Le musée Louis de Funès déménage à Saint-Raphaël

Posté par vincy, le 5 août 2019

Un deuxième musée sur Louis de Funès a été inauguré mercredi 31 juillet à Saint-Raphaël. Le Musée de Louis de Funès a ouvert ses portes le lendemain. A 40 kilomètres du musée de la Gendarmerie, déjà consacré à l'acteur français, ce musée grand public a été conçu à très grande vitesse, à deux pas du lieu de la scène de son dernier film Le Gendarme et les Gendarmettes, sorti en 1982.

Pour célébrer cette ouverture, la ville de Saint-Raphaël organise un cycle Louis de Funès en plein air, avec 7 de ses grands films. Et à partir de demain jusqu'au 6 août, au Centre culturel de la ville, est organisée une exposition temporaire, "Louis de Funès : regardez-moi là !".

350 pièces peuplent ce parcours. Des documents de l'INA, des collections de Gaumont, des photographies personnelles et d'autres de tournages, des films personnels en super 8, des dessins, des scénarios annotés de la main de l'acteur, des affiches, des lettres, des accessoires de films comme le chapeau de Rabbi Jacob, le casque de la Grande Vadrouille ou la bourse de l'Avare, son César d'honneur, et même des jeux pour les enfants s'ajoutent à des extraits de films et leurs séquences cultes. Il y a aussi de vieux téléphones où l'on peut entendre le comédien raconter sa vie, son travail, ses anecdotes, au gré des interviews ressuscitées.

De l'Atlantique à la Méditerranée

Toute la collection est issue de la famille, et autrefois hébergée par le musée de Louis au château de Clermont, à Cellier, en Loire-Atlantique. Le musée a fermé en 2016 quand le bâtiment fut vendu. Un musée à Nantes fut alors envisagé. On aurait pu croire alors que Saint-Tropez allait le récupérer, puisque la ville du "Gendarme" est déjà doté (depuis 2016) du Musée de la gendarmerie et du cinéma, dédié à la célèbre franchise (mais pas seulement).

Dans Var Matin, Olivier de Funès explique la raison: "Lorsque le musée du Cellier a fermé, on a pensé en faire un autre à Nantes qui n’est qu’à 25 km. Par rapport au parcours de mon père, cela aurait eu du sens. Mais la municipalité s’en moquait, tout autant que la Région. J’ai écrit à la mairie de Saint-Tropez qui… ne m’a jamais répondu. Puis ma fille Julia a été en contact avec Grégory Bozonnet, le directeur de cabinet du maire de Saint-Raphaël, et ça a tout de suite accroché! Du coup, je suis très content que le musée soit ici. Mon père était un fils d’immigrés espagnols qui ont su s’adapter à leur nouveau pays?; Louis saura s’intégrer à Saint-Raphaël!"

Notre-Dame de Paris magnifiée par le cinéma

Posté par vincy, le 16 avril 2019

La cathédrale de Paris a pris feu hier, comme dans le roman de Victor Hugo, décliné en comédie musicale et en film d'animation chez Disney, mais aussi, surtout, en super-productions hollywoodiennes ou télévisuelles.

Notre-Dame de Paris est toujours debout. Mais elle est dévastée et nous laisse désolés. Elle a servi de décors romantiques à tellement de films, de Mon inconnue, la comédie à l'affiche de Hugo Gélin, à Charade de Stanley Donen, de Si Paris nous était conté de Sacha Guitry à Minuit à Paris de Woody Allen, des Plages d'Agnès d'Agnès Varda à La mémoire dans la peau de Doug Liman, d'Un Américain à Paris de Vincent Minelli à Before Sunset de Richard Linklater. Dans ce dernier film, on entendait même le couple envisager le pire: "Mais tu dois imaginer que Notre-Dame ne sera plus là un jour..."

L'édifice a surtout été une star de cinéma grâce à Quasimodo et Esmeralda et au roman de Hugo. Alice Guy et Victorin Jasset filme ainsi en 1905 La Esmeralda. Six ans après c'est au tour d'Albert Capellani de transposer l'histoire en 36 minutes. En 1917, les Américains se lancent avec The Darling of Paris, de J. Gordon Edwards. Hollywood va adorer cette histoire. Wallace Worsley tourne le premier véritable long métrage, de 115 minutes, en 1923, avec un Quasimodo horrifique incarné par Lon Chaney.

Le premier grand film parlant autour de cette histoire est produit par la RKO et réalisé par William Dieterle, avec Charles Laughton et Maureen O'Hara. Pour l'anecdote, ce fut le seul film projeté au premier festival de Cannes, annulé le lendemain à cause de la seconde guerre mondiale. La réplique de Notre-Dame coûta 250000$ de l'époque. Mais c'est en 1956 que Notre-Dame de Paris fut consacrée par le cinéma avec la version de Jean Delannoy. Anthony Quinn reste le Quasimodo de référence tout comme Gina Lollobrigida incarne une splendide Esmeralda. Surtout le scénario est cosigné par Jacques Prévert.

Depuis, la saga, bien moins connue que Les Misérables du même Hugo, a surtout été adaptée pour la télévision. Disney s'en est emparé en 1996 avec Le Bossu de Notre-Dame, en film animé. Un succès mondial. Le studio a d'ailleurs prévu une version en prises de vues réelles dans les prochaines années. De son côté, Universal a mis en stand-by sa version "fantasy".

Trois ans plus tard, Patrick Timsit en fait une version modernisée et comique avec Quasimodo d'El Paris.

