Berlinale 2019: « Synonymes » et « Petrunya » parmi les palmarès indépendants

Posté par vincy, le 16 février 2019

Seuls trois films de la compétition ont reçu quelques lauriers depuis hiers lors des diverses remises de prix à la 69e Berlinale: Synonymes, couronné par la critique, Dieu existe, son nom est Petrunya, sacré par deux jurys et System crasher distingué par un jury. Pour le reste les trois films de la section Panorama plébiscités par le public ont été récompensés par ailleurs: 37 Seconds de Hikari, Savovi (Stitches) de Miroslav Terzic et Buoyancy de Rodd Rathjen.

Panorama
Prix du public fiction: 37 Seconds de Hikari, Japon
2e place: Savovi (Stitches) de Miroslav Terzic, Serbie
3e place: Buoyancy de Rodd Rathjen, Australie
Prix du public documentaire: Talking About Trees de Suhaib Gasmelbari, Soudan
2e place: Midnight Traveler de Hassan Fazili, USA
3e place: Shooting the Mafia de Kim Longinotto, Irlande

Generation Kplus
Crystal Bear: Une colonie de Geneviève Dulude-De Celles, Canada
Mention spécialeDaniel fait face (Daniel) de Marine Atlan, France
Grand Prix du jury: Di yi ci de li bie (A First Farewell) de Wang Lina, Chine
Mention spéciale: Mijn bijzonder rare week met Tess (My Extraordinary Summer with Tess) de Steven Wouterlood, Pays-Bas

Generation 14plus
Crystal Bear: Hölmö nuori sydän (Stupid Young Heart) de Selma Vilhunen, Finlande
Mention spéciale: We Are Little Zombies de Makoto Nagahisa, Japon
Grand Prix du jury: Beol-sae (House of Hummingbird) de Kim Bo-ra, Corée du sud
Mention spéciale: Bulbul Can Sing de Rima Das, Inde

Perperktive
Meilleur film: Born in Evin de Maryam Zaree

Fipresci (critique internationale)
Compétition: Synonymes de Nadav Lapid, Israël-France
Panorama: Dafne de Federico Bondi, Italie
Forum: Die Kinder der Toten de Kelly Copper et Pavol Liska, Autriche

Jury œcuménique
Meilleur film compétition: Dieu existe, son nom est Petrunya de Teona Strugar Mitevska, Macédoine
Meilleur film Panorama: Buoyancy de Rodd Rathjen, Australie, et Midnight Traveler, de Hassan Fazili, Afghanistan
Meilleur film forum: Erde Earth de Nikolaus Geyrhalter, Autriche

CICAE
Panorama: 37 Seconds de Hikari, Japon
Forum: Nos défaites de Jean-Gabriel Périot, France

Label Europa Cinémas
Savovi (Stitches) de Miroslav Terzic, Serbie (panorama)

Amnesty
Espero tua (re)volta (Your Turn) de Eliza Capai, Brésil (generation)

Gilde Filmpreis
Dieu existe, son nom est Petrunya de Teona Strugar Mitevska, Macédoine (compétition)

Prix des lecteurs du Berliner Morgenpost
Systemsprenger (System Crasher) de Nora Fingscheidt, Allemagne (compétition)

Prix des lecteurs du Tagesspiele
Monstri de Marius Olteanu, Roumanie (forum)

Teddy Awards
Meilleur film: Breve historia del planeta verde (Brief Story from the Green Planet) de Santiago Loza
Meilleur documentaire: Lemebel de Joanna Reposi Garibaldi
Prix du jury: A Dog Barking at the Moon de Xiang Zi
Prix des lecteurs de Queer.deBreve historia del planeta verde (Brief Story from the Green Planet) de Santiago Loza
Prix spécial: Falk Richter

