Cabourg 2011 : le palmarès récompense Valérie Donzelli, Patrice Leconte, Sylvie Vartan…

Posté par kristofy, le 19 juin 2011

La cérémonie des Swann d’Or du 25ème Festival du Film de Cabourg a consacré le film Voir la mer avec deux prix (meilleur réalisateur pour Patrice Leconte et révélation féminine pour Pauline Lefèvre) et aussi La Guerre est déclarée de Valérie Donzelli (grand prix du jury), un prix coup de coeur a aussi été attribué à Sylvie Vartan (qui y a présenté le film L'ange Noir avec le réalisateur Jean-Claude Brisseau).

Le jury était présidé par Radu Mihaileanu avec Sylvie Vartan, entourés de Astrid Bergès Frisbey, Audrey Dana, Tomer Sisley, Emmanuel Mouret, Saïd Taghmaoui, Virginie Despentes et du producteur Frédéric Niedermayer pour les films en compétition. Pour le jury jeunesse il y avait six lycéens encadrés par Lola Naymark, Ivan Calberac et Frédéric de Nixon.

Voici le palmarès des Swann d'Or du Festival du Film de Cabourg 2011 :

- Grand Prix du Festival de Cabourg 2011: La Guerre est déclarée de Valérie Donzelli

- Mention spéciale du jury: Happy, Happy de Anne Sewitsky

- Prix de la Jeunesse: Le Monde de Barney de Richard J. Lewis

- Prix du public: Et maintenant on va où? de Nadine Labaki

- Coup de foudre: Si tu meurs je te tue de Hiner Saleem

- Swann d’Or de la meilleure actrice: Isabelle Carré, dans Les Émotifs anonymes de Jean-Pierre Améris (photo ci-contre)

- Swann d’Or du meilleur acteur: Jean Dujardin (ci-dessous avec Alexandra Lamy), dans Un Balcon sur la mer de Nicole Garcia

- Swann d’Or du meilleur réalisateur: Patrice Leconte pour Voir la mer

- Swann d’Or du film romantique: Les yeux de sa mère de Thierry Klifa

- Swann d’Or de la Révélation féminine : Pauline Lefèvre, dans Voir la mer de Patrice Leconte

- Swann d’Or de la Révélation masculine : Raphaël Personnaz, dans La Princesse de Montpensier de Bertrand Tavernier (ci-dessous avec Mélanie Thierry)

- Coup de cœur: Sylvie Vartan, pour ses 50 ans de carrière romantique

Le jury des courts-métrages était présidé par Gustave Kervern, il était accompagné de Déborah François, Vénus Khoury-Ghata, Heremoana Maamaatuaiahutapu et de représentants de différents partenaires (comme l'adami). Leur palmarès pour les films courts est :

-Meilleur film: J’aurais pu être une pute de Baya Kasmi

-Mention spéciale: Prochainement sur vos écrans de Fabrice Maruca

-Meilleure Actrice: Vimala Pons pour J’aurais pu être une pute de Baya Kasmi

-Meilleur Acteur : Franc Bruneau pour Cheveu de Julien Hallard

Par ailleurs les Prix Premiers Rendez-Vous qui récompense les débuts à l’écran d’une actrice et d’un acteur ont été donné à Ana Girardot (pour Simon Werner a disparu de Fabrice Gobert) et à Jérémie Duvall (pour Le Fils à Jo de Philippe Guillard et Mon père est femme de ménage de Safia Azzedine).

La cérémonie des Swann d’Or s'est poursuivie en musique avec le groupe de Nicolas Ullmann qui invitait les convives à chanter en karaoké. Alexandra Lamy a entamé un 'happy birthday' repris en choeur à destination de Jean Dujardin dont c'était l'anniversaire.

Les voix et les déhanchés de Pauline Lefèvre, Tomer Sisley, Ana Girardot, Nicole Garcia ont précédé le duo Valérie Donzelli et Jérémie Elkaïm qui ont ensuite entrainé Sylvie Vartan (ci-contre) dans un mini concert improvisé, durant lequel elle a interprété une poignée de ses plus grands tubes, pour le plus grand plaisir de tous.

