Le « printemps érable » québécois s’invite aussi à Cannes… modestement

Posté par vincy, le 23 mai 2012

On croit toujours que Cannes est coupé du monde mais parfois le monde se rappelle à Cannes. Entre 150 000 et 250 000 Québécois se sont rassemblées hier à Montréal pour marquer le 100ème jour du conflit étudiant au Québec et dénoncer la loi spéciale restreignant le droit de manifester, qui a été adoptée honteusement vendredi dernier par un gouvernement aux abois.

Lundi, le "Printemps érable" s'est invité, modestement, sur la Croisette. Plus d'une vingtaine de cinéastes et de professionnels du cinéma québécois, déployant un immense carré rouge, ont arpenté le trottoir, sous la pluie, devant le Palais, pour montrer leur soutien à la cause des étudiants en grève. Peut-être trop discrète (il aurait sans doute fallu mieux communiquer en amont), cela n'a pas fait beaucoup de bruit dans le brouhaha général médiatique. Cependant, hier encore, une banderole rouge a été accrochée au stand de la SODEC (Société de développement des entreprises culturelles) pour la réception du Festival du nouveau cinéma.

Déjà vendredi, lors de la présentation de Laurence Anyways, film du québécois Xavier Dolan, l'équipe du film avait monté les marches de la salle Debussy, avec un bout de tissu rouge (photo). Dolan a récidivé dimanche soir en allant voir Amour. Thierry Frémaux, mardi soir, en présentant les artistes venus voir A perdre la raison, du belge Joachim Lafosse, a souligné la présence de Dolan, "jeune homme révolté comme le Québec l'est aujourd'hui".

Une pétition en ligne réclame l'annulation de la loi. Elle a rapidement été signée par plus de 150 000 internautes, selon les associations d’étudiants qui l’ont mise en ligne.

La région Île-de-France lance une aide au scénario

Posté par vincy, le 22 mai 2012

La région Île-de-France a soutenu 14 films présentés à Cannes cette année (dont 7 en Sélection officielle). Région la plus dynamique de France pour les aides au cinéma, elle vient d'ajouter celle au scénario à son dispositif. La région dispose déjà d'aide après la réalisation, d'un Fonds de soutien aux industries techniques et d'aide à l'équipement en projection numérique. L'aide au scénario a été présentée officiellement au Festival de Cannes. L'aide sera lancée dès cet été et dotée de 400 000 euros.

La région est la première française pour le financement du cinéma et de l'audiovisuel et surtout la deuxième source de financement du cinéma après le CNC. En 2010, 20 000 emplois permanents étaient répertoriés dans le secteur de la production cinématographique et audiovisuelle., sans compter les 110 701 intermittents. Par ailleurs, les productions étrangères attirées par les mesures du crédit d'impôt ont généré 119 Millions d'euros de recettes (voir la synthèse du bilan de l'Observatoire de la Production Audiovisuelle et Cinématographique en Île-de-France).

En partenariat avec la Commission du film d’Ile-de-France, La Guilde française des scénaristes a remis samedi 19 mai le 5ème Prix Prévert à l’occasion du 65ème Festival de Cannes, le seul prix du scénario remis par des scénaristes à leurs pairs ; il récompense le meilleur scénario original et la meilleure adaptation cinématographique.

Il a été décerné, dans la catégorie scénario original à Céline Sciamma pour le scénario du film Tomboy et dans la catégorie meilleure adaptation à Sandrina Jardel et Johan Sfar pour le scénario du film Le Chat du rabbin.

Aurélie Filippetti remet les insignes de Commandeur de l’Ordre des Arts et des Lettres à Nanni Moretti

Posté par vincy, le 21 mai 2012

Ministre depuis quelques jours, Aurélie Filippetti, en charge de la Culture et de la communication, réalise une opération de charme sur la Croisette. Parmi les temps forts de sa visite de 48 heures, la remise des insignes de Commandeur de l’Ordre des Arts et des Lettres à 65e édition du festival de Cannes.