Toronto 2018: le public choisit « Green Book » de Peter Farrelly

Posté par vincy, le 16 septembre 2018

Après plus de 300 films, longs comme courts, la 43e édition du Festival international du film de Toronto (Tiff) a décerné ses multiples prix, dont ceux très convoités du public (nommés Grolsch comme la bière). Lion d'or à Venise, Roma d'Alfonso Cuaron s'est fait doublé par If Beale Street could Talk, le nouveau film de Barry Jenkins (Oscar du meilleur film pour Moonlight il y a deux ans). Mais le vainqueur est Peter Farrelly, sans son frère Bobby, dont Green Book est le premier film en solitaire depuis Dumb and Dumber en 1994. Ce Miss Daisy et son chauffeur inversé (un pianiste afro-américain célèbre, incarné par Mahershala Ali, se fait conduire par un italo-américain, interprété par Viggo Mortensen, lors d'une tournée en Amérique du sud dans les années 1960) prend une sérieuse option pour les Oscars. Le film sort fin novembre aux Etats-Unis et fin décembre en France chez Metropolitan.

Pas de Dolan au palmarès mais un Pilote. Le cinéaste québécois Sébastien Pilote (Le vendeur, le démantèlement) dresse dans La disparition des lucioles, meilleur film canadien, le portrait d'un Québec rural et prolétaire où frustrations et insatisfactions, colères et blues, poussent une jeune femme à s'enfuir.

Notons que Louis Garrel, avec L'homme fidèle, a reçu une mention spéciale de la Critique internationale.

Prix Grolsch du public : Green Book de Peter Farrelly (2e If Beale Street could Talk de Barry Jenkins, 3e Roma d'Alfonso Cuaron)
Prix Grolsch du public du meilleur documentaire : Free Solo d’E. Chai Vasarhelyi et Jimmy Chin (2e This Changes Everything de Tom Donahue, 3e The Biggest Little Farm de John Chester)
Prix Grolsch du public de la section Midnight Madness : The Man Who Feels No Pain de Vasan Bala (2e Halloween de David Gordon Green, 3e Assassination Nation de Sam Levinson)

Prix de la critique internationale (Fipresci) : Skin de Guy Nattiv
Mention spéciale : L'homme fidèle de Louis Garrel
Prix de la critique internationale de la découverte : Float Like A Butterfly de Carmel Winters
Mention spéciale Twin Flower de Laura Luchetti

Prix Toronto Platform : City of Last Things de Wi Ding Ho
Mention spéciale : The River d'Emir Baigazin
Prix Netpac de la meilleure première mondiale ou internationale : The Third Wife de Ash Mayfair (Vietnam)
mention spéciale : The Crossing de Bai Xue
Prix Eurimages Audentia de la meilleure réalisatrice : Fig Tree d’Aäläm-Wärqe Davidian
Mention spéciale : Phoenix de Camilla Strøm Henriksen

Prix Canada Goose du meilleur film canadien : La disparition des lucioles de Sebastien Pilote
Prix de la ville de Toronto du meilleur premier film canadien : Roads in February de Katherine Jerkovic

Prix IWC Short Cuts du meilleur court métrage canadien : Brotherhood de Meryam Joobeur
Prix IWC Short Cuts du meilleur court métrage international : The Field de Sandhya Suri

Venise 2018: aucun film français parmi les premiers prix décernés à la Mostra

Posté par vincy, le 8 septembre 2018

La première salve de prix (ils sont nombreux) a été remise au fil des heures à la 75e Mostra de Venise. Si le nouveau Laszlo Nemes a eu les faveurs de la critique internationale, ce sont d'autres films de la compétition qui récolte deux ou plusieurs prix tous jurys confondus. Les films de Florian Henckel von Donnersmarck et Julian Schnabel notamment, mais surtout Capri-Revolution de Mario Martone qui rafle six prix. Le cinéma italien se porte plutôt bien avec plusieurs prix pour Ricordi? et Sulla mia Pelle, distribution Netflix. La plateforme de streaming  n'a, cependant, pas fait de razzia malgré des titres forts en compétition.

