Cannes 2012 : No, Le Repenti et Camille redouble primés à la Quinzaine des réalisateurs

Posté par vincy, le 25 mai 2012

Après le Carrosse d'or remise il y a 8 jours à Nuri Bilge Ceylan, la Quinzaine des réalisateurs a décerné ses prix en prélude à sa soirée de clôture, ce vendredi 25 mai.

Le prix Art Cinema de la CICAE, Confédération Internationale des Cinémas d'Art et d'Essai, a récompensé le film chilien No, qui comptait parmi les grands favoris, notamment pour son potentiel au box office. Le prix apporte une aide à la diffusion à travers une information systématique des 2 000 cinémas adhérents à la CICAE, pour inciter les sociétés de distribution à signer les films repérés et favoriser ainsi leur circulation.
Ce film, basé sur des faits réels, a été réalisé par Pablo Larrain. Avec Gabriel Garcia Bernal en star, le film retrace le parcours d'un jeune et brillant publicitaire, René Saavedra, d’être le fer de lance de la campagne des dirgeants de l'opposition lorsque le dictateur chilien Augusto Pinochet, face à la pression internationale consent à un référendum sur sa présidence en 1988.

L'Algérien Merzak Allouache, avec son drame psychologique Le Repenti, a remporté le Label Europa Cinémas. Le Label mobilise les médias, les exportateurs, les distributeurs, et les exploitants en incitant financièrement ces derniers à programmer le film en première sortie et à le maintenir à l’affiche sur la durée.

Enfin, la réalisatrice française Noémie Lvovsky, avec Camille Redouble (voir notre actualité du 27 octobre 2011), qui faisait la clôture de la Quinzaine, a reçu le Prix SACD pour un film de cette sélection en langue française.

Cannes 2012 : la Palm Dog décerne trois nonosses

Posté par vincy, le 25 mai 2012

La Palm Dog, créée en 2001 par Toby Rose, critique britannique de The Guardian, récompense chaque année le meilleur chien apparaissant dans un film du festival, toutes sélections confondues. Ce n'est pas un os que reçoivent les gagnants mais un collier en faux diamant (décoré de l'Union Flag en l'honneur du jubilée de la reine Elizabeth II).

Cette année, pour succéder au célèbre Uggie (The Artist) a décerné deux prix. La Palm Dog 2012 est revenue à Banjo et Poppy, deux Terriers, héros à quatre pattes du film Sightseers (Touristes), film anglais de Ben Wheatley présenté à la Quinzaine des Réalisateurs de Cannes.

Par ailleurs, un Grand prix du jury a également distingué Billy Bob, le Jack Russel qui accompagne Benoît Poelvoorde dans Le Grand Soir de Gustave Kervern et Benoît Delépine. Le film est sélectionné à Un certain regard pour cet épatant "chien à punk".

Annecy 2012 : Le Magasin des suicides de Patrice Leconte en ouverture

Posté par vincy, le 25 avril 2012

10 longs métrages en compétition, 8 hors compétition : des découvertes mais aussi des poids lourds. Le Festival international du film d'animation d'Annecy (4 - 9 juin) a reçu 2 455 films pour n'en sélectionner que 204, toutes sélections confondues. Cette année, l'Irlande est à l'honneur.

Le festival s'ouvrira avec le très attendu premier film d'animation de Patrice Leconte, Le magasin des suicides. Pas de Pixar mais deux blockbusters hollywoodiens, deux films sélectionnés à la Quinzaine des réalisateurs et les récentes productions les plus marquantes venues d'Asie, du monde hispanophone et d'Europe centrale...

Les longs métrages en compétition

  • Arrugas (Rides), Ignacio Ferreras, Espagne. Une adaptation de la BD de Paco Roca. Deux prix Goyas (scénario, film d'animation).
  • Asura, Keiichi Sato, Japon. Une adaptation de la BD de George Akiyama.
  • Couleur de peau : miel, Laurent Boileau et Jung Henin, France / Belgique. Une adaptation de la BD de Laurent Boileau.
  • Le Voyage de Monsieur Crulic, Anca Damian, Pologne / Roumanie. Mention spéciale à Locarno.
  • The Dearest, Sun-ah Kim et Se-hee Park, Corée-du-Sud.
  • Voyage vers Agartha, Makoto Shinkai, Japon
  • Le Tableau, Jean-François Laguionie, Belgique / France. Nommé aux Césars 2012.
  • Ronal le Barbare, Thorbjørn Christoffersen, Kresten Vestbjerg Andersen, Danemark.
  • Tad, the Lost Explorer, Enrique Gato, Espagne
  • Zarafa, Rémi Bezançon, Jean-Christophe Lie, France / Belgique. Plus de 1,3 million de spectateurs en France.

