Venise 2017: Guillermo del Toro sacré, Charlotte Rampling couronnée, Xavier Legrand révélé

Posté par vincy, le 9 septembre 2017

La 74e Mostra de Venise (vous pouvez retrouver ici notre suivi quotidien) s'est achevée ce samedi 9 septembre avec une succession de palmarès des diverses sections, dont celui du jury de la compétition présidé par Annette Bening.

On félicitera le jury d'avoir sacré enfin un cinéaste comme Guillermo del Toro pour sa fresque The Shape of Water. L'immense cinéaste mexicain, entre grand récit classique et film de genre, est enfin récompensé par l'une des plus prestigieuses récompenses du 7e art. Il a dédié son prix à l'ensemble des jeunes cinéastes mexicains. "Je crois en la vie, je crois en l'amour et je crois en cinéma" a-t-il conclu lors de son discours de remerciement.

Ours d'argent de la meilleure actrice en 2015 et nommée pour l'Oscar de la meilleure actrice en 2016, Charlotte Rampling (Hannah d'Andrea Pallaoro) remporte le deuxième grand prix de sa carrière, confirmant le respect pour ses choix et leur audace.

Le cinéma américain a tout raflé ou presque, en réalité virtuelle. Archi dominant dans la compétition, il repart presque bredouille pour le reste. Face à Matt Damon et Ethan Hawke, larges favoris, c'est le palestinien Kamel El Basha qui a remporté le prix du meilleur acteur. Three Billboards Outside Ebbing, Missouri, lui aussi en haut de la liste pour le Lion d'or, a du se contenter du prix du scénario.

Le Grand prix du jury a distingué Foxtrot de l'israélien Samuel Maoz, Lion d'or à la Mostra de Venise en 2009 pour Lebanon.

Notons enfin la jolie performance du cinéma français. L'acteur Xavier Legrand a ainsi remporté le prix du meilleur premier film avec Jusqu'à la garde (avec avec Léa Drucker et Denis Ménochet) ET le prix de la mise en scène en compétition. Un double aussi rare qu'exceptionnel pour une première œuvre. Au second prix, il en a pleuré - franchement bouleversant -, remerciant le jury de Bening pour ce "cadeau". Sélectionné aussi à Toronto et San Sebastian, il sortira le 7 février 2018 chez Haut et court.

Dans la section Orizzonti, trois prix ont été décernés à des films français. Parmi les prix remis en marge du festival, on distinguera les trois prix pour M, premier film de l'actrice Sara Forestier et le Queer Lion pour Marvin d'Anne Fontaine.

Compétition
Lion d'or: The Shape Of Water de Guillermo Del Toro
Grand prix du jury: Foxtrot de Samuel Maoz
Prix de la mise en scène: Xavier Legrand pour Jusqu'à la garde
Prix spécial du jury: Sweet Country de Warwick Thornton
Coupe Volpi de la meilleure actrice: Charlotte Rampling pour Hannah d'Andrea Pallaoro
Coupe Volpi du meilleur acteur: Kamel El Basha pour L’Insulte de Ziad Doueiri
Prix Marcello Mastroianni du meilleur espoir: Charlie Plummer (Lean on Pete)
Prix du scénario: Three Billboards Outside Ebbing, Missouri de et écrit par Martin McDonagh

Lion du futur, Prix Luigi de Laurentiis (meilleur premier film): Jusqu'à la garde de Xavier Legrand

Section Orizzonti
Meilleur film: Nico, 1988 de Susanna Nicchiarelli
Meilleur réalisateur: No Date, No Signature (Bedoone Tarikh, Bedoone Emza) de Vahid Jalilvand
Prix spécial du jury: Caniba de Lucian Castaing-Taylor & Verena Paravel
Prix spécial du meilleur acteur: Navid Mohammadzadeh pour No Date, No Signature (Bedoone Tarikh, Bedoone Emza)
Prix spécial de la meilleure actrice: Lyna Koudry pour Les bienheureux
Meilleur scénario: Los versos del olvido d'Alireza Khatami
Meilleur court métrage: Gros chagrin de Céline Devaux

Autres prix de la sélection officielle
Meilleur court métrage:
Meilleur documentaire sur le cinéma (Classici): The Prince and the Dybbuk de Piotr Rosolowski et Elwira Niewiera
Meilleur film restauré (Classici): Requiem pour un massacre d'Elem Klimov
Lion d'or pour l'ensemble de la carrière: Robert Redford, Jane Fonda
Prix Jaeger-Lecoultre pour un cinéaste: Stephen Frears, prix spécial pour Catherine Deneuve

