Cannes 2019 : Le palmarès de la Quinzaine des Réalisateurs

Posté par wyzman, le 23 mai 2019

C’est donc Alice et le Maire qui le remporte le Label Europa Cinemas décerné au meilleur film européen de la section, et considéré comme le prix le plus important de la Quinzaine. Second long-métrage de Nicolas Pariser, Alice et le Maire est une comédie politique dans laquelle Fabrice Luchini incarne le maire de Lyon, qui, à court d'idées nouvelles, demande à une brillante jeune philosophe, Alice Heimann (Anaïs Demoustier) de lui en donner. Le film sortira le 2 octobre.

En ce qui concerne le prix SACD de la Quinzaine des Réalisateurs, celui-ci a été a été décerné ce soir par Dominique Sampiero (scénariste membre de la commission cinéma de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques), au film de Rebecca Zlotowski Une fille facile dont le scénario est co-écrit avec Teddy Lussi-Modeste. Très attendu sur la Croisette le quatrième long-métrage de la scénariste et réalisatrice française raconte les vacances que passent ensemble deux cousines. Sofia (Zahia Dehar) s'épanouit en laissant les hommes qu'elle fréquente l'entretenir tandis que Naïma (Mina Farid) tente de savoir de quoi son avenir sera fait. Le film sera visible en salle dès le 28 août.

Label Europa Cinemas : Alice et le Maire de Nicolas Pariser
Prix SACD : Une fille facile de Rebecca Zlotowski
Prix Illy du court métrage : Stay awake, be ready de Pham Thien An
Carrosse d'or : John Carpenter

Cannes 2019 : une 51e Quinzaine des Réalisateurs très ouverte sur le monde

Posté par wyzman, le 23 avril 2019

C’est aujourd’hui que Paolo Moretti dévoilait la sélection de cette 51e Quinzaine des Réalisateurs. Comme l'a rappelé le délégué général de la Quinzaine, sur les 24 longs métrages sélectionnés, 16 verront leur(s) auteur(s) débarquer sur la Croisette pour la première fois.

Des films audacieux, de grands noms présents

"La Quinzaine des Réalisateurs a aussi ce rôle de faire exister de nouveaux réalisateurs" a précisé Paolo Moretti avant d'indiquer que Robert Pattinson et Willem Dafoe sont particulièrement attendus dans The Lighthouse de Robert Eggers, "un film qui se passe sur une île lointaine et mystérieuse du 19e siècle". De son côté, Oleg de Juris Kusietis s’intéresse à la descente aux enfers d’un homme rattaché à l’Union européenne et est déjà annoncé comme "l’une des découvertes de cette sélection". Pour son 2e long métrage, Shahrbanoo Sadat fait se dérouler l'action de The Orphanage à Kaboul "et joue avec l’influence du cinéma hollywoodien". Notons que Wounds de Babak Anvari raconte "le vertige et les cauchemars provoqués par les nouvelles technologies" et que Yves de Benoît Forgeard narre l’étrange relation d’un homme avec son frigo intelligent.

Longs métrages
Le Daim de Quentin Dupieux | France | Film d’ouverture
Alice et le Maire de Nicholas Pariser | France
And then We Danced de Levan Akkin | Suède, Géorgie
Ang Hupa de Lav Diaz | Philippines, Chine
Koirat Eivät Käyta Housuja (Dogs Don’t Wear Pants) de Jukka-Pekka Valkeapää | Finlande, Lettonie
Canción sin nombre (Song without a Name) de Melina León | Pérou, Suisse
Ghost Tropic de Bas Devas | Belgique
Give Me Liberty de Kirill Mikhanovsky | Etats-Unis
Hatsukoi (First Love) de Takashi Miike | Japon, Royaume-Uni
The Lighthouse de Rovert Eggers | Canada, Etats-Unis
Lilian d’Andreas Horwath | Autriche
Oleg de Juris Kursietis | Lettonie, Belgique, Lithuanie
On va tout péter (Blow It to Bits) de Lech Kowalski | France
The Orphanage de Shahrbanoo Sadat | Danemark, Afghanistan
Les Particules de Blaise Harrison | Suisse, France
Perdrix d’Erwan Le Duc | France
Por el dinero (For the Money) d’alejo Moguillansky | Argentine
Sem seu sangue (Sick Sick Sick) d’Alice Furtado | Brésil, Pays-Bas, France
Tlamess d’Ala Eddin Slim | Tunisie, France
Huo Zhe Chang Zhe (To Live to Sing) de Johnny Ma | Chine, France
Une Fille facille (An Easy Girl) de Rebecca Zlotowski | France
Wounds de Babak Anvari | Etats-Unis
Zombi Child de Bertrand Bonello | France
Yves de Benoît Forgeard | France | Film de clôture