Patrice Leconte voyage dans le passé avec Stefan Sweig

Posté par redaction, le 23 avril 2011

Il avait déclaré vouloir arrêter le cinéma. Finalement Patrice Leconte redevient boulimique. Il avait même titré son livre d'entretiens Arrêter le cinéma (Calmann-Lévy).

Des bides, des commandes, une absence de désir... tout le conduisait à stopper sa filmographie à 30 longs métrages.

Alors que Voir la mer, film sans vedettes qui a été refusé par cinq producteurs, sort le 5 mai, qu'il finalise son adaptation animée du roman de Jean Teulé, Le magasin des suicides, qui sortira dans un an, il s'est mis à écrire son prochain film. Le voyage dans le passé, nouvelle longtemps inédite de Stefan Sweig et exhumé il y a deux ans (paru chez Grasset), raconte l'histoire d'un amour contrarié par les circonstances de la vie. Un jeune homme pauvre tombe amoureux de la femme de son riche employeur. Elle l'aime aussi. Il est envoyé en Amérique latine pour une mission de confiance de plusieurs années. Elle lui promet de se donner à lui quand il reviendra. Mais la Première Guerre mondiale éclate...

Patrice Leconte ne compte pas prendre sa retraite cette année

Posté par Claire Fayau, le 17 janvier 2011


Le samedi 8 janvier, Patrice Leconte était le Grand témoin de l'Université populaire du Musée du Quai Branly. Le cinéaste s'est fort gentiment prêté au jeu des questions et réponses lors d'une rencontre animée par Hubert Prolongeau.

Celui qui se définit comme "vulgairement , une bonne gagneuse", fringant sexagénaire, nous a raconté son parcours, ses passions, et ses projets. En attendant de pouvoir lire l'intégralité des deux heures d'entretien sur le site de l'université du Quai Branly, Ecran Noir vous propose quelques morceaux choisis de cet entretien.

Patrice Leconte va-t-il prendre sa retraite?

Cette année, Leconte sera partout : d'abord il signe un livre d'entretiens J'arrête le cinéma qui paraîtra au printemps, et un mois après, il sort son dernier film, Voir  La Mer (il a aussi écrit le scénario). Rassurons- nous : le livre se termine sur "son envie de continuer le cinéma".

"Un petit film, Voir la mer, m'a redonné le goût du cinéma ". Le casting réunit Clément Sibony, Nicolas Giraud et Pauline Lefèvre (la présentatrice météo du Grand Journal qui a coupé ses cheveux pour l'occasion). Il s'attaque aussi à l'animation, avec  son adaptation du best-seller de Jean Teulé , Le  magasin des suicides. Et  un autre roman signé Leconte devrait  se trouver dans toutes les bonnes librairies : Riva Bella (Albin Michel). "J'aime l'idée d'être productif " : la retraite , ce n'est donc pas pour tout de suite !

Leconte l'éclectique

Des Bronzés à La Fille sur le pont, de Dogora à  La veuve de Saint -Pierre en passant par Ridicule, la diversité de ses films lui convient, mais il affirme que "(son) éclectisme lui a joué des tours". Mais la bande dessinée (certaines de ses planches sont actuellement présentées au Musée de la Bande dessinée d'Angoulême dans l'exposition "Parodies"), c'est une page tournée. Il n'en fera plus. À propos de son  film d'animation, Le  magasin des suicides,  il livre  à l'auditoire un "scoop" : "le film ne sera pas en  3D , mais en  2D relief", un procédé unique.

Les bons mots de Monsieur Leconte

- "Si le cinéaste ronronne, le public s'endort !"

- "J'adore entreprendre des choses avec incertitude."

- " Tous les films que j'ai fait, j'y ai toujours cru."

- "Je ne picole pas , je ne me drogue pas."

- À propos de l'IDHEC: "je  m'y suis ennuyé comme un rat."

- "Je suis Scorpion, mais je suis surtout caméléon."

- "Il faut que les films coûtent ce qu'ils doivent coûter."

- À propos de Jean Rochefort : "Il a ce goût du déraisonnable. il a conservé un grain de folie."