Réalité virtuelle
Meilleur film en réalité virtuelle: Arden's Wake (Expanded) de Eugene Yk Chung
Meilleure expérience en réalité virtuelle: La camera insabbiata de Laurie Anderson et Hsin-chien Huang
Meilleur histoire en réalité virtuelle: Bloodless de Gina Kim

Autres prix
Prix Fipresci (critique internationale) - compétition : Ex Libirs- The New York Public Library de Frederick Wiseman
Prix Fipresci - premier film: Los versos del olvido d'Alireza Khatami

Prix Future Film Festival Digital: The Shape of Water de Guillermo del Toro
Mention spéciale: Gatta Cenerentola de A. Rak, I. Cappiello, M. Guarnieri et D. Sansone

Semaine de la Critique: Tout le palmarès

Prix de la Fédération des critiques de film d'Europe et de Méditerranée:
Film: Eye on Juliet de Kim Nguyen
Nouveau cinéaste: Sara Forestier pour M
Acteur: Redouanne Harjanne pour M

Venice Days Award:
GdA Director's Award: Candelaria de Jhonny Hendrix Hinestroza.
Label Europa Cinema: M de Sara Forestier
Prix du public: Ga'agua (Longing) de Savi Gabizon

Prix Mouse d’Oro - compétition: Mektoub my love (chant 1) d'Abdellatif Kechiche
Prix Mouse d’Argento – hors competition: Gatta Cenerentola de A. Rak, I. Cappiello, M. Guarnieri et D. Sansone

Prix Unesco: Human Flow d'Ai Weiwei

Queer Lion Award: Marvin d'Anne Fontaine

SIGNIS Award: La villa de Robert Guédiguian
Mention spéciale : Foxtrot de Samuel Maoz

Prix de la meilleure musique de film: Alexandre Desplat pour The Shape of Water
Prix spécial pour Ammore e Malavita des frères Manetti.
Prix pour l'ensemble de sa carrière à Andrea Guerra

Cannes fiction: Jean Gabin, Marlène Dietrich et Humphrey Bogart montent les marches…

Posté par vincy, le 20 mai 2017

2027. Le film d'ouverture est une copie restaurée et numérisée de La grande illusion, sorti 90 ans plus tôt. Le classique de Jean Renoir, l'un des films préféré s de la critique mondiale depuis un siècle, a enfin l'honneur des marches. L'hologramme de Jean Gabin et derrière lui ceux de Renoir, Pierre Fresnay, Erich von Stroheim, apparaissent sur le tapis rouge. C'est la première fois que la technologie est utilisée pour le protocole sacré des marches cannoises.Après tout la technique est rodée depuis plus de dix ans, entre concerts de chanteurs défunts, hommes d'affaires ne se déplaçant plus ou élus politiques voulant se démultiplier. L'année précédente, Woody Allen, incapable de se déplacer, avait du se résoudre à être "hologrammé" pour faire sa conférence de presse pour son soixantième film.

Le Festival a décidé de rendre hommage cette année-là à Marlène Dietrich, décédée il y a 35 ans. L'affiche en réalité augmentée au fronton du Palais, l'expose aux yeux de tous, dansant dans L'Ange bleue. Son amitié avec Gabin était légendaire. Logique que son hologramme monte lui aussi les marches en ce mercredi 19 mai. Et on attend Humphrey Bogart, qui viendra présenter Casablanca et Grand sommeil, sortis il y a 80 ans, dans le cadre de Cannes Classics.

Un an après le premier prix d'interprétation féminine à un robot-androïde de conception japonaise, la merveilleuse Tara, le Festival de Cannes entre définitivement dans le XXIe siècle. On revient de loin, quand le jury de 2021 avait récompensé un comédien inconnu qui n'apparaissait que sous la forme d'un monstre sensible créé en images de synthèse. La polémique avait tourné au scandale, et le Festival avait failli devoir changer son règlement, en discriminant toute interprétation numérique. La même année, un film en réalité virtuelle avait emporté la Palme d'or. Cela faisait trop de changements pour les vieux festivaliers nostalgiques du 35MM.

Las, avec Tara, tout le monde a capitulé. Sa capacité à bouleverser les spectateurs a surpris les plus blasés. L'androïde semblait très réelle. Elle avait monté gracieusement les marches, sans se prendre les pieds dans sa longue robe. A la conférence de presse, elle distribuait les sourires et savait répondre aux questions en dix sept langues.

