La Péniche cinéma menacée de couler

Posté par vincy, le 17 septembre 2017

La péniche Cinéma, soutenue par la maison du court métrage et Shorts TV entre autres, et la péniche Anako sont contraintes de quitter leur quai le 2 janvier 2018 dans le XIXe arrondissement de Paris, situé entre le MK2 Quai de Seine-Loire et le Parc de la Villette. Il y a au total neuf péniches associatives sur ces quais.

La décision est d'autant plus étrange que quatre emplacements supplémentaires ont été créés et que cette zone qui couvre le canal mais aussi le bassin de la Villette est de plus en plus axée sur les loisirs et la culture.

Cette décision est même inquiétante pour la place de la culture associative à Paris. Ces deux péniches installées ici depuis plus de dix ans vont devoir faire place à un projet d’agriculture urbaine avec restauration sur place, et une "péniche-bal" soutenue par le créateur de lieux culturels-festifs "bobos" comme La Rotonde, la Petite Halle de La Villette, les Dock B à Pantin et de la Bellevilloise. La Mairie a lancé l'appel d'offre en mars dernier et cèderait ses amarres pour dix ans en échange de fructueuses rémunérations.

Ce dimanche 17 septembre, une mobilisation conjointe entre les péniches était prévue. Une pétition pour la péniche Cinéma a déjà récolté plus de 10000 signatures, qui s'ajoutent aux 12000 signatures pour sauver la péniche Anako.

Après 10 ans d’exploitation axés sur le quartier, de contraintes administratives rocambolesques où on nous imposait de ne pas faire de bénéfices sous peine d’être virés, lisez donc dans les détails (cf. Marianne du 11 Août 2017 “La Mairie de Paris coule la culture “) ce qu’a décidé la Mairie de Paris : nous virer, nous et la Péniche Anako, au premier janvier 2018 pour mettre à notre place une antenne de La Bellevilloise et à l’emplacement d’Anako, une épicerie flottante appartenant au groupe Carrefour.
J’en appelle à ceux qui ont été diffusés sur ce bateau, y ont été produits, aux écoles de cinéma, aux réalisateurs (trices), aux comédiens (nes), aux Festivals passés par chez nous, à ceux qui sont nés ici et passent maintenant au Forum des Halles, à toutes les associations que nous avons soutenues et/ou reçues gracieusement, à vous Mme Goodall, grande primatologue venue nous rendre visite à plus de 80 ans, aux participants et organisateurs de la Ouishare Fest, du Festival Zéro Wast, aux abonnés du restaurant 100% produits frais que nous avions créé, aux clubbers, aux marié(e)s , aux pacsés, aux hétéros, aux homos, aux riverains, au quartier dans lequel nous vivons depuis 10 ans et où nous nous sentons chez nous.

En fait, le plus gênant dans cette histoire, c'est le changement des règles du jeu. Les péniches sur ces quais devaient être associatives, à but non lucratif. Actives culturellement, ces péniches parvenaient à créer des dizaines d'événements et accueillaient des artistes souvent snobés par les institutions. Désormais, elles sont ouvertes au privé, qui va chercher de la rentabilité, mais qui devront aussi reverser un pourcentage de leurs ventes à la Ville.

Le profit comme seul mobile

On s'étonne ainsi quand le maire socialiste du XIXe arrondissement, François Dagnaud, explique que les projets retenus doivent répondre aux critères suivants (dans Le canard enchainé): "Ouverture sur le quartier et participation aux initiatives locales, valorisation de la voie d'eau et viabilité du modèle économiques." Les deux péniches menacées semblaient répondre à ces critères, mais, sans doute jugées pas assez profitables (en même temps, ça leur était interdit).

La mairie n'a pour l'instant présenter aucune alternative. Des emplois sont menacés, aucun nouveau lieu d'amarrage n'est trouvé. Il reste à savoir si le Conseil de Paris va oser sabrer dans ces symboles culturels au nom du respect de la loi Sapin 2 qui oblige à mettre en concurrence les occupants du domaine public (rien ne les obligeait à changer les modes d'attribution en voulant faire du profit un critère indispensable).

