Les Golden Globes au tribunal

Posté par vincy, le 10 août 2011

La bataille est lancée. Les Golden Globes, cérémonie de prix la plus regardée après les Oscars, seront au coeur d'un procès à partir du 30 août. La juge américaine Valerie Baker Fairbank a constaté que les faits matériels étaient suffisamment avérés pour le procès ait lieu. L'Association de la presse étrangère à Hollywood, qui gère les prix depuis leur création, devra faire face à Dick Clark Prods. Le conflit juridique se base sur un accord datant de 1993 qui donnerait à Dick Clark Prods les droits perpétuels pour produire la cérémonie télévisée, aussi longtemps qu'existera l'accord de diffusion avec la chaîne NBC.

L'Association de la presse étrangère à Hollywood (HFPA) a poursuivi DCP en novembre 2010. La société de production, selon l'HFPA, n'avait pas le droit de négocier un contrat à long terme avec NBC sans son consentement. Cet accord devait commencer en 2013 pour cinq ans d'exclusivité. L'Association va jusqu'à plaider que son président de l'époque n'avait pas l'autorisation de signer un tel accord (quasiment illimité) avec DCP. Elle remet donc en question 18 ans de contrat.

La juge considère qu'il y a assez de preuves pour que le conflit soit établit et, surtout, elle remarque que certains éléments peuvent être interprétés de manière contradictoire.

Pour Dick Clark Prods, il s'agit de ne pas perdre trop de temps pour que le contrat avec NBC puisse être signé en toute validité. Pour l'HFPA, l'objectif est plutôt de faire réécrire le contrat et de faire valoir ses droits à travers ce procès.

La filiale cinéma de TF1 condamnée à verser 32 millions d’euros pour ne pas avoir distribué le dernier Spike Lee

Posté par vincy, le 6 juillet 2011

Selon l'AFP, TF1 Droits audiovisuels a été condamnée par le Tribunal de Grande Instance de Paris pour ne pas avoir respecté ses engagements contractuels visant à commercialiser Miracle à Santa-Anna, de Spike Lee, selon le jugement consulté mercredi par l'agence de presse. La société française, filiale de TF1, est lourdement condamnée à payer près de 32 millions d'euros. TF1 DA envisage de faire appel, "tant en raison des fondements de cette décision que du niveau des dommages et intérêts alloués". La société trouve le montant disproportionné par rapport aux recettes nord-américaines du film.

Un flop coûteux

Miracle à Santa Anna est sorti en septembre 2008 aux USA, juste après son avant-première mondiale au Festival de Toronto. Le film a été distribué en Italie mais il est sorti directement en DVD dans plusieurs pays. Car ce fut un fiasco. Le budget conséquent de 45 millions de $ n'a jamais été remboursé avec les recettes en salles : 8 millions de $ aux USA, à peine 1,5 millions de $ dans le monde. Ce film, adaptation du livre éponyme de James McBride, au casting pourtant bien étoilé (Derek Luke, John Turturro, Joseph Gordon-Levitt, James Gandolfini et Karry Washington) souffrait d'une durée anormalement longue (2h46). Spike Lee n'a tourné aucun long métrage depuis. Il avait bénéficié de ces énormes moyens grâce au succès d'Inside Man, sorti en 2006.

Selon lui, le coupable de cet échec est tout trouvé : TF1 DA (coactionnaire de TF1 International, avec UGC Distribution) avait le droit exclusif d'exploiter et de distribuer le film dans le monde entier, à l'exception de l'Amérique du Nord et de l'Italie. Dans un mémo contractuel, la société productrice On My Own devait recevoir une avance de 11 millions de $ en contrepartie.

Historique de l'affaire

Là commence un imbroglio juridique : TF1 International, dont les finances souffrent à cette époque, suspend l'exploitation et la distribution sous prétexte que la version finale n'est pas conforme à ce qui a été promis : On My Own réclame les 11 millions de $ ; TF1 International va en justice pour résilier le contrat et demande des indemnités pour le préjudice ; Spike Lee et la société de production décident d'assigner TF1 D.A. début 2009.

