En Pologne, le film « Kler » bat des records au box office et se transforme en polémique politique

Posté par vincy, le 5 octobre 2018

935000 spectateurs le week-end dernier pour Kler (Clergé en français) au box office polonais. Le film de sorti le 28 septembre réalisé par Wojciech Smarzowski a battu tous les records locaux depuis 30 ans, surclassant Cinquante nuances de Grey, Star Wars et n'importe quel film polonais. Cold War, primé à Cannes et représentant du pays pour les Oscars, n'a ainsi attiré "que" 755000 spectateurs au cours de sa carrière. Un phénomène d'autant plus marquant que ce drame aborde un sujet brûlant : les prêtres et la pédophilie, dans un pays encore très catholique.

Il reste encore de la marge pour battre le record de recettes historique dans le pays (Avatar, seul film à avoir dépassé les 20M$ aux box office). Mais ce devrait être le plus gros succès polonais dans le pays, record détenu par Lejdis, comédie sortie en 2008.

Le film dénonce pourtant les méthodes et les affaires d'une église omniprésente dans le champ politique polonais et à laquelle le peuple reste très attaché 40% des Polonais croient encore aux lois de l'Eglise et un peu plus vont régulièrement à la messe). Dans les débats, l'Eglise encaisse et compte sur ses relais.

Le chef du parti ultraconservateur et nationaliste (au pouvoir), Jaroslaw Kaczynski, a même parlé d'un "coup porté contre la Pologne", le chef du bureau de sécurité nationale Pawel Soloch hurle au "film de propagande odieux". Le film attise les passions dans un pays où la religion catholique est encore enseignée à l'école et où l'Eglise intervient intensément dans la politique (l'avortement est toujours interdit, le blasphème est un délit pénal).

"Tous ceux qui portent la Patrie dans leur coeur, qui aiment Dieu et la Pologne, doivent dire clairement aujourd'hui "non" à la destruction de nos valeurs nationales", a affirmé une association de journalistes catholiques, appelant au retrait d'un film profondément "anticlérical, anticatholique et antipolonais" qui "fausse" l'image de l'Eglise, rapporte l'AFP.

La vérité sur une Eglise intouchable

En s'attaquant aux crimes pédophiles des prêtres, Kler tombe à pic. Des scandales de ce genre, il y en a chaque semaine qui sont révélés du Chili aux Etats-Unis, d'Irlande à l'Allemagne, du Canada à la France. Il y a déjà eu des films sur le sujet (Sleepers, Spotlight) et le prochain Ozon, Grâce à Dieu, sera sur ce thème.

En montrant les coulisses de l'institution cléricale, le réalisateur Wojciech Smarzowski, qui a du tourner une partie de son film en République tchèque, met en lumière ce que pensent les Polonais sur la sacro-sainte Eglise. Nombreux sont ceux qui avouent que le pays a besoin de voir son Eglise en face, de comprendre cette vérité.

Le film raconte l'histoire de trois prêtres. L'un d'eux est accusé (à tort) d'actes pédophiles tandis qu'un autre utilise tout son pouvoir pour masquer ses propres "écarts". Victimes ou témoins de tels crimes dès leur enfance, c'est en fait un combat pour que le mensonge gagne sur la vérité. C'est aussi un film qui expose la corruption, l'hypocrisie, l'abus de bien social, l'alcoolisme et l'homosexualité des élites religieuses. Le cinéaste a fait relire son scénario à des membres du clergé, qui ont authentifié chacune des déviances racontées.

"Aucun réalisateur n'a jamais osé présenter une vision aussi critique de l'Eglise catholique en Pologne. Kler s'attaque ouvertement à l'Eglise et dénonce tous ses péchés cardinaux allant de cas de pédophilie, au versement d'argent par les fidèles pour accéder aux sacrements, aux appels d'offres truqués et à la démoralisation généralisée de la hiérarchie", explique Janusz Wroblewski, critique de cinéma.

Controversé, dérangeant, le film a remporté six prix au Polish Film festival dont celui du public.

Cannes 2018: Qui est Agata Kulesza ?

Posté par vincy, le 10 mai 2018

C'est peut-être l'actrice polonaise la plus connue à l'internationale ces temps-ci. Agata Kulesza a récolté une dizaine de prix internationaux entre 2013 et 2015 pour son rôle dans Ida, de Pawel Pawlikowski (Oscar du meilleur film en langue étrangère). Lauréate de deux prix de la meilleure actrice aux "César" polonais, avec Roza de Wojciech Smarzowski en 2011 et Ida deux ans plus tard, la comédienne, âgée de 46 ans, arrive à Cannes avec Cold War, en compétition. Dans ce nouveau film de Pawlikowski, qui se déroule dans les années 1950 entre les pays de l'Est et Paris, elle n'est toujours pas le rôle principal, tenu par Joanna Kulig. Mais sa présence devrait être remarquée tant elle sait dramatiser chacune de ses apparitions.