Un recours devrait être déposé. L'affaire devrait se terminer au tribunal. Face à face, la marchandisation d'un espace public gentrifié et deux associations alternatives et populaires déterminées à rester à quai. Touchées mais pas coulées.

Edit : à noter qu'un appel à solidarité a été lancé par Frank Delrieu, responsable de l’association de la péniche cinéma. Il est disponible en ligne sur le site GoFundMe.

Pourquoi MK2 veut être sur les Champs-Elysées?

Posté par vincy, le 15 septembre 2017

Judicieusement, depuis 1974, MK2 s'est développé sur la Rive gauche mais surtout dans les quartiers populaires, aujourd'hui boboïsés et gentrifiés, à l'Est, loin des spots historiques de Gaumont et UGC (Opéra, Champs-Elysées, Montparnasse, Les Halles). Le réseau de Marin Karmitz a longtemps été sans réelle concurrence - hormis à Montparnasse, Beaubourg et Bastille - à Gambetta, Jaurès, Bibliothèque nationale de France, Odéon, Nation.

Mais les choses ont changé. D'une part les grands circuits ont investit les mêmes zones: Pathé à La Villette et Ivry, UGC qui rénove à Odéon et ouvre un multiplexe porte d'Aubervilliers, etc... (lire aussi notre article). D'autres cinémas se regroupent : Etoile, qui après la Porte des Lilas et Saint-Germain-des-Prés a repris le Balzac sur les Champs, en attendant l'ouverture éventuelle de Voltaire ; Haut et Court qui gère Le Nouvel Odéon et le Louxor ; Les Ecrans de Paris avec des salles éparpillées entre Bastille, Passy et Saint-Germain des Prés.

D'autre part, la fréquentation a évolué dans la capitale. Si on prend les dix plus importants multiplexes, la géographie est claire. UGC Les Halles, UGC Bercy, MK2 Bibliothèque, Gaumont Parnasse, MK2 Quai de Seine-Loire, Gaumont Opéra, Pathé Beaugrenelle, Gaumont Aquaboulevard, Pathé Wepler et UGC Paris 19. On constate d'abord que deux de ces complexes n'étaient pas ouverts avant 2010 (Beaugrenelle et Paris 19). Ensuite, seuls trois multiplexes se trouvent dans les "spots" historiques (et dans les arrondissements centraux), et aucun sur les Champs-Elysées, autrefois grand rendez-vous des cinéphiles.

Alors quel intérêt pour MK2 d'investir dans les Champs-Elysées, sachant que le réseau a déjà une salle prestigieuse au sein du Grand Palais?

Car MK2 a reçu une autorisation "tacite" selon Le Film français, pour créer un multiplexe de huit salles sur les Champs, afin de remplacer le vétuste UGC George V (11 salles, 1700 fauteuils), créé en 1938 (UGC l'a repris en 1993). Le complexe vieillot, passant de près de 800000 entrées en 2012 à 240000 en 2016, ne correspond plus aux critères d'UGC qui ferme ses cinémas non rentables, préférant investir lourdement dans l'ouverture de Ciné Cité ou dans la rénovation des vieux cinémas de quartiers populaires. Le bail arrivait à son terme et les nouvelles conditions n'étaient pas acceptables. Il est situé dans un immeuble qui doit être complètement rénové afin d'installer un hôtel de luxe français.

Le projet serait transformé en multiplexe de 8 salles et réduit à 1000 places. A proximité de l'UGC Normandie, du Balzac, du Publicis et du Lincoln, l'arrivée de MK2 risque de bousculer les équilibres sur la zone fragilisée, mise à mal par la hausse inflationniste des loyers. Le Gaumont Ambassade a déjà disparu d'un côté de l'avenue, remplacé par une marque de chaussures. Ces loyers ne peuvent être assumés que pour le prestige de l'adresse ou par des grandes marques multinationales (Foot Locker, Five Guys, Weston pour les plus récents).

MK2 prend donc un sérieux risque dans une zone très concurrentiel et désaffectée par les cinéphiles: la fréquentation est passé de un million de spectateurs il y a dix ans à 540000 l'an dernier. Plus personne ne va sur les Champs pour aller au cinéma, hormis les journalistes pour les projections, la plupart dans des salles privées.