« Le cinéma de minuit » passe sur France 5

Posté par vincy, le 14 janvier 2019

Dans une semaine la mythique émission "Le cinéma de minuit" changera de maison. Le rendez-vous cinéphile de France 3, présenté par Patrick Brion tous les dimanches depuis quarante-deux ans, passera sur France 5 à partir du 21 janvier 2019. Le 21 et pas le 20 puisque l'émission change aussi de jour, du dimanche au lundi.

Autant dire que le cinéma de patrimoine, même en troisième partie de soirée, est relégué d'une chaîne nationale à une chaîne de la TNT, de la troisième à la cinquième chaîne. En terme d'audience, en moyenne France 3 est quand même trois fois plus regardée que France 5. La semaine dernière France 5 a terminé 8e chaîne pour sa soirée de lundi avec 3,7% de part d'audience. Pas vraiment un aspirateur à téléspectateurs.

On aurait pu tolérer facilement ce glissement de terrain, qui assurément fera des dégâts, si l'horaire avait été plus acceptable. Certes, il s'améliore: on revient à l'horaire d'origine (avant minuit) alors que ces dernières années il fallait attendre une heure du matin le plus souvent.

Mais le groupe télévisuel public va entraîner avec sa décision une baisse de téléspectateurs assurée. On peut, alors, presque gager que l'émission disparaîtra dans un avenir pas si lointain, "faute d'audience" (on entend déjà l'argument).

Pourtant, le producteur et présentateur Patrick Brion se félicite de ce sursis. Cela fait des années que son émission est sur la sellette.

Pour essayer de ne pas couler l'un des plus beaux programmes de la télévision française, France 5 prévoit une émission - "Place au cinéma" -  à 20h50, dédiée principalement aux films des années 70 et 80 et présentée par Dominique Besnehard. Pourtant ce n'est pas ce qui est annoncé dans l'immédiat Pour sa première sur France 5, on enchaînera ainsi un téléfilm, La nourrice, de Renaud Bertrand, une série animée, une rediff d'une émission d'actualité avant de revoir M le Maudit de Fritz Lang. Idem la semaine suivante côté cohérence: un téléfilm Le temps de la désobéissance de Patrick Volson, la série animée, la rediff d'une émission d'actualité avant de découvrir Fury de Fritz Lang.

Le générique restera le même, tout comme sa musique composée par feu Francis Lai.

Le premier héros de Walt Disney, porté disparu, réapparait … au Japon

Posté par vincy, le 22 novembre 2018

Au Japon, il n'y a pas qu'un patron millionnaire qui fait l'actualité. Il y a aussi Oswald le lapin chanceux.

Lycéen, à la sortie de la Seconde guerre mondiale, Yasushi Watanabe achète un dessin animé pour 500 Yens à l'époque. Une très petite somme. Ce rouleau est en fait un dessin animé dont tout le monde avait perdu la trace, produit par Walt Disney.

Bien plus tard, Yasushi Watanabe, aujourd'hui âgé de 84 ans, lit un livre sur l'histoire d'Oswald, lapin noir créé par Walt Disney et Ub Iwerks en 1927, dont les 27 dessins animés ont été diffusés par Universal, sous la houlette du producteur Charles Mintz. Il s'agit du premier héros d'une série des studios de Walt Disney.

Mais Charles Mintz, quand il constate le carton de la série, décide de rapatrier Oswald dans ses propres studios (Winkler) et prend les droits sur le personnage (qui devient un héros de Universal). Iwerks et Disney refusent de le suivre et créent une souris assez ressemblante au lapin, Mickey Mouse, qui vient de célébrer ses 90 ans il y a quatre jours. Mickey n'aurait peut-être jamais existé si Mintz n'avait pas été cupide...

Pour la petite histoire, il a fallu attendre près de 80 ans pour que le groupe Disney récupère les droits du lapin chanceux. Entre temps, Oswald a eu une vie intense jusqu'en 1938, avant de faire quelques apparitions dans les cartoons de Woody Woodpecker et de se faire complètement oublier (et doublé en notoriété par un autre lapin, Bugs Bunny, créé en 1940).

Mais revenons au Japon. Dans le livre que lit Yasushi Watanabe, Oswald the Lucky Rabbit: The Search for the Lost Disney Cartoons (publié l'an dernier et écrit par David Bossert), on y apprend que sept des premiers courts métrages animés d'Oswald sont a priori perdus. Watanabe est un chercheur, spécialisé dans l'histoire de l'animation. Il avait acheté le film à un vendeur de jouets d'Osaka. Le film s'intitulait Mickey Manga Spide. Autant dire qu'il ne voyait pas d'intérêt à ce vieux petit film jusqu'à la lecture du livre.

En fait ce vieux petit film s'appelle Neck ’n’ Neck. A l'origine, il dure 5 minutes. Là il n'en reste que deux minutes. Le film raconte l'histoire d'un policier chien qui pourchasse Oswald et sa petite amie à moto.

Le court a désormais migré aux archives Kobe Planet Film. Par ailleurs, un autre extrait en 35mm de 50 secondes a aussi été découvert au Toy Film Museum de Kyoto, précise le quotidien Asahi.

LaCinetek démocratise les films du patrimoine avec une nouvelle offre

Posté par vincy, le 14 septembre 2018

Inaugurée en 2015, LaCinetek a lancé le 10 septembre son offre par abonnement. Les abonnés pourront découvrir 10 nouveaux chefs-d'œuvre du cinéma de patrimoine pour 2,99€ (sans engagement). A cela s'ajoute deux autres offres: un abonnement annuel de 30€ pour douze mois (soit deux mois offerts et 120 films par an) et un abonnement annuel à 59€ qui comprend un an d'accès à la Sélection du mois et 12 films à la carte issus du catalogue, dont le plus vieux film date de 1907!