Au Café des Palmes, dans le Palais des Festivals, en cette fin d'après midi, on côtoie Gilles Jacob, Thierry Frémaux, le jury du festival au grand complet, Eric Garandeau, Président du CNC, David Kessler, tout juste nommé conseille culture et médias du président de la République, les responsables communication des différentes institutions... La Ministre arrive, serre les mains. Elle va commencer son discours, avec à ses côtés le cinéaste de La chambre du fils, Palme d'or en 2001.

Elle commence avec l'histoire qui relie le réalisateur au Festival. Six de ses films ont été sélectionnés. "En 1978, il réalise Ecce Bombo qui raconte les rapports difficiles d’un étudiant avec son entourage. Gilles Jacob qui vient de prendre ses fonctions de Délégué général du Festival de Cannes, décide de le programmer en sélection officielle car il pressent déjà le devenir du réalisateur Nanni Moretti." Elle n'oublie pas les autres sélections : "En 2004, la Quinzaine des Réalisateurs lui rend hommage en lui décernant le Carrosse d’or en hommage à « Un italien qui a su rendre l’honneur à son pays par la qualité d’œuvres singulières de ses films, ses prises de positions publiques et son courage politique » déclare à cette occasion Pascal Thomas, alors délégué Général de la Quinzaine."

Rappelant sa polyvalence (producteur, acteur, exploitant, distributeur...), elle loue ses initiatives, notamment celle d'avoir "donner aux jeunes cinéastes qui débutaient la chance que vous-même aviez eue".

Dans un bel hommage, Aurélie Filippetti évoque son travail : "Dans vos œuvres, vous avez souvent semblé parler de vous, au premier abord. C’est votre présence qui donne à votre cinéma sa cohérence. Mais c’est en fait pour mieux parler des autres, et de ce qui vous entoure. (...) Pour interroger, souvent, cette Italie que vous aimez, que nous aimons ; pour évoquer les crises qui ébranlaient « il bel Paese »."

Les origines italiennes de la Ministre, ainsi que son engagement politique, donnent une tournure particulière à cette remise de médaille. "Vous n’avez pas hésité à vous engager publiquement au tournant des années 2001/2002. Comment oublier ces rondes citoyennes, ces « girotondi » impulsées notamment par vous, face au pouvoir de l'époque?"

"Comme l’a écrit Serge Toubiana, à travers votre cinéma, tel un sismographe, vous avez raconté l’histoire de l’Italie de ces trente dernières années" poursuit-elle. Saluant "l'immense créateur formel", remémorant "ce long travelling vous filmant en Vespa à travers les rues de Rome déserte en plein mois d’août, jusqu’à la plage d’Ostie" avec  "en fond sonore, une composition de Keith Jarrett", s'arrêtant su cette plage d'Ostie pour prendre "dans nos bras tremblants le corps martyrisé de Pier Paolo Pasolini, immense cinéaste, poète, romancier, dramaturge : la quintessence de l’artiste total", elle rend hommage aux artistes engagés, aux artistes du monde.

Elle conclura en italien, bien qu'elle ait hésité à le faire, son discours. "Vous êtes, pour toujours, une page vibrante de notre «  journal intime »".

Une fois la médaille autour du cou, Nanni Moretti parle à son tour. "Je suis un spectateur heureux a Cannes." commence-t-il. "Ma Vespa que vous avez cité, je l'ai encore et malheureusement pour mon dos, je n'arrive pas à m'en passer." Il remercie chaleureusement la France, où son "cinéma n'a toujours pas été recalé" à l'examen. Comme il l'avait dit lors de la conférence de presse du jury, mercredi 16 mai, il "remercie la Ministre pour l'attention" qu'elle "porte, pas seulement aux films, mais au cinéma en tant que fait artistique et  culturel". "Les Français sont généreux avec mes films et c'est une histoire d'amour qui continue", a-t-il ajouté. Il termine son discours en remerciant tout le monde et notamment "Jacob et Frémaux". Moretti est désormais El Commandor, comme l'avait surnommé Alexander Payne, membre du jury, la veille de l'ouverture du Festival.

