Les 5 finalistes du Prix Alice Guy 2020

Posté par vincy, le 21 janvier 2020

78 films étaient en lice pour la troisième édition du 3e Prix Alice Guy qui récompense la réalisatrice de l’année.

Cinq finalistes ont été pré-sélectionnés lors un vote ouvert à tous, accessible sur le site internet prixaliceguy.fr et qui s’est déroulé du 15 décembre 2019 au 15 janvier 2020. 2985 internautes (+ 25% de participants par rapport à l'an dernier) ont élu leurs cinq films réalisés par une femme:

Un jury de professionnels du cinéma se réunira le 20 février prochain pour élire le lauréat de l'année. En espérant que cette année, une deuxième réalisatrice dans l'histoire des César reparte avec le trophée du meilleur réalisateur, 20 ans après Tonie Marshall.

[2019 dans le rétro] Des films LGBT : une belle quantité et surtout une bonne qualité

Posté par wyzman, le 3 janvier 2020

Après une année 2018 marquée par des avancées majeures dans la représentation de la communauté LGBT au cinéma, l’année 2019 aura été celle des explorations (plus ou moins) réussies.

Une compétition cannoise très queer

Une fois n’est pas coutume, c’est sur la Croisette que l’on a vu d'excellents films autour de personnages LGBT. A commencer par Douleur et Gloire, le dernier film de Pedro Almodóvar. Pendant près de deux heures, le cinéaste espagnol propose une analyse poussée de ses propres traumas grâce à  l'histoire d’un réalisateur, à la sexualité jamais cachée, qui a connu le succès avant d’être dans l’incapacité physique de tourner des films. L’occasion pour Pedro Almodóvar d’offrir un rôle de premier plan à Antonio Banderas qui a décroché un prix d’interprétation. On se souviendra longtemps de cette scène où le personnage de Banderas enfant tombe dans les pommes en voyant le bel artisan se laver devant lui. Egalement en compétition à Cannes, Roubaix, une lumière était la plus atypique des déclarations d’amour d’Arnaud Desplechin. Cela étant, à l'aide de Léa Seydoux et Sara Forestier, il y dépeint une relation amoureuse lesbienne toxique particulièrement intrigante.

Les véritables moments marquants de la compétition nous ont été offerts par Xavier Dolan et Céline Sciamma. Avec Matthias et Maxime, celui que l’on a très tôt considéré comme un prodige prouve qu’il n’a rien perdu de sa superbe. Après deux films internationaux qui n’ont pas autant convaincus que prévu, Xavier Dolan signe un film personnel sur deux amis d’enfance bouleversés par un baiser effectué pour les besoins d’un film. Véritable drame sur l’éclosion des sentiments, Matthias et Maxime fait partie des films les plus touchants de la filmographie du Québécois.

De son côté, Céline Sciamma n’a pas démérité. Avec Portrait de la jeune fille en feu, elle a complètement retourné la Croisette, offrant aux spectateurs et aux critiques le drame lesbien dans la Bretagne de 1770 qu’ils méritaient. Aussi sentimental et cérébral que Carol de Todd Haynes, Portrait de la jeune fille en feu fait la part belle aux jeux de regards et captive par les performances très authentiques de Noémie Merlant et Adèle Haenel.

La Queer Palm, un gage de qualité ?

Toujours à Cannes, mais hors compétition, il ne fallait pas manquer Rocketman de Dexter Fletcher. Ce biopic consacré au génie créatif d’Elton John donne lieu à de jolies séquences musicales tout en ayant l’allure d’un couteux album souvenir validé par l’artiste lui-même. Loin d’être aussi queer et flamboyant que prévu, malgré quelques allusions sexuelles, Rocketman a bénéficié d’une tournée promotionnelle parfaitement assurée par ses (très beaux) acteurs principaux : Taron Egerton, Jamie Bell et Richard Madden. Du côté d’Un Certain Regard, le drame Port Authority aura fait parler de lui grâce à Leyna Bloom, la première actrice transcengenre et de couleur à être la tête d’affiche d’un film cannois. Centré sur la rencontre entre un jeune homme blanc (Paul joué par Fionn Whitehead) et une danseuse trans noire (Wye), Port Authority vaut le détour pour ce qu’il dit de la masculinité et de la notion de « famille ».

