoler, car on se marginalisait. Montréal est une vraie ville de résilience. On est capable de rebondir ».

La SODEC apportera 4 millions de $CAN sous forme de prêts, dont 2 millions immédiatement, la Fondation Daniel Langlois, qui avait créé le complexe eXcentris, donnera un million de $ pour moderniser l'équipement (sièges, régie) et la Ville de Montréal contribuera à hauteur de 2,5 millions de $ (dans un fonds qui est en fait alloué par le gouvernement du Québec). C'est bien cette dernière subvention qui a permis de boucler le financement du projet, ainsi que la baisse du prix de vente par Daniel Langlois, propriétaire des salles. Par ailleurs, le Ministère de la culture s'est en plus engagé à verser 1,25 million de $CAN sur cinq ans.

44 ans après sa création, le cinéma Parallèle, simple exploitant, devient donc copropriétaire de l'édifice, inauguré dans les années 90, soit deux étages sur les cinq (Softimage occupe une grande partie des locaux). Il ne restait plus qu'une salle en exploitation depuis la fermeture par Daniel Langlois il y a deux ans. Cela avait fortement affecté la fréquentation du quartier, très animé, avec de nombreux restaurants et bars lounge.

Les rénovations débuteront dès cet été pour une réouverture à l'automne, certainement à l'occasion du Festival du nouveau cinéma, en octobre. En attendant l'extension dans un espace jardin-amphithéâtre, dont le calendrier reste à préciser.

Le Saint-Germain-des-Prés fait peau neuve et s’associe à BHL

Posté par vincy, le 11 avril 2011

Le cinéma Saint-Germain-des-Prés (alias Le Saint-Germain) achève ses derniers travaux, après deux mois de chantier (voir aussi actualité du 28 novembre 2009). La soirée inaugurale aura lieu le 5 mai. Située à deux pas des cafés des Deux magots et du Flore, la salle s'offre aussi une nouvelle orientation culturelle.

La famille Henoschberg, qui exploite le cinéma depuis 1987 sous le label Etoile Cinémas (La Pagode, le Balzac et bientôt le multiplexe Porte des Lilas), "s'est associée avec un nouveau partenaire: l'écrivain et philosophe Bernard-Henri Lévy (via la société éditrice de La Règle du Jeu, la revue qu'il dirige depuis 20 ans)" annonce le communiqué reçu aujourd'hui.

BHL est aussi le réalisateur de films désastreux et détenteur d'une grosse fortune grâce à la vente de La Becob, société importatrice de bois africain fondée par son père. Figure médiatique omniprésente, il s'est récemment investit, avec passion, sur le dossier de la révolution libyenne, l'emprisonnement du cinéaste Jafar Panahi et sur l'affaire Roman Polanski.

Le cinéma Saint-Germain-des-Prés va devenir un lieu de programmations décalées, d'échanges et de dialogues, d'événements culturels. Un nouveau prix de cinéma va être créer, le prix Saint-Germain-des-Prés, décerné chaque année le deuxième lundi de janvier, par un jury exclusivement composé d'écrivains. Des rendez-vous comme les Rencontres entre cinéma et littérature, des cartes blanches offertes à des personnalités du cinéma ou du livre émailleront le calendrier.

"Côté jeune public, le club cinéma pour les enfants “la lanterne magique” débutera à la rentrée 2011-2012" précise le communiqué.

La salle se dote d'un miroir et d'un lustre à l'accueil, les murs noirs deviennent bleu nuits, l'espace de réception sera caché derrière l'écran : "le film à peine terminé, l’écran remonte et
dévoile un espace chaleureux pouvant accueillir une centaine de personnes
." Magique ...

Gaza-strophe : menaces sur le cinéma Saint-Michel

Posté par vincy, le 6 avril 2011

Une vingtaine de membres se disant de la Ligue de défense juive ont menacé le cinéma Saint-Michel (Paris 5e) à cause de la diffusion du documentaire Gaza-Strophe, Palestine de Samir Abdallah et Khéridine Mabrouk.

Le groupe a essayé d'enfermer le projectionniste et l'ouvreuse, espérant ainsi interrompre la séance, en fin d'après midi dimanche dernier. Ils ont résisté, prévenu la police et le groupe s'est volatilisé. Selon le cinéma Saint-Michel, le projectionniste aurait été frappé et ils auraient promis de brûler de cinéma. Ils ont aussi collé des autocollants de la LDJ et jeté des tracts haineux. Le groupe considère que ce documentaire est antisémite. Une plainte a été déposée et des poursuites judiciaires sont envisagées.