Par conséquent, la nouvelle offre permet de voir 10 par mois sélectionnés autour d'une thématique, accompagnés de bonus exclusifs livrant l’analyse de réalisateurs et/ou d’extraits d’émissions sur le cinéma. Pour lancer cette offre, LaCinetek a fait appel aux internautes via Kiss Kiss Bank Bank pour assurer cette nouvelle formule. Près de 750 participants se sont ainsi pré-abonnés pour une valeur totale de 20000€, dépassant ainsi l'objectif initial.

Deux ans après son lancement, LaCinetek a séduit 20000 cinéphiles et compte 1000 abonnés. La plateforme propose déjà 62 listes de réalisateurs, de Audiard à Ozon, de Kiarostami à Kore-eda, un catalogue de plus de 925 films dont 200 inédits (introuvables sur les services concurrents.) en VàD, provenant de 60 pays, mais également 141 bonus exclusifs et 203 bonus archives. La boutique a vu son nombre de locations augmenter de 175% depuis début 2017. Les films les plus vendus sont Conversation secrète de Francis Fors Coppola, La Chèvre de Francis Veber, Les quatre cent coups de François Truffaut, Théorème de Pier Paolo Pasolini, Meurtre mystérieux à Manhattan de Woody Allen et L'Homme de Rio de Philippe de Broca.

Les films sont disponibles à la location (2,99 en SD et 3,99 en HD) et à l’achat (7 ,99 en SD et 9,99 en HD). Par ailleurs, depuis juin 2018, LaCinetek est aussi proposée aux abonnés Freebox.

Une personnalité invitée parrainera également chaque mois son film coup de cœur parmi les 10 de la liste, en le présentant dans une courte vidéo. Cette rentrée, Béatrice Dalle présente Accatone de Pier Paolo Pasolini, qu'elle considère comme un génie.

La thématique de l'offre de lancement tourne autour de la Première œuvre, "celle qui contient toutes les autres" avec au programme, outre Pasolini, Jacques Demy (Lola), Jean-Luc Godard (A bout de souffle), David Lynch (Eraserhead), Alain Resnais (Hiroshima mon amour), Jean Vigo (L’Atalante), George A. Romero (La Nuit des morts vivants), Gus Van Sant (Mala Noche), Georges Franju (La Tête contre les murs) et Barbara Loden (Wanda).

En octobre, les abonnés auront le droit à une sélection Boys Meets Girls, en novembre à l'Eternelle adolescence et en décembre à Enfance et cinéma.

LaCinetek est est une association loi 1901 fondée en 2014 par La Société des Réalisateurs de Films (La SRF) et LMC/UniversCiné, premier éditeur et prestataire technique VoD au service du cinéma indépendant. L'association est présidée par Pascale Ferran, vice-présidée par Cédric Klapisch et administrée par Laurent Cantet.

Fonda, Keaton, Linder… le Festival Lumière soufflera ses 10 bougies en bonne compagnie

Posté par Morgane, le 12 juin 2018

11 juin, 11h, conférence de presse à l’Institut Lumière. Thierry Frémaux, directeur de l’institut Lumière, présente la future et 10e édition du Festival Lumière qui se tiendra à Lyon du 13 au 21 octobre 2018.

Bien sûr, il a décidé de faire durer le suspense jusqu’au bout et de garder l’annonce du Prix Lumière pour la fin de la conférence.

Nous ne sommes qu’au mois de juin, la programmation de cette 10e édition n’est donc pas bouclée, mais déjà un grand nombre de choses sont annoncées. Le Festival garde la trame de ses dernières éditions, et on le comprend, car il a réussi, en neuf années, à trouver une belle manière d’allier festival cinéphile et festival populaire!

Concernant le focus fait sur l’histoire du Cinéma français, après Clouzot, Carné, Becker et Duvivier, c’est au tour d'Henri Decoin, dont le fils Didier Decoin, prix Goncourt pour John l’Enfer, sera présent pour l’occasion. Né en 1890, champion de natation, aviateur durant la guerre, il devient journaliste sportif, écrivain puis cinéaste. Il travailla avec, entre autres, Danielle Darrieux, Jean Gabin, Lino Ventura, Louis de Funès...

Pour le focus fait sur l’Histoire permanente des femmes cinéastes, après Alice Guy, Agnès Varda, Germaine Dulac, c’est Muriel Box qui sera mise en lumière. Anglaise, scénariste, cinéaste et productrice, elle reçoit l’oscar du meilleur scénario pour le Septième voile qu’elle écrit avec Sydney Box.

Richard Thorpe, réalisateur aux 284 films, sera également à l’honneur. Rendu célèbre notamment par Ivanohé, certains de ses films, dont La main noire, seront projetés lors du festival en 35mm.

Dans la section Sublimes Moments du Muet, quatre grands noms cette année:

- Max Linder, mort très jeune, suicidé avec sa femme et laissant derrière eux une petite fille à peine âgée de 1 an, Maud, qui a par la suite dévoué sa vie à la mémoire de ses parents. Elle a beaucoup oeuvré à la reconstitution de l’oeuvre de son père et à sa mort, l’automne dernier, elle a tout légué à l’Institut Lumière. Il y aura donc une rétrospective Max Linder, une soirée hommage au cinéaste ainsi que la création d’un Institut Maud et Max Linder.

