Champs-Elysées Film Festival 2018 : Sollers Point et 68, mon père et les clous raflent la mise

Posté par wyzman, le 21 juin 2018

Depuis 2012, le Champs-Elysées Film Festival est l'événement de juin que les cinéphiles (qu'ils soient parisiens ou pas) ne veulent surtout pas manquer. Et à voir le palmarès de la 7e édition qui se tenait du 12 au 19 juin, il y a de quoi !

Un festival éclectique et incontournable

Fondé par Sophie Dulac, le CEFF comme l'appellent ses initiés a pour vocation de "devenir pour le public un révélateur de talents du cinéma indépendant français et américain". Et il faut bien admettre que depuis son lancement, le CEFF n'a eu de cesse de nous apporter des pépites de cinéma indépendant.

Ses adeptes le savent, c'est au CEFF que l'on découvre des bijoux tels que Fort Bliss de Claudia Myers, American Promise de Michèle Stephenson & Joe Brewster, The Road Within de Gren Wells, Weiner de Josh Kriegman et Elyse Steinberg ou encore From Nowhere de Matthew Newton.

Conçu autour de la notion de découverte, le CEFF a d'ores et déjà accueilli des invités de prestige : Donald Sutherland (2012), Halle Berry (2013), Keanu Reeves et Agnès Varda (2014), les frères Safdie (2015), Mia Hansen-Love et Brady Corbet (2016). Cette année, les festivaliers ont eu la possibilité de croiser et d'échanger avec Tim Roth, Jennifer Jason Leigh, John Cameron Mitchell et les frères Zellner (Nathan et David) lors de masterclass, d'avant-premières et de rétrospectives.

En parallèle des projections, l'organisation du CEFF propose chaque année de nouvelles expériences. Cette année, les plus chanceux ont pu profiter des showcases de Vendredi sur mer, Aloise Sauvage, Tim Dup, Raphele Lanna-dère, Pépite et des DJ Sets de Piège à Garçon sur le Rooftop. La soirée d’ouverture a accueilli le groupe FAIRE tandis que la clôture a été marquée par Arnaud Rebotini et French 79.

Un palmarès impressionnant

Cette année, le CEFF s'est justement ouvert sur une projection en avant-première de How to Talk to Girls at Parties de John Cameron Mitchell - qui est visible en salle depuis hier. Le jury des longs métrages était composé des réalisateurs Serge Bozon (président) et Sébastien Betbeder et des acteurs Naidra Ayadi, Damien Bonnard, Judith Chemla, Pierre Deladonchamps et Ana Girardot. Côté courts métrages, il fallait compter sur les yeux avisés des réalisateurs Katell Quillévéré (présidente) et Hubert Charuel, des acteurs Esther Garrel et Arnaud Valois et du responsable Pôle Court Métrage à France Télévision Christophe Taudière.

Longs métrages français

Prix étudiant : 68, mon père et les clous de Samuel Bigiaoui

Prix du public  : La Trajectoire du homard de Vincent Giovanni et Igor Mendjisky

Prix du jury : Contes de juillet de Guillaume Brac ex-aequo avec 68, Mon père et les clous de Samuel Bigiaoui

Longs métrages américains

Prix étudiant : 1985 de Yen Tan / Mention spéciale pour Madeline's Madeline de Josephine Decker

Prix du public : 1985 de Yen Tan

Prix du jury : Sollers Point - Baltimore de Matt Porterfield

Courts métrages français

Prix du public : But You Look So Good de Marina Ziolkowki

Prix du jury : Plus fort que moi de Hania Ourabah

Prix France Télévisions : Ordalie de Sacha Barbin

Courts métrages américains

Prix du public : Absent de Sudarshan Suresh

Prix du jury : The Shivering Truth de Vernon Chatman et Cat Solen

Prix France Télévisions : Ready For Love de Dylan Pasture et Lauren McCune

Un court-métrage avec Catherine Deneuve et Pierre Deladonchamps aux Oscars?

