Spirit Awards : Precious fait son grand chelem

Posté par vincy, le 6 mars 2010

5 nominations. 5 récompenses. Aux Independant Spirit Awrads, Precious, le film de Lee Daniels a remporté les cinq prix pour lequel il était nommé (voir toutes les nominations dans notre actualité du 5 mars). Meilleur film indépendant de l’année, il inscrit son nom dans une liste prestigieuse qui comprte Martin Scorsese, Robert Altman, Stephen Frears, Steven Soderbergh, Oliver Stone, Quentin Tarantino, les Frères Coen, Ang Lee, Christopher Nolan, Sofia Coppola, Todd Haynes, Darren Aronofsky ou encore Jason Reitman. Autant dire que des films que nous avons adoré.

Crazy Heart n’est pas reparti bredouille avec le prix du premier film et celui du meilleur acteur pour Jeff Bridges. Woody Harrelson a été sacré meilleur second rôle masculin (The Messenger). Humpday a gagné le prix John Cassavetes de la production à moins de 500 000$. (500) jours ensemble a été choisi pour le meilleur scénario. La plus belle image est revenu à Roger Deakins pour le film des frères Coen. Enfin, Une éducation a été élu meilleur film étranger.

Oscars : les français font parler d’eux

Posté par vincy, le 6 mars 2010

La semaine du compte-à-rebours a commencé en trombe pour les Oscars. Démineurs, qui part favori pour l’Oscar du meilleur film et l’Oscar du meilleur réalisateur (qui serait pour la première fois de l’Histoire de la cérémonie une réalisatrice), a fait l’objet d’une violente controverse. L’un de ses producteurs, le Français Nicolas Chartier, sera interdit d’Oscars. Il garde sa nomination mais ne foulera pas le tapis rouge.

Il a en effet enfreint le règlement de l’Académie en adressant un courriel (maladroit) aux votants, les exhortant à préféré un film indépendant à « un long métrage à 500 millions de $« . Pourtant, selon des sources bien informées, ce courriel aura eu peu d’impact. Il semblerait que ce soit plié en faveur de Démineurs. Il restait un quart des bulletins de vote à recevoir lorsque l’affaire a éclaté.Les votes sont clos depuis mardi après midi.

L’Académie a été sévère. Elle n’a pas vraiment tenu compte du mea culpa du producteur. Il aurait du savoir que les candidats ne doivent pas émettre une opinion négative ou désobligeante sur les films en compétition.

French Touch

Si Chartier ne montera pas sur scène, il risque, si le film gagne, d’être l’un des français heureux de la soirée. Le cinéma hexagonal est la vedette américaine de cette course aux Oscars. Un prophète (film en langue étrangère) et Le Ruban Blanc (co-production française dans la même catégorie) ne sont pas favoris face au film argentin, El secreto de sus ojos. Deux courts-métrages – French roast (Fabrice Joubert) et Logorama  (Alaux, de Crecy et Houplain)vont devoir affronter les multi-oscarisés Wallace et Gromit.

Coco avant Chanel est sélectionné pour ses costumes, une semaine après son César dans cette catégorie.  Déjà deux fois nommé, Bruno Delbonnel est en lice pour la meilleure photo (Harry Potter 6). Alexandre Desplats en est lui aussi à sa troisième nomination pour sa musique de Fantastic Mr. Fox. La production franco-irlandaise Brendan et le Secret de Kells concourt pour le prix du meilleur film d’animation qui devrait être emporté haut la main par Là-haut.

Enfin côté chanson, Marion Cotillard est indirectement nommée pour « Take it All » dans Nine et a pour rival « Loin de Paname » (Faubourg 36).

Une soirée qui pourrait s’avérer décevante pour l’audimat

On s’attend à peu de surprises, cependant. Christoph Waltz, Mo’Nique, Sandra Bullock et Jeff Bridges devraient gagner le prix d’interprétation, chacun dans leur catégorie.  Démineurs (film), Kathryn Bigelow (réalisateur), Là haut (animation), In the Air (adaptation) paraissent incontournables.

Résultat dans la nuit de dimanche à lundi.

Les Spirit Awards lancent le super-week-end des prix hollywoodiens

Posté par vincy, le 5 mars 2010

Ce vendredi 5 mars seront remis les Independant Spirit Awards, juste avant les Razzies puis les Oscars. Pour leur 25e anniversaire, les prix du cinéma indépendant américain se sont offert un menu prestigieux. On retrouve quelques oscarisables, mais aussi des stars, des films en tous genres et un prix spécial pour A Serious Man des frères Coen (Prix Robert Altman pour les réalisateur, le directeur de casting et l’ensemble des comédiens). Là encore les films présentés à Sundance et à Cannes l’an dernier s’octroient la part du lion. Un prophète est en lice dans la catégorie meilleur film étranger.

