Les César 2018 vivent à 120 battements par minute

Posté par vincy, le 2 mars 2018

120 battements par minute (6, dont meilleur film et meilleur scénario), Au revoir là-haut (5, dont la réalisation et l'adaptation) et Petit Paysan (3), dont le premier film et le meilleur acteur) dominent le palmarès. Le sens de la fête repart bredouille. Tout comme Grave. Barbara repart avec deux prix dont celui de la meilleure actrice. Un saupoudrage inégal qui, malgré tout, fait apparaître le Festival de Cannes comme le grand vainqueur de la cérémonie avec 12 prix cumulés (120 battements par minute, Barbara, Faute d'amour et Petit paysan) parmi les lauréats.

On reconnaîtra un grand renouveau dans les choix et quelques prix inattendus. Même la vétéran Jeanne Balibar était nommée pour la première fois. Swann Arlaud était le plus jeune des nommés parmi les meilleurs acteurs. Sara Giraudeau et Antoine Reinartz n'étaient clairement pas les plus connus (mais leur prix est amplement mérité). Les multi-casquettes Campillo et Dupontel sont multi-récompensés: c'est aussi la preuve d'un respect pour des cinémas au ton singulier, très personnel, malgré l'aspect opératique de leurs films.

Finalement c'est Jeanne Balibar qui a eu la phrase juste: "Faire un film de barges, et non pas suivre un cahier des charges, c'est-à-dire faire du cinéma!" C'est assez bien résumer la soirée côté primés. Côté cérémonie, on regrettera qu'hormis quelques jolis moments d'humour décalé, ça n'ait pas été assez "barge".

Hommages: Jeanne Moreau (par Vanessa Paradis) ; Jean Rochefort (par Guillaume Canet) ; Johnny Hallyday (par Line Renaud et Dany Boon) ; Danielle Darrieux
César d'honneur (remis par Marion Cotillard): Penélope Cruz
Meilleur film: 120 battements par minute
Meilleure réalisation: Albert Dupontel (Au revoir là-haut)
Meilleure actrice: Jeanne Balibar (Barbara)
Meilleur acteur: Swann Arlaud (Petit paysan)
Meilleur second-rôle féminin: Sara Giraudeau (Petit paysan)
Meilleur second-rôle masculin: Antoine Reinartz (120 battements par minute)
Meilleur espoir féminin: Camélia Jordana (Le brio)
Meilleur espoir masculin: Nahuel Pérez Biscayart (120 battements par minute)
Meilleur film étranger: Faute d'amour (Loveless) d'Andreï Zviaguintsev
Meilleur premier film: Petit paysan de Hubert Charuel
Meilleur documentaire: I am not your Negro de Raoul Peck
Meilleur film d'animation (long métrage): Le grand méchant renard et autres contes de Benjamin Renner et Patrick Imbert
Meilleur film d'animation (court métrage): Pépé le morse de Lucrèce Andreae
Meilleur court-métrage: Les bigorneaux d'Alice Vial
César du public: Raid Dingue de Dany Boon
Meilleur scénario original: Robin Campillo (120 battements par minute)
Meilleure adaptation: Albert Dupontel, Pierre Lemaitre (Au revoir là-haut)
Meilleure musique: Arnaud Rebotini (120 battements par minute)
Meilleure photo: Vincent Mathias (Au revoir là-haut)
Meilleur montage: Robin Campillo (120 battements par minute)
Meilleur son: Olivier Mauvezin, Nicolas Moreau, Stéphane Thiébaut (Barbara)
Meilleurs décors: Pierre Quefféléan (Au revoir là-haut)
Meilleurs costumes: Mimi Lempicka (Au revoir là-haut)

120 battements par minute fait une razzia sur les 23e Prix Lumières

Posté par vincy, le 6 février 2018


120 battements par minute a fait une razzia sur les Prix Lumières de la presse internationale hier soir à l'Institut du Monde Arabe à Paris. Nommé dans six catégories, il a gagné tous ses prix: meilleur film, meilleur réalisateur pour Robin Campillo, meilleur acteur pour Nahuel Pérez Biscayart, meilleure révélation masculine pour Arnaud Valois, meilleur scénario pour Robin Campillo et Philippe Mangeot, meilleure musique pour Arnaud Rebotini.

Cela ne signifie pas qu'il aura le César du meilleur film (les Lumières font souvent un choix différent) mais le Grand prix du jury cannois semble l'incontournable de l'année.