Posté par vincy, le 8 janvier 2018

Le court métrage Naissance d’une étoile (Rise of a Star) de James Bort est dans la liste des demi-finalistes des dix courts métrages en lice pour les Oscars. Le film s'offre un casting de stars avec Catherine Deneuve, Pierre Deladonchamps, la danseuse étoile de l’Opéra de Paris Dorothée Gilbert, et Antonia Desplat. Le scénario signé Stéphane Landowski, tourne autour de la condition de la femme à l’Opéra de Paris. L'histoire est celle d'Emma, sur le point d’être nommée « Danseuse Étoile » à l’Opéra de Paris. La jeune femme, pourtant, semble soucieuse. Car si le succès l’attend désormais, un autre événement pourrait bien remettre en cause son rêve de toujours.

James Bort, dont c'est le premier film de fiction, est un photographe / réalisateur pour la mode, la danse, la publicité, les marques de luxe et aussi un portraitiste de stars.

Ce n'est pas le seul film français en course dans cette liste. Témoins de David Koch est une coproduction franco-libanaise, avec Virginie Ledoyen dans le rôle d'une photographe de guerre indépendante en Syrie, qui, lors d'un combat, fait une photo d'Omar (Jaber Jamil), un jeune médecin. Diffusée, cette photo est lourde de conséquences pour le médecin et la photographe. Le court a récolté quelques prix: celui de la meilleure actrice pour Ledoyen à DOC L.A., le prix du meilleur court aux festivals de Durban et LA Shorts Film.

Les dix courts métrages en lice pour l’Oscar :

DeKalb Elementary de Reed Van Dyk
The Eleven O’Clock de Derin Seale
Facing Mecca de Jan-Eric Macktion)
Icebox de Daniel Sawka
Lost Face de Sean Meehan
My Nephew Emmett de Kevin Wilson Jr.
Naissance d’une étoile de James Bortproduit
The Silent Child de Chris Overton
Watu Wote/All of Us de Katja Benrath
Witnesses (Témoins) de David Koch

Pierre Deladonchamps et Vincent Lacoste vont se plaire chez Christophe Honoré

Posté par vincy, le 25 juin 2017

Christophe Honoré tourne depuis quelques jours son nouveau film, un an après avoir signé son plus gros succès populaire avec l'adaptation des Malheurs de Sophie (540000 entrées). Plaire, baiser et courir vite est un scénario original du réalisateur, le premier depuis Les bien-aimés en 2011. Pierre Deladonchamps et Vincent Lacoste partagent l'affiche.

Comme pour les deux précédents films de Christophe Honoré, Métamorphoses et Les malheurs de Sophie, celui-ci sera produit par Les films Pelléas.

Le film suit Jacques Tondelli, un écrivain de théâtre parisien. "Il n’a pas quarante ans mais il a déjà envers la vie une défiance qui l’empêche d’imaginer que le meilleur est à venir. Plus à l’ouest, du côté de Rennes, il y a Arthur Prigent, étudiant, qui lit et sourit beaucoup et refuse de douter que tous les espoirs lui sont permis. Jacques et Arthur vont se plaire. A travers la rencontre entre cet écrivain interprété par Louis Garrel et ce jeune homme solaire par Vincent Lacoste, Christophe Honoré évoque les sentiments contraires que les années 90 ont fait peser sur la jeunesse". C'est une attraction amoureuse au temps du Sida et de la britpop.

Pierre Deladonchamps remplace Louis Garrel , initialement prévu pour le rôle. Tout comme pour Vincent Lacoste, ce sera une première fois avec le réalisateur..

Le tournage a commencé mi-juin et passera par la Bretagne, Paris et Amsterdam.

Daily Cannes: la soirée folle avec Nicole, Catherine, Juliette, Isabelle, Sandrine…

Posté par cynthia, le 22 mai 2017

deneuve kiberlain binoche wilson beart sallette deladonchamps huppert bouchez © vincy thomas / ecran noir

Qui a dit que les lundis étaient synonymes de ras le bol? À Cannes, pas de coup de mou, surtout quand les stars se déplacent en nombre et procurent de l'émotion.