Séances spéciales
Masterclass de Robert Rodriguez suivie de Red 11 | Etats-Unis
The Staggering Girl de Luca Guadagnino | Italie

Courts et moyens métrages
Deux sœurs qui ne sont pas soeurs (Two Sisters Who Are Not sisters) de Beatrice Gibson | Royaume-Uni, Allemagne, France
Grand Bouquet de Nao Yoshigai | Japon
Je te tiens de Sergio Caballero | Espagne
Movements de Dahee Jeong | Corée du Sud
Olla d’Ariana Labed | France, Royaume-Uni
Piece of Meat de Jerrold Chong et Huang Junxiang | Singapour
Plaisir fantôme (Ghost Pleasure) de Morgan Simon | France
Hay tinh thuc va san sang (Stay Awake, Be Ready) d'An Pham | Vietnam, Corée du Sud, Etats-Unis
That Which is to come is just a promise de Flatform | Italie, Pays-Bas, Nouvelle-Zélande

Exposition
Laurie Anderson et Hsin-Chien Huang - Go Where You Look! | Trois installations VR

Cannes 2018 : Le Festival s’engage pour la parité femmes-hommes

Posté par wyzman, le 14 mai 2018

Les amoureux du Festival de Cannes le savent, 82 femmes ont monté les marches samedi soir pour dénoncer les inégalités salariales dans une industrie qui ne seraient rien sans elles. Parmi celles-ci, on pouvait facilement reconnaître Cate Blanchett, Kristen Stewart, Agnès Varda, Jane Fonda, Marion Cotillard, Salma Hayek, Sofia Boutella ou encore Leïla Bekhti. Qu'elles soient actrices, réalisatrices ou encore scénaristes, leur présence sur les marches ce samedi 12 mai relève d'un acte historique.

En parallèle de cette manifestation, le CNC tenait aujourd'hui une table ronde intitulée "5050 pour l'égalité femmes-hommes". Le but de cette table ronde, à l'instar de la montée des marches du week-end dernier, était de sensibiliser médias et public sur les problèmes de parité inhérents à l'industrie cinématographique mais également au Festival de Cannes. Autour e cette table, se trouvaient des représentantes de Time's Up US, Time's Up UK, Dissenso Commune (Italie), CIMA (Espagne) et Greek Women's wave (Grèce). Le débat était animé par Céline Sciamma et Rebecca Zlotowski qui ont fièrement introduit la Ministre de la Culture, Françoise Nyssen.

Cette dernière, venue tout droit de la maternité où sa 13e petite-fille venait de naître, a tenu à remettre les pendules à l'heure, apportant de nouveau son soutien aux créatrices des mouvements #MeToo, #TimesUp mais également #5050x2020 (prononcez "50-50 by 2020" soit "50-50 d'ici 2020"). Ce collectif créé et constitué par des personnalités telles que Rebecca Zlotowski, Justine Triet, Bertrand Bonello, Toni Marshall, Marie-Ange Luciani, Caroline Benjo, Adèle Haenel, Léa Seydoux, Pierre Deladomchamps a pour ambition de facilité l'égalité femmes-hommes dans le milieu du cinéma.

Le clou de cette table ronde étant bien évidemment la signature d'une charte par le Festival de Cannes ainsi que ses sections parallèles (Quinzaine des réalisateurs et Semaine de la critique). Cette charte vise à accélérer le processus de parité dans les festivals de cinéma, de la programmation à la sélection en passant par les jurys (sans pour autant avoir recours à de la discrimination positive). Thierry Frémaux, vivement critiqué pendant le débat, a annoncé que l'initiative allait être proposée à tous les festivals de cinéma internationaux. En outre, cette charte a pour but de "rendre transparente la liste des membres des comités de sélection et programmateurs" afin d'"écarter toute suspicion de manque de diversité et de parité".

