6 événements de la rentrée à ne pas rater: le culte Harmony Korine

Posté par vincy, le 19 août 2017

Rétrospective et exposition "Harmony Korine"
Centre Pompidou, Paris 4e
du 6 octobre au 5 novembre 2017

En présence du réalisateur himself, le Centre Pompidou a décidé de consacrer sa grande rétrospective à un cinéaste à part, décalé, culte: Harmony Korine. Une grande exposition présentée pour la première fois dans une institution en France réunira un ensemble de ses peintures, photographies et installations créées depuis l'adolescence.

Korine sera également présent pour accompagner de nombreuses séances qui lui sont dédiées ainsi que des événements live, dont un DJ set durant la Nuit Blanche le 7 octobre et une rencontre le 8 octobre. Au programme, les spectateurs pourront revoir ses longs métrages - Gummo, Julien Donkey-Boy, Mister Lonely, Trash Humpers, Spring Breakers - les films qu'il a scénarisé pour Larry Clark - Kids, Ken Park -, ses courts et moyens métrages - A Bundle a Minute, Visual Mafia, Fight Harm, Korine Tap, Crutchnap, Mac and Plak, Blood of Havana, Act Da Fool, Curb Dance, Umshini Wam, Caput, Snowballs, The Lotus Community Workshop: The Fourth Dimension -, ses clips (Sonic Youth, Cat Power, Rihanna...), publicités et réalisations pour la télévision. Et bien entendu, comme pour chaque rétrospective à Beaubourg, un film de commande exclusif: "Où en êtes-vous, Harmony Korine?".

On peut ajouter au programme une carte blanche au réalisateur avec The Outsiders, Les nains aussi ont commencé petits, Pixote, la loi du plus faible, Les Amants du Pont-Neuf et Scum.

Un livre, coédité par les Éditions Rizzoli, la Gagosian Gallery et les Éditions du Centre Pompidou, abordera les différents aspects de son univers visuel.

"Ce que moi j’essaie de faire, c’est de vous faire ressentir quelque chose. Je n’essaie pas de dire quelque chose en particulier, peut-être que le film, lui, dit quelque chose et c’est très bien. À partir des personnages et de ce qu’ils racontent, ce que j’essaie d’obtenir est davantage une expérience physique : une sensation de malaise, de confusion, de transcendance, de stupéfaction, de gêne, d’humour. J’aime que ces sensations arrivent les unes après les autres, très rapidement de façon à ne jamais vous laisser en paix" rappelle le réalisateur.

Les reprises de l’été: Belle de jour de Luis Bunuel

Posté par vincy, le 2 août 2017

Ce qu'il faut savoir: Restauré en 4K, Belle de jour, chef d'œuvre atemporel de Luis Bunuel a eu les honneurs de Cannes Classics cette année pour célébrer son cinquantième anniversaire. A sa sortie, le film avait été sacré par un Lion d'or à Venise (en plus du prix Pasinetti) et Catherine Deneuve avait obtenu une nomination comme meilleure actrice aux BAFTAS. C'est en fait avec le temps que Belle de jour est devenu culte. Même si le film a été un gros succès en France (2,2 millions de spectateurs en 1967, soit davantage que Les demoiselles de Rochefort sorti la même année), sa réputation a surclassé de nombreux films du cinéaste. Lors de sa re-sortie aux Etats-Unis en 1995, parrainé par Martin Scorsese, le film avait rapporté près de 5M$ au box office nord américain, soit l'un des plus gros scores des années 90 pour une re-sortie (et de loin la plus importante recette cette année-là puisque La horde sauvage, 2e des re-sorties n'avait récolté que 700000$). William Friedkin considère que c'est l'un des plus grands films du cinéma. Carlotta films et StudioCanal vous proposent de le (re)voir en salles dès le 2 août.

