Cannes 2017: la sélection de la Quinzaine des réalisateurs

Posté par vincy, le 20 avril 2017

Abel Ferrara, Bruno Dumont, Claire Denis (avec Juliette Binoche et Gérard Depardieu pour l'ouverture), Sharunas Batas, Philippe Garrel (again), Amos Gitai sont parmi les véétérans choisis pour faire briller la Quinzaine des réalisateurs, qui fait aussi la part belle aux premiers films ou aux cinéastes prometteurs comme Jonas Carpignano, Sean Baker (Tangerine) ou Carine Tardieu (Du vent dans mes mollets).

D'Indonésie à l'Europe méditerranéenne en passant par la Chine et quelques films venus de Sundance, Edouard Wainthrop a misé sur l'éclectisme. Au toal 19 longs métrages ont été retenus (un de plus que l'an dernier) pour cette 49e Quinzaine sur la Croisette.

Longs métrages

Film d'ouverture
Un beau soleil intérieur de Claire Denis

Film de clôture
Patti cake$ de Geremy Jasper - 1er film

Sélection
A Ciambra de Jonas Carpignano
Alive in France d'Abel Ferrara
Bushwick de Cary Murnion et Jonathan Milott
Cuori puri de Roberto De Paolis - 1er film
Frost de Sharunas Bartas
I Am Not a Witch de Nyoni Rungano - 1er film
Jeannette, l’enfance de Jeanne d’Arc de Bruno Dumont
L’amant d’un jour de Philippe Garrel
L’intrusa de Leonardo Di Costanzo
La defensa del dragón de Natalia Santa - 1er film
Nothingwood de Sonia Kronlund - 1er film
Marlina the Murderer in Four Acts de Surya Mouly
Mobile Homes de Vladimir de Fontenay
Ôtez-moi d’un doute de Carine Tardieu
The Florida Project de Sean Baker
The Rider de Chloé Zhao
West of the Jordan River (Field Diary Revisited) d'Amos Gitai

Courts métrages
Água mole de Laura Goncalves et Alexandra Ramires
Copa-loca de Christos Massalas
Crème de menthe de Philippe David Gagné & Jean-Marc E. Roy
Farpões, baldios de Marta Mateus
La bouche de Camilo Restrepo
Min börda de Niki Lindroth Von Bahr
Nada de Gabriel Martins
Retour à Genoa city de Benoît Grimalt
Tangente de Julie Jouve et Rida Belghiat
Tijuana tales de Jean-Charles Hue
Trešnje de Turi?  Dubravka

César 2017: Elle, Juste la fin du monde et Divines se partagent les prix

Posté par vincy, le 25 février 2017

La quinzaine des réalisateurs peut s'enorgueillir d'avoir réalisé un carton lors de cette (trop longue et pas très drôle) 42e Cérémonie des César: Divines (3 prix), Ma vie de courgette (deux César pour un film d'animation, du jamais vu), L'effet aquatique (avec un César posthume pour Solveig Anspach) ont raflé de nombreux prix, à chaque fois mérité dans chacune de leurs catégories. La sélection officielle cannoise n'est pas en reste avec notamment le César du meilleur film étranger pour la Palme d'or de Ken Loach. Le cinéaste britannique entre ainsi dans le club fermé des double-césarisés (et seulement la deuxième fois qu'une Palme d'or obtient en plus ce César).

Plus remarquable le doublé de Xavier Dolan - réalisation, montage - en son nom propre. C'est la première fois qu'un cinéaste québécois gagne le César du meilleur réalisateur et cela conforte son Grand prix du jury à Cannes, malgré une critique divisée sur le film. On y ajoute le César du meilleur acteur (enfin!) pour Gaspard Ulliel.

Autre non-surprise venue de Cannes: le deuxième César de la carrière d'Isabelle Huppert (possédant malgré tout un record en nominations), qui a étrangement improvisé son discours (elle ne s'y attendait pas?). Elle a triomphé avec le César du meilleur film.