Le surgissement des acteurs du passé et des humanoïdes robotisés n'a finalement conduit à aucun changement de règles. Et qui sait, cette année, peut-être que Leslie Cheung, dont on recomposé l'acteur en images numériques dans le nouveau film de Wong Kar-wai, sera primé par le jury à la fin de ce festival...

Cannes 2017: « Carne y Arena », ovni en réalité virtuelle sur la Croisette

Posté par vincy, le 14 avril 2017

Annoncé hier dans le cadre des événements du 70e anniversaire du Festival de Cannes, Carne Y Arena (Virtually Present, Physically invisible), le nouveau film d'Alejandro G. Inarritu est le premier film en réalité virtuelle en sélection officielle du Festival. Le film sera ensuite présenté à la nouvelle Fondazione Prada de Milan à partir de juin avant de faire un tour de musées dans le monde l'année prochaine.

Le dossier de presse indique qu'il s'agit d'une exploration de la condition humaine, des migrants et des réfugies, une installation conceptuelle en réalité virtuelle et une occupation inédite d'un vaste espace visuel original.

Historiquement, c'est de facto le tout premier programme de réalité virtuelle présenté en Sélection officielle du Festival. Le fait qu'il soit signé par un réalisateur oscarisé (deux Oscars du meilleur réalisateur, un Oscar du meilleur film, un Oscar du meilleur scénario original) et également primé à Cannes (prix de la mise en scène pour Babel, Grand prix de la semaine de la critique pour Amores Perros) légitime en soi ce choix. D'autant que la photographie est assurée par le triple-oscarisé Emmanuel Lubezki (et indirectement palmé grâce à son travail avec Terrence Malik pour The Tree of Life ­L’Arbre de vie).

La condition humaine

Produite et financée par Legendary Entertainment et la Fondazione Prada, cette installation en réalité virtuelle est à la fois expérimentale et visuelle. "À partir de faits bien réels, les lignes qui semblent habituellement séparer le sujet observé de son observateur se trouvent ici brouillées quand chacun est invité à se déplacer à l’intérieur d’un vaste espace, en suivant des réfugiés et en en vivant intensément une partie de leur périple" explique le dossier. Ce qui n'éclaire pas vraiment et attise la curiosité. On sait juste que le film utilise la technologie virtuelle "pour créer un espace infini de narrations multiples peuplé de personnages réels."

Cela ne dure que six minutes trente. Même s'il a fallu quatre ans pour le faire. Cet "ovni" cinématographique est cependant (avant tout?) politique dans le contexte actuel (on le rappelle: le POTUS Donald Trump souhaite construire un mur entre les Etats-Unis et le Mexique). "J’ai eu la chance de rencontrer et d’interviewer de nombreux réfugiés arrivant du Mexique et d’Amérique centrale. Ce qu’ils me racontaient de leur vie continuait à m’obséder, je leur ai donc proposé de collaborer à mon projet", confie le cinéaste. "Je souhaitais pouvoir utiliser la réalité virtuelle pour explorer la condition humaine tout en m’affranchissant de la dictature du cadre ­à l’intérieur duquel on ne peut être que simple observateur ­ pour prendre possession de la totalité de l’espace dans lequel je propose au visiteur de vivre l’expérience réelle des migrants, en marchant avec eux, en pénétrant sous leur peau et au plus profond de leur cœur" précise-t-il.

Transition et transformation

Selon Germano Celant, responsable des Arts et des Sciences au sein de la Fondazione Prada, "C’est une véritable révolution dans la façon de communiquer : quand, au cinéma, voir se transforme en ressentir, l’engagement physique est total. Il s’agit bien là d’une transition, d’un passage de l’écran au regard de l’homme dont tous les sens se trouvent alors sollicités."

Fusion des identités, dualité entre organique et artificiel, rapport vision/expérience: les éléments de langage n'aident pas forcément à comprendre ce projet qui sera, à coup sûr, pris d'assaut par les journalistes durant le Festival. Un espace sera dédié et Thierry Frémaux a promis que la presse serait un public privilégié pour vivre cette expérience.

