Le documentaire sur le Dr Mukwege, Nobel de la paix, dans quelques UGC

Posté par vincy, le 8 octobre 2018

JHR Films est heureux. La société a appris "avec joie et émotion" que le docteur Denis Mukwege était le co-lauréat du Prix Nobel de la Paix, vendredi 5 octobre à Oslo, aux côtés de Nadia Murad.

Le distributeur avait sorti en France le film de Thierry Michel et Colette Braeckman, L'homme qui répare les femmes, en février 2016. A l'occasion du Nobel, dans le cadre d'UGC Doc, plusieurs salles UGC diffuseront le film le 12 octobre à 20h: Les Halles, Paris 19 et Gobelins à Paris, à La Défense, au Confluence à Lyon et à Bordeaux.Le film avait reçu le prix Magritte du meilleur documentaire en Belgique.

La yézidie Nadia Murad et le médecin gynécologue congolais Denis Mukwege ont été "nobélisés" "pour leurs efforts pour mettre fin à l'emploi des violences sexuelles en tant qu'arme de guerre".

Récompensé par plusieurs prix humanitaires, recevant les Chefs d'Etat pour les sensibiliser aux crimes portés contre les femmes en tant qu'armes de guerre (viol comme mutilation), le docteur Mukwege est internationalement connu comme l’homme qui répare ces milliers de femmes, violées durant 20 ans de conflits à l’Est de la République Démocratique du Congo.

La coréalisatrice Colette Braeckman est aussi l'auteure d'un livre réédité il y a deux ans, L'homme qui répare les femmes: le combat du docteur Mukwege.

Cannes 70: la littérature, the Festival’s Best Kept Secret

Posté par cannes70, le 1 mai 2017

70 ans, 70 textes, 70 instantanés comme autant de fragments épars, sans chronologie mais pas au hasard, pour fêter les noces de platine des cinéphiles du monde entier avec le Festival de Cannes. En partenariat avec le site Critique-Film, nous lançons le compte à rebours : pendant les 70 jours précédant la 70e édition, nous nous replongeons quotidiennement dans ses 69 premières années.

Aujourd'hui, J-17. Et pour retrouver la totalité de la série, c'est par .

On ne le sait pas forcément, mais la littérature a toujours été liée au cinéma. On croit que l'adaptation est un phénomène récent. Que nenni. Gulliver, La belle et la bête, Robinson Crusoé, La case de l'Oncle Tom, Alice au pays des merveilles ou encore Don Quichotte ont connu des vies cinématographiques durant les premiers pas du cinéma, avant 1905.

Le Festival de Cannes n'a jamais dédaigné sélectionner et même primer des adaptations de livres ou de pièces de théâtre. On peut en piocher quelques unes dans le palmarès. Othello d'Orson Welles d'après Shakespeare, Le salaire de la peur d'Henri Verneuil d'après Georges Arnaud, Orfeu Negro de Marcel Camus d'après Vinicius de Moraes, Le Guépard de Luchino Visconti d'après Giuseppe Tomasi du Lampedusa, Sailor et Lula de David Lynch d'après Barry Gilford, Entre les murs de Laurent Cantet d'après François Bégaudeau, qui joue le premier rôle dans le film... tous des Grands prix ou Palmes d'or. Rien que l'an dernier, rappelons que deux chéris des festivaliers en étaient : Elle (compétition) et Ma vie de Courgette (Quinzaine), avec la présence des deux écrivains sur la Croisette.

Le saviez-vous?

Saviez-vous que Blow up était adapté d'une nouvelle de Julio Cortazar ? Que M.A.S.H. tirait son sujet d'un roman de Richard Hooker ? Que l'écrivain Leslie Poles Hartley a été deux fois palmé, indirectement bien sûr, grâce aux films de Joseph Losey (Le messager, 1971) et de Alan Bridges (La méprise, 1973) ? Que la seule bande dessinée adaptée et palmée est française : La vie d'Adèle d'après Le bleu est une couleur chaude de Julie Maroh ? Il y eut aussi des coups doubles. Comme en 1951 avec le double Grand prix pour Miracle à Milan de Vittorio De Sica, adapté d'un roman de Cesare Zavattini et Mademoiselle Julie d'Alf Sjöberg d’après la pièce d’August Strindberg. Mais, le plus beau coup fut sans doute en 1979 : une Palme ex-aequo entre Apocalypse Now d’après une nouvelle de Joseph Conrad et Le tambour d’après un roman de Günter Grass, le tout avec un jury présidé par l'écrivaine Françoise Sagan.