Sinon, il y a eu des instants inspirés (notamment l'hommage à George Clooney, avec une traduction loufoque de Jean Dujardin et un discours évidemment très politique) et le sauvetage à minuit de Valérie Lemercier (de loin la plus drôle). Il y a eu des remerciements poignants (on pense à l'émotion de Déborah Lukumuena qui cite Annie Girardot) et d'autres plus coup de poing (François Ruffin). La soirée a pourtant été longue à décoller. Les rituels ont été bien respectés (un petit coup de La La Land avec Jérôme Commandeur, le MC, et Marthe Villallonga, un grand hommage à Michèle Morgan en conclusion des disparus de l'année).

Autre hommage attendu, celui pour Belmondo. Un hommage entre copains, pas très bien calibré pour la télévision. Mais au moins ce moment d'émotion, et le montage de ses plus grands films qui l'a précédé, a montré à quel point le comédien est une des plus grandes stars que le cinéma français ait compté.

Après minuit, c'était la fin, un peu accélérée alors que ce sont les plus grands instants attendus. Mais merci à l'Académie d'avoir choisi Pedro Almodovar pour remettre le César du meilleur film (mais pourquoi la musique de La La Land?!). Le cinéma français a montré qu'il ne savait toujours pas organisé une grande cérémonie, mais il a su démontrer qu'il était ouvert et diversifié. C'est déjà ça.

Meilleur film: Elle
Meilleur réalisateur: Xavier Dolan (Juste la fin du monde)

Meilleur film étranger: Moi, Daniel Blake
Meilleur premier film: Divines
Meilleur film d'animation (long métrage): Ma vie de courgette
Meilleur film d'animation (court métrage): Celui qui a deux âmes
Meilleur documentaire: Merci Patron!
Meilleur court-métrage (ex-aequo): Maman(s) ; Vers la tendresse

Meilleure actrice: Isabelle Huppert (Elle)
Meilleur acteur: Gaspard Ulliel (Juste la fin du monde)
Meilleur second-rôle féminin: Déborah Lukumuena (Divines)
Meilleur second-rôle masculin: James Thierrée (Chocolat)
Meilleur espoir féminin: Oulaya Amamra (Divines)
Meilleur espoir masculin: Niels Schneider (Diamant noir)

Meilleur scénario: Solveig Anspach, Jean-Luc Gaget (L'effet aquatique)
Meilleure adaptation: Céline Sciamma (Ma vie de Courgette), d'après le roman Autobiographie d'une courgette de Gilles Paris
Meilleure photo: Pascal Marti (Frantz)
Meilleure musique: Ibrahim Maalouf (Dans les forêts de Sibérie)
Meilleur montage: Xavier Dolan (Juste avant la fin du monde)
Meilleurs décors: Jérémie D. Lignol (Chocolat)
Meilleurs costumes: Anaïs Romand (La Danseuse)
Meilleur son: Marc Engels, Fred Demolder, Sylvain Réty, Jean-Paul Hurier (L'odyssée)

Le Carrosse d’or 2017 pour Werner Herzog

Posté par vincy, le 6 février 2017

Le cinéaste allemand Werner Herzog recevra le Carrosse d'or 2017 a annoncé la Société des Réalisateurs de films (SRF) ce lundi 6 février. Le prix lui sera remi slors de l'ouverture de la Quinzaine des réalisateurs au prochain festival de Cannes.

"C'est le cinéaste infatigable, à l'activité permanente, jonglant entre les formats et les systèmes de production, abolissant les frontières entre fiction et documentaire, cinéma et télévision, raison et folie, que nous voudrions saluer" rappelle la SRF dans son communiqué. "Cette capacité unique, qui est la vôtre, à entraîner dans votre sillage les plus grandes stars hollywoodiennes, comme d'illustres anonymes, à imposer un ton et un regard qui vous sont propres, faisant fi de la morale et de la bien-pensance, osant rire de tout avec une insolence et une liberté aussi sidérantes que salutaires, mais aussi et surtout une profonde humanité" précise la lettre du conseil d'administration à l'attention du réalisateur.

