Posté par vincy, le 6 février 2010
Lors d’un grand entretien avec le Film Français paru la semaine dernière, le Ministre de la culture et de la communication Frédéric Mitterrand, évoque évidemment les problèmes conjoncturels et structurels du secteur cinéma, et notamment la faiblesse financière des petits expliotations et la mutation numérique. De manière moins tapageuse, mais toute aussi essentielle, le Ministre évoque quelques dossiers concrets concernant des problèmes de financement autour de productions ou co-productions françaises.
Il prend l’exemple du prochain film de Bertrand Tavernier. “La première chose que j’ai faite en août a été de sauver le financement du film de Bertrand Tavernier, La Princesse de Montpensier…” Il estime qu’il était “impossible de ne pas sauver Bertrand Tavernier d’un accident industriel” au nom de son image dans le cinéma français, de ce qu’il représente, quelque soit l’avis qu’on porte sur ses films. “De la même manière je me battrais pour que Milos Forman puisse faire en France son films sur Daladier et Munich. Tout comme je souhaite permettre à Werner Herzog de réaliser son rêve de filmer la grotte Chauvet“. Remarquons que ses exemples ne sont pas très “rajeunissant”.
Herzog, Président du jury de la Berlinale qui s’ouvre jeudi, prendra d’ailleurs son petit-déjeuner avec le Ministre mardi matin. On se doute que le dénouement sera heureux et le rendez-vous convivial. En revanche, plus tard dans la journée, le Ministre s’entretiendra avec Jacques Audiard et Pascale Ferran, réalisateurs césarisés et respectés, membres du Club 13. Et là, concernant l’aide aux premiers et deuxièmes films ainsi qu’aux oeuvres à budget moyen, on attend toujours qu’un Ministre suive les préconisation du rapport de ce Club, pourtant rédigé il y a bientôt deux ans.
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Posté par vincy, le 23 décembre 2009

La décennie a été coupée en deux. La première moitié a fait la part belle aux films à dimension populaire (et même à des gros succès français de l’année), divertissant ou spectaculaires. Le César du meilleur film n’apporte alors pas grand chose à Jaoui/Bacri, Jeunet, Polanski ou même Arcand, si ce n’est une reconnaissance, un sacre, après, souvent, une récolte fructueuse de prix dans le monde.
Puis, après le couronnement d’une production anglophone et d’un film québécois, les professionnels ont changé de styles. En 2005, L’Esquive surprend tout le monde. Les César vont redécouvrir l’intérêt de primer des films d’art et d’essai. Le box office est moindre, mais souvent les récompenses l’aident à vendre des DVD ou à doper sa fréquentation.
Le palmarès continue de se féminiser mais aussi de s’ouvrir au monde et au métissage. Le drame reste le genre majeur de la catégorie reine. On peut juste remarquer que la moitié des films a une femme comme personnage principal. Mais surtout, on notera qu’un réalisateur a réussi à en obtenir deux César durant ces dix ans : Abdellatif Kechiche. Il rejoint Polanski et Resnais dans les multi-césarisé. En attendant Audiard en 2010?
2000 : Vénus Beauté (Institut) - 1 240 000 entrées
2001 : Le goût des autres - 3 859 000 entrées
2002 : Le fabuleux destin d’Amélie Poulain - 9 290 000 entrées
2003 : Le Pianiste - 1 400 000 entrées
2004 : Les invasions barbares - 1 301 000 entrées
2005 : L’esquive - 477 000 entrées
2006 : De battre mon coeur s’est arrêté - 931 000 entrées
2007 : Lady Chatterley - 420 000 entrées
2008 : La graine et le mulet - 805 000 entrées
2009 : Séraphine - 770 000 entrées
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Posté par MpM, le 29 mars 2009
C’est une Pascale Ferran très émue qui accueille le scénariste Jean Gruault sur la scène du théâtre Jacques Coeur où, en tant qu’invitée d’honneur du Festival, elle l’a convié à un “séminaire-hommage” venant conclure ces cinq jours de débats et de rencontres . “J’ai l’impression d’avoir énormément appris en décortiquant vos films“, déclare-t-elle notamment, avant de se lancer dans la longue litanie des réalisateurs pour lesquels ce vétéran du scénario a travaillé : François Truffaut, Alain Resnais, Roberto Rossellini, Jacques Rivette, Jean-Luc Godard, Chantal Akerman… “L’exercice, donc, consiste à ne pas être transie d’admiration“, avoue-t-elle en guise de conclusion. Réponse du principal intéressé : “oui, mais vous ne parlez pas de tous les mauvais films !”. Immédiatement, la glace est rompue.