Voici les nominations par ordre alphabétique. En gras, les films les plus nommés, avec, en tête Precious et The Last Station (5 citations chacun).

(500) Days of Summer (film, scénario, acteur : Joseph Gordon-Levitt)

A Serious Man (réalisateurs : Joel et Ethan Coen, photo)

A Single Man (premier film, premier scénario, acteur : Colin Firth)

Adventureland (scénario)

Amreeka (film, premier scénario, actrice : Nisreen Faour)

An Education (film étranger)

Anvil ! The Story of Anvil (documentaire)

Bad Lieutenant : Port of Call New Orleans (photo)

Big Fan (film à petit budget)

Cold Souls (premier scénario, second rôle féminin : Dina Korzun, photo)

Crazy Heart (premier film, premier scénario, acteur : Jeff Bridges)

Downloading Nancy (actrice : Maria Bello)

Easier with Practice (premier film)

Everlasting Moments (film étranger)

Fifty Dead Men Walking (second rôle féminin : Natalie Press)

Food inc. (documentaire)

Gentlemen Broncos (second rôle masculin : Jemaine Clement)

Goodbye Solo (acteur : Souléymane Sy Savané)

Humpday (film à petit budget)

La Nana (film étranger)

Me and Orson Welles (second rôle masculin : Christian McKay)

More Than A Game (documentaire)

Mother (film étranger)

October Country (documentaire)

Paranormal activity (premier film)

Precious (film, réalisateur : Lee Daniels, premier scénario, actrice : Gabourey Sidibe, second rôle féminin : Mo’Nique)

Sin nombre (film, réalisateur : Cary Joli Fukunaga, photo)

That Evening Sun (second rôle féminin : Mia Wasikowska, second rôle masculin : Raymond McKinnon)

The Last Station (film, réalisateur : Michael Hoffman, scénario, actrice : Helen Mirren, second rôle masculin : Christopher Plummer)

The Messenger (premier film, scénario, second rôle féminin : Samantha Morton, second rôle masculin : Woody Harrelson)

The New Year Parade (film à petit budget)

The Vicious Kind (scénario, acteur : Adam Scott)

Treeless Mountain (film à petit budget, photo)

Two Lovers (réalisateur : James Gray, actrice : Gwyneth Paltrow)

Un prophète (film étranger)

Which Way Home (documentaire)

Zero Bridge (film à petit budget)

Et si Avatar avait l’Oscar? Les producteurs rendent leur verdict…

Posté par vincy, le 6 janvier 2010

La Guilde des producteurs a rendu son verdict. Les dix films favoris de l’année font figure de pressentis pour l’Oscar du meilleur film. Cette année, la catégorie accueillera 10 nommés et non plus cinq, ce qui dilluera le vote final, réduira le score du gagnant mais permettra à de nouveaux genres d’arriver sur le tapis rouge. Personne n’a, semble-t-il digérer les recalages de Ratatouille et de Batman The Dark Knight, arrivés sixième.

Et en effet les genres pourraient être très variés. D’Avatar à Star Trek, de Là-haut à District 9, les meilleurs films ne sont plus des drames ou des comédies dramatiques. On reste surpris par quelques uns des choix, par l’absence de films étrangers, et par cette unanimité autour de Démineurs. Mais, du coup, il est fort à parier que James Cameron soit couronné, contre tous les pronostics de l’automne.

Meilleur film : Avatar ; Démineurs ; District 9 ; In the Air ; Inglourious Basterds ; Invictus ; Là haut ; Precious ; Star Trek ; Une éducation

Meilleur film d’animation : 9 ; Coraline ; Fantastic Mr. Fox ; La princesse et la grenouille  ; La-haut

Meilleur film documentaire : Burma VJ ; The Cove ; Sergio ; Soundtrack for a Revolution ;

