Stéphane Guillon en a fait la cruelle expérience il y a moins d'une semaine : On ne badine pas avec les affiches dans les transports publics. Fussent-elles drôles ou au second degré. La campagne du film à sketches Les infidèles, avec Jean Dujardin et Gilles Lellouche en tête de colonnes Morris, va être retirée, après quelques jours de campagne. Le film sort le 29 février, ce qui laisse le temps à Mars distribution de revoir sa campagne. Mais le distributeur a voulu profiter de l'omniprésence de Jean Dujardin dans les médias (avec The Artist), de la couverture du magazine Première (Dujardin et Lellouche en costards, mais sans le bas) et surtout d'une période où les français ne sont pas encore en vacances, afin de frapper le plus grand nombre.
Pourquoi ces affiches gênent-elles? Provocantes, elles montrent les deux acteurs en costumes, l'un avec les jambes d'une femme vers le haut, l'autre avec une tête féminine au niveau du bassin. Le message est sans équivoque. D'autant qu'avec ironie, le slogan joue sur le mensonge : le premier dit qu'il entre en réunion (le meeting étant une partie de jambe en l'air), l'autre affirmant que la conversation va couper car il entre dans un tunnel (métaphore de la bouche qu'il pénètre).
L'autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP) a reçu quelques plaintes de particuliers contre ces affiches qui se moquent de l'infidélité masculine. Stéphane Martin, directeur général de l'ARPP, avoue n'avoir reçu que quatre plaintes. Mais cet homme, abusant sans aucun doute de son pouvoir, avoue que "même sans ces demandes, nous serions intervenus. Il y a une représentation sexuelle explicite à la vue de tous, et ce n'est pas acceptable. Les images portent en plus atteinte à la dignité de la femme... Ces affiches ne respectent pas les “convenances”, selon le terme de notre code de la chambre de commerce internationale". Oh My God! Ou plus prosaïquement #WTF.
Cela commence en effet à faire beaucoup. Pas de message ambivalent politique, pas de message "explicitement" inconvenant. l'intégrisme moral fait des ravages (et rappelons bride la créativité et porte atteinte à la liberté d'expression). Si ça ne plait pas, on ne va pas voir le film.
De là à affirmer, comme M. Martin l'a fait que "Jean Dujardin voulait casser son image..."... Jean Dujardin est un comédien populaire qui a réalisé une partie de ce film, en plus d'en être un des comédiens. Si l'affiche choque certaines personnes, alors interdisons les promotions vers les îles avec "bimbos" photoshopées, les campagnes pour des régimes minceurs qui ne fonctionnent pas, les nouvelles publicités "animées" à l'instar de The Darkest Hour où une femme se fait exploser devant nos yeux...
Le jury de déontologie de l'ARPP doit encore statuer pour savoir si la campagne doit être interdite. A titre préventif, JC Decaux a confirmé le retrait ds affiches à partir de vendredi. En attendant les nouveaux visuels.
L'équipe du film a posté sur Twitter une image d'une publicité dans Paris : "On vous a fait une petite photo car nos affiches risquent de devenir collector ". Le politiquement correct a gagné.
Oscar en péril?
Mais les effets collatéraux vont aussi au-delà de ce puritanisme. Même si tout cela doit ravir les féministes intégristes (et, de fait on peut se désoler de cette réalité misogyne, qui a inspiré tous les grands auteurs et cinéastes...), cela ne fait pas les affaires de Dujardin à Hollywood.
En course pour un Oscar, l'acteur est en "campagne". On se souvient d'un fait divers paru en plein hiver en France autour de l'adolescence délinquante de Gérard Depardieu, qui avait détruit ses chances d'obtenir la statuette pour Cyrano de Bergerac. Les médias américains s'en étaient régalé.
Dès ce matin, The Hollywood Reporter a publié un article sur l'affaire Dujardin. Une campagne "provocatrice", "dégradante pour les femmes". Le "politiquement correct" si cher aux Américains s'en trouve meurtri, paraît-il (il leur en faut peu).
Donc, amis distributeurs, vous le savez désormais : pas d'armes, pas de cigarettes, pas de sexe. La publicité pour les films va devoir être très imaginative. Le cinéma n'est certes pas un produit comme les autres, mais les censeurs exigent qu'ils se vendent comme des soldes en magasins ou une exposition dans un Musée.
Comme à Ecran Noir on aime vous faire partager nos découvertes, alors après En t’attendant avec l’actrice Mélanie Laurent (en)chanteuse, voici l’instant Court n° 31.