De grandes plumes

Car le Festival de Cannes a toujours fait une grande place aux écrivains. Moins ces derniers temps, il est est vrai. Mais depuis 1946, plus de 90 auteurs ont été membres du jury. Et parfois Présidents de jury ! Et on compte quand même quelques Prix Nobel de littérature comme Miguel Ángel Asturias, président en 1970, Gabriel Garcia Marquez, membre en 1982, Patrick Modiano, membre en 2000, Toni Morrison, membre en 2005 (photo), Orhan Pamuk, membre en 2007.

Ne soyons pas mondialistes: il y a eu aussi quelques prix Goncourt parmi les jurés : Maurice Genevoix (président en 1952 et membre en 1957), Romain Gary (membre en 1962) et Modiano donc. On ne peut-être complet si on n'indique pas, parmi cette pléiade d'écrivains, ceux qui ont présidé des jurys : Georges Huisman en 1947 et 1949, André Maurois en 1951, Jean Cocteau en 1953 et 1954 (et président d'honneur en 1957 et 1959), Marcel Pagnol en 1955, Marcel Achard en 1958 et 1959, Georges Simenon en 1960 (premier étranger à présider le jury cannois), Jean Giono en 1961, Tetsuro Furukaki en 1962 (et premier président issu d'un pays non francophone), André Maurois en 1965, André Chamson en 1968 (année maléfique) et William Styron en 1983. Et sinon : Tennessee Williams, Mario Vargas Llosa, Jorge Semprun, Paul Auster, Raymond Queneau...

Franc-parler

Longtemps les écrivains étaient les autres stars du Festival, chargés de donner une aura artistique à l'événement. Cela ne veut pas dire que ça se passe toujours très bien. Les liaisons ont même été périlleuses. Un auteur est soucieux de son indépendance. Un écrivain peut mal prendre la critique. Ainsi Sagan et Simenon n'ont jamais encaissé l'idée qu'on leur impose un autre choix pour la Palme que celui qu'ils voulaient (les deux ont obtenu victoire). Duras a vu un de ses scénarios traité de "merde" par un président du jury pourtant académicien français. La même Duras qui se demandait en 1967 lors d'une chronique comment des films aussi mauvais étaient sélectionnés, à partir de quels critères, sans attendre la deuxième semaine pourtant riche en grands films.

Cocteau, lui, s'amusait du jeu cannois tout en désespérant des luttes politiques autour des films et en déplorant les compromis à faire avec les autres jurés. "Voir de très mauvais films rend malade. On en sort diminué, honteux" écrivait-il à l'époque, tout en s'enthousiasmant pour Le salaire de la peur de son copain Clouzot et Peter Pan. Il s'emportait contre le public pas assez respectueux (Duras a carrément déclaré que les festivaliers étaient incultes).

"Il me plairait que les festivals ne distribuassent pas de prix et ne fussent qu'un lieu de rencontres et d'échanges" écrivait-il, rêvant, lyrique, à un Cannes ne jugeant pas le cinéma mais l'admirant. C'est sûr que l'imparfait du subjonctif, ça envoie tout de suite plus de classe que les discours actuels.

Bob Dylan, prix Nobel de littérature, objet de fascination au cinéma

Posté par vincy, le 15 octobre 2016

Prix Nobel de littérature, qui aurait pu le croire? Bob Dylan, musicien légendaire, chanteur iconique, poète indéniable, a donc fait entrer la chason folk dans le cercle littéraire. L'art mineur de Serge Gainsbourg s'invite dans les arts majeurs.

Mais Bob Dylan c'est aussi du cinéma. Si on croit la base IMDB, plus de 600 films (Forrest Gump, American Beauty, The Big Lebowsky, Jerry Maguire, Snake Eyes, Las Vegas Parano, Outsider entre autres), téléfilms et séries (évidemment les Simpsons mais aussi True Detective, How I met Your Mother, Deux flics à Miami ou Glee) ont utilisé ses chansons. Il en a d'ailleurs composé une pour My Own Love Song d'Olivier Dahan. Et avec une chanson écrite pour Wonder Boys de Curtis Hanson, il a remporté un Oscar et un Golden Globe.

