La Fondation Gan pour le Cinéma s’engage en faveur de la jeune création

Posté par MpM, le 11 décembre 2017

Lundi 27 novembre s'est tenue la très attendue Soirée des lauréats de la Fondation Gan pour le cinéma durant laquelle sont traditionnellement annoncés les projets de longs métrages qui seront soutenus par l'Institution. Ces Prix, qui existent depuis la création de la Fondation en 1987, ont récompensé notamment Raymond Depardon (La captive du désert), Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro (Delicatessen), Tran Ahn Hung (L'odeur de la papaye verte), Catherine Corsini (Les amoureux), Christine Carrière (Rosine), Gaël Morel (A toute vitesse) ou encore Bruno Dumont (La vie de Jésus). En tout 182 projets ont été aidés, dont 90% ont été tournés. Près d’un lauréat sur deux aidé pour son premier film en réalise au moins un deuxième. Plus d'un quart est une réalisatrice.

Les projets soumis au jury, présidé cette année par le réalisateur Thomas Lilti, sont des scénarios de premier ou deuxième long métrage (jusqu'à 1998, il était également possible pour les troisièmes films de postuler). Les lauréats reçoivent une aide de 53 000 euros (50 000 pour le producteur, 3000 pour le réalisateur). En 2017, 146 projets ont été étudiés dont 80% de premiers films et 40% proposés par des réalisatrices.

Les 4 lauréats 2017 sont :
- Meryem Benm’Barek pour Sofia (premier long métrage) produit par Curiosa Films. La réalisatrice, née au Maroc, s'était fait remarquer avec son court métrage Jennah en lice pour les Oscars 2015.
- Jayro Bustamante pour Tremblements (deuxième long métrage) produit par Tu Vas Voir productions. Le réalisateur franco-guatémaltèque avait connu un important succès avec son premier long métrage, Ixcanul, prix Alfred Bauer à Berlin en 2015.
- Blaise Harrison pour Les particules (premier long métrage) produit par Les Films du Poisson. Le réalisateur a été sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs en 2011 avec le moyen métrage documentaire Armand, 15 ans l'été.
- Jean-Bernard Marlin pour Shéhérazade (premier long métrage) produit par Géko Films. Le réalisateur avait reçu l'Ours d'or du meilleur court métrage à Berlin en 2013 pour La fugue, également nommé aux César 2014.

Le prix spécial revient quant à lui à la réalisatrice Florence Miailhe, connue pour ses courts métrages en peinture et sables sur verre animés directement sous la caméra, tels que Au premier dimanche d'août ou Conte de quartier, et qui travaille actuellement sur son premier long métrage, La traversée, co-scénarisé par l'écrivaine Marie Desplechin et produit par Les Films de l'Arlequin.

Enfin, à l'occasion du 30e anniversaire de la Fondation, un prix exceptionnel a par ailleurs été attribué au projet de série L'image originelle réalisé par Pierre-Henri Gibert, dont le principe consiste à interroger des cinéastes de renom tels que David Lynch, Olivier Assayas ou Lars von Trier sur l'expérience fondatrice de leur premier film.

On n'a vraisemblablement pas fini d'entendre parler des projets lauréats : si l'on en croit les statistiques, un sur trois a en effet une chance d'être sélectionné lors d'un prochain Festival de Cannes. Rendez-vous sur la croisette, donc.

Une pétition pour défendre les cinéastes émergents

Posté par vincy, le 1 décembre 2017

Il y a déjà plus de 1500 signataires à la pétition "Faisons le pari de la jeune création cinématographique !".

"Année après année, les financements privés, principalement issus des chaînes de télévision, se sont raréfiés, se portant d’abord sur les auteurs déjà reconnus, les valeurs les plus sûres, les genres les plus porteurs" se plaignent jeunes rééalisateurs et cinéastes confirmés qui ont signé l'appel, parmi lesquels Marie Amachoukeli, Jacques Audiard, Lucas Belvaux, Julie Bertuccelli, Bertrand Bonello, Pascal Bonitzer, Catherine Corsini, Claire Denis, Yann Gonzalez, Robert Guédiguian, Agnès Jaoui, Cédric Klapisch, Tonie Marshall, Katell Quillévéré, Pierre Salvadori, Céline Sciamma, ou encore Rebecca Zlotowski, mais aussi des scénaristes, producteurs et techniciens du cinéma.

