Le cinéma moins fédérateur à la télévision

Posté par vincy, le 19 janvier 2020

Dans le Top 30 des audiences de l'année, on ne trouve aucun film. Le sort et les séries dominent le classement annuel. On peut se consoler en constatant malgré tour que le cinéma a été la plus forte audience en 2019 pour des chaînes comme Arte (Impitoyable, 2,3M), W9 (Die Hard 4, 1,6M), NRJ12 (La légende des crânes de cristal, 0,9M), France 4 (Le cinquième élément, 1,4M), CStar (Mariage chez les Bodin's, 0,9M), TF1 Séries Films (L'arme fatale III, 1M), 6ter (La belle et le clochard, 1,2M).

Boon et Sy

Mais aucun film sur aucune chaîne n'a dépassé les 7 millions de téléspectateurs. Dominante comme toujours, TF1 a quand même réussit à séduire entre 5 et 6,7 millions de spectateurs avec 19 films l'an dernier (tous dans la case du dimanche), avec un record annuel pour Bienvenue chez les Ch'tis, juste devant un autre Dany Boon, Raid Dingues, et Intouchables (Omar Sy plaçant aussi Demain tout commence dans le Top 10). Trois rediffusions. Parmi ces 19 films, 11 sont français. Alibi.com est le film en première diffusion qui a le plus cartonné, avec Sully côté américain, en séduisant chacun 6,2 millions de téléspectateurs.

De Funès, Disney et Dieu

Chez les concurrents, La grande vadrouille reste une valeur sûre pour France 2 (4,7M), Pièce montée, avec feu Jean-Pierre Marielle, a cartonné sur France 3 (2,9M, deux fois moins qu'un Capitaine Marleau), et le Roi Lion a été un succès pour M6 (4,7M). C'est du côté de TMC que la performance est la plus notable avec Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu?, diffusé en février dernier, juste avant la sortie de la suite: 2,9M de télespectateurs, 13,6% de part d'audience et trois fois plus d'audience qu'habituellement sur cette case.

Ne désespérons pas. Le cinéma place quand même 9 des 100 meilleures audiences de l'année (contre 4 l'an dernier). Et cela ne prend pas en compte Netflix (qui a une audience de 3,5% en moyenne) et Canal +, dont le cinéma est au coeur de leurs offres. Sans oublier que certains films, sur Arte ou France 3, réalisent des performances notables, bien supérieures à leurs entrées en salles.

Douleurs et gloire à l’international pour le cinéma français en 2019

Posté par vincy, le 17 janvier 2020

Unifrance a annoncé les chiffres de fréquentation du cinéma français à l'étranger en 2019. 40,5 millions de spectateurs internationaux ont vu un film produit ou coproduit par la France, soit une légère hausse de 1,25% par rapport à 2018, mais un résultat très éloigné des années fastes. Cela représente un box office cumulé de 244,4M€ de recettes (+3,12%). 721 films français ont été exploités dans les salles étrangères.

Les films en langue française n'ont séduit que 25 millions de spectateurs, le plus faible score depuis 2010. Mais les productions majoritairement françaises représentent 85% des entrées à l'étranger. La comédie et la comédie dramatique sont le genre dominant (31,7% des entrées) devant les thrillers, les drames et l'animation.

Besson premier très affaibli

C'est une fois de plus Luc Besson qui règne sur l'export. Anna a attiré 4,35 millions d'entrées hors de France (un score très faible par rapport à Lucy, 56 millions de spectateurs, et Valérian, 30,5 millions de spectateurs, juste devant Mia et le lion blanc de Gilles de Maistre (4,25M), qui génère trois fois plus d'entrées à l'étrangers qu'en France. Suivent Qu’est-ce qu’on a (encore) fait au Bon Dieu de Philippe de Chauveron (3,3M), Astérix – Le secret de la potion magique d’Alexandre Astier et Louis Clichy (3,13M) et Minuscule 2 – Les mandibules du bout du monde de Thomas Szabo et Hélène Giraud (1,07M).

Une dépendance à l'Europe

L'Europe de l'ouest (Italie, Allemagne, Espagne en tête) reste de loin le principal marché avec 19,1M d'entrées, devant l’Europe centrale et orientale (7,35M) et l’Amérique Latine (4,77M). L’Italie est le pays qui a accueilli le plus de spectateurs pour le cinéma français l’an dernier, devant l’Allemagne et l’Espagne. Désormais, le continent asiatique pèse quasiment autant que l'Amérique du nord. Les Etats-Unis restent le 4e marché, malgré une chute de 18% des entrées, avec 3,17M de spectateurs. Nevada a été le film français le plus vu de l'année.

Un cinéma leader dans les festivals

Par ailleurs, en qualité, on notera que le cinéma français est toujours aussi prestigieux. Selon Unifrance, il occupe la première place dans 5 des 10 manifestations étudiées, devant la cinématographie locale ou les Etats-Unis. En moyenne, sa présence s'élève 19 % des films sélectionnés, soit quasiment 1 film sur 5 proposés par les 10 plus grands festivals internationaux est une production française de financement majoritaire ou minoritaire. Le cinéma français est également très présent au sein des palmarès, comme le prouvent les 14 prix majeurs remportés en 2019.

La France, 4e cinématographie (marginale) sur les plateformes

Enfin, Unifrance a lancé une première étude sur la présence du cinéma français sur 56 plateformes présentes dans 39 territoires l’an dernier. Les films français ne représentent que 2,4% de l’offre de la SVàD, plus importante sur les plateformes locales et régionales que sur celles plus globales comme Amazon ou Netflix. Le cinéma américain squatte 46,2% de l'offre. Le cinéma français reste quand même assez puissant puisque c'est la quatrième cinématographie présente sur les plateformes de SVàD, derrière les films américains, indiens et britanniques.

La Belgique, la Russie et la Corée du Sud sont les pays qui proposent le plus de films français. Par plateformes, ce sont Mubi, BFI Player et Curzon Home Cinema. Netflix, première plateforme SVàD en volume de contenus hexagonaux, est également la seule plateforme globale proche de la moyenne mondiale de films français (2,5 %) contre 1,8 % pour Amazon Prime Video, 1,5% pour HBO Go et pour 0,1 % Disney+.