Nominations des Screen Actors Guild Awards

Posté par vincy, le 18 décembre 2009

La révélation des Screen actors Guild awards confirme plusieurs éléments déjà ressentis à travers les autres palmarès connus depuis deux semaines aux USA. Il n’y a pas encore de favori pour l’Oscar du meilleur film, même si Démineurs est, de loin, le film le plus cité. La bataille entre Jeff Bridges, George Clooney et Colin Firth pour l’Oscar du meilleur acteur risque de causer des ravages en dépenses marketing et lobbying. Il n’y a aucune actrice assurée d’être nommée dans sa catégorie. Ce serait une grosse blague que Meryl Streep le soit. On peut éventuellement penser que Sandra Bullock aura enfin une citation en guise de remerciements pour son apport en dollars à l’industrie. Helen Mirren, Carey Mulligan et Gabourey Sidibe semblent donc les seules à avoir conforté leur position, mais aucune n’a un film ayant la dimension d’une statuette. De plus, l’absence d’actrices comme Cotillard, pourtant citée aux Golden Globes, montre bien que des surprises peuvent arriver après un mois de campagne dans les médias et les mondanités. Côté second rôles, en revanche, ça semble à peu près prié pour tous ceux qui sont nommés (semblablement les mêmes que pour les Golden Globes).

Il est fort probable que les comédiens récompensés ne donneront pas d’indices pour deviner le futur Oscar du meilleur film.

Meilleur casting d’ensemble : An Education ; Démineurs ; Inglourious Basterds ; Nine ; Precious

Meilleur acteur : Jeff Bridges (Crazy Heart) ; George Clooney (In the Air) ; Colin Firth (A Single Man) ; Morgan Freeman (Invictus) ;  Jeremy Renner (Démineurs)

Meilleure actrice :  Sandra Bullock (The Blind Side) ; Helen Mirren (The Last Station) ; Carey Mulligan (An Education) ; Gabourey Sidibe (Precious) ; Meryl Streep (Julie & Julia)

Meilleur second-rôle masculin :  Matt Damon (Invictus) ; Woody Harrelson (The Messenger) ; Christopher Plummer (The Last Station) ;  Stanley Tucci (The Lovely Bones) ; Christoph Waltz (Inglourious Basterds)

Meilleure second-rôle féminin :  Penelope Cruz (Nine) ; Vera Farmiga et Anna Kendrick (In the Air) ; Diane Kruger (Inglourious Basterds) ; Mo’Nique (Precious)

Les vainqueurs seront connus le 23 janvier.

Les dix films de l’année selon l’American Film Institute

Posté par vincy, le 16 décembre 2009

C’est l’une des listes les plus attendues de chaque fin d’année. La Cinémathèque américaine a annoncé sa sélection 2009.

- A Serious Man (comédie)

- A Single Man (drame) 

- Coraline (animation)

- Démineurs (guerre)

- In the Air (comédie dramatique)

- Là-haut (animation)

- The Messenger (guerre)

- Precious (drame)

- Sugar (drame)

- Very bad trip (comédie)

Jean-Paul Belmondo et Yolande Moreau honorés par les critiques de Los Angeles

Posté par vincy, le 15 décembre 2009

Parmi les prix prestigieux remis aux Etats-Unis en fin d’année, il y a la liste des critiques de Los Angeles. Film surprise qui apparaît dans de nombreux palmarès, Démineurs (The Hurt Locker), de Kathryn Bigelow, s’octroie les deux principaux prix – meilleur film, meilleur réalisateur. Petit budget, box office sans éclat … et pourtant le voici propulsé dans la course aux Oscars.

In the Air, la comédie dramatique avec George Clooney, déjà primée par le National Board of Review, confirme, en étant second, sa position de favori pour la statuette. Tout comme Colin Firth semble assurer d’un nomination. Plus surprenant, la victoire de Yolande Moreau en Séraphine dans la catégorie meilleure actrice et celle de L’heure d’été d’Olivier Assayas, ex-aequo avec Le ruban blanc, dans la catégorie du meilleur film étranger. Et last, but not last, les critiques de L.A. ont décidé de remettre un prix pour l’ensemble de sa carrière à Jean-Paul Belmondo. Et c’est mérité!

