Peau d’âme : et si on s’en laissait conter ?

Posté par MpM, le 7 octobre 2010

Fortement influencé par Charles Perrault, notre collaborateur Benoit Gautier a écrit un conte pour adultes et adolescents qui évoque le mal de vivre à travers le miroir déformant de la mémoire et  le trauma des psychodrames enfouis dans les souvenirs. Peau d'âme est une lecture-spectacle à deux voix en franco-québécois qui accompagne le "Garçon doré" dans son univers de rêves et de transferts féériques, inventés pour échapper à une réalité trop hostile. On devine tour à tour le Petit Poucet et le Chaperon Rouge, le grand méchant loup et l'âne dépecé.

Un conte atypique et mystérieux à découvrir le temps de quatre représentations au Centre culturel canadien. Du 18 au 20 octobre 2010,  Nadine Girard et Sylvain Savard de la compagnie "Bafduska Théâtre" s'emparent en effet des deux voix de Peau d'âme, sous la direction de l'auteur lui-même.

"Un décor aux allures de séance de spiritisme s’est imposé à mes yeux pour abriter ce texte qui se raconte comme une longue confidence", explique Benoit Gautier, qui nous a habitué à des mises en scène à la fois inventives et épurées (Leçon d'anatomie, Le problème avec moi, Tu m'aimes-tu...). "Un éclairage bleu nuit et rouge sang, deux tables incandescentes, une forêt de flammes et de grands yeux peints en turquoise sur les paupières des comédiens plongent le spectateur dans le dédale d’un labyrinthe mystérieux plein de rebondissements."

Le cinéma, lui, n'est jamais loin. A travers son récit, l'auteur rend notamment hommage aux figures tutélaires de François Truffaut, Jean Cocteau ou encore Jacques Prévert. Il convoque également Jacques Demy et Federico Fellini. Jusque dans le choix musical, qui fait la part belle à Michel Legrand, Angelo Badalamenti, Danny Elfman...

On ne s'étonne guère de cette filiation, car Peau d'âme a en commun avec le cinéma la tentation de réinventer le monde pour échapper à la morne réalité. Ne vaut-il pas mieux rêver sa vie que ne pas vivre du tout ?!

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Peau d'âme de et mis en scène par Benoit Gautier
Avec Nadine Girard et Sylvain Savard
18, 19 et 20 octobre 2010
Centre culturel canadien
renseignements et réservations : 09 52 66 19 59 / bafduska@free.fr

Sortie québécoise reportée pour Le concert

Posté par vincy, le 8 juillet 2010

Mercredi 30 juin, le quotidien la Presse annonçait "Dommage, pas de Concert..." ! Le Concert, film de Radu Mihaileanu, prix du public au Festival Cinemania de Montréal en novembre dernier, devait sortir le 2 juillet au Québec.

Mais les Films Séville, le distributeur local, a été contraint de le retirer des écrans, et de reporter la sortie au mois d'août. En effet, une clause contractuelle oblige les Films Séville à sortir le film après le distributeur nord-américain, en l'occurrence The Weinstein Company.

Du coup, La Presse a sorti le grand jeu patriotique (rappelons que l'auteur de ces lignes est aussi canadien). Marc-André Lussier a signé un édito, "La goutte de trop", vendredi dernier : "Les Américains sont ici chez eux. Bien malin celui qui parviendra, après bientôt 100 ans de régime féodal, à rétablir un rapport de force quelconque avec un seigneur aussi puissant. Pour rien au monde, il ne céderait son petit point de pourcentage de revenus en respectant le caractère spécifique du Québec et de ses distributeurs, lesquels connaissent pourtant autrement mieux qu'eux ce marché. Qu'un distributeur américain impose ses règles pour un film produit aux États-Unis, cela va de soi. Mais quand ce même distributeur impose chez nous sa loi avec arrogance pour des films étrangers – particulièrement les films français –, il ajoute l'insulte à l'injure. C'est la goutte de trop."

