Robert Redford engage Shia LaBeouf dans The Company You Keep

Posté par vincy, le 23 juillet 2011

Robert Redford revient à la réalisation, après deux cuisants échecs (The Conspirator au printemps et Lions et agneaux en 2007). Ce sera aussi son premier rôle comme acteur depuis Lions et Agneaux.

The Company You Keep est l'adaptation du roman de Neil Gordon, scénarisé par Lem Dobbs (L'anglais, The Score, la manière forte). Il s'agit d'un thriller mélangeant action et intrigue politique. L'acteur-réalisateur a engagé Shia LaBeouf (Transformers, Indiana Jones 4, Wall Street 2) pour être son partenaire.

Redford incarnera un militant alternatif recherché par le FBI durant 30 ans et qui doit fuir quand un jeune et ambitieux journaliste s'apprête à révéler sa véritable identité.

27e Festival de Sundance : les films remarqués et le palmarès

Posté par vincy, le 30 janvier 2011

Le 27e Festival de Sundance vient de se conclure (voir aussi actualité du 2 décembre 2010). Premier coup d'envoi de la saison cinématographique 2011, la manifestation demeure la plus importante aux USA, attirant tous les studios hollywoodiens qui viennent y faire leur marché. Berlin et Cannes vont y chercher quelques unes des productions pour leurs sections parallèles. C'est assez paradoxal de voir le gratin de l'industrie cinématographique venir dans cette ville perdue de l'Utah alors que le festival était dédié à l'origine aux films qui ne parvenaient pas à exister dans le système.

Robert Redford, le créateur de Sundance, insiste sur les intentions du festival : "Garder un esprit modeste pour ce festival est fondamental. On peut devenir plus gros, plus grand, avoir toujours plus de succès, mais conserver cette idée (de modestie) est ancré en nous". "L'idée a toujours été, très simplement, de faire tout ce qui était en notre pouvoir pour offrir de nouvelles opportunités aux artistes. C'était notre engagement et ça le reste".

"Le nombre de films qui présentent leur candidature au festival reste très élevé: nous avons dépassé les 10 000 pour la première fois cette année" a déclaré John Cooper, directeur général du festival. "C'est une très bonne nouvelle pour la vitalité du cinéma indépendant", ajoute-t-il. Le festival a présenté cette année 118 longs métrages, dont 40 premiers films et 95 premières mondiales, venus de 29 pays.

Des stars du monde entier

Parmi eux les avant-première très étoilées de Cedar Rapids, avec  John C. Reilly, Anne Heche et Sigourney Weaver, The Details, avec Tobey Maguire, Elizabeth Banks, Laura Linney, Ray Liotta et Dennis Haysbert, The Devil's Double, de Lee Tamahori, avec Dominic Cooper et Ludivine Sagnier, Margin Call, avec Kevin Spacey, Paul Bettany, Jeremy Irons et Stanley Tucci, My Idiot Brother, avec Paul Rudd, Elizabeth Banks, Zooey Deschanel et Emily Mortimer, Perfect Sense, avec Ewan McGregor et Eva Green, Salvation Boulevard, avec Pierce Brosnan, Jennifer Connelly, Ed Harris, Greg Kinnear et Marisa Tomei, ou encore The Son of No One (en photo), avec Channing Tatum, Al Pacino, Katie Holmes, Tracy Morgan, Ray Liotta et Juliette Binoche, qui a clôturé le festival.

Toujours à Sundance, on a pu voir de nombreux films étrangers : Attenberg du grec Athina Rachel Tsangari, Troupe d'élite 2 du brésilien Jose Padilha, I Saw the Devil du coréen by Kim Jee-woon, le golden globe du meilleur film en langue étrangère In a Better World, de la danoise Susanne Bier, le magnifique Incendies du québécois Denis Villeneuve, le cannois Kaboom de Gregg Araki, Old Cats des chiliens Pedro Peirano et Sebastian Silva, ou encore Submarine du britannique Richard Ayoade.