Nicole Kidman la star du lundi

La journée débute par une pléiade de jolies femmes: Nicole Kidman, Elisabeth Moss, Jane Campion et Gwendoline Christie (oui fan de Games of thrones vous pouvez vous exciter) sont venues présenter la mini-série Top of the lake: China girl (disponible sur youtube à petit prix).

Racontant l'étrange sauvetage d'une jeune Asiatique enceinte qui tente de mettre fin à ses jours dans un lac, Jane Campion revient sur le devant de la scène avec un casting quatre étoiles.

Kidman sur petit écran ce n'est pourtant pas la première fois puisqu'elle a brillé aux côtés de Reese Whiterspoon et Shailene Woodley dans la mini-série HBO Big Little Lies. L'Australienne revient à domicile avec son talent inné tout en dominant le grand écran et le red carpet cannois. Deux films en compétition, un autre hors-compétition: c'est le grand come-back de l'Australienne.

En effet, après être venue représenter avec Elle Fanning, How to talk to girls at parties l'actrice est venue aux côtés de Colin Farrell pour le nouveau film de Yorgos Lanthimos (The lobster), Mise à mort du cerf sacré.
"Le film a un côté hypnotique" confie Nicole Kidman à la conférence de presse.

Elle sera de retour demain sur les marches pour le nouveau Sofia Coppola (Les Proies). Et ce n'est pas sa séquence émotion sur le tapis rouge qui va nous faire changer d'avis. Moment émouvant, Nicole Kidman n'a pu retenir ses larmes.

L'hommage à Téchiné

Autre événement ce lundi soir: la brochette de stars françaises sur les marches. Catherine Deneuve, Juliette Binoche, Isabelle Huppert et Sandrine Kiberlain sont arrivées ensemble lors de la montée du Lanthimos pour se diriger ensuite dans la grande salle voisine, le Théâtre Debussy. A leurs côtés, un générique de rêve: Lambert Wilson, Elodie Bouchez, Emmanuelle Béart. Dans les rangs derrière: Nicole Garcia, Claude Lelouch, Michel Hazanavicius et Bérénice Bejo, John Cameron Mitchell, Gilles Jacob... Toutes ces personnalités venaient assister à l'hommage à André Téchiné, accompagné de l'avant-première de son dernier films, Nos folles années, où Céline Sallette et Pierre Deladonchamps forment un couple fusionnel singulier. L'hommage a eu lieu en trois temps. Thierry Frémaux avec un court discours présentant les vedettes présentes ; un montage "50 ans de cinéma, 50 ans de passion" où se croisaient tous les films du réalisateur (montage très bien fait et très touchant, par ailleurs) ; le discours d'André Téchiné. Il l'a commencé en rendant lui-même un hommage à son amie, sa muse, celle qui l'a suivi dans pas moins de sept films, Catherine Deneuve. Réellement émue, l'actrice ne retnait pas ses larmes après avoir vivement participé à la standing ovation, perchée sur ses talons en plexiglas. Sandrine Kiberlain à ses côtés lui tenait la main. En s'éclipsant avant la projection, Juliette Binoche lui a lancé un "à bientôt". A la fin de la projection, John Cameron Mitchell, en pantalon zébré ultra-moulant, a joué les midinettes en lui murmurant un "I love you". C'est aussi ça Cannes: une histoire de passion pour le cinéma (Téchiné y a fait naître Binoche et Wilson avec Rendez-vous) et un festival où les stars sont des fans comme les autres.

Le tweet du jour
Le tweet qui a retenu notre attention est celui de @ViggySimmons relatant la perfection de Nicole Kidman... On est tellement d'accord!

Big bang familial pour Paradis, Cottin, Deladonchamps, Bacri et Lauby

Posté par vincy, le 4 mars 2017

Cecilia Rouaud retrouve Vanessa Paradis, actrice qui avait participé à son premier film, Je me suis fait tout petit (2012). Elle tourne son deuxième long métrage, Big Bang, avec la chanteuse-compositrice-auteure-comédienne-ex de on sait qui, depuis le 20 février. Au générique, on retrouve également Jean-Pierre Bacri, Chantal Lauby, Camille Cottin et Pierre Deladonchamps (récemment nommé au César du meilleur acteur). Un casting inédit donc et assez iconoclaste.