- Catherine Hessling, muse de Jean Renoir.

- Buster Keaton dont on découvrira aussi la troisième (et peut-être dernière) partie de la rétrospective (on avait pu découvrir les deux premières parties en 2016 et 2017).

- Charlie Chaplin qui, pour ce 10e anniversaire, sera également de la partie.

Tout comme à Cannes cette année, le Festival Lumière célèbrera le 50e anniversaire de 2001, l’Odyssée de l’espace qui sera alors projeté en 70mm.

D’autres rétrospectives auront lieu: Hommage à Liv Ullman présente pour l’occasion ; rétrospective du réalisateur chinois King Hu ; invitation à Peter Bogdanovich...

A noter une nouveauté cette année, un Worshop avec Michel Ciment. Une trentaine de personnes pourront suivre un enseignement chaque matin et un visionnage de films chaque après-midi avec Michel Ciment, maître de conférence et rédacteur dans la revue Positif. Ce sera l’occasion pour eux, durant cinq jours, d’apprendre à regarder un film, critiquer un film, mener un débat, écrire sur le cinéma…

Le cinéma se fait aussi en musique. Bernard Lavilliers sera présent le mardi 16 octobre à L’Institut Lumière pour jouer de la musique, lire des textes de Blaise Cendrars et parler de cinéma. Camelia Jordana, comme c’est le cas depuis plusieurs éditions, sera également là avec un tour de chant des grandes chansons du cinéma français. Enfin, Catherine Frot poussera également la chansonnette plusieurs fois durant ces 9 jours du festival, accompagnée d’un unique piano et ce dans quelques cafés lyonnais. A préciser.

Ce Festival fêtera aussi les 15 ans du film Nos meilleures années qui avait été projeté à sa sortie en présence de toute l’équipe à L’Institut Lumière et Tilda Swinton devrait venir présenter son film de chevet, I know where i’m going de Michael Powell et Emeric Pressburger.

Le Marché International du Film Classique soufflera, lui, ses 7 bougies. Et durant ces neuf jours, les festivaliers pourront également découvrir la nouvelle librairie Lumière qui se trouve dans les anciens ateliers Lumière.

Tout est dit ou presque. Les nombreux remerciements ont été effectués. On sait que les tee-shirts de cette 10e édition ont été designé par Jean-Paul Gaultier et que le programme détaillé arrivera fin août, début septembre, patience.

Désormais, roulements de tambour, le visage du 10e Prix Lumière apparait sur l’écran en grand. Et cette année, pour la deuxième fois, après Catherine Deneuve, c’est une femme, Jane Fonda, qui recevra le Prix Lumière !

Fille d’Henry Fonda, Jane Fonda grandit dans l’ombre de son père. Cours de danse, de théâtre, mannequin, elle intègre l’Actor’s Studio et tournera ensuite avec George Cukor, George Roy Hill puis en France avec René Clément et Roger Vadim. De retour aux Etats-Unis elle tournera avec Sydney Pollack puis Hal Ashby, Arthur Penn, Joseph Losey, Ted Kotcheff, et par la suite Jean-Luc Godard, Paolo Sorrentino et bien d'autres encore…

Jane Fonda, c’est la femme aux deux Oscars, pour ses rôles dans Klute de Alan J. Pakula en 1971 et dans Le Retour de Hal Ashby en 1979.

Jane Fonda n’est pas qu’une Star de cinéma, elle est également une femme très engagée et qui choisit ses rôles en fonction de ses idéologies. Elle se bat pour les droits civiques, contre la guerre du Vietnam, contre le nucléaire, pour les droits des femmes… Les causes sont nombreuses et son engagement certain.

Mais peu à peu elle s’éloigne du 7e Art, se consacre un temps à l’aerobic puis revient au Cinéma dans les années 2000 sous l’angle de la comédie. En 2012 elle passe au petit écran avec la série The Newsroom. L’expérience lui plait et elle réitère avec Grace et Frankie. On la voit également dans Youth de Sorrentino et très récemment aux côtés de Robert Redford dans Nos Âmes la nuit, (création Netflix) où tous deux octogénaires ils livrent une tendre interprétation de la vieillesse et des sentiments qui en découlent…

Le documentaire Jane Fonda in five acts sera alors projeté lors du Festival Lumière et un hommage sera rendu avec elle à son père Henry Fonda.

Et dire qu'il reste encore 4 mois à attendre avant le Clap de départ de cette belle édition !

Alice comedies 2 : un programme burlesque moderne et indispensable signé Walt Disney

Posté par MpM, le 17 janvier 2018

Et si le Walt Disney de l’année avait presque 100 ans ? Loin de son image un peu proprette de fournisseur officiel de gentils contes de fées politiquement corrects, le cinéaste a produit à ses débuts une série de courts métrages mettant en scène une petite fille nommée Alice vivant des aventures peu ordinaires. La particularité des films était de mélanger prises de vue réelle et animation, Alice étant incarnée par une véritable petite fille évoluant tantôt dans des décors réels, tantôt dans un monde de cartoon.

Dans ces récits burlesques, pas vraiment d’histoires de princesses se languissant de leur prince charmant mais une héroïne bagarreuse, casse-cou et téméraire, n’hésitant jamais à aller au devant du danger, ou à se lancer dans d’incroyables aventures. Féministe avant l’heure, elle mène son petit monde à la baguette (c'est une chef de bande hors pair) et vit des aventures extraordinaires sur la banquise, dans le Far Wast ou encore en équilibriste intrépide dans un cirque.