Cannes 2012 : Qui est Nabil Ayouch ?

Posté par MpM, le 19 mai 2012

Issu du milieu du théâtre, Nabil Ayouch se tourne vers la publicité au début des années 90. Il réalise ainsi une cinquantaine de spots publicitaires qui lui offrent un bon aperçu du fonctionnement d’un tournage professionnel et une vraie expérience dans le domaine de l’image.

En 1992, il met en scène son premier court métrage, Les Pierres Bleues du Désert, avec un jeune comédien nommé Jamel Debbouze. Suivent deux autres films courts, Hertzienne Connexion et Vendeur de Silence, qui remportent différents prix dans des festivals internationaux. Mais c’est avec son premier long métrage, Mektoub, tourné en 1997, qu’il remporte un véritable succès public et critique. Le film, qui raconte la course folle d’un jeune couple au Maroc, dont il donne à voir les réalités sociales et économiques, cavale en tête du box-office marocain et représente le pays aux Oscars.

Trois ans plus tard, son deuxième long métrage Ali Zaoua prince de la rue s’intéresse aux enfants des rues de Casablanca et connaît globalement le même parcours que Mektoub, avec une razzia de prix dans les festivals (prix du public au Festival d’Amiens, grand Prix du Festival de Stockholm, grand prix du Fespaco…) et une sélection pour les Oscars.

Très engagé dans le dynamisme cinématographique du Maroc, Nabil Ayouch crée au début des années 2000 le Prix Mohamed Reggab qui récompense les meilleurs scénarios. Il produit également les premiers courts métrages de jeunes cinéastes ainsi que des séries pour la télévision marocaine. Il crée ensuite plusieurs entités (Groupement des auteurs réalisateurs producteurs, Coalition marocaine pour la Diversité Culturelle, Film Industry Made in Morocco, Meda Films Developpement …) dont le but est de favoriser la production audiovisuelle locale et méditerranéenne.

En parallèle, le cinéaste poursuit son œuvre avec Une minute de soleil en moins (dans le cadre de la collection Masculin / Féminin d’Arte), Whatever Lola wants (sur une jeune Américaine venue en Egypte pour apprendre la danse orientale) et My land (un documentaire sur des réfugiés palestiniens ayant fui dans des camps libanais depuis 1948).

Avec son dernier long métrage de fiction, Les chevaux de Dieu, adapté du roman Les Etoiles de Sidi Moumen de l’écrivain Mahi Binebine, il poursuit son exploration de la société marocaine et ses contradictions, en abordant la question du terrorisme via le prisme des violents attentats de Casablanca en 2003. Ce film engagé et ancré dans son époque lui vaut sa première sélection officielle à Cannes, dans la section Un certain regard.

Polémique à Cannes : Yousry Nasrallah ne veut pas que son film soit projeté en Israël

Posté par vincy, le 17 mai 2012

Première polémique, dès le deuxième jour. Et, soyons honnête, on est étonné. Le réalisateur égyptien Yousry Nasrallah, qui présente ce soir son film Après la bataille en compétition, a affirmé en conférence de presse qu'il ne voulait pas que le film soit vendu à Israël. C'est d'autant plus surprenant que dans son film, l'héroïne, Reem, journaliste engagée, incarnée par Menna Chalaby, vante la tolérance vis-à-vis des minorités comme les Chrétiens d'Egypte et le rapprochement des peuples et des citoyens, peu importe leurs origines ou leurs croyances, mais aussi l'éducation comme seule vertu cardinale pour sortir de l'obscurantisme.