Mélanie Laurent sera dans quelques jours la maîtresse de cérémonie d’ouverture du Festival de Cannes. Son rôle sera notamment d’accueillir les membres du jury présidé par Robert De Niro, et parmi eux Uma Thurman, dont le meilleur rôle restera la femme fatale blonde du diptyque Kill Bill de Quentin Tarantino. Mais c’est également avec lui, en femme fatale brune, qu’elle a marqué la mémoire de Cannes en 1994 lorsque Pulp Fiction gagna la palme d’or.
Uma Thurman est donc jurée de ce 64e Festival de Cannes, mais juste avant elle a prêté son image pour une campagne publicitaire. C’est maintenant elle qui vante avec humour le goût des boissons Schweppes. Après Nicole Kidman, la réplique ‘what did you expect ?’ est donc dans la bouche de l'actrice fétiche de Tarantino, qui avoue sur un ton équivoque qu’elle en a toujours envie, même avec des inconnus…
La marque Schweppes était déjà présente à Cannes avec notamment un espace détente pour les festivaliers. Pour renforcer l'histoire d'amour entre la marque et le 7e art, cette nouvelle publicité présente une scène typique des coulisses du cinéma : l’interview d’une star. On y voit un journaliste qui arrive, l’attaché de presse lui accorde seulement six minutes de temps, Uma Thurman est alanguie sur un canapé…
On vous laisse découvrir le reste ! Le spot existe dans une version de 30 secondes pour la télévision mais il est ici dans sa version longue de 1 minute. A noter que le réalisateur est David LaChapelle, connu pour son travail de photographe et aussi pour son film Rize.
Avant et après le festival de Cannes, avec ou sans Uma, pour votre santé mangez au moins cinq fruits et légumes par jour : www.mangerbouger.fr
Crédit photo : image modifiée, d’après un extrait du film Schweppes 2011.
De la clope de Gainsbourg (voir actualité du 23 novembre 2009) à la cigarette chic de Coco Chanel (voir actualité du 22 avril 2009), en passant par la polémique "nationale" sur l'affiche de l'exposition Jacques Tati (voir actualité du 17 avril 2009), le tabac a subit les foudres de la censure publicitaire ces derniers mois. Et bien bonne (?) nouvelle, Jacques Tati pourra toujours fumer sa pipe puisque les députés, qui n'ont sans doute que ça à faire de régler le zèle des propriétaires d'espaces publicitaires, ont décidé,hier en commission, d'exclure le patrimoine culturel d'une application trop littérale de la loi Evin interdisant toute propagande, directe ou indirecte, en faveur du tabac.
Un vote à la quasi-unanimité d'une proposition de loi de Didier Mathus et du groupe SRC (Socialistes, radicaux et citoyens) visant à "adopter une approche plus souple" de l'application de la loi Evin "afin de concilier les exigences de la loi votée le 10 janvier 1991 avec la protection de la culture".
"Au-delà de la publicité sur le tabac", "ce sont les oeuvres culturelles qui ont été remises en cause", a-t-il noté.
"Les falsifications de l'histoire, la censure des oeuvres de l'esprit, la dénégation du réel (...) doivent rester la marque infamante des régimes totalitaires", note dans son rapport la proposition de Loi.
Seul à s'abstenir, l'UMP Jacques Grosperrin avait, en vain, cherché à convaincre ses collègues que les ministères de la Santé et de la Culture s'étaient engagés à prendre des positions fermes sur le sujet.
Pourtant une petite pipe n'a jamais fait de mal à personne, non?
Après Audrey Tautou (et le très beau mannequin Travis Davenport) par Jean-Pierre Jeunet, Chanel se paye (à quel prix?) Martin Scorsese. Le réalisateur a déjà signé des publicités pour Armani et un alcool catalan). Il est aux manettes pour promouvoir un nouveau parfum pour hommes de la marque de luxe française. La publicité sera visible à la rentrée 2010. Elle se déroule à New York et met en vedette... Gaspard Ulliel.
Ullie, partenaire de Tautou dans Un long dimanche de fiançailles, de Jeunet (tout se croise), essaie de rebondir après quelques choix malheureux au cinéma. Même son Hannibal Lecter n'avait pas convaincu en 2007, seul gros succès de sa filmographie post-Jeunet.Il devrait revenir en force cette année avec La Princesse de Montpensier, de Bertrand Tavernier, sélectionnable pour Cannes ou Venise, où il interprétera Henri de Guise.