Précarisation

Rappelant qu'à Cannes, la Caméra d’or (prix du meilleur premier film) a récompensé trois fois en quatre ans le jeune cinéma français, ils interpellent la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, en signalant que "ce sont justement les premières œuvres et les projets les plus audacieux, ceux sur lesquels il est le plus risqué de « parier », qui sont aujourd’hui grandement fragilisés, jusqu’au seuil de la précarité pour certains." Ajoutant: "le plafonnement des aides publiques affecte violemment la fabrication, l’imaginaire, l’ambition artistique et visuelle des projets : équipes techniques réduites, figuration inexistante, temps de tournage de plus en plus contraints, scénarios élagués…Cette précarisation s’étend sans cesse et bride l’éclosion d’une nouvelle génération d’auteurs, d’acteurs, de techniciens."

Changement de la politique d'aides

"L’absence d’une chaîne de télévision en pré-financement - ou la faiblesse des montants proposés - génère presque automatiquement une majorité de financements publics, plafonnés à 60% pour les films à petit budget. L’absurdité du système pousse ces films à renoncer à certaines aides, notamment au crédit d’impôt" constatent-ils.

Les signataires proposent d'autoriser "un maximum de 70 % d’aides publiques dans le budget de ces films" , soit un coût financier marginal puisque très peu de films sont concernés. Ils demandent "une plus grande égalité entre les films face au crédit d’impôt, un dispositif fiscal qui devrait être ouvert à tous, sans aucune exception."

Actuellement, la réglementation française limite à 50% le seuil d'aide publique à la production (60 % pour les premiers et deuxièmes films, et pour ceux dont le budget est inférieur à 1,25 million d'euros). Ce dispositif est issu d'une règle européenne mais chaque Etat membre peut l'adapter.

La pétition accompagne un amendement (permettant le relèvement de la limite de l'aide publique) au Projet de loi de financer, déposée par la députée parisienne Brigitte Kuster (Les Républicains). Il a reçu un " avis défavorable " du ministre de l'action et des comptes publics Gérald Darmanin. Il ne reste qu'à espérer qu'un sénateur prendra le relais...

Neuf films visent le prix Louis-Delluc 2017

Posté par vincy, le 22 novembre 2017

Le jury du Prix Louis-Delluc devra choisir le lauréat, qui sera révélé le 15 décembre, parmi les neuf films sélectionnés.

Deux documentaires, plusieurs films sélectionnés à Cannes et quelques surprises composent cette liste. A noter que seul Arnaud Desplechin l'a déjà reçu parmi tous les nommés.

Pour le Prix Louis-Delluc du premier film, six longs métrages et quasiment un "strike" cannois" (4 sur 6), ont été retenus.

3 raisons d’aller voir Diane a les épaules

Posté par vincy, le 15 novembre 2017

Diane a les épaules est le premier long métrage de Fabien Gorgeart. Ses courts métrages s'intéressaient déjà à la parentalité. Le Sens de l’orientation, plusieurs fois sélectionné et récompensé, racontait ainsi l’histoire d’un homme stérile et n'osant pas le dire ; Un chien de ma chienne, avec Clotilde Hesme, suivait l'histoire de deux sœurs dont l'une vivait une interminable et épuisante grossesse.

Ici Diane (Clotilde Hesme de nouveau) a accepté de porter l’enfant de Thomas et Jacques, ses meilleurs amis. C’est dans ces circonstances, pas vraiment idéales, qu’elle tombe amoureuse de Fabrizio. Le choix va devenir compliqué.

C'est frais. Sensible assurément. Le film est une comédie légère, qui n'est pas exempte de gravité. Parce que le scénario et les acteurs sont dévoués à l'histoire, cela fait du film une comédie sociale enlevée où tout le monde lâche prise sans jamais lâcher son personnage. Le charme opère rapidement, avec une "cool attitude" et une justesse précise, une alchimie suffisamment rares pour être soulignée. Ça pétille, c'est émouvant et c'est solaire. Bref tant de finesse et de grâce, ça change des comédies françaises habituelles. Ne nous en privons pas.

"Etre enceinte et avoir un enfant, ça n'a rien à voir! Je le sais puisque je le vis!"