Le pitch: La belle Séverine est l’épouse très réservée du brillant chirurgien Pierre Serizy. Sous ses airs très prudes, la jeune femme est en proie à des fantasmes masochistes qu’elle ne parvient pas à assouvir avec son mari. Lorsque Henri Husson, une connaissance du couple, mentionne le nom d’une maison de rendez-vous, Séverine s’y rend, poussée par la curiosité. Elle devient la troisième pensionnaire de Mme Anaïs, présente tous les jours de la semaine de quatorze à dix-sept heures, ce qui lui vaut le surnom de « Belle de jour »…

Pourquoi il faut le voir? Pour Bunuel. Pour Deneuve. Pour tous les comédiens. Pour cette formidable interprétation visuelle et érotique du fantasme et de l'inconscient. On ne sait par où commencer. Il y a tellement de bonnes raisons de voir Belle de jour. Aujourd'hui encore, iil reste un modèle dans le registre de la fantasmagorie. Si le film atteint un tel équilibre entre le sujet, la mise en scène et l'interprétation (au point que Belle de jour et Catherine Deneuve fusionneront en un même symbole iconique), c'est sans doute parce qu'il s'affranchit de toutes les audaces, tout en étant formellement inventif et relativement pudique. Malgré sa perversité, c'est la poésie que l'on retient, cet onirisme si souvent plagié par la suite. Malgré l'aspect délirant du récit, c'est une succession d'abandons et de fêlures qui retiennent l'attention. Il y a une liberté absolue : celle à l'écran et celle qu'on laisse au spectateur.

"Son héroïne est à la fois maître de son destin, et maîtresse soumise aux vices des autres. Il n'y a rien de manichéen, car il ne fait que démontrer l'inexplicabilité de la sexualité. Avec un sens subtil du bon goût, le cinéaste espagnol parvient à nous exhiber des perversions qu'il ne juge jamais, mais qui accentuent le surréalisme du film" peut-on lire sur notre critique. "Bunuel réussit à composer un puzzle où puiseront nombre de cinéastes pour éclater leur narration et mieux fusionner le langage irrationnel du cinéma avec les logiques individuelles d'un personnage. Un portrait presque inégalable qui en dit bien plus sur rouages, les blocages et les engrenages de la psychologie d'une femme que de nombreux films bavards ou livres savants."

Et puis s'il faut un ultime argument, combien de films affichent au générique Deneuve, Piccoli, Jean Sorel, Geneviève Page, Francisco Rabal, Pierre Clementi, Françoise Fabian, Macha Méril et Francis Blanche?

Le saviez-vous? Un "roman de gare" de Joseph Kessel, des producteurs réputés commerciaux. Il n'y avait qui prédestinait Belle de jour à être un chef d'œuvre du cinéma. Co-écrit par Bunuel et Jean-Claude Carrière (c'est leur deuxième collaboration ensemble), le film s'est pourtant affranchi de toutes les contraintes. Même les pires. A commencer par la censure qui imposa des coupes au réalisateur (qu'il regrettera plus tard), notamment la scène entre Séverine et le Duc. On su plus tard que le tournage fut tendu. Les producteurs faisaient tout pour isoler le cinéaste de ses comédiens, entraînant malentendus et manque de confiance. Deneuve, à l'époque 23 ans, se sentait très vulnérable, et même en détresse, selon ses propres confidences. "J'étais très malheureuse" expliquait-elle, sentant qu'on abusait d'elle et qu'on réclamait d'elle toujours plus, notamment en l'exposant nue (il y a quelques subterfuges dans le film). Bunuel en avait conscience. Même si le tournage a été tendu, si l'actrice craignait son réalisateur, et si Deneuve et Bunuel avait un souci de compréhension dans leurs attentes respectives, cela ne les a pas empêché de tourner Tristana par la suite. Elle l'a toujours cité parmi les "cinéastes qui l'ont faite", aux côtés de Demy, Truffaut et Polanski. Elle avait accepté le rôle sans hésiter, alors que le personnage était très loin de l'image qu'elle véhiculait. Vierge et putain, et comme disait Truffaut: "Ce film coïncidait merveilleusement avec la personnalité un peu secrète de Catherine et les rêves du public."
Les deux scénaristes ont cependant pris soin d'interroger des tenancières de maisons closes sur les habitudes des clients et de nombreuses femmes sur leurs désirs. Dans ce film, le "vrai" est une fiction tandis que l'imaginaire est "réel".