Juste avant le lancement du 10e MyFrenchFilmFestival, le ministre de la Culture Franck Riester en a profité pour évoquer un rapprochement entre UniFrance et TV France International, qui fusionnerait les deux organismes de promotion de l'audiovisuel français. L'export devient une stratégie essentielle pour la France, avec l'attraction de tournages, en pleine forme.

Soutien à l'export

Le ministre en a profité pour faire des annonces relatives aux soutiens à l’export. "Exporter le cinéma est l'un des grands objectifs de politique publique du CNC et cet axe sera renforcé dans la revue générale des soutiens", actuellement en cours, a indiqué le ministre. "En dépit de fortes contraintes budgétaires", le CNC a ainsi décidé "de reconduire l’expérimentation du fonds de soutien automatique à la promotion internationale des films", qui avait été lancée pour trois ans en 2017. En outre, est aussi reconduite l’Aide à la distribution des films à l’étranger, gérée par UniFrance. "Nous avons besoin de nous développer partout, sur tous les supports et tous les genres. Pour cela, il faut un projet ambitieux sur le fonds comme sur la forme, qui embrasse les moyens d’actions d’UniFrance et de TV France International. Je suis convaincu qu’il faut créer, je ne sais pas si c’est le bon terme, mais une 'maison de l’export' ou bien une 'équipe de l’export' dans nos domaines" a expliqué le ministre.

[2019 dans le rétro] Un cinéma mondial toujours très hollywoodien

Posté par vincy, le 24 décembre 2019

Si on ne regarde que le box office, l'état des lieux du cinéma mondial pourrait être désespérant avec les 10 plus grosses recettes pour des films américains, dont 6 pour le studio Disney, qui au passage a battu un record historique de 10 milliards de dollars de recettes sur l'année (avant même l'arrivée de Star Wars).

Cette hégémonie des titres américains est encore plus frappante quand on remarque qu'ils réalisent tous de 60 à 77% de leurs recettes hors Amérique du nord. Seuls le cinéma chinois parvient à se faire une petite place dans le Top mondial avec quatre films, le film d'animation Ne Zha (700M$), The Wandering Earth (700M$), My People, My Country (430M$) et The Captain (410M$). On peut y ajouter 4 autres films dans le Top 50. L'essentiel des recettes proviennent cependant du marché chinois. Ce partage américano-chinois des recettes internationales laissent peu de place aux autres cinématographies. Hormis les très anglais Downton Abbey (188M$) et Yesterday (151M$), aucun film européen ne parvient à rivaliser avec les mastodontes des deux empires économiques.

Il y a heureusement des succès qui réjouissent. Ainsi Parasite qui a su cumuler plus de 125M$ de recettes. L'Asie confirme d'ailleurs ses bonnes performances avec des cartons comme les japonais Les enfants du temps - Weathering With You (180M$), Detective Conan (116M$) et One Piece: Stamped (80M$) ou le sud-coréen Extreme Job (120M$).

C'est évidemment beaucoup plus que les 68M$ (dont 15,5M$ à l'étranger soit près de 3 millions d'entrées, dont un tiers en Allemagne) de Qu'est-ce qu'on a encore fait au bon Dieu?, leader français de l'année. Même Anna de Luc Besson, traditionnellement le champion à l'export, n'a réussit à récolter que 30M$ au global (4 millions d'entrées). Le cinéma français n'a d'ailleurs pas brillé à l'international. Rares sont les films qui ont attiré plus de 500000 spectateurs à l'extérieur des frontières et ce sont surtout des sorties de 2018 qui ont cartonné (Astérix et le secret de la potion magique, Mia et le lion blanc, Ghostland). Il y a une exception avec Minuscule 2, qui est d'ailleurs le plus gros succès français en Chine de l'année.

Pour finir avec les chiffres, Douleur et Gloire (35M$) est l'un des rares films européens non anglophones à avoir su trouver son public dans plusieurs pays, y compris aux Etats-Unis. Le cinéma espagnol est aussi un des seulss qui résiste au déferlement américain avec trois films locaux classés dans le top 20, là où l'Italie n'en place qu'un et l'Allemagne deux.

Cependant, si les recettes donnent Hollywood vainqueur par K.O., la qualité des films est ailleurs. Pas étonnant que des films comme Parasite, Douleur et Gloire, J'ai perdu mon corps, Les Misérables, Portrait de la jeune fille en feu se retrouvent classés dans les palmarès ou nommés dans les grandes cérémonies hollywoodiennes, et pas seulement dans la catégorie meilleur film étranger.

Car, avant tout, on a vu des propositions cinématographiques fabuleuses et enthousiasmantes, encourageantes même d'un point de vue de cinéphiles. Il suffit de voir le singulier Synonymes de l'israélien Nadav Lapid, l'un des films les plus originaux et jubilatoires de l'année, Ours d'or audacieux à Berlin. Qui fait écho, étrangement au film palestinien It must be Heaven de Elia Suleiman. Deux hymnes à la paix à travers l'exil, sur fond d'humour absurde. Dans la même veine drôlatique, n'oublions pas Tel Aviv on fire de Samej Zoabi, qui a séduit un peu partout en Occident.

Du côté asiatique, l'année fut riche. Outre Parasite, carton mondial (mais seulement 5e du box office local avec 10 millions d'entrées, la Corée du Sud maintient son statut à part avec le phénomène Extrême Job de Lee Byeong-heon (16 millions d'entrées), le beau succès d'Exit de Kee Sang-geun ou le remarqué Le Gangster, le Flic et l'Assassin de Lee Won-tae. Au Japon, les productions nationales ont aussi brillé, même si peu se sont exportées, et si il s'agit essentiellement de films de genre. First Love (Hatsukoi) de Takashi Miike, Au bout du monde de Kiyoshi Kurosawa et surtout le très beau Asako I & II de Ryusuke Hamaguchi ont montré malgré tout que le cinéma japonais conservait une belle variété de talents. Le cinéma chinois exporté est surtout un cinéma de festivals. C'est avant tout l'interdiction de voyager de One second de Zhang Yimou qui a frappé les esprits. Il n'empêche, quatre des grands films orientaux de l'année sont venus de l'Empire du milieu: Un grand voyage vers la nuit de Bi Gan et Les Éternels de Jia Zhangke, tous deux à Cannes en 2018, So long my son de Wang Xiaoshuai, primé à Berlin et le splendide polar Le lac aux oies sauvages de Diao Yi'nan, en compétition à Cannes en mai. Toujours à Cannes, en provenance d'une région qui a donné peu de grands films cette année, Pour Sama de Waad al-Kateab, documentaire syrien, est sans doute l'une des œuvres les plus bouleversantes de l'année.