L'autre vainqueur est bien entendu le film de Saeed Al Batal et Ghiath Ayoub, Still Recording, déjà deux fois récompensé à la Semaine internationale de la critique. Le film repart avec deux autres prix, dont celui de la critique internationale pour les sections parallèles, et une mention spéciale. Mais, si deux films français ont les honneurs des sections parallèles (Giornate degli autore et SIC), aucun film français, toutes sélections confondues, n'a été distingué avant le palmarès suprême.

Une chose est certaine: hormis éventuellement le Martone, aucun film n'a réellement fait l'unanimité parmi ces jurys très divers, ce qui laisse le palmarès très ouvert.

FIPRESCI Award (Critique internationale)
Napszállta (Sunset) de László Nemes
Lissa Ammetsajjel (Still Recording) de Saeed Al Batal et Ghiath Ayoub (sections parallèles)

Lionceau d'Or
Werk Ohne Author (Never Look Away) de Florian Henckel von Donnersmarck

Queer Lion Award
José de Li Cheng

UNICEF
What you gonna do when the world's on fire? de Roberto Minervini

CICT - UNESCO "Enrico Fulchignoni" Award (Conseil International du Cinema et de la Télévision)
Pepe, une vie suprême d'Emir Kusturica

Smithers Foundation Award (UNESCO et observatoire culturel de l'ONU)
A Star is Born de Bradley Cooper
Mention spéciale: The Mountain de Rick Alverso

HRNs Award (Droits de l'Homme)
A Letter to a Friend in Gaza d'Amos Gitai
Mentions spéciales: Peterloo de Mike Leigh et 1938 Diversi de Giorgio Treves

Lanterna Magica Award
Amanda de Mikhael Hers

Francesco Pasinetti Award (Syndicat national des journalistes de cinéma italiens)
Capri-Révolution de Mario Martone
Prix spécial: Sulla mia Pelle d'Alessio Cremonini pour les interprétations d'Alessandro Borghi et Jasmine Trinca

FEDIC Award (Federation italienne des cinéclubs)
Sulla mia Pelle d'Alessio Cremonini
Mentions spéciales: Ricordi? de Valerio Mieli et I Villani de Daniele De Michele

Gillo Pontecorvo Award (Institut pour le cinéma des pays latins)
Meilleur coproduction pour un premier film: The Road not taken de Tang Gaopeng

Lizzani Award – ANAC (Association nationale des auteurs pour le cinéma)
Capri-Révolution de Mario Martone

Brian Award (Athées et Agnostiques)
Sulla mia Pelle d'Alessio Cremonini

SIGNIS Award (Associations catholiques)
Roma d'Alfonso Cuarón
Mention spéciale: 22 July de Paul Greengrass

Interfilm Award for Promoting Interreligious Dialogue (Organisation interreligieuse)
Tel Aviv on Fire de Sameh Zoabi

Green Drop Award (Croix verte italienne)
At Eternity's Gate de Julian Schnabel, et pour Willem Dafoe

ARCA Cinemagiovani Award (jeunesse)
Meilleur film italien: Capri-Révolution de Mario Martone
Meilleur film: Werk Ohne Author (Never Look Away) de Florian Henckel von Donnersmarck

Sorriso diverso Award (université)
Un Giorno all'improvviso de Cirio D’Emilio

UNIMED Award (universités méditerranéennes)
A Tramway in Jerusalem d'Amos Gitai

Edipo Re Award (Université de Padoue)
Lissa Ammetsajjel (Still Recording) de Saeed Al Batal and Ghiath Ayoub

Fondazione Mimmo Rotella Award
Julian Schnabel et Willem Dafoe pour At Eternity's Gate

NuovoImaie Award (Droit des artistes)
Linda Caridi pour Ricordi? de Valerio Mieli et Giampiero De Concilio pour Un Giorno all'improvviso de Cirio D’Emilio

La Pellicola d'Oro Award
Franco Ragusa pour les effets spéciaux de Suspiria
Katia Schweiggl pour les costumes de Capri-Révolution
Prix pour l'ensemble de sa carrière: Atelier Nicolao du Stefano (costumes)