Pour découvrir l'intégralité de cette table ronde, rendez-vous ici.

Venise 2017: les jurys au complet

Posté par vincy, le 24 juillet 2017

La 74e Mostra de Venise (30 août - 9 septembre) révèlera sa sélection jeudi. En attendant, le Festival a dévoilé l'intégralité de ses quatre jurys.

Compétition officielle
Présidente: Annette Bening
Michel Franco (réalisateur, Mexique), Edgar Wright (réalisateur, Royaume Uni), Ildikó Enyedi (réalisatrice, Hongrie), Yonfan (réalisateur, Taïwan), Rebecca Hall (actrice, Royaume Uni), Anna Mouglalis (actrice, France), Jasmine Trinca (actrice, Italie), David Stratton (critique, Australie).

Section Orrizonti
Président: Gianni Amelio
Rakhshan Banietemad (réalisateur, Iran), Ami Canaan Mann (réalisatrice, Etats-Unis), Mark Cousins (réalisateur, Irlande), Fien Troch (réalisatrice, Belgique), Rebecca Zlotowski (réalisatrice, France), Andres Duprat (scénariste, Argentine).

Lion du future (Prix Luigi De Laurentiis)
Président: Benoît Jacquot
Geoff Andrew (auteur, enseignant, Royaume Uni), Albert Lee (producteur, Hong Kong), Greta Scarano (actrice, Italie), Yorgos Zois (réalisateur, Grèce)

Venice Virtual Reality
Président: John Landis
Céline Sciamma (actrice, France), Ricky Tognazzi (réalisateur, Italie)

Venise 2016: Sorrentino, Zlotowski, Falardeau, Jacquot, Loznitsa et Fuqua hors compétition

Posté par vincy, le 28 juillet 2016

La 73e édition du Festival de Venise, du 31 août au 10 septembre, a dévoilé sa sélection officielle, et donc les films hors-compétition et en séances spéciales. Au canadien Villeneuve en compétition, on peut ajouter la présence de son compatriote Philippe Falardeau (actuellement à l'affiche avec Guibord s'en va-t-en guerre), lui aussi avec un film américain, quelques blockbusters hollywoodiens, dont le remake des Sept mercenaires qui fera aussi l'ouverture du Festival de Toronto. Le dernier film de Benoît Jacquot, adaptation d'un roman de Don DeLillo, côtoie, en séances spéciales cette fois Planétarium de Rebecca Zlotowski, boudé par les sélections cannoises. Lily Rose-Depp et Natalie Portman devraient faire sensation. L'Asie reprend quelques couleurs avec un thriller sud-coréen attendu et un manga japonais. le plus surprenant reste l'avant-première de la série TV pour HBO The Young Pope, réalisée par Paolo Sorrentino.

Séances spéciales :

The Young Pope (épisode 1 et 2) de Paolo Sorrentino
Planetarium de Rebecca Zlotowski  Séance spéciale

Fictions :

The Bleeder de Philippe Falardeau
The Magnificent Seven d’Antoine Fuqua
Hacksaw Ridge de Mel Gibson
The Journey de Nick Hamm
A jamais de Benoît Jacquot
Gantz :O de Yasushi Kawamura (Japon) film d’animation
Miljeong (The Age of Shadows) de Jee woon Kim
Monte d’Amir Naderi
Tommaso de Kim Rossi Stuart

Documentaires :

Our War de Bruno Chiaravalloti, Claudio Jampaglia, Benedetta Argentieri
I called him Morgan de Kasper Collin
One more time with feeling (3D) de Nick Cave
Austerlitz de Sergei Loznitsa
Assalto al cielo de Francesco Munzi
Safari d'Ulrich Seidl
American Anrchist de Charlie Siskel

Premières images de Docteur Strange avec Benedict Cumberwatch et de Planetarium avec Natalie Portman

Posté par cynthia, le 5 janvier 2016

benedict cumberbatch docteur strange

Cette semaine le magazine américain Entertainment Weekly a révélé les premières images de la prochaine production des studios Marvel, Docteur Strange. C'est un classe, badass et limite sexy Benedict Cumberbatch qui joue de ses mains dans le célèbre costume du super-héro.