C'est chaud. Evidemment, ça touche à un sujet d'actualité "touchy" pour qui n'est pas "friendly". Pourtant le film évite tous les clichés sur le sujet. La GPA n'est qu'un prétexte pour explorer les nouvelles frontières entre amour et amitié et évoquer les nouveaux codes du couple. Bref c'est l'une des premières comédies intelligentes sur l’éclatement du modèle familial traditionnel. C'est aussi une jolie réflexion sur la maternité et la parentalité où le corps féminin est sans aucun doute l'inspiration première de cette histoire.

C'est vivifiant. Avec une actrice au corps plus androgyne - adolescent qui se retrouve avec un gros ventre de mamma, Fabien Gorgeart a raison quand il dit de Clotilde Hesme qu'elle "est à mi-chemin entre une héroïne rohmérienne et le Lieutenant Ripley. C’est notre Sigourney Weaver " Elle n'appartient à aucun genre, peut-être virile comme séductrice, amicale comme amoureuse. Sous-exploitée par le cinéma français, entourée ici d'une ribambelle de bons acteurs, elle prouve ici qu'elle peut passer du burlesque au dramatique, du vaudeville apparent à la comédie romantique. C'est une combattante et ça vaudrait bien une nomination aux César.

Un film scandinave reçoit le Prix Lux 2017

Posté par vincy, le 14 novembre 2017

Des trois finalistes, c'est le scandinave Sámi Blood qui l'a emporté. Cette coproduction scandinave (Suède, Norvège et Danemark), premier film de la réalisatrice suédoise Amanda Kernell succède à Toni Erdmann de Maren Ade.

C'est la première fois en onze éditions que le Prix du Parlement européen récompense un film venu des pays nordiques. Seul Play de Ruben Östlund (Palme d'or cette année avec The Square) avait réussi à finir dans le trio final depuis 2007.

Sámi Blood faisait face à 120 battements par minute et Western.

Le président du parlement européen Antonio Tajani a rappelé à cette occasion que "Le prix Lux est à l'avant-garde de la promotion du cinéma 'made in Europe', de notre industrie créative et de notre diversité culturelle et linguistique."

Sámi Blood (Le sang Sami) suit une jeune fille sami (ou laponne), Elle Marja, 14 ans. Son peuple est éleveur de rennes et victime du racisme des années 30, qui exige notamment des examens physiologiques sur les races dès l'école. Elle se met alors à rêver d’une nouvelle vie, mais elle va devoir changer d’identité et rompre tous les liens avec sa famille et sa culture si elle veut accomplir son objectif. A savoir: les rôles samis ont tous été interprétés par des Samis eux-mêmes.

Le film n'a pas de distributeur en France. Il tourne depuis plus d'un an dans les festivals: Venice Days à Venise où il a fait son avant-première mondiale en 2016, Toronto, Tokyo, Dubai, Sundance, Créteil, Seattle, Edimbourg... Le film a d'ailleurs reçu plusieurs prix : meilleur film et meilleure actrice à Seattle, meilleur film nordique et meilleure photo à Göteborg, meilleur film étranger à Newport Beach, Prix des valeurs humaines à Thessalonique, Meilleur premier film et Label Europa Cinémas aux Venice Days, prix spécial du jury et meilleure actrice à Tokyo...

Chiwetel Ejiofor tourne son premier film au Malawi

Posté par vincy, le 25 octobre 2017

L'acteur Chiwetel Ejiofor (12 Years A Slave) passe derrière la caméra. Il vient de commencer le tournage de The Boy Who Harnessed the Wind au Malawi. Le primo-réalisateur est également l'un des acteurs du film, adapté du livre de William Kamkwamba et Bryan Mealer. Il s'agit d'un livre autobiographique qui a été publié en France une première fois sous le titre Le garçon qui dompta le vent : témoignage (préfacé par Yann Arthus-Bertrand) en 2010 et une seconde fois sous le titre Une éolienne en Afrique en 2013.

Dans ce livre, William Kamkwamba raconte comment il est contraint d'abandonner ses études parce qu'il doit aider son père aux champs. Mais, alors que la sécheresse frappe sa région, il refuse de renoncer à son rêve d'une vie meilleure. C'est dans une bibliothèque qu'il a l'occasion de lire des livres, en particulier un manuel de sciences qui lui permettra de fabriquer une éolienne capable d'apporter eau et électricité au village. Il décide de construire des éoliennes.

Une actrice française au casting

"Je veux que ce soit un film qui permet aux gens de voir que le Malawi et le reste du monde seront meilleurs pour tout ce que William et ses semblables peuvent apporter quand ils ont les opportunités dont ils ont besoin de toute urgence pour suivre leur propre destinée" explique Chiwetel Ejiofor, qui incarne le père de William dans l'histoire.