Bonus: Grâce à Carlotta Films et StudioCanal, certaines salles diffuseront une rétrospective du cinéaste Luis Bunuel, "Un souffle de libertés", avec "6 œuvres majeures et anticonformistes", soit l'apogée d'une immense carrière en liberté (et les plus belles actrices françaises au passage): Le Journal d’une femme de chambre, La Voie lactée, Tristana, Le Charme discret de la bourgeoisie, Le Fantôme de la liberté, Cet obscur objet du désir.

Locarno consacrera sa Rétrospective à Jacques Tourneur

Posté par vincy, le 19 janvier 2017

La Rétrospective du 70e Festival de Locarno (2-12 août 2017) sera consacrée au réalisateur français Jacques Tourneur (1904 – 1977). Cet hommage "s’intéressera à un réalisateur qui n’est encore pas reconnu à la hauteur de son talent" explique le communiqué du festival. "Tourneur a souvent tourné des films de série « B », des films qui nous semblent aujourd’hui plus incisifs, plus visionnaires et plus actuels que leurs aînés. Car le réalisateur a toujours su mêler dans son travail l’imaginaire puissant des récits de genre et une poésie visuelle unique, héritée sans doute de sa double identité, européenne et américaine."

La Rétrospective se déroulera dans le cinéma historique de Locarno, entièrement restauré et rebaptisé le GranRex, qui dévoilera son nouvel aménagement à l’occasion de la 70e édition du Festival. La Rétrospective, conçue par Roberto Turigliatto et Rinaldo Censi, en collaboration avec la Cinémathèque suisse et la Cinémathèque française, sera accompagnée par un ouvrage publié en anglais et en français aux éditions Capricci.

Fils du réalisateur Maurice Tourneur, l'un des pionniers du cinéma français, Jacques Tourneur est né à Paris en 1904.Après ses premiers films, Maurice quitte la France à la veille de la Première Guerre mondiale pour les États-Unis, où il devient un cinéaste confirmé, dont les films sont appréciés du public. La famille rentre en France en 1928, et Jacques fait ses premiers pas derrière la caméra en 1931 avec Tout ça ne vaut pas l'amour. Il tourne trois autres longs métrages puis décide de repartir pour les États-Unis. Sa rencontre avec le producteur Val Lewton à la RKO va donner vie à l’une des collaborations les plus fructueuses de l’histoire du cinéma: ensemble, ils travaillent sur des films fascinants et sombres, considérés aujourd’hui comme des pierres angulaires du cinéma: La Féline (1942), L’Homme – Léopard (1943) ou encore Vaudou (1943).

Des films policiers (Nick Carter, Master Detective) au western (Le passage du canyon, L’or et l’amour), des films de cape et d’épée (La flibustière des Antilles, La flèche et le flambeau), à ceux de guerre et d’espionnage (Berlin Express, Jours de gloire), en passant par le mélodrame (Angoisse, La vie facile), le film d’aventure (Les révoltés de la Claire-Louise, La Cité sous la mer) et le film noir (Nightfall, La griffe du passé), il a a touché à tous les genres.

"Considéré comme le maître du cinéma fantastique"

Carlo Chatrian, Directeur artistique du Locarno Festival, rappelle que « Le nom de Tourneur est connu des passionnés du 7e art et certains de ses films figurent même au rang des œuvres inoubliables de la grande saison du cinéma américain de l’après-guerre; il n’en va pas de même pour l’ensemble de son œuvre qui est néanmoins de très grande qualité. Cette Rétrospective, organisée avec les plus importantes et prestigieuses institutions, que je remercie ici, sera l’occasion pour les nouvelles générations de comprendre la force d’une œuvre cinématographique qui privilégie les choix visuels plus que les mots, qui trouve dans les cadrages, les mouvements de caméra, l’utilisation de la lumière, du son et des couleurs des instruments d’expression essentiels. Considéré comme le maître du cinéma fantastique, Tourneur a toujours cherché à aller au-delà du visible, en représentant les sentiments profonds qui jaillissent derrière la superficialité des choses. C’est pourquoi ses films ont résisté au temps et sont une source d’inspiration pour tant de cinéastes. »

Frédéric Bonnaud, Directeur de la Cinémathèque française, précise par ailleurs que la Rétrospective de l’œuvre de Jacques Tourneur sera programmée à la Cinémathèque française à partir du 30 août.