Si le très attendu Captain America Civil War est la figure de proue de l'année pour le studio, il ne faut pas oublier que Docteur Strange sort également sur nos écrans en 2016. Le tournage a déjà commencé au Népal et les premières images de Benedict Cumberbatch dans le costume du héros sont convaincantes. Le film a aussi recruté Chiwetel Ejiofor, Rachel McAdams, Tilda Swinston et Mads Mikkelsen.

Docteur Strange suit l'histoire d'un neurochirurgien qui, a la suite d'un accident, découvre le monde caché de la magie noire et des dimensions alternatives. Sortie en Octobre 2016...

natalie portman planetariumNatalie Portman vient d'achever le tournage du film Planetarium aux côtés de Lily-Rose Depp. L'actrice oscarisée pour Black Swan en 2011 et qui sera bientôt à l'affiche de Jane Got a Gun, vient tout juste de terminer le tournage en France du nouveau film de Rebecca Zlotowski (Grand Central, Belle Épine).

Elle y incarne le rôle de Laura, adepte de spiritisme qui, accompagnée de sa petite sœur, fait la connaissance d'un producteur français controversé. 22 ans après Leon de Luc Besson, Natalie Portman revient montrer son talent d'actrice face à une caméra française. On espère voir le film au prochain Festival de Cannes.

Cannes 2015 – Les télex du marché: Natalie Portman en France, Bardem & Cruz, Béjo & Bellocchio, Firth & Law et La Mouette

Posté par vincy, le 14 mai 2015

marché du film - cannes

- Natalie Portman profite de sa venue au Festival de Cannes pour annoncer ses projets. La réalisatrice et actrice de A Tale of Love and Darkness (Hors compétition) tournera de nouveau en France, 21 ans après Léon plus précisément chez Rebecca Zlotowski (Belle Epine, Grand Central). Pour son prochain film, Planetarium, la cinéaste a aussi enrôlé Lily-Rose Depp, la fille de Vanessa Paradis et Johnny Depp. Drame se déroulant dans les années 30, le récit suit deux sœurs qui semblent posséder une capacité surnaturelle à entrer en contact avec des fantômes et croisent le chemin d'un producteur de films.

- Outre le prochain Besson, Valérian, EuropaCorp a annoncé un film sur Pablo Escobar, avec le duo espagnol, et couple à la ville, Javier Bardem et Penelope Cruz. Le biopic s'inspirera des Mémoires de Virginia Vallejo, non traduites en France, Amando a Pablo, odiando a Escobar. La journaliste avait notamment révélé avoir eu une relation avec le chef de cartel colombien dans les années 80, ce qui la conduisit à l'exil, après avoir du cesser son métier. Fernando Leon de Aranoa (a href="http://www.ecrannoir.fr/films/films.php?f=649">Les lundis au soleil devrait réaliser ce projet. Il est en sélection cette année à la Quinzaine des réalisateurs avec Perfect Day.

- Bérénice Béjo continue de tourner à l'étranger. Elle sera du prochain Marco Bellocchio, Fai bei sogni. Bellocchio vient de terminer L'ultimo vampiro? sans doute sélectionné à Venise cette année. Béjoy sera la compagne et le soutien moral d’un homme (Valerio Mastandrea) en lutte contre le traumatisme causé par la mort prématurée de sa mère quand il avait 9 ans. Il s'agit de l'adaptation du roman autobiographique du journaliste italien Massimo Gramellini, Fais de beaux rêves, mon enfant, paru en 2013 en France. Le tournage vient de commencer.

- Lionsgate a réalisé une des grosses acquisitions du marché en achetant les droits de distribution de Genius, pour un peu moins de 4M$. Ce drame en milieu littéraire oppose l'éditeur de F. Scott Fitzgerald et Ernest Hemingway, Max Perkins, au romancier Thomas Wolfe. Le premier sera incarné par Colin Firth et le second par Jude Law. Au casting on retrouvera aussi Laura Linney, Nicole Kidman (qui a déjà joué avec les deux comédiens), Guy Pearce (en Fitzgerald) et Dominic West (en Hemingway).