En tout, plus d'une cinquantaine de courts métrages ont été réalisés sous l'égide de Walt Disney entre 1924 et 1927. Ce sont ces films, redécouverts et numérisés par Eye, la cinémathèque néerlandaise, que la société de distribution Malavida a décidé en 2015 de ressortir sous la forme de programmes d’une quarantaine de minutes particulièrement adaptés au jeune public.

Tout un travail a notamment été effectué pour restaurer l’image et lui adjoindre une musique originale et une voix-off lisant le texte des cartons afin de permettre aux enfants non lecteurs d’en comprendre le sens. En décembre 2016,  on découvrait le premier volet (Alice comédies), proposant notamment une plongée sous-marine dans un univers extraordinaire et une étrange visite dans une maison hantée. A noter que ce très beau programme est actuellement visible en salles à Paris dans le cadre du dispositif l'Enfance de l'art mais aussi disponible en DVD édité par Malavida.

Dans le deuxième volet qui sort en salles ce 17 janvier, on peut une nouvelle fois admirer toute la fantaisie de Disney qui multiplie les gags visuels hilarants et les situations cocasses dans lesquelles se mêlent irrévérence et idées surréalistes. Ainsi, lorsque Julius, le chat fidèle compagnon d'Alice, poursuit Pat Hibulaire, le terrible Ours, on se croirait presque dans un Tex Avery, avec des personnages qui marchent dans le vide et tombent quand ils s'en aperçoivent, des têtes non solidaires de leur corps et des grosses pierres qui se transforment soudain en animaux.

De même, dans le dernier film du programme, Disney s'amuse à pasticher le Joueur de flûte de Hamelin, prétexte à d'irrésistibles gags mettant en scène d'infernales souris farceuses qui ne sont pas vraiment décidées à se laissez noyer sans combattre. Le tout sur une musique dansante et joyeuse spécialement composée par Manu Chao !

Si Alice nous enthousiasme tant, c'est probablement parce qu'elle est paradoxalement une héroïne bien plus moderne que nombre de personnages féminins dans les films pour enfants d'aujourd'hui. Insolente et courageuse, bagarreuse et pleine de vie, elle ne cherche pas à plaire au public adulte ni à inculquer une quelconque morale, mais s'adresse au contraire directement aux enfants à qui elle fait notamment découvrir la grande liberté offerte par l'imagination. Sans doute n'est-elle pas un modèle de sagesse et d'obéissance, mais depuis quand compte-on sur le cinéma pour faire l'éducation des enfants ? On préfère mille fois une Alice faisant les 400 coups (avec ce que cela sous-entend de cathartique) à la gentillesse ultra formatée de certains produits contemporains des studios Disney.

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Alice Comedies 2 de Walt Disney
Programme de courts métrages (1924-1927), avec Virginia Davis, Margie Gay, Lois Hardwick.
En salles le 17 janvier

Photos © Malavida

Patrimoine: à peine un film européen sur six numérisé

Posté par vincy, le 30 juin 2017

Seules 16 % des collections du patrimoine cinématographique d’Europe sont numérisées, selon l’Observatoire européen de l’audiovisuel.

Dans cette nouvelle étude (à télécharger) sur l’accès, à des fins d’éducation et de recherche, aux œuvres cinématographiques faisant partie des collections des archives cinématographiques d’Europe, le constat est rude.

Or, les taux de numérisation restent faibles, ce qui limite l'accès aux œuvres: 15 % seulement de l’ensemble des œuvres cinématographiques se trouvant dans les collections des archives cinématographiques (16 % pour les longs métrages, qui représentent pourtant 42% des collections).

L'étude point aussi que la grande majorité (76 %) des films figurant dans les collections des archives cinématographiques est protégée par droit d’auteur. Cependant le manque de sources d’information centralisées sur les droits peut rendre difficile l’évaluation du statut d’un film "au regard du droit d’auteur ainsi que l’identification des ayants droit." En fait, 1% seulement des œuvres est dans le domaine public. Les 23% restant sont sans statut clair sur leurs droits. Contraignant.

Accès limité

60 % des longs métrages protégés par droit d’auteur sont des œuvres orphelines ou indisponibles dans le commerce. Si l’accès en ligne semble être un moyen efficace d’améliorer l’accès aux collections de films et d’élargir les publics, cet accès est freiné par des restrictions légales et à des incertitudes juridiques.

Par conséquent, le patrimoine cinématographique se transforme en marché de niche. Les films du patrimoine cinématographique européen ont tendance à circuler moins largement que les films en général et moins que les œuvres du patrimoine cinématographique aux Etats-Unis.

La circulation des œuvres pose à la fois un problème culturelle (l'accès à celles-ci) et économique (l'économie d'échelle). Cela conduit à une insatisfaction des publics des Cinémathèques et centres d'archives. Un quart du public a été confronté à un problème de droits d'accès à une œuvre et un tiers du public ne trouve pas une œuvre. Pire, 69% du public a rencontré un problème technique pour consulter/voir une œuvre, notamment parce que le film n'était pas en format numérique.

L'OEA souligne que le patrimoine cinématographique nécessite un solide appui promotionnel pour rivaliser avec succès avec le contenu plus récent, ce qui n'est pas forcément le cas actuellement, rappelant que les reprogrammations en salles "peuvent jouer un rôle pour accroître leur visibilité" et constatant que la VOD n’est pas encore un canal de distribution indépendant viable. L'Observatoire préconise que la vidéo à la demande fasse partie d’une "stratégie de distribution plus vaste, incluant plusieurs canaux, pour maximiser les résultats promotionnels."