Rétrospective João Pedro Rodrigues à Pompidou: des places à gagner!

Posté par redaction, le 2 décembre 2016

Ecran Noir vous fait gagner 2 "pass intégral" et trois places pour deux personnes pour la séance de votre choix afin de profiter ou découvrir les films de João Pedro Rodrigues, dont l'œuvre est mise à l'honneur dans une rétrospective inédite au Centre Pompidou, jusqu'au 2 janvier prochain.

Le cinéaste de L'ornithologue, Odete, O Fantasma et de La dernière fois que j'ai vu Macao est sans aucun doute l'un des cinéastes les plus intrigants et les plus iconoclastes de sa génération.

Pour gagner ces places, il suffit de trouver dans l'entretien qu'il a accordé à Ecran Noir la réponse à la question suivante: à quelle date fête-t-on saint Antoine au Portugal?

En plus de la réponse, n'oubliez pas de mentionner vos prénom et nom et votre adresse postale en nous écrivant à redaction@ecrannoir.fr.

João Pedro Rodrigues en version intégrale au Centre Pompidou

Posté par vincy, le 25 novembre 2016

joao pedro rodrigues

18 films mais aussi deux courts où il n'est qu'acteur, quatre films dont il a encadré le travail issus de l'école du Fresnoy, une installation et un livre: jusqu'au 2 janvier 2017, le Centre Pompidou déroule le tapis rouge au cinéaste portugais João Pedro Rodrigues.

La rétrospective commence ce vendredi 25 novembre avec la projection des deux derniers films du réalisateur: Où en êtes-vous, João Pedro Rodrigues ?, autoportrait de 21 minutes réalisé sur une commande du Centre Pompidou, et L’Ornithologue, qui sort en salles mercredi. Léopard d’argent du meilleur réalisateur au Festival de Locarno, le film vient aussi d'être plébiscité au Festival Chéries-Chéris où il a remporté le Grand prix du jury et le Prix du public.

Cette séance d'ouverture sera suivie du vernissage de l’installation Santo António, de João Pedro Rodrigues et de son complice toujours João Rui Guerra da Mata. Après le Mimesis Art Museum en Corée du Sud et le Radcliffe Institute aux États-Unis, cette création de 2013 sera montrée pour la première fois en Europe. "Si on ne me commandait pas ces installations, je ne les aurai pas faites" avoue le cinéaste.

João Pedro Rodrigues a commencé en étant assistant-réalisateur et monteur pour Pedro Costa, Rita Azevedo Gomes et Maria de Medeiros avant de tourner son premier court métrage en 1997. Il fête ses 50 ans cette années et aborde les 20 ans de sa carrière. Deux caps. Son cinéma est sauvage et libre, sexuel et mélancolique, fantastique et poétique, et ses personnages, entre errance et solitude, obsessions et angoisses, se transforment sous nos yeux. Il revendique l'audace et la singularité, refuse tout formatage, comme il nous l'a expliqué dans un entretien à Ecran Noir.

"Ça fait du sens que ça tombe maintenant"

"J'ai déjà eu des rétrospectives, notamment aux Etats-Unis et dans quelques festivals" nous explique-t-il. "Mais je n'ai jamais fait une rétrospective comme ça, aussi complète, où j'accompagne les films" précise le cinéaste. "C'est drôle parce que ça tombe à mes 50 ans. Et quand on passe les décades, on regarde un peu en arrière. J'ai fait L'Ornithologue, et même si ce n'est pas un film autobiographique, il y a beaucoup de moi. Pompidou m'a demandé de faire un film et c'est un autoportrait. Ça fait du sens que ça tombe maintenant" selon lui.

Le cinéaste présentera les projections de ses films. En bonus, le Centre Pompidou organise une rencontre le 10 décembre à 16 h, avec un concert de la violoncelliste Séverine Ballon une séance de signature pour le livre d'entretiens Le jardin des fauves.