On le sait moins mais Bob Dylan a aussi été acteur. Dans Pat Garrett et Billy le Kid de Sam Peckinpah (le seul qui vaille le détour), Hearts of Fire de Richard Marquand, Catchfire de Dennis Hopper, Paradise Cove de Robert Clapsadle et Masked and Anonymous de Larry Charles, sur un scénario qu'il a coécrit sous le nom de Sergei Petrov.

Il également écrit (avec Sam Shepard), interprété ET réalisé un film, Renaldo and Clara en 1978 (notons que si Bob joue dans cette fiction, c'est Ronnie Hawkins qui incarne Dylan), cinq ans après avoir écrit et réalisé le documentaire Eat the Document, qui racontait la tournée anglaise de 1966 appelée "Judas".

On ne peut pas éviter de mentionner La dernière valse, ultime concert de The Band, filmé par Martin Scorsese et où apparaît, entre autres, le chanteur. Scorsese, avec le documentaire No Direction Home, en 2005, se concentre sur Dylan et présente les débuts de sa carrière et des concerts et des tournées aux USA et en Europe.

Et puis, last but nos least, Dylan a été mythifié par le 7e art sans mentionner I'm not there, réalisé par Todd Haynes en 2007. La musique de Dylan y est omniprésente. Et pour cause: Bob Dylan y est incarné par six acteurs différents, pour chaque période de sa vie , avec un personnage reflétant une facette de sa vie, de ses influences ou de sa personnalité (Marcus Carl Franklin, Ben Whishaw, Heath Ledger, Christian Bale, Richard Gere et Cate Blanchett). Un biopic puzzle entre faits et fiction. C'est peut-être là qu'il faut chercher les origines de ce Nobel étrange. Dylan est un caméléon, qui fait de la poésie des chansons, de sa vie un matériau littéraire ou cinématographique, de sa vie une introspection métaphysique qui vire à l'universel.

Voyage en Chine: Juliette Binoche va incarner Pearl Buck, Nobel de littérature

Posté par vincy, le 6 mai 2015

juliette binocheJuliette Binoche a confirmé ce matin sur France Inter l'information parue hier sur Variety: elle incarnera le prix Nobel de littérature et Prix Pulitzer Pearl S. Buck (1892-1973) dans un biopic intitulé sobrement Pearl.

Le film sera réalisé l'année prochaine avec Roxanne Messina Captor (A Couple of White Chicks at the Hairdresser). L'actrice française, actuellement sur les planches avec une version anglophone d'Antigone, sera entourée de Leehom Wang (Lust Caution, Hacker) et Jing Tian (Police Story - Lockdown, The Great Wall, de Zhang Yimou, en tournage actuellement). Le tournage prendra place entre Prague, Shanghai et la province chinoise du Zhejiang. La coproduction sino-américaine est essentiellement financée par le China Film Group.

Pearl S. Buck a obtenu le Pulitzer en 1931 avec son roman The Good Earth (La Terre chinoise), qui évoquait les luttes des fermiers chinois et s'inspirait de sa vie à Suzhou, et le Nobel de littérature en 1938 pour l'ensemble de son oeuvre dépeignant la vie des paysans chinois. L'écrivain a vécu toute la première partie de sa vie dans l'Empire du milieu, d'abord comme missionnaire (ses parents eux mêmes missionnaires presbytériens avaient émigré en Chine quand elle a eu 3 mois), puis comme romancière pour pouvoir financer l'école spécialisée où devait être scolarisée sa fille, déficiente mentale.

Le film débute en 1927, au moment du Soulèvement de Nanjing, qui marque le début de la Guerre civile de 10 ans entre communistes et nationalistes. Buck vivait depuis 10 ans dans cette ville chinoise avant de s'échapper à Shanghai. L'écrivain a fuit la Chine en 1934. C'est aux Etats-Unis qu'elle a écrit l'essentiel de son oeuvre, y compris sous le pseudonyme de John Sedges.