Un an et demi plus tard, la justice est lente parfois, la 3e chambre civile du TGI de Paris leur donne raison : "Aucun manquement contractuel ne peut être invoqué à l'encontre de la société On my Own et la société TF1 International ne pouvait valablement refuser la livraison du film". TF1 International "a manqué à ses obligations contractuelles" et résilié le "deal memo" à "ses torts exclusifs". Un expert cité dans le jugement a souligné les conséquences catastrophiques pour le film, qui n'avait ainsi aucune valeur commerciale, et pour le producteur, désormais précédé d'une réputation négative. On My Own, société italienne, n'a rien produit depuis ce film.

La note est salée :

- 20 millions d'euros à titre de dommages et intérêts en réparation de son préjudice financier

- 2,7 millions d'euros pour préjudice moral, dont un million d'euros à On My Own et un million et demi d'euros à Spike Lee, et 200.000 euros à James McBride.

- 9 millions d'euros (soit l'avance promise, certains frais) à BNP Paribas

- et une publication de sa condamnation dans la presse.

TF1 Droits Audiovisuels a réalisé un chiffre d'affaires de 49,4 millions d'euros en 2010 (75 millions d'euros en 2009) mais a réussi à être bénéficiaire (603 000 euros) après un exercice 2009 fortement déficitaire (- 8,2 millions d'euros).

Conviction : vous laisserez-vous convaincre ?

Posté par Claire Fayau, le 15 mars 2011

ConvictionSynopsis : Conviction est l’histoire vraie de la lutte d’une femme, pendant 18 ans, pour faire libérer son frère de prison. 1983, Kenny Waters est condamné à perpétuité pour meurtre. Betty Anne, sa sœur, est la seule à être convaincue de son innocence. Face à un système judiciaire qui refuse de coopérer, elle entreprend des études pour obtenir un diplôme d’avocate. Elle mène sa propre enquête afin de faire rouvrir le dossier, n’hésitant pas à sacrifier sa vie de famille. Aidée de sa meilleure amie, Abra Rice, elle est bien décidée à tout mettre en œuvre pour disculper son frère. (in DP)

Notre avis : Conviction, est le portrait d'une femme forte, convaincue de l’innocence de son frère, qui va reprendre ses études et devenir avocate pour le sauver. Connaissons-nous vraiment nos proches ? Les liens du sang sont-ils indéfectibles ? Qu’est-ce qui nous pousse à croire envers et contre tout ceux que nous aimons?

La problématique du film se rapproche de celle de Music Box de Costa Gavras même si le dénouement s'avère totalement différent. On pourrait d'ailleurs citer quantité de films et téléfilms qui soulèvent ces questions, avec ou sans procès à la clé. Hollywood s'affirme à travers ces films comme un lobby anti-peine capitale, avec plus ou moins de nuances et de variations.

Cette histoire est d'autant plus émouvante qu’elle est vraie. Mais la plus bele réussite de ce drame conventionnelle repose sur sa comédienne. Hillary Swank (La Million dollar baby de Clint Eastwood, entre autres), donne tout son talent (malgré la banalité du projet) pour incarner une femme simple, pas toujours agréable, et entêtée à l’excès - avec l’énergie que devait avoir la vraie Betty Ann Waters. Swank a sans doute flairé le bon rôle, et n’a pas hésité à produire le film.

Le reste du casting lui apporte de quoi élever son jeu et ne jamais jouer en solo avec brio. Juliette Lewis fait une apparition savoureuse et capitale, n’hésitant pas à s’enlaidir, Melissa Leo, récemment oscarisée, est un bon choix de femme-flic et Minnie Driver en bonne copine, possède une certaine épaisseur.

Pour le frère, Swank s'est offert le "versatile" et ambigu Sam Rockwell : l'acteur a le grain de folie qui correspond parfaitement au rôle et possède une personnalité et un physique qui nous font vraiment douter de son innocence par moments.

Hélas, la réalisation de Tony Goldwyn (de la série TV Dexter) est assez plate et ne met pas assez en valeur le travail des comédiens, ni la puissance dramatique de son histoire.