Filmographie de João Pedro Rodrigues
- 1988 Le Berger
- 1997 Joyeux anniversaire !
Voici ma maison
- 1999 Voyage à l’Expo
- 2000 O Fantasma
- 2005 Odete
- 2007 China, China (coréalisé avec João Rui Guerra da Mata)
- 2008 Camouflage Self-Portrait
- 2009 Mourir comme un homme
- 2011 Aube rouge (coréalisé avec João Rui Guerra da Mata)
- 2012 Matin de la Saint-Antoine
La dernière fois que j’ai vu Macao (coréalisé avec João Rui Guerra da Mata)
- 2013 Le Corps du roi
Mahjong (coréalisé avec João Rui Guerra da Mata)
Allegoria della prudenza
- 2014 Iec Long (coréalisé avec João Rui Guerra da Mata)
- 2016 L’Ornithologue
Où en êtes-vous, João Pedro Rorigues ?

Tous les nuages et les images de Jafar Panahi au Centre Pompidou

Posté par vincy, le 7 octobre 2016

jafar panahi

A partir d'aujourd'hui, vendredi 7 octobre, et jusqu'au 13 novembre, les cinémas du Centre Pompidou proposent une rétrospective intégrale et une exposition autour du cinéaste iranien Jafar Panahi. La rétrospective passera par Bruxelles et Genève cet automne. L'événement est réellement exceptionnel.

Condamné à résidence depuis 2010, avec interdiction de filmer durant vingt ans, pour avoir participé à de nombreuses manifestations suite à la victoire controversée de Mahmoud Ahmadinejad aux élections présidentielles et pour avoir assisté à une cérémonie organisée à la mémoire d'une jeune manifestante tuée, le réalisateur a traversé une période de dépression avant de renaître par l'image (et obtenir en 2015 un Ours d'or pour Taxi Téhéran). " Je n’ai pas tout de suite compris l’ampleur de la condamnation, ce que ces interdictions signifiaient pour moi. Heureusement, les caméras numériques et les autres facilités offertes par la technologie permettent de filmer sans avoir besoin de demander des autorisations, de manière discrète et bon marché. J’ai pu me remettre à filmer."

L'exposition Nuages est une série de 26 photographies inédites. Jafar Panahi a commencé photographier des nuages, de la fenêtre de son appartement puis à l'occasion de ses déplacements en Iran. C'est la première fois que ses photographies sont exposées: 19 d'entre elles rejoindront les collections du musée. "Je dispose donc de beaucoup de temps libre. Un jour où je tournais en rond, j’ai regardé par la fenêtre de mon appartement et j’ai vu les nuages. […] J’ai pris mon appareil et j’ai commencé à les photographier. J’ai aimé le résultat et j’ai continué" explique-t-il à Jean-Michel Frodon.

Le moment fort sera sans aucun doute la rencontre virtuelle le 22 octobre (à 17 heures) entre Jafar Panahi et Jean-Michel Frodon, coauteur du livre (avec Clément Chéroux), Jafar Panahi, images / nuages. Le cinéaste offre également au Centre Pompidou un court-métrage en forme d'autoportrait, en exclusivité, qui rejoint la collection "Où en êtes-vous?" du musée. Il sera projeté durant la soirée d'ouverture, en présence de sa fille Solmaz Panahi et de son collaborateur Pooya Abbasian.

Mais assurément, le cadeau du Centre Pompidou est de proposer la filmographie intégrale du cinéaste - Le ballon blanc, Ceci n'est pas un film, Le cercle, Hors-jeu, Le miroir, Pardé, Sang et or, Taxi Téhéran - y compris les courts et moyens métrages (souvent inédits) - L'accordéon, L'ami, Le dernier examen, Deuxième regard, Les têtes blessées, Untying the Knot.

Le Studio Ghibli fête ses 30 ans avec une grande expo à Tokyo

Posté par vincy, le 22 août 2016

Tout l'été, à Tokyo, le Studio Ghibli fête son 30ème anniversaire avec une immense exposition rétrospective. Affiches, objets, dessins, produits dérivés d’époque, installations monumentales : cela n'a rien à voir avec ce qui est proposé au Musée Ghibli, à une demi-heure de train, partiellement fermé pour cause de travaux.