Cela fait 25 ans que la comédienne alterne petit et grand écran en Pologne, comédies et drames, petits rôles et grands personnages. Il faut cependant qu'elle attende 2011 pour se faire réellement un nom à l'étranger dans le circuit des festivals. Avec Roza, tout d'abord, grand succès populaire et critique dans son pays, où elle incarne une veuve paysanne dans une Pologne qui n'a pas encore soigné les plies de la Seconde guerre mondiale. La même année, elle est la mère d'un garçon homosexuel, harcelé qui trouve du réconfort en dialoguant virtuellement avec une jeune fille suicidaire, dans La chambre des suicidés.

Mais c'est bien le personnage de Wanda dans Ida qui la révèle mondialement. Dans cette Pologne austère, communiste et catholique des années 1960, elle incarne la tante Wanda que recherche Sœur Anna (Ida de son vrai nom). Wanda, ancienne stalinienne, juive et alcoolique, va alors amorcer un voyage dans le passé avec sa nièce. C'est une rencontre entre deux femmes, deux âmes mélancoliques, qui se termine tragiquement. Ironiquement, Agata Kulesza va se métamorphoser en mère supérieure dans Les innocentes d'Anne Fontaine (2015), avec Lou de Laâge et Joanna Kulig. Là encore un film historique, lié à l'Eglise, l'après guerre. Là aussi un rôle sombre, un personnage à l'âme tourmentée.

Avec I'm a killer, thriller historique de Maciej Pieprzyca (2016), elle reçoit son troisième Polish Film Award, mais cette fois-ci dans la catégorie second-rôle, en quelques années. On la croise dans un autre polar, True Crimes, avec Jim Carrey et Charlotte Gainsbourg, signé Alexandros Avranas (inédit en France). L'an dernier elle devient le personnage récurent de la série policière Ultraviolet.

Agata Kulesza est en fait là où on ne l'attend jamais. De "Danse avec les stars" au doublage du jeu vidéo "The Witched", elle ne suit aucun plan de carrière. "Je suis toujours à la recherche d'une histoire puissante ... une histoire qui évoque quelque chose en moi et j'espère, aussi, quelque chose chez les spectateurs" explique-t-elle, sans se soucier du format ou du support.

Le cinéma s’invite dans la Nuit des idées

Posté par vincy, le 26 janvier 2017

Pour la 2e Nuit des Idées, qui se déroule ce soir en France et dans 40 pays , le cinéma s'invite dans cet événement festif et philosophique. De Tokyo (pour l'ouverture) à Los Angeles (pour la clôture), les débats auront pour thème "Un monde commun". Initiée par l’Institut Français, ce sont plus de 70 événements qui auront lieu.

Unifrance et MK2 proposeront ainsi une Nuit des Nouvelles Images pour débattre du futur du cinéma. À 18h, au mk2 Bibliothèque (Paris), on y discutera de l’émergence de nouvelles images et de nouveaux modes de diffusion, à l’heure où mk2 ouvre une nouvelle salle consacrée à la Réalité virtuelle et où UniFrance organise la 7e édition de son festival en ligne MyFrenchFilmFestival. Cette soirée se déroulera en présence des cinéastes Rebecca Zlotowski et Clément Cogitore, du DG de mk2 Agency Elisha Karmitz et du commissaire de l'exposition à la Cinémathèque française Laurent Mannoni. Le public sera invité à intéragir avec les intervenants sur Twitter avec le hashtag #NDNI. l'éntre est libre et le débat sera retransmis sur Facebook Live.

Au Forum des Images, l'écrivain et scénariste Jean-Claude Carrière, le photographe Vasantha Yogananthan, l'ethnoscénologue Amiane Béranger et la conteuse et danseuse Nathalie Le Boucher évoqueront  "Ramayana et Mahabharata : a persistance des mythes au coeur de la culture indienne", deux grands textes indiens sacrés. La soirée est accompagnée de la projection Gita Govinda du réalisateur expérimental Amit Dutta, transposition cinématographique du poème hindou (2014), présentée à Cinéma du réel en 2015.

A Nantes, au Lieu unique, dans le cadre de la programmation Doc a LU - focus  sur le cinéma allemand, sera projeté le film de Philip Scheffner, Révision (2012), qui rouvre une sordide affaire de l'été 1992 où deux roumains ont été retrouvés morts à la frontière germano-polonaise. A travers ses films, le documentariste "met en œuvre une pensée politique qui opère une redistribution entre ce qui est manifeste et ce qui ne l’est pas".

La cinémathèque de Grenoble et le cinéma Le Dietrich à Poitiers participeront aussi à cette Nuit pas comme les autres.

A l'étranger, l’Institut National Audiovisuel polonais (NINA) à Varsovie projettera la projection du dernier film (en exclusivité en Pologne) d'Andrzej Wajda Les fleurs bleues (sortie en France le 22 février), le Cinéma Andorra à Helsinki diffusera le documentaire Human de Yann Arthus-Bertrand, en plus d'un débat en sa présenceet à Pinamar en Argentine, le vieil hôtel d'Ostende programmera des fictions et documentaires en continu en plus d'une séance de cinéma sur la plage.

