Posté par MpM, le 20 janvier 2011
Le Festival de Berlin poursuit la mobilisation en faveur de Jafar Panahi. Après avoir invité le réalisateur iranien à faire partie du jury de son édition 2011, ce qui ne sera pas possible en raison de la condamnation qui le frappe, les organisateurs ont annoncé que la Berlinale 2011 préparait plusieurs actions de soutien.
Ainsi, les différentes sections du festival (Panorama, Forum, Génération...) ont chacune ajouté un film de Jafar Panahi à leur programmation. La première projection aura symboliquement lieu le 11 février, jour du 32e anniversaire de la révolution iranienne, et proposera aux festivaliers et au public de revoir Hors-jeu, ours d'argent 2006, dans le palais où a lieu la compétition officielle. D'autres projections suivront tout au long de la manifestation.
Une table ronde aura également lieu le 17 février sur le thème de la censure et de la restriction de la liberté d'expression en Iran. Plusieurs artistes iraniens seront présents, dont le réalisateur et acteur Rafi Pitts (The hunter) qui a lancé un appel à cesser le travail le 11 février prochain en soutien à ses collègues Jafar Panahi et Mohammad Rasoulof (voir actualité du 4 janvier).
Au moment où artistes et intellectuels du monde entier se mobilisent pour obtenir son acquittement, Jafar Panahi est en liberté surveillée. Il a fait appel du premier jugement qui le condamnait à six ans de prison et vingt ans d'interdiction de travailler, de s'exprimer dans la presse ou encore de voyager. Alors qu'il attend la décision finale des juges, il fait l'objet bien malgré lui d'une polémique entre le pouvoir exécutif (proche d'Ahmadinejad) et le pouvoir judiciaire, détenu par les ultra-conservateurs. Esfandiar Rahim Mashaie, le chef de cabinet du président iranien, a en effet déclaré que "le jugement contre [Jafar Panahi] a été prononcé par la justice, et le gouvernement et le président ne partagent pas cet avis." Ajoutant : "nous n'approuvons pas le fait que Jafar Panahi ne puisse pas travailler pour une longue période."
Esfandiar Rahim Mashaie, un proche d'Ahmadinejad, est considéré comme la "bête noire" des plus conservateurs du régime qui l'accusent régulièrement d'être trop libéral dans ses déclarations et de ne pas assez se conformer aux dogmes islamiques en matière de culture, religion ou libertés civiles. Les deux courants se sont ainsi opposés à plusieurs reprises ces derniers mois, ce qui donne une petite idée de l'ambiance qui règne dans les hautes sphères du pouvoir en Iran... tout en rappelant que la situation politique du pays est plus complexe qu'on veut parfois le croire. Quant à savoir si cette divergence d'opinion servira la cause de Jafar Panahi... difficile à dire, tant les deux camps semblent capables de se réconcilier sur son dos.
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Posté par Le Quotidien, le 4 janvier 2011
Le cinéaste iranien Raffi Pitts a lancé un appel à cesser le travail symboliquement entre 15h et 17h le 11 février prochain, en solidarité avec Jafar Panahi et Mohammad Rasoulof, condamnés à six ans de prison et vingt années d'interdiction de tourner ou de quitter le territoire iranien. Cet appel s'adresse aux réalisateurs et aux membres de l'industrie cinématographique "quelles que soient leur nationalité, frontières, religions ou convictions politiques".
Dans une lettre ouverte au président iranien Mahmoud Ahmadinejad, Rafi Pitts déclare : "En 1979, il y a eu une Révolution. Sa commémoration, le 32e anniversaire de notre révolution iranienne, se tiendra le 11 février 2011. Je vous rappelle ces faits car j’ai l’impression que vous en avez oublié les causes. Je me trompe peut-être, ou peut-être devriez-vous vous expliquer. Vous avez peut-être votre propre définition de notre révolution… Dans ce cas, je pense que vous devriez répondre à la question : Pourquoi avons-nous eu une révolution en 1979 ? Le temps est également venu de clarifier vos raisons pour l’éviction des cinéastes. Vos raisons pour vouloir sacrifier une vie, une carrière, au nom de la Révolution, ou peut-être ma question n’est-elle pas la bonne : ne s’agit-il pas tout simplement de votre réélection ?"
Le cinéaste iranien souligne également que ses deux confrères ont été condamnés pour une simple idée, celle d'un film qu'ils n'ont même pas eu le temps de faire : "Ils sont tous deux punis de s’être intéressés à leurs compatriotes. Punis d’avoir voulu comprendre les événements de juin 2009. Punis de s’être préoccupés des vies perdues dans les conflits issus des élections."
Il rappelle enfin que "les candidatures [de l'opposition] étaient validées par le régime. Les choix étaient clairs et parfaitement légaux. Jafar Panahi et Mohammad Rasoulof ont pris leur décision aux côtés de la majorité de notre industrie cinématographique. C’est devenu le Mouvement Vert. C’est un droit qui nous avait été donné."
Alors que l'on attend la décision en appel qui statuera sur le sort de Jafar Panahi et de Mohammad Rasoulof, de nombreuses voix se sont déjà élevées pour protester contre la persécution dont sont victimes les deux cinéastes. Le Festival de Berlin a réservé une place de membre du jury au réalisateur, place qui risque de rester vide, exactement comme lors du dernier festival de Cannes. Le festival des cinémas d'Asie de Vesoul a quant à lui décidé d'apporter son soutien à Jafar Panahi en lui consacrant sa soirée de clôture. On attend également des actions de la part du comité de soutien initié par Thierry Frémeaux dès l'annonce de la décision de justice. Chacun est invité à participer à cette grande vague de mobilisation en signant la pétition en ligne. Et pour cela, nul besoin d'attendre le 11 février...
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Posté par Claire Fayau, le 11 juin 2010
Avec Une journée à Téhéran, la Cinémathèque vous propose un voyage en Iran et plus précisément une journée à Téhéran. Le cinéma iranien, vivant et créatif, est souvent le reflet d'une actualité brûlante (voir nos articles sur les réalisateurs Panahi ou Ghobadi). Kiarostami, la famille Makhmalbaf, sont des réalisateurs internationalement connus. Une nouvelle vague de réalisateurs commencent à se faire remarquer.
La Cinémathèque nous propose une sélection de douze films (parmi lesquels Persépolis, Les Chats Persans ou encore le tout récent Téhéran ...). Mais l'événement sera incontestablement la rencontre entre l'avocate et prix Nobel de la paix Shirin Abadi et le scénariste Jean-Claude Carrière (qui fait une apparition dans Copie Conforme dAbbas Kiarostami).
Il ne faudra pas manquer la table ronde "le cinéma iranien aujourd'hui" en présence des réalisateurs Sou Abadi, Bahman Ghobadi, Nader T. Homayoun, Rafi Pitts et Marjane Satrapi.
Les enfants ne seront pas oubliés avec la projection du film Le Miroir de Jafar Panahi, et des ateliers.
Un déjeuner persan sur l'herbe et des animations musicales sont aussi prévues. Le 13 juin , ce sera l'occasion de (re)découvrir des œuvres d'art et d'en savoir un peu plus sur la culture iranienne. Et de célébrer l'Iran qu'on aime, celui qui aspire à la liberté en qui résiste à son régime illuminé par l'art, les manifestations et la communication.
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Tout le programme sur le site de la Cinémathèque française
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