Créé en juin 1985 par Hayao Miyazaki et Isao Takahata, créent la compagnie Tokuma Shoten qui muera en studio Ghibli (du nom utilisé par les italiens pour désigner un avion de reconnaissance pendant la Seconde Guerre Mondiale). Depuis Ghibli est devenu une référence dans l'animation, avec un Ours d'or, un Lion d'or et un Oscar. A Roppongi Hill, le Tokyo City View, un observatoire à 250 mètres haut dessus du niveau de la mer offrant une vue panoramique à 360 degrés sur la ville, accueillent donc l'hommage spectaculaire à cette gloire (inter)nationale.

Derrière un bar, un Totoro grandeur nature, un chat-bus qui peut recevoir plusieurs adultes, une immense maquette qui vole, de haut en bas, etc... tout est fait pour revivre les grands moments des dessins animés issus des studios, de Nausicaa à La tortue rouge.

Une rétrospective en hommage à Ronit Elkabetz

Posté par vincy, le 24 mai 2016

Du 25 au 31 mai, le Cinéma L'Arlequin (Paris 6e) organise une rétrospective-hommage à l'actrice et réalisatrice israélienne, Ronit Elkabetz, disparue le 19 avril dernier.

Au programme, les films qu'elle a réalisé avec Schlomi Elkabetz (Prendre femme, en présence de Gilbert Melki et Simon Abkarian, Les sept jours et Le procès de Viviane Amsalem) mais évidemment, aussi, les films dans lesquels elle imposait sa présence charismatique et sa voix à nulle autre pareil: Edut, Les mains libres, en présence de Brigitte Sy, Alila, en présence de Amos Gitai, Zion et ses frères, Origine contrôlée, Mariage tardif, Invisible, Le prédestiné, en présence de Dani Wachsmann, Sion, en présence de Joseph Dadoune, Sh'Chur, Eddie King, Cendres et sang, en présence de Fanny Ardant, La cicatrice, Tête de turc, en présence de Pascal Elbé, Mon trésor et Jaffa, en présence de Keren Yedaya, La fille du RER, et Mabul.

A cette liste s'ajoute La visite de la fanfare, de Eran Kolirin, qui viendra accompagner la projection. Son dernier film, Au de la des montagnes et des collines, a été présenté à Cannes dans la section Un certain regard. Il avait, lors de l'avant-première cannoise, dédié la projection à Ronit Elkabetz. Le film lui est aussi dédié, avec une dédicace en début de générique de fin.

15 films avec Pierre Richard à voir à la Cinémathèque

Posté par vincy, le 9 avril 2016

En avril, découvre des films. Pierre Richard appartient à notre mémoire cinéphilique collective. On le voit gamin, au premier degré, en maladroit burlesque, plus Harold Lloyd que Chaplin. Et puis, en revoyant ses films, cet anti-héros lunaire apparaît comme étrangement subversif, rebelle même dans des comédies qui dénonçaient les individualismes, le consumérisme, ou même le repli sur soi. La poésie se mêle au rire, l'absurde compromet les tenants de l'ordre. Il est un grain de sable, à la Chaplin, dans les Temps modernes.

Heureuse initiative, donc, de voir la Cinémathèque française lui rendre hommage, depuis mercredi et jusqu'au 27 avril.

15. La Course à l'échalote de Claude Zidi (1975), avec Jane Birkin, Michel Aumont.
Les banques coupables de malversations? Le film est une aimable comédie où le patronat est pourri jusqu'à la moelle.

14. Un nuage entre les dents de Marco Pico (1973), avec Claude Piéplu, Philippe Noiret.
Film très méconnu autour de deux journalistes de faits-divers qui démontre, notamment, la manipulation des médias, avides de scoops.

13. Le Retour du grand blond d'Yves Robert (1974), avec Mireille Darc, Jean Rochefort.
La suite du Grand Blond est moins percutante mais pas moins drôle. La séquence finale empruntée à L'homme qui en savait trop d'Alfred Hitchcock vaut à elle seule le détour.

12. Essaye-moi de Pierre-François Martin-Laval (2005), avec Pierre-François Martin-Laval, Julie Depardieu.
L'ex Robin des Bois rend hommage à Richard avec son personnage de rêveur romantique. La comédie se laisse regarder pour ceux qui doutent encore qu'il faut garder son âme d'enfant.

11. On aura tout vu de George Lautner (1976), avec Miou-Miou, Jean-Pierre Marielle.
Satire sur le monde du cinéma, avec en toile de fond, l'avènement et la puissance du film porno. On reconnaît là le goût de Pierre Richard pour les sujets de société, où l'idéal et le rêve se fracassent à une réalité cynique.