La dernière charge d’Andrzej Wajda (1926-2016)

Posté par vincy, le 10 octobre 2016

Le réalisateur polonais Andrzej Wajda est mort dimanche 9 octobre dans la soirée à Varsovie à l'âge de 90 ans des suites d'une insuffisance pulmonaire. Oscar pour l'ensemble de sa carrière en 2000, Ours d'or d'honneur en 2006 et Ours d'argent pour sa contribution au cinéma en 1996 à Berlin, Palme d'or en 1981 pour L'homme de fer et prix spécial du jury en 1957 pour Ils aimaient la vie à Cannes, Lion d'or d'honneur en 1998 à Venise, César d'honneur en 1982 et César du meilleur réalisateur pour Danton en 1983, Prix Louis Delluc pour Danton en 1982 et BAFTA du meilleur film étranger pour Danton en 1984, le cinéaste était l'une des grandes figures du cinéma européen de la seconde moitié du XXe siècle.

Il a accompagné l'histoire de la Pologne depuis l'après guerre jusqu'en 2014.  Né le 6 mars 1926 à Suwalki , Andrzej Wajda a d'abord voulu être, comme son père, militaire de carrière. Sans succès. Son pays est alors envahi par l'Allemagne nazie. Il commence alors des cours de peinture, et, après un passage à l'Académie des Beaux-Arts de Cracovie, il intègre la célèbre école de cinéma à Lodz.

Figure de proue de l'Ecole de cinéma de Lodz

Sa filmographie, prolifique, suivra la respiration de la Pologne. Après la guerre, il réalise quelques courts métrages avant de filmer son premier long en 1955, Une fille a parlé (Génération), qui suit des jeunes de Varsovie pendant l'Occupation nazie. Avec Ils aimaient la vie (Kanal), œuvre sur l'insurrection de Varsovie, il signe son premier film reconnu dans un grand Festival international, tandis que Jerzy Kawalerowicz et Roman Polanski émergent en parallèle.

L'expérience douloureuse de la guerre et la résistance contre les nazis croisent ainsi l'héroïsme et le romantisme polonais. Il aime les révolutionnaires, les résistants, les combats qui bousculent l'Histoire. Wajda devient très rapidement un grand nom du cinéma. Mais avant tout, contrairement à Polanski, lui décide de rester dans son pays. Hormis trois films dans les années 1980, il préfère accompagner l'évolution d'une Pologne déchirée ou explorer son passé mouvementé. Wajda c'était la mémoire vivante de l’histoire de la Pologne, dans ce qu'elle a de meilleur et dans ce qu'elle a vécu de pire. Lui même résistant contre les Nazis quand il était adolescent, il en a fait un film sublime, Cendres et diamant (Popiól i diament, 1958, photo). La seconde guerre mondiale est encore présente dans La dernière charge (Lotna, 1959), Samson (1961) ou Landscape after Battle sur les Camps de concentration (1970). Il remonte le temps avec Cendres (Popioly, 1965) avec les guerres napoléoniennes.

Une Palme d'or qui le sauve

Il puise même dans le patrimoine littéraire polonais avec Le bois de bouleaux (Brzezina, 1970), Les Noces (Wesele, 1972), La Terre de la grande promesse (Ziemia obiecana, 1974), Pan Tadeusz, quand Napoléon traversait le Niemen (1999), La Vengeance (2002). Il adapte aussi Joseph Conrad avec La ligne d'ombre (1976) et l'auteur polonais contemporain Tadeusz Konwicki avec Chronique des événements amoureux (1986). Car Wajda aimait aussi le romanesque et s'essayait à d'autres genres, de la fresque historique à la comédie romantique en passant par le mélo et le musical (Les innocents charmeurs en 1960, La croisade maudite en 1968, Tout est à vendre, Polowanie na muchy en 1969, Les demoiselles de Wilko en 1979, Le chef d'orchestre en 1980, avec l'immense John Gieguld).

Le grand virage s'opère en 1977 avec un premier film réellement ancré dans son époque, L'Homme de marbre, critique de la Pologne communiste. Le titre en lui-même évoque une statue déchue d'un prolétariat opprimé. Trois ans plus tard plus tard, il signe une suite avec L'Homme de fer (photo), racontant pratiquement en temps réel l'épopée de Solidarité, le premier syndicat libre du monde communiste, emmené par un certain Lech Walesa, qui deviendra président de la Pologne quelques années plus tard. Le film emporte la Palme d'or.

"Le jour de la Palme a été très important dans ma vie, bien sûr. Mais j'étais conscient que ce prix n'était pas uniquement pour moi. C'était aussi un prix pour le syndicat Solidarité", avait-t-il expliqué. C'est aussi cette Palme d'or qui le sauve de la prison alors que de nombreux amis du cinéaste sont incarcérés lors du coup de force du général Wojciech Jaruzelski contre Solidarnosc en décembre 1981.