"Pendant la programmation de cette édition, nous avons voyagé davantage, fortement renforcé nos relations internationales et amélioré la qualité des films étrangers sélectionnés", affirme John Cooper.

Mais Hollywood n'est jamais très loin, notamment dans les questions de la presse. Denis Villeneuve (Incendies, hors-compétition) y a réagit à sa nomination aux Oscars dans la catégorie meilleur film en langue étrangère : "Ce qui s'est passé pour moi ce matin, ça relève d'un accident de voiture. J'en ai des images, des souvenirs, mais je n'ai aucun recul. Je suis entre deux mondes, je n'arrive pas à y croire". Ludivine Sagnier (The Devil's Double, inspiré de faits réels) assure qu'elle "ne rêve pas de travailler dans une superprodction américaine, même si cela fait certainement partie des expériences à avoir dans la vie". "Mais il n'y a pas qu'Hollywood qui m'intéresse", ajoute-t-elle. "J'ai aussi envie de travailler en Corée, au Mexique, en Chine... L'idée d'être un électron libre me plaît. Je me sens bien dans la diversité, dans la liberté et l'indépendance". Ce que Sundance veut être.

Le business a pourtant été omniprésent. Les professionnels américains sont en proie au doute avec un box office assez terne, une baisse des entrées, une crise artistique. À Sundance, ils viennent chercher de nouveaux talents, de nouveaux styles. Année après année, les films remarqués au Festival glanent des nominations aux Oscars, séduisent des publics de cinéphiles, révèlent des artistes. Rien que cette année, The Kids are all right et Winter's Bone, deux surprises de Sundance 2010, sont parmi les films qui ont compté en se plaçant dans la plupart des palmarès américains.

La Palmarès de Sundance a donc valeur de critères :

- Grand Prix du Jury - Fiction américaine : Like Crazy de Drake Doremus (en photo)

- Grand Prix du Jury - Documentaire américain : How to die in Oregon de Peter Richardson

- Grand Prix du Jury - Fiction étrangère : Happy, happy de Anne Sewitsky (Norvège)

- Grand Prix du Jury - Documentaire étranger : Hell and back again de Danfung Dennis (USA-Grande-Bretagne)

- Prix Spécial du Jury - Fiction américaine : Another earth de Mike Cahill

- Prix spécial du Jury - Fiction étrangère : Tyrannosaur de Paddy Considine (Grande-Bretagne)

- Prix Spécial du Jury - Documentaire américain : Being Elmo: A Puppeteer’s Journey, de Constance Marks

- Prix Spécial du Jury - Documentaire étranger : Position among the stars de Leonard Retel Helmrich (Pays-Bas)

Like Crazy est l'histoire d'un amour fou entre un Américain et une Britannique, rudement mis à l'épreuve par la distance. How to die in Oregon est un plaidoyer en faveur de l'euthanasie et suit les pas de plusieurs malades en phase terminale ayant décidé de mettre fin à leurs jours dans l'Etat d'Oregon, où la loi les y autorise. Happy, Happy raconte la renaissance sexuelle d'une femme au foyer dans les bras de son voisin. Hell and back again retrace le difficile retour au foyer d'un Marine de 25 ans, Nathan Harris, grièvement blessé au combat en Afghanistan.

D'autres prix ont été remis avec le prix de la meilleure photographie pour une fiction étrangère remis au film colombien Todos tus muertos, les Prix du public pour le documentaire britannique Senna de Asif Kapadia, le film américano-rwandais Kinyarwanda d'Alrick Brown, le documentaire américain Buck de Cindy Meehl et la fiction américaine Circumstance de Maryam Keshavarz. Enfin l'Américaine Erica Dunton et son film To.get.her repartent avec le prix Next, destiné à récompenser un film à tout petit budget.

