Cannes 2012 : Doroga Na, 1er prix de la Cinéfondation

Posté par vincy, le 25 mai 2012

Cette année, le Jury de la Cinéfondation et des courts métrages du 65e Festival de Cannes était présidé par Jean-Pierre Dardenne, entouré d’Arsinée Khanjian, Karim Aïnouz, Emmanuel Carrère et Yu Lik-Wai. La Sélection comprenait 15 films d’étudiants.

Lors d’une cérémonie salle Buñuel, suivie de la projection des films primés, qui avait lieu cet après midi, trois films ont été récompensés..

Premier Prix (15 000 €) : Doroga Na (En chemin) de Taisia Igumentseva (Institut national de la cinématographie S. A. Gerasimov Russe). Son premier long métrage sera donc certain d'être présenté au Festival de Cannes.
Son film raconte l'histoire de Sergueï, vendeur dans le secteur des articles insolites. Sa vie ressemble à des millions d’autres, jusqu’à ce que la nuit tombe sur la ville.

Deuxième Prix (11 250 €) : Abigail de Matthew James Reilly (New York University)
Dans ce film, une jeune pompiste essaie de quitter la ville pour toujours. On découvre peu à peu des détails fragmentaires de sa vie alors qu’elle arpente cette friche en plein délabrement qu’on appelle chez-soi.

Troisième Prix (7 500 €) : Los Anfitriones (Les Hôtes) de Miguel Angel Moulet (Escuela Internacional de Cine y Televisión de San Antonio de Los Baños)
Félix, 65 ans, s’occupe des cochons dans une porcherie du village. Josefina, son épouse, est à l'hôpital pour y subir des examens. Félix a un accident presque fatal qui vient perturber sa routine quotidienne. Lorsque Josefina revient avec des nouvelles fatidiques ils affrontent le problème de la seule façon possible.

Cannes 2012 : La Semaine de la Critique couronne le film espagnol Aqui y Alla

Posté par vincy, le 24 mai 2012

Premiers prix du 65e Festival de Cannes, ceux de la Semaine de la Critique, ce jeudi soir. Quatre des sept films présentés en compétition repartent avec un titre, mais c'est bien le favori de la sélection qui emporte le Grand prix et prend un sérieux avantage dans la course à la Caméra d'or, qui sera décernée dimanche au meilleur premier long métrage toutes sélections confondues.

- Grand Prix Nespresso de la Semaine de la Critique: Aqui y Alla (Ici et Ailleurs) d'Antonio Méndez Esparza (Espagne/Etats-Unis/Mexique)
Le cinéaste et président du jury Bertrand Bonello a salué une oeuvre "qui par sa narration, passe du documentaire à la fiction, qui impressionne sans chercher à nous impressionner et nous laisse avec l'humanité de ses personnages".
C'est l'histoire de Pedro de retour dans son petit village de montagne à Guerrero, au Mexique. Il y retrouve ses filles, devenues plus âgées mais aussi plus distantes, et sa femme, toujours aussi souriante. Cette année, les villageois s’attendent à une récolte abondante et il y a du travail en ville. Toutefois, étant habitués à la précarité, leur intérêt se tourne principalement vers leurs familles ou les opportunités de travail plus au Nord, de l’autre côté de la frontière.

- Prix Révélation France 4 : Sofia's Last Ambulance d'Ilian Metev (Allemagne/Bulgarie/Croatie)
Le jury a souligné "la retenue et l'engagement" de ce film qui "reflète la vie d'une nation en transition".
Le film montre le quotidien, sur le fil, d'une équipe de secouristes en butte à la décrépitude du système de santé bulgare. Dans une ville qui ne possède que 13 ambulances pour deux millions d'habitants, Krassi, Mila et Plamen sont nos héros improbables : gros fumeurs, bourrés d’humour et sans cesse en train de sauver la vie d’autrui, malgré le grand nombre d’obstacles. Cependant, le système brisé les met à rude épreuve. Combien de temps vont-ils encore tenir à sauver les écorchés de la société jusqu'à ce qu'ils perdent leur empathie?