Barbara de Mathieu Amalric, est reparti avec deux prix, pour Jeanne Balibar comme meilleure actrice et pour l’image de Christophe Beaucarne.

Laetitia Dosch a été distinguée comme révélation féminine dans Jeune femme.

Le prix du documentaire est allé à Visages Villages, d’Agnès Varda et JR, nommés aux Oscars.

Le grand méchant Renard et autres contes de Benjamin Renner et Patrick Imbert a reçu le prix de l’animation.

Une famille syrienne, du réalisateur belge Philippe Van Leeuw, qui a récolté cinq prix Magritte samedi soir dont celui du meilleur film belge, a été distingué par le prix du meilleur film des pays francophones et En attendant les hirondelles de Karim Moussaoui, s'est vu décerné le prix du meilleur premier long métrage.

Deux hommages spéciaux ont été rendus: Jean-Paul Belmondo et Monica Bellucci ont été honorés pour leur contribution au rayonnement mondial du cinéma français.

Nicole Kidman et Robin Campillo, personnalités cinéma de l’année

Posté par redaction, le 30 décembre 2017

Un homme, une femme. Stricte égalité. Le chabadabada idéal.

Deux personnalités, deux artistes, ont marqué l'année cinématographique pour des raisons différentes.

Nicole Kidman a fêté ses 50 ans de la manière la plus flamboyante qui soit. Cela faisait 7 ans, depuis Rabbit Hole, que l'actrice nous laissait au mieux indifférent. Soit les films étaient passables, soit ils échouaient lamentablement à leur sortie, quand ils sortaient. Elle ne suscitait plus l'événement, ne créait plus le désir. Mais 2017 a, reconnaissons-le, remis l'actrice australienne sur la carte. D'abord avec Lion, mélo grand public nommé aux Oscars, où elle interprète une mère adoptive bouleversante. Ensuite à Cannes avec trois films et une série! Les Proies de Sofia Coppola (prix de la mise en scène), Mise à mort du cerf sacré (prix du scénario), How to Talk to Girls at Parties, hors compétition et la série de Jane Campion, Top of the Lake: China Girl. Cette omniprésence sur la Croisette s'est achevée par un prix spécial du 70e anniversaire du festival, assez logiquement. Elle a pu montrer toute la palette de son talent, du registre comique punk au drame glaçant. L'année n'a pas été finie pour elle puisque la comédienne a remporté un Emmy Award pour sa prestation dans la série Big Little Lies, l'une des meilleures de l'année. Une star de cette trempe, à la fois respectée pour son travail, populaire et glamour, curieuse et audacieuse, acceptant des films d'auteurs comme des blockbusters, il y en a peu. 35 ans après ses débuts, Nicole Kidman est plus que jamais au top.

Robin Campillo est incontournable cette année. Et pas seulement qu'en France. Certes il n'est plus en lice pour les Oscars, mais son film est régulièrement cité dans les palmarès de fin d'année dans plusieurs pays, y compris les Etats-Unis, parmi les meilleurs films de l'année. 120 battements par minute a confirmé les espoirs qu'on avait mis en lui après Les revenants et Eastern Boys. Mieux, 120 BPM, produit par Pierre Bergé, disparu cet automne, est LE film français de l'année. Il a été reçu comme une claque à Cannes. Il y a d'ailleurs récolté le Grand prix du jury, frôlant la Palme d'or. Il est aussi le film d'auteur le plus vu par le public en France cette année, avec 815000 spectateurs. Pas mal pour une histoire de militantisme politique et de personnes atteintes du Sida. 120 BPM fait partie de ces films qui ont eu un impact public, c'est à dire politique. On reparle du VIH. On réactive l'idée d'un centre d'archives nationales LGBTQI. Cela ne doit pas nous empêché de rappeler que la force de ce film est aussi dans sa construction en entonnoir, avec une première partie où les prémices de la contestation façon Nuit Debout, mais 25 ans avant, qui se resserre sur une histoire d'amour poignante et tragique. Parallèlement, Campillo a aussi écrit le beau film de Laurent Cantet, L'atelier. Il a monté les deux films. Ce multi-casquette voit tout son travail récompensé. Son regard acéré sur la société, sa compréhension des rapports humains, et sa manière d'aborder des sujets controversés en font l'un des auteurs européens les plus en phase avec notre époque. Robin Campillo n'est pas dans le moule. Loin de tout formatage narratif, refusant les conventions et le consensuel, il avance, librement. On a hâte de découvrir la suite...