Exils artistiques

C'est aussi à cause de son opposition au régime de Jaruzelski qu'il décide de réaliser des films à l'étranger, avec la participation d'Agnieszka Holland à chacun de ces scénarios: Danton (1983) avec Gérard Depardieu, Un amour en Allemagne (1986) avec Hanna Schygulla, ou Les Possédés (1988) avec Isabelle Huppert, coécrit avec Jean-Claude Carrère d'après le classique Dostoïevski. Il reviendra à l'auteur russe dans un téléfilm en 1992, Crime et châtiment et dans un long métrage, Nastazja (d'après un chapitre de L'idiot) en 1994.

Après la chute du communisme en 1989, Andrzej Wajda revient à l'Histoire avec notamment la seconde guerre mondiale et les Juifs dans Korczak (1990), le patriotisme polonais dans L'Anneau de crin (1993) ou le ghetto de Varsovie dans La Semaine Sainte (1995), coécrit avec Jerzy Andrzejewski .

Andrzej Wajda a aussi mis en scène une quarantaine de pièces de théâtre. Par ailleurs, ce grand passionné de la culture japonaise a créé en 1994 à Cracovie un centre de civilisation japonaise, Manggha. Et en 2002, il avait lancé sa propre école de cinéma et d'écriture de scénarios.

De son cinéma, on retiendra une intensité jamais démentie, des séquences parfois baroques ou tourbillonnantes, des transes flamboyantes avec des acteurs en sueur, des héros insolents tandis qu'il n'a jamais été frontalement dissident. Finalement, Wajda luttait contre l'amnésie, aimait profondément les martyrs et son cinéma transposait les destins avec des grands angles, des images fortes visuellement, comme un peintre (les Beaux-Arts, ça marque) jetait son sujet dans un grand tableau rempli de multiples détails.

Candidat à l'Oscar en 2017

Après quelques téléfilms et documentaires, ainsi qu'une comédie transposée d'une pièce de théâtre, Zemsta en 2002, où Roman Polanski tient l'un des rôles principaux, il revient par la grande porte en 2007 avec Katyn (photo). En rétablissant la véritable version des faits, il y raconte l'histoire tragique de son propre père, Jakub Wajda, qui fut l'un des 22500 officiers polonais massacrés par les Soviétiques en 1940, notamment à Katyn. Mais Wajda reste ouvert à toutes formes de récit, comme en témoigne Tatarak, où une femme d'un certain âge, malheureuse dans son couple, retrouve une jeunesse en fréquentant un beau jeune homme (2009). Il retrouve Lech Walesa pour un biopic, L'homme du peuple (2013). Enfin, son dernier film, Powidoki (Après-image, 2016, le film doit sortir en janvier 2017 en Pologne), a a été présenté en avant-première il y a quelques semaines aux Festivals de Venise et de Toronto et a été choisi comme candidat polonais à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère. Le film suit les dernières années de la vie du peintre avant-gardiste, Wladyslaw Strzeminski, qui s'est battu contre l'idée dogmatique de l'art que voulait imposer Staline. Très critique à l'égard du pouvoir ultra-conservateur actuellement à la tête de la Pologne, les critiques y ont vu une métaphore critique à l'égard du régime de son pays. Wajda a toujours été à la fois une conscience morale et un cinéaste qui réveillait les Mémoires.

Lors de la rétrospective qui lui était consacrée à la cinémathèque française, le dossier de présentation rappelait: "Rares sont les cinéastes en effet qui se vouent si fidèlement à l’histoire et à la culture de leur pays. Il le fit, lui, avec une détermination jamais démentie. Avec vocation, pourrait-on dire, au risque que cela le desserve sur le plan international. Plus polonais que Bergman était suédois, Fellini italien, Buñuel espagnol ou Welles américain, Wajda a parfois pâti du caractère national de ses films. Il le dit fièrement : « Mes films sont polonais, faits par un Polonais, pour un public polonais »."

Ida, Oscar du meilleur film en langue étrangère, maltraité par la télévision polonaise

Posté par vincy, le 11 mars 2016

Ida de Pawel Pawlikowski

Ida, de Pawel Pawlikowski, devrait être une fierté pour les polonais: Oscar et BAFTA du meilleur film en langue étrangère, cinq prix aux European Film Awards, dont le prix du meilleur film et le prix du public, Prix LUX du parlement européen, deux fois primé au festival des Arcs, meilleur film au Festival du film polonais et au Festival du film de Varsovie... Rares sont les films polonais à avoir été aussi bien distingués. Avec plus de 500000 entrées en France, 3M$ de recettes aux Etats Unis, ce fut même le plus gros succès polonais à l'extérieur de ses frontières depuis des décennies, et un gros succès en salles en Pologne.