Plusieurs de ses romans ont été transposés au cinéma: Visages d'Orient (adapté de The Good Earth) en 1937, qui valu l'Oscar de la meilleure actrice à Luise Rainer, Les fils du dragon (d'après Fils de dragon) en 1944, avec Katharine Hepburn, China Sky en 1945, Da Di en 1954, The Big Wave (d'après un roman pour la jeunesse éponyme) en 1961, Une histoire de Chine de Leo McCareay, avec William Holden, en 1962, et Pavillon de femmes de Ho Yim, avec Willem Dafoe, en 2001.

Mario Vargas Llosa, un prix Nobel de littérature qui fut une fois cinéaste

Posté par vincy, le 7 octobre 2010

Le grand écrivain péruvien Mario Vargas Llosa a reçu aujourd'hui jeudi 7 octobre le Prix Nobel de littérature. En 1975 il avait co-réalisé, avec José Maria Gutierrez Santos, l'adaptation de son roman Pantaléon et les visiteuses (Pantaleón y las visitadoras). L'acteur espagnol José Sacristan, primé dans des festivals comme Mar del Plata et San Sebastian,  interprétait le rôle principal : un capitaine de l'armée péruvienne chargé de recruter des femmes pour satisfaire les besoins sexuels des soldats. Il y eut un remake en 2000, réalisé par Francisco J. Lombardi. Cette deuxième version avait reçu plusieurs prix : meilleur acteur (Salvador del Solar) au festival du film de Carthagène, prix du public au festival de Gramado et à celui de Vina del Mar et une nomination aux Goya (César espagnols).

D'autres de ses romans livres ont été adaptés sur grand écran : Los cachorros (publié en 1967, traduit en français sous le titre Les chiots), réalisé au Mexique par Jorge Gons en 1973 ; La ville et les chiens, filmé en 1985 par Francisco J. Lombardi, qui a reçu le prix du meilleur réalisateur au Festival de San Sebastien à cette occasion ; Le même livre a été transposé en Russie en 1986 par Sebastian Alarcon sous le titre de Yaguar ; Hollywood s'est aussi intéressé à l'écrivain en adaptant Tante Julia et le scribouillard, roman de 1977 et film de 1990. Jon Amiel a réunit Barbara Hershey, Keanu Reeves et Peter Falk. Fiasco public, le film avait reçu le prix du public et le prix de la critique au Festival de Deauville. Enfin, La fiesta del chivo (traduit en français par La fête du bouc) paru en 2000, a donné lieu cinq ans plus tard à un film de Luis Llosa, cousin de l'écrivain, avec Isabella Rossellini et Eileen Atkins.

Les rebonds de Besnehard

Posté par vincy, le 20 août 2008

Depuis qu'il n'est plus agent des stars, Dominique Besnehard vogue vers les horizons de la production. Il vient d'ailleurs d'obtenir les droits du roman "Les grands mères", du prix Nobel de littérature 2007, Doris Lessing. Joli coup pour Mon Voisin productions.

Le film devrait être réalisé par Anne Fontaine (La fille de Monaco). Besnehard a déjà convaincu Nathalie Baye d'être l'une des grands mères, et il rêve de Susan Sarandon pour lui donner la réplique. Et surtout se chipper leur fils, puisque les deux "mamies" couchent avec le fils de l'autre.

Mon Voisin possède déjà dans son programme Joueuse (avec Sandrine Bonnaire et Kevin Kline) et Musée haut, Musée bas (avec une pléiade de vedettes).

Dans une semaine, Dominique Besnehard donnera le coup d'envoi du 1er Festival du film francophone, à Angoulême. Du 27 au 31 août, le "FFA", son nouveau bébé, réconciliera les cinémas francophones. Grand ami du Québec, très proche de Ségolène Royal (Présidente de la région où se situe Angoulême), le producteur a sorti son carnet d'adresses pour le jury : Jean-Michel Ribes (réalisateur de Musée haut, musée bas), la Québécoise Denise Robert (productrice des films de Arcand), Micheline Presle ou encore Jean-François Kahn. Les films sélectionnés sont ancrés dans le registre populaire : Comme les autres, Faubourg 36 (ouverture), Mes stars et moi (clôture). On s'intéressera davantage aux autres films venus de Belgique, d'Afrique... Un focus sur Cédric Klapisch donne la tonalité grand public de la manifestation.