Cannes 70 : le patrimoine sur la Croisette, entretien avec Gérald Duchaussoy de Cannes Classics

Posté par cannes70, le 10 mai 2017

70 ans, 70 textes, 70 instantanés comme autant de fragments épars, sans chronologie mais pas au hasard, pour fêter les noces de platine des cinéphiles du monde entier avec le Festival de Cannes. En partenariat avec le site Critique-Film, nous lançons le compte à rebours : pendant les 70 jours précédant la 70e édition, nous nous replongeons quotidiennement dans ses 69 premières années.

Aujourd'hui, J-8. Et pour retrouver la totalité de la série, c'est par .


Depuis 2014, Gérald Duchaussoy épaule Thierry Frémaux (ci-dessus avec Bertrand Tavernier lors de la présentation de Voyage dans le cinéma français) au sein de Cannes Classics. Après avoir travaillé au service de presse du Festival de Cannes de 2002 à 2013, il a participé à la création du Marché du film classique du Festival Lumière à Lyon. À Cannes Classics, son travail consiste notamment à gérer la préparation de la section, à coordonner les questions administratives, relationnelles et techniques. Il s'occupe de la rédaction du programme, de la grille des projections, de l'accueil des équipes de films et d'accompagner au mieux les projections de cette section officielle qui réjouit de plus en plus les cinéphiles de la Croisette.

Pouvez nous présenter Cannes Classics ?

Cannes Classics a été crée en 2004 par Thierry Frémaux, le délégué général du Festival de Cannes, qui, fort de son expérience à l'Institut Lumière, a souhaité faire évoluer quelque chose qui existait déjà auparavant : une section dédiée aux rétrospectives, imaginée par Gilles Jacob et dont les projections avaient lieu à la Licorne. C'est devenu une sélection dédiée aux copies restaurées de classiques du cinéma, accompagnée d'hommages à des artistes et à des cinémathèques, avec une ou plusieurs leçon(s) de cinéma. Grâce à la croissance du nombre de restaurations aujourd'hui, les propositions de pièces rares, de découvertes ou redécouvertes d'œuvres majeures à une certaine époque et plus ou moins perdues de vue ensuite, augmentent nettement.

Vous constatez une émulation entre les festivals de cinéma autour du cinéma de patrimoine ? Vous communiquez entre vous ?

Aujourd'hui, les grands festivals ont tous une section rétrospective, souvent assez conséquente. Venise a créé Venise Classics et Berlin présent aussi quelques films restaurés, même si leur projet est un peu différent. Nous n'avons pas d'échanges particuliers, chacun travaille à sa propre programmation. Alberto Barbera (directeur de la Biennale de Venise) a dirigé le Museo del Cinema de Turin pendant très longtemps et à Berlin, le festival est partenaire de la Deutsche Cinemathek qui travaille à l'établissement de cette programmation. C'est toujours une section un peu à part au sein des sélections officielles, car la priorité, pour la majorité des spectateurs de ces grands festivals, reste la découverte des nouveaux films. Pourtant, il y a un besoin fort de voir ces films de patrimoine en salles. C'est notre rôle aussi de permettre d'en voir dans de bonnes conditions, car les festivals de cinéma autorisent une visibilité différente. La première destination d'un film de cinéma reste la salle obscure. Et cela concerne aussi les documentaires de cinéma dont certains trouvent difficilement une fenêtre de diffusion. L'envie de découvertes s'accentue pendant un festival et découvrir ces documentaires qui traitent de cinéma permet de prendre le temps de souffler et de réfléchir à l'Histoire du cinéma, alors qu'elle se poursuit avec les films inédits. À Cannes Classics ces dernières années, on a programmé beaucoup de documentaires, il y en a un moins cette année.

Le cinéma de patrimoine dans les festivals est accompagné comme s'il s'agissait de films d'aujourd'hui, ce qui est accentué par le choix d'aller vers de l'actualité (restaurations et documentaires inédits) et de ne plus faire de rétrospectives sur des personnalités. L'idée est de cultiver cette idée qu'il s'agit de films qui peuvent sortir en salles de façon indépendante (au contraire de films issus d'une rétrospective, sans distributeur) et/ou qui vont être édités en DVD, passer à nouveau à la télévision... Ils redeviennent des films de l'actualité. C'est une démarche nouvelle ?

Ce n'est pas un phénomène récent. Ce développement croissant des restaurations, ça existe depuis longtemps. Kevin Brownlow avait restauré le Napoléon d'Abel Gance puis fait tirer des copies neuves. Ce n'est pas nouveau de ce point de vue-là, ce qui l'est, c'est l'exploitation à plus grande échelle que la copie diffusée dans un festival comme un événement unique. Aujourd'hui, les films circulent d'un festival à l'autre et il y a de plus en plus d'exploitations en salle, au moins dans certains pays plus privilégiés, comme la France, grâce au combat des professionnels, des distributeurs, des exploitants ou des aides du CNC, par le fait que voir des films de patrimoine en salles est pris en compte par l’État qui considère ça comme un art à part entière. On en revient à cette considération que la France a pour le cinéma, qui est la patrie du cinéma. C'est notre grande chance, mais il y a d'autres pays où c'est le cas et où il est possible aussi de voir ces films en salles. Dans certaines régions, c'est plus difficile. À Londres il y a une superbe salle dédiée au cinéma de patrimoine où ils ne projettent quasiment que du 35mm, le Regent Street Cinema ; aux Etats-Unis, il y a une forte présence des centres culturels, des cinémathèques et le circuit des universités est très actif. Ils ont une offre audiovisuelle forte. En Amérique du sud, c'est plus compliqué de voir des films de patrimoine. En revanche il y a tous ces canaux de diffusion, comme la VOD, la télévision, le streaming...