Sundance a aussi été ému par Family portrait in black and white, signé Julia Ivanova, une cinéaste russe installée au Canada où Olga l'Ukrainienne a recueilli seize enfants métis et créé une famille unique en son genre dans un pays où la population est presque totalement blanche et où le racisme est monnaie courante. L'actrice américaine Jennifer Siebel Newson, dans Miss Representation, a dénoncé la piètre représentation des femmes dans la société américaine, et appelle hommes et femmes à réagir. L'acteur Michael Rapaport suit la  trajectoire exceptionnelle du groupe "A Tribe Called Quest"  dans Beats, Rhymes and Life: The Travels of A Tribe Called Quest.

Business as usual

Et puis les studios, tous présents, ont sorti leur carnet de chèques. LionsGate distribuera cette année Margin Call, une fiction autour de la crise de 2008 dans un fonds d'investissement ; The Weinstein Company a promis 15 millions de $ de publicité en plus des 7 millions de $ de droits de distribution (USA, France, Royaume Uni, Allemagne, Japon) pour My Idiot Brother (photo) ; les Frères Weinstein ont aussi été généreux avec The Details, acquis pour 8 millions de $ et une promesse de 10 millions de $ en publicité ;  Malgré la concurrence de Summit, Magnolia Pictures et Samuel Goldwyn, Sony Classics a misé sur The Guard, histoire d'un policier irlandais et d'un agent du FBI dans une affaire de trafic de drogue ; Fox Searchlight a fait son marché avec Another Earth (pour un joli montant, et par ailleurs prix Alfred P. Sloan), Martha Marcy May Marlene, Homework, Win Win, Bengali Detective et Cedar Rapids ; Roadside a opté pour le film produit par HBO, Project Nim (du nom du chimpanzé élevé comme un enfant dans les années 70)...

Mais toute cette activité financière ne doit pas faire oublier que les studios ont été extrêmement prudents, et longs à négocier. Les modèles économiques (salles de cinéma, télévision, internet, VOD) perturbent les schémas. Certains préférant conserver des contrats à l'ancienne tandis que d'autres, moins nombreux, s'essaient à de nouveaux types de diffusion.

Sundance n'est encore qu'au début de la révolution du cinéma indépendant. À l'image de ce film de Kevin Macdonald, Life in a Day, produit avec YouTube et livrant un montage de 5 000 heures d'archives d'images provenant d'Internet.

25 nouveaux classiques entrent à la Bibliothèque du Congrès Américain

Posté par vincy, le 29 décembre 2010

À peine disparus, de nombreux talents cinématographiques ont le droit au Panthéon. Irvin Kershner, Leslie Nielsen, Blake Edwards voient leur talent récompensé de manière posthume. La Bibliothèque du Congrès a intégré 25 nouveaux films du patrimoines, tous formats confondus, dans son Registre National, sorte d'Archives prestigieuses permettant de conserver les oeuvres les plus précieuses. Il faut dire que la 90% productions d'avant les années 20 ont disparu, et 50% des productions des années 20 à 50 sont perdues.

Cette année, les années 70 sont particulièrement bien représentées, tout comme les grands succès populaires.

- Le Lys de Brooklyn (1945), premier film d'Elia Kazan, conte de fée sentimental adapté d'un roman de Betty Smith. Un Oscar.

- Y-a-t-il un pilote dans l'avion? (1980), de Jim Abrahams, Jerry et David Zucker, avec Leslie Nielsen, Peter Graves et Lloyd Bridges. Et une histoire de gladiateur.

- Les Hommes du Président (1976), d'Alan J. Pakula, adapté des Mémoires des reporters qui ont découvert le scandale du Watergate, avec Dustin Hoffman et Robert Redford. Quatre Oscars.

- Le serment de Rio Jim (1914), de Reginald Baker. Premier film du cowboy William S. Hart.

- Cry of Jazz (1959), d'Edward Bland. Moyen métrage documentaire en noir et blanc sur les faubourgs afro-américains de Chicago.

- Electronic Labyrinth: THX 1138 4EB (1967), soit le court métrage universitaire de George Lucas, qui en fit un long produit par Coppola, THX 1138.