Conviction devient alors une production très  « américaine » et académique, portée par une grande actrice et une relation amoureuse et fraternelle pourtant rare au cinéma.

Séraphine n’est plus un scénario original : rendez à César…

Posté par vincy, le 28 novembre 2010

Flash-back. César 2009. Le prix de la meilleure adaptation revient au grand favori de la cérémonie, Entre les murs, Palme d'or 2008. Celui du scénario original est remis à un outsider, Séraphine, nommé neuf fois au total (le film raflera le César du meilleur film, et un total de 7 César ce soir-là). Martin Provost et Marc Abdelnour vont peut-être devoir rendre leur César du meilleur scénario original car jeudi 25 novembre, le Tribunal de grande instance a condamné pour plagiat le scénariste-réalisateur Martin Provost, ainsi que son producteur.

L'historien Alain Vircondelet, spécialiste de la peintre Séraphine Louis (1864-1942), sujet de sa thèse de doctorat, avait porté plainte, trouvant trop de similitudes avec sa biographie, "Séraphine de Senlis", édité par Albin Michel, qui avait révélé l'existence de cette plasticienne oubliée. Il estimait que le scénario du film étaient "la reproduction servile ou quasi servile" de cet ouvrage publié en 1986, identifiant "35 emprunts".

Certaines phrases, présentes à l'identique dans le livre de M. Vircondelet et dans le scénario de Martin Provost, laissent en effet songeur. Ainsi de ce moment où Séraphine parle de son processus créatif d'essence divine: "C'est comme vous diriez du miel, des liqueurs chaudes". "Il y a quelques phrases regrettables", avait concédé l'aovcat de TS Productions, Maitre Yves-Henri Nédélec, "mais ce n'est pas une contrefaçon de l'oeuvre, car le traitement n'a rien à voir."

Neuf cas précis similaires, parfois au mot près

Mais cela touche aussi des situations : "M. Vircondelet a imaginé Séraphine peignant avec de la terre molle et du sang, une image reprise purement et simplement dans le film: le plagiaire est pris la main dans le sac", donne en exemple Maître Bigot, avocat de l'auteur et de l'éditeur.

Le Tribunal en a relevé neuf. Le jugement fait état de "neuf cas précis pour lesquels, outre la reprise d'éléments biographiques inventés par M. Vircondelet, on note une similitude dans la formulation employée, parfois au mot près, ce qui permet d'exclure la simple réminiscence derrière laquelle se retranchent les défendeurs". "En reproduisant neuf passages de cette oeuvre dans la première version du scénario du film Séraphine sans autorisation préalable, la société TS Productions et M. Martin Provost ont commis des actes de contrefaçon", a-t-elle jugé.

La justice les a condamnés à payer des dommages : 25 000 euros à M. Vircondelet "en réparation de l'atteinte portée à son droit moral d'auteur" et 25.000 euros à Albin Michel "en réparation de l'atteinte à ses droits patrimoniaux". L'auteur et l'éditeur recevront aussi 6 000 euros chacun au titre de frais de justice. Enfin, ils devront publier le jugement dans trois médias. C'est toujours moins que les 600 000 euros de dommages et intérêts réclamés par les plaignants, en se basant sur le succès en salles du biopic. Le film avait séduit 850 000 spectateurs.

Seul le scénario est une contrefaction

Le pire était évité puisque les plaignants avaient demandé l'interdiction du film. Mais le Tribunal a considéré que "seule une version du scénario est contrefaisante, et non le film". Ce qui était la crainte des producteurs qui avaient lancé au moment de l'audience : "C'est un procès de censure, on veut la mort du film".

L'audience avait lieu le 14 octobre. Les accusés s'étaient défendus en citant d'autres sources de travail, d'autres livres, et notamment celui de Wilhelm Uhde, le critique d'art qui découvrit Séraphine Louis.

Pour un "mauvais procès" (ce que dénonçait l'avocat des accusés), ça se termine surtout en sale affaire (pour reprendre une expression chère Yolande Moreau, l'interprète de Séraphine).