Vanessa Paradis est une femme qui fait "statue" pour les touristes, ce qui déplaît fortement à son fils ado.
Camille Cottin interprète une jeune femme en colère contre la terre entière et désespère de tomber enceinte.
Pierre Deladonchamps incarne un game designer de génie régulièrement dépressif qui se noie dans l’alcool et se ruine dans la psychanalyse.
Les trois sont frère et sœurs mais ne se voient plus.

Leurs parents - Jean-Pierre Bacri et Chantal Lauby - sont un peu responsables. Séparés depuis longtemps, la famille n'était pas leur priorité. Il faut un enterrement pour qu'ils se réunissent de nouveau. Las, le grand père étant mort, il va falloir trouver une solution pour la mamie...

Produit par Firelight et Jerico, Big Bang sera distribué par SND. Le tournage se finira fin mars.

Le tournage en Ile-de-France, est calé sur 37 jours de prise de vues.

Le prochain film d’André Téchiné en septembre sur les écrans

Posté par vincy, le 16 janvier 2017

paul grappeAlors que son précédent film, Quand on a 17 ans, concoure pour les César, après avoir été sélectionné en compétition à la Berlinale en février dernier, André Téchiné a tourné à la fin de l'été son 22e long métrage, Nos années folles. ARP le sortira le 13 septembre 2017, ce qui lance une double hypothèse pour une avant-première soit à Cannes, soit à Venise.

André Téchiné s'est offert un casting inédit: Pierre Deladonchamps (L'inconnu du lac, Le fils de Jean), Céline Sallette (La French), Michel Fau (Marguerite), Claude Gensac récemment disparue et dont ce sera le dernier film à l'affiche, et Grégoire Leprince-Ringuet, que Téchiné avait révélé en 2003 avec Les Égarés.

Le scénario a été écrit par André Téchiné avec Cédric Anger, réalisateur de La prochaine fois je viserai le cœur et scénariste du Petit Lieutenant. Ils avaient déjà collaboré ensemble pour L'Homme qu'on aimait trop sorti en 2014.

Un fait divers qui inspira un roman et une BD

Nos Années Folles est tirée d’une histoire vraie sensationnelle qui remua la France après la Première Guerre mondiale. Il s'agit de l’histoire de Paul Grappe, un déserteur qui décide de se travestir en femme pour échapper aux champs de bataille, avec la complicité de son épouse, Louise. Il devient Suzanne Landgard. En 1925, l’amnistie touchant les déserteurs de 1914-1918, tout se complique quand sa femme lui demanda de remettre ses habits d'homme… Il sombre dans l'alcoolisme et la violence. Sa femme va alors commettre l'irréparable.

Cette histoire a été racontée deux fois: dans le roman La garçonne et l'assassin : histoire de Louise et de Paul, déserteur travesti, dans le Paris des Années folles, écrit par Fabrice Virgili et Danièle Voldman, sorti discrètement en 2011 ; et dans la bande dessinée, adaptée du roman, Mauvais genre, de Chloé Cruchaudet. La BD, gros succès de ventes (65000 exemplaires), a reçu le Prix Landerneau BD 2013, le prix Coup de coeur Quai des Bulles, le Grand prix de l'ACBD 2013 et le prix du public Cultura au Festival de la BD d'Angoulême 2014.

Zinga, Lamy, Emera et Deladonchamps sont Nos patriotes

Posté par vincy, le 25 octobre 2016

marc zinga alexandra lamay pierre deladonchamps louane emora

Le réalisateur Gabriel le Bomin (Les fragments d'Antonin, nommé au César du meilleur premier film en 2007, Insoupçonnable) a commencé le tournage la semaine dernière de Nos Patriotes. Ancien documentariste au service cinématographique des armées, réalisateur de documentaires sur différentes guerres françaises pour la télévision, il adapte ici librement Le terroriste noir, livre de Tierno Monénembo (Le seuil, 2012) avec Nos patriotes.