Film / Finaliste : Démineurs / In the Air
Réalisateur / Finaliste : Kathryn Bigelow (Démineurs) / Michael Haneke (Le ruban blanc)
Acteur / Finaliste : Jeff Bridges (Crazy Heart) / Colin Firth (A Single Man)
Actrice / Finaliste : Yolande Moreau (Séraphine) / Carey Mulligan (An Education)
Second rôle masculin / Finaliste: Christoph Waltz (Inglourious Basterds) / Peter Capaldi (« In the Loop)
Second rôle féminin / Finaliste : Mo’Nique (Precious) / Anna Kendrick (In the Air)
Scénario / Finaliste : Jason Reitman et Sheldon Turner (Up in the Air) / Jesse Armstrong, Simon Blackwell, Armando Iannucci et Tony Roche (In the Loop)
Photo / finaliste : Christian Berger (Le ruban blanc) / Barry Ackroyd (Démineurs)
Direction artistique / Finaliste : Philip Ivey (District 9) / Rick Carter and Robert Stromberg (Avatar)
Musique / Finaliste : T-Bone Burnett and Stephen Bruton (Crazy Heart) / Alexandre Desplat (Fantastic Mr. Fox)
Film en langue étrangère / Finaliste : Summer Hours / Le ruban blanc
Documentaire (ex-aequo) : Les Plages d’Agnès ; The Cove
Animation / Finaliste : Fantastic Mr. Fox / Là-haut
Prix Douglas Edwards du film indépendant, expérimental ou vidéo : The Anchorage
Nouvelle génération : Neill Blomkamp (District 9)
Pour l’ensemble d’une carrière : Jean-Paul Belmondo

Miss Saigon enfin sur grand écran?

Posté par vincy, le 30 octobre 2009

miss saigonPaula Wagner, l’ancienne associée de Tom Cruise, a jeté son dévolu sur l’un des plus gros triomphes de la comédie musicale de ces trente dernières années : Miss Saïgon. Ne lésinons pas sur les qualificatifs de ce Mme Butterfly version Guerre du Vietnam. Avec Cats, Les Misérables, Le Fantôme de l’opéra et Le Roi Lion, il s’agit de l’un des spectacles les plus joués à Londres comme à New York. De toute l’histoire de Broadway, il est même le dixième spectacle le plus longtemps joué sur scène, sans interruption. Le rôle principal masculin avait été créé par le comédien Jonathan Pryce.

Ironie de l’histoire, ce spectacle créé en 1989, composé et écrit par les français Claude-Michel Schonberg et Alain Boublil (déjà auteurs des Misérables) n’a jamais été traduit en français pour être joué en France.

Cela fait des années qu’une transposition au cinéma est en gestation. Lee Daniels a été engagée pour le réaliser. La cinéaste de Precious a confirmé qu’il s’agissait d’une de ses éventuelles perspectives pour son prochain film. La production envisage de tourner le film au Cambodge et au Vietnam. Il restera à trouver le casting.

Il reste à enrôler un scénariste. Wagner, qui vient de créer sa structure, Chestnut Ridge Prods., espère sortir le film pour les fêtes de 2011 ou en 2012. Avec des fortunes diverses, des hits scéniques comme Chicago (300 millions de $ au B.O. mondial), Le fantôme de l’opéra (155 millions de $) ou Rent (32 millions de $ seulement) ont déjà été adaptés. Les Misérables attend son heure… depuis 1992.

Mariah Carey et Lenny Kravitz dans un film multiprimé

Posté par vincy, le 18 octobre 2009

preciousLe festival de Toronto ne remet aucun prix de jury, préférant les choix du public, qui sont généralement un très bon indicateur pour les oeuvres art et essai étrangères ou américaines qui peuvent concourir aux Oscars ou avoir le droit d’être distribués dans de larges combinaisons de salles. Ainsi les français avaient pu faire cocorico avec le film de Bruno Dumont, Hadewijch, prix FIPRESCI de la critique, et celui de Jean-Pierre Jeunet, Micmac à tire-larigot, 3e film du public derri!re l’australien Mao’s Last Dancer de Bruce Buresford.

Mais le premier prix du public a été décerné à Precious (d’après le roman Push, de Sapphire), réalisé par Lee Daniels. Ce film américain avait déjà reçu le Grand prix du jury, le prix du public et le prix d’interprétation féminine au Festival de Sundance. Cela lui avait facilité sa sélection à Un certain regard au Festival de Cannes. Puis il a été sélectionné à Toronto, Deauville, où il reçoit un prix du jury, San Sebastian, avant de faire le tour des festivals : Londres, New York, Vancouver, la semaine dernière, et ce week-end Chicago et Gand. Il sera présenté à Tokyo lundi.

Le film ne bénéficiera pas seulement du prestige de ses prix. En effet, Precious donne au chanteur Lenny Kravitz son premier rôle au cinéma. Mais surtout il permet à Mariah Carey, qui sort son dernier album ces jours-ci, de renouer avec dignité avec le cinéma. Glitter avait été un cruel échec. Et ses autres prestations (Tennessee, 20 000 $ de box office ; State Property 2, 1,7 millions de $ de box office ; WiseGirls, sorti en vidéo) sont passées inaperçues. On pourra être plus indulgent si l’on compte Rien que pour vos cheveux, comédie burlesque avec Adam Sandler, où elle joue une longue séquence, son propre rôle.