Il ajoute que cette affaire "met en relief la marge de manoeuvre désormais quasi inexistante dont disposent les distributeurs d'ici, même avec les productions étrangères (autres qu'américaines, il va sans dire). Voilà qui explique, entre autres choses, les délais inacceptables de «livraison» des films français et internationaux en nos terres."

Le Canada n'est en effet qu'un territoire nord-américain d'un point de vue cinématographique. Toronto est un marché comme Chicago, Calgary comme Seattle. Le box office US est en fait un Box Office nord-américain.

Aux Etats-Unis et dans le Canada anglophone, Le concert sortira le 23 juillet.

Festival d’Avignon : vous (re)prendrez bien une Leçon d’anatomie ?

Posté par MpM, le 7 juillet 2010

leçon d’anatomieAprès le succès des quatre représentations exceptionnelles du "Québec en Avignon" en décembre dernier, notre collaborateur Benoit Gautier et la compagnie Bafduska Théâtre s'installent à nouveau dans la cité des Papes. Cette fois-ci, ils présentent la très intense Leçon d'anatomie signée par l'auteur dramatique, romancier et poète québécois Larry Tremblay, où Martha, femme blessée atteignant la cinquantaine, se penche sur son passé.

Pour incarner Martha, on retrouve l'incandescente Micky Sebastian, célèbre notamment pour ses rôles dans Avocats & associés, Dolmen ou encore Sur le fil. Seule en scène, vêtue d'un smoking blanc, elle s'adresse tour à tour au public et au mannequin de plastique qui symbolise son mari, Pierre, homme politique dont elle est séparée. Tantôt fragile et volontaire, tantôt cynique et flamboyante, elle ausculte sa vie et son couple avec une fière intransigeance. Mettant à nu, au propre comme au figuré, cet homme qui a partagé son existence, elle va vers une délivrance, une liberté qui, peut-être, lui apportera la paix.

On est frappé par le travail de mise en scène de notre collaborateur, fidèle et passionné, Benoit Gautier, qui exploite au maximum le potentiel de son sujet. L'insolite duo que forme Micky Sebastian avec le mannequin à la fois désincarné et omniprésent permet ainsi de jouer sur l'espace mais également sur la résonance du texte. Le spectateur n'assiste plus à un monologue mais à une introspection à plusieurs voix, profonde et captivante. Preuve que l'anatomie, parfois, est autant question de larmes et d'émotions que de chair et de sang.
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Leçon d'anatomie de Larry Tremblay
Mise en scène Benoit Gautier
Avec Micky Sebastian
Du 8 au 31 juillet 2010, 19 h 00
Au Théâtre de la tache d'encre  (Avignon)
Renseignements sur le site de la compagnie Bafduska Théâtre

Un remake français pour Les Trois P’tits Cochons ?

Posté par vincy, le 28 juin 2010

les trois p'tits cochonsC'est suffisamment singulier pour être rapporté. Le Film Français annonce aujourd'hui que le hit québécois Les 3 P'tits cochons, de Patrick Huard, pourrait être adapté pour le marché français : Mandarin Cinéma a en effet pris une option sur le film. Ce serait une première dans l'histoire du cinéma québécois.

En 2007, au Québec film avait attiré 578 000 spectateurs (à peine 83 000 en France, un an plus tard), devenant le plus gros succès de cette année-là.

Patrick Huarda reformé son trio de comédiens - Paul Doucet, Claude Legault, Guillaume Lemay-Thivierge – dans  Filière 13, polar au budget conséquent (5 millions de $ canadiens) qui sortira au Québec le 6 août .

Les Jutra sacrent le jeune Xavier Dolan pour J’ai tué ma mère

Posté par vincy, le 29 mars 2010

xavier dolan jutraSurprise de l'année pour le cinéma québécois. Polytechnique partait largement favori de ses "Oscars", les prix Jutra, et son réalisateur, Denis Villeneuve (grand gagnant de l'édition 2001 avec Maelström)  avait tout pour rafler la mise. Il s'est fait largement doubler par un premier film, d'un cinéaste de 21 ans, qui a fait des étincelles à la Quinzaine des réalisateurs comme au box office local. Au final J'ai tué ma mère repart avec 4 Jutra tous prestigieux. Polytechnique en arrache 5 (dont meilleur réalisateur) et Dédé à travers les brumes en remporte 4.