Après la bataille retrace les mois qui ont suivi les débuts de la Révolution égyptienne en 2011.

Mais Nasrallah estime qu'Israël n'est "pas un allié" de la révolution égyptienne. Le pays, sans doute, mais ses habitants? La culture ne devrait jamais être prise en otage par les idées politiques ou les pouvoirs en place : c'est un outil de partage et de de connaissance qui dépasse les frontières. C'est une forme d'instruction, valeur mise en avant durant tout le long-métrage du cinéaste.

Durant sa conférence de presse, le cinéaste explique : "Je ne sais pas du tout si le film a été vendu à Israël mais si vous voulez connaître mon avis, non je ne veux pas qu'il soit vendu à Israël. Pas tant que les Israéliens occupent encore les territoires palestiniens". Plusieurs journalistes ont applaudit alors que ces propos contredisent le message porté par le film.

Evidemment, Nasrallah précise et atténue son propos : "De merveilleux réalisateurs israéliens sont mes amis, Avi Mograbi par exemple ou Amos Gitaï. Ce n'est moi qui décide si les films sont vendus ou pas en Israël. De tout façon, ils sont montrés là-bas".

Il ajoute qu'il "ne pense pas, qu'au moment où les Egyptiens sont encore en train d'essayer de franchir la première étape vers une libération vis-à-vis de leur propre régime, de l'oppression et d'une gouvernance militaire, Israël soit un allié pour cette libération".

Il y a sans doute d'autres moyens pour stigmatiser la politique du gouvernement israélien que de priver les spectateurs israéliens d'un tel film, montrant les contradictions qui traversent la société du pays voisin. Nasrallah aurait, au contraire, tout intérêt à le montrer dans les Festivals et les Cinémathèques du pays Hébreu, tout en lançant des débats et ainsi devenir un témoin public de cette Révolution.

Culture : Filippetti, Benguigui, Pellerin au gouvernement ; Kessler, Hubac à l’Elysée

Posté par vincy, le 16 mai 2012

Aurélie Filippetti, députée de Lorraine, 38 ans, a été nommée Ministre de plein exercice en charge de la culture et de la communication du nouveau gouvernement français, formé et conduit par Jean-Marc Ayrault, premier ministre du président François Hollande.

Sa nomination ne surprend guère. Elle était déjà en charge de la culture et des médias dans l'équipe du candidat Hollande, qu’elle a soutenu dès le début de la campagne des primaires socialistes. A ce titre, elle a déjà rencontré la plupart des organisations professionnelles du secteur du cinéma et de l’audiovisuel lors de différents forums et manifestations ces derniers mois. Elle est par ailleurs romancière et avait durement combattu la loi Hadopi à l'Assemblée nationale. Elle devra d'ailleurs être en charge de son abrogation et de la mise en place d'un système de substitution. L'Association des auteurs, réalisateurs et producteurs de cinéma (ARP) a réclamé dès ce soir une réunion de concertation avec la nouvelle Ministre sur la régulation numérique et la fiscalité culturelle en Europe. L'association a rappelé les engagements du Président de la République lors de sa campagne électorale : "Madame la Ministre, le Président de la République avait annoncé lors de la campagne, l'Acte II de l'Exception culturelle et la mise en place d'une grande concertation professionnelle afin de le consacrer. (...) Nous souhaitons naturellement y être associés dès sa genèse".

La passation de pouvoir avec Frédéric Mitterrand, qu'elle a souvent croisé ces derniers mois, s'effectuera ce jeudi 17 mai à 10h.

Elle sera certainement aidée de la Ministre déléguée aux PME, innovation et numérique, Fleur Pellerin, 39 ans.

Enfin, notons que la cinéaste (Inch'Allah Dimanche) et documentariste Yamina Benguigui, 55 ans, conseillère de Paris, a été nommée Ministre déléguée aux Français de l'étranger et à la francophonie auprès du ministre des affaires étrangères.