10 mois après son avant-première mondiale, le film va maintenant commencer sa vie en salles : le 6 novembre aux USA, en vue des Oscars, puis le 10 mars en France, en espérant des nominations aux Oscars pour améliorer sa visibilité. Le distributeur, ARP Selections, a sauté sur le film dès le palmarès de Sundance et mise de grands espoirs sur cette sortie.

Deauville : retour sur les 11 films en compétition

Posté par kristofy, le 14 septembre 2009

themessenger.jpgPour sa 35ème édition le Festival du Cinéma américain de Deauville a proposé une sélection de 11 films en compétition. De la comédie à film plus violent le public et les jurys ont découvert une large palette du cinéma indépendant et aussi des histoires singulières.

Retour sur les autres films de la compétition

Cold Souls : Le premier film à ouvrir le bal de la compétition est réalisé par Sophie Barthes, une française qui a peaufiné son projet à Sundance alors que Paul Giamatti avait déjà été séduit par le scénario. Il joue son propre rôle, celui de l’acteur américain Paul Giamatti qui est accablé par ses doutes en répétant une pièce de théâtre. Il apprend l’existence d’une société qui vous soulage de votre âme en l’extrayant de votre corps et qui la stocke le temps que vous voulez, il est même possible de louer une autre âme… Incrédule d’abord (comme le spectateur) il se laisse tenter par l’expérience, et il n’est plus tout à fait le même homme qu’avant. Mais quand il veut récupérer son âme celle-ci a été volée par une trafiquante russe pour la remettre à une actrice télé compagne d’un mafieux… La première partie est pleine d’humour et d’inventivité, mais malheureusement la suite où les personnages ont des aperçus de résidu d’âme est moins percutante.

Harrison Montgomery : Un jeune (Octavio Gomez Berrios) s’est fait arnaqué de 3000 dollars dans un deal de drogue, et il est violement harcelé pour rembourser cette somme. La fille de sa voisine de palier s’invite sans cesse chez lui, son voisin d’en dessous est un vieil excentrique (Martin Landeau) qui paraît-il aurait gagné un jour au loto… Sympathique et excentrique, sans plus.

Shrink : Un film choral à Hollywood autour de Kevin Spacey en psy effondré par le suicide sa femme, une jeune lycéenne dont la mère s’est suicidée et qui adore le cinéma, Mark Webber qui voudrait écrire un scénario, un producteur odieux qui a la phobie des bactéries, son assistante devenue mère-porteuse pour sa sœur, une star accro à la drogue, un dealer d’herbe, une actrice de 35 ans apparemment trop vieille pour décroché un rôle, Robin Williams fait une apparition… Bref plusieurs personnages qui représente le microcosme d’Hollywood qui se regarde le nombril.

Humpday : Ce film de Lynn Shelton avait déjà été une bonne partie de rigolade à Cannes. Deux amis qui se retrouvent philosophent à une fête dionysiaque sur la vie et l’art, et ils s’engagent à tourner ensemble un film amateur porno pour un festival artistique d’art érotique. Un film où deux amis hétéros couchent ensemble, quelle bonne idée, mais arrive le moment où il faut le faire et les hésitations commencent… Le mari conventionnel qui veut faire un bébé doit en parler à sa femme, le copain bohème se rend compte qu’il n’est pas aussi ouvert d’esprit qu’il le croyait. Ils arrivent dans une chambre pour le faire et…c’est en salle le 16 septembre. Avez-vous déjà essayé votre meilleur ami

The Messenger (photo) : Ben Foster et Woody Harrelson sont deux soldats revenus de la guerre qui ont pour mission d’annoncer à des familles la mort de leur mari/père/fils au combat. Le réalisateur Oren Moverman s’intéresse autant aux traumas des soldats qui sont revenus de la guerre qu’aux familles de ceux qui n’en sont pas revenus. Par exemple une scène de confession en long plan-séquence entre un soldat et une veuve est particulièrement émouvante. Dans ce film jouent aussi Samantha Morton et Jena Malone qui sont méconnaissables. Et si c’était le meilleur film sur l’après-guerre en Irak.