Un film historiquement inexact et pro-Juif pour la chaîne publique TVP2

Et pourtant, nul n'est prophète en son pays. Il y a une semaine, lors de sa première diffusion télévisée, sur une chaîne publique polonaise, un programme présenté avant le film a donc rappelé "l’inexactitude du film", justifiant son succès parce qu'il était “pro-juif”. Selon les médias qui ont rapporté l'affaire, des intertitres ont été également accolés au film, manipulant ainsi le téléspectateur puisqu'il n'était précisé nulle part qu'il s'agissait d'un ajout.

Avant sa diffusion sur la chaîne polonaise TVP2, le film a donc eu le droit à cet avant-programme de 12 minutes inédit. "Around Ida" est composé d'extraits du film commentés au nom de la précision historique par le critique de cinéma de TVP Kultura Krzysztof Klopotowski, l'historien de TVP Historia Piotr Gursztyn et le porte parole de la Ligue Anti-Diffamation polonaise Maciej Swirski. Ce dernier a ainsi dit: "Vous pouvez parler d'événements atroces dans l'histoire de la nation mais vous ne pouvez pas le faire si cela offense la nation". Le coup de grâce a été apporté par Krzysztof Klopotowski qui a clairement dit: "Si le film n'avait pas contribué à défendre les Juifs dans le conflit entre Polonais et Juifs, il n'aurait certainement pas eu un Oscar." Ni les autres prix, y compris en Pologne?

Rappelons que le film de Pawel Pawlikowski raconte l’histoire d’Anna, une jeune orpheline vivant dans un couvent, qui part à la recherche de sa tante, seul membre encore en vie de sa famille. La jeune fille découvre qu’elle est juive et que ses parents ont été assassinés. En Pologne, déjà, le film avait reçu un accueil mouvementé. Il avait fait l'objet d'une polémique médiatique opposant historiens, politiciens, cinéphiles et critiques. En cause: l'absence d'Allemands dans l'intrigue, et, comme le mentionnait le Figaro il y a un an, à aucun moment il n'est expliqué "que la Pologne était occupée par l’Allemagne nazie” et que “l’antisémitisme polonais soit présenté sans que soient mentionnés les Polonais qui ont aidé les Juifs, à leurs risques et périls.

La Guilde des réalisateurs polonais évoque manipulation et propagande

L'actuel gouvernement polonais, ultra-nationaliste, est actuellement sous les feux des critiques politiques et culturelles européens depuis qu'il cherche à prendre le contrôle des médias, entre autres. Pas étonnant alors, que, suite à cette diffusion, plusieurs cinéastes de la Guilde des réalisateurs polonais mais aussi 90 journalistes polonais se soient rassemblés pour manifester leur désaccord face à cette manipulation officielle.

La Guilde s'est ainsi désolée de voir que "pour la première fois en 25 ans, depuis que les médias sont libres en Pologne, un film a été accompagné d'une interprétation idéologique, éloignée d'une simple analyse de film sur son sujet ou sur ses qualités artistiques, en voulant exprimer une interprétation unilatérale et officiellement correcte." Elle ajoute: "De telles actions montrent non seulement le manque de respect envers les créateurs mais aussi envers les téléspectateurs. C'est le signe d'un manque de confiance du diffuseur envers la sensibilité et l'intelligence de son auditoire. C'est aussi une violation de bonne conduite et un exemple clair d'une propagande manipulatrice qui ne correspond pas à ce que l'on attend d'un média dans un état démocratique."

Les European Film Awards se déshonorent-ils en se tenant en Pologne en décembre prochain?

L’European Film Academy a rejoint le mouvement et a déclaré dans un communiqué : “bien que le comité de la European Film Academy défende la liberté d’opinion sur les films et le droit à des débats ouverts, il ne peut en aucun cas accepter la manipulation d’un tel débat”. L'affaire intervient au pire moment alors que la prochaine édition des European Film Awards se déroulera le 10 décembre 2016 à Wroclaw, capitale culturelle de l'Europe et cité polonaise.

Les producteurs du film ne s'interdisent pas de répondre par une action juridique contre la chaîne. Le réalisateur Pawel Pawlikowski, navré par le comportement d'un parti politique au pouvoir qui ruine la réputation de son pays par sa politique nationaliste et liberticide, a rappelé dans Variety que son film n'était pas un film historique mais une oeuvre s'attachant à dépeindre des personnages complexes et ambiguës dans un monde où rien n'est simple sur des questions existentielles. "Toute cette polémique est absurde! Ces nationalistes, qui ont ignoré le film lors de sa sortie, ne l'ont même pas vu. Ils utilisent Ida sous le simple prétexte de faire grimper un sentiment patriotique et donner du souffle à leur obsession sans fin autour d'un complot "Juifs-Allemands-Gauchistes-Progressistes-Russes" contre la Pologne. Ce sont leurs déclarations outrancières et xénophobes qui font pourtant le plus de mal à notre réputation international, pas mon film."