Cette fiction, inspirée elle-même d'une histoire vraie, suit le parcours d'Addi Bâ, un jeune Guinéen né en 1916 et accueilli en France à l'âge de 13 ans. Soldat pendant la Seconde Guerre mondiale, il rejoint la Résistance après la défaite de la France en 1940 et crée le premier maquis des Vosges en 1942, "Le Maquis de la Délivrance". Les Allemands le surnomment alors le terroriste noir et décident de le traquer. Le roman avait reçu le Grand prix du roman métis, le Grand prix Palatine du roman historique et le prix Ahmadou Kourouma.

Le personnage principal sera incarné par le belge Marc Zinga (007 Spectre, Dheepan, La fille inconnue, Bienvenue à Marly-Gomont). Au casting, on retrouve également Alexandra Lamy (Retour chez ma mère), Pierre Deladonchamps (L'inconnu du lac, Le fils de Jean) et la chanteuse Louane Emera (La famille Bélier).

Le tournage se déroule entre l'Est de la France et Lyon. Près de 400 figurants ont été enrôlés pour des scènes qui se tourneront à Gérardmer. L'image est assurée par Jean-Marie Dreujou (Le dernier loup, Cézanne et moi). Le film sera distribué par Paname distribution.

César / Oscar 2016 : le match en 5 rounds

Posté par kristofy, le 1 mars 2016

Les patients: Vincent Lindon, Leonardo DiCaprio, et Ennio Morricone !

Florence Foresti avait souligné que Vincent Lindon était un peu notre Leonardo à nous, plusieurs fois nominé mais pas encore Césarisé et que cette fois ça serait la bonne (Flo : merci du spoiler), et en effet César pour Lindon et Oscar pour DiCaprio. Mais c’était aussi la même situation pour une personnalité plus discrète, le compositeur italien Ennio Morricone, qui décroche enfin un Oscar pour une musique de film à 87 ans !

Vincent Lindon a été nommé 5 fois : meilleur acteur La Crise 1993, Ma petite entreprise 2000, Ceux qui restent 2008, Welcome 2010, Quelques heures de printemps 2013… avant d’obtenir enfin un César la 6ème fois pour La loi du marché.

Leonardo DiCaprio a été nommé 4 fois : meilleur second rôle Gilbert Grape 1994, meilleur acteur pour Aviator 2005, Blood Diamond 2007, Le Loup de Wall Street 2014 (ainsi que comme producteur)… avant d’obtenir enfin un Oscar la 5ème fois pour The Revenant.

Ennio Morricone a été nommé 5 fois sans Oscar (et pas pour ses célèbres musiques de western) : meilleure musique originale pour Les Moissons du ciel de Terrence Malick 1979, Mission de Roland Joffé 1986, Les Incorruptibles de Brian De Palma 1987, Bugsy de Barry Levinson 1991, Malena de Giuseppe Tornatore 2000. Il a tout de même reçu un Oscar honorifique pour l'ensemble de sa carrière en 2007, et cette année, il reçoit l'Oscar de la meilleure musique originale pour Les Huit Salopards (il était d’ailleurs en même temps nominé au César de la meilleure musique originale pour En mai, fais ce qu'il te plaît, 3 fois au César sans aucune récompense…).

Avantage : Oscar

Des seconds rôles nordiques de première catégorie

César : Karin Viard (21 nuits avec Pattie), Agnès Jaoui (Comme un avion), Noémie Lvovsky (La belle saison), Sara Forestier (La tête haute), Sidse Babett Knudsen (L'hermine). C’est Sidse Babett Knudsen qui a gagné, mais dans le film L'hermine c’est elle le premier rôle féminin ! Pourquoi elle n’était pas dans la catégorie meilleure actrice ? Parce que cette catégorie principale est devenu au fil du temps un concours entre les monstres sacrés - 13 nominations pour Catherine Deneuve, 15 nominations pour Isabelle Huppert - et les comédiennes qui portent un film sur leurs épaules.