Premio Soundtrack Stars (musiques de film)
Meilleure BOF: Capri-Révolution de Mario Martone, musique de Sacha Ring et Philipp Thimm
Meilleure chanson: A Suspirium de Thom Yorke pour Suspiria de Luca Guadagnino
Mention spéciale: Judy Hill pour What You Gonna Do When the World's on Fire de Roberto Minervini

Premio Vivere da Sportivi, Fair play al cinema
What You Gonna Do When the World's on Fire de Roberto Minervini
Mentions spéciales: Zen sul Ghiaccio Sottile de Margherita Ferri et Lissa Ammetsajjel (Still Recording) de Saeed Al Batal and Ghiath Ayoub

Sfera 1932 Award
Capri-Révolution de Mario Martone

en attente: HFPA Award (Hollywood Foreign Press Association)
Casa Wabi – Mantarraya Award

Phantom Thread, meilleur film de l’année pour la critique internationale

Posté par vincy, le 24 août 2018

Le lauréat du grand Prix Fipresci de la critique internationale 2018 est décerné à Phantom Thread, de Paul Thomas Anderson, a annoncé le Festival du film de San Sebastian. C'est la troisième fois que le cinéaste américain remporte ce trophée (un record), après There Will be Blood et Magnolia.

Il a triomphé de 3 Billboards, les panneaux de la vengeance de Martin McDonagh, deux fois oscarisé et primé à Venise l'an dernier, Cold War de Pawel Pawlikowski, primé à Cannes cette année, et Zama de Lucrecia Martel, prix Fipesci du meilleur film à La Havane.

Phantom Thread, avec Daniel Day-Lewis, Vicky Krieps et Lesley Manville, raconte l'histoire d'un génie névrotique de la Haute-couture dans le Londres des années 1950, qui tombe sous le charme d'une jeune fille venue de l'Est et en fait sa muse. Le film a remporté un Oscar (costumes) pour 7 nominations (dont film, acteur, réalisation et second rôle féminin). Il n'a été présenté dans aucun grand festival. Le film a séduit 375 000 spectateurs en France et a récolté 46M$ dans le monde.

L’an dernier, L’autre coté de l’espoir d’Aki Kaurismaki, prix de la mise en scène à Berlin, avait été désigné comme meilleur film par la critique internationale.

Cannes 2018: les trois lauréats de la Critique internationale

Posté par vincy, le 19 mai 2018

La FIPRESCI a rendu son verdict. Trois films cannois ont été récompensés cet après-midi, à quelques heures du palmarès officiel.

Burning de Lee Chang-Dong a reçu le prix pour la compétition, le jury saluant "Un film visuellement époustouflant et un commentaire émotionnellement complexe sur la société contemporaine."

Déjà primé au palmarès d'Un certain regard et lauréat de la Queer Palm, Girl de Lukas Dhont a remporté le prix pour la section Un certain regard, "pour son intégrité audacieuse dans la lutte contre les problèmes de genre tout en affichant un équilibre incroyable de la part d'un primo-réalisateur qui décrit le rapport délicat et touchant dans une relation père-fille magnifiquement dépeint par les deux acteurs."

Enfin, pour le prix sacrant un film issu des sélections parallèles, c'est la semaine de la critique qui est récompensée avec Egy nap (One Day) de Zsofia Szilàgyi. "Le travail précis de la caméra et la mise en scène puissante traduisent l'intensité et la tension extraordinaires d'une situation tout à fait ordinaire par le sentiment, l'humour et le drame. Un début remarquablement confiant" explique le jury.

Cannes 2017: les critiques internationaux ont le coup de cœur pour un film français

Posté par vincy, le 27 mai 2017

Le jury FIPRESCI (Critique internationale) a attribué ses prix ce samedi 26 mai.

Pour la compétition, 120 battements par minutes de Robin Campillo, l'un des favoris pour la Palme d'or avec Faute d'amour et You Were Never Really Here, a été consacré.