Andrzej Zulawski (1940-2016): l’important fut de filmer

Posté par vincy, le 17 février 2016

Andrezj Zulawski a succombé à son cancer à l’âge de 75 ans. Né le 22 novembre 1940 à Lviv, à l’époque ville soviétique, aujourd’hui cité ukrainienne, le cinéaste a fait ses études en France avant de rejoindre la Pologne où il a fait ses premiers pas de réalisateurs. Ce fils de diplomate, auteur de drames passionnels, poussant ses actrices jusqu’à l’hystérie émotionnelle, est revenu en France pour fuir la censure. Il donne quelques uns des plus beaux rôles à Romy Schneider, Isabelle Adjani et Sophie Marceau, jeune star qui a 26 ans de moins et qui devient son épouse et le père de son fils Vincent. Ils vivent ensemble durant 17 ans et tournent quatre fois ensemble.

Après deux courts métrages dans les années 1960, Zulawski réalise son premier long, La troisième partie de la nuit en 1971, tragédie psychologique qui se déroule durant la seconde guerre mondiale. Il enchaîne avec Le Diable, drame où le chaos d’une guerre pousse un jeune noble à la démence et au crime. En 1975, il arrive en France et signe L’important c’est d’aimer, sans aucun doute son film le plus intense. Il transcende Romy Schneider en lui offrant son rôle le plus marquant. La star semble habitée par ce personnage, mise en abime du double je / double jeu. Elle récolte le César de la meilleure comédienne. Et le cinéphile retient à jamais ses yeux en larmes, suppliant qu'on arrête de la voir...

Six ans plus tard, c’est Isabelle Adjani qui élève son jeu, déjà brillant, dans Possession. Là encore, le réalisateur signe un film où l’amour n’est pas heureux. Drame de la jalousie pas ordinaire – une constante de toute sa filmographie – Possession vaut un prix d’interprétation à Cannes et un César de la meilleure actrice à Adjani. Comme souvent, le cinéaste a puisé dans sa vie pour écrire le scénario. Un divorce douloureux et l’interruption brutale du tournage du film Sur le globe d’argent (qui sortira finalement en 1988 , inaccompli) l’ont poussé vers une dépression. De ce film d’anticipation, il reste une étrange créature tentaculaire, créée par Carlo Rambaldi, le père des extra-terrestres de Spielberg. Traumatisée par le tournage, Adjani, qui ne voulait pas faire ce film aux limites du fantastiques, et qui a été convaincue par son compagnon d’alors le chef opérateur Bruno Nuytten, a toujours regretté ce film si important dans sa carrière.

Avec La Femme publique (Valérie Kaprisky), en 1984, le réalisateur continue de filmer des femmes volages, pas très loin de la prostitution, toujours apte au dédoublement de personnalité. Comme le personnage de Romy dans L’important c’est d’aimer, celui de Kaprisky est une comédienne médiocre. On reproche alors à Zulawski une certaine volonté d’humilier les femmes, une misogynie, et sur les plateaux, un comportement tyrannique.

L’année suivante, il fait tourner son épouse. Sophie Marceau est en pleine ascension, la petite française préférée de l’Hexagone, déjà. Mais après Pialat et Police, elle persévère à vouloir aller vers des cinémas plus périlleux que des comédies populaires. L’amour braque est encore une histoire de pute. Le film est interdit aux moins de 12 ans. Et le public rejette Marceau, qu’il ne veut pas voir en lolita manipulée par un « vieux pervers ». Leur couple tiendra bon malgré le quand-dira-t-on. Marceau et lui tournent ensuite Mes nuits sont plus belles que vos jours, autodestruction programmée de deux êtres à la dérive.

Toujours féru de littérature russe, il adapte Boris Godounov en 1989 puis réalise un biopic sur Frédéric Chopin et George Sand en 1991, La note bleue, avec Marie-France Pisier et Sophie Marceau. Films mineurs, tout comme Chamanka en 1996, qui marquent le déclin artistique d’un cinéaste qui tourne un peu en rond. Il essaie de rebondir avec La fidélité en 2000. Il y retrouve ses principaux thèmes : la photographie, la jalousie, la maladie, l’infidélité, les métiers immoraux. Ultime déclaration d’amour à sa femme, le film scellera aussi le divorce avec Sophie Marceau, qui, pourtant, n’a jamais été aussi désirable que sous l’œil averti de son mari. Le film se fait en symbiose : elle donne l’idée de transposer La Princesse de Clèves, trouve les producteurs et lui écrit, réalise… Ultime enfant né de leur alchimie incomprise.

Comme un baroud d’honneur, après avoir sombré dans l’ennui, se désespérant d’un cinéma européen sans intérêt ou de ces grands festivals meurtriers, il revient quinze ans plus tard avec le surréaliste Cosmos, sorti en décembre dernier. Locarno lui a décerné un prix (presque honorifique) du meilleur réalisateur). Le cinéaste a rarement été récompensé (La femme publique est son film qui a été le plus primé) et a souvent divisé la critique. Ses œuvres controversées, violentes, exigeantes artistiquement ont avant tout sublimé des comédiennes magnifiques. « Je fais des films sur des sujets qui me torturent et les femmes me servent de moyen pour les exprimer » disait-il.