- Star Wars V : L'Empire contre-attaque, d'Irvin Kershner. Un triomphe mondial, deux Oscars et les vrais débuts d'une saga (et de son culte).

- L'Exorciste (1973), de William Friedkin. La quintessence du film d'horreur. Outre l'énorme succès, il a reçu 10 nominations aux Oscars (deux statuettes, dont le scénario!). Un record pour le genre.

- The Front Page (1931, de Lewis Milestone. Trois nominations aux Oscars pour cette comédie qui fut l'une de celles à installer les fondements du scénario à l'américaine. Pas moins de sept remakes ont été tournées (petits et grands écrans).

- Grey Gardens (1976), documentaire façon cinéma vérité d'Albert et David Maysles. Projeté à Cannes, il fut transposé en comédie musicale à Broadway, en pièce de théâtre, et en téléfilm pour HBO.

- I Am Joaquin (1969). Court métrage de Luis Valdez adapté d'un poème de Rodolfo "Corky" Gonzales, appartenant à al culture populaire des Chicanos d'Amérique.

- Une riche affaire (1934). Troisième comédie avec W.C. Fields à entrer dans la patrimoine américain. celui-ci fuit une source d'inspiration pour les Blues Brothers.

- Let There Be Light (1946), documentaire sur 75 soldats et leurs traumas, de John Huston produit pour le gouvernement américain.

- Solitude (1928). L'un des rares films américains du savant et cinéaste hongrois Paul Fejos. Ce film est considéré comme son chef d'oeuvre et est resté l'un de ses plus grands succès.

- Au crépuscule de la vie (1937). Drame de Leo McCarey sur un vieux couple ruiné par la dépression économique.

- Malcolm X (1992), biopic de Spike Lee sur l'activiste le plus controversé des années 50 et 60, avec Denzel Washington dans le rôle titre.

John McCabe (1971), soit un western de Robert Altman avec Warren Beatty et Julie Christie et trois chansons de Leonard Cohen.

- Newark Athlete (1891). Film expérimental qui fut l'un des premiers réalisés dans les laboratoires d'Edison.

- Our Lady of the Sphere (1969). Court métrage animé (et expérimental) de Lawrence Jordan, utilisant des fonds colorés et des collages en mouvements.

- La Panthère rose (1964). Premier film de la franchise. Énorme succès pour cette comédie de gags loufoques mise en scène par Blake Edwards. Première collaboration avec le génial Peter Sellers en Inspecteur Clouseau. Et première apparition de la fameuse panthère en dessin animé dans les génériques de début et de fin. Doit-on mentionner la musique de Mancini?

- Preservation of the Sign Language (1913) est un film étonnant de deux minutes, en langage des signes, et défendant les droits des malentendants.

- La Fièvre du samedi soir (1977), disco-movie de John Badham.  Le pantalon patte d'éph et moule burnes de John Travolta (nommé à l'Oscar quand même), la musique qui fait bouger le popotin, les chansons hurlées par des castrats. Le public s'est rué. Une suite a été tournée. Et une soixante de films lui ont fait référence depuis.

- Study of a River (1996). Court métrage sur le fleuve Hudson à travers les saisons.

- Tarantella (1940), de Mary Ellen Bute. Cinq minutes colorées et avant-gardistes qui mélangent une animation abstraite avec de la musique contemporaine. Pionnier dans le genre.

Steven Spielberg n’abandonne pas Lincoln

Posté par vincy, le 2 octobre 2009

Tintin, Harvey (avec Robert Downey Jr)... et toujours Lincoln. Steven Spielberg ne désarme pas. Il caresse le projet depuis des années (son feu vert date de 2005), optionnant le rôle du Président américain assassiné pour Liam Neeson (La liste de Schindler). En plus de pproblèmes de lieux de tournage, le montage budgétaire s'avère complexe ; le réalisateur a aussi préféré s'occuper d'abord de l'indépendance financière de son studio (DreamWorks). Surtout, les droits sur ce film étaient partagés  entre Universal et DreamWorks, avant que le studio du cinéaste ne signe son deal avec Disney.