- Prix SACD : Les voisins de Dieu de Meni Yaesh (Israël/France)
Il s'agit d'une plongée énergique dans l'intégrisme religieux en Israël. Avi, le chef, Kobi et Yaniv, trois bons copains, se sont auto-désignés surveillants d’un quartier de Bat Yam en Israël. Ils sont jeunes, savent se battre, Ils surveillent les tenues des femmes, font respecter le shabbat, et s'assurent que les Arabes de la ville de Jaffa n’entrent pas dans le quartier avec leurs voitures diffusant de la musique tonitruante. L'équilibre de la bande vacille le jour où Avi tombe amoureux d’une jeune fille.

- Soutien ACID/CCAS à la distribution : Los Salvajes d'Alejandro Fadel (Argentine).
Ce film retrace l'évasion violente, façon western, de cinq adolescents d'un centre de redressement, à travers des paysages sauvages. Ce pèlerinage d’une centaine de kilomètres vers la promesse d’un foyer est semé d'embûches : ils chassent pour se nourrir, pillent, se droguent, se lavent dans des rivières, se battent entre eux et font l’amour.

Cinélatino 2012 : retour sur le palmarès

Posté par MpM, le 4 avril 2012

A l'issue d'une semaine de compétition, les différents jurys de la 24e édition de Cinélatino ont rendu leur verdict. La variété des films récompensés est à l'image des sélections de cette année qui proposaient un aperçu riche et complexe de la production cinématographique sud-américaine.

Parmi les lauréats, plusieurs ont déjà des distributeurs en France, ce qui permettra au public de les découvrir prochainement sur les écrans. On souhaite aux autres, et notamment à nos chouchous El ultimo Elvis et Un monde secret, de profiter de leur passage remarqué à Toulouse pour trouver eux-aussi leur place dans la ronde des sorties hebdomadaires...

Grand Prix Coup de Coeur
Los Ultimos cristeros de Matías Meyer (Mexique / Pays-Bas)

Mention spéciale
Près du feu de Alejandro Fernández Almendras (Chili / Allemagne)

Prix du Public La Dépêche du Midi
Violeta se fue a los cielos de Andrés Wood (Chili/Argentine/Brésil/Espagne)

Prix CCAS - Prix des électriciens gaziers

Des histoires qui n'existent que lorsque l'on s'en souvient de Julia Murat (Brésil/Argentine/France)

Prix Fipresci
Sudoeste d' Eduardo Nunes (Brésil)

Prix Découverte de la Critique Française
El ultimo Elvis d'Armando Bo (Argentine)

Mention spéciale
Un monde secreto de Gabriel Mariño (Mexique)

Rail d'Oc - Prix des cheminots
Des histoires qui n'existent que lorsque l'on s'en souvient de Julia Murat (Brésil/Argentine/France)

Prix lycéen de la fiction
Un monde secreto de Gabriel Mariño (Mexique)

Prix "Courtoujours"
Pra eu dormir tranquilo de Juliana Rojas (Brésil)

Prix SIGNIS du court-métrage
Kyaka la na d'Adriana CEPEDA (Etats-Unis/Colombie/Guatemala)

Prix Documentaire Rencontres de Toulouse
Una vida sin palabras d'Adam Isenberg (Turquie/Nicaragua)

Prix SIGNIS du documentaire
Canicula de José Alvarez (Mexique)

Prix lycéen du documentaire
Una vida sin palabras d'Adam Isenberg (Turquie/Nicaragua)

Deauville Asia 2012 : le prix Action Asia attribué à Wu Xia

Posté par kristofy, le 12 mars 2012

Depuis 2004, le Festival Asiatique de Deauville s’est attaché (en plus de la compétition officielle) au genre "film d’action" au sens large (polar, combats, guerre…) avec la compétition Action Asia.

Jusque-là, le jury "Action asia" comptait dans ses rangs des personnalités réputées pour leur proximité avec les films d’action (Xavier Gens, Jan Kounen, Marc Caro, Eric Serra, Franck Vestiel, Fred Cavayé, Cut Killer …), et presque chaque année, c’est naturellement le film le plus spectaculaire et le plus novateur qui s’imposait comme lauréat : Ong-Bak de Prachya Pinkaew, Arahan de Ryoo Seung-wan, A bittersweet life de Kim Jee-woon, Dog bite dog de Cheang Soi, The chaser de Na Hong-jin...