Mais c’est sans l’ombre d’un doute Et puis nous danserons (présenté à la Quinzaine des réalisateurs) que l’on ne cessera jamais de vous recommander. Premier long-métrage LGBT en Géorgie, le film de Levan Akin raconte comment Merab, un danseur de l’Ensemble national géorgien est troublé par l’arrivée dans sa classe d’Irakli, un rival plein de surprises. En s’éloignant du très basique film d’apprentissage sur le coming out, Et puis nous danserons montre avec beaucoup de sérieux la prise d’indépendance un jeune homme rejeté de toutes parts et pourtant loin d’être aussi fragile qu’on ne le pense. Grâce à des séquences dansées hypnotiques et terrifiantes et un acteur principal charismatique, le superbe Levan Gelbakhiani, Levan Akin signe ici le meilleur drame gay de l’année. Rien que ça !


Des pépites trop vite oubliées ?

Disponible sur Netflix depuis le 1 février, Velvet Buzzsaw de Dan Gilroy n’a pas fait couler autant d’encre que prévu. Thriller horrifique de bonne facture, le film s’est révélé un peu trop prévisible pour que la presse l’applaudisse. Et malgré un teasing généreux autour des scènes de sexe de Jake Gyllenhaal, son rôle de critique d’art bisexuel n’était finalement accompagné que de coïts hétérosexuels. Une déception qui a vite fait tomber le projet dans les abîmes d’Internet...

A l’inverse, Boy Erased de Joel Edgerton a su davantage convaincre. Malheureusement, son sujet (la thérapie de conversion forcée d’un jeune homme gay par son père pasteur) pourrait en avoir rebuter plus d’un. Nécessaire et rigoureusement réalisé, Boy Erased jouit d’un casting quatre étoiles (Lucas Hedges, Russell Crowe, Nicole Kidman, Joe Alwyn, Xavier Dolan, Flea, Troye Sivan)  qui vaut tous les visionnages du monde !

En parallèle, Entre les roseaux est la jolie surprise de l’année. En dépeignant l’histoire d’amour d’un étudiant finlandais et d’un réfugié syrien, Mikko Mäkelä a pris tout le monde de court. Ode à peine déguisée à la libération des corps et de l’esprit, Entre les roseaux peut se vanter de disposer d’une photographie et d’une lumière extraordinaires. Ses acteurs principaux Janne Puustinen et Boodi Kabbani sont des raisons supplémentaires de découvrir cette belle découverte.

Des surprises très engagées

Longtemps critiqués pour leur manque d’intérêt pour le cinéma LGBT, producteurs, scénaristes et cinéastes francophones semblent de plus en plus inspirés par une communauté aux mille facettes. Si la télévision commence tout juste à s'en emparer, le cinéma, cette année, a montré qu'on pouvait être populaire et queer. Il ne fallait donc pas louper Les Crevettes pailletées, la comédie déjantée de Maxime Govare et Cédric Le Gallo. Dans celle-ci, Nicolas Gob joue un vice-champion de natation homophobe qui est contraint d’entraîner une équipe gay de water-polo. L’occasion pour les acteurs Alban Lenoir, Michaël Abiteboul, David Baiot, Roman Lancry, Roland Menou, Geoffrey Couët, Romain Beau, Félix Martinez ou encore Pierre Samuel de nous faire rêver et rire au cours de séquences d’anthologie (l’enterrement, really!)

Du côté de la Belgique, impossible de ne pas évoquer Lola vers la mer ou l’un des meilleurs drames jamais réalisés sur la jeunesse trans. Porté par le duo père fille Mia Bollaers/Benoît Magimel, le film de Laurent Micheli montre comment l’incompréhension est souvent à l’origine des pires situations transphobes dans le cercle familial. Plus sensé et sensible mais sans doute moins maîtrisé que Girl de Lukas Dont, Lola vers la mer est un sacré road-movie sur la différence !

C'est autre chose qu'un simple clin d'oeil aux gays et lesbiennes dans Avengers ou Star Wars. Car du côté d'Hollywood, si les gays, lesbiennes, trans, bi sont de mieux en mieux représentés, notamment dans les séries, ils restent absent des gros blockbusters de l'année. A deux exceptions notables, datant de 2018 mais sorties en 2019: le personnage homosexuel de Mahershala Ali dans Green Book, Oscar du meilleur film et Oscar du meilleur second-rôle masculin. Et la reine aux amours invertis dans La favorite, qui a valu l'Oscar de la meilleure actrice à Olivia Colman.

Evidemment, on reste loin du cas de la série "Elite" où le gender fluid domine et où chacun baise qui il veut, sans se soucier des jugements.

Golden Globes 2020: Netflix domine les nominations

Posté par vincy, le 9 décembre 2019

6 nominations pour Marriage Story, 5 pour The Irishman (et 4 pour les séries The Crown et Unbelievable): les Golden Globes ont fait de Netflix le grand gagnant de leurs nominations. Au total, 17 pour le cinéma et 17 pour la télévision, la plateforme cumule 34 citations!!! Parmi cette razzia, soulignons la présence de The Two Popes et de Dolemite is My Name, avec respectivement 4 et 2 nominations.