Robin Campillo, Julie Delpy et The Square récompensés aux European Film Awards 2017

Posté par wyzman, le 9 décembre 2017

C'est ce soir qu'avaient lieu les European Film Awards 2017. Sacrés à Berlin, les vainqueurs sont élus par l'European Film Academy, rassemblement de plus de 2500 professionnels du cinéma. Cette année encore, les films récompensés sont tous passés par des festivals majeurs (Cannes, Berlin, Venise).

Meilleur film

- THE SQUARE by Ruben Östlund

Meilleure comédie

- THE SQUARE de Ruben Östlund

Meilleur réalisateur

- Ruben Östlund - THE SQUARE

Meilleur scénariste

- Ruben Ostlund - THE SQUARE

Meilleure actrice

- Alexandra Borbély - CORPS ET ÂME (ON BODY AND SOUL)

Meilleur acteur

- Claes Bang - THE SQUARE

Meilleur compositeur

- Evgueni & Sacha Galperine - FAUTE D'AMOUR (LOVELESS)

Meilleur chef-opérateur

- Michail Krichman - FAUTE D'AMOUR (LOVELESS)

Meilleur monteur

- Robin Campillo - 120 BATTEMENTS PAR MINUTE

Meilleur décorateur

- Josefin Åsberg - THE SQUARE

Meilleur costumier

- Katarzyna Lewinska - SPOOR

Meilleur mixeur

- Oriol Tarragó - A MONSTER CALLS

Meilleur maquilleur-styliste

- Leendert van Nimwegen - BRIMSTONE

European Achievement in World Cinema

- Julie Delpy, Ethan Hawke

Meilleur documentaire

- COMMUNION by Anna Zamecka

EFA Lifetime Achievement Award

- Aleksandr Sokurov

Meilleur court-métrage européen

- TIMECODE de Juanjo Gimenez

Meilleur film d'animation

- LOVING VINCENT de Dorota Kobiela & Hugh Welchman

EFA People's Choice Award 2017

- STEFAN ZWEIG - FAREWELL TO EUROPE de Maria Schrader

Prix FIPRESCI de la meilleure découverte

LADY MACBETH (THE YOUNG LADY) de William Oldroyd

5 raisons d’aller voir 120 battements par minute

Posté par wyzman, le 23 août 2017

En salle à partir d'aujourd'hui, 120 battements par minute est sans l'ombre d'un doute l'incontournable de la semaine. Mais pourquoi faut-il le voir ?

1. C'est un film important et nécessaire - dont voici le pitch : au début des années 1990, alors que le sida tue, les militants d'Act Up-Paris tentent de contrer l'indifférence générale. Parce qu'en 2017 on pourrait penser que l'épidémie de sida est derrière nous, le film de Robin Campillo s'avère d'autant plus important. Comme l'a prouvé la série When We Rise, l'histoire des luttes LGBT+ est encore trop méconnue - et cela même par les membres de la communauté "concernée". Et à défaut de vous sentir concerné par les combats d'Act Up-Paris, il convient de rappeler que 120 BPM (comme l'appellent les initiés) est une vraie leçon d'histoire et de lutte sociale.

2. C'était l'événement de Cannes 2017. Comme nous, vous adorez aller au cinéma et vous jetez forcément un coup d'œil aux films présents (et récompensés) au Festival de Cannes. Grand prix du jury, 120 BPM méritait la Palme d'or pour notre rédaction tant l'histoire des membres d'Act Up-Paris a passionné et touché le public et la critique. Si l'on zappe la polémique Netflix et le revival de Twin Peaks, 120 BPM est l'œuvre dont on a le plus entendu parler sur la Croisette. Ce serait dommage de passer à côté !

3. Le casting est on point. Commençons avec Arnaud Valois, puisque c'est l'acteur sur lequel les yeux des spectateurs (et des journalistes) ne peuvent s'empêcher de se poser. Personnage principal de 120 BPM, il incarne Nathan, un jeune militant séronégatif qui tombe amoureux de Sean. Ce dernier est interprété par l'Argentin Nahuel Pérez Biscayart, déjà vu dans Je suis à toi et Grand Central. Autour d'eux gravitent petits nouveaux, visages familiers et acteurs bankables : Adèle Haenel, Antoine Reinartz, Felix Maritaud, Mehdi Touré, Simon Bourgade, Aloïse Sauvage et j'en passe. Ensemble, ils forment une distribution de rêve, jeune et impressionnante.