Le reste du casting est composé de Maxwell Simba dans le rôle de William, Noma Dumezweni dans celui de la bibliothécaire, Aissa Maiga dans celui de la mère, Joseph Marcell dans le rôle du Chef Wimbe et Lemogang Tsipaqui interprète le professeur.

Ça « matche » sur Tinder pour des « Premières vacances »

Posté par vincy, le 22 octobre 2017

Fin de tournage ces jours-ci pour Premières vacances, "un film sur les vacances et le couple " dixit Camille Chamoux. Son compagnon Patrick Cassir en est le réalisateur. Ils ont, tous les deux, coécrit le scénario.

L'histoire est celle de Marion et Ben, deux trentenaires qui se rencontrent sur le réseau de rencontres Tinder, et tombent miraculeusement amoureux. Ils décident très vite de partir en vacances ensemble pour couronner leur début d’histoire idyllique… Mais ce séjour va en fait révéler leurs différences et virer au cauchemar.

Camille Chamoux sera Marion tandis que Jonathan Cohen interprétera Ben. Ils sont entourés de Camille Cottin, Jérémie Elkaïm et Vincent Dedienne, dont c'est le premier film.

Le tournage de près de deux mois s'est déroulé entre Nantes, Paris et la Bulgarie. Le film sera distribué par Le Pacte.

Camille Chamoux, révélée par son One-Woman Show Née sous Giscard et Les gazelles, sera à l'affiche le 1er novembre du prochain film de Roman Polanski, D'après une histoire vraie. Camille Cottin, célèbre "Connasse", a connu un échec en début d'année avec Telle mère, telle fille. Elle vient de tourner Big Bang de Cécilia Rouaud.

Marion Cotillard tourne dans un premier film

Posté par vincy, le 9 octobre 2017

C'est aujourd'hui que commence le tournage du premier long métrage de Vanessa Filho, Gueule d'ange, avec Marion Cotillard en vedette. Pour le film, l'actrice semble s'être teinte en blonde selon les photos récentes postées sur Instagram.

Cela faisait 11 ans, depuis Fair Play de Lionel Bailliu et Dikkenek d'Olivier Van Hoofstadt, que la star française n'avait pas tourné dans un premier film. Entre temps, elle a eu un Oscar, un César etc...

Ayline Etaix, Alban Lenoir et Amélie Daure sont également au générique de ce drame qui raconte la vit de Marlène, une mère célibataire, autodestructrice et sans repères, qui, une nuit, après une rencontre en discothèque, décide de partir et d'abandonner sa fille de huit ans, qui boit en cachette. Ellie, surnommée Gueule d'ange, est livrée à elle-même, et sombre dans l'alcoolisme, jusqu'à sa rencontre avec Julio, un ancien plongeur de la mort, auquel elle s'attache.

Le scénario est coécrit par la primo-réalisatrice, François Pirot (Mobile Home) et Diastème (Un Français).

Le film a bénéficié de l'Avance sur recettes et sortira en 2018, distribué par Mars Films.

Vanessa Filho, photographe et vidéaste, a déjà réalisé quelques courts métrages, clips vidéos (notamment "U Turn" de Aaron), et un documentaire court sur Daniel Darc.

Marion Cotillard n'a rien tourné depuis un an; Elle était à l'affiche cette année de deux films: Les fantômes d'Ismaël et Rock'n Roll.

Cannes 2017: Qui est Taylor Sheridan ?

Posté par vincy, le 27 mai 2017

Taylor Sheridan, c'est le talent brut américain. Un touche-à-tout venu du Texas. A 47 ans - il a fêté son anniversaire au Festival il y a six jours - il est connu comme acteur en second-rôle, scénariste de premier plan et le voilà réalisateur. Wind River est son premier film. Un thriller présenté à Un certain regard, où un homme, Cory, traumatisé par la mort de sa fille, travaille comme chasseur de coyotes et autres prédateurs. La poisse : il trouve le corps violé d'une adolescente dans une région désertée, une réserve amérindienne, et décide d'aider un agent du FBI à trouver le coupable. Le film, avec Jeremy Renner dans le rôle principal, et Elizabeth Olsen, a déjà été présenté à Sundance cet hiver.