Peu importe si le résultat apparaît comme un gadget aux yeux des critiques: le Festival de Cannes ne voulait pas manquer le train. L'an dernier, Michel Reilhac avait présenté "Viens!" à Sundance. Venise a annoncé il y a quelques semaines que la VR aurait sa compétition, en plus d'avoir déjà installé l'an dernier un atelier permettant de financer des projets (lire notre article du 29 mars. Les salles de cinéma commencent à s'en équiper (notamment MK2 et la Géode à Paris). Après la révolution numérique, le retour de la 3D, l'émergence de la 4D, le cinéma continue d'avancer pour rendre le spectacle encore plus immersif. A défaut de nouveau langage, il s'aventure là où la technologie l'emmène: vers un horizon mystérieux, où l'Homme, curieux, tâte le terrain, avec un casque.

Cannes 2017: les films hors-compétition et en séances spéciales

Posté par vincy, le 13 avril 2017

Hors-compétition
Ouverture du festival: Les fantômes d'Ismael d'Arnaud Desplechin
Mugen Non Junin (Blade of the Immortal) de Takashi Miike
How to Talk to Girls at Parties de John Cameron Mitchell
Visages, Villages de Agnès Varda et JR

Séances spéciales
An inconvenient sequel (Une suite qui dérange) de Bonni Cohen et Jon Shenk
12 jours de Raymond Depardon
They de Anahita Ghazvinizadeh (premier film)
Claire's Camera de Hong Sangsoo
Promised Land d'Eugene Jarecki
Napalm de Claude Lanzmann
Demons in Paradise de Jude Ratman (premier film)
Sea Sorrow (Une mer de larmes) de Vanessa Redgrave

Séances de minuit
Ak-Nyeo (The Villainess) de Jung Buyng-Gil
Bulhandang (The Merciless) de Byun Sung-Hyun
Prayer before Dawn de Jean-Stéphane Sauvaire

Autres films

Réalité virtuelle
Carne y Arena d'Alejandro G. Inarritu

Evénements 70e anniversaire
Top of the Lake, deuxième saison de Jane Campion (série TV)
Twin Peaks, deux épisodes, de David Lynch (série TV)
24 Frames d'Abbas Kiarostami (film posthume)
Come swim de Kristen Stewart (court métrage)

les films en compétition
les films à Un certain regard

Le Festival de Venise succombe à la Réalité virtuelle

Posté par vincy, le 29 mars 2017

La Mostra de Venise ne veut pas avoir l'air d'être ringarde: elle va lancer une section compétitive dédiée aux films en Réalité virtuelle, alors que la création dans le domaine reste émergente.

La section de Venice Virtual Reality comprendra un maximum de 18 films. Si les grands festivals ont accueilli diverses expérimentations ou présentations sur ce sujet, c'est la première fois que la VR se fait une telle place sous les spotlights. Trois prix seront décernés par un jury (meilleur film, grand prix du jury, prix de la créativité).

Il y a cependant une certaine logique à ce que Venise soit initiateur dans ce format. L'an dernier, le festival avait accueilli une démonstration dans une salle dédiée à la VR et avait projeté un film en Réalité virtuelle. En janvier, la Biennale de Venise a lancé sa première édition du Laboratoire de Réalité Virtuelle (aka le Biennale College Cinema – Virtual Reality), qui suit un projet de son développement à sa distribution. 9 projets avaient été sélectionnés dont deux français: Dilemma de Camille Duvelleroy et Laurent Duret et The Little Black Pawn de Quentin de Cagny et François Bouille. Deux de ces neuf projets recevront une aide à la production de 30000€ chacun et seront présentés, aux côtés des films en compétition, dans le VR Theatre, au premier étage du Palazzo del Casinò,

Le cinéma s’invite dans la Nuit des idées

Posté par vincy, le 26 janvier 2017

Pour la 2e Nuit des Idées, qui se déroule ce soir en France et dans 40 pays , le cinéma s'invite dans cet événement festif et philosophique. De Tokyo (pour l'ouverture) à Los Angeles (pour la clôture), les débats auront pour thème "Un monde commun". Initiée par l’Institut Français, ce sont plus de 70 événements qui auront lieu.

Unifrance et MK2 proposeront ainsi une Nuit des Nouvelles Images pour débattre du futur du cinéma. À 18h, au mk2 Bibliothèque (Paris), on y discutera de l’émergence de nouvelles images et de nouveaux modes de diffusion, à l’heure où mk2 ouvre une nouvelle salle consacrée à la Réalité virtuelle et où UniFrance organise la 7e édition de son festival en ligne MyFrenchFilmFestival. Cette soirée se déroulera en présence des cinéastes Rebecca Zlotowski et Clément Cogitore, du DG de mk2 Agency Elisha Karmitz et du commissaire de l'exposition à la Cinémathèque française Laurent Mannoni. Le public sera invité à intéragir avec les intervenants sur Twitter avec le hashtag #NDNI. l'éntre est libre et le débat sera retransmis sur Facebook Live.