Quand vous disiez qu'on soutient les films de patrimoine comme les films récents, je suis d'accord pour pas mal de sorties. Des budgets sont consacrés à cela, et dans ce cas- là, on peut faire de la publicité, on peut mettre en avant certains films. Il y a une dynamique de marché comme pour un film actuel, pour dépoussiérer l'image du film de patrimoine qu'on allait voir dans une copie un peu abîmée. On pouvait certes voir le film en salles et ça reste magique mais aujourd'hui on peut voir les films dans des conditions plus optimales et du coup ils sont mieux exploités.

Vous prenez soin de respecter un équilibre entre les films de patrimoine très connus, restaurés et les vraies découvertes comme Tiempo de morir ou Ikarie XB1, présentés l'an dernier et exploités en salles depuis. J'imagine quand on participe à la sélection de Cannes Classics qu'il est satisfaisant de voir que ces films moins réputés parviennent à sortir en salles ?

Cela dépend pour beaucoup du travail et du courage des distributeurs et de l'intelligence de certains ayants-droit. Ça dépasse le cadre de la projection, unique, au sein de Cannes Classics. Au-delà du travail fait pour la programmation en festival, il y a une envie que la vie des films se prolonge. Et dans ce cas-là, ça devient assez magique.

Parmi les films programmés récemment, vous avez eu de gros coups de coeur dans les découvertes ou redécouvertes ?

C'est dur, il y a beaucoup de films qui sont vraiment intéressants, Ikarie XB1 c'était vraiment un film qui nous avait beaucoup plu l'année dernière ; il y avait aussi le film thaïlandais Santi-Vina de Thavi Na Bangchang ; dans les documentaires il y avait aussi de nombreuses choses qui nous ont beaucoup plu. À titre personnel le fait de voir Le jour se lève à nouveau en salle m'avait complètement enthousiasmé. C'est un film qui n'a pas eu en salles la carrière qu'il aurait dû avoir. C'est un chef-d’œuvre du cinéma français, très fort et qui a beaucoup inspiré le film noir. La question se pose avec le film de patrimoine : va-t-il rencontrer ou non son public alors que c'est un film qui résonne avec notre temps ? Il faut savoir le replacer dans le contexte de l'époque, historique, sociologique et cinématographique. Un film comme Panique mérite beaucoup plus de retentissement. Nul n'est prophète en son pays et on voit que les films français marchent un peu moins, alors qu'on replonge dans Hitchcock, dans Welles. C'est très bien mais on a aussi des grandes œuvres en France qui méritent un peu plus de résonance, ce que souligne le travail accompli par Bertrand Tavernier avec son documentaire sur le cinéma français. On ne redécouvre pas assez non plus de films allemands, anglais non plus. Tout ça est assez compliqué car il faut du temps pour se replonger dedans, on en revient toujours à cette donnée importante, le temps...

Dans la sélection il y a une volonté de mêler les périodes, les origines géographiques, un peu comme dans une sélection de films d'aujourd'hui ?

Ce sont des questions qu'on se pose beaucoup, respecter un équilibre avec des films qui viennent de tous les horizons. Après, comme toute sélection, ça repose sur ce qu'on vous propose à un moment donné. Certains films nous tentent mais ne sont pas prêts et on ne pourra donc pas montrer alors qu'ils nous plaisent énormément. On essaie de respecter cette variété des propositions, dans la mesure de ce que nous recevons.

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Vesoul 2017 : coup de projecteur sur le cinéma du Sri Lanka

Posté par kristofy, le 13 février 2017

© michel mollaret - ficaLe Festival des Cinémas d’Asie de Vesoul est l'un des rares évènements qui propose des rétrospectives d'envergure sur des cinématographies rares et méconnues, comme le Laos par exemple. Pour cette édition 2017, ce sont les films du Sri Lanka qui ont été retrouvés et qui nous sont révélés, soit 13 films rares (certains jamais montrés en Europe) qui s'étalent sur la période de 1956 à nos jours.

Le Sri Lanka, comme d’autres pays d’ailleurs, n’a pas une organisation systématique d’archivage et de conservation de ses films de patrimoine (comme la Cinémathèque et le CNC en France…), surtout pour ceux d’avant l’an 2000. Après leur courte exploitation commerciale les bobines ou copies de films sont simplement laissées de côté et abimées ou détruites. Le Sri Lanka ayant, de plus, connu environ 25 années de guerre civile (entre les communautés Cinghalaise et Tamoule), quantité de films ont disparu...

Outre ces films, cette rétrospective inédite « Les Maîtres du cinéma sri-lankais » est complétée par bon nombre de films rares retrouvés là-bas qui n'avaient pas été projetés depuis longtemps, pas même dans la capitale du pays, Colombo. C’est la première fois qu’un tel panorama cinématographique est offert. Cette sélection couvre donc plusieurs décennies de cinéma mais aussi plusieurs régions et plusieurs communautés: les images de certains films sont même la seule archive visuelle d’un mode de vie de certains endroits avant la guerre.