Once Upon a Time in Hollywood de Quentin Tarantino est le seul autre film capable de rivaliser avec 5 nominations. Sony est d'ailleurs le 2e studio en nombre de nominations (10 dont 8 pour sony Pictures). Le groupe Disney (avec la Fox) a aussi récolté 10 nominations. Joker n'a été cité "que" 4 fois. Côté série, HBO réussit à être à jeu égal avec Chernobyl (4 nominations). Signalons quand même la belle performance de Parasite avec 3 nominations (film étranger, réalisateur, scénario) et celle de Douleur et Gloire (film étranger, acteur dans un drame). Les Misérables et Portrait de la jeune fille en feu sont aussi en lice pour le GG du meilleur film étranger.

Parmi les surprises, les nouveaux films de Clint Eastwood, Greta Gerwig, Sam Mendès et Cats n'ont reçu que une ou deux mentions. Ont été oubliés Robert De Niro dans The Irishman, Adam Sandler (et plus généralement Uncut Gems), Noah Baumbach en réalisateur, et les réalisatrices en général, Lupita Nyong'o et Us, et J'ai perdu mon corps, jusque là favori un peu partout aux Etats-Unis en animation.

Meilleur film - Drame
The Irishman (Netflix)
Marriage Story (Netflix)
1917 (Universal)
Joker (Warner Bros.)
The Two Popes (Netflix)

Meilleur film - Musical ou comédie
Once Upon a Time in Hollywood (Sony)
Jojo Rabbit (Fox Searchlight)
Knives Out (Lionsgate)
Rocketman (Paramount)
Dolemite Is My Name (Netflix)

Meilleur réalisateur
Bong Joon-ho (Parasite)
Sam Mendes (1917)
Todd Phillips (Joker)
Martin Scorsese (The Irishman)
Quentin Tarantino (Once Upon a Time in Hollywood)

Meilleure actrice - Drame
Cynthia Erivo (Harriet)
Scarlett Johansson (Marriage Story)
Saoirse Ronan (Little Women)
Charlize Theron (Bombshell)
Renée Zellweger (Judy)

Meilleure actrice - Musical ou comédie
Awkwafina (The Farewell)
Ana de Armas (Knives Out)
Cate Blanchett (Where’d You Go, Bernadette)
Beanie Feldstein (Booksmart)
Emma Thompson (Late Night)

Meilleur acteur - Drame
Christian Bale (Ford v Ferrari)
Antonio Banderas (Douleur et gloire)
Adam Driver (Marriage Story)
Joaquin Phoenix (Joker)
Jonathan Pryce (The Two Popes)

Meilleur acteur - Musical ou comédie
Daniel Craig (Knives Out)
Roman Griffin Davis (Jojo Rabbit)
Leonardo DiCaprio (Once Upon a Time in Hollywood)
Taron Egerton (Rocketman)
Eddie Murphy (Dolemite Is My Name)

Meilleur second-rôle féminin
Kathy Bates (Richard Jewell)
Annette Bening (The Report)
Laura Dern (Marriage Story)
Jennifer Lopez (Hustlers)
Margot Robbie (Bombshell)

Meilleur second-rôle masculin
Tom Hanks (A Beautiful Day in the Neighborhood)
Anthony Hopkins (The Two Popes)
Al Pacino (The Irishman)
Joe Pesci (The Irishman)
Brad Pitt (Once Upon a Time in Hollywood)

Mailleur film d'animation
La Reindes neiges 1 (Disney)
Dragons 3 (Universal)
Monsieur Link (United Artists Releasing)
Toy Story 4 (Disney)
Le Roi Lion (Disney)

Meilleur film étranger
The Farewell (A24)
Pain and Glory (Sony)
Portrait de la jeune fille en feu (Pyramide Films)
Parasite (CJ Entertainment)
Les Misérables (BAC Films, Amazon)

Meilleur scénario
Noah Baumbach (Marriage Story)
Bong Joon-ho et Han Jin-won (Parasite)
Anthony McCarten (The Two Popes)
Quentin Tarantino (Once Upon a Time in Hollywood)
Steven Zaillian (The Irishman”)

Meilleure musique
Daniel Pemberton (Brooklyn Affairs)
Alexandre Desplat (Little Women)
Hildur Guðnadóttir (Joker)
Thomas Newman (1917)
Randy Newman (Marriage Story)

Meilleure chanson originale
“Beautiful Ghosts” (Cats)
“(I’m Gonna) Love Me Again” (Rocketman)
“Into the Unknown” (La reine des neiges 2)
“Spirit” (Le Roi Lion)
“Stand Up” (Harriet)

Les critiques de Los Angeles plébiscitent Parasite

Posté par redaction, le 9 décembre 2019

Carton plein pour Bong Joon-ho et sa Palme d'or, Parasite, du côté de la Los Angeles Film Critics Association, l'une des deux grandes associations de critiques américains. La LAFCA avait même prémédité les victoires aux Oscars de certains films comme Démineurs, Moonlight et Spotlight.