En 1982, Werner Herzog a été récompensé par le Prix de la mise en scène du Festival de Cannes pour Fitzcarraldo. Il a aussi reçu l'Ours d'argent à Berlin en 1968 pour Signes de vie. réalisateur de 19 films, dont le récent salt and Fire sorti l'an dernier, et d'une quinzaine de documentaires, Herzog s'amuse aussi à être acteur dans des films aussi différents que ceux de Harmony Korine ou le premier opus de Jack Reacher avec Tom Cruise.

L'an dernier, la Société des Réalisateurs de films a distingué le cinéaste finlandais Aki Kaurismäki. Jacques Rozier, Nanni Moretti, Alain Resnais, Jia Zhangke, Jane Campion, Jafar Panahi, Agnès Varda, Naomi Kawase, Ousmane Sembene, Nuri Bilge Ceylan, Jim Jarmusch, Clint Eastwood et David Cronenberg ont été les précédents lauréats de ce prix récompensant une œuvre audacieuse et intransigeante.

La La Land et Moonlight en tête des nominations aux Golden Globes 2017

Posté par vincy, le 12 décembre 2016

Les 74emes Golden Globe Awards ont été révélés. La cérémonie aura lieu le 8 janvier et sera animée par Jimmy Fallon.

Le cinéma français se félicitera des nominations de Elle, Divines, Ma vie de courgette et Isabelle Huppert. Année faste donc.

La La Land avec sept nominations et Moonlight avec six confirment les récents palmarès américains : les deux films sont les grands favoris pour les prochains Oscars.  Tout comme Manchester by the Sea avec quatre citations.

Les surprises viennent davantage des oublis que des présents puisque Lion, Tu ne tueras point et même Deadpool ont été logiquement retenus. On peut éventuellement être réjoui de la nomination prestigieuse de Sing Street, de la reconnaissance pour Comancheria, de l'intrusion de Divines et du come back de Colin Farrell grâce à The Lobster, prix du jury à Cannes en 2015. On peut aussi remarquer que Premier contact, Jackie, Nocturnal Animals, Loving ont été sélectionnés dans diverses catégories sans faire l'unanimité autour d'eux.

Mais cela dénote surtout les absences de Silence de Martin Scorsese, Live by night de Ben Affleck, et Sully de Clint Eastwood, de la quasi inexistence de Fences de Denzel Washington et de Hidden Figures de Theodore Melfi. Tom Hanks, Matthew McConaughey, Sausage Party, Michael Keaton, ou encore Jake Gyllenhaal et Denis Villeneuve ont été snobés.

A la mi décembre, il semble que le match pour les Oscars s'oriente en faveur de La La Land, comédie romantique, musicale et dramatique, aussi élégante que gracieuse, dédiée aux artistes et à Los Angeles, et surtout hommage à Jacques Demy.

Meilleur drame
Tu ne tueras point
Comancheria
Lion
Manchester By The Sea
Moonlight

Meilleure comédie / musical
20th Century Women
Deadpool
La La Land
Florence Foster Jenkins
Sing Street

Meilleur réalisateur
Damien Chazelle (La La Land)
Tom Ford (Nocturnal Animals)
Mel Gibson (Tu ne tueras point)
Barry Jenkins (Moonlight)
Kenneth Lonergan (Manchester by the Sea)

Meilleur acteur - drame
Casey Affleck
Joel Edgerton
Andrew Garfield
Viggo Mortensen
Denzel Washington

Meilleur acteur - comédie / musical
Colin Farrell
Ryan Gosling
Hugh Grant
Jonah Hill
Ryan Reynolds

Meilleure actrice - drame
Amy Adams
Jessica Chastain
Isabelle Huppert
Ruth Negga
Natalie Portman

Meilleure actrice - comédie/musical
Annette Bening
Lily Collins
Hailee Steinfeld
Emma Stone
Meryl Streep

Meilleur second rôle féminin
Viola Davis
Naomie Harris
Nicole Kidman
Octavia Spencer
Michelle Williams

Meilleur film d'animation
Kubo et l'armure magique
Vaiana
Ma vie de Courgette
Tous en scène
Zootopie