Une vie à l’étroit (Tesnota), du russe Kantemir Balagov, dont c'est le premier film, a reçu le prix pour la section Un certain regard.

L’usine de rien (A Fabrica de Nada)
du portugais Pedro Pinho (Quinzaine des réalisateurs) a remporté le prix pour l'ensemble des sections parallèles.

Cannes 2016: toute la sélection de Cannes Classics

Posté par MpM, le 20 avril 2016

Bertrand Tavernier, William Friedkin, Cannes 1966, les 70 ans de la Fipresci, les documentaristes Wiseman & Depardon, l’Europe de l’Est , des grands films populaires, du cinéma de genre, de la science-fiction, de la comédie, de l’animation, de l’horreur gothique, du western et enfin des documentaires sur le cinéma: Cannes Classics 2016 révèle son menu patrimonial.

La plupart des films présentés sortiront en salles et en DVD/Blu-ray, et tout ou partie du programme Cannes Classics sera repris au cinéma Les Fauvettes (Paris), au festival Cinema Rittrovato (Bologne), à l’Institut Lumière (Lyon).

Evénements
Voyage à travers le cinéma français de Bertrand Tavernier
Sorcerer de William Friedkin (dans le cadre de sa Leçon de cinéma)
Signore & signori (Ces messieurs dames ou Belles dames, vilains messieurs) de Pietro Germi
Un Homme et une femme de Claude Lelouch
Faits divers de Raymond Depardon (dans le cadre de l'hommage croisé à Depardon et Wiseman)
Hospital de Frederick Wiseman (Prix Consécration de France Culture 2016 à Cannes)
Farrebique de Georges Rouquier (pour célébrer les 70 ans de la FIPRESCI)

Documentaires sur le cinéma
The Cinema Travelers de Shirley Abraham et Amit Madheshiya (Inde).
The Family Whistle de Michele Russo (Italie)
Cinema Novo de Eryk Rocha (Brésil)
Midnight Returns: The Story of Billy Hayes and Turkey de Sally Sussman (Etats-Unis)
Bright Lights: Starring Carrie Fischer and Debbie Reynolds de Alexis Bloom et Fisher Stevens (Etats-Unis)
Gentleman Rissient de Benoît Jacquot, Pascal Mérigeau et Guy Seligmann (France).
Close encounters with Vilmos Zsigmond de Pierre Filmon (France)
Et La femme créa Hollywood de Clara et Julia Kuperberg (France)
Bernadette Lafont et Dieu créa la femme de Esther Hoffenberg (France)

Copies restaurées (par ordre chronologique)
Gueule d’amour de Jean Grémillon (1937, France)
Die letzte Chance (La Dernière chance) de Leopold Lindtberg (1945, Suisse)
Momotarô, Umi no shinpei (Momotaro, le divin soldat de la mer) de Mitsuyo Seo (1945, Japon)
Rendez-vous de juillet de Jacques Becker (1949, France)
Ugetsu monogatari (Les Contes de la lune vague après la pluie) de Kenji Mizoguchi (1953, Japon)
Santi-Vina de Thavi Na Bangchang (1954, Thaïlande)
Dolina Miru (La Vallée de la paix) de France Stiglic (1956, Slovénie)
Jago hua savera (Quand naîtra le jour) de Aaejay Kardar (1958, Pakistan)
One-Eyed Jacks (La Vengeance aux deux visages) de Marlon Brando (1961, Etats-Unis)
Pit and The Pendulum (La Chambre des tortures) de Roger Corman (1961, Etats-Unis)
Ikarie XB 1 de Jindrich Polak (1963, Tchéquie)
Dragées au poivre de Jacques Baratier (1963, France)
Masculin féminin de Jean-Luc Godard (1966, France)
Memorias del subdesarrollo (Mémoires du sous-développement) de Tomás Gutiérrez Alea (1968, Cuba)
Szerelem (Amour) de Karoly Makk (1971, Hongrie)
Solyaris (Solaris) de Andreï Tarkovski (1972, Russie)
Adieu Bonaparte de Youssef Chahine (1984, France/Egypte)
Le Décalogue 5 (Tu ne tueras point) et 6 (Tu ne seras pas luxurieux) de Krzysztof Kie?lowski (1989, Pologne)
Valmont de Milos Forman (1989, France)
Howards End (Retour à Howards End) de James Ivory (1992, Royaume-Uni/Japon) - en présence de James Ivory et de l'actrice Vanessa Redgrave.
Indochine de Régis Wargnier (1992, France)