- La Mouette, le classique de Tchekhov maintes fois adapté au cinéma, va être de nouveau transposer sur grand écran, avec Saoirse Ronan, Annette Bening et Corey Stoll en vedettes. Le film sera réalisé par le metteur en scène de Boradway Michael Mayer et scénarisé par le dramaturge Stephen Karam.

Cannes 2015: les jurys d’Un certain regard et de la Cinéfondation / Courts-métrages dévoilés

Posté par vincy, le 7 mai 2015

On n'en connaissait que leurs présidents. A six jours de l'ouverture, le 68e Festival de Cannes a complété ses deux derniers jurys.

Présidé par Isabella Rossellini, le jury d'Un certain regard est composé de la réalisatrice saoudienne Haifaa Al-Mansour, de l'actrice et réalisatrice libanaise Nadine Labaki, du cinéaste grec Panos H. Koutras et du comédien français Tahar Rahim. Ils auront à départager 19 films avant de décerner leurs prix le 23 mai.

Présidé par Abderrahmane Sissako, le jury de la Cinéfondation et des courts métrages réunit la cinéaste libanaise Joana Hadjithomas, la cinéaste française Rebecca Zlotowski, l'actrice belge Cécile de France et le comédien polonais Daniel Olbrychski. 18 films d'étudiants d'écoles de cinéma sont présentés dans la sélection Cinéfondation, dont le palmarès sera connu le 22 mais. 9 courts métrages sont en compétition: la Palme d'or du court métrage sera remise le 24 mai.

Festival Lumière – Jour 2 : le mélange des genres

Posté par Morgane, le 15 octobre 2014

Le Festival Lumière donne la possibilité de faire de véritables grands écarts cinématographiques en un seul jour. On peut entamer sa journée aux côtés de Capra pour commencer avec entrain, changer de rythme avec Sautet, (re)découvrir Kotcheff et enfin respirer une bouffée de nostalgie avec Reitman et ses héros de Ghostbusters.

C'est aussi un peu ça la magie du Festival Lumière. Tous les genres se côtoyant, le Cinéma avec un grand C est à l'honneur et chaque séance (ou presque) est présentée par un talent du 7ème Art qui n'est là que pour une seule et même raison: faire partager sa passion.

Ghostbuster "ressemble à un film d'Alain Resnais"

C'est Rachid Bouchareb qui présente La Vie est belle de Frank Capra devant une salle comble! "J'ai vu ce film sept ou huit fois et je pleure à chaque fois à la fin." Il définit Frank Capra comme un réalisateur engagé, politique, qui souhaite nous faire réfléchir à travers des films empreints de tendresse, de partage et de solidarité. Il est le cinéaste de la bouteille à moitié pleine et La vie est belle est un exemple qui illustre très bien cela.

Capra fait preuve ici d'un optimisme à toute épreuve montrant sa foi en l'humanité malgré certains déboires successifs que subit George Bailey. C'est aussi un film rempli d'humour, dans les dialogues comme dans les situations (le trio Dieu, Joseph et Clarence qui espère gagner ses ailes d'ange en venant en aide à George). C'est, comme le dit Rachid Bouchareb, "un merveilleux conte" qui n'a pas eu le succès escompté à sa sortie en 1946 mais qui a connu par la suite un véritable succès télévisé où il est rediffusé depuis chaque année à Noël.

jean hugues angladePour Nelly et Monsieur Arnaud, c'est Jean-Hugues Anglade qui vient en discuter. "Les films de Claude Sautet ont été pour moi une véritable révélation dans les années 70. Et j'ai eu la chance de faire partie de l'aventure pour son dernier film" dans lequel il incarne Vincent Granec, l'éditeur auquel s'adresse Monsieur Arnaud pour publier son livre et qui succombera aux charmes de la ravissante Nelly. Jean-Hugues Anglade nous parle de l'incroyable intransigeance de Sautet, de son goût du détail, de son envie de perfection jusque dans l'harmonie entre la couleur de la cravate et le papier peint dans une scène.

Avec ce film, Claude Sautet suit tout en douceur ce couple particulier que forment Michel Serrault et Emmanuelle Béart en qui il retrouve son idéal féminin qu'il avait perdu à la mort de Romy Schneider.