Pierre Etaix récupère (enfin) cinq de ses films

Posté par vincy, le 30 juin 2009

etaix1.jpgPremière victoire après de nombreuses défaites Le cinéaste Pierre Etaix est devenu ces derniers mois un symbole de la défense du droit d'auteur. Etaix a remporté un Oscar en 1963 avec son court métrage Heureux anniversaire co-signé avec Jean-Claude Carrière et a réalisé cinq longs métrages. Homme de cirque et dessinateur, amateur de burlesque à l'instar de son ami Jerry Lewis, il fut aussi l'assistant-réalisateur de Jacques Tati sur Mon oncle

Vendredi 26 juin , le Tribunal de Grande instance de Paris l'a autorisé à recouvrer les droits sur cinq de ses films que lui contestaient depuis 2007 la société Gavroche Productions, qui n'a jamais exploité ses longs-métrages. La décision du tribunal étant exécutoire, les négatifs sont déjà partis aux Archives françaises du film (AFF) pour des vérifications techniques, notamment les éléments sonores.

Flash-back en 2004. Pierre Etaix et le scénariste Jean-Claude Carrière entrent en négociation avec la société Gavroche Productions, en vue de restaurer et d'exploiter quatre films qu'ils avaient co-écrits : Le Soupirant, Yoyo, Tant qu'on a la santé et Le grand amour, en plus d'un autre écrit par Pierre Etaix seul, Le pays de Cocagne. Ils signent un contrat de cession de droits d'auteur, donnant ainsi l'intégralité des droits sur les cinq oeuvres réalisées entre 1963 et 1970. Ce contrat, proposé par l'ancienne avocate du réalisateur, Me Francine Wagner-Edelman, cédait à la société Gavroche Productions, gérée par le producteur Alain Wagner, frère de l'avocate, les droits exclusifs de restauration, de représentation et d'exploitation des cinq longs métrages pour le monde entier. Mais la société de production ne leur avait adressé en retour aucun document d'acceptation. Deux ans et demi plus tard, les auteurs avaient donc fini par considérer que, faute d'engagement ferme de la part du producteur, le contrat était caduc.

etaix21.jpgUn contrat annulé et 10 000 euros de dommages 

Cependant Gavroche Productions s'est dépêché de contester cette interprétation, et, dès janvier 2007,  elle fait publier le contrat au Registre public de la cinématographie et de l'audiovisuel (RPCA). En réplique messieurs Etaix et Carrière engagent une action en justice en décembre 2007, soutenus par la SACD. Le TGI vient de leur donner raison, "en l'absence de consentements valablement échangés" et a prononcé la "nullité du contrat de cession de droits d'auteur publié au RPCA".

Le tribunal a aussi débouté la société de productions des poursuites de contrefaçon qu'il avait engagées contre la Fondation Groupama GAN pour le cinéma à qui elle reprochait d'avoir fait restaurer les négatifs de Yoyo et présenté le film lors de projections publiques en 2007 (Festival de Cannes, du Festival du cinéma de Paris). Gavroche productions devra d'ailleurs verser 10 000 euros de dommages et intérêts à la Fondation pour procédure abusive.

Pourtant ce même TGI de Paris avait créé la polémique. Le 28 novembre dernier, il avait rejeté vendredi la demande formée par Pierre Etaix et Jean-Claude Carrière, de "restaurer et d'exploiter non commercialement" ceux-ci. Tout en reconnaissant "l'importance pour le patrimoine cinématographique français des oeuvres en cause", le Tribunal avait estimé qu'un tel argument est "sans portée" sur le contentieux qui oppose les demandeurs à la société Gavroche Productions. En revoyant l'affaire, afin que le dossier soit jugé sur le fonds, il a laissé les milieux culturels s'emparer rapidement du sujet, devenu depuis une affaire politique. "Je me battrai jusqu'à la mort pour qu'aucun autre auteur ne subisse ce que je vis", avait alors affirmé Pierre Etaix, dont le ton inhabituellement tragique contraste avec les oeuvres burlesques.

etaix3.jpg 56 000 signatures pour la pétition 

Car depuis, aucun de  ces cinq films puissent ne peut-être exploité ou restauré. La ministre de la Culture et de la Communication de l'époque, Christine Albanel, a souhaité une "issue rapide" du conflit juridique qui empêche la nouvelle sortie en salles des films de Pierre Etaix et a réaffirmé son "soutien moral" au cinéaste. Elle avait reçu une délégation, conduite par le comédien Jacques Weber et composée de Tom Novembre, Christophe Malavoy, Cabu et Jean-Paul Rappeneau qui lui avait remis une pétition de 56 000 signatures appelant à favoriser la diffusion des films de Pierre Etaix.