4. La bande originale est géniale. Omniprésente, la musique (et en particulier la house) permet de faire vivre les corps des personnages de 120 BPM qui, bien qu'ils luttent, sont nombreux à se diriger vers une mort certaine. Composée par Arnaud Rebotini, celle-ci est moderne, entraînante et aide à oublier la maladie et ses symptômes. Je valide personnellement et plus particulièrement les infrabasses et l'usage du piano. (Ne jamais sous-estimer l'effet du piano dans une bande originale !)

5. Les dialogues sont aussi bons que les scènes de sexe. De "Des molécules pour qu'on s'encule" à "On n'a pas envie de crever, darling !", 120 BPM est truffé de répliques bien senties et qui font un bien fou. A l'instar de ces scènes de baise qui, en plus d'être ultra réalistes, dénotent de l'envie du réalisateur d'Eastern Boys de montrer comme il se doit le quotidien de ces militants passionnants et passionnés.

Cabourg 2017 : Le romantisme dans tous ses états

Posté par kristofy, le 19 juin 2017

juliette binocheCabourg c'est "Le romantisme est un état dans tout ses états", pour l'écrivain Gonzague Saint Bris qui avait soutenu la création d'un festival de cinéma dans cette ville liée à cet autre écrivain autrement plus célèbre Marcel Proust. Célébration du glamour et ouverture d'esprit vers la découverte, depuis 31 ans Cabourg est autant un évènement pour les films d'aujourd'hui et pour les talents de demain, avec une compétition plus pointue et une sélection grand public qui n'hésite pas à sortir des sentiers battus. Le cœur ici a ses déraisons.

Cabourg, le glamour

Le Festival du film de Cabourg a fêté la 31ème édition de ses Journées Romantiques. Durant quelques jours caniculaires, sa plage normande est devenue un tapis rouge chic avec Marion Cotillard en présidente du jury. Le plus long tapis rouge, partant du Grand Hôtel et s'achevant au Casino. Cotillard le connaît bien puisqu'elle avait été récompensée dès 2000 avec un Swann d'or de la révélation pour Du bleu jusqu’en Amérique puis ensuite en 2007 avec un Swann d'or de la meilleure actrice pour La môme, qui lui vaudra ultérieurement un César et un Oscar.

© ecran noirDeux autres talents oscarisés étaient ici lors de la clôture et à l'occasion de deux séances spéciales : Juliette Binoche pour Un beau soleil intérieur et Michel Hazanavicius (venu avec l'actrice Stacy Martin qui a bien chauffé la piste de danse du Gatsby avec Félix Moati samedi soir) pour Le Redoutable, soit deux films qui étaient au Festival de Cannes en mai dernier.

En effet, de par son placement dans le calendrier, les salles de cinéma de Cabourg bénéficient d'un avantage: le public peut y découvrir avant de nombreux spectateurs certains films de la Croisette : Ava de Léa Mysius, Cuori Puri de Roberto De Paolis, Mobile Homes de Vladimir de Fontenay (mention spéciale du jury), Une vie violente de Thierry de Peretti, Jeune femme de Léonor Serraille (qui avait gagné laCaméra d'or), 120 battements par minute de Robin Campillo (Grand prix du jury à Cannes et prix du public à Cabourg), Le ciel étoilé au-dessus de ma tête d'Ilan Klipper, avec Camille Chamoux, Marilyne Canto et Alma Jodorowsky.

Quand on est romantique on fait des déclarations d'amour, c'est ce que Cabourg fait avec un Swann d'or remis à une personnalité qui a fait battre le coeur du cinéma français durant l'année. Le palmarès a donc fait briller Rabah Nait Oufella (révélation masculine), Doria Tillier (révélation féminine et excellente en chanteuse au piano-bar), Reda Kateb (meilleur acteur), Béatrice Dalle (meilleure actrice). Et pour le meilleur film Sage femme de Martin Provost : "Faire des films c’est apprendre quelque chose de soi pour le donner aux autres ."

Le Festival du film de Cabourg c'est environ une soixantaine de séances avec beaucoup de films européens (Espagne, Islande, Danemark, Allemagne, Italie...), et pour les 7 films en compétition pour la moitié il s'agit de premiers films.