Voici les gagnants de l'édition 2010.

Meilleur film: J'ai tué ma mère, de Xavier Dolan. 1 million de dollars canadiens au box-office et 25 prix à travers le monde (et une nomination aux César). Sans aucun doute le premier film le plusépatant de l'année 2009, toutes nationalités confondues. Car celui qui porte le plus d'espoir pour la suite de son oeuvre. "Je ne sais pas pourquoi je reçois ce Jutra, si c’est parce que j’ai 20 ans ou si c’est parce que j’ai fait un bon film, mais je m’en fous un peu."

Meilleure réalisation : Denis Villeneuve (Polytechnique). Brillante, esthétisante, frappante. C'est la première fois qu'un cinéaste reçoit deux fois ce prix, depuis la création des Jutra en 1999.

Meilleur acteur : Sébastien Ricard (Dédé à travers les brumes).

Meilleure actrice : Anne Dorval (J'ai tué ma mère). Mérité en mère sévère, dépassée, incapable d'exprimer son amour.

Meilleur film d'animation : Robe de guerre de Michèle Cournoyer. Travail à l'encre de chine sur papier.

Meilleur documentaire :  Last Train Home de Lixin Fan.

Meilleur court/moyen métrage : Danse macabre de Pedro Pirès (d'après une idée de Robert Lepage)

Meilleur acteur de soutien : Maxim Gaudette (Polytechnique). Un tueur qui ne s'oubie pas.

Meilleure actrice de soutien : Sandrine Bisson (1981). Une mère au bord de la crise de nerfs.

Meilleur scénario : J'ai tué ma mère de Xavier Dolan. Scénario refusé par de nombreux financiers. Ecrit en pleine adolescence de son auteur.

Prix Jutra-Billet d'or (plus grosse recette au box office québécois) : De père en flic d'Émile Gaudreault.

Film s'étant le plus illustré à l'étranger : J'ai tué ma mère de Xavier Dolan.

Jutra-hommage : René Malo, 68 ans. Producteur et co-producteur de films comme Le déclin de l'Empire Américain, L'aile ou la cuisse, L'animal, Le ruffian, Les portes tournantes...

Meilleur montage : Richard Comeau (Polytechnique).

Meilleure musique : Dédé Fortin, les Colocs et Éloi Painchaud (Dédé à travers les brumes).

Meilleure direction photo : Pierre Gil (Polytechnique)

Meilleur maquillage : Colleen Quinton (Cadavres).

Meilleure coiffure : Linda Gordon (1981).

Meilleurs costumes : Judy Jonker (Dédé à travers les brumes).

Meilleure direction artistique : David Pelletier (Dédé à travers les brumes).

Meilleur son : Pierre Blain, Claude Beaugrand et Stéphane Bergeron (Polytechnique).


Le prochain film pas imaginaire de Xavier Dolan

Posté par vincy, le 7 janvier 2010

Après le succès critique et public de J'ai tué ma mère, le jeune cinéaste Xavier Dolan n'a pas tardé à réaliser son deuxième film, Les amours imaginaires, dont le montage vient de débuter.

Le film met en scène Monia Chokri, Niels Schneider et Dolan. Tourné cet automne entre Montréal et les environs de Québec (près de Lobtinière), ce deuxième long métrage est aussi produit par Dolan et pourra être présenté au comité de sélection du festival de Cannes, ce printemps. Il sortira cet été au Quebec.

Le Québec en Avignon

Posté par MpM, le 15 décembre 2009

AvignonNotre collaborateur Benoit Gautier apporte la bonne parole québécoise en Avignon du 17 au 20 décembre prochain en mettant en scène la compagnie Bafduska Théâtre pour quatre représentations exceptionnelles.

Au programme, deux pièces signées Larry Tremblay (Le déclic du destin et Le problème avec moi) et deux œuvres de Benoit Gautier lui-même : la "créadaptation" Tu m’aimes-tu, patchwork en forme de scénario reprenant des morceaux choisis du théâtre québécois, et une création originale, Peau d’âme.