- À propos du public : "Le public se trompe rarement. Non , le public n'a jamais tort... un Film qui ne touche pas les gens n'est pas réussi. "




Bernard Giraudeau (1947-2010), le marin prend la mer

Posté par vincy, le 17 juillet 2010

bernard giraudeauIl était séducteur avec son regard azur irréel. Une des belles gueules du cinéma français. Il était voyageur, baroudeur, explorateur : l'Amérique du Sud, l'Asie orientale ou l'Afrique noire. Il en fait des romans, des documentaires. Sa passion pour l'écrit lui faisait lire Harry Potter ou Le Petit prince pour les enfants. Auteur d'une dizaine de romans, BD ou documents, Bernard Giraudeau (Portraits et films sur Ecran Noir), c'était l'élégance d'un chevalier et la curiosité jamais assouvie. Le regard perdu sur ces horizons lointains, infinis, tentants. Jamais atteints.

Evidemment ce fut d'abord un grand comédien, attachant et juste. Pas simplement pour sa belle gueule, son allure costaud. Dans la comédie ou l'action, le polar ou le drame, il était toujours comme il fallait. Même si peu de films étaient à la hauteur de son talent. Lui-même préférait se disperser, partir ailleurs, sur les planches ou dans des contrées exotiques, pluttôt que de se laisser avaler par le 7e art qui l'avait rendu célèbre.

Ce talent, on l'aura remarqué grâce à des personnages parfois ambivalents, jamais nets. L'homme voilé, Une affaire de goût, Le fils préféré, Gouttes d'eaux sur pierres brûlantes... autant de récents personnages fascinants, troubles, que ce soit chez Garcia, Ozon, Rapp... Mais Giraudeau, préférant multiplier les rencontres et en pas s'enfermer dans une famille, ce qui le conduisit a souvent refuser de grosses productions où on l'aurait cantonné en  héros d'une époque, aura aussi tourné sous les regards d'Assayas, Ruiz, Miller, Giovanni, Arcady, Boisset, Scola, Kurys, Devers... C'est évidemment Leconte qui lui donna deux de ses rôles les plus populaires : en flic sous couverture dans Les spécialistes, avec Gérard Lanvin, et en homme d'église corrompu, cruel et manipulateur dans Ridicule, face à Fanny Ardant. Il aura aussi donné la réplique à Deneuve, Marceau, Cardinale...

Mais s'il ne fallait garder qu'un seul film, ce serait Les Caprices d'un fleuve. Ses documentaires ou ses fictions, à titre de réalisateur, démontraient une grande sensibilité mais surtout un regard sur le monde, métissé et infini, humain et violent, amoureux et avide d'une aventure de plus. Les Caprices d'un fleuve, ambitieuse fresque sur la difficile colonisation de l'Afrique par les Français, était tout cela à la fois, en plus d'être sensuel.

Six fois cité aux Césars, trois fois aux Molières, Giraudeau l'artiste se battait depuis 10 ans contre son cancer. Il ne tournait plus depuis cinq ans, mais écrivait avec succès. Aucun Toubib pour le sauver, plus aucune vie à croquer... Il ne nous reste plus que la tendresse, bordel!, quand on évoque cet homme. Ce souvenir.

Le dessin animé français se met à la 3D… Il était temps.

Posté par vincy, le 15 mars 2010

lemagasin des suicidesLa 3D devient tendance, même en France. StudioCanal a signé à Berlin un accord avec le spécialiste du format en Imax et réalisateur de Fly me To The Moon 3D, le belge Ben Stassen. Ils sortiront Les aventures de Samy (Around the World in 50 Years 3D) dès cet été. Avant cela, Sylvain Chomet (Les triplettes de Belleville) avait présenté à la Berlinale L'illusionniste, son hommage à Jacques Tati. A l'origine prévu pour avril, il pourrait être décalé à juin.

Mais désormais, tout le monde s'y met. Patrice Leconte réalise actuellement Le Magasin des suicides, adaptation du roman de Jean Teulé, en version animée ET musicale. Attendu pour la fin de l'année, il co-réalisera ce premier film d'animation avec Arthur Qwak (Chasseurs de Dragons). Il en a écrit le scénario, et ancien dessinateur, a imaginé les personnages.

A Angoulême, en janvier, Ari Folman (Valse avec Bashir) a annoncé qu'il réalisera son prochain film en France, avec les studios de la capitale de la BD, le pôle Magelis, et avec Les Armateurs (Kirikou). The Congress (Le congrès) est l'adaptation du best-seller de science-fiction (1971) de Stanislas Lem (Solaris). Le film, un mélange de documentaire et d'animation, devrait être prêt en 2012.