10. En attendant le déluge de Damien Odoul (2003), avec Anna Mouglalis, Damien Odoul.
Peut-être l'un des plus beaux personnages incarné par le comédien. Dans ce délire entre hurluberlus, où la mort se confronte à la vie, il y a une envie jouissive, à la Tati, de profiter du présent. Pierre Richard y est impérial.

9. Le Coup du parapluie de Gérard Oury (1980), avec Gert Froebe, Valérie Mairesse.
Entre potacherie et jamesbonderie, cette comédie policière sous le soleil de Saint-Tropez est un enchaînement de gags à la Blake Edwards, avec, en moment culte, une publicité pour de la nourriture pour chiens.

8. Juliette et Juliette de Remo Forlani (1973), avec Annie Girardot, Marlène Jobert.
Richard est entouré de deux des plus grandes actrices de l'époque. Entre portrait d'une société où la précarité est déjà là et féminisme affirmé, ce film oublié, qui passe parfois à côté de ses sujets, révèle déjà la vulnérabilité des mâles.

7. Je suis timide mais je me soigne de Pierre Richard (1978), avec Aldo Maccione, Mimi Coutelier.
Impossible de vivre quand on est timide à l'extrême. De ce constat, Pierre Richard va créer des situations rocambolesques et parfois de grands moments de cinéma comique (notamment la scène du resto et celle des pompiers).

6. Le Jouet de Francis Veber (1976), avec Michel Bouquet, Fabrice Greco.
Sans doute l'un de ses films les plus noirs, sous ses apparences très colorées. Véritable cri de révolte contre un monde trop cadré et critique du pouvoir sans âme, le film "s'amuse" avec perversité d'une relation masochiste entre un patron et un chômeur.

5. Les Malheurs d'Alfred de Pierre Richard (1971), Anny Duperey, Pierre Mondy.
Tout commence avec un suicide et tout finira avec un carnage. Se moquant de l'élite parisienne, de la télévision, de ses jeux débiles et de ceux qui se prennent trop au sérieux, cette comédie des petits contre les forts reste étrangement actuelle.

4. Le Distrait de Pierre Richard (1970), avec Marie-Christine Barrault, Bernard Blier.
Ode à l'imagination et à la rêverie. La distraction comme hymne à la vie: c'est le moteur d'une succession de scènes d'anthologie où là encore le système trop cadré (ici du milieu de la publicité) se voit dynamité à coups de gaffes.

3. Les Fugitifs de Francis Veber (1986), avec Gérard Depardieu, Jean Carmet.
Dernier film de la trilogie inégalée du trio Veber-Depardieu-Richard, cet immense succès des années 1980 compose avec un scénario bien ficelé et des situations cocasses, en finissant en famille recomposée se jouant des genres sexués.

2. Le Grand blond avec une chaussure noire d'Yves Robert (1972), avec Bernard Blier, Jean Rochefort, Mireille Darc, Jean Carmet.
L'une des plus grandes comédies du cinéma français: casting, dialogues, scénario. Tout y est. Les acteurs, au jeu volontairement désaccordé, sont en totale harmonie. Mais à y réfléchir de plus près, Le grand blond est aussi un film d'anticipation sur la société de surveillance et le peu de considération de l'autorité pour la liberté et l'individu.

1. La Chèvre de Francis Veber (1981), avec Gérard Depardieu, Corynne Charbit.
Summum de l'art comique de Pierre Richard, l'alchimie avec Depardieu (il faut voir la tête du monstre face au distrait-timide-maladroit) fonctionne à merveille, entre aventures improbables, répliques cultes, humour décalé, usant aussi bien des gags du cinéma muet que de situations atemporelles. Assurément le chef d'oeuvre de la filmographie de Richard (et de Veber), parvenant à montrer que la folie douce est un moyen de trouver le bonheur et l'amour dans un monde violent.