Parasite repart avec trois récompenses: meilleur film, meilleur réalisateur et meilleur second-rôle masculin (et termine finaliste dans deux autres catégories). C'est aussi une jolie razzia pour les films cannois. Douleur et Gloire de Pedro Almodovar est distinguée deux fois, en tant que film étranger et pour Antonio Banderas, meilleur acteur. Le cinéma français passé par la Croisette brille également avec deux prix pour J'ai perdu mon corps (animation et musique) et un prix pour la directrice de la photo Claire Mahon (Portrait de la jeune fille en feu et Atlantique).

Si The Irishman, finaliste dans trois catégories, continue à être le favori aux Oscars, et Marriage Story en bonne position (il a été primé ici pour son scénario et se retrouve finaliste côté acteur) permettent de confirmer Netflix comme studio sur lequel les auteurs peuvent compter, on soulignera quand même l'absence notable des productions hollywoodiennes dans le palmarès.

Film: Parasite (finaliste: The Irishman)
Réalisateur: Bong Joon Ho, Parasite (finaliste: Martin Scorsese, The Irishman)
Actrice: Mary Kay Place, Diane (finaliste:: Lupita Nyong’o, Us)
Acteur: Antonio Banderas, Douleur et Gloire (finaliste: Adam Driver, Marriage Story)
Second-rôle masculin: Song Kang Ho, Parasite (finaliste: Joe Pesci, The Irishman)
Second-rôle féminin: Jennifer Lopez, Hustlers (finaliste: Zhao Shuzhen, The Farewell)
Film d'animation: J'ai perdu mon corps (finaliste: Toy Story 4)
Documentaire: American Factory (finaliste: Apollo 11)
Film en langue étrangère: Douleur et Gloire (finaliste: Portrait de la jeune fille en feu)
Scénario: Noah Baumbach, Marriage Story (finaliste: Bong Joon Ho et Han Jin Won, Parasite)
Image: Claire Mathon, Portrait de la jeune fille en feu et Atlantique (finaliste: Roger Deakins, 1917)
Montage: Todd Douglas Miller, Apollo 11 (finaliste: Ronald Bronstein & Benny Safdie, Uncut Gems)
Musique: Dan Levy, J'ai perdu mon corps (finaliste: Thomas Newman, 1917)
Décors: Barbara Ling, Once Upon a Time in Hollywood (finaliste: Ha Jun Lee, Parasite)
Nouvelle génération: Joe Talbot, Jimmie Fails et Jonathan Majors, The Last Black Man in San Francisco
Prix Douglas Edwards du film expérimental: The Giverny Document de Ja’Tovia Gary
Prix pour l'ensemble de sa carrière: Elaine May

La Favorite repart avec 8 prix aux European Film Awards 2019

Posté par redaction, le 8 décembre 2019

La 32e cérémonie des European Film Awards, samedi 7 décembre à Berlin a couronné La Favorite de Yorgos Lanthimos, qui est reparti avec huit prix dont ceux du meilleur film et du meilleur réalisateur.

Les EFA ont remercié Agnieszka Holland qui achevait son mandat de six ans à la présidence, fait une standing ovation au cinéaste ukrainien récemment libéré par la Russie Oleg Sentsov, et annoncé la création d’un fond pour aider les cinéastes mis en danger à cause de leur art. Claire Denis a remis un prix à Juliette Binoche pour sa contribution au cinéma mondial. Le cinéaste allemand Werner Herzog a reçu lui aussi un prix pour l'ensemble de son œuvre. Son discours, vivement applaudi, a été un plaidoyer pour l'Europe.

Si La Favorite a raflé une grande partie des distinctions, dont celle de la meilleure actrice pour Olivia Colman, oscarisée en février dernier, et celle de la comédie européenne de l'année, le cinéma français s'en est plutôt bien tiré, avec un prix de la découverte européenne pour Les Misérables et deux prix pour Portrait de la jeune fille en feu. Le cinéma espagnol a été couronné par quatre prix au total, dont ceux du meilleur acteur pour Antonio Banderas, prix d'interprétation à Cannes, et du meilleur film d'animation. Si La Favorite permet au festival de Venise de truster 8 trophées, le Festival de Cannes fait presque jeu égal avec 7 prix.