The Killing room : Le genre de film qui détonne dans la compétition, à la fois film de genre et film subversif. Le réalisateur Jonathan Liebesman, qui avait raté une nouvelle version de Massacre à la tronçonneuse, réussit un film à suspense très malin avec notamment Chloé Sévigny, Peter Stormare et Cléa Duvall. Le projet MK-Ultra est tellement secret qu’officiellement il n’existe pas. Quatre personnes qui ont accepté de venir une journée pour des tests scientifiques sont enfermées dans une pièce, et ils vont vite apprendre qu’à la fin de la journée trois personnes seront éliminée… Le film propose une thèse radicale sur la paranoïa américaine post 11 septembre, et comment lutter contre le terrorisme.

World’s greatest dad : C’est une comédie avec Robin Williams, et certainement son meilleur film depuis Photo Obsession (prix du jury ex-æquo à Deauville en 2002)! Ce film est produit par la société de Richard Kelly (Donnie Darko) est né à l’initiative de Bob Goldthwait (un ami très proche de Robin Williams) qui en signe le scénario et la réalisation. Un prof célibataire qui désire devenir écrivain doit supporter son ado de fils qui est insolent et collé à son écran d’ordinateur. Le film démarre doucement et prend son envol au moment où le fils dépravé meurt subitement (de la même manière que David Carradine). Ce décès passe en suicide et le père écrit ensuite un journal intime, et les évènements vont s’emballer… Ce journal intime d’un adolescent incompris devient un phénomène qui provoque des réactions en cascade. Bob Goldthwait livre un film irrévérencieux sur le deuil : « Maintenant que Michael Jackson est mort les gens en feraient leur baby-sitter ! Les hommages aux morts sont un peu curieux et souvent très exagérés dans les qualités que l’on reconnaît au défunt et dans l’amour qu’on leur déclare à ce moment là. ». Pour l’annecdote on était deux personnes à avoir remarqué un rapide caméo dans le film de Krist Novoselic, ex-batteur de Nirvana.

Sin nombre : Un premier film de Cary Joji Kukunaga (qui parle d’ailleurs français, photo de droite) Cary Joji Kukunagaet coproduit par Gael Garcia Bernal et Diego Luna. Il évoque los estados unidos, le but à atteindre des immigrants clandestins en provenance du Honduras ou du Guatémala et qui traversent le Méxique pour traverser la frontière. Casper est un ado membre du gang la Mara Salvatrucha qui va croiser la jeune Sayra sur un train, pour la défendre il va provoquer la mort du chef du gang. Toute la bande est aux trousses de Casper pour le tuer… Il est long et mortel le chemin vers le rêve américain, le film sort le 21 octobre.

Youth in Revolt : Une comédie ado de Miguel Arteta (The good girl) avec en vedette Michael Cera qui joue, encore et toujours, un adolescent de 16 ans amoureux malchanceux. Il rencontre dans un camping une jolie fille et pour se rapprocher d’elle il va se laisser guider par son double imaginaire : un français aventurier du genre Belmondo. Mais l’influence de son alter-égo va commencer par lui être de plus en plus néfaste au fur et à mesure qu’il enchaine les catastrophes… Une gentille comédie pleine de bonnes intentions et qui se laisse voir sans déplaisir.

Precious : Déjà vu à Cannes, l’histoire sordide d’une jeune fille obese qui subit les pires malheurs du monde est très émouvante pour la plupart des spectateurs après le générique de fin, mais il n’est pas interdit de penser que ce n’est pas vraiment un bon film…

The good heart : Il s’agit du premier film américian de l’islandais Dagur Kari, qui est le réalisateur du très bon Noî albinoï (en Islande) et de l’encore meilleur Dark Horse (au Danemark). Il reforme le duo de Long Island Expressway (prix du jury ex-æquo à Deauville en 2002) c’est-à-dire Brian Cox et Paul Dano qui a depuis gagné ses galons de star. Un vieux barman aigri recueille un jeune sdf rencontré à l’hôpital pour le faire travailler dans son bar et même le lui transmettre. Un soir Isild Le Besco arrive en pleurs sous la pluie, elle a été virée et n’a nulle part où aller… Entre le jeune homme qui voulait foutre sa vie en l’air et le vieux qui lutte pour rester en vie va se nouer une relation qui va être mise à mal par l’arrivée de la jeune femme. Emouvant et drôle à la fois, encore une fois Dagur Kari réalise avec des petits moyens un grand film.

Crédit photo Cary Joji Kukunaga : Christophe Maulavé