Oscar : Jennifer Jason Leigh (Les 8 Salopards) ; Rooney Mara (Carol) ; Rachel McAdams (Spotlight) ; Alicia Vikander (The Danish Girl) ; Kate Winslet (Steve Jobs). C’est Alicia Vikander qui a gagné, mais dans le film The Danish Girl c’est aussi elle le premier rôle féminin ! Pourquoi elle n’était pas en catégorie meilleure actrice ? Parce que cette catégorie principale n’est plus pour une meilleure interprétation mais pour un choix stratégique pour obtenir l'Oscar, et les producteurs-distributeurs veulent multiplier le nombre de nominations et les chances de gagner. Ainsi Juliette Binoche, rôle central du Patient anglais avait davantage de chance de l'avoir en second-rôle que si elle avait été "actrice principale" où sa collègue Kristin Scott Thomas avait ses chances. Ce calcul fait que pour le film Carol le duo d’égale importance est partagé entre catégorie meilleure actrice pour Cate Blanchett et catégorie second rôle pour Rooney Mara (bien que elle seule ait eu le prix d’interprétation à Cannes…). Donc face aux favorites (Charlotte Rampling, Saoirse Ronan, Brie Larson oscarisée) il était plus prudent de ‘placer’ Alicia Vikander en catégorie second rôle féminin…

Avantage : nul

Un meilleur film en langue étrangère toujours suspect

César : Birdman (USA), Le Fils de Saul (Hongrie), Taxi Teheran (Iran), Mia Madre (Italie), Youth (Italie), Le tout nouveau testament (franco-Belgique), Je suis mort mais j’ai des amis (franco-Belgique). Avec 2 films italiens et 2 films franco-Belges (car une règle qu’il faudrait supprimer oblige d’inclure dans cette catégorie des films francophones-, les César peuvent tout se permettre (y compris oublier les films asiatiques ou latino-américains), en mélangeant exercice de style, comédie, mélodrame... Et donc aucune nomination pour Mad Max Fury Road qui a gagné 6 Oscars (sur 10 nominations) ? Le Fils de Saul était évidement le favori, et bizarrement le César a été attribué à Birdman… Pour mémoire déjà en 1995 le César du meilleur film étranger avait récompensé la comédie culte Quatre mariages et un enterrement face à Pulp Fiction de Quentin Tarantino (Palme d’or à Cannes et Oscar du meilleur scénario) et La Liste de Schindler de Steven Spielberg (7 Oscars dont meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario…). C’est quoi le problème avec cette catégorie pour les votants des Césars ?

Oscar : L'étreinte du Serpent (Colombie) ; Mustang (France); Le Fils de Saul (Hongrie), Theeb (Jordanie); A War (Danemark). On note une moins grande variété de genre mais une vraie diversité de styles cinématographiques et un penchant pour des films d'auteurs assez pointus. Pourtant, la manière de sélectionner les films (quasiment soviétique), et le fait de mettre le Népal à égalité avec l'Italie ou la Chine pose toujours problème. Trois de ces films étaient à Cannes (2 à la Quinzaine des réalisateurs, et Le Fils de Saul récompensé du Grand prix du jury du festival de Cannes, donc le prix le plus important après la Palme d’or). Le Fils de Saul était donc évidement le favori, et logiquement il a reçu l’Oscar du Meilleur film en langue étrangère.

Avantage : Oscar

Aimés en mai, rejetés en février

César : Dheepan de Jacques Audiard, c’est la Palme d’or du Festival de Cannes (avec dans le jury tout de même Ethan et Joel Coen, Guillermo del Toro, Xavier Dolan…), et 9 nominations aux Césars… Jacques Audiard est adoré par les professionnels avec à son compte 3 Césars pour De battre mon cœur s'est arrêté, 3 Césars pour Un prophète, 1 César pour De rouille et d'os…, mais cette année il y a eu comme un Audiard-bashing… Le film a divisé la critique et surtout ce fut le plus gros échec public de Audiard depuis 20 ans. Résultat aucun César !