Le cinéma latino-américain a été plus contrasté, et plus engagé aussi: féminisme, homosexualité, autoritarisme... les réalisateurs s'attaquent de front aux problèmes de leur pays, que ce soit l'effrayant Tremblements de Jayro Bustamente, le grandiose Bacurau de Juliano Dornelles et Kleber Mendonça Filho, le sublime La Vie invisible d'Eurídice Gusmão de Karim Aïnouz ou le saisissant Companeros d'Alvaro Brechner. On a aussi en tête les images de La Cordillère des songes de Patricio Guzmán, de Nuestras Madres de César Díaz, de La flor de Mariano Llinás et de L'Ange de Luis Ortega.

Plus au nord, au Québec, l'année fut morose, en qualité le plus souvent, et en recettes, désespérément. Ainsi, malgré deux films, Xavier Dolan n'a pas retrouvé ses succès d'antan, repartant sans prix de Cannes, et finissant l'année avec deux flops. Son ancienne actrice, Monia Chokri sortait aussi son premier film, La femme de mon frère, sans plus de succès. La Chute de l'empire américain de Denys Arcand est sorti dans l'indifférence malgré un sujet dans l'air du temps, tandis que le canadien Guest of Honour d'Atom Egoyan a déjà été oublié à Venise. Au Québec, seul un film a été un gros hit cette année, la comédie Menteur avec 590000 entrées. Louise Archambault avec Il pleuvait des oiseaux a cependant confirmé sa bonne cote avec 200000 entrées. La femme de mon frère (76500, 3e), Matthias et Maxime (44500, 4e), le très beau Jeune Juliette (32200, 5e), The Death & life of John F. Donovan (21700, 8e) révèlent l'extrême faiblesse du cinéma québécois sur son propre territoire.

Enfin, le cinéma européen se porte bien. Même si de grands noms comme Ken Loach, Fatih Akin, les frères Dardenne ont déçu, sans doute parce qu'ils persévèrent dans la même veine, en s'orientant vers un discours de moins en moins généreux ou surprenants. Ce n'est pas qu'une question de goût puisque même leurs fans n'ont pas vraiment suivi.

Le cinéma européen reste producteur de grands films, exportés, récompensés, applaudis. La Favorite de Yórgos Lánthimos en fut l'emblème cette année, avec un triomphe hollywoodien en plus d'un gros succès public international. Au sud, des cinéastes réputés comme Marco Bellocchio (Le traître), qui symbolise un renouveau du cinéma italien auquel on peut raccrocher Martin Eden Pietro Marcello, Pedro Costa (Vitalina Varela, Leopard d'or à Locarno), Costa Gavras (Adults in the Room) prouve que, malgré la télévision, le cinéma résiste bien. C'est surtout le cinéma espagnol est le plus en forme avec des films aussi divers El reino de Rodrigo Sorogoyen, Viendra le feu d'Oliver Laxe, Yuli d'Icíar Bollaín, Petra de Jaime Rosales... L'Europe centrale et de l'Est n'est pas en reste avec des œuvres comme Sunset de Laszlo Nemes, Une grande fille de Kantemir Balagov, le formidable Dieu existe, son nom est Petrunya, de Tenona Strugar ou encore Les siffleurs de Corneliu Porumboiu. Sinon, du très émouvant Et puis nous danserons (And Then we Danced) de Levan Akin au très étrange Border d'Ali Abbassi en passant par L'audition d'Ina Weiss, L'œuvre sans auteur de Florian Henckel von Donnersmark, Yesterday de Danny Boyle, Noureev de Ralph Fiennes, c'est là encore l'éclectisme qui prime, mais surtout il s'agit de la quête d'une narration spécifique, s'affranchissant de limites morales et plaidant pour une liberté de création. Même s'ils ne trouvent pas un public aussi large qu'on pouvait l'espérer.

Une grande partie de ces films sont des coproductions françaises, principal soutien financier des auteurs. Il en est ainsi également des deux films au féminin venus d'Afrique, Atlantique de Mati Diop, Grand prix du jury à Cannes, film sénégalais dans l'âme, et Papicha de Mounia Meddour, film algérien dans sa chair.

On finira ce tour du monde avec quelques films d'animation qui là aussi se distinguent dans leur proposition esthétique. Funan de Denis Do, Bunuel après l'âge d'or de Salvador Simo, Les enfants de la mer de Ayumu Watanabe, La fameuse invasion des Ours en Sicile de Lorenzo Mattoti. A eux quatre, ils démontrent que le cinéma n'est pas qu'un produit formaté, même dans l'animation. Chaque pays revendique finalement sa part d'exception culturelle, sa personnalité dans un monde où les images sont encore trop américaines.

Quatre comédies françaises parmi les 100 meilleures audiences de l’année

Posté par vincy, le 20 décembre 2018

qqu'est-ce qu'on a fait au bon dieu?2018 aura été avant tout sportive pour les téléspectateurs. Le football a squatté l'essentiel des audiences les plus importantes sur le petit écran : le Mondial a ainsi réalisé un quart des plus grosses audiences de l'année, dont les 9 plus importantes. Et TF1 s'avère la grande gagnante avec 91 des 100 meilleures audiences de l'année.

Le cinéma apparaît comme l grand perdant avec seulement 4 films parmi les 100 meilleures audiences de l'année, contre 8 l'an dernier. Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? (8,5 M - 34,6% Part d'audience, 9 décembre), dont la suite est attendue en janvier, devance Les Tuche (7,7 M - 28,8% PDA, 4 février),  diffusé au moment de la sortie des Tuche 3 au cinéma, et Rien à déclarer (7,1 M - 28,8% PDA, 11 mars), diffusé quand le nouveau Dany Boon, La Ch'tite famille, sortait en salles.