Film européen 2019: La Favorite de Yórgos Lánthimos
Documentaire européen 2019: Pour Sama de Waad al-Kateab et Edward Watts
Réalisateur européen 2019: Yórgos Lanthimos pour La Favorite
Actrice européenne 2019: Olivia Colman dans La Favorite
Acteur européen 2019: Antonio Banderas dans Douleur et gloire
Scénariste européen 2019: Céline Sciamma pour Portrait de la jeune fille en feu
Comédie européenne 2019: La Favorite de Yórgos Lánthimos
Découverte européenne 2019: Les Misérables de Ladj Ly
Film d'animation européen 2019: Buñuel après L'âge d'or de Salvador Simó
Court métrage européen 2019: Cadoul de Craciun de Bogdan Muresanu
Prix du public: Cold War de Pawel Pawlikowski
Prix European University Film Award : Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma
Prix de la série européenne : Babylon Berlin

Le 19 novembre, La Favorite avait aussi récolté le prix de la meilleure photographie (Robbie Ryan), le prix du meilleur montage (Yorgos Mavropsaridis), le prix des meilleurs costumes (Sandy Powell) et le prix des meilleurs coiffure-maquillage (Nadia Stacey).
Antxon Gomes a été récompensé du prix des meilleurs décors pour Douleur et Gloire de Pedro Almodovar.
John Gürtler est a reçu le prix de la meilleure musique pour Benni (SystemSprenger) de Nora Fingscheidt
Le prix du meilleur son a été décerné à Eduardo Esquide, Nacho Royo-Villanova & Laurent Chassaigne pour Companeros, d' Alvaro Brechner. Enfin, le prix des meilleurs effets visuels est revenu à Martin Ziebell, Sebastian Kaltmeyer, Néha Hirve, Jesper Brodersen & Torgeir Busch pour leur film About Endlessness de Roy Andersson.

The Irishman et trois films français récompensés par les critiques de New York

Posté par vincy, le 4 décembre 2019

Il y a deux gagnants aux New York Film Critics Circle: Netflix et le Festival de Cannes. Netflix puisque, une fois de plus, comme hier avec le National Board of Review, c'est The Irishman qui a été sacré par le prix du meilleur film (en plus du prix du meilleur second-rôle masculin). On ajoutera Uncut gems (distribué hors USA par la plateforme, couronné pour la réalisation des frères Safdie, Marriage Story (meilleur second-rôle féminin) et J'ai perdu mon corps, le film d'animation de Jérémy Clapin, distribué aux USA sur Netflix.

J'ai perdu mon corps est l'un des trois films français distingués, avec Atlantique de Mati Diop (meilleur premier film), et Portrait de la jeune fille en feu, récompensé pour sa photo. Soit trois films également présentés à Cannes. Les films sélectionnés sur la Croisette sont largement plébiscités avec Douleur et Gloire, Once Upon a Time in Hollywood et Parasite.

Meilleur film: The Irishman
Meilleur réalisateur: Benny and Josh Safdie, Uncut Gems
Meilleur premier film: Atlantique, de Mati Diop
Meilleur acteur: Antonio Banderas, Douleur et Gloire
Meilleure actrice: Lupita Nyong’o, Us
Meilleur second-rôle masculin: Joe Pesci, The Irishman
Meilleur second-rôle féminin: Laura Dern, Marriage Story et Little Women
Meilleur documentaire: Honeyland
Meilleur scénario: Once Upon a Time in Hollywood, Quentin Tarantino
Meilleure image: Portrait de la jeune fille en feu, Claire Mathon
Meilleur film en langue étrangère: Parasite
Meilleur film d'animation: J'ai perdu mon corps
Prix spécial: Randy Newman
Prix spécial: Indie Collect

Prix Lumières 2020: Les Misérables, J’accuse et Roubaix une lumière en tête

Posté par vincy, le 3 décembre 2019

Un film d'animation dans la catégorie mise en scène et un premier film, Les Misérables, qui est en tête des nominations avec 7 citations: les 130 correspondants de la presse internationale ont fait leur choix pour les Prix Lumières 2020, dont la présidente sera, cette année Isabelle Girodano.

Si Berlin avec Grâce à Dieu et Venise avec J'accuse sont bien présents dans la liste, le festival de Cannes se taille la part du lion avec près de 40 nominations! On note surtout que celles-ci se concentrent sur quelques films. C'est paradoxalement dans la catégorie documentaire que les films les plus audacieux se trouvent, tandis qu'à l'inverse, les catégories d'interprétation sont très peu surprenantes, pour ne pas dire conservatrices.