Jean Gruault est comme ça : spontané, ne s’embarrassant pas de précautions oratoires et prenant un plaisir évident à démonter certains mythes (”Truffaut était très franco-français… voire franchouillard“). Il embarque donc l’auditoire avec lui dans l’histoire complexe et passionnante de sa vie : le théâtre de guignol de son grand père, le Napoléon d’Abel Gance visionné en bobines de 10 mètres, le journal de Mickey (”une révolution dans ma vie“)… et puis la rencontre avec Rivette et Truffaut, les séances de cinéma ou encore l’influence de Rossellini qui le pousse à écrire. Il se lance finalement avec Rivette et ce sera Paris nous appartient. “Vous n’avez peut-être pas vu le film… ce n’est pas une grosse perte ! On n’avait aucune méthode et aucune expérience…”
Lui-même se laisse entraîner par les souvenirs, un sujet en appelant un autre. En bon scénariste qu’il est, ses digressions le mènent toujours quelque part, de préférence vers une anecdote acide ou amusante (”Le séminaire était une pépinière de communistes“, “Ce qui m’intéressait, au fond, au théâtre comme au cinéma, c’était d’être dans le coup“, “Truffaut , il fallait toujours qu’il corrige mes scénarios, même si ça lui plaisait. Il avait besoin de réécrire pour que ce soit sa langue, et plus la mienne“, etc.), et il finit ainsi par retomber sur ses pieds. A défaut de connaître sa méthode de travail (il s’entête à assurer qu’il n’en a pas), on voit le cheminement de sa pensée en action, toujours aussi vive. Mais déjà le séminaire s’achève, et c’est à peine si l’on a abordé le tiers de son œuvre foisonnante. Heureusement, pour un prochain rendez-vous avec Jean Gruault, on peut toujours se tourner vers ses livres ou tout simplement revoir l’un des nombreux chefs d’œuvre qu’il a co-signés : Jules et Jim, Mon oncle d’Amérique, Les carabiniers, La religieuse… L’avantage, c’est qu’il y a l’embarras du choix.
Crédits photo : Alfredo Altamirano pour le Festival des Scénaristes.
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Posté par MpM, le 27 mars 2009
La 12e édition du festival des Scénaristes de Bourges met à l’honneur la réalisatrice et scénariste Pascale Ferran en présentant ses principaux films, dont la version longue (prévue pour une diffusion télévisée) de son dernier film, Lady Chatterley et l’homme des bois. L’occasion pour elle de proposer une analyse comparative entre les deux adaptations du roman de D.H.Lawrence dans le cadre d’un séminaire public, mais aussi de répondre aux questions d’Ecran Noir.
Pourquoi existe-t-il deux versions du film Lady Chatterley ?
Dès le départ, je savais que le film serait long. Par estime et amitié pour Pierre Chevalier de la chaîne Arte, je lui ai parlé du projet. j’avais besoin de convaincre quelqu’un que je pouvais, moi, envisager de faire ce film. Il m’a proposé deux épisodes d’1h40, ce qui semblait assez logique pour adapter le roman. Et puis, très vite, on s’est dit avec mon coscénariste Roger Bohbot que ce serait vraiment dommage de ne pas en faire un film de cinéma, car c’est un projet très cinématographique. Dès l’écriture, on savait donc qu’il y aurait deux versions différentes. On s’est amusé à les écrire. Le principe était que la seconde, pour le cinéma, soit recentrée sur le couple tandis que la version télévisée tourna autour du quatuor : les deux amants, le mari et la garde-malade. Cela crée une vraie différence de point de vue d’un film à l’autre.