Toutefois, cette année, le jury Action Asia composé d'Isabelle Nanty, Arié Elmaleh, Didier Long, Fabienne Babe et Bruno Wolkowitch a choisi Wu Xia de Peter Ho-Sun Chan qui n’est pas tellement original, aux dépends du film favori The Raid de l’Indonésien Gareth Huw Evans qui sera parmi les films les plus frappants de l’année...

Retour sur une sélection Action Asia 2012 qui se partage entre grands noms qui déçoivent quelque peu et premières œuvres plutôt impressionnantes.

Dans les espoirs déçus, il y a les combats dérivés du kung-fu :

Wu Xia (déjà découvert à Cannes) de Peter Ho-Sun Chan avec Donnie Yen, avec une histoire calquée sur History of violence de David Cronenberg, n’offre jamais les étincelles que l’on pouvait attendre de la réunion de ses deux experts en film d’action. Le duo avait d'ailleurs déjà collaboré ensemble sur Bodyguards and Assassins (d’ailleurs sélectionné à Deauville en 2010). Au regard des productions respectives de Peter Ho-Sun Chan et de Donnie Yen, Wu Xia apparaît comme un film mineur de leur filmographie.

De la même façon, The sorcerer and the white snake avec Jet Li est un film assez convenu de fantasy, où un moine va tenter d’empêcher les conséquences néfastes d’une romance entre un démon-serpent ayant l’apparence d’une femme et un humain. Force est de constater que les effets spéciaux modernes ne se conjuguent pas très bien avec ce style de récit tombé un peu en désuétude...


The sword identity de Xu Haogeng évoque deux guerriers au sabre non-conventionnel défiés par les gardiens des traditions de quatre écoles de kung-fu sur le thème ‘les arts martiaux et les arts militaires sont deux choses différentes’. The sword identity ne propose aucun enjeu et le film peine à trouver son identité…

Les films de guerre ont fait meilleure impression avec un savoir-faire indéniable pour les batailles :

War of the arrows fait s’affronter les coréens Joseon et leurs ennemis de Mandchourie en 1636. Ces derniers déportent un groupe de prisonniers dont une femme tout juste mariée, dont le frère est un archer particulièrement adroit à l’arc qui va les contrecarrer. C’est un film de divertissement spectaculaire avec beaucoup de qualités (des poursuites, des duels, de la romance…) mais pas assez d’originalité au vu des nombreuses productions coréennes de ce type...

Le taïwanais Wei Te-Sheng fait quant à lui très fort avec une (très) longue épopée guerrière qui tient autant de Braveheart que de Avatar : il s’agit du soulèvement de tribus de Taïwan en 1930 contre l’occupant japonais. Warriors of the rainbow – Seediq Bale est un film d’action qui parle de résistance face à un pays colonisateur, thème très fédérateur. Ici, une tirade contre les ‘bienfaits civilisateurs’ des japonais fait écho aux différentes brimades subies par les autochtones qui sont obligés de travailler dur à déplacer des rondins d’arbre.

Ceux qui étaient considérés comme des sauvages vont se révolter contre les japonais, et quelque 300 guerriers insaisissables vont mettre en déroute les armées du Soleil Levant. Les japonais organisent leur riposte avec des bombes quand les tribus avec leurs flèches se préparent au sacrifice… Warriors of the rainbow – Seediq Bale est une grande épopée guerrière inspirée d’évènements réels avec beaucoup de séquences épiques. Ce film de Wei Te-Sheng est devenu l'un des plus gros succès taïwanais (il est sorti en 2 parties, le film dure 4h30), il devrait nous arriver directement en dvd (en version réduite de 2h35) à l’automne 2012.