Avant de concourir à la prestigieuse Caméra d'or cannoise, Taylor Sheridan a parcouru un long chemin chaotique. En tant que comédien, il a joué les rôles secondaires dans des épisodes de série, de Walker, Texas Ranger à Docteur Quinn, femme médecin en passant par Star Trek: Enterprise, New York Police Blues, Les Experts: Manhattan. Malgré sa belle gueule et son regard perçant, sa carrière ne décolle pas avant 2005, quand il incarne Danny Boyd, en cousin d'un gangster et trafiquant de drogue maffieux irlandais, dans la série Veronica Mars. Mais c'est en flic dans trois saisons de Sons of Anarchy qu'il est acquiert enfin une certaine notoriété.

Au cinéma, en revanche, c'est disette. Il tourne en 2003 dans White Rush, de Mark L. Lester, polar inédit en salles, et ne retrouve le grand écran qu'avec Comancheria (High or Hell Water), présenté l'an dernier à Un certain regard, dont il a signé le scénario.

Car, voyant sa carrière de comédien faire du sur place, il décide de se lancer dans l'écriture de scénarios. Et pas des moindres. On lui doit Sicario, réalisé par Denis Villeneuve et en compétition au Festival de Cannes en 2015. Une autre histoire de drogue, de Texas et de flics, avec un FBI sans foi ni loi et des immigrés clandestins venus du Mexique. Pour le film, il se documente énormément, effectue un véritable travail journalistique et montre comment cette frontière bientôt murée est devenue une zone de non-droit. Le film reçoit trois citations aux Oscars et le scénariste est nommé aux prix de la Writers Guild of America. Il a écrit la suite, Soldado, centrée sur le personnage interprété par Benicio del Toro.

Comancheria, réalisé par David Mackenzie, est par conséquent son deuxième scénario. Il l'avait écrit quelques années avant Sicario. Le script figurait sur la fameuse Black List, ces pépites que personne n'osent produire. Un autre récit texan, avec deux frères qui braquent des banques pour rembourser une dette. C'est le bingo. Quatre nominations aux Oscars, dont celle du meilleur film et du meilleur scénario original, deux nominations aux Golden Globes, dont une pour Sheridan à titre de scénariste et une nouvelle nomination aux prix de la Writers Guild of America.

Depuis deux ans, Taylor Sheridan ne chôme pas (il a même écrit le téléfilm Yellowstone, autour d'une famille du Montana qui se bat pour sauver son ranch). Il a été enrôlé pour écrire le remake de Maryland, le film d'Alice Winocour, présenté en 2015 à Un certain regard.

Il aime les histoires simples, les paysages arides, les personnages tourmentés et solitaires. Taylor Sheridan impose son style, en ancrant des récits réalistes et contemporains dans un cadre finalement on ne peut plus classique entre film noir et western. Un Texan qui a rêvé de la lumière et l'a trouvée dans l'ombre de l'écriture.

Christoph Waltz passe derrière la caméra

Posté par redaction, le 9 mai 2017

C'est au tour de Christoph Waltz, acteur deux fois oscarisé et primé à Cannes de passer derrière la caméra avec Georgetown. Le tournage aura lieu cet été à Montréal, avec Vanessa Redgrave au générique (l'actrice présente par ailleurs un documentaire qu'elle a réalisé en sélection officielle à Cannes). L'actrice a été nommée six fois aux Oscars et a emporté celui du meilleur second-rôle féminin en 1978.

Waltz sera son époux dans le film. L'histoire est inspiré d'un fait réel: celle d'Albrecht Muth. Dans le film il est renommé Ulrich Mott, inculpé du meurtre de sa femme, Elsa Brecht, il y a six ans à Washington. Il s'agit d'un coupe iconoclaste: elle a trente de plus que lui. Riche veuve, elle s'est mariée avec cet homme excentrique et a organisé avec lui des soirées mémorables dans leur résidence de la capitale américaine. Retrouvée morte quelques heures après une de ces soirées et il est rapidement accusé du meurtre, soupçonné par l'entourage d'Elsa d'être un escroc.

Adapté d'un article du New York Times Magazine signé Franklin Foer ("The Worst Marriage in Georgetown"), le scénario a été écrit par David Auburn (Entre deux rives, Proof).

Christoph Waltz est attendu dans les salles avec Tulip Fever (cet automne), Downsizing (cet hiver) et Alita: Battle Angel (été 2018).