Cabourg, les découvertes

L'amour a ses raisons que la raison ignore, et le romantisme à Cabourg c'est bien plus que de la comédie ou du drame selon Suzel Piétri, la déléguée générale : "des intermittences du coeur, des pulsions amoureuses, artistiques, politiques, des questions d'écologie, d'identité et de genre, des questions raciales et sociétales...". Ainsi on chante Céline Dion avec Anne Dorval, on plonge dans le décolleté d'Elodie Frégé, on se fait dédicacer le livre d'Aure Atika: il y a tant de manières de déclarer sa flamme à ce festival.

Pour la compétition il y a un film qui se détache des autres en ayant été récompensé à la fois par le jury de la compétition et par le jury de la jeunesse : Une femme fantastique (Una mujer fantástica) du chilien Sebastian Lelio, à découvrir dans les salles le 12 juillet. L'héroïne est confrontée à la famille de son amant décédé, car en plus d'être beaucoup plus jeune cette Marina s’appelait avant Daniel... Depuis quelques années Cabourg organise aussi une cérémonie pour le Prix du Premier Rendez-vous pour encourager la première apparition marquante dans un long-métrage, qu'on espère retrouver ensuite. Ont été ainsi remarqués pour ce prix la jeune actrice Léna Magnien dans Jamais contente de Emilie Deleuze et l'acteur Soufiane Guerrab dans Patients de Grand Corps Malade er Mehdi Idir. Dans la section courts-métrages certains réalisateurs sont d'ailleurs déjà en train de préparer leur prochain projet de film.
En plus des multiples sections (panorama, jeunesse, par amour de la musique...), le festival inaugure une nouvelle petite sélection au nom fleuri de Catleya, une variété d'orchidée chère à Marcel Proust qui avait fait de Cabourg son lieu de villégiature : Catleya compile quelques séances pour public majeur et averti. L'occasion de revoir Mademoiselle de Park Chan-wook mais surtout de découvrir en avant-première Passade avec Fanny Valette et Amaury de Crayencour dans une chambre d'hôtel, et Even lovers get the blues du belge Laurent Micheli.

Cabourg, la fête du cinéma avant l'été...

Le Festival de Cabourg c'est donc pour son public toujours quantité de films en avant-première : Les Ex de Maurice Barthélémy venu avec Stéfi Celma, Alice David, Amaury de Crayencour et Baptiste Lecaplain, le réjouissant Cherchez la femme présenté par Félix Moati, Willima Leghhil et Camélia Jordana, en salles le 28 juin, Loue-Moi! présenté par Déborah François, Alison Wheeler, prévu le 5 juillet, l'excellent 120 battements par minute de Robin Campillo à découvrir le 23 août, le surprenant Le chemin de Jeanne Labrune avec Agathe Bonitzer au Cambodge calé pour le 6 septembre... Il y en a pour tous les goûts: errances asiatiques entre fantômes et tentations pour Agathe Bonitzer ou duel névrotique entre Lars Eidinger et Adèle Haenel, voyage à Hiroshima avec un réalisateur japonais parisien ou questionnements d'un trentenaire parisien d'origine chinoise, deuil d'une jeune enfant espagnole ou battements du cœur d'adolescents islandais.

N'oublions pas le coup de cœur Their Finest réalisé par Lone Scherfig, avec la crème du cinéma britannique - Gemma Aterton, Bill Nighy, Sam Claflin, Eddie Marsan )- qui suit une femme devenue scénariste dans une société de production dominée par les hommes. Cela se déroule durant la guerre. La société doit produire un film à propos d'une opération de sauvetage de soldats à Dunkerque (ce qui fait écho au Dunkirk de Christopher Nolan). C'est le film romantique idéal : de la romance compliquée bien sûr, du féminisme, de l'humour, la passion de faire de continuer à faire du cinéma quoiqu'il arrive en temps de guerre... Their Finest sera prochainement distribué par EuropaCorp.

Cannes 2017 : 120 battements par minute décroche la Queer Palm

Posté par wyzman, le 27 mai 2017

Il y a quelques minutes seulement, le jury de la 8ème Queer Pam a rendu son verdict. Présidé par le réalisateur Travis Mathews, celui compte en son sein le journaliste Didier Roth-Bettoni, la réalisatrice Lidia Leber Terki, le directeur du festival de cinéma LGBT de Tel Aviv Yair Hochner et la responsable de programmation de la section Panorama du Festival de Berlin Paz Lazaro.