Mais pour MK2, attaqué sur son terrain à l'Est et au Sud de Paris, il est vital de s'étendre et de rester l'un des circuits majeurs en France (il est le 3e à Paris, 9e en France). S'il vient de franchir un grand cap en Espagne (en rachetant le plus grand cinéma de Madrid et le réseau Cinesur, il est devenu le le 3ème opérateur cinématographique du pays), s'il a racheté un concurrent à Bastille, rénové Odéon et Beaubourg et agrandit son fleuron à la Bibliothèque nationale de France, son projet marseillais a pris l'eau et n'a toujours pas de salles en dehors de la Capitale, malgré des projets hors des frontières.

Size does matter, apparemment.

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6 événements de la rentrée à ne pas rater: le culte Harmony Korine

Posté par vincy, le 19 août 2017

Rétrospective et exposition "Harmony Korine"
Centre Pompidou, Paris 4e
du 6 octobre au 5 novembre 2017

En présence du réalisateur himself, le Centre Pompidou a décidé de consacrer sa grande rétrospective à un cinéaste à part, décalé, culte: Harmony Korine. Une grande exposition présentée pour la première fois dans une institution en France réunira un ensemble de ses peintures, photographies et installations créées depuis l'adolescence.

Korine sera également présent pour accompagner de nombreuses séances qui lui sont dédiées ainsi que des événements live, dont un DJ set durant la Nuit Blanche le 7 octobre et une rencontre le 8 octobre. Au programme, les spectateurs pourront revoir ses longs métrages - Gummo, Julien Donkey-Boy, Mister Lonely, Trash Humpers, Spring Breakers - les films qu'il a scénarisé pour Larry Clark - Kids, Ken Park -, ses courts et moyens métrages - A Bundle a Minute, Visual Mafia, Fight Harm, Korine Tap, Crutchnap, Mac and Plak, Blood of Havana, Act Da Fool, Curb Dance, Umshini Wam, Caput, Snowballs, The Lotus Community Workshop: The Fourth Dimension -, ses clips (Sonic Youth, Cat Power, Rihanna...), publicités et réalisations pour la télévision. Et bien entendu, comme pour chaque rétrospective à Beaubourg, un film de commande exclusif: "Où en êtes-vous, Harmony Korine?".

On peut ajouter au programme une carte blanche au réalisateur avec The Outsiders, Les nains aussi ont commencé petits, Pixote, la loi du plus faible, Les Amants du Pont-Neuf et Scum.

Un livre, coédité par les Éditions Rizzoli, la Gagosian Gallery et les Éditions du Centre Pompidou, abordera les différents aspects de son univers visuel.

"Ce que moi j’essaie de faire, c’est de vous faire ressentir quelque chose. Je n’essaie pas de dire quelque chose en particulier, peut-être que le film, lui, dit quelque chose et c’est très bien. À partir des personnages et de ce qu’ils racontent, ce que j’essaie d’obtenir est davantage une expérience physique : une sensation de malaise, de confusion, de transcendance, de stupéfaction, de gêne, d’humour. J’aime que ces sensations arrivent les unes après les autres, très rapidement de façon à ne jamais vous laisser en paix" rappelle le réalisateur.

6 événements de la rentrée à ne pas rater: L’art brut de Caro et Jeunet

Posté par vincy, le 14 août 2017

"L'art brut de Caro et Jeunet", Exposition par Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro
La Halle-Saint-Pierre, Paris 18e
7 septembre 2017 - 31 juillet 2018

A deux pas du café d'Amélie Poulain, La Halle Saint Pierre accueillera Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro pour une première grande exposition en France. On y trouvera leur cinéma, à travers extraits de films, objets, costumes et autres documents vient dialoguer avec les dessins et peintures de Marc Caro et des œuvres d’art singulier réalisées ou collectionnées par Jean-Pierre Jeunet. D'Amélie Poulain à Alien, on se confrontera aussi à l’electromécanomaniaque Gilbert Peyre et son esthétique foraine, Ronan-Jim Sevellec et ses cabinets de curiosités miniature à l’élégance fanée ou encore Jéphan de Villiers et son petit peuple imaginaire nostalgique des civilisations perdues.