La plus importante production sera sans doute Le Petit Prince. La mise sur orbite est plus lointaine - 2013 - mais les héritiers de Saint-Exupéry ont enfin accepté de céder les droits d'un des romans pour la jeunesse les plus vendus dans le monde. Le relief va d'ailleurs donner une dimension internationale au projet, tout comme le casting vocal plus hollywoodien que français (sans doute révélé à Cannes en mai). 45 millions d'euros de budget pour Onyx (Les enfants de Timpelbach, Renaissance), en plus d'une série TV animée, et un jeu développé avec MKO (filiale de MK2).

D'autres projets en 3D ont été présentés au récent Cartoon Movie de Lyon comme Approved for Adoption, Flying bazar, Hard Rock sur Harcouët. Les sujets sont de plus en plus variés et aborde des thèmes plus politiques ou sociologiques. de même les genres se diversifient avec d'avantage d'action et d'aventures. Cartoon Movie surfe d'ailleurs sur l'engouement pour l'animation avec, pour sa dernière édition qui s'est tenue du 3 au 5 mars, une fréquentation en hausse de 20%, 635 professionnels accrédités et 90 distributeurs présents.

Patrice Leconte s’arrêtera-t-il vraiment?

Posté par vincy, le 22 avril 2009

A 61 ans, le charmant garçon publie son premier roman. Le cinéaste Patrice Leconte semble rebondir sur ses pattes, malgré les très hauts (Les Bronzés 3) et les très bas (La Guerre des Miss, récemment et furtivement en salles). Il se défend comme il peut face à la meute de médias sanguinaires. Pour le livre, Les femmes aux cheveux courts, il a du affronter les moqueries de Eric Zemmour et Eric Naulleau dans l'émission "On n'est pas couché" sur France 2. Pour son flop au box office, il se justifie : c'était une commande.

Reste que, depuis des années, il affirme qu'il va prendre sa retraite. Leconte annonce ainsi ses deux prochains (et derniers?) films : un scénario écrit pour le cinéma de l'écrivain Douglas Kennedy et un dessin animé, avec l'équipe de Chasseurs de dragons, adapté du riman de Jean Teulé, Le magasin des suicides.

Une manière de revenir à ses premiers amours, la bande dessinée?

Christian Fechner s’éclipse (1944-2008)

Posté par MpM, le 26 novembre 2008

fechner.jpgLe producteur de cinéma Christian Fechner est décédé dans la nuit de mardi à mercredi des suites d’un cancer. Lui qui voulait "faire des films plus jolis que la vie" a fait rire et vibrer le public français pendant plus de trente ans, avec des succès comme L'aile ou la cuisse de Claude Zidi, Papy fait de la résistance de Jean-Marie Poiré, Marche à l’ombre de Michel Blanc, Chouchou de Merzak Allouache ou encore Les bronzés 3 de Patrice Leconte. Il avait également lancé ou conforté de nombreuses carrières, comme celles de Pierre Richard, Louis de Funès, Jean-Paul Belmondo ou encore Claude Zidi et Patrice Leconte.

Malgré les 500 millions d’entrées que ses films avaient cumulés de par le monde, Christian Fechner avait bien compris que le cinéma n’est pas une science exacte. "L'important, c'est de fabriquer des films avec le maximum de sincérité. Il n'y a pas de recette. S'il y en avait, on serait formidablement riches !", disait-il par exemple. D’ailleurs, ses immenses succès publics ne l’avaient pas empêché de se tromper quelques fois, notamment sur Les Amants du Pont-Neuf de Leos Carax, un important échec commercial.

Comme ses films, sa carrière avait connu de nombreux rebondissements : tout d’abord producteur de disques (il a lancé Antoine et accompagné les Charlots pour leur passage au cinéma), puis de films, PDG de Gaumont studio, directeur de TV6, réalisateur (Justinien trouvé ou le Bâtard de Dieu) et même… magicien, puisque grand amateur de cette discipline, il avait été deux fois sacré champion du monde. Aujourd’hui, hélas, il a exécuté son plus mauvais tour.