Rétrospective Sharunas Bartas aux cinémas du centre Pompidou

Posté par MpM, le 5 février 2016

sharunas bartas

Décidément, la période est faste pour les amateurs (il faudrait dire : les inconditionnels) du cinéaste lituanien Sharunas Bartas. Après son grand retour au dernier festival de Cannes (voir notre chronique de l'époque), il illumine le mois de février avec un nouveau film en salles (Peace to us in our dreams, le nouveau volet envoûtant d'une oeuvre qui ne cesse de remettre l'humain au centre de son existence), une exposition (Few of them, à découvrir jusqu'au 27 février au passage de Retz, dans le 3e arrondissement de Paris), un ouvrage collectif (Sharunas Bartas ou les hautes solitudes, dirigé par Robert Bonamy) et une rétrospective de l'ensemble de son travail qui se tient aux cinémas du centre Pompidou jusqu'au 6 mars.

En plus de (re)découvrir les œuvres emblématiques du réalisateur (Trois jours, Corridor, Freedom...), il sera possible de voir ses courts métrages, certains des films produits par son studio Kinema (Earth of blind d'Audrius Stonys, Sharunas Bartas, An army of one de Guillaume Coudray) et même deux films dans lesquels Sharunas Bartas fait l'acteur pour d'autres cinéastes, Leos Carax (Pierre ou les ambiguïtés) et Claire Denis (Les salauds). Une rencontre aura également lieu avec le public le 13 février à 17h.Un moment rare et précieux à ne rater sous aucun prétexte, même s'il ne faut pas trop compter sur le cinéaste pour expliquer son oeuvre (il a horreur de ça) ou livrer beaucoup de lui-même (il préfère parler des autres).

C'est peut-être pour cela que le peu qu'il accepte de dire a autant de valeur, et de puissance d'évocation. La preuve par l'exemple avec cette conversation entrecoupée de silences que nous avons eue avec lui à l'occasion de cette rétrospective.

Ecran Noir : Le centre Pompidou consacre une rétrospective de l'ensemble de votre oeuvre. Est-ce un exercice que vous appréciez de vous retourner sur votre travail et plus généralement sur le passé ?

Sharunas Bartas : En fait, j'ai un sentiment un peu double. Me retourner sur mon passé, c'est quelque chose que je fais tous les jours : je réfléchis, j'analyse... Je pense à hier, à ce que j'ai fait, et c'est quelque chose qui est important pour moi. Mais par contre, pour les films, c'est l'inverse. Les films, je ne peux pas les changer. Ce n'est pas important pour moi de me repencher dessus. C'est même extrêmement rare que je regarde un film plusieurs fois. C'est plus par accident lorsque cela arrive. Je ne peux pas changer mes films, mais de toute façon je ne le veux pas. Pendant le tournage, pendant la production de chaque film, c'est le moment où j'ai donné tout ce que j'ai pu. C'était le moment où je devais donner ce que j'ai donné, et maintenant c'est terminé. Je ne vois pas de sens à regarder mes films et à revenir dessus. Mais concernant le rétrospective, bien sûr, c'est agréable que les gens voient ces films, qu'ils ne soient pas oubliés et qu'ils ne disparaissent pas.

EN : Que diriez-vous à un spectateur français qui n'a jamais vu aucun de vos films et qui s'apprête à aller à cette rétrospective ?

SB : De ne pas avoir d'idée toute faite et de juste regarder.

EN : Vous avez déclaré dans des interviews que de même qu'il n'y a rien à expliquer dans l'art, il n'y a rien à expliquer dans les films. Plutôt que de les comprendre, il faut d'abord les ressentir ?

SB : Je pense que cela va ensemble, le fait de comprendre et de ressentir. Si le spectateur ressent et vit ce qui est en train de se passer à l'écran, alors il le comprend aussi. Je ne pense pas qu'on puisse dire que les films sont au même niveau d'abstraction que la musique mais c'est pareil pour la musique, quelle qu'elle soit. Si on la ressent, on la comprend, d'une certaine manière. Si on parle de la création en général, le fait de créer, c'est aussi montrer un moment d'une vie, un moment de vie. On le montre de manière extérieure à soi mais en fait c'est aussi la possibilité de le vivre à l'intérieur. Ce moment de vie que l'on voit, on peut aussi le ressentir très fortement en nous. Et c'est peut-être aussi une manière d'échapper à la solitude et de se sentir moins seul.