Œuvres et objets « fétiches » des films des deux réalisateurs ouvriront de nouvelles voies vers l’imaginaire, un monde onirique et fantastique.

"Pour ma part, notre filiation revendiquée avec Meliès et l’art forain, trouve naturellement sa place à la Halle Saint Pierre qui a toujours sut accueillir ceux qui marchent en dehors des clous..." explique Marc Caro. Jean-Marc Jeunet de son côté dévoile un pan de ce que l'on y verra: "Marionnettes articulées pour les films d’animation, Machines Steampunk, costumes baroques, Aliens géants, objets emblématiques comme le cahier de photomaton d’Amélie, sans compter les storyboards, dessins de décors, BD et illustrations de Marc Caro... Tant d’objets qui traînaient dans mon bureau que je décidai de les partager."

Le Grand Rex vend ses fauteuils

Posté par vincy, le 21 juillet 2017

A l'occasion de ses travaux d'été (16 août-8 septembre), la grande salle mythique du Grand Rex sera fermée pour rénovation. "Tous les sièges du balcon, les moquettes ainsi que les peintures de sol vont être refaits" indique le communiqué.

"À cette occasion et suite au succès de la même opération sur la salle 4, nous allons mettre en vente, au prix symbolique de 10€ l'unité, les anciens fauteuils du balcon. Un siège comprend deux accoudoirs et est fixé sur le sol (ou sur un socle) à l'aide de vis (qui vous seront fournies)" précise le cinéma.

À partir du 16 août et durant deux jours seulement ce sont plus de 1000 sièges qui seront mis à la disposition des chineurs, collectionneurs et autres fans cinéphiles.

Chaque siège vaut 10€; qu'il soit rouge ou noisette.

Il n'y a qu'un seul moyen de les acheter. Il faut se déplacer (et soi-même les démonter). En effet, il n'y a aucune réservation possible ni aucune vente par internet.

Le Forum des Images perd sa directrice et Séries Mania

Posté par vincy, le 7 juillet 2017

Laurence Herszberg, directrice générale du forum des Images depuis 15 ans, a démissionné de son poste. En acceptant de prendre la direction du festival international des séries à Lille, la créatrice de Séries Mania porte un coup fatal au festival parisien.

"J'ai accepté de prendre la direction du projet de Festival international des séries porté par la région Hauts-de-France et par la ville de Lille. C'est le choix du cœur, de la légitimité et du courage" explique-t-elle dans son communiqué. Elle ajoute: "C'est le choix du cœur d'abord, parce que je porte Séries Mania depuis sa naissance en 2010. En huit éditions, les 5 000 spectateurs du début sont devenus 50 000 en 2017. Les prochaines années, je veux désormais les consacrer à faire de ce nouveau projet le festival de référence dans le monde pour les séries. Je sais que je peux compter sur l'appui essentiel de Frédéric Lavigne, directeur artistique de Séries Mania depuis l'origine et qui a décidé de m'accompagner à Lille…"

Il est vrai que le jury qui a attribué ce projet de Festival de séries à Lille avait préconisé, en décembre dernier, de solliciter l’équipe parisienne de Laurence Herszberg, "jugée la plus à même de développer ce projet sur les acquis de Séries Mania." Jusqu'au bout, Laurence Herszberg a défendu Séries Mania à Paris lors de la compétition pour le Festival voulu par le ministère, puis lors de la dernière édition, en avril, qui fut un véritable succès.

Lille reprend aussi le nom du festival parisien

Belle prise de guerre pour Xavier Bertrand qui porte politiquement le projet lillois. Le départ de la directrice et de son équipe pour Lille signe la fin de Séries Mania à Paris. La ville a cédé gracieusement le nom du Festival à celui de Lille, qui deviendra officiellement Séries Mania-Festival international des séries. Dans Le Monde, Bruno Julliard, premier adjoint et chargé de la Culture, voit "une opportunité pour le Forum des Images d’écrire une nouvelle page avec l’arrivée d’une nouvelle direction d’ici l’automne" et acte qu'il n'y aura pas "de nouvelle édition de Séries Mania l’an prochain, du moins sous cette forme." Dans notre article du 25 mars, "Festival des Séries: il y aura forcément des morts!", on imaginait bien un tel scénario. Reste le projet cannois qui reste une grosse épine dans le pieds pour celui de Lille.