Finalement le seul film inédit sur une chaîne nationale non payante à avoir cartonné est Retour chez ma mère, qui en 2016 avait séduit 2,2 millions de spectateurs dans les salles, et qui a réunit le 7 octobre 6,8 millions de téléspectateurs (soit 27,3% PDA).

Les quatre films, quatre comédies françaises, ont été programmés sur TF1.

A côté les séries cartonnent avec 25 fictions françaises et 18 fictions étrangères (Good Doctor étant largement dominante). Et c'est souvent un bon pari pour les comédiens parfois oubliés par le 7e art comme Muriel Robin a attiré 8,3M de téléspectateurs avec Jacqueline Sauvage, c’était lui ou moi, ou Tomer Sisley a cartonné avec Balthazar (6M de téléspectateurs en moyenne, 7,3M au plus haut). La vérité sur l’affaire Harry Quebert permet au cinéaste Jean-Jacques Annaud de retrouver le succès, après quelques échecs au cinéma.

Bilan 2015: 106 millions d’entrées dans le monde pour le cinéma français

Posté par vincy, le 18 janvier 2016

"Pour la 3e fois en seulement 4 ans, les films français franchissent le seuil des 100 millions de spectateurs à l’international. Avec 106 millions d’entrées et 600 millions d’euros de recettes dans les salles étrangères, le cinéma français célèbre en 2015 sa 3e meilleure année hors de ses frontières depuis plus de 20 ans" annonce Unifrance en guise de bilan annuel pour l'exportation des films produits majoritairement en France. Mais pas forcément en langue française. 42,6 millions de ces entrées à l'international concernent des films en langue française (un bond de 22% tout de même en un an).

Toujours plus d'entrées à l'international qu'en France

106 millions d'entrées soit 600 millions d'euros de recettes (soit une baisse de 12% par rapport à 2015), c'est un double exploit quand on compare avec les 72,5 millions d'entrées pour les films français en France. Notons que les films d'animation représentent 20% des entrées internationales.

En 2015, 515 films français ont été exploités dans les salles étrangères. Il y a désormais plus d'entrées à l'étranger qu'en France et ce pour la deuxième année consécutive. C'est aussi le troisième meilleur score en 20 ans. L'Asie devient la première zone d’exportation des films français en 2015, devant l’Europe occidentale et l'Amérique latine (avec 22,3 millions d’entrées) a dépassé l'Amérique du nord.

Isabelle Giordano, directrice générale d’UniFrance, se félicite de ces bons scores: "Ces bons résultats à l’international confortent notre place de deuxième exportateur mondial et sont la preuve que notre écosystème est efficace et que cela vaut la peine de valoriser la diversité de nos talents. Les films français sont les seuls à être ainsi appréciés aussi bien sur les marchés internationaux que dans les grands festivals."

L'animation en force

Trois films d'animation se sont classés parmi les dix films les plus vus à l'étranger: Le Petit Prince, Astérix le domaine des dieux et Mune, le gardien de la lune ont séduit aussi bien des spectateurs européens, chinois, brésiliens, mexicain que russes. C'est une année record pour le genre, même si les films d'animation d'auteur ont eu plus de difficultés à s'imposer. "En 2e place du classement annuel, avec 15 millions d’entrées, Le Petit Prince devient le plus grand succès d’animation française à l’international depuis 20 ans" rappelle Unifrance.

Leader toutes catégories, une production Luc Besson une fois de plus, qui succède à Lucy (vainqueur 2014 par K.O.). Le 3e volet de la saga Taken attire à lui seul 40% des spectateurs de productions françaises sur la période: 44 millions de spectateurs dont 10,7 millions aux Etats-Unis et au Canada anglophone et 5,4 millions en Chine et un million d'entrée dans 10 pays différents.
Suivent Le Petit Prince (15 millions avec des records historiques au Brésil et au Mexique) et Le Transporteur - Héritage (10 millions dont 4 millions en Chine et 2 millions aux États-Unis et au Canada anglophone), soit trois films en langue anglaise. C'est donc la comédie La Famille Bélier (devant la continuation de la carrière historique de Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu ?, près de 10 millions de spectateurs étrangers au total), qui remporte la palme du film francophone le plus vu dans le monde en 2015.

La Famille Bélier (3,5 millions) a établit un record de fréquentation pour un film en langue française en Colombie (537 000 entrées), détrônant Intouchables, en plus de séduire 500 000 spectateurs en Italie, 430 000 en Allemagne, 380 000 en Espagne ou encore 150 000 au Québec.

Grand succès francophone de l’année 2014 (3,9 millions d’entrées en Allemagne notamment), Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? est le leader français en Espagne en 2015, avec 830 000 entrées supplémentaires pour 1,3 million d’entrées cumulées.

Pour la première fois, l’Asie devient la première zone d’exportation des films français en 2015. Avec 28,9 millions d’entrées, la zone capte plus d'une entrée sur quatre du cinéma français sur la période. Autre fait historique, la Chine se place au même niveau que les États-Unis et le Canada anglophone en attirant près de 15 millions de spectateurs en 2015. 3,5 millions de Japonais et 2,2 millions de Coréens se sont rendus en salles pour voir des films français en 2015.

Avec 25,6 millions de spectateurs, l’Europe occidentale repasse donc au 2e rang des zones d’exportation du cinéma hexagonal en 2015, avec deux points noirs: une année plutôt timide en Allemagne (4,7 millions d’entrées) et une situation toujours alarmante au Royaume-Uni. L’Italie est le seul pays européen à se hisser dans le top 5 de l’année, avec 5,2 millions de spectateurs. Cependant, l’Europe occidentale est, cette année, avec l’Europe centrale et orientale, la zone la plus favorable aux films en langue française, avec près de 60% des spectateurs recensés pour ces films.