Enfin Hollywood a (trop) vite enterré le projet de Spielberg quand Robert Redford a annoncé son propre film sur Lincoln, The Conspirator, avec James McAvoy et Robin Wright Penn. Le tournage débute d'ici quelques semaines.

Steven Spielberg n'a pourtant pas baissé les bras. D'une part il juge les deux films très différents. Le film de Redford est axé sur un complot contre le président, alors que le sien porte sur la gestion angoissante de la Guerre de Sécession. Le script a changé de main, et il est désormais scénarisé par Tony Kushner (Munich).

La TV de Sundance sur Numericâble

Posté par vincy, le 27 mars 2009

La chaîne de télévision Sundance Channel (30 millions d'abonnés américains) a signé son premier contrat de distribution international cette semaine. La version française de cette chaîne spécialisée dans le cinéma art et essai sera diffusée en France sur le bouquet cinéma de Numéricâble, aux côtés de TCM, Ciné Cinémas, TPS Star... Numéricâble proposera aussi un accès de Vidéo-à-la-demande .

Sundance Channel est une déclinaison du Festival de Sundance, créé par Robert Redford. L'acteur/réalisateur/producteur voit dans ce artenariat ne passerelle entre deux mondes, permettant de mieux les comprendre grâce à des films loin de la culture populaire. "Lancer Sundance Channel International en France est particulièrement excitant et important pour moi."

Sundance Channel sera diffusée en anglais avec des sous-titres en français.

Sundance succombe au charme de Louise-Michel

Posté par vincy, le 25 janvier 2009

sundanceLe festival du film indépendant de Sundance, créé par Robert Redford en 1978, s'est achevé sur la rituelle cérémonie de prix. Du 15 au 25 janvier, Sundance a montré, encore une fois, la vitalité d'un cinéma mondial, toujours davantage préoccupé par les relations humaines complexes et les conditions sociales contemporaines.

Le grand vainqueur, et donc le film dont on parlera dans les prochains mois, s'intitule Push, d'après le roman de Sapphire, réalisé par Lee Daniels. Il emporte le prix du public et le Grand prix du jury (fiction). Un doublé qui n'avait pas eu lieu depuis 2006 avec Echo Park, L.A.. Push emporte aussi un prix spécial pour l'interprétation de Mo'Nique, star cathodique américaine. Notons aussi, dans ce film, la présence du chanteur Lenny Kravitz, dont c'est la première apparition sur le grand écran.

Dans ce palmarès, un seul film français, sur les quatre engagés, s'y glisse. Louise-Michel, complètement snobbé par les César, a été reconnu avec une mention spéciale du jury "cinéma du monde" pour son "originalité". Une originalité qui séduit en france, d'ailleurs, puisque le film a déjà attiré 350 000 spectateurs. Kassovitz, producteur, était aussi présent dans la catégorie Spectrum avec Johnny Mad Dog. Les deux autres films français en sélection sur les pentes neigeuses de l'Utah étaient Cliente, de Josiane Balasko, et Zion et son frère, film franco-israélien de Eran Merav.

sundance jodie fosterAprès une orgie de dix jours où 120 films étaient présentés, Sundance tire un bilan moins pessimiste que prévu. Trois films ont cartonné au marché : le biopic Black Dynamite, de Scott Sanders, la comédie gay Humpday, de Lynn Shelton, le film d'horreur norvégien, Dead Snow, de Tommy Wirkola. Thématiquement, le cinéma s'est emparé de trois grands thèmes : la sexualité (dans tous ses états), l'environnement et les luttes sociales (quelque soit l'époque). Les stars étaient présentes (Jim Carrey, Ashton Kutcher, Susan Sarandon, Sam Rockwell, Ethan Hawke, Jodie Foster, Uma Thurman...) pour des films indépendants calibrés pour les festivals et les salles art et essai.