Les longs métrages hors compétition

  • Anima Buenos Aires.
  • Delhi Safari.
  • Berserk: The Golden Age Arc I "The High King's Egg".
  • Jean de La Lune.
  • A Letter to Momo.
  • Selkirk, le véritable Robinson Crusoé.
  • The King of Pigs. Sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes.
  • Zambezia.

Les autres films présentés en avant-première

  • Le magasin des suicides. Ouverture. Une adaptation de la BD de Jean Teulé.
  • Madagascar 3 : Bons baisers d'Europe. Sélectionné hors-compétition au Festival de Cannes.
  • Le Jour des Corneilles. La nouvelle production Gebeka.
  • Le Lorax. 210 millions de $ au box office US.
  • Ernest & Célestine. Sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes. Scénario écrit par Daniel Pennac.

Cannes 2012 : une Quinzaine des réalisateurs aguicheuse

Posté par MpM, le 24 avril 2012

Pour sa première édition, Édouard Waintrop, le nouveau délégué de la Quinzaine des Réalisateurs, a voulu raviver l'image ternie de sa sélection en la plaçant "sous le signe de la joie". Ce sont ainsi deux comédies (The We and the I de Michel Gondry et Camille redouble de Noémie Lvovsky) qui auront les honneurs de l'ouverture et de la clôture tandis qu'on retrouve en compétition une autre comédie française, Adieu Berthe - L'Enterrement de Mémé de Bruno Podalydès.

Voilà le programme d'Edouard Waintrop, nouveau délégué de la Sélection parallèle : « Nous allons essayer de construire une structure qui permette de développer cette dimension de lieu de rencontre, afin que la Quinzaine soit un lieu des Etats généraux permanents du cinéma ».

En tout, vingt et un longs métrages (dont deux films d'animation) et dix courts seront présentés dans le cadre de la Quinzaine des Réalisateurs 2012 à Cannes 2012. Ils viennent pour une grande part d'Europe (avec une forte représentation de la France) et d'Amérique latine (Uruguay, Mexique, Argentine, Chili, Colombie). On retrouvera notamment des cinéastes remarqués en festivals par le passé comme Pablo Larraín (Tony Manero, Santiago 73, Post mortem), Pablo Stoll Ward (Whiskey), Stéphane Aubier et Vincent Patar (Panique au village) ou Jaime Rosales (La soledad, Un tir dans la tête).

A noter enfin la présence du dernier film de Raoul Ruiz, La Nuit d'en face, projeté en séance spéciale.

Par ailleurs, la Quinzaine va organiser quatre débats autour de  films de la sélection entre le dimanche 20  et le mercredi 23 mai  : Les nouveaux noms du cinéma latino-américain ; Multiplicités des cinémas indiens- Bollywood : l’arbre qui cache la forêt ? ; Nouvelles audaces du cinéma français ; Le cinéma des pays arabes aujourd’hui.

La sélection

Le Repenti de Merzak Allouache (Algérie)

Room 237 de Rodney Ascher (Etats-Unis)

Ernest et Célestine de Stéphane Aubier, Vincent Patar et Benjamin Renner (France, Belgique, Luxembourg)

Infancia clandestina de Benjamín Ávila (Argentine)

Une famille respectable de Massoud Bakhshi (Iran)

Rengaine de Rachid Djaidani (France)

The We and the I de Michel Gondry (Etats-Unis) - Ouverture

Les Liaisons dangereuses de Jin-ho Hur (Chine)

Gangs of Wasseypur de Anurag Kashyap (Inde)

No de Pablo Larraín (Chili)

Camille redouble de Noémie Lvovsky (France) - Clôture

Fogo de Yulene Olaizola (Mexique)

Adieu Berthe - L'Enterrement de Mémé de Bruno Podalydès (France)