A la mairie de Paris, la priorité  est désormais de choisir une nouvelle équipe et un nouveau projet. Le Forum des images, c'est plus de 300000 spectateurs par an, avec 5 salles de cinéma, une bibliothèque spécialisée, un bar-restaurant, 7500 films numérisés et avant tout le lieu d'accueil de L'Etrange Festival, de Mon premier festival, de Cinéma du réel, du Carrefour du Cinéma d'animation, de Cinéma au Clair de Lune, en plus des reprises de la Quinzaine, d'Annecy et d'Angers.

Le futur cinéma Etoile Voltaire à Paris retoqué par la justice

Posté par vincy, le 24 juin 2017

C'est un rebondissement inattendu que le Tribunal administratif a réservé à la Ville de Paris le 14 juin dernier. En effet, le projet emblématique du Cinéma Etoile Voltaire, qui devait s'installer dans une ancienne sous-station électrique dans le cadre de l'opération "Réinventer Paris", a été stoppé net. "La décision de la ville de Paris désignant le projet « Etoile Voltaire » de la société Etoile cinémas développement, comme lauréat de l’appel à projets « réinventer Paris » au titre du bâtiment sis 14 avenue Parmentier est annulée" explique le jugement.

Un jury beaucoup trop municipal

Selon le Tribunal, la mairie de Paris n'a pas respecté les règles qu'elle avait elle-même fixées: les noms des jurés chargés de sélectionner les finalistes n'ont ainsi jamais été révélés, tout comme ceux des jurés chargés de choisir le vainqueur. De plus, le Tribunal a souligné que le jury devait être international et s'avérait en fait essentiellement municipal, comme l'a souligné le jugement: "vingt trois membres votants ont effectivement assisté au jury, dont, en premier lieu, quinze élus municipaux, premier adjoint au maire, adjoints au maire pour huit d’entre eux, président de groupe politique au conseil de Paris pour cinq d’entre eux et maire du onzième arrondissement pour le dernier, en deuxième lieu, quatre personnes dénommées qui ont siégé, es qualité, respectivement, de président de la commission du vieux Paris, de directrice générale de l’atelier parisien d’urbanisme, de directeur général du pavillon de l’Arsenal et de représentant de « Paris & Co » et enfin quatre personnes siégeant en qualité « d’expert international » ; que les dix membres non votants prévus, dont trois étaient présents, selon la même liste d’émargement, ont tous la qualité de fonctionnaire de direction des services de la ville de Paris placés sous l’autorité hiérarchique de l’exécutif municipal."

Une contestation citoyenne validée

L'affaire avait été portée en justice fin 2015 par l'Association Le 14 avenue Parmentier, qui rassemble des riverains contestant l'attribution du marché et préférant un projet participatif et citoyen. Ils craignent aussi que le projet "dénature" le bâtiment patrimonial. Le Tribunal leur a donné raison sur "la procédure irrégulière" et a condamné la ville à verser 1000€ à l'Association.

L'Association de Défense pour l'Aménagement concerté de l'Avenue Parmentier (ACAP) était aussi vent debout contre ce projet: "C'était un simulacre de présentation ! La réunion a été obtenue au forceps... On soutient la mairie dans le projet de réhabilitation. Mais pas pour n'importe quoi... Nous ne voulons pas d’hypermarché du cinéma, mais un cinéma de quartier ! Ce sont les habitants qui doivent choisir le projet, pas les édiles... " avait déclaré sa présidente Valérie Robert dans Télérama.

La Mairie de Paris a décidé de faire appel.