Séances spéciales
Terrore nello spazio (La Planète des vampires) de Mario Bava (1965, Italie/Espagne)
Tiempo de morir de Arturo Ripstein (1966, Mexique)

Prix FIPRESCI 2015: Pourquoi « Mad Max : Fury Road » est le meilleur blockbuster de l’année?

Posté par geoffroy, le 18 septembre 2015


Ce soir, un film hors normes va recevoir le Prix FIPRESCI du meilleur film de l'année. La critique internationale a plébiscité pour la première fois un "blockbuster" hollywoodien, présenté hors-compétition à Cannes en mai dernier.

Mais pourquoi Mad Max : Fury Road est-il le meilleur blockbuster de l’été ?

L’été 2015 est terminé et avec lui son lot de blockbusters bourrés aux amphétamines. Si je devais ne retenir qu’un film, j’opterai sans hésiter pour Mad Max : Fury Road. C’est simple, le dernier opus de George Miller est un choc visuel, une expérience ciné totale et totalement jouissive qui enterre de son souffle novateur ses petits camarades de jeu en se rappelant au bon souvenir d’un cinéma d’Entertainment ici débarrassé de l’influence néfaste d’une Hollywood gangrénée par ses hordes de « marketeurs ».

Beaucoup ont glosé, à tort, sur le caractère étriqué voire insipide de son scénario. Il s’agit, de toute évidence, d’une erreur d’appréciation – encore que je soupçonne des pointes de mauvaise foi – puisque ce qui compte, dans le geste du réalisateur, n’est pas la complexité supposée d’une histoire à raconter mais la façon dont celle-ci est mise en image. Ainsi, l’essence du cinéma dans son expression originelle est réinvestit par une mise en action essentiellement pictural légitimant sa raison d’être. Tout est scandé par le seul mouvement d’une narration volontairement percutante, merveille de ligne de fuite captant la furie d’un monde dominé par la loi du plus fort.

La quatrième représentation de ce anti-héros mutique devenu l’une des figures mythologiques du 7ème art et de la pop culture en général, est performative. En effet, la course-poursuite qui compose 90% du film fait office de mode opératoire pyrotechnique à même de ressusciter par des faits de « route » l’aura inaltérable d’un personnage en lutte pour sa survie et contre la barbarie d’un monde fumant encore sous les vestiges de sa propre décrépitude. George Miller s’inscrit ainsi en rupture du système sur un contre-pied épatant de gourmandise cinématographique, préférant confiner sa narration dans le cadre d’une typographie bornée, désertique et linéaire pour mieux lui torde le cou dans un élan de mouvement perpétuel. Cette résistance face à la standardisation des productions actuelles honore Miller car il nous évite un reboot inutile d’une franchise historique qu’il n’aurait pas fallu, de toute façon, dénaturer.