A l'Elysée, François Hollande a choisi deux spécialistes issus de la Culture. Sylvie Hubac est devenue la directrice du cabinet du nouveau Président de la République. A 56 ans, elle s'est faite connaître dans le secteur de la culture et de la communication comme conseillère technique de Jack Lang lorsqu'il était Ministre de la Culture avant de devenir présidente de la Commission de classification des oeuvres cinématographiques et présidente du Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique. Elle a récemment remis un rapport sur les moyens de développer la vidéo à la demande en matière de vidéo à la demande.

Hollande se fera conseiller sur les questions médias et culture par David Kessler, qui abandonne immédiatement ses fonctions au magazine Les Inrocks et à la version française du Huffington Post. A 53 ans, il a été conseiller dans le même domaine auprès du Premier ministre Lionel Jospin, avant d'être directeur général du CNC, conseiller à France Télévisions, directeur de France Culture, président du Forum des Images et conseiller spécial auprès du Maire de Paris. David Kessler était un membre actif de la campagne de François Hollande, concernant la Culture et l'Audiovisuel.

Le nouveau programme Europe Creative inquiète les organisations professionnelles

Posté par vincy, le 5 mai 2012

Le 23 novembre dernier, la Commission européenne de Bruxelles a crée Europe Créative, un programme (2014-2020) de 1,8 milliard d'euros pour la culture. MEDIA n'est pas dissout mais se voit englobé par Europe Creative et ses fonds sont augmentés. Après une année de discussions, consultations et même de pétitions avec la menace qui pesait sur le programme MEDIA, Androulla Vassiliou, commissaire en charge de l'éducation, la culture, le multilinguisme et la jeunesse, a lancé Europe Créative qui combinera l'ensemble des mécanismes de soutien en un seul organisme permettant de répondre à toutes les demandes émanant des industries culturelles et créatives. 900 millions d'euros seront dédiés au secteur cinématographique et audiovisuel (rappelons que MEDIA bénéficiait sur la période 2007-2013 de 755 millions d'euros).

Selon la commission, ce sont 300 000 artistes et professionnels de la culture, 1 000 films européens, 2 500 salles de spectacles et de cinéma qui sont concernés.

"Les aides attribuées par Europe Créative ne pourront être sollicitées par des individus mais via des sociétés ou des organisations culturelles. Tous les membres de la communauté européenne et du marché commun pourront y prétendre. Les dossiers de demandes devraient se voir grandement simplifiés", explique la Commission. "Sans le soutien de l’Union, il leur serait difficile, voire impossible, de percer sur de nouveaux marchés" ajoute la commissaire Androulla Vassiliou.

Une programme trop flou

Reste que l'initiative inquiète par ses imprécisions. Le 24 avril, deux jours avant l'audition publique à Bruxelles sur les suites du programme Europe Creative, les Coalitions européennes pour la Diversité culturelle ont exigé des éclaircissements et des garanties pour l'autonomie et le financement des actions et des colets média et Culture. Elles ne retrouvent dans cette proposition aucune des garanties qui avaient été promises en mars 2011 par le Président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, et la Commissaire européenne à la Culture.

Dans leur communiqué, elles demandent la garantie de l’autonomie des  volets « MEDIA/MEDIA Mundus» et « Culture »la garantie de l’augmentation réelle de la somme allouée à « MEDIA/MEDIA Mundus » et « Culture » ; la garantie de la préservation de l’identité de « MEDIA/MEDIA Mundus » ; que le futur programme « Europe Créative » s’inscrive dans l’esprit et la logique de la Convention de l’UNESCO pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles ratifiée par l’Union européenne.

Les Coalitions européennes ont déjà annoncé qu'elles se mobiliseraient au cours des prochaines semaines, pour que le Parlement européen, co-législateur sur ce dossier, puisse les transcrire en acte juridique et préciser les lignes d’actions et les moyens qui leur seront alloués.