Pour les spectateurs, chaque pièce est une plongée dans les méandres de l’âme humaine : un couple qui se rencontre, s’aime et se déchire en un seul mouvement (Tu m’aimes-tu), un anti-héros lancé dans un étrange combat verbal avec son double (Le problème avec moi), un garçon qui se raccroche aux contes de fées pour échapper à une réalité hostile (Peau d’âme)…

Dans des mises en scènes tendues et inventives qui font la part belle à la musique (Radiohead, Badalamenti, Hermann…) et aux références cinématographiques, les excellents acteurs (Nadine Girard, Denis Lefrançois, Sylvain Savard) donnent vie à des personnages complexes et attachants auxquels il est facile de s’identifier.

Alors, au lieu de subir la monotonie de l'entrée dans l'hiver, laissez-vous tenter par une expérience québécoise hors du commun !

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Théâtre du Bourg-neuf
Peau d’âme, 17 décembre à 20h
Le déclic du destin + Le problème avec moi, 18 décembre à 20h30
Tu m’aimes-tu, 19 décembre à 20h30 et 20 décembre à 16h
Réservations et information 04 90 85 17 90

Gilles Carle ou le Fellini Western

Posté par benoit, le 12 décembre 2009

Gilles Carle et Carole LaureLe cinéaste Gilles Carle s’est éteint le 28 novembre 2009 à l'âge de 80 ans. Handicapé par la maladie de Parkinson, il ne parlait plus depuis cinq ans. En hommage au réalisateur québécois, des funérailles nationales ont été célébrées à la basilique Notre-Dame de Montréal le 5 décembre.

Cher Gilles Carle qui êtes maintenant aux cieux, que votre œuvre foutraque parce que terrestre soit glorifiée à sa juste valeur !

J’émets des vœux pour que le ciné-paradis où vous flottez en Maître soit un foutoir de jugement dernier où les débiles côtoient les putes, les saintes masturbent les vieillards, les anges servent la soupe aux proxénètes et les plus belles femmes du monde avancent toute nue sur les nuages avec des cornes d'orignal sur la tête.

Federico Fellini certifiait que l’Antiquité hante à jamais l'Italie, qu'il suffit de gratter le maigre vernis de sa civilisation pour découvrir un univers archaïque, barbare et païen. Vous, cher Gilles Carle, déclariez que le Québec a toujours de la boue dans le cerveau et des épines de sapin collées à l'âme. C’est pourquoi votre filmographie cède à toutes les démangeaisons, ne cesse de bondir dans tous les sens, épouse toutes les allées et venues des évolutions et révolutions. Comme La Vraie Nature de Bernadette où Micheline Lanctôt, petite-bourgeoise, quitte la ville pour la campagne. Lave son linge sale dans la rivière, s'adonne au régime végétarien et à l'amour libre. Comme dans La Mort d'un bûcheron où déboule Carole Laure, une rurale dans la jungle montréalaise qui pervertit au passage Maria Chapdelaine, le mythe de Louis Hémon, sous fond de déforestation.

Les mâles, les femelles, les Rouges, les Blancs, les ouvriers, les patrons, les nantis, les paumés, vous avez plongé toutes les figures inoubliables de votre monde dans une même mare de sperme, de sang, de rires, de larmes et de sueur. À l’image du pays dont vous êtes le plus grand cinéaste à ce jour. Ce Québec écartelé entre américanisme et franchouillardise qui n’en finit pas de courir après son identité, et n'arrive jamais à se poser. Comme votre œuvre, cher Gilles Carle, un western à la Fellini, capoté, désenchanté, bordélique, libre et magique !

Le cinéma québécois est en pleine forme!