Etaix, 80 ans, a très mal vécu cet épisode. Accablé, il spérait que ses oeuvres très estimées soient diffusées de nouveau au plus grand nombre de son vivant. La décision de novembre dernier était pour beaucoup incompréhensible. Le cinéaste avait en plus trouvé un partenaie, la Fondation Thomson, qui s'engageait à restaurer les quatre négatifs à ses frais, et ne demandait ue le droit de sauvegarder son oeuvre. Des distributeurs réputés pour leur travail pour les films de patrimoine, Wild Side et Carlotta, avaient fait des offres fermes pour exploiter ces films et Arte souhaitait les diffuser lors d'une rétrospective. Cette demande pouvait aussi se ressentirsur les marchés internationaux.

Aussi les amis du cinéastes ont-il décidé de jouer l'opinion conte le système. Mise en ligne sur le site internet d'Etaix, une pétition avait recueilli près de 19 000 signatures, dont celles de Woody Allen et David Lynch, en quelques jours, avant de tripler son nombre grâce aux réseaux sociaux et à Internet. Le monde du cinéma belge s'est mobilisé le 18 novembre 2008 lors d'une soirée de soutien organisée au théâtre de la Toison d'or à Bruxelles.

C'est donc la fin d'un imbroglio juridique. Même si Gravroche peut faire appel d'ici un mois, on peut espérer (re)voir les films de Pierre Etaix en version restaurée prochainement. "Ce n'est que justice ! J'espérais ce dénouement heureux, j'ai attendu bien longtemps", a déclaré de son côté à l'AFP Pierre Etaix, vendredi dans la soirée. "Mon souhait est avant tout que mes films ressortent en salles et pour cela qu'ils soient restaurés au plus vite" a-t-il dit, ajoutant : "ce cinéma-là franchit très bien les frontières, car il n'a pas besoin de sous-titres".

Slumdog Millionaire ne plaît pas à des habitants de bidonvilles indiens

Posté par vincy, le 24 janvier 2009

slumdog millionaireAprès la mafia napolitaine qui a tout fait pour discréditer le film italien Gomorra, et qui continue de menacer l'auteur du livre, Roberto Saviano, voici les habitants d'un bidonville indien qui poursuit en diffamation le film Slumdog Millionaire.

L'ironie es qu'il s'agit d'une association indienne de résidents d'un bidonville qui se situe à des milliers de kilomères des lieux de tournage du film de Danny Boyle (le bidonville de Dharavi, 700 000 personnas, à Mumbay).

La plainte de la part d'une association (caritative) indienne de résidents de bidonville se porte contre la star Anil Kapoor, qui interprète l'animateur du jeu "Qui veut gagner des millions?", et le compositeur de la bande originale, A.R. Rahman, trois fois cité aux Oscars (deux fois dans la catégorie chanson, une fois dans la catégorie musique).

Ces deux personnalités représentent, selon la plainte, un film qui "violerait" les droits de l'Homme et la "dignité" des pauvres. Derrière cette plainte, il y a évidemment un ressentiment d'une autre époque. Le représentant de l'association "a dit clairement qu'il ne s'attendait à rien de positif venant d'un réalisateur britannique, puisque ses ancêtres nous qualifiaient de "chiens"", selon les propos rapportés par son avocat Shruti Singh à l'agence de presse Indo-Asian News Service (IANS).

Que dire dans ce cas de la représentation des bidonvilles dans La cité de Dieu? L'illustration d'une Inde factice dans les productions de Bollywood est-elle plus décente? On ne peut que s'insurger contre tout type de censure, mais srtout, on aimerait voir un Etat qui améliore les conditions de vie de toute personne. Quand la pauvreté est subie, peut-on parler de droits de l'homme???