Métaphysique des corps dans un monde chaotique

Se faisant, le réalisateur revisite avec brio son œuvre afin de lui donner un souffle épique rare, tout à la fois brutal, hystérique, lumineux, bariolé, esthétique. Comme en atteste le soin apporté à chaque séquence d’un point de vue formel. Par leur composition elles produisent la substantifique moelle d’un langage au service d’une imagerie brassant tout un pan de la pop culture pour élaborer une vision post-moderne à même de redéfinir le film d’action. Le génie de Miller est de nous embarquer dans une embardée cauchemardesque indistincte, intemporelle, sans limite. Le cadre explose pour laisser entrer une sauvagerie primitive modulable à souhait. Et Miller ne s’en prive pas, regorge d’inventivité afin de créer des poches de distorsion, sorte de contrepoint parfait à la linéarité du récit. Aucun salut pour les lâches. Il faut partir au combat, risquer sa vie pour espérer sauver son âme. Fury Road parle de métaphysique des corps dans un monde chaotique, excluant, avilissant, sans espoir. La course-poursuite indique la route à prendre pour vaincre l’inéluctable. Au-delà de la mort l’entraide devient une nécessité. La rédemption, une perspective de salut dans un monde ou tout n’est qu’entrechoquement (ferraille, chair, âme).

Pour spécifier sa vision, le réal étale sa science de la composition. Cette fois il n’est plus question de construire des scènes d’action dans leur métrique, leur durée ou leur autonomie – comme l’avaient très bien fait les frères W avec Matrix Reloaded –, mais de façonner un long tunnel visuel électrisé par le vrombissement de moteurs déchaînés. En ressort un road-movie intense tourné à l’ancienne dans des décors naturels. Ainsi, l’apport, mesuré, du numérique, sert à affiner, plutôt qu’à construire, les contours gargantuesques de cette fable contemporaine .Ce choix propulse le film dans un ailleurs tangible, palpable, ancré à la terre dans la reconquête d’une humanité. Le parcours n’est pas initiatique, il est viscéralement émancipateur. L’affrontement qui pulse les cœurs des différents protagonistes est celui d’une survie. Soit dans l’affirmation d’une domination sanguinaire. Soit en créant les conditions d’une libération.

Pour toutes ces raisons, et plus encore, Mad Max : Fury Road ne peut se réduire à n’être qu’un vulgaire avatar des films post-apocalyptiques. Non, le film revêt un uniforme beaucoup plus estimable puisqu’il est devenu, en quelques semaines seulement, un objet de fascination, une proposition exclusive d’un genre qui a bien du mal à se renouveler. Fury Road peut être fier d’être affublé de l’étiquette « culte » qui, au-delà de son succès public, lui assure déjà la postérité.

Venise 2015: L’Attente, The Danish Girl, Sangue del mio sangue, Non essere cattivo parmi les premiers récompensés

Posté par vincy, le 12 septembre 2015

Venise 2015Avant le palmarès final de la 72e édition du Festival international du film de Venise, de nombreuses récompenses ont déjà primé les films toutes sélections confondues (lire aussi le palmarès des Venice Days 2015).

Si Marco Bellocchio s'octroie le convoité prix de la critique internationale avec Sangue del mio Sangue et The Danish Girl repart avec le Queer Lion, quelques films comme L'attente, avec Juliette Binoche et Lou de Lâage, Beixi moshuo de Liang Zhao, Blanka de Kohki Hasei et Spotlight de Thomas McCarthy ont récolté plus d'un prix parallèle. Mais la razzia provient de Non essere cattivo, premier film de l'ancien documentariste Claudio Caligari en 17 ans et qui se voit couronné par 8 prix au total!