Le grand favori était le film The Raid, et la première projection a fait applaudir plusieurs fois le public habituellement très silencieux. Un groupe de policiers se lance à l’assaut de l’immeuble réputé intouchable d’un trafiquant de drogue. Ils sont une petite vingtaine à investir les lieux défendus par une centaine de résidents organisés et armés… Les policiers se retrouvent bloqués et encerclés dans un piège où à chaque étage des tueurs ont pour mission de les éliminer. Des exécutions brutales en guise d’introduction indiquent que The Raid sera plutôt brutal, puis il y aura une succession de combats violents avec beaucoup de ‘pencak silat’ (art martial indonésien).

The Raid aligne les séquences de bravoure (par exemple un policier avec une matraque seul dans un couloir contre une quinzaine de tueurs armés de machettes) où le côté "bourrin" des combats est contrebalancé par la réalisation de l’ensemble très fluide. La force de The Raid est d’assumer de façon volontaire son côté film d’exploitation avec beaucoup de combats sauvages et une mise en scène digne des meilleurs polars. Le réalisateur Gareth Huw Evans a réussi à réaliser le genre de film que de nombreux réalisateurs d’action fantasmaient de faire, nul doute que The Raid va devenir une nouvelle référence.

Vesoul 2012 : retour sur le palmarès qui couronne August drizzle

Posté par redaction, le 22 février 2012

Après une semaine de compétition, de rencontres et de découvertes en tous genres, la 18e édition du festival des cinémas d'Asie de Vesoul (FICA) s'est achevée mardi soir avec l'annonce du palmarès et la projection en avant-première du nouveau film de Wang Quan'An, Apart together. Le jury international présidé par Atiq Rahimi, et réunissant Ermerk Chinarbaev, Nestor O. Jardin et Latika Padgaonkar, a choisi de remettre le Cyclo d'or 2012 au Sri-lankais Aruna Jayawardana pour August drizzle, également couronné du prix NETPAC.

Le film se déroule dans la campagne sri-lankaise où le soleil assèche toute chose. On y suit la vie d'une femme dans son activité d'entrepreneur de pompes funèbres, reprise après la mort de son père. Rejetée par la communauté de son village du fait de cette profession habituellement masculine, l'héroïne tente de mener à bien le projet de construction d'un crématorium, utile pour le village mais qui risque de ruiner son concurrent. Sous un aspect physique peu charmeur, la jeune femme rêve malgré tout d'amour, de mariage, d'enfants... même si le destin en a décidé autrement.

August drizzle se caractérise par des images pas du tout racoleuses, et au contraire belles dans leur capacité à nous montrer la dure réalité quotidienne de cette communauté. Et puis il y a cette femme dont on s'écarte, qui abandonne un à un ses rêves de bonheur personnel, mais si forte dans la poursuite de son projet, et qui a su émouvoir et séduire public et jurés.

Le Grand prix du jury international va lui à Dance town de Jeon Kyu-hwan (Corée), qui surprend par son observation du genre d’accueil que peut offrir la Corée du Sud à une réfugiée de Corée du Nord. La jeune femme est observée et guidée de manière assez pressante quand elle n’est pas surveillée de manière oppressante. Le réalisateur Jeon Kyu-hwan propose un film à l’aspect moins cinématographique que son précédent (Animal Town, déjà présenté à Vesoul, qui avait fait une très favorable impression), comme si l’esthétique de l’image était diminuée par la dureté de son contenu. On y voit surtout une grande ville qui n’intègre pas vraiment une personne étrangère, ni même ses habitants quand ils sont très âgés ou handicapés. Ces solitudes qui se croisent parfois ne semblent jamais entrevoir la perspective d'une amélioration de leur sort. A noter que le film a également convaincu le jury INALCO, qui lui décerne son prix coup de cœur.

Le jury international a également choisi de distinguer Le temps dure longtemps de Őzcan Alper et Nino de Loy Arcenas. Si le premier tranchait incontestablement sur le reste de la compétition, par ses qualités cinématographiques et la force de son propos (les génocides kurdes et arméniens), on peut en revanche être plus surpris par le succès du second (qui a également reçu le coup de coeur Guimet), mélo familial formaté à l'esthétique de série télévisée.