L'ambiance était plus conviviale, moins stressante. Tout était moins cher, plus chaleureux. La crise économique n'est pas seule responsable. L'investiture de Barack Obama a vidé le Festival dès le 21 janvier... Les ventes de billets ont ainsi chuté durant les quatre derniers jours. A cela s'ajoutait une révolution plus souterraine : les formes de distribution des films indépendants. Les salles de cinéma ne sont plus la seule possibilité pour vendre un film à un distributeur. Le numérique (VoD, Internet...) bouleverse tous les contrats. Le modèle économique que l'on a toujours connu est officiellement révolu.

Malgré tout, Redford essayait de rassurer tout le monde lors du discours inaugural : "La manière dont avons programmé ce festival est la même que lorsque nous avons débuté. C'est lo monde qui a changé."

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sundance lee daniels pushPrincipaux prix de Sundance 2009 :

Grand prix du jury : We Live in Public (documentaire américain) ; Push: Based on the Novel by Sapphire (fiction américaine) - photo du réalisateur Lee Daniels

Prix du jury cinéma du monde : Rough Aunties (documentaire), La Nana (fiction)

Prix du public : The Cove (documentaire américain), Push: Based on the Novel by Sapphire (fiction américaine), Afghan Star documentaire du monde), An Education (fiction du monde)

Prix de la mise en scène : Natalia Almada, El General director (documentaire américain), Cary Joji Fukunaga, Sin nombre (fiction américaine), Havana Marking, Afghan Star (documentaire du monde), Olivier Hirschbiegel, Five minutes of Heaven (fiction du monde)

Meilleur scénario (cinéma du monde) : Guy Hibbert, Five minutes of Heaven

Prix spécial du jury cinéma du monde : Louise-Michel (originalité), Tibet in song (documentaire), Catalina Saavedra (interprétation dans La Nana)

Prix spécial du jury : Good Hair (documentaire), Humpday (pour l'esprit d'indépendance), Mo'Nique (interprétation dans Push : Based ont the Novel by Sapphire)

AFI (6). Western : John Wayne en son pré

Posté par vincy, le 1 juillet 2008

searchers.jpgLe genre est particulier. Il naît avec John Ford et John Wayne (La chevauchée fantastique, 1939, 9e), atteint son summum avec John Ford et John Wayne (La prisonnière du désert, 1956, 1e), et meurt avec Clint Eastwood (et Gene Hackman) avec Unforgiven (1992, 4e).  Si John Wayne place trois de ses films dans le top 10 (il faut ajouter Red River, 1948, 5e, film de Howard Hawks avec Montgomery Clift), le genre était assez ouverts aux belles gueules et grands gaillards. Gary Cooper (Le train sifflera trois fois, 2e), William Holden (La horde sauvage, 6e), Robert Redford et Paul Newman (Butch Cassidy and The Sundance Kid, 7e), Warren Beatty (McCabe & Mrs Miller, 8e). Derrière la caméra on retrouve Altman, Pekinpah, Roy Hill…

Car le western fut cinématographiquement plus riche à la fin des années 60. Paradoxe du classement qui a voulu mettre le duo Ford / Wayne, en guise de symbole, en haut de la liste, c’est Le train sifflera trois fois qui cumule les lauriers depuis dix ans dans les classements de l’AFI. Et si l’étrange Shane est préféré à Danse avec les Loups, on notera surtout qu’un western sans Natalie Wood, Grace Kelly ou Jean Arthur, c’est un peu moins intéressant. Un seul film met une femme en premier rôle, Cat Ballou (1965, 10e). Avec Jane Fonda. Ironiquement, son père, Henry Fonda, a vu tous ses Westerns passer à la trappe

Notre avis : Toutes les stars ont eu droit à un grand Western. Mais ce genre appartient à John Wayne, emblème masculin du Grand Ouest filmé par John Ford.

Prochain épisode : les films sportifs boxent en première catégorie

Sydney Pollack nous a quitté (1934-2008)

Posté par geoffroy, le 27 mai 2008

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Sydney Pollack, l'un des derniers grands réalisateurs américains d'après-guerre, est mort lundi 26 mai à l'âge de 73 ans. Foudroyé par un cancer agressif, il s'est éteint dans sa demeure de Pacific Palissades près de Los Angeles.