Sueño y silencio de Jaime Rosales (Espagne)

La Nuit d'en face de Raúl Ruiz (Chili, France) - Séance spéciale

La Sirga de William Vega (Colombie, France, Mexique)

Opération Libertad de Nicolas Wadimoff (Suisse)

Alyah de Elie Wajeman (France)

3 de Pablo Stoll Ward (Uruguay)

Sightseers de Ben Wheatley (Royaume-Uni) - Séance spéciale

The King of pigs de Yeun Sang-ho (Corée du Sud)

Cannes 2012 : un Carrosse d’or pour Nuri Bilge Ceylan

Posté par vincy, le 10 avril 2012

Jeudi 17 mai, à Cannes, Nuri Bilge Ceylan recevra le prestigieux Carrosse d'or de la Quinzaine des réalisateurs. Ce prix est décerné à un cinéaste reconnu "pour les qualités novatrices de ses films, pour son audace et son intransigeance dans la mise en scène et la production". Il est remis par les réalisateurs de la SRF.

C'est donc un habitué de la Croisette et de ses prix à qui revient cet honneur. Sans vouloir entacher cette récompense méritée, cela produit malgré toute un effet pervers : voir les mêmes têtes à Cannes, y compris lorsque ces personnalités n'ont pas de films à présenter.

L'an dernier, Ceylan a reçu le Grand prix du jury avec Il était une fois en Anatolie, qui s'ajoutait au prix de la mise en scène (Les trois singes, 2008), au prix de la critique internationale (Les climats, 2006) et au Grand prix du jury et prix du meilleur acteur (Uzak, 2002). Par ailleurs, il avait été membre du jury en 2009.

Les réalisateurs de la SRF remettent ce prix depuis 2002. Se sont succédés : Jacques Rozier, Clint Eastwood, Nanni Moretti, Ousmane Sembene, David Cronenberg, Alain Cavalier, Jim Jarmusch, Naomi Kawase, Agnès Varda, et en 2011, Jafar Panahi.

Récemment, Nuri Bilge Ceylan a donné une Master Class au dernier festival de Berlin.

2011 – mai : un grand cru pour le Festival de Cannes

Posté par vincy, le 27 décembre 2011

11-22 mai 2011. Des scandales, des honneurs, des rumeurs mais surtout des films. Le 64e Festival de Cannes aura été un bon millésime. 9 films, toutes sélections confondues, ont dépassé les 700 000 entrées en France. Des cinéastes comme Von Trier, Morretti, les Dardenne, Guédiguian ou Kaurismäki ont connu l'un de leur plus gros succès en salles avec les oeuvres présentées cette année. Au niveau mondial, sept films ont récolté plus de 15 millions de $ de recettes. Et si l'on regarde les palmarès de fin d'année : les films cannois sont partout, y compris outre-Atlantique. Ainsi Drive, Polisse, The Artist, La Piel que habito, Melancholia, Habemus Papam, Minuit à Paris, Le gamin au vélo, The Tree of Life, Et maintenant on va où?, Les neiges du Kilimandjaro, L'exercice de l'Etat, Take Shelter et La guerre est déclarée sont omniprésents à l'esprit. Une diversité qui n'est pas entachée par quelques échecs ou déception.

Car il y a quelques zones d'ombre : la polémique autour des propos de Lars Von Trier, sanctionné, la sélection de la Quinzaine décevante, qui coûtera la place de son directeur, les jeux de pouvoir dans le Palais autour du fauteuil de Gilles Jacob, qui sera reconduit. mais surtout, "l'affaire DSK" survenue en plein premier week-end aura gâchée la médiatisation du Festival. Une première depuis 1968.

Mais il y a aussi eu de la lumière. Celles des Palmes pour Jean-Paul Belmondo et Bernardo Bertolucci, ou encore l'anniversaire de la Semaine de la Critique, plus en forme que jamais malgré ses 50 ans.