Le plus bel éloge revient quand même à son ex : « Dans les films d'Andrzej par exemple, il y a à la fois un côté techniquement parfait, très moderne visuellement et très bien fabriqué, et en même temps un élan, quelque chose qui n'appartient qu'à lui, comme un coeur qui s'ouvre » expliquait Sophie Marceau en 2000.

Une histoire vraie va réunir Jessica Chastain et Daniel Brühl

Posté par vincy, le 25 août 2015

jessica chastain, daniel brühl

Jessica Chastain et Daniel Brühl seront réunis dans The Zookeeper's Wife, un film que réalisera Niki Caro (Paï, L'Affaire Josey Aimes). Il s'agit de l'adaptation du livre de Diane Ackerman, publié en 2007 et inédit en français, lui même inspiré du journal intime jamais édité d'Antonina Zabinska. Au générique, on retrouve également le comédien belge Johan Heldenberg (Alabama Monroe, Hasta la Vista, La merditude des choses, et bientôt Le tout nouveau testament).

The Zookeeper's wife est l'histoire vraie d'Antonina et de son mari le docteur Jan Zabinski, directeur du zoo de Varsovie. En septembre 1939, le couple de Résistants a aidé 300 juifs à s'échapper du ghetto de Varsovie, au moment où l'Allemagne envahissait la Pologne. Si de nombreux animaux ont péri sous les bombes, les Zabinskis ont survécu à la guerre et le zoo rouvrira en 1949. Ils furent nommés Justes parmi les nations en 1965.

Le film est scénarisé par Angela Workman et sera distribué par Universal. Le tournage devrait débuter au début de l'automne pour une sortie à la fin de l'année 2016.

Bilan 2014: la France, la très bonne élève du cinéma en Europe

Posté par redaction, le 5 mai 2015

L'Observatoire européen de l'audiovisuel a fournit ses données provisoires pour le continent concernant l'année 2014.

La France et la Turquie bons élèves, le retour de l'Espagne

© oeaPremier élément: les recettes brutes des salles dans l’Union européenne ont connu en 2014 une légère hausse de 0,6 % pour atteindre 6,32 milliards d’EUR. Il s’agit du deuxième résultat le plus faible sur les cinq dernières années. Les recettes ont particulièrement chuté en Italie et en Allemagne, alors qu'elles ont augmenté en France, en Espagne et en Pologne. Comme en 2013, la courbe des recettes brutes des salles suit celle de la fréquentation, qui connaît une modeste croissance de 0,7 % et se situe à 911 millions de places vendues, soit environ 6,5 millions de plus qu’en 2013.
En nombre d'entrées la France reste le plus gros marché européen avec 208M de spectateurs, devant la Russie (hors calcul), le Royaume Uni, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne. La Turquie (hors calcul) connaît la plus forte croissance et devance la Pologne.
Sur les 36 marchés analysés, deux ont une part de marché nationale supérieure à 30% (la Turquie avec 58% et la France avec 44%). La république Tchèque, l'Allemagne, le Danemark, l'Espagne, la Finlande, le Royaume Uni, l'Italie, la Lituanie, les Pays Bas, la Pologne, la Suède et la Norvège limitent la casse avec plus de 20% de part de marché pour les films nationaux.

Deux films français dans le Top 10, des scores décevants pour Hollywood

© oeaDeuxième point: Le derniers volet de The Hobbit et le troisième épisode de The Hunger Games sont en tête des box-offices de l’Union européenne, avec respectivement 22,7 millions de spectateurs et 20,1 millions de tickets vendus. Juste derrière se trouve Dragons 2. Au total, 9 suites ou spin-off se classent dans le Top 20 des films les plus fréquentés. Pire, seuls trois films européens ont réussi à se faire une place au soleil: Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu? (5e avec 17,1 millions d'entrées), Lucy (6e, avec 15,2 millions d'entrées) et Ocho apellidos vascos (18e, avec 9,3 millions d'entrées et plus gros succès historique du cinéma espagnol). Tout le reste du Top 20 est américain ou coproduit avec les Etats-Unis. 16 films ont dépassé les 10 millions de spectateurs. Cependant, les superproductions hollywoodiennes ont attiré largement moins de spectateurs que les champions des années précédentes, généralement au dessus des 35 millions d'entrées.

Le cinéma français domine dans un marché europhile

© oeaCe qui conduit à un troisième constat: La part de marché des films européens atteint 33,6 %, soit un record depuis 1996. 12 films ont même dépassé les 3 millions d'entrées en 2014. Outre les deux champions français cités plus haut et le carton du film espagnol, des films comme Paddington, Supercondriaque ou la suite de The Inbetweeners ont fédéré plus de 5 millions de spectateurs. Le cinéma français est en pleine forme avec 5 films dans le Top 10 et 10 dans le Top 20. Certains ont fait l'essentiel de leurs recettes en France et en Wallonie, mais d'autres ont connu le succès dans plusieurs pays. Le cinéma britannique place 3 films, les cinémas allemand et espagnol 2 chacun, les cinémas belge, suédois et polonais un chacun. Quatre films de ce Top 20 sont sortis en 2013 et un gros tiers n'était pas encore sorti dans tous les gros marchés.