Meilleur Film
Grâce à Dieu de François Ozon
J’accuse de Roman Polanski
Les Misérables de Ladj Ly
Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma
Roubaix, une lumière de Arnaud Desplechin

Meilleure Mise en scène
Jérémy Clapin - J’ai perdu mon corps
Arnaud Desplechin - Roubaix, une lumière
Ladj Ly - Les Misérables
Roman Polanski - J’accuse
Céline Sciamma - Portrait de la jeune fille en feu

Meilleure Actrice
Fanny Ardant - La Belle époque de Nicolas Bedos
Anaïs Demoustier - Alice et le maire de Nicolas Pariser
Eva Green - Proxima d’Alice Winocour
Noémie Merlant - Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma
Karin Viard - Chanson douce de Lucie Borleteau

Meilleur Acteur
Swann Arlaud - Grâce à Dieu de François Ozon
Daniel Auteuil - La Belle époque de Nicolas Bedos
Jean Dujardin - J’accuse de Roman Polanski
Fabrice Luchini - Alice et le maire de Nicolas Pariser
Roschdy Zem - Roubaix, une lumière de Arnaud Depleschin

Meilleur Scénario
Nicolas Bedos - La Belle époque
Ladj Ly, Giordano Gederlini et Alexis Manenti - Les Misérables
François Ozon - Grâce à Dieu
Nicolas Pariser - Alice et le maire
Roman Polanski et Robert Harris - J’accuse

Meilleure Image
Manuel Dacosse - Grâce à Dieu de François Ozon
Pawel Edelman - J’accuse de Roman Polanski
Irina Lubtchansky - Roubaix, une lumière de Arnaud Desplechin
Claire Mathon - Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma
Julien Poupard - Les Misérables de Ladj Ly

Révélation Féminine
Céleste Brunnquell - Les Éblouis de Sarah Suco
Mina Farid - Une fille facile de Rebecca Zlotowski
Nina Meurisse - Camille de Boris Lojkine
Lise Leplat Prudhomme - Jeanne de Bruno Dumont
Mama Sané – Atlantique de Mati Diop

Révélation Masculine
Thomas Daloz - Les particules de Blaise Harrison
Alexis Manenti - Les Misérables de Ladj Ly
Tom Mercier - Synonymes de Nadav Lapid
Issa Perica - Les Misérables de Ladj Ly
Thimotée Robart - Vif-Argent de Stéphane Batut

Meilleur Premier Film
Atlantique de Mati Diop
Une intime conviction d’Antoine Raimbault
Les Misérables de Ladj Ly
Nevada de Laure de Clermont-Tonnerre
Perdrix de Erwan Le Duc

Coproduction Internationale
Bacurau de Kleber Mendonça Filho Et Juliano Dornelles
It Must Be Heaven de Elia Suleiman
Le jeune Ahmed de Luc et Jean-Pierre Dardenne
Lola vers la mer de Laurent Micheli
Papicha de Mounia Meddour

Film D'animation
La fameuse Invasion des ours en Sicile de Lorenzo Mattotti
Funan de Denis Do
Les Hirondelles de Kaboul de Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec
J’ai perdu mon corps de Jérémy Clapin
Wardi de Mats Grorud

Documentaire
Etre vivant et le savoir d’Alain Cavalier
Lourdes de Thierry Demaizière et Alban Teurlai
M de Yolande Zauberman
Ne croyez surtout pas que je hurle de Frank Beauvais
68, mon père et les clous de Samuel Bigiaoui

Musique
Fatima Al Qadiri - Atlantique de Mati Diop
Christophe - Jeanne de Bruno Dumont
Alexandre Desplat - Adults in the room de Costa-Gavras
Evgueni Galperine et Sacha Galperine - Grâce à Dieu de François Ozon
Dan Levy - J’ai perdu mon corps de Jérémy Clapin

Oscars 2020 : Deux films cannois en lice pour représenter la France

Posté par wyzman, le 16 septembre 2019

Cette année encore, le Festival de Cannes conserve son titre de place to be pour découvrir "avant tout le monde" l'éventuel représentant de la France aux prochains Oscars.