Meilleur film en langue étrangère
Divines
Elle
Neruda
Le client
Toni Erdmann

Meilleur scénario
La La Land
Nocturnal Animals
Moonlight
Manchester By The Sea
Comancheria

Meilleure musique
Moonlight
La La Land
Arrival
Lion
Hidden Figures

Meilleure chanson
Cant Stop The Feeling, Les Trolls
City Of Stars, La La Land
Faith, Tous en scène
Gold, Gold
How Far I’ll Go, Vaiana

7 films d’animation français parmi les 27 présélectionnés aux Oscars 2017

Posté par vincy, le 12 novembre 2016

Un record de 27 films a été pré-sélectionné pour l'Oscar du meilleur film d'animation, selon un communiqué l'Académie des arts et sciences du cinéma.

La surprise est la grande quantité de productions et coproductions françaises: Le Petit Prince, adaptation du roman d'Antoine de Saint-Exupéry, réalisé par l'Américain Mark Osborne, hors compétition à Cannes en 2015, et énorme succès international ; Ma vie de courgette, adaptation du roman de Gilles Paris, réalisé par le Suisse Claude Barras, présenté à la Quinzaine des réalisateurs cette année avant d'emporter le Grand prix et le Prix du public à Annecy, le Valois de diamant à Angoulême et le Prix du meilleur film européen à San Sebastian ;  Avril et le monde truqué, adapté de l'univers de Jacques Tardi, réalise par Christian Desmares et Franck Ekinci, sorti en novembre 2015, et Grand prix à Annecy en 2015 ; Phantom Boy réalisé par Alain Gagnol et Jean-Loup Felicioli, sorti en octobre 2015 ; Tout en haut du monde réalisé par Rémi Chayé, sorti en janvier, Prix du public à Annecy en 2015 et Prix Jean Renoir en mai dernier ; La tortue rouge, réalisé par le néerlandais Michael Dudok de Wit, coproduit avec le Studio Ghibli, Prix spécial du jury à Un certain regard à Cannes cette année ; Mune, le gardien de la lune , réalisé par Alexandre Heboyan et Benoît Philippon, sorti en octobre 2015 et joli succès à l'étranger.

Certains ont de sérieuses chances d'être parmi les finalistes, même si Disney (avec ses trois blockbusters - Le monde de Dory, Zootopie et Vaiana, la légende du bout du monde) et ses concurrents hollywoodiens ont de sérieux prétendants dans la liste des présélectionnés, tout comme les studios japonais (et notamment le carton populaire Your Name et le très beau Miss Hokusai): Angry Birds, Bilal, Le monde de Dory, L'âge de glace: les lois de l'Univers, Kingsglaive Final Fantasy XV, Kubo et l'armure magique, Kung Fu Panda 3, Miss Hokusai, Vaiana la légende du bout du monde, Monkey King: Hero Is Back, Mustafa & le Magicien, Sausage Party, Comme des bêtes, Tous en scène, La bataille géante de boules de neige, Cigognes & compagnie, Les Trolls, 25 April, Your Name et Zootopia.

Des Emirats à la Nouvelle-Zélande en passant par le Canada et la Chine, la bataille sera rude. Certains ne seront peut-être pas retenus car il faut une condition indispensable: être projeté à Los Angeles avant la fin de l'année.

Il n'y aura que cinq élus le 24 janvier. Et un seul vainqueur le 26 février. Au moins 16 de ces 27 films pourront concourir dans d'autres catégories.

Edito: Happiest Days of Life?

Posté par redaction, le 20 octobre 2016

En ces temps un peu crispés et angoissants, le cinéma peut-être un bon décompresseur. On peut évidemment nier la réalité comme Brice (de Nice) qui préfère regarder son nombril que de s'intéresser au monde qui l'entoure. Ça a l'avantage de ne pas coûter très cher à la Sécurité sociale. On peut aussi adopter un chien, genre un teckel. Un animal fidèle, attachant. Et le film qui en découle a du mordant. Car un chien, s'il a besoin d'affection, ne compense quand même pas les souffrances personnelles et la solitude de ses propriétaires. Parlant de solitaire, Jack Reacher croit être un homme heureux en errant sans téléphone et sans carte de crédit au fil des motels. Ce mode de vie alternatif un peu radical n'est pas forcément conseillé à tout le monde.