Tout le bilan 2011

Frédéric Boyer rebondit à Tribeca

Posté par vincy, le 30 novembre 2011

Frédéric Boyer, le directeur artistique du Festival de Cinéma Européen des Arcs, qu'Ecran Noir couvrira cette année, et ancien directeur artistique de la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes, vient d'être nommé directeur artistique du Festival du Film de Tribeca, créé par Robert de Niro.
Le poste était vacant depuis 2009. Boyer rebondit ainsi par le haut après son éviction expéditive en juin de la Quinzaine (voir actualité du 21 juin 2011). Son ambition sera de « montrer la grande cinéphilie et le cinéma populaire de divers pays » et amener les œuvres exigeantes à tous les publics, explique-t-il dans un communiqué. Il souligne que ce Festival est parvenu à maturité « mais qu'il reste des frontières à explorer tout en gardant le rôle premier du rendez-vous, la découverte de nouveaux talents

Jane Rosenthal, co-fondatrice de l'événement, affirme que « Frédéric Boyer partage notre passion et notre curiosité pour le cinéma et les belles histoires. Nous savons qu'il rendra notre équipe plus forte. »
Le Festival a aussi annoncé la promotion de Genna Terranova comme directrice de la programmation.

Frédéric Boyer s'est fait connaître en créant le vidéoclub Vidéosphère à Paris avant de rejoindre le comité de sélection de la Quinzaine des réalisateurs en 2003.

Le Festival de Tribeca, créé en 2002, vient de célébrer sa dixième édition. La marque Tribeca s'est aussi élargie à un Institut et la distribution de films art & essai ; elle s'est aussi exportée à Doha (Qatar) avec le Doha Tribeca Film Festival. Le prochain Festival se déroulera du 18 au 29 avril 2012.

Edouard Waintrop, ancien critique à Libération, à la tête de la Quinzaine des réalisateurs

Posté par vincy, le 22 juillet 2011

La Société des Réalisateurs de Films (SRF) a nommé le nouveau délégué général de la Quinzaine des réalisateurs, un mois après l'éviction de Frédéric Boyer (voir actualité du 21 juin).

Edouard Waintrop, 58 ans, reprend donc un flambeau un peu abîmé depuis le départ d'Olivier Père en 2009, qui lui enflamme désormais le Festival de Locarno. Ancien critique de cinéma à Libération, Waintrop anime sur le site du quotidien un blog dédié au 7e art, Le cinoque.

Sur son blog, il décrit ainsi sa passion : "Adolescent, je décidai de sécher mes cours de mathématiques pour assouvir ma passion du cinéma. Comme j’étais dans une section scientifique, j’ai vu de nombreux films. Des Ford, des Hitchcock, des Hawks, des Walsh, des Ray et des McCarey, des Lubitsch et des Preminger, des Carné, des Renoir, des Godard, des Chabrol et des Truffaut… Et cette fièvre ne m’a jamais quitté. C’est elle que j’ai essayé de diffuser dans mes papiers de Libération pendant vingt-six ans (j'ai quitté Libé au printemps 2008)."

Depuis, il s'était fait engagé comme directeur du festival international du film de Fribourg en Suisse, qu'il a animé durant quatre ans - il a été remplacé par Thierry Jobin - avant de diriger depuis le 1er avril les salles de cinéma du Grütli (ex-Centre d'animation cinématographique-Voltaire) à Genève.

La SRF reconduit son bureau

Posté par redaction, le 7 juillet 2011

"À la suite de son Assemblée générale du 18 juin 2011, le Conseil d’administration de la SRF s’est réuni et a procédé à l’élection de son bureau pour l’année 2011 / 2012" indique le communiqué de la Société des réalisateurs de Films. Ce conseil va avoir la lourde responsabilité de trier parmi les nombreuses candidatures pour remplacer Frédéric Boyer à la tête de la Quinzaine des réalisateurs (voir actualité du 21 juin dernier).

Aucun changement n'est intervenu par rapport au précédent Conseil.