Une initiative pas isolée

Les Coalitions ne sont pas seules à réclamer des garanties et exiger plus de clarté puisque l'Arp, Europa Distribution, Europa International et Europas Cinémas ont publié une tribune commune datée du 26 avril, jour de l'audition publique. Ils rappellent l'importance du programme MEDIA et son impact sur les productions audiovisuelles, tant d'un point de vue artistique que financier. Ils réclament que le secteur audiovisuel et cinématographique soit spécifiquement pris en compte, de manière particulière et non pas noyé dans un ensemble. Surtout, ils souhaitent que les budgets continuent de financer la distribution des oeuvres européennes.

Lors de cette audition publique du 26 avril, la députée européenne italienne Silvia Costa (Socialiste et démocrates), a félicité l'action de la Commission mais elle a également critiqué l'imprécision du texte et la fusion des différents programmes existants. "Nous devons proposer des programmes distincts : un pour l'industrie culturelle, un pour l'industrie des médias et un pour les secteurs à l'intersection des deux". La présidente allemande de la commission de la culture et de l'éducation, Doris Pack (Parti populaire), a également demandé des détails sur le budget prévu.

Prochaine étape : le 10 mai, où une réunion importante sur le sujet entre les ministres de la culture européens à Bruxelles devrait mobiliser de nombreux professionnels européens. Le rapport du Parlement sera présenté en octobre 2012.

Parallèlement, une campagne a été lancée, We are more, accompagnée d'une pétition et d'un manifeste.

Rappelons que le secteur culturel représente 4,5% de la richesse européenne et emploie 3,8% de sa population active.

Ecran Rose : Rocco Siffredi souhaite tourner un porno avec Berlusconi

Posté par matthieu, le 29 avril 2012

Décidément, après l'annonce d'une adaptation des frasques sexuelles de notre Dominique Strauss-Kahn national (voir notre actualité du 6 février 2012), c'est maintenant les bunga bunga de l'ancien chef du gouvernement italien qui font rêver. Mais attention, point de Depardieu ou équivalent pour incarner "Il Cavaliere" puisque c'est l'étalon italien en personne, la star du porno, Rocco Siffredi qui s'y intéresse. Celui-ci aurait déclaré sur une radio italienne "Un beau film porno avec beaucoup, beaucoup de femmes et Silvio Berlusconi, ce serait le pied !"

Un projet en somme très professionnel pour ce hardeur qui semble prêter une attention toute particulière aux dérives sexuelles berlusconiennes. Il n'est d'ailleurs pas le seul puisqu'il y a quelques mois déjà, le rubygate (l'affaire dans laquelle l'ex-Président du Conseil s'est vautrée avec une jeune prostituée mineure) avait déjà fait l'objet d'une adaptation pornographique dans Bunga Bunga présidente avec en guest... Rocco Siffredi. La boucle est bouclée.

La star du porno souhaite donc maintenant aller plus loin et lance une offre à Berlusconi dont il ajoute qu'il est le seul homme politique à pouvoir faire son travail. Et puisque Rocco ne fait pas les choses à moitié (avec 25 cms entre les jambes il n'y a rien d'étonnant), le titre de ce futur duo est déjà tout trouvé : "Attenti a quei due" (Attention à ces deux-là). L'artiste conclut à la radio sur le nouveau chef de gouvernement Mario Monti en expliquant : "Je suis très perplexe. J’aurais aimé qu’il ait un visage un peu moins sérieux. J’aimais plus la tête du président Berlusconi." Pas sûr toutefois que celui-ci réponde à cet appel...

Election présidentielle : les candidats aiment-ils le cinéma?