Trois films présélectionnés

Si l'on vous disait cet été que le CNC a modifié les conditions d’éligibilité des candidats français, ce n'était pas pour rien. En effet, avec sa nouvelle réglementation, le Centre national du cinéma et de l'image animée s'est assuré qu'un film français puisse déposer sa candidature dès lors qu’il a connu une exploitation en salle (même limitée) avant le 30 septembre. Une manière d'offrir à plus de films la possibilité de concourir. Plus encore, si l'on en croit Le film français, la commission chargée de désigner le futur représentant de la France s'est réunie une première fois aujourd'hui.

Les trois films désormais présents dans la shortlist ne sont autres que Les misérables de Ladj Ly (en salle le 20 novembre), Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma (en salle ce mercredi) et Proxima d'Alice Winocour (en salle le 27 novembre). Les deux premiers ont marqué le dernier Festival de Cannes puisque Les misérables a reçu le Prix du jury (ex-aequo avec Bacurau de Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles) tandis que Portrait de la jeune fille en feu s'est vu décerner le Prix du scénario.

Pour rappel, la commission est désormais composée de six professionnels du cinéma (deux réalisateurs, deux producteurs et deux vendeurs internationaux) choisis chaque année par le ministre de la Culture sur proposition du CNC et de trois membres de droit (le président d’UniFrance, le directeur général délégué du Festival de Cannes et le président des César). La commission se réunira à nouveau le 20 septembre pour choisir l'heureux élu.

Il convient de rappeler que le film en question doit en outre avoir un contrôle artistique majoritairement détenu par des citoyens ou résidents français et être réalisé en langue étrangère (pour l’Académie), c’est-à-dire dans une langue autre que l’anglais mais sans que la langue soit nécessairement celle du pays d’origine. Les prochains Oscars se tiendront le 9 février 2020.

Oscars 2020 : Le CNC modifie les conditions d’éligibilité des candidats français

Posté par wyzman, le 3 juillet 2019

Cette année, la France ne va pas manquer de candidats sérieux pour la représenter dans la catégorie meilleur film en langue étrangère des Oscars 2020. Mais avant de se lancer dans l’éternel casse-tête du "Qui nous représentera ?", le CNC (Centre national du cinéma et de l'image animée) est en train d’opérer quelques changements afin d’élargir le nombre de candidats possibles.

Une exploitation bouleversée

Selon le média américain Variety, le CNC serait en train de modifier ses critères d’éligibilité. Jusqu’ici, pour qu’un film puisse représenter la France aux Oscars de l’année suivante, il fallait qu’il ait été exploité en salle sur plusieurs dizaines d’écrans avant le 30 septembre. Avec son nouveau système, un film français pourra déposer sa candidature dès lors qu’il aura connu une exploitation en salle (même limitée) avant le 30 septembre. Si certains détails doivent encore être peaufinés, ces sorties limitées pourraient être de l’ordre d’au moins 6 projections sur une durée d’au moins sept jours, confie une source au magazine américain.

En plus d’offrir de nouvelles possibilités d’exploitations aux différents acteurs du secteur cinématographique, ces modifications laissent la possibilité à des films dont la sortie est prévue à l’hiver d’avoir leur chance. Car il convient de rappeler qu’auparavant, les films présentés à la Mostra (Venise), au TIFF (Toronto) ou au Zinemaldia (Saint-Sebastien) se retrouvaient systématiquement hors-course pour les Oscars. Voilà pourquoi personne ne semblait plus surpris de voir les films sélectionnés au Festival de Cannes toujours présents dans la shortlist. Pour rappel, 7 des 10 derniers candidats français ont été présentés sur la Croisette !

D’autres changements à venir

Petit bouleversement pour les exploitants de salles, la nouvelle éligibilité des candidats français pour les Oscars n’est pas le seul sujet d’interrogations. Et cela notamment parce que le CNC pourrait bien surprendre la presse en dévoilant les noms des nouveaux membres de la Commission chargée de la sélection de notre représentant. Pour assurer un meilleur équilibre, il se dit de plus en plus fort que Thierry Frémaux, l’actuel délégué général du Festival de Cannes et président de l’Institut Lumière de Lyon, devrait annoncer prochainement qu’il quitte son siège.

En attendant, le premier semestre désormais écoulé, certains candidats semblent déjà très sérieux. Il y a tout d’abord Les Misérables de Lady Ly qui fait la part belle aux violence policières et dont la sortie en salle est prévue pour le 20 novembre. Malheureusement, l’achat des droits américains par Amazon Studios pourrait faire grincer des dents le comité de sélection comme ce fut au cas au moment de l’annonce, à Cannes.

Ce qui laisse le champ un peu plus libre pour Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma. Le film visible dès le 18 septembre au cinéma évoque le désir ardent et la passion amoureux de deux femmes respectables au 18e siècle. Mais le François Ozon n’a pas dit son dernier mot. Dans le déjà sorti Grâce à Dieu, le cinéaste s’intéresse au combat des victimes d'abus sexuels sur mineurs dans l’Eglise avec pour source d’inspiration, l’affaire Barbarin.