Et c'est sans grande surprise qu'ils ont choisi de remettre la Queer Palm à 120 battements par minute de Robin Campillo. Véritable coup de cœur de la presse lors de cette 70ème édition du festival de Cannes, 120 BPM (comme l'appellent les initiés) traite des premières actions des militants d'Act-Up dans le Paris des années 1990. Celui où il fallait lutter jour après jour face à l'indifférence liée au sida. En compétition pour la Palme d'or, 120 battements par minute n'était pas passé inaperçu lors de sa présentation officielle, le samedi 20 mai.

Pour expliquer ce choix, le président du jury a tenu à rappeler que : "120 battements par minute est un film dont les interprétations sont poignantes et l'émotion très forte. On est plus forts ensemble !" Côté courts métrages, c'est Les Iles de Yann Gonzalez, présenté en séance spéciale à la Semaine de la critique, qui reçoit les honneurs du jury.

Cannes 2017: les critiques internationaux ont le coup de cœur pour un film français

Posté par vincy, le 27 mai 2017

Le jury FIPRESCI (Critique internationale) a attribué ses prix ce samedi 26 mai.

Pour la compétition, 120 battements par minutes de Robin Campillo, l'un des favoris pour la Palme d'or avec Faute d'amour et You Were Never Really Here, a été consacré.

Une vie à l’étroit (Tesnota), du russe Kantemir Balagov, dont c'est le premier film, a reçu le prix pour la section Un certain regard.

L’usine de rien (A Fabrica de Nada)
du portugais Pedro Pinho (Quinzaine des réalisateurs) a remporté le prix pour l'ensemble des sections parallèles.

Daily Cannes: colis suspect, 120 battements par minute et marches militantes

Posté par cynthia, le 20 mai 2017

Une alerte à la bombe a chamboulé le festival. La projection presse du Redoutable a été retardée de trois quart d'heure, le temps de faire reculer les centaines de journalistes, puis de les faire revenir en salle Debussy, après le passage des Démineurs. Conséquence, projetée dans la même salles, la séance officielle de Wind river a pris ainsi une demi heure de retard. L'activité cannoise à repris sa routine, doucement mais sûrement. Car pendant ce micro-événement, dans l'auditorium Lumière, était projeté officiellement le coup de cœur du Festival.

En ce samedi 20 mai, ce sont les larmes qui sont en vedette. Le film qui a foudroyé la rédaction (et en fait à part les journaux de droite comme Le Figaro, Le Point et La Croix, à peu près toute la presse française) c'est 120 battements par minute. On comprend que les journalistes de la presse réac aient été choqués: une sodomie, une branlette entre mecs et une euthanasie, ça fait beaucoup pour leur esprit étriqué.

La conférence de presse du jour : 120 battements par minute de Robin Campillo

Silence religieux dans la scène, la profession a dû mal à se remettre de la baffe considérable que ce film nous a mis (lire notre critique). Un film sur le sida, le mouvement Act Up, la communauté LGBT, les morts qui tombent sous le virus... Un film qui dénonce l'hypocrisie autour de cette maladie considérée comme une honte et longtemps suggérée comme contagieuse rien qu'avec une poignée de main, c'est une première! Car ici on parle d'une œuvre aussi politique qu'intime.

"Généralement lorsque l'on fait ce genre de film, on tend vers l'émotion. Moi j'ai voulu aller vers le côté froid." dit son réalisateur, Robin Campillo, lors de la conférence de presse. Pourtant, même si c'est la froideur de la maladie qui est montrée, l'émotion est constamment palpable au point d'avoir fait dire à une journaliste amie: "Notes pour plus tard : penser à ne plus jamais mettre de mascara avant un film de Campillo...".

Robin Campillo ajoutera d'ailleurs que "l'émotion ressort de ces moments un peu glacials." Claque pour le public mais aussi pour son équipe. Adèle Haenel avoue ne pas avoir hésité avant de dire oui pour le rôle (secondaire pourtant): "j'ai tout de suite été très emballée par le projet, ça m'a enthousiasmé!" Quant à Antoine Reinartz, qui a fait chavirer notre cœur tant il est beau et charismatique, il confesse qu'il y avait une vrai communauté sur le tournage : "c'était un vrai lieu de démocratie, un lieu de débat!" Le réalisateur, également président de l'association des élus contre le Sida et ancien d'Act up, souhaiterait d'ailleurs voir bouger les choses grâce à son œuvre: "J'espère que des films comme celui-là vont aider à démontrer que pour que les politiques agissent, il faut la pression des gens!"