Un projet retardé d'au moins un an

Il y avait 47 projets initialement puis 4 finalistes. Le projet lauréat est porté par Etoile Cinémas, qui devait déposer le permis de construire cet automne, le restaurateur Thierry Marx, la Société des Réalisateurs de films (SRF) qui voulait y installer son QG, la Bellevilloise, le psychanalyste Gérard Miller (proche de Jean-Luc Mélenchon) et l'architecte Olivier Palatre. Le cinéma devait avoir 5 salles (environ 500 fauteuils), mixant cinéma d'art et d'essai et films populaires, un restaurant en terrasse (qui oblige à surélevé le bâtiment) et un espace pour les événements et spectacles (lire notre article du 3 février 2016). Etoile Cinéma dispose déjà de trois cinémas à Paris: le Balzac (sur les Champs-Elysées), Lilas (au-dessus du périphérique) et Saint-Germain des Prés.

D'ores et déjà, l'ouverture est retardée d'un an si la Mairie gagne son appel du jugement. Initialement, le "Voltaire" devait ouvrir en 2019.

Quelques séances ciné gratuites pour Okja en France

Posté par vincy, le 23 juin 2017

[Actualisation le 24 juin 2017] Finalement, Okja de Bong Joon-ho, en compétition à Cannes, sortira dans quelques salles en France. Après deux mois de polémique et alors qu'il sera diffusé dès mercredi sur Netflix, on apprend par l'AFP que le film sud-coréen sera projeté cinq fois et gratuitement. La projection qui devait avoir lieu au Forum des Images le 28 juin à 20h30 a été annulée. Idem pour celle au Max Linder, ce qui enlève la dernière projection parisienne.

Le mono-écran des Grands Boulevards a justifié l'annulation ainsi:

"Le Max Linder, attaché aux œuvres et aux auteurs, et convaincu de l’intérêt cinématographique du film, avait accepté d’organiser une séance exceptionnelle gratuite de Okja de Bong Joon-Ho, mercredi 28 juin à 14h, dans le cadre du festival Sofilm. Prenant en compte le contexte actuel de l’exploitation cinématographique et les débats suscités par la projection de ce film, et constatant que nous étions la seule salle sur Paris, nous choisissons de nous retirer du festival Sofilm" explique la gérante et programmatrice Claudine Cornillat.

Dans tous les cas, c'est regrettable. Dès lors qu'il était diffusé dans un Festival comme Cannes, pourquoi, dans le cadre d'un autre festival, retire-t-on le droit à des spectateurs non privilégiés de voir un film qui, rappelons-le, mérite d'être vu en salles....

Pour les autres chanceux, les séances auront lieu en France mercredi 28 juin (et le 6 juillet à Bordeaux). C'est à l'initiative du festival SoFilm que ces projections pourront avoir lieu.

- Paris: Max Linder Panorama (14H00)

- Paris: Forum des images (20h30)

- Montreuil: Le Méliès

- Nantes: Sofilm Summercamp, au Stereolux (19H00)

- Nantes: en plein air sous les Nefs des chantiers navals (22H30).

- Bordeaux : le 6 juillet, aux Tropicales by Sofilm à l'Utopia (20H00)

- Bordeaux: le 6 juin en plein air au Darwin (22h30).

Votez « Cinéma à volonté »!

Posté par vincy, le 9 juin 2017

Allez, pour une fois, on s'engage politiquement. Aux législatives, si vous votez dans la 2e circonscription de Paris, oubliez les grands partis, les candidats médiatiques (NKM, Guaino), votez Cinéma à volonté. Ce n'est pas une blague. Le parti existe vraiment. Son candidat est Alain Penso, auteurs de livres sur le cinéma entre autres.

Cinéma à volonté est le "seul courant à revendiquer que la culture et le 7e art soient la base de la démocratie." "Pour un budget qui dépasse de loin les 1, 1% des budgets de l'Etat !" plaide-t-il. Alain Penso propose aussi dans son programme de remettre en fonction La Pagode, cinéma fermé et laissé à l'abandon, situé dans la circonscription.

Il prévoit également de rembourser les places de cinéma à 100% (par la sécurité sociale): "un ticket de cinéma contre un antidépresseur".

A voir la page Facebook du parti, on peut constater qu'il y a un mix de sérieux et de fantaisie. C'est "un courant surréaliste". Pour ne pas dire du courant alternatif.