Posté par vincy, le 20 avril 2012

Dimanche 22 avril, 10 candidats s'affrontent au premier tour de l'élection présidentielle. Hormis une poignée d'entre eux a évoqué la CULTURE. François Bayrou veut insérer l’enseignement artistique dans les programmes scolaires ; Jacques Cheminade souhaite interdire les jeux vidéo violents et surtaxer tous ceux étant dépourvus de contenu pédagogique ; François Hollande parle lui aussi d'un Plan national d'éducation artistique et propose une décentralisation des aides publiques ; Eva Joly aimerait organiser des états généraux des droits culturels par région ; Marine Le Pen s'inspire du modèle anglais en voulant lier les subventions aux recettes ; Philippe Poutou veut développer un service public de la culture, développer et soutenir les réseaux alternatifs de diffusion ; préférant continuer son action actuelle, Nicolas Sarkozy ne propose que la création d'une Agence culture France.

Hormis l'actuel Président de la république, tous veulent abroger HADOPI. Voilà au moins un point commun. Après ils diffèrent : accès libre pour Nathalie Arthaud ; développement d'une offre de téléchargement légal pour François Bayrou et Jean-Luc Mélenchon ; taxe de deux euros par mois et par abonnement sur les FAI pour Jacques Cheminade ; licence globale pour Nicolas Dupont-Aignan et Marine Le Pen ; développement de l'offre légale, lutte contre la contrefaçon commerciale et contribution des plateformes comme Google et Amazon pour François Hollande ; instauration d'une contribution d'un milliard d'euros pour soutenir la création pour Eva Joly ; taxe sur le chiffre d'affaire des majors, des opérateurs de télécoms, des fabricants de matériel informatique pour Philippe Poutou.

Il y a un autre moyen de les départager : en fonction de leurs goûts. Allociné a demandé aux dix candidats quels étaient leurs films préférés (voir les films par candidats). Et là, Ecran Noir se dit qu'il y connait un peu quelque chose. Palme d'or donc à Eva Joly qui obtient la meilleure moyenne avec sa liste de chefs d'oeuvre. Mais on ne peut être que déçu de l'ensemble : quasiment aucun film datant de ses dix dernières années ; hormis les cinémas américain, français, britannique et italien, le reste du monde du 7e art ne semble pas les intéresser ; on peut en conclure que ce sont les films de leur jeunesse qui les ont marqués, mais cela dénote une certaine inadéquation avec la jeunesse actuelle ; cependant, ne nous plaignons pas : la moyenne de chaque candidat est plutôt haute et l'ensemble de leurs films a de la tenue.

Nathalie Arthaud : 3,6/5. Des films cultes plus que des grands films mais au moins des films contemporains (et fortement féministes). Mention spéciale pour avoir choisi Chicken Run, film d'animation.

François Bayrou : 4/5. Des films cultes ET grand public. Et surtout des comédies. Choix insolites d'un cinéma traditionnel et atemporel où son amour pour Julia Roberts côtoie l'humour de Lubitsch.

Jacques Cheminade : 4/5. Iconoclaste : un film d'horreur et un documentaire aux côtés de trois grands films dans leur genre. Et finalement cinq films sur des "civilisations disparues.

Nicolas Dupont-Aignan : 4/5. Tavernier, Fellini, Allen, les films préférés du candidat sont avant tout attachés à ses réalisateurs préférés. Un point commun : les passions humaines et leurs tourments.

François Hollande : 4/5. Péplum façon Kubrick et Western de John Ford cohabitent avec Rohmer, Ozon et Truffaut. Un certain classicisme se dégage de ces choix romanesques.

Eva Joly : 4,6/5. La grande classe avec une série de chefs d'oeuvre (pré-années 2000). Des fresques signées par de grands auteurs mais on peut regretter qu'il n'y ait qu'un seul film français.

Marine Le Pen : 3,6/5. Des choix peu audacieux avec cinq films très populaires (dont trois américains) et tous sortis dans les années 80/90 et multi-diffusés à la TV.

Jean-Luc Mélenchon : 4,2/5. Une liste très variée, allant de l'épique à la science-fiction, de Coppola à Fellini. Là encore des films sortis entre les années 70 et 90.