Le focus du jour : l'équipe de 120 battements par minute

Comment faire un focus sur une sublime star alors que le film de Robin Campillo nous a offert la plus belle montée des marches de la semaine?

"Le silence, c'est la mort", "assez", "Tchétchénie", voilà ce que l'on pouvait lire sur les pancartes qu'arboraient le jury de la Queer Palm sur le tapis rouge lors de la montée des marches de 120 battements par minute. Des pancartes dénonçant le calvaire des homosexuels dans ce pays d'Europe orientale, qui scandalise la communauté internationale et plonge les grands de ce monde dans le silence. Peut-être qu'enfin les choses vont se remuer afin d'arrêter ce massacre inhumain!

Le tweet du jour

Un résumé de l'ambiance après la projection de 120 battements par minute.

Cannes 2017: Qui est Robin Campillo ?

Posté par vincy, le 20 mai 2017

Avec 120 battements par minute, Robin Campillo entre dans la cour des grands en étant l'un des cinéastes français en lice pour la Palme d'or. A bientôt 55 ans, il était presque temps pour ce  réalisateur-scénariste-monteur , césarisé pour son adaptation d'Entre les murs (la Palme d'or de Laurent Cantet) et nommé aux César comme meilleur réalisateur et meilleur film en 2015 pour son excellent film Eastern Boys, plusieurs fois primé dans les Festivals (dont Venise avec le prix du meilleur film dans la section Horizons).

Deux films à Cannes cette année

120 battements par minute n'est que son troisième film. Le premier long métrage, Les revenants, remonte à 2004. Le film sera ensuite décliné avec succès en série pour Canal +. Formé à l'IDHEC au début des années 1980, où il rencontre son "partner in crime" Laurent Cantet, il a coécrit et monté trois des films du cinéaste: L'Emploi du temps (2001), Vers le sud (2005), Entre les murs (2008) et Foxfire, confessions d'un gang de filles (2012). Il a aussi monté Retour à Ithaque (2014) toujours de Cantet, et Qui a tué Bambi? de Gilles Marchand. L'an dernier, il a également co-écrit Planétarium, de Rebecca Zlotowski. En plus de son film, Robin Campillo est présent cette année à Un certain regard, en tant que co-scénariste du nouveau film de Laurent Cantet, L'Atelier. Double actualité qui mérite qu'on s'attarde sur cette personnalité discrète du cinéma français.

Eastern Boys racontait l'histoire d'un plan cul qui tourne mal pour un bobo de Montreuil, mélangeant avec brio la quête du bonheur, l'homosexualité, le rapport à l'étranger, la clandestinité. Avec 120 battements par minute, le cinéaste veut évoquer la création du mouvement Act Up à la fin des années 80.

Sans frontières

Robin Campillo, à travers ses trois films, montre qu'il aime tracer, traverser puis effacer les frontières: ces limites intimes qu'on porte en nous comme ces bordures et ses murs que la société, la politique, la culture construisent pour nous enfermer. Il aime les espaces urbains comme les huis-clos isolants. Peut-être que ce rapport au monde, ce besoin d'ouverture, lui vient de son enfance. Né au Maroc en 1962, il a vécu ensuite à Madagascar. Son père était dans l'armée de l'air. C'est sur une base militaire qu'il découvre le cinéma: un endroit finalement coupé, protégé du monde, d'où il pouvait s'évader par le son et l'image grâce à Eddie Constantine, qui plaisait aux soldats, comme à Jean-Luc Godard, qui les faisaient hurler. Aujourd'hui, il vit à Montreuil.

Son cinéma, maîtrisé, est influencé par des références multiples, de Jacques Demy (la scène de cambriolage festive avec la musique électronique signée Arnaud Rebotini dans Eastern Boys) à L'Invasion des profanateurs de sépultures de Don Siegel (Les Revenants) en passant par Truffaut, Resnais, etc. A travers ses films, il décode la domination (sociale, sexuelle, sentimentale, matérielle, politique) et le retour à la vie, cette renaissance après la mort, la maladie, ou la dépossession. Il aime installer un climat inquiet, une atmosphère singulière où ses personnages errent dans un monde étranger. Robin Campillo, en trois films, a su s'imposer comme un réalisateur prometteur et différent, en mettant en lumière les marginaux ou les mis à l'écart.