Avec 22,3 millions d’entrées, 2015 marque une année charnière pour le cinéma français en Amérique latine, qui dépasse ainsi l'Amérique du nord. Le cinéma français y réalise des records de fréquentation au Mexique (9,4 millions d’entrées / +76% par rapport à 2014), au Brésil (5,3 millions / +44%) et en Colombie (2,4 millions / +116%), les 2 premiers accédant ainsi au top 5 de l’année devant l’Italie.

Enfin, l’Amérique du Nord passe en quatrième position des zones d’exportation des films français en 2015, faute de succès écrasants au box office, à l’image de Lucy l’année précédente. Le cinéma français subit surtout la désaffection globale du public nord-américain pour les films en langue étrangère et les films art et essai (lire aussi le bilan 2015 du box office en Amérique du nord). Sils Maria, Timbuktu ou encore Le Sel de la terre sont des exceptions.
Au Québec, la fréquentation avoisine les 900 000 entrées, dont près de 200 000 pour Astérix le domaine des dieux, le plus grand succès de langue française depuis Intouchables. Là encore, pas de quoi se réjouir dans un marché qui devrait être "acquis" au films en langue française.

Top 20 des B.O.F.: les Français, rois de la compo ?

Posté par wyzman, le 14 mai 2015

alexandre desplat

Pour la première fois de son histoire, la Sacem a réalisé un classement des 20 compositeurs les plus rentables de 2014. Représentant les intérêts des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique, la société s'est basée sur les droits d'auteur collectés pour la diffusion des films dans les salles de cinéma en France, afin de réaliser ce classement. Il n'est donc pas étonnant de retrouver Marc Chouarain, le compositeur de Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu?, Alexandre Desplat (The Grand Budapest Hotel, Godzilla, Monument men) et Howard Shore (Le Hobbit: la désolation de Smaug) en tête du classement.

Bien qu'il apparaisse clairement que les comédies ont beaucoup plu en 2014, ce classement reflète en partie le milieu. Car si la Sacem représente plus de 18.000 auteurs étrangers, les français occupent pas moins de 17 places. Seuls le canadien Howard Shore (3ème),le marocain Armand Amar (4ème) et le britannique John Powell (9ème) apportent un peu de diversité. Plus encore, comment passer outre la présence d'une seule femme dans ce classement, Marie-Jeanne Serero (13ème) ?

Le classement complet :
1. Marc Chouarain (Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu ?)
2. Alexandre Desplat (The Grand Budapest Hotel, Godzilla, Monument men)
3. Howard Shore (Le Hobbit: la désolation de Smaug)
4. Armand Amar (Belle et Sébastien)
5. Eric Serra (Lucy)
6. Eric Neveux (Les vacances du petit Nicolas)
7. Christophe Julien (9 mois ferme)
8. Pierre Adenot (La belle et la bête)
9. John Powell (Rio 2)
10. Bernard Lenoir (Les trois frères, le retour)
11. Ibrahim Maalouf (Yves Saint Laurent)
12. Michaël Tordjman (Babysitting)
13. Marie-Jeanne Serero (Les garçons et Guillaume, à table !)
14. Guillaume Roussel (Le crocodile du Botswanga, 3 Days to kill)
15. Maxime Desprez (Babysitting)
16. Thomas Roussel (Eyjafjallajökull, Amour sur place ou à emporter)
17. Alexis Rault (Fiston)
18. Laurent Ferlet (Sur le chemin de l'école)
19. Philippe Sarde (Quai d'Orsay)
20. Hervé Lavandier (Minuscule - la vallée des fourmis perdues)

Alors que le festival de Cannes vient tout juste de débuter, on ne peut que regretter l'absence totale de prix pour les compositeurs, hormis Cannes Soundtrack remis par des critiques. Mais cela n'empêche pas ces derniers de se rendre comme chaque année sur la Croisette. En 2015, sont donc présents:
Eric Neveux pour La Tête Haute d’Emmanuelle Bercot (film d'ouverture - sélection officielle)
- Jean-Louis Aubert pour L’Ombre des Femmes de Philippe Garrel (sélection de la Quinzaine des réalisateurs)
- Grégoire Hetzel pour Trois Souvenirs de ma jeunesse d’Arnaud Desplechin (sélection de la Quinzaine des réalisateurs)
- Alexandre Desplat pour Il Racconto dei racconti / Tales of tales de Matteo Garrone, (en sélection officielle), et pour Une Histoire de fou de Robert Guédigian (séance spéciale de la sélection)
- Marc Marder pour La Quatrième voie de Guvinder Sing (sélection Un certain regard)
- Bertrand Burgalat pour Gaz de France de Benoît Forgeard (sélection de l’Acid)
- Raphaël pour Les Cow boys de Thomas Bidegain (sélection de la Semaine de la critique)
- Eric Bentz pour Ni le ciel, ni la terre de Clément Cogitore (sélection de la Semaine de la critique)
- Amaury Chabauty pour La Fin du dragon de Mariana Diaby (sélection de la Semaine de la critique)
- Fleming Nordkrog pour La Vie en grand de Mathieu Vadepied (clôture de la Semaine de la critique)

Bilan 2014: la France, la très bonne élève du cinéma en Europe

Posté par redaction, le 5 mai 2015

L'Observatoire européen de l'audiovisuel a fournit ses données provisoires pour le continent concernant l'année 2014.

La France et la Turquie bons élèves, le retour de l'Espagne

© oeaPremier élément: les recettes brutes des salles dans l’Union européenne ont connu en 2014 une légère hausse de 0,6 % pour atteindre 6,32 milliards d’EUR. Il s’agit du deuxième résultat le plus faible sur les cinq dernières années. Les recettes ont particulièrement chuté en Italie et en Allemagne, alors qu'elles ont augmenté en France, en Espagne et en Pologne. Comme en 2013, la courbe des recettes brutes des salles suit celle de la fréquentation, qui connaît une modeste croissance de 0,7 % et se situe à 911 millions de places vendues, soit environ 6,5 millions de plus qu’en 2013.
En nombre d'entrées la France reste le plus gros marché européen avec 208M de spectateurs, devant la Russie (hors calcul), le Royaume Uni, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne. La Turquie (hors calcul) connaît la plus forte croissance et devance la Pologne.
Sur les 36 marchés analysés, deux ont une part de marché nationale supérieure à 30% (la Turquie avec 58% et la France avec 44%). La république Tchèque, l'Allemagne, le Danemark, l'Espagne, la Finlande, le Royaume Uni, l'Italie, la Lituanie, les Pays Bas, la Pologne, la Suède et la Norvège limitent la casse avec plus de 20% de part de marché pour les films nationaux.