Ce qu’il faut savoir sur le 6e Mission:Impossible

Posté par redaction, le 7 mai 2017

Une pré-prod sur les nerfs
Enfin il se tourne ce 6e Mission: Impossible. Avant même la sortie de Mission Impossible : Rogue Nation, Tom Cruise et le réalisateur Christopher McQuarrie avaient confirmé le tournage dès l'été 2016 pour une sortie en 2017 d'une suite. La franchise M:I est une pépite pour la Paramount. Tout le monde était dans les starting-blocks.
La production a d'abord été retardée par des divergences sur le scénario, qui a été réécrit. Et puis Tom Cruise et les producteurs qui ne s'entendaient pas sur le chèque à verser à l'acteur, et notamment son pourcentage sur les profits de chacun de ses blockbusters.
Le tournage est alors décalé novembre (pour une sortie inscrite au deuxième semestre 2017).
Finalement, la production est calée au printemps 2017. La sortie est prévue pour le 27 juillet 2018.

Paris, je t'aime
Grâce au crédit d'impôts très avantageux dont bénéficient les productions internationales, de plus en plus de producteurs sont intéressés pour venir en France. En tout cas, ça ne les rebute plus. Financièrement ils s'y retrouvent. Quand Il faut sauver le Soldat Ryan avait du se tourner en Irlande, Dunkirk a pu être filmé sur les lieux même des plages du nord de la France.
Ceci explique pourquoi depuis début avril, M:I 6 fait le tour de la Capitale. Après James Bond et Jason Bourne, voici donc Ethan Hunt pour s'offrir des course-poursuites dans la Ville Lumière (qui a nécessité un an d'entraînement pour Cruise). La production va dépenser au total 25M$ pour 35 jours de tournage à Paris. 300 techniciens ont été requis pour cette longue séquence parisienne du film. On a ainsi vu Tom Cruise cascadant et vrombissant en moto près du Champ de Mars, dans le quartier de l'Opéra et de la Bourse et cette semaine entre l'Hôtel de Ville et le Marais. Une grande scène a été tournée au Grand Palais, près des Champs-Elysées, transformé en night-club gigantesque, avec des centaines de figurants.
Outre les retombées économiques, le film servira à coup sûr la promotion de Paris. Ce qui fait du bien en cette période où le touriste s'est raréfié depuis la série d'attentats qui frappe la France.

Un réal fidèle
Tom Cruise travaille en confiance avec Christopher McQuarrie. C'est leur troisième film ensemble depuis 2012, après Jack Reacher et Mission:Impossible - Rogue Nation. Outre les deux scripts des M:I, McQuarrie a aussi écrit le scénario de La Momie, Edge of Tomorrow et Walkyrie, trois films avec Cruise en star.
Le cinéaste américain joue les touristes sur son compte Instagram (les photos sont issus de son compte), et partage ainsi de beaux clichés de la capitale (en ajoutant parfois un commentaire amoureux sur la ville, clamant d'ailleurs "Paris, je t'aime".
C'est la première fois qu'un réalisateur signe deux épisodes de la série Mission:Impossible, initiée par Brian de Palma il y a plus de 20 ans.

Un cast sexy
On retrouve Ving Rhames (qui a été de tous les épisodes de la franchise) et Simon Pegg (arrivé dans la série depuis le 3e épisode) et trois acteurs de Rogue Nation: Alec Baldwin, Sean Harris et Rebecca Ferguson (qui fait jeu égal avec Cruise niveau compétences et qui devient ainsi la première actrice de la série à être dans deux épisodes). Parmi les nouveaux, il y a Henry Cavill, aka Superman, Vanessa Kirby, aka la Princesse Margaret dans "The Crown" et Sian Brooke, vue dans "Sherlock". Kirby hérite du rôle "romantique" de l'épisode si on en croit les photos de paparazzis qui ont capté un baiser entre elle et Cruise. Jeremy Renner était prévu à l'origine pour reprendre son rôle de William Brandt, mais à cause de l'enchainement des tournages des Avengers (notamment Infinity War prévu pour l'an prochain dans les salles), il n'a pas pu se libérer. Dans le registre trivial, on peut aussi noter que Henry Cavill avait remplacé Tom Cruise pour le film Agents très spéciaux: Code U.N.C.L.E..