Final Whistle de Niki Karimi (photo de droite) récolte quant à lui trois prix mérités (Prix Emile Guimet, Prix INALCO et Prix du jury lycéen). Le film débute avec une réalité qui nous est familière (l'actrice/réalisatrice Niki Karimi qui travaille sur un film) comme pour nous faire croire à la réalité du scénario : une femme est prête à vendre un de ses organes dans l’espoir de réunir assez d’argent pour éviter que sa mère ne soit condamnée à mort.

Dans le film on se déplace beaucoup d’un endroit à un autre et souvent en voiture, la caméra est toujours en mouvement pour suivre les personnages et en même temps pour placer le spectateur en position de témoin. Bien qu’il s’agisse d’une fiction on est alors happé par une impression de réel, et on va découvrir progressivement le drame qui a eu lieu. L'occasion de partager avec le spectateur plusieurs questions sur la justice ou les droits des femmes en Iran.

Return ticket de Teng Yung-Shing (mention spéciale NETPAC), sur des ouvrières chinoises qui aspirent à retourner dans leur ville natale pour le Nouvel An,  et Khalifah de Nurman Hakim (prix du public), qui aborde la question de l'intégrisme religieux en Indonésie, se partagent les autres récompenses de la compétition long métrage tandis que Les origines de la pomme de Catherine Peix (prix du public) et Parvaz, l'envol de Reza d' Ali Badri (prix du jury jeunes) sont distingués dans la compétition documentaire.

Une partie des films primés seront repris comme chaque année à l'auditorium du Musée des Arts Asiatiques Guimet de Paris du 18 au 20 avril 2012. Et pour la prochaine édition du FICA, il faudra attendre la semaine du 5 au 12 février 2013.

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Le palmarès complet

Cyclo d'or
August drizzle de Aruna Jayawardana (Sri Lanka)

Grand Prix du Jury International
Dance town de Jeon Kyu-hwan (Corée)

Mentions spéciales :
- Nino de Loy Arcenas (Philippines)
- Le temps dure longtemps de Őzcan Alper (Turquie)

Prix du Jury NETPAC
August drizzle de Aruna Jayawardana (Sri Lanka)

Mention spéciale NETPAC
Return ticket de Teng Yung-Shing (Taïwan/Chine)

Prix Emile Guimet
Final whistle de Niki Karimi (Iran)

Coup de cœur Guimet
Nino de Loy Arcenas (Philippines)

Prix INALCO
Final whistle de Niki Karimi (Iran)

Coup de cœur INALCO
Dance town de Jeon Kyu-hwan (Corée)

Prix du public long métrage de fiction
Khalifah de Nurman Hakim (Indonésie)

Prix du Jury Lycéens
Final whistle de Niki Karimi (Iran)

Prix du public du film documentaire
Les origines de la pomme de Catherine Peix (Kazakhstan-France).

Prix Jury Jeunes
Parvaz, l'envol de Reza d' Ali Badri (Iran-France)

Crédit photos : Michel Mollaret

Berlin 2012 : un Ours d’or pour les frères Taviani et leur César doit mourir

Posté par MpM, le 19 février 2012

Comme prévu, le jury du 62e Festival de Berlin, présidé par Mike Leigh, a rendu un palmarès équilibré faisant la part belle au cinéma humain et engagé. César doit mourir des frères Taviani, adaptation sensible et poignante de la pièce de Shakespeare Jules César par les détenus d'un quartier de haute sécurité, remporte logiquement l'Ours d'or. Son humanité, la réflexion politique qu'il induit et son intelligence de mise en scène en faisaient l'un des plus évidents favoris.

A ses côtés, le film hongrois sur les meurtres de Roms, Juste le vent, est justement récompensé pour ses aspects naturalistes et sa force dramatique à la limite du documentaire, sans compter les résonances que le sujet peut avoir dans toutes les régions du monde.

Sans grande surprise non plus, l'Allemand Chistian Petzold, habitué de Berlin et chouchou de la critique internationale, repart avec un prix d'envergure (l'Ours d'argent du meilleur réalisateur) pour son drame situé dans l'Allemagne de l'Est au début des années 80 (Barbara).