Car on le voit bien, être heureux est un combat de tous les jours. Marion Cotillard dans Mal de Pierres n'y arrive pas, dévorée par sa lubricité et son envie de passion. Les Berken, horribles ogres, croient qu'avaler des Trolls (sans OGM mais avec un penchant pour les câlins) les comblera de bonheur. Olli Mäki espérait atteindre le nirvana avec la célébrité, la gloire, mais la surmédiatisation compromet son (seul) désir amoureux. Quant à Willy (1er), il a toutes les peines du monde à s'émanciper, malgré ses 50 ans passés.

Oui, vraiment, c'est pas facile de vivre. La meilleure preuve cette semaine est bio garantie sans gluten et gratinée à point: Ma Vie de Courgette. Malgré tous les malheurs qui s'abattent sur ce pauvre orphelin, il trouve quand même le moyen de voir la vie du bon côté. Soleil au beau fixe. On n'est jamais vraiment seul, finalement.

Quoique. Les films art et essai et les salles qui sont estampillées A&E se sentent justement un peu seules. A lire la tribune signée par douze exploitants (dans Le Film Français), il y a péril. Ils sont crispés et angoissés. En regardant les statistiques, ils constatent "la désaffectation des spectateurs pour une certaine typologie de films. À l’exception de quelques-uns qui font l'unanimité, souvent repérés au cours des festivals les plus prestigieux et qui, pour cette raison, ont des plans de sortie ridiculement vastes. Les spectateurs art et essai se concentrent de plus en plus sur les mêmes titres, tendance qui se confirme aussi autour des films dits ‘généralistes’. Ce n'est pas seulement le ‘public jeune’ qui déserte les salles classées, c’est le public qui déserte les films recommandés.”

L'effet s'accentue avec la VàD: un seul film "d'auteur" se classe dans le Top 20 cette semaine. Le cinéma devient de plus en plus un divertissement de masse. Hormis quelques films chaque année, le cinéma dit "d'auteur" perd en effet ses spectateurs, et avec lui la culture cinéphile. Il est peut-être temps de limiter le nombre d'écrans par sorties, de soutenir des salles qui jouent sur la durée d'exploitation d'un film, d'aider bien mieux ceux qui font le pari d'une programmation exigeante, de remettre du carburant financier dans les festivals de cinéma (relais indispensable sur tout le territoire). Il ne faut pas désespérer: avec de vieux films ou des grands auteurs, Arte parvient à séduire un à deux millions de téléspectateurs. Il y a encore de la curiosité. Mais il faut la stimuler (politique tarifaire, animation événementielle, ...). Nous ne sommes pas obligés de finir orphelins de la cinéphilie. Par essence, le 7e art est fait pour être adopté.

Oscars 2017: 85 films dans la course à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère

Posté par vincy, le 4 octobre 2016

Pour la 89e édition des Oscars, 85 pays (quatre de plus que l'an dernier) ont proposé un candidat à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère (la date limite d'inscription était hier). L'Académie des Oscars peut encore en refuser quelques uns pour cause d'inégibilité. Le 17 novembre une liste de neuf ou dix films sera proposée aux membres votants pour qu'ils choisissent les cinq nominations finales.

On notera une forte présence du Festival cannois avec sept films de la compétition, trois d'Un certain regard et deux de la Quinzaine des réalisateurs. Il y a cependant eut quelques bugs. Du côté de la Tunisie qui a du démentir le choix initial et affirmer son film définitif (A peine j'ouvre les yeux). Du côté du Brésil surtout puisque Aquarius, film favori et évident pour représenter le pays, a été retiré pour des raisons politiques. le nouveau gouvernement brésilien en a même fait une affaire personnelle. Parce que l'équipe du film avait manifesté officiellement, à Cannes, son hostilité à la destitution de la présidente brésilienne (qu'ils apparentaient à un Coup d'Etat invisible), Aquarius a été puni, entraînant la colère de la profession. Certains réalisateurs ont retiré leurs films de la liste des oscarisables par solidarité envers le réalisateur d'Aquarius, Kleber Mendonça Filho, et par désapprobation envers le gouvernement. Aquarius avait aussi subit une censure déguisé en étant interdit aux moins de 18 ans.