Prix FIPRESCI
Sangue del mio sangue de Marco Bellocchio
Prix SIGNIS
Beixi moshuo (Behemoth) de Liang Zhao
Mention spéciale: L’attesa (L'attente) by Piero Messina
Leoncino d'Oro Agiscuola  per il Cinema Award
L’attesa (L'attente) by Piero Messina
Prix Francesco Pasinetti Award
Non essere cattivo by Claudio Caligari
Meilleur acteur: Luca Marinelli (Non essere cattivo)
Meilleure actrice: Valeria Golino (Per amor vostro)
Prix spécial: La prima luce de Vincenzo Marra
Prix Brian
Spotlight by Thomas McCarthy
Queer Lion Award
The Danish Girl de Tom Hooper
Mention spéciale: Baby Bump de Kuba Czekaj
Prix jeunesse Arca Cinema
Meilleur film: Abluka (Frenzy) de Emin Alper
Meilleur film italien; Pecore in erba de Alberto Caviglia
Prix FEDIC
Non essere cattivo dey Claudio Caligari
Mention spéciale: L’attesa (L'attente) de Piero Messina
Prix Fondazione Mimmo Rotella
Alexander Sokurov (Francofonia)
Prix spéciaux: Johnny Depp et Terry Gilliam
Prix Future Film Festival Digital
Anomalisa de Charlie Kaufman & Duke Johnson
Prix P. Nazareno Taddei
Marguerite de Xavier Giannoli
Prix Lanterna Magica (CGS)
Blanka de Kohki Hasei
Open Award
Carlotta Cerquetti (Harry’s Bar)
Prix Lina Mangiacapre
Laurie Anderson (Heart of a Dog)
Mouse d'Oro Award
Meilleur film: Rabin, The Last Day de Amos Gitai
Meilleur film hors compétition: Spotlight de Tom McCarthy
Prix Gillo Pontecorvo - Arcobaleno Latino
Non essere cattivo de Claudio Caligari
INTERFILM Award
Wednesday, May 9 de Vahid Jalilvand
Prix Vittorio Veneto Film Festival
Remember d'Atom Egoyam
Mention spéciale: 11 minut (11 Minutes) de Jerzy Skolimowski
Prix “Civitas Vitae prossima”
Alberto Caviglia (Pecore in erba)
Prix Green Drop
Beixi moshuo (Behemoth) de Liang Zhao
Soundtrack Stars Award
A Bigger Splash de Luca Guadagnino
Equals de Drake Doremus
Prix pour l'ensemble de sa carrière: Nicola Piovani
Prix Carlo Mazzacurati
Non essere cattivo de Claudio Caligari
Human Rights Nights Award
Rabin, The Last Day de Amos Gitai
Prix AssoMusica “Ho visto una Canzone”
La chanson “A cuor leggero” de Riccardo Sinigallia dans Non Essere Cattivo
Prix “Sorriso diverso Venezia 2015”
Meilleur film italien Non essere cattivo de Claudio Caligari
Meilleur film en langue étrangère: Blanka de Kohki Hasei
Prix Amnesty International Italia “ Il cinema per i diritti umani”
Visaaranai (Interrogation) de Vetri Maaran
Prix CITC – UNESCO 2015
Beasts of No Nation de Cary Fukunaga
Prix Nouveau Talent
Meilleur espoir féminin: Ondina Quadri (Arianna de Carlo Lavagna)
Meilleur espoir masculin: Alessandro Borghi  (Non essere cattivo de Claudio Caligari)
Prix de la meilleure innovation budgétaire
A Bigger Splash de Luca Guadagnino

Mad Max Fury Road: le choix détonnant de la critique international

Posté par vincy, le 2 septembre 2015

Le grand prix de la Fipresci - qui sera remis lors de la cérémonie de clôture du festival de San Sebastian le 26 septembre - va être remis cette année à... Mad Max Fury Road. Etonnant non? C'est la première fois qu'un blockbuster américain remporte ce prix des prix, qui nous avait plutôt habitué à honorer des films d'auteurs ou du cinéma américain indépendant (Paul Thomas Anderson, Richard Linklater, Terrence Malick). Anderson, avec Almodovar et Haneke, sont les seuls à avoir été primés deux fois depuis la création du prix en 1999.

C'est la première fois aussi qu'un cinéaste australien, ici George Miller, remporte cette récompense. Et c'est surtout la 11e fois qu'un film présenté à Cannes gagne ce prix.

Pourtant face à Mad Max Fury Road (hors compétition à Cannes), le choix était pointu et appréciable:  Le fils de Saul de László Nemes (Grand prix du jury à Cannes), The Assassin de Hou Hsiao-Hsien (Prix de la mise en scène à Cannes), Taxi Téhéran de Jafar Panahi (Ours d'or à Berlin)