Malgré une dernière décennie plus modeste artistiquement, Sydney Pollack nous aura livré une oeuvre engagée, poétique et éclectique à plus d'un titre. Instigateur non négligeable du renouveau d'un cinéma hollywoodien se voulant contestataire et politique, Pollack a su avec minutie et intelligence proposer une vision d'artiste dénonçant une société prônant l'individualisation et les rapports de force. En signant quelques grands classiques du cinéma post-Kennedy, il marqua le cinéma des seventies par sa capacité à construire des personnages singuliers à la recherche de vérité et de liberté. On peut ainsi qualifier son cinéma d'humaniste, transgressant toujours les tabous sociaux ou moraux. Les individus, dans leur souffrance, doivent toujours surpasser défis et obstacles pour tenter de créer un lien avec l'autre.

Fils d'une famille d'immigré russe, le jeune Pollack quitte son Indiana natal après le lycée et part étudier l'art dramatique à New York. Il débute rapidement à la télévision en tant qu'acteur et rencontre lors d'un tournage Robert Redford avec qui il tournera sept films. Il réalise son premier film en 1965 en signant trente minutes de sursis. En vingt ans il deviendra l'un des cinéastes les plus prolifiques avec des oeuvres majeures comme On achève bien les chevaux (1969), Jeremiah Johnson (1971), Nos plus belles années (1974), Les 3 jours du Condor (1975), Le cavalier électrique (1979), Tootsie (1982) et Out of Africa (1895) qui lui vaudra sept oscars dont celui du meilleur film et du meilleur réalisateur.

Les années 90 sont moins marquantes. Après l'échec artistique et public du film Havana (1991), il met en stand bye son travail de metteur en scène (quatre films en 14 ans) et se tourne vers la télévision et le travail d'acteur. En 1999, il remplace au pied levé Harvey Keitel dans Eyes White Shut de Stanley Kubrick. Il produit des films comme Dead Again, Présumé innocent, Raisons et Sentiments, Le talentueux Mr. Ripley... et retrouvera les honneurs du public en 2005 avec son dernier film L'Interprète.

Continuateur spirituel de l'oeuvre du cinéaste, George Clooney avec qui il avait joué dans le récent Michael Clayton a déclaré dans un communiqué cité par Variety que "Sydney rendait le monde un peu meilleur, les films un peu meilleurs et même le dîner un peu meilleur". "Un coup de chapeau à quelqu'un de classe. Il manquera terriblement".

A nous aussi.

Cannes : Qui est Alice Braga?

Posté par vincy, le 14 mai 2008

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Elle est l'une des héroïnes de Blindness le film d'ouverture du festival de Cannes 2008. Le cinéaste brésilien Fernando Meirelles a choisi l'une de ses concitoyennes pour jouer parmi la pléïade de stars cosmopolites (USA, Mexique, Japon, Canada...). Incarnant la "femmes aux lunettes noires", l'amante illégitime d'un des protagonistes, on découvre ainsi Alice Braga, la nièce de Sonia Braga, grande comédienne brésilienne, qui d'ailleurs fut à Cannes pour le film de Redford, Milagro.

Alice, 25 ans, a reçu le grand prix de la meilleure actrice dans son pays avec Cidade Baixa (2005), primé à Cannes par le prix de la jeunesse. Elle était surtout l'une des vedettes de La cité de Dieu, premier film de Fernando Meirelles, présenté sur la Croisette hors compétition en 2002. Il s'agissait de son premier rôle majeur. Plus récemment, elle était la rescapée de Je suis une légende aux côtés de Will Smith. Elle fait aussi partie du casting du nouveau David Mamet (Redbelt), actuellement 10e au box office américain (contre toute attente). Enfin, ironie du sort, elle vient de tourner dans Crossing Over avec Harrison Ford et Sean Penn, deux des stars les plus exposées de ce festival de Cannes.