Posté par vincy, le 5 août 2009

De père en flic, leader devant Harry Potter, en attirant un spectateur sur quatre dans les salles en.. quatrième semaine! Le cinéma québécois trouve son public. De père en flic réussit même l'exploit, avec près de 7,3 millions de $ CAN au box office provincial, de récolter plus de recettes que le sorcier à la cicatrice ou même L'âge de glace 3, loin derrière. cela va en faire un des plus gros succès du cinéma québécois. En deuxième place, la comédie Les doigts croches démarre en trombe (402 000 $CAN). Tout cela confirme la bonne santé du cinéma local. Car plus tôt dans l'été, J'ai tué ma mère, beaucoup plus auteurisant, avait franchit le cap symbolique des 800 000$ CAN. Un score incroyable pour un premier film et un film d'auteur. Dès sa première semaine, début juin, il avait engrangé 162 000 $ CAN. Le cinquième meilleure démarrage pour un film québécois. Il est toujours à l'affiche dans plusieurs salles de la Province. En Franc, le film a déjà séduit 35 000 spectateurs.

L'objectif est désormais de dépasser les 10% de part de marché pour le cinéma local.

Tournages : la France qui rit, le Québec qui pleure…

Posté par vincy, le 26 juillet 2009

fromapriswithlove.jpgLe cinéma est un enjeu économique pour les villes et les régions quand il s'agit d'accueillir des tournages. Le Parlement français a voté il y a quelques semaines une loi favorisant un crédit d'impôt. La commission de Bruxelles a validé cette mesure fiscale il y a trois semaines. Pour l'industrie du cinéma français, il s'agit d'être de nouveau un pays attractif pour les studios américains mais aussi européens et indiens.

Depuis que Spielberg, que ce soit pour Il faut sauver le Soldat Ryan ou Munich, a préféré reconstituer les plages normandes ou Paris à l'étranger ou encore que Woody Allen clamait pbliquement son impossibilité financière à réaliser un film à Paris, alors qu'il tournait à Londres et Barcelonne, les élus ont décidé de séduire par l'argent les décideurs du 7e Art. La France avait des qualités - et notamment le professionnalisme des techniciens - mais un énorme inconvénient : les charges sociales, très lourdes. Car à Hollywood, il y a des "gouvernements" dans chaque studio qui comparent les législations, les coûts, les partenaires promotionnels et les avantages fiscaux pour choisir le lieu de tournage.

Woody Allen a donc confirmé qu'il tournerait son film de 2011 l'été prochain à Paris. On attend aussi la suite de Wild Hogs, avec Travolta, qui semble s'accoutumer au pays, après le tournage de From Paris With Love en banlieue parisienne. Inception, avec DiCaprio et Cotillard, est la plus belle surprise venue de Los Angeles. Il s'agit d'un film de science-fiction réalisé par Christopher Nolan, le cinéaste de Batman, qui se tournera en France, dans des lieux gardés secrets pour le moment.

Une concurrence de plus en plus âpre

Le gouvernement a beau jeu de surfer sur ces stars qui viennent en France grâce à cette politique fiscale. Avant que cette mesure ne soit votée, il y avait pourtant déjà eu, régulièrement, des tournages étrangers sur le sol français. Si la France redevient à la mode, c'est aussi parce qu'elle commence à se doter d'équipements, comme le futur studio de Besson, qui peuvent recevoir des grosses productions, nécessitant souvent un matériel bien plus important que pour des films français. La concurrence reste rude en Europe, entre Berlin, Prague, Londres, Rome et l'Espagne.

Pendant ce temps, le Québec, longtemps terre d'accueil d'Hollywood, notamment dans les années 90, bénéficiant dun taux de change très favorable et d'une proximité géographique, désespère de voir les studios américains revenir dans ses infrastructures. Le quotidien La Presse constate qu'en cinq ans, le chiffre d'affaires des productions étrangères a chuté de 70%, ce qui a couté 9 100 emplois québécois, dont 2 400 rien qu'en 2008. Tout le Canada est touché. Mais le Québec est déprimé à l'idée de n'avoir attiré que cinq productions étranères. La faute au taux de change, défavorable désormais, aux syndicats, et à la politique de Toronto : un énorme studio de tournage, un festival de cinéma parmi les plus importants du monde, la langue anglaise...

De quoi rester vigilent en France, pour rester dans la course.