Oscar : Sicario de Denis Villeneuve, en compétition à Cannes, 30 millions de budget et environ 90 millions de recettes, 3 nominations techniques (meilleure photographie pour Roger Deakins, sa 13e infructueuse, meilleure musique, meilleur montage de son) mais aucune nomination pour le scénario, le réalisateur, ou le film… C’est le film qui aurait dû faire concurrence à Mad Max Fury Road et à The Revenant, mais il en a été décidé autrement. On pourrait dire la même chose de Carol, grand favori jusqu'aux Golden Globes, et qui repart bredouille. Résultat aucun Oscar !

Avantage : nul

Les minorités, véritables gagnantes des deux cérémonies

Zabou et Pierre Deladonchamps : «Dans notre milieu d’artistes de toutes origines pas le place pour la xénophobie, pas de place pour la misogynie, pas de place non plus pour l’homophobie, pas de place non plus pour l’antisémitisme [lol]… Il y a ici ce soir des gens de grand talent, et des gens qui n’en n’ont pas du tout…et des pourritures humaines qui vendraient leur mère pour une paire de Louboutin… Je connais des votants qui ne sont pas sympas et qui eux-mêmes insultent les gens…»
Voila une pique pour ‘la grande famille du cinéma français’ qui aussi doit se pencher sur une meilleure représentation des minorités devant comme derrière la caméra. En France, on se donne bonne conscience en votant pour Fatima, c'est bien, mais on est aussi obligé de rappeler que Loubna Abidar est sans papiers et menacée dans son pays.

Côté Oscar une polémique ‘OscarSoWhite’ enflait sur l’absence de personnalités Noires (ni interprétation, ni réalisation…) avec des votants en majorité Blancs et âgés. Des mesures ont été prises pour un renouvellement des votants avec plus de diversité, et aussi plus de femmes.
Chris Rock : « Pensez-y : il n'y a aucune véritable raison d’avoir une catégorie pour les hommes et une autre pour les femmes pour un prix d’interprétation. Si vous voulez des gens Noirs chaque année à cette cérémonie des Oscars, il faudrait alors juste une nouvelle catégorie meilleure interprétation black, comme quand un Blanc dit ‘mon meilleur ami noir’… En fait, nous voulons avoir l'opportunité d'avoir de bons rôles. Nous voulons que des acteurs Noirs aient les mêmes opportunités que les acteurs Blancs… »
La polémique n’est donc tant du côté des nominations mais plus du côté des producteurs et distributeurs de films…

Avantage : Oscar

César / Oscar 2016, le match en 5 rounds : La cérémonie des Oscars remporte 3 rounds contre celle des Césars, les deux organisations et leurs membres votants vont devoir faire mieux pour l'année prochaine... Ou pas.

César 2016 : Une Foresti party faite de Louboutin et d’autres surprises !

Posté par wyzman, le 27 février 2016

Une chose est sûre, la 41ème cérémonie des César qui avait lieu hier soir au Théâtre du Châtelet (Paris) ne nous a pas laissé de marbre. Plus encore et parce qu'elle était présentée par une Florence Foresti survoltée (mais drôle), nous avons passé un très bon moment. Les sacres de Fatima (meilleur film), Mustang (meilleur premier film), Catherine Frot (meilleure actrice) et Vincent Lindon (meilleur acteur) nous ont émus mais il n'y avait pas que ça. Oh non ! Nous aurions même tendance à dire que le meilleur se trouvait ailleurs que dans le palmarès !

On commencera donc par le commencement : Florence Foresti. Introduction géniale, références à Nikita, Itinéraire d'un enfant gâté et Black Swan. Entrée théâtrale et presque fracassante, petit clin d'œil aux #OscarsSoWhite et vannes sur les clichés. Oui, celle qui a déjà été faite Chevalier des Arts et des Lettres a tout compris de l'esprit Canal et sait comment dynamiter une cérémonie peu attirante. Pour cause, elle a passé la soirée à envoyer des piques à tout le monde. On pense notamment à son "Dheepan ? Encore une bonne comédie hein !" envoyé à Jacques Audiard ou le fameux "Vincent Lindon ? C'est un peu notre Leonardo DiCaprio… Toujours nommé, jamais césarisé !" Jusqu'à hier soir. Sans trop forcer sur ses personnages, l'humoriste a prouvé, seule ou "bloquée" avec Vanessa Paradis et sa licorne, qu'elle pouvait faire rire. Vraiment rire !