Philippe Poutou : 3,4/5. De Loach à Chaplin, avec une très forte connotation sociale, les films du candidat du NPA ne sont pas surprenant mais, au moins, ils sont singuliers.

Nicolas Sarkozy : 4,2/5. Le patrimoine comme seule valeur étalon avec des films antérieurs aux années 70. Mais un véritable choix de film d'auteurs, tous genres confondus.

Le réalisateur de La désintégration évoque la déconstruction de certains jeunes

Posté par vincy, le 27 mars 2012

C'est passé relativement inaperçu durant le "feuilleton" de la semaine dernière qui a suivi la tragédie au collège juif Ozar Hatorah de Toulouse. Le bruit des politiques et la fureur médiatique ont réduit au silence les voix extérieures aux événements. Philippe Faucon, réalisateur de La désintégration, film sorti en février avec une critique élogieuse, a rappelé que son film évoquait justement ces jeunes conduits sur un "itinéraire de déconstruction." Dans sa critique, Ecran Noir expliquait : "La manière dont Philippe Faucon décortique le mécanisme qui transforme un jeune ouvert et sympathique en intégriste tenté par le terrorisme est édifiante. Il ne blâme personne en particulier mais additionne implacablement les causes : racisme ordinaire, frustration, vulnérabilité sociale..."

Le cinéaste, interviewé par l'AFP, indiquait : "On en parle très peu ou pas du tout, ou alors sous forme de stigmatisation. On ne sait plus parler à ces jeunes gens, il y a comme une panne du discours politique".

En réalisant son film, Faucon avait en tête le parcours de Zacarias Moussaoui, étudiant français condamné à perpétuité pour avoir été complice des attentats terroristes du 11 septembre 2001 à New York. "J’ai fait beaucoup de rencontres avec des jeunes qui tous avaient été confrontés à des difficultés du même ordre que celles que connaît Ali dans le film ; dont quelques uns avaient été tentés par des engagements du même type, en étaient revenus, etc ; et aussi avec des profs, des éducateurs, des policiers, des intervenants pénitentiaires. Tout cela dans l’intention de parvenir à faire exister de vrais personnages complexes et denses" explique le cinéaste. Il s'est aussi aidé du journaliste Mohamed Sifaoui, connu pour ses enquêtes sur le milieu islamistes. Il a également travaillé avec des sociologues.

Il en retient que ces jeunes "ont un sentiment de mise à l'écart, de ne pas appartenir complètement et réellement à la société dans laquelle ils ont grandi, au même titre que les autres." "Sur certains sujets fragiles, ça peut avoir des conséquences dramatiques. Le rejet de la République, les rejetant vers l'islamisme radical, par le truchement d'un discours violent ou vers l'explosion sociale comme en novembre 2005". Selon lui, "l'entourage familial est déconsidéré aux yeux de certains d'entre eux, les grands frères, les parents".

Evidemment cela n'explique tout, il existe aussi une "dimension pathologique" dans des cas comme celui de Mohamed Merah, l'auteur des 7 meutres de Toulouse et Montauban. Tout cela reste "ultra-minoritaire, ultra-marginal" rappelle-t-il. "Mais ça n'empêche pas de chercher à comprendre pourquoi ça arrive". "Quand on déserte ces terrains, on laisse un vide que d'autres savent occuper".

La Désintégration raconte l'histoire de trois jeunes en quête de réponses, qui font la rencontre de Djamel, charismatique et attentif. Peu à peu, les trois jeunes se laissent convaincre par les discours de plus en plus radicaux de leur mentor et se laissent endoctrinés par ce prêcheur salafiste qui va les conduire au terrorisme. Toute ressemblance avec des faits et des personnes ayant vraiment existé...

Le film est encore diffusé dans une quinzaine de villes en France. Il a attiré un peu moins de 50 000 spectateurs depuis sa sortie.