Soyons un peu plus "people" que d'habitude en évoquant (comme ça sans arrière pensée) que l'ancien mannequin (Longchamp...) est le compagnon de Jordanne Crantelle, responsable des relations célébrités de... Chanel.
Derrière ce titre énigmatique, nous voulons signaler qu'une bonne nouvelle chasse la "mauvaise". Certes Marion n'a pas obtenu le Golden Globe, écrasée par Meryl Streep - ceci dit le seul Golden Globe de la star (elle en a reçu au total six pour le cinéma et un pour la télévision) qui ne soit pas vraiment mérité tant sa prestation dans Julie & Julia était trop jouée.
Dans la foulée, Marion Cotillard a vite fait de revenir dans l'actualité avec son contrat Dior. Parmi les mieux habillées hier soir sur le tapis rouge, la star française a annoncé qu'elle serait Lady Rouge (après avoir été Lady Noire) pour la marque de luxe. La campagne publicitaire a été tournée à New York et elle y chante un titre inédit de Franz Ferdinand, The Eyes Of Mars. Le glam et le rock sont à écouter en cliquant ici.
Uma Thurman chez Givenchy, Jude Law chez Dior ou Vincent Cassel chez Yves Saint-Laurent : c'est assez classique de voir une star de cinéma devenir le promoteur d'un parfum. L'Oréal et autres faiseurs de cosmétiques se payent même le luxe d'un casting mondialisé.
Lancôme, filiale de l'Oréal d'ailleurs, a souvent utilisé ce procédé pour lancer des lignes de produits de beauté (on se souvient tous d'Isabella Rossellini vantant le charme sucré de Trésor). Lancôme exploite actuellement les visages de Kate Winslet, Anne Hathaway, Juliette Binoche et Clive Owen.
Désormais, elle s'offre (our un prix confidentiel mais certainement très élevé) Julia Roberts comme ambassadrice "globale" de l'ensemble de la maison, c'est-à-dire de toute les marques. Roberts, qui sera hiérachiquement au dessus de tous les autres, agira comme un porte-parole du groupe.
Les qualificatifs employés par la société sont évidemment des superlatifs : "femme emblématique de son temps", talent exceptionnel et convictions bien trempées", "sublime". Et riche : elle gagne entre 10 et 13 millions d'euros par films.
On ignore pour l'instant comment sera traduit ce nouveau "poste" et la durée du contrat. En attendant on retrouvera Julia Roberts sur les grands écrans dans Valentine's Day, prévu dans toutes les salles en février prochain.
Quel est le point commun entre André Malraux, Jean-Paul Sartre, Lucky Luke, Jacques Tati, Coco Chanel/Audrey Tautou, Serge Gainsbourg/Eric Elmosnino ?... Tous, sur des visuels vantant leur personnalité, ont été amputés de leur objet de fumaille.
En 1995, André Malraux voit sa cigarette disparaître de son bec sur un timbre poste. En 2005, exit la sèche de Jean-Paul Sartre sur l’affiche de l’exposition à la Bibliothèque Nationale de France. En 2008, celle de Jacques Tati à la Cinémathèque casse sa pipe au profit d’un tourniquet qui rit tout jaune en prenant une allure sinistre de jour de fête.
La débilité du consensualisme ambiant ne s’arrête pas là. Elle éradique aussi la tige des êtres fictifs. Dans ses BD, Lucky Luke a les poumons sains puisqu’il a lâché son sempiternel mégot au profit d’un … brin d'herbe !
Telle hier la clope de Coco avant Chanel de Anne Fontaine, c’est au tour des volutes de fumée de Gainsbourg, vie héroïque de Joann Sfar de quitter l’affiche. Début 2010, elles s’évaporeront si bien dans les airs (purs, bien sûr !) que nul ne les verra dans les couloirs de métro. Condamné par la régie publicitaire de la RATP, au nom du respect de la loi Evin contre le tabac, Gainsbarre le Dieu fumeur de Gitanes, n’est pas près de griller une brune en la voyant briller au fond de ses yeux, nom de Dieu !
Pendant longtemps, j’ose confesser que j’ai mis ma santé en péril en fumant au minimum deux paquets de cibiches par jour. Grand adepte de la succion, je ne cessais de tirer ma clope et avalait la fumée profond, très profond. Le non-fumeur était alors - à tort ! - considéré comme un pisse-froid et un rabat-joie. Pour les besoins d’un film, j’ai cessé mon vice à l’entrée du XXIe siècle.