Notons aussi que la Chine ne présente aucun film cette année. Mais que le Yemen est sélectionné pour la première fois dans cette liste de candidats. Et pour l'anecdote on parle espagnol dans 12 des films choisis et français dans 8.

Afghanistan : Parting de Navid Mahmoudi
Afrique du Sud : Call me Thief de Daryne Joshua
Albanie : Chromium de Bujar Alimani
Algérie : Le puits de Lofti Bouchouchi
Allemagne : Toni Erdmann de Maren Ade
Arabie Saoudite : Barakah Meets Barakah de Mahmoud Sabbagh
Argentine : El ciudadano ilustre de Gastón Duprat et Mariano Cohn
Arménie : Earthquake de Sarik Andreasyan
Australie : Tanna de Martin Butler et Bentley Dean
Autriche : Stefan Zweig, adieu à l’Europe de Maria Schrader

Bangladesh : The Unnamed de Tauquir Ahmed
Belgique : Les Ardennes de Robin Pront
Bolivie : Carga sellada de Julia Vargas Weise
Bosnie Herzégovine : Death in Sarajevo (Mort à Sarajevo) de Danis Tanovic
Brésil : Little Secret de David Schurmann
Bulgarie : Losers d’Ivaylo Hristov

Canada : Juste la fin du monde de Xavier Dolan
Chili : Neruda de Pablo Larraín
Colombie : Alias Maria de José Luis Rugeles Gracia
Corée du Sud : The Age of Shadows de Kim Jee-woon
Croatie : On the Other Side de Zrinko Ogresta
Cuba : El acompañante de Pavel Giroud

Danemark : Land of Mine de Martin Zvandvliet
Egypte : Clash de Mohamed Diab
Espagne : Julieta de Pedro Almodóvar
Estonie : Mother de Kadri Kõusaare

Finlande : Olli Mäki de Juho Kuosmanen
France : Elle de Paul Verhoeven
Georgie : House of Others de Rusudan Glurjidze
Grèce : Chevalier d’Athina Rachel Tsangari
Hongkong : Port of Call de Philip Yung
Hongrie : Kills on Wheels d’Attila Till

Islande : Sparrows de Runar Runarsson
Inde : Interrogation de Vetrimaaran
Indonésie : Letters from Prague d’Angga Dwimas Sasongko
Irak : El clasico de Halkawt Mustafa
Iran : Le client d’Asghar Farhadi
Israël : Tempête de sable d’Elite Zexer
Italie : Fuocoammare, par-delà Lampedusa de Gianfranco Rosi

Japon : Haha to Kuraseba de Yoji Yamada
Jordanie : 3 000 Nights de Mai Masri
Kazakhstan : Amanat de Satybaldy Narymbetov
Kosovo : Home Sweet Home de Faton Bajraktari
Kirghizistan : A Father’s Will de Bakyt Mukul et Dastan Japar Uulu

Lettonie : Dawn de Laila Pakalnina
Liban : Very Big Shot de Mir-Jean Bou Chaaya
Lituanie : Seneca’s Day de Kristijonas Vildziunas
Luxembourg : Voices from Chernobyl (La supplication) de Pol Cruchten

Macédoine : The Liberation of Skopje de Rade et Danilo Serbedzija
Maroc : A Mile in my Shoes de Said Khallaf
Mexique : Desierto de Jonás Cuarón
Monténégro : The Black Pin d’Ivan Marinovic
Népal : The Black Hen de Min Bahadur Bham
Norvège : The King’s Choice d’Erik Poppe
Nouvelle-Zélande : A Flickering Truth de Pietra Brettkelly