Contrètement, comment avez-vous travaillé ?
Une fois la version longue terminée, quand on en a été content, on est passé à une version plus courte en enlevant des scènes ou en en ajoutant pour faciliter le passage d’une séquence à l’autre. Sur le tournage, il n’y avait que moi qui savais pour quelle version on était en train de tourner. Tout le monde faisait comme si c’était un seul et même film, sinon ç’aurait été trop dur. Ce qui a rendu les choses assez faciles dans ma tête, c’est que D.H.Lawrence a écrit trois versions du roman… donc c’est comme s’il n’y avait plus d’original, mais une histoire racontée de plusieurs façons.
Comment avez-vous distingué ce qui était “cinématographique” ou au contraire plus adapté à la télévision ?
En fait, pour moi, il s’agissait surtout de deux films de cinéma de durée différente. A partir du moment où je tourne, dans ma tête, c’est dans le but d’être projeté sur un écran, parce que je suis un peu constituée comme ça… Mais la version télévisée a quand même des particularités. Comme elle était en deux parties, elle était au départ destinée à être diffusée deux jours de suite. Pour moi, c’est le goût du feuilleton qui revenait… Donc on a terminé la première partie sur un petit suspense. La scène finale de la version télévisée ne raconte pas la même chose que dans le film. On s’est bien amusé avec ça, à imaginer une structure en chapitres qui produit des effets de sens. Même si au final, Arte a diffusé les deux épisodes le même soir.
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Posté par MpM, le 10 septembre 2008
Entre Arte et le cinéma, c’est souvent plus qu’une histoire d’argent. La grande époque de Pierre Chevalier, directeur de l’unité fiction de 1991 à 2003, nous a habitué à voir la petite chaîne culturelle coproduire des œuvres d’auteur, exigeantes et personnelles, qui, souvent, connaissaient en salles (même après une diffusion télé pourtant jugée dangereuse) un joli succès populaire. Le péril jeune de Cédric Klapisch, Lady Chatterley de Pascale Ferran, Ressources humaines de Laurent Cantet, Beau travail de Claire Denis… c’est elle !
En ces temps de rentrée, la chaîne franco-allemande ne déroge pas à la tradition et propose de nouveaux rendez-vous pour cinéphiles avertis ou tout simplement curieux. Vendredi 12 septembre, c’est Christophe Honoré qui s’y colle avec la diffusion de La belle personne, adaptation moderne de La princesse de Clèves, en salles le mercredi suivant. Puis Bamako, la cour, du Malien Abderrahmane Sissako, (version télé de Bamako, Grand prix du public lors de sa présentation au festival Paris cinéma 2006), New wave, inédit de Gaël Morel avec Béatrice Dalle, ou encore Nés en 68 d’Olivier Ducastel et Jacques Marineau, sorti en mai dernier.
A cela s’ajoute une programmation plus classique : un cycle “Star à 20 ans” (les débuts de Romy Schneider, Brigitte Bardot, Catherine Deneuve…), un cycle “nouveau cinéma allemand” (avec l’oscarisé La vie des autres, mais aussi Head-on de Fatih Atkin, ours d’or en 2004, et Good-bye Lenin !), un cycle Depardieu (chez Truffaut, Blier, Pialat…)… et de nombreuses sorties en salles de qualité comme le très beau film de Béla Tarr L’homme de londres (présenté à Cannes en 2007), le film à sketches Tokyo ! qui réunit Michel Gondry, Bong Joon-ho et Leos Carax, Stella de Sylvie Verheyde, coup de cœur du festival de Venise, et Il divo de Paolo Sorrentino (Prix du Jury à Cannes en 2008), tous coproduits par Arte.
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