Seul vrai "faux pas" du palmarès, le double prix pour la médiocre Affaire royale du Danois Nikolaj Arcel, mélange prévisible de la Reine Margot et de The duchess dans le Danemark du XVIIIe. Autant l'on peut comprendre le prix d'interprétation pour l'acteur Mikkel Boe Folsgaard, qui se démène beaucoup pour interpréter ce roi danois désaxé, autant le prix du scénario semble avoir été attribué par erreur, tant l'écriture du film est formatée et lourdingue.

On est en revanche très heureux de voir saluée l'inventivité et l'audace cinématographiques de Miguel Gomez (Tabu) qui invente un cinéma quasi sociologique où le comportement humain est décortiqué comme dans un documentaire animalier. Troublant et captivant.

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Tout le palmarès

Ours d'or du meilleur film
César doit mourir de Paolo et Vittorio Taviani (Italie)

Ours d'argent - Grand prix du jury
Juste le vent de Bence Fliegauf (Hongrie)

Ours d'argent du meilleur réalisateur
Christian Petzold pour Barbara (Allemagne)

Ours d'argent de la meilleure actrice
Rachel Mwanza (RDC) dans Rebelle de Kim Nguyen (Canada)

Ours d'argent du meilleur acteur
Mikkel Boe Folsgaard (Danemark) dans A Royal affair de  Nikolaj Arcel (Danemark)

Ours d'argent de la meilleure contribution artistique
La photo de Bai lu yuan de Wang Quan'an (Chine)

Ours d'argent du meilleur scénario
A Royal affair de Nikolaj Arcel (Danemark)

Prix Alfred Bauer de l'innovation, en mémoire du fondateur de la Berlinale
Tabu de Miguel Gomes (Portugal)

Mention spéciale du jury
L'Enfant d'en haut d'Ursula Meier (Suisse)

Ciné-Junior 2012 : El premio et Forgiveness of blood récompensés

Posté par MpM, le 16 février 2012

Sans réelle surprise, deux films se sont largement détachés lors de la la 22e édition de Ciné-Junior : El premio de Paula Markovitch et Forgiveness of blood de Joshua Marston, respectivement grand prix et mention spéciale du jury professionnel.

Le premier revient avec une ironie toute tragique sur la dictature militaire des années 70 en Argentine, tandis que l'autre aborde le droit coutumier séculaire du "Kanun", qui, en Albanie, interdit aux membres masculins d’une famille de sortir de chez eux, lorsqu’un de leurs membres est accusé d’un crime de sang. Même si l'on aurait peut-être inversé l'ordre des prix, on ne peut que saluer le choix des jurés menés par Manuel Poirier.

A noter que Forgiveness of blood de Joshua Marston réalise le triplé en recevant également le prix CICAE et le prix Passeurs d’Images-Kyrnea International. Enfin, deux autres longs métrages se partagent les prix parallèles : En el nombre de la hija de Tania Hermida, prix du Festival du grain à démoudre et de plusieurs jurys jeunes, et Silberwald de Christine Répond, également prix du jury jeunes.

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Le palmarès

Grand Prix Ciné Junior
El premio de Paula Markovitch

Mention spéciale du jury professionnel
Forgiveness of blood de Joshua Marston

Prix CICAE
Forgiveness of blood de Joshua Marston

Prix Passeurs d’Images-Kyrnea International
Forgiveness of blood de Joshua Marston

Prix des jurys jeunes des classes de 3e du college Danielle Casanova, 6e du collège Albert Camus de Thiais, 6e du collège Dorval de Orly et 4e du Collège Cherioux de Vitry sur Seine
En el nombre de la hija de Tania Hermida

Prix des jurys jeunes de la classe de 3e du collège Paul Klee de Thiais
Forgiveness of blood de Joshua Marston

Prix des jurys jeunes de la classe de 4e du collège Henri Rol Tanguy de Champigny sur
Marne

Silberwald de Christine Répond

Rencontres Henri Langlois 2011 : retour sur les films primés

Posté par MpM, le 20 décembre 2011

rihl poitiers 2011On a beau être habitué à la qualité des films sélectionnés par les Rencontres Henri Langlois de Poitiers, c'est un plaisir toujours renouvelé de découvrir le dynamisme et l’inventivité des tout jeunes réalisateurs contemporains. Il faut dire que la sélection est drastique (cette année, 40 œuvres retenues sur les plus de 1300 reçus), et la concurrence rude. Dans les écoles de cinéma du monde entier, on se bat pour figurer parmi les heureux participants au festival.