Au Forum des Images, l'écrivain et scénariste Jean-Claude Carrière, le photographe Vasantha Yogananthan, l'ethnoscénologue Amiane Béranger et la conteuse et danseuse Nathalie Le Boucher évoqueront  "Ramayana et Mahabharata : a persistance des mythes au coeur de la culture indienne", deux grands textes indiens sacrés. La soirée est accompagnée de la projection Gita Govinda du réalisateur expérimental Amit Dutta, transposition cinématographique du poème hindou (2014), présentée à Cinéma du réel en 2015.

A Nantes, au Lieu unique, dans le cadre de la programmation Doc a LU - focus  sur le cinéma allemand, sera projeté le film de Philip Scheffner, Révision (2012), qui rouvre une sordide affaire de l'été 1992 où deux roumains ont été retrouvés morts à la frontière germano-polonaise. A travers ses films, le documentariste "met en œuvre une pensée politique qui opère une redistribution entre ce qui est manifeste et ce qui ne l’est pas".

La cinémathèque de Grenoble et le cinéma Le Dietrich à Poitiers participeront aussi à cette Nuit pas comme les autres.

A l'étranger, l’Institut National Audiovisuel polonais (NINA) à Varsovie projettera la projection du dernier film (en exclusivité en Pologne) d'Andrzej Wajda Les fleurs bleues (sortie en France le 22 février), le Cinéma Andorra à Helsinki diffusera le documentaire Human de Yann Arthus-Bertrand, en plus d'un débat en sa présenceet à Pinamar en Argentine, le vieil hôtel d'Ostende programmera des fictions et documentaires en continu en plus d'une séance de cinéma sur la plage.

MK2 reprend La Bastille et ouvre une salle pour la Réalité virtuelle

Posté par vincy, le 25 novembre 2016

Le Film Français révèle que le cinéma La Bastille, fermé depuis le 7 juillet 2016 à cause de loyers impayés par le propriétaire, Galeshka Moravioff, va être repris par MK2.

MK2 a signé le nouveau bail commercial de ce cinéma qui dispose de trois salles et de 469 fauteuils. MK2 a déjà un cinéma à Bastille (4 salles, 469 sièges). Comme pour Odéon / Hautefeuille, récemment réunis et rebaptisés Odéon côté Saint-Germain et Odéon côté Saint-Michel, ce nouvel ensemble sera renommé MK2 Bastille côté Boulevard Beaumarchais et MK2 Bastille côté Faubourg Saint-Antoine.

La Bastille étant désuète et ne correspondant pas aux standards de MK2, le cinéma ne rouvrira qu'après une complète rénovation. Le MK2 Bastille, côté Beaumarchais, vient tout juste d'être rénové. Au total, MK2 espère totaliser 400000 entrées dans le quartier, qui dispose du cinéma Majestic, de l'UGC Gare de Lyon pas très loin et du futur Etoile Voltaire, un peu plus loin.

Marseille out, la VR in

Cette évolution signe la fin du groupe de Galesha Moravioff, qui dispose encore du Saint-Lazare Pasquier et de deux cinémas à Marseille. Dans Le Film Français, Nathanaël Karmitz affirme ne pas être intéressé par la reprise de ces trois cinémas. Pour celui de Saint-Lazare, il est à peu près certain que l'établissement sera repris par un autre style de commerce. Pour Marseille, les cinémas César et Variétés auraient pu intéresser le groupe qui cherche depuis longtemps un implantation dans la métropole provençale. Le projet initial a été abandonné, comme l'a confirmé il y a une semaine Marin Karmitz, fondateur du groupe, notamment à cause de complications administratives et financières.

Cela n'empêche pas MK2 de se projeter. "Après deux ans de recherche et développement et d’échange avec les plus grands studios et spécialistes du marché, MK2 en partenariat avec BNP Paribas, annonce l’ouverture le 9 décembre prochain au mk2 Bibliothèque à Paris, du premier lieu dédié à la réalité virtuelle : mk2 VR" explique le communiqué du groupe. Unique au monde, mk2 VR s'annonce comme un nouveau concept de lieu de culture et de divertissement qui sera rythmé toute l’année par la programmation d’exclusivités et d’avant-premières. "Avec mk2 VR, nous devenons le premier exploitant de cinéma dans le monde à ouvrir un lieu dédié à la réalité virtuelle et nous sommes fiers de démarrer ce projet pionnier en France" déclare Elisha Karmitz, directeur général de mk2 Holding.