Deux films français dans le Top 10, des scores décevants pour Hollywood

© oeaDeuxième point: Le derniers volet de The Hobbit et le troisième épisode de The Hunger Games sont en tête des box-offices de l’Union européenne, avec respectivement 22,7 millions de spectateurs et 20,1 millions de tickets vendus. Juste derrière se trouve Dragons 2. Au total, 9 suites ou spin-off se classent dans le Top 20 des films les plus fréquentés. Pire, seuls trois films européens ont réussi à se faire une place au soleil: Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu? (5e avec 17,1 millions d'entrées), Lucy (6e, avec 15,2 millions d'entrées) et Ocho apellidos vascos (18e, avec 9,3 millions d'entrées et plus gros succès historique du cinéma espagnol). Tout le reste du Top 20 est américain ou coproduit avec les Etats-Unis. 16 films ont dépassé les 10 millions de spectateurs. Cependant, les superproductions hollywoodiennes ont attiré largement moins de spectateurs que les champions des années précédentes, généralement au dessus des 35 millions d'entrées.

Le cinéma français domine dans un marché europhile

© oeaCe qui conduit à un troisième constat: La part de marché des films européens atteint 33,6 %, soit un record depuis 1996. 12 films ont même dépassé les 3 millions d'entrées en 2014. Outre les deux champions français cités plus haut et le carton du film espagnol, des films comme Paddington, Supercondriaque ou la suite de The Inbetweeners ont fédéré plus de 5 millions de spectateurs. Le cinéma français est en pleine forme avec 5 films dans le Top 10 et 10 dans le Top 20. Certains ont fait l'essentiel de leurs recettes en France et en Wallonie, mais d'autres ont connu le succès dans plusieurs pays. Le cinéma britannique place 3 films, les cinémas allemand et espagnol 2 chacun, les cinémas belge, suédois et polonais un chacun. Quatre films de ce Top 20 sont sortis en 2013 et un gros tiers n'était pas encore sorti dans tous les gros marchés.

Plus de films produits et plus de salles numérisées

Quatrième donnée: Avec 1603 longs métrages (y compris les documentaires), la production de films dans l’Union européenne poursuit sa progression, après avoir déjà atteint un record l'an dernier avec 1587 longs métrages. 32% d'entre eux sont des coproductions.

Enfin, dernière observation; La numérisation des écrans est presque achevée puisque 92 % du parc de l’Union européenne étaient convertis fin 2014, contre 14% en 2010 et 87% en 2013. Il reste quelques points noirs comme la République Tchèque, la Grèce et les pays Baltes.

Les Français et le cinéma : La Grande vadrouille et Intouchables au top

Posté par vincy, le 30 mars 2015

L'an prochain, on célèbrera les 50 ans de La Grande vadrouille. Le film de Gérard Oury continue d'être le film préféré des Français, selon un sondage BVA-Doméo-Presse régionale, avec 27,1% des citations, un poil devant Intouchables (26,6%). Le vieux fusil complète le podium, en cohérence avec le choix des Français pour les acteurs Philippe Noiret et Romy Schneider, parmi leurs préférés (voir le palmarès des comédiens/comédiennes/cinéastes préférés des Français).

Derrière on retrouve essentiellement des comédies: Les tontons flingueurs, Le dîner de con, Bienvenue chez les Ch'tis, Le cinquième élément, Les bronzés font du ski, Le fabuleux destin d'Amélie Poulain, Les Visiteurs, Le père Noël est une ordure, Léon, Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu?, Le Grand bleu, Astérix et Obélix: Mission Cléopâtre, Le dernier métro, Les petits mouchoirs, La famille Bélier, Ne le dis à personne et La Boum.

7 films sortis avant 1985

Outre la prédominance des comédies (11 sur 20), on remarque que deux films sortis en 2014 sont directement entrés dans ce Top 20, largement représenté par des films souvent rediffusés à la télévision. Seuls deux "classiques" dramatiques se classent dans les choix des Français. Plus globalement, 5 sont sortis en salles il y a moins de 10 ans, 15 il y a plus de 10 ans, 10 il y a plus de 20 ans et même 7 il y a plus de 30 ans.

Luc Besson, réalisateur préféré des Français, place trois films et Guillaume Canet en place deux. Côté acteurs, le Splendid domine: les champions restent Christian Clavier et Thierry Lhermitte (pourtant absents du Top 20 des comédiens préférés) avec respectivement cinq et trois films. Jean Réno est aussi mentionné avec trois films.

Différences générationnelles

Il y a cependant des disparités. Ainsi les Femmes ont d'abord choisi Intouchables, devant Le vieux fusil et La Grande vadrouille. Les hommes préfèrent La Grande vadrouille, Les tontons flingueurs et Le vieux fusil. Les 18-34 ans ont cité Les Bronzés font du ski devant Intouchables, Astérix et Obélix 3, Léon et Le dîner de cons. Les 35-64 ans préfèrent La Grande vadrouille, Intouchables, Les tontons flingueurs, Le vieux fusil et Le dîner de cons. Les séniors plébiscitent largement Le vieux fusil, César des César en 1985, devant Intouchables, La grande vadrouille, Les tontons flingueurs et Bienvenue chez les Ch'tis.

On ne sera pas méprisant, on ne jugera pas. Mais avouons quand même qu'il y a de sérieux oublis. La faute sans doute à la télévision qui préfère rediffuser ces films populaires plutôt que de rediffuser d'autres oeuvres moins divertissantes mais qui furent populaires en leur temps.

Maroc: record de tournages étrangers, fréquentation des salles en baisse

Posté par vincy, le 10 mars 2015

Année faste pour le Maroc, qui est redevenu une destination très en vogue auprès des producteurs internationaux. En 2014, le Royaume est resté le lieu de tournage préféré dans le monde arabe pour les studios hollywoodiens, devant les Emirats Arabes Unis (qui ont pourtant attiré Star Wars et Fast & Furious 7).