Plus de films produits et plus de salles numérisées

Quatrième donnée: Avec 1603 longs métrages (y compris les documentaires), la production de films dans l’Union européenne poursuit sa progression, après avoir déjà atteint un record l'an dernier avec 1587 longs métrages. 32% d'entre eux sont des coproductions.

Enfin, dernière observation; La numérisation des écrans est presque achevée puisque 92 % du parc de l’Union européenne étaient convertis fin 2014, contre 14% en 2010 et 87% en 2013. Il reste quelques points noirs comme la République Tchèque, la Grèce et les pays Baltes.

Ida remporte le Prix LUX 2014

Posté par vincy, le 17 décembre 2014

Ida de Pawel PawlikowskiLe film polonais Ida de Pawel Pawlikowski a re!u un prix supplémentaire avec le Prix Lux du Parlement européen. Nominé aux Golden Globes, 5 fois primé aux European Film Awards, 5 fois récompensé au Festival de Gijon, Meilleur film l'an dernier au Festival du cinéma européen des Arcs, Meilleur film au Festival de Londres, meilleur film en langue étrangère pour le cercle des critiques de cinéma de New York et pour l'association des critiques de cinéma de Los Angeles (qui ont aussi distingué l'actrice), Ida est logiquement favori pour les Oscars.

Il a surclassé L'ennemi de la classe de Rok Bicek et Bande de filles de Céline Sciamma, les deux autres finalistes.

En recevant son prix, le réalisateur a déclaré: "Ida est un film qui a réussi à toucher le public de toute l'Europe, ce qui montre que le cinéma a encore un rôle à jouer dans notre société." Il ajoute "Le Prix Lux a créé un nouveau titre pour les cinéastes européens (..) et a également permis à des milliers de citoyens européens de partager une émotion commune".

La présidente de la commission de la culture et de l"éducation du Parlement européen, l'italienne Silvia Costa a rappelé que "L'initiative du Parlement européen concernant le Prix Lux est quelque chose d'unique: 3 films sous-titrés en 24 langues, diffusés dans 28 pays, dans au moins 18 festivals, dans plus de 40 villes européennes, des débats sur l'Europe grâce au même produit culturel. C'est quelque chose qui n'a jamais été fait par personne". Pour cette année elle pense "également que nous devrions souligner l'attention accordée aux nouvelles générations par les auteurs européens, aux jeunes qui parlent de jeunesse, comme c'était le cas des finalistes cette année. Le cinéma peut ainsi devenir un outil pour le dialogue et la connaissance, et aider les politiques à réellement comprendre l'univers des jeunes, et à éviter les stéréoptypes et les
généralisations
".

Le Parlement remet le prix chaque année pour aider à promouvoir des films qui se plongent au cœur du débat européen. C'est la première fois qu'un film polonais était finaliste de ce prix, créé en 2007. Pour l'instant le Prix Lux a été remis à deux films français, deux films belges, un film allemand, un film autrichien et un film italien. Les cinémas de Roumanie, du Portugal (deux fois), de Hongrie (deux fois), de République Tchèque, de Suède, du Royaume Uni et de Slovénie ont été finalistes.

Kinepolis étale son royaume aux Pays-Bas

Posté par vincy, le 23 juillet 2014

kinepolisLe groupe belge Kinepolis étend son empire. Début juin, le groupe avait repris deux multiplexes (18 écrans) Abaco Cinebox en Espagne (en liquidation judiciaire), à Alcobendas près de Madrid et à Alicante. Les deux sites avaient attiré plus de 900000 entrées en 2013. Le groupe belge disposait déjà de multiplexes à Grenade, Valence et Madrid.

Après lEspagne, mais aussi la Suisse (un multiplexe), la France (Lille-Lomme, Mulhouse, Nancy, Nîmes, Metz et Thionville), et la Pologne (Poznan) Kinépolis, qui dispose de 11 sites en Belgique, investit le royaume voisin, les Pays-Bas.

Le groupe vient d'acquérir neuf cinémas Wolff (1,6 million d'entrées au total, soit moins que le seul Kinepolis de Lomme en France), et deux projets en construction (Utrecht et Dordrecht). Kinepolis sera désormais présent dans d'importantes villes de province du pays, en plus d'une présence à Rotterdam. Le groupe espère plus que doubler la fréquentation dans ce réseau dans un pays pour l'instant dominé par un autre groupe français, EuroPalaces qui est présent 22 multiplexes, y compris à Amsterdam..

Avec ces récentes acquisitions, Kinepolis dispose désormais de 34 sites. L'an dernier, les 23 cinémas du groupe ont attiré  18 millions de spectateurs.