Grand bien m’a pris ! J’ai évité de justesse le tsunami cleano-écolo-Hulot qui stigmatise et traque le pollueur tabagique. Race à proscrire de l’humanité, le fumeur est à présent relégué sur les balcons dans les dîners, expulsé des restaurants et des cafés, parqué sur les trottoirs, exposé aux frimas en espérant que le virus h1N1 n’en fasse qu’une bouffée. Euh, pardon… une bouchée !
Attention, messieurs les censeurs et les biens pensants ! Savez-vous que le mieux s’acoquine souvent avec l’ennemi du bien ? Savez-vous qu’en gommant l’existence du vice à la face du monde, vous exciter la turgescence de l’interdit ?
J’en suis la preuve vivante. À cause d’une éducation judéo-crétine, j’affectionne le désordre. J’aime le mélange un peu crade des couleurs et des odeurs. J’adore les bouts qui dépassent et les tiges qui crachent. Oups, j’en ai peut-être trop dit… Allez, comme je suis brave fille, je vous laisse le droit d’effacer tout ce qui fait tache. Moi, je vais fumer du Belge et la moquette avec !
8 heures de spectacle, 5h30 de cinéma publicitaire, 360 spots, 54 pays. Et de la star en stock. Car durant cette 29e nuit des Publivores, vous pourrez voir un casting inégalé : Brigitte Bardot, Kim Basinger, Charlie Chaplin, Omar Sharif, Antonio Banderas, Gérard Depardieu, Léonardo Di Caprio, Richard Gere, Mélanie Griffith, Dustin Hoffman, Paul Newman, Brad Pitt, John Travolta... Et même un court métrage de 7 minutes réalisé par Martin Scorsese pour Freixenet. Le réalisateur remet par hasard la main sur un scénario inachevé d’Hitchcock et décide de le tourner, d’en imaginer la fin…
La nuit des Publivores se déroulera le 13 novembre (pour finir le 14) à 23 heures au Grand Rex à Paris. Vous en profiterez pour admirer la nouvelle façade du plus célèbre cinéma de la capitale. Finies les grandes affiches qui surplombaient les grands boulevards. Place à un système d'images numériques (pour se croire à Tokyo ou sur Times Square), avec des écrans LED qui permettent d'animer le bâtiment. Pour l'instant on peut observer des plans fixes montés frénétiquements de This is It, le film sur Michael Jackson.
Nespresso n'a pas pu résister. Pour la quatrième année, la marque de café a réengagé son meilleur VRP : George Clooney. Le nouveau film, réalisé par Robert Rodriguez et produit par une agence de publicité basée à Paris, sera visible dès le 6 novembre dans le monde entier. La star n'ayant jamais été aussi visible - deux films à venir, une vie qui envahit les pages "people" - cela reste une valeur sûre.
Cette fois-ci, les internautes ont pu, du 16 au 23 octobre, visionner des extraits du nouveau film, en avant-première sur un site dédié. Ils étaient invités à imaginer la suite de trois séquences, dont celle d'un piano qui risquait d'écraser Clooney. Les trois courtes séquences proposées - Le Piano, La Barista, Martina - sont quasiment sans paroles (hormis un "Y a-t-il une sortie par derrière?" dans La Barista). Scénarii catastrophe à inventer? Depuis la fin du concours, Nespresso a sélectionné deux scripts proposés dans les 16 pays participants, puis les cinq meilleures, tous pays confondus, seront présentés sur le site web, via une interface Facebook et un relais Twitter. Un jury, pour finir, élira la meilleure intrigue.
Une fois n'est pas coutume, parlons mode, luxe, grosse marque mondialisée, marketing ostentatoire, star à paillettes, bref tout ce qui ne nous ressemble pas. Louis Vuitton, propriété de LVMH, le groupe de Bernard Arnault, lance un concours créatif avec l'appui de Wong Kar Wai. Il est malin ce milliardaire. Irréprochable jusque dans sa pub. Il attire de grands artistes - vidéastes, plasticiens, photographes, réalisateurs - ou des stars (Deneuve, Madonna, les Coppola... pour ne parler que show-biz) et il créé le buzz.
Lors du festival de Venise, la marque a lancé les Journeys Awards. Un concours international qui invite les étudiants en école de cinéma à traduire leur vision du voyage. Wong Kar Wai a réalisé pour l'occasion un nouveau montage à partir des rushes de My Blueberry Nights, film d'ouverture de Cannes 2007, afin de montrer la voie. Il "coache" les candidats sur le site internet de l'opération, où devront être inscrits les films antre le 1er et le 30 octobre.
Le voyage reste l'incitation principale. Ici il n'est plus seulement intérieur. Il doit de toute façon être créatif. A vos tables de montage...