Changement de décor direction le Canada avec Ted Kotcheff toujours présent pour dire quelques mots aujourd'hui sur L'apprentissage de Duddy Kravitz (Ours d'or à Berlin en 1974). Et tout comme la veille pour Wake in fright, ce dernier ne manque pas d'anecdotes. La genèse de ce film remonte donc à 1957 lorsqu'il vient vivre dans le sud de la France où il rencontre Mordecai Richler qui deviendra par la suite un grand romancier canadien. Selon eux, à la façon d'Hemingway, ils se devaient de venir en Europe en laissant l'Amérique derrière eux afin de pouvoir vivre leur art.

En 1959, Mordecai Richler rédige L'apprentissage de Duddy Kravitz et "je lui ai dit que j'en ferai un grand film". Ted Krocheff cherche alors des financements durant plusieurs années mais en vain. Un producteur est enfin intéressé mais veut de Duddy Kravitz soit grec et non juif. Hors de question! Un autre était également sur les rangs mais l'histoire devait se dérouler à Pittsburgh et non à Montréal. No way! Il aura donc fallu attendre 14 ans avant que Ted Kotcheff puisse réaliser ce film sans dénaturer le livre de son ami grâce à la création d'un fonds de développement du film canadien.

On est ici assez loin de Wake in fright mais on a toujours ce rythme, cette vitesse tant chez le personnage que dans la réalisation. Cela donne au film un rythme incroyable, une urgence palpable chez Duddy Kravitz (qui la ressent physiquement), cette impatience, ce besoin d'avancer vite, très vite dans le monde, de devenir adulte avant l'heure quitte à griller quelques étapes et à s'en mordre les doigts…

On fait ensuite un bon de 10 ans en avant pour finir la journée sur un air de nostalgie avec Ghostbusters (1984). 30 ans tout juste et le film fait toujours son petit effet! Certes les effets spéciaux paraissent bien démodés, mais ils nous rappellent tout de même que pour l'époque, ils étaient plutôt bien réussis…

C'est Rebecca Zlotowski qui nous le présente avec cette réelle envie de choisir un film populaire, un film de série B mêlant comédie romantique (Bill Murray superbe en incorrigible dragueur) et science-fiction. Parabole d'un capitalisme qui est en train de disparaître, elle trouve très intéressant de le revoir aujourd'hui avec un autre regard et surtout dans le contexte actuel. Elle trouve même qu'étrangement il "ressemble à un film d'Alain Resnais".

Une journée faite de tours et de détours cinématographiques nous rappellent que le 7ème Art, c'est avant tout de nombreux regards et tout autant de manières de les mettre en histoires et en images.

Cannes 2014 : Rebecca Zlotowski, double présidente pour la Semaine de la Critique

Posté par MpM, le 15 avril 2014

RebeccaZlotowskiLa réalisatrice française Rebecca Zlotowski a déjà une belle histoire avec le Festival de Cannes : révélée par la Semaine de la Critique en 2010 avec son premier long métrage Belle épine (qui remporte le prix du Syndicat français de la Critique du meilleur premier film), puis sélectionnée en section Un Certain regard en 2013 avec Grand Central, elle reviendra cette année sur la croisette en tant que présidente.

Et pas n'importe laquelle : la double présidente de deux jurys "tournés vers l’avenir" chargés de juger les courts et les longs métrages en compétition dans cette 53e Semaine de la critique.

Le jury découverte Sony CineAlta, également composé de Tine Fischer (directrice de CPH:DOX au Danemark), Abi Sakamoto (responsable cinéma de l’Institut français du Japon), Benny Drechsel (producteur pour Rohfilm en Allemagne) et Pablo Giorgelli (réalisateur argentin), distinguera l'un des dix courts métrages sélectionnés.

Le jury révélation France 4 réunira quatre jeunes talents critiques venus du monde entier (Louise Riousse pour la France, Sergio Huidobro pour le Mexique, Andrei Rus pour la Roumanie et Guido Segal pour l'Argentine). Il sera chargé de récompenser le meilleur long métrage de la compétition.

Sans mauvais esprit aucun, on ne peut s'empêcher de remarquer qu'il s'agit de la troisième réalisatrice (après Jane Campion et Andrea Arnold) à être appelée à des fonctions de présidente pour cette édition 2014 du Festival de Cannes. Le début d'une nouvelle ère ?