Slumdog Millionaire emporte un vif succès dans le monde entier. Il a récolté dix nominations aux Oscars jeudi dernier. En France, le film, dans seulement 126 salles, a attiré plus de 200 000 spectateurs en première semaine.

Pour Gomorra, l'histoire s'est achevée avec cette nouvelle incroyable : des DVD contrefaits du film avaient finalement été distribués par la maffia elle-même. Soyons cyniques : entre la vente de DVD, de produits dérivés, et la curiosité des touristes, nul ne doute que le bindonvilles indiens pourraient devenir à la mode pour les occidentaux. Des voyages organisés existent bien dans ceux de Rio de Janeiro...

Choron, Charlie et compagnie…

Posté par vincy, le 19 décembre 2008

choron derniere.Choron dernière, documentaire tourné avant le décès de Georges Bernier (alias le Professeur Choron) en janvier 2005, allait enfin sortir en salles le 7 janvier 2009. L'alter-médiatisme est en vogue : on attaque Le Canard, Charlie et Siné se font la guerre, Charlie en documentaire à Cannes, on ressuscite même Choron dans Coluche, l'histoire d'un mec, film de fiction réalisé par Antoine de Caunes.

Ce documentaire de Pierre Carles et Martin, qui ne faisait de mal à personne (avec une trentaine de copies, son impact médiatique était forcément faible), semble déranger ... pour d'étranges raisons.  Cabu, Philippe Val et Wolinski assignent en référé aujourd'hui la société 3B productions et le distributeur indépendant Tadrart Films, "pour utilisation des noms (sur l’affiche et le site internet) « CABU, PHILIPPE VAL ET WOLINSKI », à « des fins lucratives et ce afin de susciter l’intérêt du public et de créer une réelle confusion, en l’occurrence, quant à leur participation choisie à une œuvre cinématographique".

Ceci nous rappelle l'histoire d'un mec, Paul Lederman, producteur lucratif pour ne pas dire un peu possessif de ce qui ne lui appartient pas vraiment, qui avait chercher des noises aux producteurs et distributeur de Coluche, sous prétexte que l'affiche et le titre reprenaient l'expression de l'humoriste "C'est l'histoire d'un mec..." Il fut débouté et parti dépité. mais l'affaire tua la sortie du film.

Mais ici l'histoire choque davanatge. Il s'agit d'une oeuvre très indépendante, peu susceptible de rapporter l'argent investit il y a longtemps dans sa production. Surtout, les attaquants, à l'esprit autrefois libertaire, et en tout cas certainement pas mercantile, abuse de la judiciarisation de notre société pour obstruer la sortie d'un film.

Des apôtres anars ou de gauche qui ne supportent pas qu'on utilise leurs noms, alors qu'ils sont publiquement liés au Professeur Choron depuis trente ans et plus, car affinités. Tout ça pour quoi? Si le film ne peut pas sortir, que gagnent-ils? Empêcher le film d'être vu? On est loin de la liberté d'expression qui fait leur richesse et leur réputation... Alors, les gentlemen sont-ils déguisés en salauds?

Car ce procès peut aussi asphyxier les deux petites entreprises... Selon Rue89, les plaignants demandent que les producteurs leur versent à chacun 4 000 euros et, solidairement, 1 500 euros. En outre, les producteurs pourraient avoir à payer les frais de justice et une astreinte de 10 000 euros par infraction constatée. Pour l'instant les autres noms mentionnés -  Cavanna, Marc-Edouard Nabe, Siné et Vuillemin - n'ont pas portés plainte.

Derrière cette affaire, on se dit surtout que les plaies ancestrales ne sont pas refermées. Dernier directeur de Charlie Hebdo ancienne version, le Professeur Choron, n'avait pas été consulté par Val, Wolinski et Cabu lors de la renaissance du titre en 1992, et contrairement aux autres, comme Cavanna, Delfeil de Ton ou Siné, il ne fut pas réintroduit dans la famille... Aujourd'hui encore, on prefère qu'il soit oublié. Gageons que Pierre Carles se vengera chaudement en mettant son documentaire sur Internet.