Selon le Centre cinématographique marocain, les productions étrangères ont dépensé 120 millions de $ en 2014, un record. C'est davantage que les sommes dépensées par les tournages internationaux pour les cinq dernières années cumulées. Au total, 38 productions étrangères ont été accueillies dans le royaume dont 27 longs métrages et 11 séries. A cela il faut ajouter 104 documentaires étrangers.

Tom Cruise, Bradley Cooper, Daniel Craig...

Le Maroc a été choisi pour Mission: Impossible 5 (avec l'autoroute Marrakech-Agadir fermée pendant deux semaines), des scènes d'American Sniper, d'Exodus, d'Hercule, de Sage & Milo (de Zack Snyder), d'Un hologramme pour le Roi (de Tom Tykwer), de Rock The Kasbah (de Barry Levinson), de Queen of the Desert (de Werner Herzog) et du prochain James Bond, Spectre. A la fin du printemps 007 reviendra à Tanger pour une durée de tournage beaucoup plus longue. Côté français, Les chevaliers de Joachim Lafosse, Bang Bang d'Eva Husson, de Le front du wakhan de Clément Cogitore et Eden de Mia Hansen-Love font partie des tournages sur le sol marocain.

Deux films français dans le Top 10

Malgré cela, la fréquentation des cinéma américains est en baisse avec 1,64 million d'entrées en 2014, soit un million de moins qu'en 2009. Trois films marocains - Derrière les portes fermées, Road to Kaboul, Sara - dominent le Top 10 qui comprend deux films français (Lucy, Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu?), trois films américains, une coprod franco-américaine (Non-stop) et un film indien (Dhoom 3). 45 films marocains sont sortis en salles et représentent 29% de parts de marché (contre 40% pour les USA, 10% pour l'Inde et 6% pour la France). 12 films marocains ont été primés dans les Festivals étrangers.

Le Maroc compte 32 complexes cinématographiques. les plus importants sont à Casablanca, Marrakech, Fès et Rabat. Le groupe français Megarama possède trois des quatre multiplexes les plus fréquentés et attire 66% des recettes dans le pays.

Toutes les statistiques

Bilan 2014: un box office français très en forme

Posté par geoffroy, le 29 janvier 2015

Les salles françaises se portent bien. Très bien même. En 2014, elles ont attiré un public nombreux pour un cumul dépassant la barre des 200 millions de spectateurs. Avec 208,43 millions d’entrées (chiffres non définitifs publiés par le CNC), l’exercice 2014 est en augmentation de 7,7% par rapport à celui de 2013. Un quasi record puisque en 47 ans (1967 et ses 211, 5 millions d’entrées) seule l’année "Intouchables" 2011 a fait mieux (217,2 millions d’entrées).

L’année 2014 est également bien au-dessus de la moyenne nationale depuis dix ans (196,47 millions d’entrées). Devant ce plébiscite pour les salles obscures, la part de marché des films français s’avère plutôt élevé avec 44%, soit 11 points de mieux qu’en 2013. La fréquentation des films français atteint, quant à elle, 91,62 millions d’entrées, soit le score le plus haut depuis trente ans et ses 94, 12 millions d’entrées. Même si légèrement devant, les films américains subissent une chute de 9,9% pour atteindre 93, 93 millions d’entrées. Idem pour leur part de marché tombant à 45,1% en 2014 contre 54,2 % en 2013.

Le carton national

Comme de coutume depuis plusieurs années, un film booste la fréquentation. Nous vous le donnons en mille, il s’agit d’une comédie française. Avec 12,2 millions d’entrées Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ?, se classe à la 14ème France. Signalons qu’avec ce triomphe, Christian Clavier établit un record inédit au box-office en devenant le seul acteur, toutes nationalités confondues, à avoir tenu un rôle principal dans quatre films à plus de 10 millions d’entrées.

Christian Clavier au box office
1. Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre (2002) : 14,5 millions d’entrées
2. Les Visiteurs (1993) : 13,7 millions d’entrées
3. Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? (2014) : 12,2 millions d’entrées
4. Les Bronzés 3 : Amis pour la vie : 10,3 millions d’entrées

Autre satisfaction. Les quatre premières places du B.O sont occupées par des films français qui, de surcroit, dépassent également les 5 millions d’entrées. Outre le film de Christian Clavier notons la présence du trublion Dany Boon avec un Supercondriaque à 5,3 millions d’entrées. Même score pour le retour de l’enfant prodigue, Luc Besson. Sa Lucy, plus américaine que vraiment française, dépasse, elle aussi, les 5 millions d’entrées (5,2). Hormis
les bouillies infâmes en images de synthèse du réalisateur (la trilogie Arthur et les Minimoys), le dernier carton live de Besson remonte tout de même à 1997 et le Cinquième Élément (7,7 millions d’entrées). Dans quelques jours La Famille Bélier les dépassera pour terminer sa course à la deuxième place 2014, aux alentours des 6-7 millions d’entrées.

Nous aurons donc une année avec quatre films français aux quatre premières places. Ce qui n’était plus arrivé depuis 1970 !

Au final, il faut noter la présence de 8 films français dans le top 20 (dont 7 comédies !), tous à plus de 2 millions d’entrées (Samba, Les vacances du petit Nicolas, Babysitting et Les trois frères, le retour). Outre les sempiternelles comédies cartonnant au côté du dernier Besson, saluons la belle performance du film d’animation de Louis Clichy et Alexandre Astier, Astérix : Le domaine des Dieux (près de 3 millions d’entrées pour cette nouvelle adaptation du célèbre gaulois, plus gros succès de la franchise en film d'animation). Les premiers films de genre français – néanmoins « marketés » comme il le faut avec stars à l’appui –, se retrouvent relégués à la 27e place (La belle et la bête à 1,8 million d'entrées), 30e place (Yves Saint-Laurent à 1,6 million d’entrées) et 34e (La French, le dernier film avec Jean Dujardin vient de dépasser les 1,5 million d’entrées). Bref, il reste peu d’espace pour des films alternatifs en demande de reconnaissance. Seul Hippocrate, flirtant avec la barre symbolique du million d’entrées (914 651 entrées), aura su tirer son épingle du jeu.

