L’Affaire Dreyfus, 20e film de Roman Polanski

Posté par vincy, le 11 mai 2012

Quelques mois après la sortie de Carnage, Roman Polanski prépare son 20e long métrage avec un sujet historiquement brûlant : l'affaire Dreyfus.

Selon Le Film Français, Polanski et son scénariste de The Ghost Writer, Robert Harris, ont décidé d'en faire une histoire d'espionnage, et non pas un classique "drame en costume". Le réalisateur explique qu'on "peut de cette manière montrer la pertinence absolue de cette histoire notamment en regard de ce qu'il se passe dans le monde d'aujourd'hui – ce spectacle ancestral de la chasse aux sorcières menée par une minorité, la paranoïa sécuritaire, les tribunaux militaires secrets, les agences de renseignements hors de tout contrôle, des cachoteries gouvernementales et une presse enragée". On pourra aussi y voir une métaphore à la propre existence du cinéaste, qui se considère persécuté par les tribunaux américains à cause d'un détournement de mineure dans les années 70, affaire toujours inachevée juridiquement (voir L'affaire Polanski).

Le film se tournera à Paris; le casting est en cours.

Polanski sera doublement présent à Cannes : à travers un documentaire qui lui est consacré (en séance spéciale) et avec la projection de la version restaurée de son film Tess (Cannes Classics).

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L'Affaire Dreyfus sur Wikipédia

Polanski : de Shutter Island à The Ghost-Writer

Posté par vincy, le 4 mars 2010

pompei by vincy thomasAprès le flop d'Oliver Twist en 2005 (50 millions de $ de budget, 43 millions de $ de recettes dans le monde, aucun prix), Polanski a cherché à rebondir avec un thriller, retrouvant ainsi un genre qu'il avait délaissé depuis La neuvième porte en 1999.

Il avait commencé à développer un ambitieux projet. Pompéi. Six mois de travail en 2007. Il s'agissait d'adapter le livre de Robert Harris. L'histoire d'un jeune ingénieur qui doit construire un aqueduc reliant Pompéi à la baie de Naples, avec en final, l'éruption tragique du volcan Vésuve qui détruisit la cité.

Le budget de 50 millions de $ était bouclé et déjà rentabilisé par l'acquisition des droits dans le monde entier. Le projet a avorté à cause de la grève des acteurs américains. Le tournage ne fut plus possible, les contrats avec les comédiens - Orlando Bloom et Scarlett Johansson étaient sur les rangs - furent suspendu.

La menace de grève a contraint les producteurs - les mêmes que pour The Ghost-Writer - a  a stoppé les frais avant une déroute financière, malgré les dépenses déjà engagées. Annoncé à Cannes, le film n'a jamais été au-delà du scénario, écrit par Polanski et Harris. Les droits d'acquisition s'envolèrent en fumée.

Polanski cherche alors un autre projet. Il met une option sur Shutter Island, qu'il abandonne très vite (NDLR : Wolfgang Petersen avait essayé aussi de développer une adaptation du best-seller de Dennis Lehane en le transformant un blockbuster plus "classique"). Etrangement, les deux films sortent en même temps et commencent de la même façon : une île, un bateau, le brouillard.

Pendant l'écriture du scénario de Pompéi, Robert Harris écrivait son nouveau romain, The Ghost (L'homme de l'ombre en français). Polanski trouvait ironiquement qu'une histoire de nègre, ça ne fonctionne jamais. Mais Harris lui donne un exemplaire de son ouvrage pas encore publié, par amitié. Le cinéaste franco-polonais le lit et accroche immédiatement.

Les droits sont acquis, et après l'échec de Pompéi, l'auteur du livre et le réalisateur se mettent à adapter le roman. L'action est déménagée de New York à une île américaine. Cela permet au cinéaste de ne pas avoir à tourner dans un pays où il est interdit de séjour et de tourner dans ses studios chéris de Babelsberg à Berlin et sur l'île allemande de Sylt. Il en fait un huis-clos, genre dont il est l'un des maîtres, utilisant un fond vert pour intégrer des vues extérieures lorsque les personnages sont dans la villa.

Pompéi, depuis, a été vendu en vue de devenir une série TV.

Et Polanski a obtenu un Ours d'argent pour son admirable mise en scène...

Roman Polanski : wanted and desired… mais pour son oeuvre uniquement

Posté par MpM, le 28 décembre 2008

blog_polanski.jpg"Vous pensez qu’il y a autre chose d'intéressant dans ma vie que mon goût pour les jeunes filles ?" demande Roman Polanski à son interlocuteur en conclusion du documentaire Roman Polanski : wanted and desired de Marina Zenovich. Et comme c’est justement le cas, on ne dira pas grand chose de ce film à sensations qui adapte pour le cinéma les pires méthodes de la télévision en remuant pendant une heure quarante les drames et scandales ayant émaillé la vie du réalisateur, à commencer par l’assassinat de sa femme Sharon Tate et bien sûr sa propre implication dans une affaire de viol sur mineur à la fin des années 70. A la rigueur, cela aurait eu du sens de se concentrer sur le dysfonctionnement judiciaire et le tempérament haut en couleurs du juge Rittenband, homme clef du procès, mais la réalisatrice noie tout cela sous une tonne de détails sordides et d’informations sans lien avec l’affaire, le tout chichement illustré, ce qui est plutôt gênant sur grand écran.

Il vaut donc mieux se repencher avec délices sur la filmographie du cinéaste et, si vraiment c’est nécessaire, tenter de percer son âme ou sa personnalité en analysant et décortiquant l’influence du surnaturel sur son œuvre (Rosemary’s baby, La 9e porte), la prédominance de l’angoisse dans son univers (Répulsion, Cul de sac), son goût pour les grands classiques de la littérature (Tess, Oliver Twist), ses démons personnels (Le pianiste), sa relation aux femmes et aux actrices (Le Locataire, Lunes de fiel, Pirates…) et tout ce que ses films peuvent refléter de paranoïa, d’humour noir et de folie. Le tout en attendant de pied ferme son prochain opus, The ghost, d’après le roman de Robert Harris, dont le tournage doit commencer début 2009. Il s’agit d’un thriller politique mettant en scène un "nègre" littéraire dont la vie bascule lorsqu’il commence à rédiger les mémoires d’un ancien Premier ministre britannique interprété par Pierce Brosnan. Après avoir un temps été pressentis à ses côtés, Nicolas Cage et Tilda Swinton viennent juste de laisser la place à Kim Cattrall et Ewan McGregor. Un film recherché et désiré que l’on espère découvrir à Cannes ou à Venise…