Pakistan : Mah e Mir d’Anjum Shahzad
Palestine : The Idol de Hany Abu-Assad
Panama : Salsipuedes de Ricardo Aguilar Navarro et Manuel Rodriguez
Pays-Bas : Tonio de Paula Van des Oest
Pérou : Videophilia (and Other Viral Syndromes) de Juan Daniel Fernandez
Philippines : Ma’Rosa de Brillante Mendoza
Pologne : Afterimage d’Andrzej Wajda
Portugal : Letters from War d’Ivo M. Ferreira

République dominicaine : Flor de azucar de Fernando Baez Mella
République slovaque : Eva Nova de Marko Skop
République tchèque : Lost in Munich de Petr Zelenka
Roumanie : Sieranevada de Cristi Puiu
Royaume-Uni : Under the Shadow de Babak Anvari
Russie : Paradise d’Andrei Konchalovsky

Serbie : Train Driver’s Diary de Milos Radovic
Singapour : Apprentice de Boo Jun Feng
Slovénie : Houston, We Have a Problem! de Ziga Virc
Suède : A Man Called Ove de Hannes Holm
Suisse : Ma vie de Courgette de Claude Barras

Taïwan : Hang in Ther, Kids! de Laha Mebow
Thaïlande : Karme de Kanittha Kwanyu
Tunisie : À peine j’ouvre les yeux de Leyla Bouzid
Turquie : Cold of Kalandar de Mustafa Kara

Ukraine : Ukrainian Sheriffs de Roman Bondarchuk
Uruguay : Breadcrumbs de Manane Rodriguez
Venezuela : From Afar de Lorenzo Vigas
Vietnam : Yellow Flowers on the Green Grass de Victor Vu

Yemen: I am Nojoom, Age 10 and Divorced de Khadija al-Salami

« Ma vie de Courgette » parmi les trois finalistes du Prix Lux 2016

Posté par vincy, le 27 juillet 2016

Lors de la révélation de la sélection des Venice Days, les trois finalistes du 10e Prix Lux du parlement européen ont été dévoilés.

- A peine j’ouvre les yeux de Leyla Bouzid (co-production franco-tunisienne), présenté aux Venice Days 2015 et récompensé par le label Europa Cinemas. Le film avait séduit près de 100000 spectateurs en France lors de sa sortie en décembre. Le film a aussi reçu plusieurs prix aux festivals de Carthage, Dubaï et East End (Royaume Uni) ainsi que deux nominations aux Prix Lumière (Meilleur Espoir Féminin, Meilleur film francophone hors de France).

- Ma vie de Courgette de Claude Barras (co-production suisse-France), devient le premier film d’animation nommé aux Prix Lux. Grand prix et prix du public à Annecy, il avait enthousiasmé les cannois lors de son avant-première à la Quinzaine des réalisateurs. En compétition au Festival du film francophone d'Angoulême, le dessin animé sort en salles le 19 octobre. Le scénario est co-signé par Céline Sciamma, adapté du roman de Gilles Paris.

- Toni Erdmann de Maren Ade (co-production germano-roumaine) était l'un des favoris de la critique parmi les films en compétition au dernier festival de Cannes. Il a d'ailleurs reçu le prix Fipresci.  Trois semaines après sa sortie en Allemagne, il est toujours dans le Top 10 avec déjà 225000 entrées. Il a également reçu trois prix au Festival du film de Bruxelles (Meilleurfilm, Meilleur scénario, et prix de la RTBF). Il sort le 17 août en France.

Cannes 2016: Ken Loach reçoit sa deuxième Palme d’or

Posté par vincy, le 22 mai 2016


Cette année, il y avait deux sortes de films en compétition au 69e Festival de Cannes: ceux qui observaient le monde, sans oublier de nous faire sourire ou de nous séduire, et ceux qui plombaient le moral avec une vision dépressive ou hystérique des rapports humains. Clairement, le jury a choisi la seconde catégorie, oubliant les amples, beaux ou audacieux Aquarius, Toni Erdmann, Elle ou encore Rester vertical.