C’est le FICA qui s’est déplacé sur place pour un travail de recherche en allant à la rencontre de passionnés de cinéma, et de cinéastes, dont certains sont à Vesoul. Il y a eu notamment des échanges avec Lester James Peries, considéré comme le ‘père’ du cinéma Skrilankais (97 ans) et sa compagne, également réalisatrice, Sumitra Peries (82 ans).
Prasanna Vithanage est plutôt revenu à Vesoul pour y présenter un film inédit. Il est le réalisateur actuel en vogue avec deux de ses films qui ont déjà été en compétition au FICA : Flowers of the sky en 2009 (mention spéciale d’un jury) et With you, without you en 2013 (Cyclo d’or).

Swarna  Mallawarachchi est elle aussi venue à Vesoul pour plusieurs de ses films : c'est l'actrice la plus récompensée du cinéma Skrilankais avec 26 prix d’interprétation durant sa carrière longue de cinq décennies, dont un Cyclo d’or d’honneur qui lui a été décerné lors de la cérémonie d'ouverture cette année. Quatre films dont elle est l'héroïne sont à découvrir grâce au FICA de Vesoul :

  • Yonger sister (Ponmani), (1978) de Dharmasena Pathiraja (avec Swarna Mallawarachchi) : c’est un réalisateur Cinghalais qui raconte un histoire sur les Tamouls, une démarche qui était rare en 1978, avant la guerre. On découvre qu’une jeune fille cadette de sa famille ne peut pas espérer un mariage tant que sa sœur ainée ne soit elle mariée. La jeune femme doit donner de l’argent pour le mariage (à l’inverse du principe de la dote ailleurs). Complication supplémentaire : la cadette est amoureuse d'un pêcheur, donc de classe sociale inférieure... Un dialogue du film est particulièrement osé et revendicatif pour l'époque : "les gens devraient avoir le droit d'aimer qui ils veulent".
  • A letter written on the sand, (1988) de Sumitra Peries (avec Swarna Mallawarachchi) : film d’une femme réalisatrice (quasiment la seule...) : Sumitra Peries. Avec ce film l'actrice Swarna Mallawarachchi a gagné 4 prix d’interprétation. Une femme élève seule son petit garçon depuis que son mari est décédé, mais elle ne peut plus faire face. Son appel à l'aide et à la solidarité sera dramatiquement ignoré, sauf par un homme du voisinage dont l'épouse est très jalouse...
  • Seven seas, (1967) de Siri Gunasinghe (avec Swarna Mallawarachchi) : le premier film majeur de cette actrice alors qu'elle n'avait même pas vingt ans. Contrairement aux conventions de l’époque (influencées par les films indiens) où il y avait plusieurs moment chantés joyeux, on y remarque l’utilisation d’une chanson triste. Un pêcheur au quotidien rude va vivre un dilemme insoluble : quitter sa maison et sa mère, là où il est depuis toujours, pour suivre sa femme originaire d'une autre communauté et malheureuse ici, ou rester au risque que sa femme s'en aille...
  • The hunt, (1983) de Vasantha Obeysekere (avec Swarna Mallawarachchi ) : l'histoire inspirée d’un fait divers qui avait fait la une des journaux à cause de son issue tragique. Une femme étant tombée enceinte est à la recherche de l’homme avec qui elle avait eu une liaison : celui-ci lui a menti sur son identité et n’est guère disposé à se marier avec elle malgré sa promesse. Elle va le presser d’envisager tout de même un mariage tandis que lui cherche à y échapper...

Trois autres films

Walls within, (1997) de Prasanna Vithanage : Un individu contre un système, ici la religion catholique. Alors qu’elle se prépare à ce que ses deux grandes filles soient mariées et deviennent à leur tout mère de famille, une femme retrouve un amour de jeunesse perdu de vue depuis plus de vingt ans et s’attache à lui : ce qui est très mal vu par ses proches et en particulier du côté du futur fiancé de sa fille cadette.  Est-il concevable pour une mère de famille de se retrouver encore enceinte alors que sa fille espère bientôt se marier ? Aux yeux de tous c'est un pêché inqualifiable...

Line of destiny, (1956) de Lester James Peries : c'est le film emblématique d'une balise de la naissance du cinéma skri-lankais, le premier film de Lester James Peries (qui en fera 19) et qui fût d’ailleurs sélectionné au Festival de Cannes en 1957 ! Il vient d’être restauré et présenté en première dans la capitale à Colombo quelques jours avant d’arriver dans les salles du FICA de Vesoul. Ce film est symbolique car il se détache de plusieurs conventions de l’époque : il n'y a pas vraiment de séquences musicales (l'ingrédient qui attirait le public), et la (lourde) caméra était portée à l’extérieur d’un studio (simultanément à la Nouvelle Vague en France). Un petit garçon, fils d’un pickpocket, se retrouve dans une situation où on pourrait croire qu’avec sa main il a permis à une petite fille aveugle de recouvrer la vue : un ‘miracle’ qui va être bientôt monnayé à un riche notable avec une conséquence dramatique. Comme une fable, avec un humour à la fois réaliste et ironique que n’aurait pas renié Bunuel, ce petit garçon (exploité par son père) va être célébré puis maudit…

This is my moon, (2000) de Asoka Handagama : il aborde la guerre civile du point de vue d’un village reculé en campagne : s’engager comme militaire semble être la chose à faire pour séduire une fille et pour faire gagner à sa famille un belle prime en cas de décès. L’histoire débute sur un champs de bataille où les tirs sont entendus hors-champs depuis un remblais et d'où un soldat Cinghalaise voit surgir une jeune femme Tamoule : après deux nuits elle va le suivre... Celui-ci revient dans dans son village avec elle (représentant le camp ennemi). Elle se découvrira enceinte depuis son viol et déterminée à rester avec lui : ce qui perturbe sa famille et sa future promise…