Le documentaire évoque l'opération israélienne "Plomb durci" dans la bande de Gaza, en Palestine. Il rassemble des dizaines de témoignages d'habitants au lendemain de l'offensive, qui s'est déroulée entre décembre 2008 et janvier 2009. Sorti le 16 mars, le film avait déjà subit deux annulations : une projection versaillaise et un débat à Ris-Orangis (région parisienne).

Le film a reçu le Grand prix du jury au Festival du Film d'Histoire de Pessac l'an dernier ainsi que d'autres prix dans les festivals de Marseille, Barcelone et Cagliari.

Le cinéma Saint-Michel avait été l'objet d'un attentat en octobre 88. Un groupe intégriste catholique avait incendié l'espace pour protester contre la projection de La dernière tentation du Christ de Martin Scorsese. Il fête ses cent ans cette année.

Berlin 2011 : les frères Coen en ouverture et Jafar Panahi au jury

Posté par MpM, le 8 décembre 2010


Faut-il y voir un retour vers une édition plus glamour ? Alors que lors de son 60e anniversaire en 2010, le festival de Berlin s'était tourné vers un film chinois (Apart together de Wang Quan'an) pour sa prestigieuse soirée d'ouverture, en 2011, ce sera le très attendu western des frères américains Joel et Ethan Coen qui lancera la 61e édition de la Berlinale.

Un western hollywoodien en ouverture

Or True grit est le remake du classique Cent dollars pour un shérif de  Henry Hathaway (1969), qui valut un Oscar à John Wayne. Présenté en première internationale, il est sélectionné hors compétition, et pourrait amener à Berlin Jeff Bridges, Matt Damon et Josh Brolin qui se partagent les rôles principaux auprès de la jeune actrice Hailee Steinfeld.

Le directeur du festival, Dieter Kosslick, a rappelé que les frères Coen "sont représentatifs du cinéma américain indépendant de qualité. Ils ont toujours enthousiasmé le public grâce à leur penchant pour l'ironie, les personnages et les histoires décalés."  Les deux réalisateurs ont déjà à leur actif une Palme d'or à Cannes (Barton fink), quelques prix de la mise en scène (Fargo, The barber) et plusieurs Oscars (Fargo, No country for old men).

Panahi pourra-t-il répondre à son invitation?

Les pronostics vont désormais bon train pour deviner les films qui tiendront compagnie à True grit sur le tapis rouge de la Potzdamer Platz du 10 au 20 février prochains (les rumeurs sont persistantes concernant le dernier Terrence Malick, arlésienne des festivals 2010) ainsi que les personnalités qui composeront le jury présidé par Isabella Rossellini (voir actualité du 30 août).

Globalement, peu d'informations ont pour le moment filtré, si ce n'est que Jafar Panahi est officiellement invité à faire partie des jurés, mais on ignore s'il sera cette fois en mesure de se déplacer. Le réalisateur iranien, emprisonné durant plusieurs mois cette année, aurait en effet déjà dû être à Berlin lors de l'édition 2010. Il en avait été empêché par le gouvernement de son pays, de même que lorsqu'il avait voulu se rendre dans plusieurs festivals internationaux comme Vesoul (où il devait recevoir un Cyclo d'honneur), Cannes (où il était membre du jury)  et Venise (où a été présenté son dernier court métrage).

Une nouvelle maison pour remplacer les jeunes cinéphiles

En revanche, une chose est sûre concernant cette 61e Berlinale, c'est qu'elle s'offre un nouveau lieu de projection avec la Maison des cultures du monde (Haus der Kulturen der Welt) qui accueillera désormais les séances officielles des deux sections Generation Kplus et 14plus (pour les jeunes et les enfants), ce qui permettra par ailleurs de les réunir sous le même toit. Le Zoo Palast étant en travaux jusqu'en 2012, la section "Panorama special"  se partagera quant à elle entre le très beau cinéma Friedrichstadtpalast et le Kino International.

L'occasion pour les festivaliers de s'aventurer hors de la Potzdamer Platz, lieu traditionnel de la Berlinale, et de découvrir d'autres quartiers de la fabuleuse capitale allemande. En espérant que le temps sera plus clément qu'en 2010, et permettra cette fois aux spectateurs d'emprunter les trottoirs berlinois sans risquer de se casser une jambe...