Non cette année, le jury a aimé le drame social le plus sombre, les émotions manipulées, des scénarios très classiques et souvent balisés. On se félicitera de prix de la mise en scène pour Assayas (pas de jaloux dans son couple puisque Mia Hansen Love a remporté le prix équivalent à Berlin en février dernier). Deux prix pour Farhadi c'est aussi un film en moins de récompensé. Une deuxième Palme pour Ken Loach, grand monsieur et grand cinéaste, n'est pas honteuse mais son film est mineur et bien moins subtil que la dénonciation de la mondialisation dans Toni Erdmann ou la consécration de la résistance dans Aquarius.

Alors voilà, on vous aimait bien membres du jury. Votre délibération a été passionnelle, très très longue. Mais on préférera notre palmarès, car ce sont ces films qui nous resteront en mémoire, plus que les vôtres, à quelques variantes près.

Palme d'or: Moi, Daniel Blake de Ken Loach (Royaume Uni)

Grand prix du jury: Juste la fin du monde de Xavier Dolan (Canada)
Mise en scène: Cristian Mungiu (Baccalauréat, Roumanie) et Olivier Assayas (Personal Shopper, France)
Interprétation masculine: Shahab Hosseini dans Le client (Iran)
Interprétation féminine: Jaclyn Jose dans Ma'Rosa (Philippines)
Scénario: Asghar Farhadi pour Le client (Iran)
Prix du jury: American Honey d'Andrea Arnold

Palme d'or du court métrage: Timecode de Juanjo Gimenez (Espagne)
Mention spéciale Court métrage: A moça que dançou com o diabo de Joao Paulo Miranda Maria (Brésil)

Caméra d'or: Divines d'Houda Benyamina - Quinzaine des réalisateurs (France)

Cannes 2016: La Queer Palm pour « Les vies de Thérèse »

Posté par vincy, le 22 mai 2016

Le jury de la Queer Palm, présidé par les réalisateurs Oliver Ducastel et Jacques Martineau, entourés de la réalisatrice Emilie Brisavoine, du directeur du festival MixBrasil Joao Federici, et journaliste Marie Sauvion, a décerné la 6e Queer Palm à un documentaire, Les vies de Thérèse, réalisé par Sébastien Lifschitz (césarisé pour Les invisibles), présenté à la Quinzaine des réalisateurs. Les prix ont été décernés samedi soir au Silencio de Cannes, avant que la fête se prolonge avec Miss Coca au Vertigo.

Pour consacrer une année où "les films du festival ont offert une grande diversité de personnages féminins, forts, indépendants, différents, résistants", en évoquant "le désir féminin, si longtemps nié et réprimé", le jury a donc opté pour une oeuvre se concentrant sur "une femme et ses combats, mêlant vie privée et engagement politique, balayant les époques, questionnant la sexualité, bousculant les rôles que la société nous impose." Les vies de Thérèse raconte en effet les multiples facettes de l'existence Thérèse Clerc, décédée le 16 février 2016, une "femme qui a su, en traçant son propre chemin, nous ouvrir la voie, nous rappelant sans cesse combien notre désir et notre sexualité peuvent et doivent nourrir notre combat pour une société plus juste."

La Queer Palm du court-métrage a de son côté été attribuée à Gabber lover d'Anna Cazenave-Cambet, un film de coming out "où l'on apprend à faire face à son désir, à lui donner enfin libre court. Gabber lover est un film dont nous ne doutons qu'il apportera un message libérateur aux jeunes spectateurs."

Le jury a tenu à rappeler que la 69e édition du festival a "beaucoup montré de cunnilingus et le jury de la Queer Palm à l'unanimité tient à saluer les réalisatrices et réalisateurs qui ainsi contribuent à la promotion d'une pratique sexuelle nettement plus agréable à regarder que les rapides et franchement machistes coïts auxquels la sexualité des personnages de cinéma s'est longtemps cantonnée. Les beaux personnages féminins du festival nous ont rappelé qu'il fallait toujours faire face et souvent affronter les autres, la société et soi-même pour se construire et façonner autant que faire se peut notre propre destin."