Co-Présidents : Chantal Richard, Michel Andrieu, Eric Guirado

Secrétaire : Fabrice Genestal

Trésorier : Bruno Rolland

Déléguée au court-métrage : Oriane Polack

Délégué au documentaire : Denis Gheerbrant

Membres du Conseil d’administration : Hélène Angel,  Hicham Falah,  Olivier Jahan, Jean-Jacques Jauffret, Gilles Porte, Olivier Pousset, Christophe Ruggia, Pierre Salvadori, Vanina Vignal, Marianne Visier, Anne Zinn-Justin

Cabourg 2011 : rencontre avec Fiona Gordon et Dominique Abel pour La Fée

Posté par kristofy, le 26 juin 2011

La Fée est la nouvelle fantaisie de Dominique Abel, Fiona Gordon et Bruno Romy, une histoire d'amour contrariée entre une fée et un veilleur de nuit qui a fait l'ouverture de La Quinzaine des Réalisateurs à Cannes en mai dernier. Le trio travaille ensemble à l’écriture du scénario ainsi qu'à la réalisation du film dans lequel ils sont aussi acteurs.

Ils étaient déjà venus au Festival de Cabourg pour Rumba, et ils étaient de retour cette année pour présenter La Fée. L’occasion de rencontrer le couple Fiona Gordon (la fée) et Dominique Abel (le veilleur de nuit) pour quelques questions :

Après L’Iceberg et Rumba, La Fée est une évolution vers un cinéma à la fois plus choral et plus social…

-Fiona Gordon : C’est naturel de chercher une autre facette qu’on n'a jamais montrée et de surprendre le public, mais on fait ça à chaque fois.

-Dominique Abel : On a de nouvelles envies en fonction des frustrations sur les films précédents mais aussi des idées du moment, c’est plus amusant de changer, on n’a pas envie de faire toujours la même chose.

-FG : En même temps, c’est toujours un peu la même chose parce qu’on garde la même direction : pour nous c’est un peu la beauté de l’inconformité, c’est la poésie qui existe dans la différence entre chacun.

Est-ce que tout le monde pourrait être une fée ?

-DA : La fée du film c’est quand même un personnage humaniste avant tout, évidemment il y a une complicité avec les spectateurs. Tout le monde sait bien que c’est une fée foireuse même si elle réalise quelques petits trucs un peu étonnants, ça fait partie de notre humour. Le personnage c’est une humaniste active, c’est quelqu’un qui enfreint un peu les interdits pour aller offrir à ceux qu’elle aime ce dont ils ont besoin. Et dans le monde actuel il y a pas mal de besoins…

-FG : Elle a un côté très casse-gueule cette fée, justement ce n’est pas une humaniste qui réussit tout, car ça foire des fois, ça faisait partie du plaisir. Elle veut faire du bien mais elle fait parfois plus de mal car elle met un caillou dans les rouages.

Cette fois le burlesque côtoie encore plus le social avec trois clandestins dans une voiture abandonnée qui espèrent traverser la mer…

-FG : Dans notre quotidien, on habite à Bruxelles, tous les jours on croise des clandestins qui cherchent quelque chose, ils cherchent aussi un endroit où habiter, c’est très commun comme problème, on connaît tous ça. Il y a beaucoup de gens qui en parlent, ça fait partie de notre existence. Mais on n’a pas une vocation de cinéma engagé, c’est un don de faire du cinéma engagé pour parler de ça sans taper sur la tête des spectateurs avec un marteau. Nous, on n’a pas spécialement ce don-là, mais souvent ça revient par petites touches dans nos histoires. Ces clandestins sont là comme ils sont dans la vie, un peu à la périphérie.

-DA : D’ailleurs, on les a traités comme tout les personnages de notre film, ce sont des gens qui sont un peu à  l’écart de la société ou au bord d’être marginal. La fée est internée en hôpital psychiatrique, le veilleur de nuit est un peu solitaire et malchanceux, le voyageur aussi solitaire perd son chien, le patron du bar myope s’est fait retirer son permis… On a choisi ces personnages parce qu’ils expriment bien la fragilité humaine. Il y a un côté clownesque de l’humain : c'est-à-dire qu’ils sont peut-être en marge mais ils veulent faire partie, c’est des gens qui tombent et qui se relèvent pour essayer d’y arriver. On partage sûrement ce côté-là avec les autres clowns du burlesque, c’est parler de ce côté comique et tragique de l’être humain. Dans un monde ou il faut être performant ou efficace les clowns sont là pour dire ‘moi je ne suis pas comme ça, ce n’est pas possible, je ne vais jamais y arriver’. Je pense que la grande majorité des êtres humains ressentent ça.

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La Fée de Dominique Abel, Fiona Gordon et Bruno Romy
Sortie le 14 septembre 2011