Le cinéma LA CLEF ouvre à nouveau ses portes

Posté par Claire Fayau, le 8 septembre 2010

Le cinéma LA CLEF (34 de la rue Daubenton, Paris 5ème, métro Censier–Daubenton) sera ouvert sept jours sur sept à partir de 29 septembre 2010.
Autrefois appelé « Images d’ailleurs », le cinéma s'est refait une beauté :les deux salles de 120 et 65 places ont été rénovées, et sont équipées en 35 mm Dolby et vidéo. Elles passeront au numérique dès 2011.
Côté programmation, du beau, du rare, de l'écolo... mais aussi des thématiques sociales ou politiques.
Menu alléchant, avec pour mise en bouche le 29 septembre, la sortie nationale du documentaire de Jocelyne Lemaire-Darnaud, Moi, la finance et le développement durable.

En octobre / novembre , l’Argentine et l’Uruguay seront mis à l'honneur dans le cadre du cycle «Cinéma du Rio de la Plata» organisé pour le 13è festival « Paris Banlieue Tango » .
En novembre, ATTAC fera son festival annuel, « Images Mouvementées / ATTAC » pendant toute une semaine.
Et en décembre, deux jours seront consacrés au cinéma indonésien ....

Venise, derrière les paillettes, la crise (et l’amiante)

Posté par vincy, le 5 septembre 2010

Palais des Festivals de Venise

Oublions un temps les polémiques vénitiennes : les conflits d'intérêts de Tarantino-Président, les journaux italiens qui accusent le festival d'être trop gauchisant, ou encore l'absence de stars (même Clooney ne vient pas, c'est dire...). Finalement Berlin, Cannes, Venise souffrent de maux identiques cette année. Mais Berlin et Toronto ont deux avantages : un nouveau palais pour accueillir leurs festivaliers et un coût de la vie relativement accessible pour ceux-ci.

Le futur palais des festivals de Cannes a été reporté, hélas : le Maire de la ville semble un peu près de ses sous. Et les tarifs (hébergement, restauration), n'ont pas diminué (40 euros un plat de poisson) avec les années, dépassant souvent les prix astronomiques de Paris.

Venise n'est pas mieux loti. Cent euros pour un plat de spaghetti sur le Lido: c'est le montant de l'addition présentée au sous-secrétaire d'Etat italien à la Culture Francesco Giro, qui a aussitôt dénoncé "une ville élitiste".  "Venir à Venise et manger sur le Lido coûtent trop cher. Manger ici est une folie", s'est plaint le Ministre (qui avait par ailleurs boycotté le Festival de Cannes cette année). La facture s'est donc élevée à 300 euros pour manger à trois au restaurant du palace Excelsior, situé à deux pas du Palais du cinéma et qui loge habituellement les stars du festival.

Evidemment, tout le monde n'est pas obligé de manger dans un Palace. Et les organisateurs peuvent toujours arguer qu'on peut manger pour 20 euros dans la ville, les médias locaux, qui semblent de plus en plus hargneux contre Venise et indulgents pour son concurrent romain, ont souligné la désaffection qui toucherait le Lido en raison des tarifs pratiqués par les hôtels et restaurants.

Pour économiser, les studios de cinéma préfèreraient désormais dépêcher leurs équipes dans des festivals comme Toronto. Nombre de médias se contentent désormais de ne couvrir que l'ouverture et la clôture de la Mostra, ce qui fait que plusieurs hôtels ont encore des chambres disponibles pour le début de la semaine. Frappées par la crise, plusieurs structures hôtelières, obligées de baisser leurs prix à destination des estivants, sont accusées de vouloir se refaire sur le dos des festivaliers, qui constituent une clientèle captive.

Surtout, les grands hôtels vénitiens doivent se refaire une beauté. L'Hôtel des Bains sur la plage du Lido avec sa terrasse oùl les stars aimaient siroter leur cocktail Bellini, est fermé pour travaux. Une fois rénové, le "des Bains", comme on l'appelait, abritera des appartements de luxe où la vue sur la mer se négociera autour de 15 000 euros le mètre carré. En pleine crise, le risque est gros.