Cannes 2019 : La diversité se taille une place de choix

Posté par wyzman, le 2 juin 2019

Cette année plus que jamais, le Festival de Cannes semble s’être entièrement réconcilié avec la diversité. Qu’il s’agisse de diversité raciale, sexuelle ou religieuse, les différentes sections et sélections n’ont jamais été aussi ouvertes et représentatives du monde qui nous entoure.

Des films arc-en-ciel

Après les succès de 120 battements par minute et Plaire, aimer et courir vite, la communauté LGBT était dans les starting-blocks. Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma nous a offert une jolie leçon d’amour lesbien tandis que Roubaix, une lumière d'Arnaud Desplechin a brillé par son couple de femmes en tête d’affiche (Léa Seydoux et Sara Forestier). Malgré les polémiques liées au nombre de fesses visibles et à son cunnilingus non-simulé de 13 minutes, Mektoub, my love : intermezzo a brillé par son jeu sur la sensualité de ses héroïnes.

Présenté dans la section Un Certain regard, Nina Wu de Midi Z s’est offert une héroïne lesbienne comme on en voit peu. Port Authority de Danielle Lessovitz s’est fait remarquer par la présence de sa toute première femme transsexuelle et de couleur en tête d’affiche à Cannes (Leyna Bloom). Le film, centré sur l’histoire d’amour compliquée entre un homme cisgenre et une femme transsexuelle, fait la part belles aux personnes transgenres ainsi qu’aux homosexuels.

Et les homosexuels étaient loin des placards cette année à Cannes. Du Rocketman de Dexter Fletcher à Douleur et Gloire de Pedro Almodovar en passant par Matthias et Maxime de Xavier Dolan, la sélection officielle nous a offert une belle galerie d’hommes gays ou bisexuels aux sensibilités et attitudes différentes. Du côté de la Quinzaine des Réalisateurs, ce sont les héros de And then We Danced de Levan Akin et Tlamess d’Ala Eddine Slim qui nous ont émus.

Des sélections métisses

Trop longtemps perçu comme « blanc », Cannes s’est paré de mille couleurs continuer à être le plus grand festival de cinéma au monde. Si personne n’a été surpris par les personnages asiatiques de Parasite de Bong Joon-ho et Le Lac aux oies sauvages de Diao Yi’nan, les distributions de Bacurau de Juliano Dornelles et Keleber Mendonça Filho et Atlantique de Mati Diop ont été remarqués. Le premier, une fable futuriste mais réaliste, s’est illustré par sa grande représentativité et diversité ethniques quand le second, hommage aux Sénégalais qui rêvent d’un avenir meilleur mais continuent de se noyer dans l’océan Atlantique, s’est démarqué par son panel de femmes fortes.

Bien visibles dans Port Authority, les Noirs n'ont pas souffert d'une représentation erronée voire honteuse avec Les Misérables de Ladj Ly — à l’instar des Maghrébins et des musulmans de France. Malgré un résultat vain, Le Jeune Ahmed des frères Dardenne avait au moins le mérite de proposer une plongée inédite (à leur niveau) dans l'Islam radical, à quelques mètres des clichés. Même son de cloche dans Mektoub, my love : intermezzo où les protagonistes d’origine tunisienne n’ont jamais souffert de leur couleur de peau. Il en va de même pour Frankie d’Ira Sachs : la couleur de peau de la belle-fille fictive d’Isabelle Huppert, de son époux et de leur fille n’a jamais été mentionnée !

A la Quinzaine des Réalisateurs, Alice et le Maire de Nicolas Pariser et Give Me Liberty de Kirill Mikhanovsky ont amené avec eux des personnages féminins forts, joués par des actrices de couleur (Léonie Simaga et Lauren ‘Lolo’ Spencer). La trame autour du vaudou haïtien a permis à des acteurs noirs (Juan Paiva, Wislanda Louimat) de se greffer au casting de Sick, Sick, Sick d’Alice Furtado et Zombi Child de Bertrand Bonello. Impossible de ne pas mentionner les deux femmes d’origine maghrébine qui ont revitalisé la Quinzaine, j’ai nommé Zahia Dehar et Mina Farid, sublimes héroïnes d’Une Fille facile de Rebecca Zlotowski. Enfin, une mention spéciale mérite d’être attribuée à Kiki Layne pour sa belle interprétation de fantôme en Valentino dans The Staggering Girl de Luca Guadagnino !