Mais elle n'a pas été la seule à plaire à l'audience. Après l'énorme buzz suscité l'an dernier par le "En attendant, moi je ne me fais pas bronzer la bite dans des films de pédés" de Zabou Breitman à Pierre Deladonchamps, les deux comparses ont remis le couvert pour le bonheur de tous. "Il y a des gens biens ce soir…" commence l'acteur révélé dans L'Inconnu du lac. Ce à quoi l'actrice vue dans Nous trois ou rien répond : "Oui, et des pourritures humaines qui vendraient leur mère pour des Louboutin !" Voilà qui est dit. A quand une comédie en commun ?

Quant au reste de la soirée, il aura été marqué par le discours fadasse et récité de Louane Emera, la mine blafarde de Nicolas Duvauchelle et les tendres remerciements de Rod Paradot (meilleur espoir masculin pour La Tête haute). Ses gouttes de sueur et son "Je dois remercier ma mère… C'est elle qui tous les jours croit en moi !" ont attendri l'assistance, les téléspectateurs et Twitter. Nouvel instance de contrôle, le réseau social n'a pas manqué de noter la longueur globale de la cérémonie, le discours en très bon français de Michael Douglas (César d'honneur pour l'ensemble de sa carrière) et de s'impatienter face au sketch à rallonge de Jonathan Cohen... C'est dommage, jusque-là on tenait le bon bout ! Surtout que Foresti était inspirée quand elle a dénoncé la cabale contre Loubna Abidar en infantilisant ceux qui ne font pas la distinction entre fiction et réalité...

En terminant comme convenu à 00:00, Florence Foresti a tenu son pari. Une très bonne chose. Plus vivante et audacieuse que les éditions passées, cette 41ème cérémonie aura été l'occasion de rendre hommage à toutes les personnalités disparues récemment (et elles sont nombreuses) ainsi que de porter un regard sur l'avenir. Claude Lelouch l'assure : "Préparez vos caméras, il y aura de très belles choses à filmer" en 2016. Mais ce n'est pas fini ! Comme les votants ont consacré les femmes, c'est sans surprise que Christine & the Queens s'en est allé d'une reprise de "It's Only Mystery", la bande originale de Subway, le second film de Luc Besson. Vous l'aurez compris, les César 2016 étaient la meilleure cérémonie depuis bien longtemps !

D'ailleurs l'audience était en hausse par rapport à l'année dernière. FF a séduit 100 000 téléspectateurs de plus malgré une vive concurrence de Koh-Lanta et du Rugby.

Pour découvrir le palmarès complet, c'est par ici.

Pierre Deladonchamps a les Yeux au ciel pour Philippe Lioret

Posté par vincy, le 29 mai 2015

Annoncé dans La Presse et sur le compte twitter de la société de production d'Item 7 et confirmé par Cineuropa, Philippe Lioret tourne actuellement son nouveau film, Les Yeux au ciel (anciennement Un garçon), entre la France et le Canada. Ce 8e long métrage du réalisateur de Je vais bien, ne t'en fais pas et de Welcome réunit un casting franco-québécois avec Pierre Deladonchamps (L'Inconnu du lac, Une Enfance de Philippe Claudel et Eternité de Tran Anh Hung), Gabriel Arcand (Congorama, Le démantèlement) et Marie-Thérèse Fortin.

Il s'agit de l'adaptation très libre du roman de Jean-Paul Dubois, Si ce livre pouvait me rapprocher de toi, Les Yeux au ciel raconte l'histoire d'un Français récemment divorcé, en charge de son fils et qui apprend que son père, d'origine québécoise, qu'il n'a jamais vu, est décédé. Il assiste aux funérailles de l'autre côté de l'Atlantique et rencontre toute une partie de sa famille, dont ignore tout. Le livre est paru en France aux éditions de l'Olivier en 1999.

Le tournage s'achèvera en juillet. Le film sera distribué par Le Pacte.