Un palais amianté, un cinéma asphyxié, le directeur du festival sur le départ

Mais la Mostra a encaissé un coup très dur cette semaine. Son nouveau palais des festivals prend du retard. Le palais est en travaux. Mais, la découverte de l'amiante sur le terrain même du chantier - la faute aux toits des anciennes cabines de bain, fabriquées en matériel de marque Eternit, entreposés pendant des années à même le sol - oblige à assainir le site ; il est fort peu probable que la date de 2011 prévue pour la fin des travaux soit tenue.

Le directeur artistique du festival, Marco Müller, avait pourtant fait de ce nouveau palais l'instrument indispensable pour garantir son standing international à la Mostra, mettant parfois sa démission dans la balance. "Il ne suffit pas d'un palais pour assurer le futur du festival, explique M. Spaziante, délégué aux travaux, un brin agacé. C'est tout le réaménagement du Lido qui doit être repensé." Ce qui peut prendre du temps. Reste que Müller a mis sa menace à exécution en signifiant publiquement qu'il ne demanderait pas un nouveau mandat l'an prochain.

Tout cela ne serait qu'un événement épisodique si le contexte en Italien n'était pas si morose : plusieurs manifestations ont eu lieu en début d'été pour protester contre les coupes budgétaires dans le fonds unique pour le spectacle (FUS), qui finance en partie de nombreuses oeuvres cinématographiques. Le cinéma italien semble asphyxié par la raréfaction des aides publiques.

Cela oblige aussi à trouver d'autres manières de filmer, à innover, à changer de modèle économique. La créativité fera le reste, essayant de résister aux aléas des conjonctures financières et politiques. Reste que le cinéma italien, comme le cinéma anglais, mal défendus par leurs élus, se marginalisent en Europe face à des puissances cinématographiques qui ont compris l'intérêt d'une industrie du 7e art solide, comme la France, l'Espagne ou encore les pays d'Europe de l'Est.

Le cinéma des cinéastes : nouveau directeur et lancement du ciné-club

Posté par vincy, le 28 août 2010

Après le nouveau Bistrot des cinéastes, le Cinéma des cinéastes (Paris, place de Clichy) poursuit sa mue. D'abord avec la nomination d'un nouveau directeur, Arnaud Boufassa, qui a dirigé le cinéma légendaire du 7e arrondissement, La Pagode. Il a pris ses fonctions le 2 août dernier.

Il a mis en place le Ciné-Club de l'ARP (Société civile de perception et de répartition des Auteurs-Réalisateurs-Producteurs, créée en 1987 par Claude Berri et actuellement présidée par Radu Mihaileanu). Le premier rendez-vous débutera aujourd'hui 28 août, avec une projection de La Lune dans le caniveau, en présence de son réalisateur, Jean-Jacques Beineix. D'autres films dits du patrimoine bénéficieront de ce nouveau Ciné-Club.

La Cinémathèque française toujours aussi populaire

Posté par vincy, le 8 janvier 2010

jacquestati_cinematheque.jpg383 000 visiteurs, dont 200 000 spectateurs. Cela en fait un des trente complexes cinématographiques les plus importants de Paris. La Cinémathèque Française a réussi à s'installer durablement dans notre paysage cinéphile, sans doute au détriment de salles art et essai du Quartier Latin, hélas, depuis son inauguration en 2005. Pourtant, les salles de cinéma n'ont vu leur fréquentation augmenter que de 2%, soit une hausse comparable par rapport aux complexes art et essai de moyenne taille. Cependant, 200 000 spectateurs, cela reste exceptionnel pour une programmation variée, allant de Danielle Darrieux à Luis Bunuel en passant par Fellini, Laurel et Hardy, André Téchiné, Michael Mann, Michael Haneke, et Cecil B. De Mille.

Avec une hausse globale de 15% du nombre de visiteurs par rapport à 2008, selon les chiffres fournis par la Cinémathèque, l'institution a connu une belle année, remplissant plusieurs fois ses espaces, que ce soit pour un concert de Michel Legrand ou par ses activités édicatives (+15%). Si aucune exposition n'a battu le record détenu par celle de Renoir (110 000) en 2005/2006, celle sur Jacques Tati se classe désormais deuxième, plébiscitée par 70 000 fans, soit 20 000 de plus que pour celle consacrée à Pedro Almodovar.

Pour 2010, la Cinémathèque prévoit deux expositions (Paris-Berlin-Hollywood de 1910 à 1939 et Brunes / Blondes à l'automne) et des rétrospectives comme Pedro Costa, Jim Carrey ou encore Andrzej Wajda.

(c) photo vincy thomas / ecran noir 2009