Presque vrai: la Géode a lancé une nouvelle offre en proposant depuis cette semaine "un parcours ambitieux et inédit d’expériences de réalité virtuelle, reposant sur des contenus variés et qualitatifs pour toujours plus d’émotions et de sensations." Un parcours d’une durée de 50 minutes , composé de trois ateliers consacrés au cinéma, au jeu vidéo et au salon du futur répartis sur plus de 100m2 au sein du vaste espace d'accueil de la Géode. "La Géode devient ainsi le premier lieu permanent à Paris à proposer au public toute la diversité des expériences et des programmes de divertissement permises par la VR" affirme de son côté l'entité de la Cité des Sciences et de l'Industrie.

Chine: MK2 s’associe avec Jia Zhangke

Posté par vincy, le 17 septembre 2016

MK2 met un pied en Chine. Le producteur et exploitant français a signé un partenariat avec Fabula Entertainment, la société du réalisateur Jia Zhangke.

Plus précisément, l'accord comprend la coproduction et le codéveloppement de films, la coproduction et le codéveloppement de contenus en réalité virtuelle et de lieux dédiés à la réalité virtuelle et à la réalité augmentée, ainsi que la promotion et la distribution de films asiatiques dans le monde et la distribution non exclusive de films du catalogue MK2 en Chine selon le communiqué de MK2.

Le groupe français soutiendra également Fabula Entertainment dans le développement d’Open village, un réseau de salles de cinéma récemment créé en Chine continentale, avec trois cinémas en projet à ce jour, à Shanghai, Pingyao et Taiyuan.

"Nous sommes très fiers de continuer notre collaboration avec Jia Zhangke à une plus grande échelle, et de participer activement au futur développement du cinéma chinois et à la promotion du meilleur du cinéma mondial en Chine", a déclaré le directeur général de MK2, Nathanaël Karmitz, qui ajoute: "Cette collaboration avec Jia Zhangke nous a paru naturelle. Notre relation a été établie il y a des années, quand mk2 a commencé à opérer les ventes internationales de ses films."

Les deux groupes collaboraient déjà depuis huit ans pour la vente internationale des films de Jia Zhangke (A Touch of Sin, Au-delà des montagnes).  "Je collabore avec mk2 depuis 24 City, il y a huit ans, en 2008", explique Jia Zhangke. "Maintenant, il y aura une collaboration plus large entre ma société Fabula et mk2, de la fabrication des films à la construction de salles de cinéma. Je suis convaincu que l’esprit de mk2 nous aidera à améliorer la qualité des films et des salles ici en Chine, et ainsi à partager les films les plus créatifs du monde avec les chinois. Ce projet est assez excitant parce que, à des lieues d’Hollywood, collaborer avec une société comme mk2 contribuera à coup sûr à préserver la diversité culturelle dans ce pays antique" explique le cinéaste chinois.

Le transmedia va se doter d’un institut

Posté par vincy, le 26 août 2016

Quelques années que le transmédia émerge. Tout comme la Réalité virtuelle, ce sera sans doute l'une des grosses révolutions à venir dans la narration ludique. La ville de Charleroi en Belgique va se doter d'un Institut transmédia, le R/O Institute, partenariat public-privé entre la société Média-Participations (plus gros éditeur de BD franco-belge avec Dargaud, Le Lombard et Dupuis et producteur de séries animées déclinées de son catalogue), la région wallone et des boîtes de prod audiovisuelles et multimédias.

L'Institut, qui sera situé dans un bâtiment relifté sur les quais, accueillera ses premiers projets au début 2017. Il s'agira de développer des contenus dans un domaine qui en manque cruellement. Les lunettes pour la Réalité Virtuelle sont performantes, mais il y a peu de projets pour les rendre utiles. Du scénario au marketing, du graphismes aux outils techniques, l'Institut veut offrir un espace où les créateurs peuvent se libérer des contraintes.

Un premier appel à projets avait été lancé à Cannes. Une première salve de 40 dossiers devraient être retenus avant qu'une dizaine d'entre eux soient sélectionnés pour la première session, dans un environnement où le plus gros défi est juridique (droit d'auteur, propriété intellectuelle).

Derrière ces bonnes intentions, le R/O Institute et le R/O Lab ont aussi vocation à développer des projets dérivés des héros de la BD franco-belge afin d'en faire des héros "transmédia".