Le cinéma français a cependant connu quelques déconvenues: Tu veux ou tu veux pas, Les yeux jaunes des crocdiles, Le grimoire d'Arkandias, Gemma Bovery, Bon rétablissement... Les surprises sont plutôt venues de François Ozon, Céline Sciamma, Robin Campillo et Thomas Cailley qui, avec des films très singuliers, ont pu remplir les salles durant de nombreuses semaines. Et le champion des premiers films français n'est autre que Sous les jupes des filles, qui a atteint 1,3 million de voyeurs.

Un dernier mot au sujet de Timbuktu. L’excellent film franco-mauritanien d’Abderrahmane Sissako continue de bénéficier d’un très bon bouche-à-oreille pour dépasser les 650 000 entrées.

Le bide made in US

Petite surprise pour la production américaine. Un seul film dépasse les 4 millions d’entrées au cours de l’année écoulée avec le dernier épisode de la trilogie de Peter Jackson, Le Hobbit : La bataille des 5 armées à 4,7 millions d’entrées. Il faut remonter à 1995 pour retrouver un tel fiasco hollywoodien où seul Pocahontas avait dépassé ce cap (5,6 millions d’entrées). Tous les autres blockbusters sont en retrait par rapport à l’année dernière, oscillant péniblement entre 2 millions (Maléfique) et 3,7 millions d’entrées (La planète des singes : l’affrontement).

Signalons quelques beaux échecs comme la suite du reboot de Spiderman (2 millions d’entrées pour The Amazing Spiderman : le destin d’un héros, là où les films de Raimi attiraient en moyenne 5-6 millions de spectateurs), ou du troisième opus des Expendables tout juste millionnaire. Nous ne parlerons pas des fours, des vrais, comme Transcendance (780 000 entrées), le remake de Robocop (681 000 entrées) ou, pour ne citer que lui, Sin City, j’ai tué pour elle (375 000 entrées contre 1,2 million d’entrées pour le premier opus). À sa décharge, le film s’est également planté aux États-Unis...

Nous avons eu de cesse de le répéter, la politique de la franchise des productions américaines séduit de moins en moins un public blasé de voir se succéder super-héros, suites à rallonge et autres reboot inutiles. En cumul, ces films font des entrées. Certes. Mais elles s’effritent interdisant à un film de sortir du lot. Il y a bien sûr des sagas qui continuent de séduire comme les X-Men (3,3 millions d'entrées), les dessins animés  (Dragons 2 a attiré 3,4 millions d'entrées, Rio 2 avec 3,3 millions d'entrées) et Hunger Games (qui dépasse les 3,3 millions d'entrées).

Reste que sur les 20 premiers films de l’année 2014, 11 sont américains. Mention spéciale pour Le Labyrinthe, petite production de 35 millions de dollars venue de nulle part et qui a su attirer plus de 3 millions de spectateurs, soit plus que Interstellar (qui déçoit avec 2,6 millions d'entrées). Idem pour le nouveau Fincher, toujours très populaire chez nous. Son remarquable Gone girl flirte avec les 2 millions d’entrées là où le Scott (Exodus) se plante à moins de 1,5 million d’entrées. C’est-à-dire au même niveau que l'oscarisé 12 Years a Slave, le réjouissant The Grand Budapest Hotel (plus gros succès de Wes Anderson), le chargé Noé ou le stupéfiant Godzilla.

Mais que de fiascos! Planes 2, Hercule, Fury, Equalizer, Pompéi, 22 Jump Street ont tous terminé en dessous du million de spectateurs.

Un dernier mot pour dire que le carton US de l’été, à savoir Les gardiens de la galaxie, n’a pas fait recette chez nous avec son cumul juste acceptable de 2,3 millions de spectateurs. Pas grave, sa suite, prévue pour 2017, saura rectifier le tir.

Le reste du monde un peu rétrécit

Les films non français et non américains reculent eux-aussi en passant de 12% en 2013 à 11% en 2014. La fréquentation est également en baisse à 22,8 millions d’entrées (-4,7%). La chute est faible. Soit. Mais ce léger déclin confirme une tendance. Celui d’un souci, réel, de visibilité, comme de diffusion, de films considérés moins grand public. Pas étonnant, donc, de retrouver à la première place des films étrangers le célèbre ours en peluche Paddington qui a eu le droit à sa première adaptation cinématographique. Si, avec 2,6 millions d’entrées, Paddington n’est pas le carton attendu, le film talonne néanmoins Astérix : le Domaine des Dieux.

Le deuxième film étranger est 44ème. Il s’agit de Mommy, dernier long-métrage de Xavier Dolan. Celui-ci, de qualité, a très certainement bénéficié de son passage cannois (Prix du Jury), d’une très bonne presse et d’un bouche à oreille solide pour assurer son succès. Avec 1,1 million d’entrées, Mommy «atomise» la moyenne des quatre derniers films du réalisateur (108 000 entrées). cela faisait plus de 10 ans qu'un film québécois n'avait pas atteint ce score. Par contre, le troisième film étranger en termes d’entrées (64ème) est une déception. Pour ses adieux à la réalisation, Hayao Miyazaki nous laisse une œuvre réussie qui n’a pas su, hélas, toucher plus largement le public. Avec 776 769 entrées, Le vent se lève laisse un goût d’inachevé presque dommageable.

Cette année, comme en 2013, 6 films étrangers font partis des 100 films ayant attirés le plus de spectateurs. C’est peu. Trop peu, hélas. Outre les trois longs-métrages déjà cités, Philomena, Ida et Khumba complètent la liste. Il est à noter que la palme d’or 2014, Winter Sleep, réalise 344 207 entrées, soit la pire performance pour une Palme depuis Oncle Bonmee en 2010. À titre de comparaison, La Vie d’Adèle, palme d’or 2013, avait réalisé un peu plus d’un million d’entrées. Comme à l’habitude, plus nous descendons dans la hiérarchie, plus l’éclectisme du cinéma mondial prend le dessus mais reste drastiquement anecdotique, même si les grandes signatures comme Ken Loach, Mike Leigh ou les Dardenne ont trouvé leur public.