Que dire, alors, de ceux qui ressortent vainqueurs de la compétition finale, remportant un (ou plusieurs) prix parmi la petite dizaine qui est décernée ? La première impression, c'est que les différents jurys ont probablement bien travaillés, tant les films primés sortent du lot. Sur les cinq que l'on a pu voir (parmi les 6 qui se partagent les récompenses 2011), pas une seule fausse note. C'est à peine si, parfois, on aurait inversé les niveaux de prix... question de sensibilité subjective plus qu'autre chose.

Chose amusante, sur les cinq films, quatre sont l’oeuvre de réalisatrices, preuve que la relève sera plus homogène que ne l'est l'offre actuelle ! Côté géographie, l'Europe est surreprésentée, avec deux films allemands, un britannique (tourné en Argentine, malgré tout), un polonais et... un russe. Pour sauver l'honneur, le 6e film, un long métrage qui n'était pas présenté lors de la reprise du palmarès à la cinémathèque française, est sud-coréen !

Animation, documentaire, comédie, tragédie... tous les styles ont séduits les jurys, qui ne boudent ni leur plaisir, ni leur conscience politique. Un bel équilibre qui donne un aperçu captivant des préoccupations des jeunes cinéastes. Si l'on devait malgré tout faire un reproche un peu général, ce serait sur la difficulté qu'ont les cinéastes de finir leurs histoires. Souvent, les "chutes" ne sont pas à la hauteur du reste, laissant clairement le spectateur sur sa faim. Mais trêve de généralités et retour sur les cinq films en question.

Reaching out to mama d'Olga Tomenko
Le monde, vu à travers le regard d'une petite fille boudeuse, se pare d'une étrange tonalité fantastique. La jeune réalisatrice distord le réel, rend inquiétant un simple tiroir, et capte la fantaisie cruelle de l'enfance. On est surtout séduit par l'ambiance inconfortable qu'elle parvient à créer, et par le naturalisme saisissant de son actrice.

L'échange de Maria Steinmetz
Un jeune couple se promène fièrement avec un nouveau né. Mais l'enfant est remplacé à leur insu par un bébé troll. De ce conte humaniste en forme d'hymne à la tolérance, la jeune réalisatrice allemande fait une nativité ironique et décalée, en mêlant icônes religieuses et personnages d'heroic fantasy. L'animation, épurée et fluide, apporte une véritable inventivité visuelle au récit, et en renforce l'universalité.

Silent River de Anca Miruna Lazarescu
Dans la Roumanie de Ceaucescu, deux hommes décident de risquer le tout pour le tout : traverser le Danube pour fuir à l'Ouest. Tandis que l'échéance se rapproche, la tension monte, et les obstacles surgissent. On est saisi par l'urgence du propos, qui emprisonne spectateurs et personnages dans un climat de plus en plus anxiogène. Au-delà du récit et de ses conséquences, on ne peut aussi s'empêcher de faire le parallèle avec Welcome de Philippe Lioret, où un jeune homme tentait de traverser la Manche à la nage pour rejoindre l'Angleterre-terre promise. Les époques et les circonstances changent, mais pour les êtres humains qui en sont victimes, le prix de la liberté est toujours aussi dur à payer.

Abuelas d'Afarin Eghbal
Il fallait oser aborder un sujet aussi grave (les enlèvements d'enfants pendant la dictature argentine) dans un film d'animation débridé et fantaisiste. Et pourtant, tout fonctionne à la perfection, des cadres photos qui prennent vie aux jouets qui reconstituent les enlèvements. En voix-off sur ces images presque joyeuses, les témoignages des grands-mères-courage apportent juste l'éclairage nécessaire, sans pathos ni émotions forcée. Malgré une durée réduite (9 minutes), tout est (admirablement) dit.

frozen storiesFrozen Stories de Grzegorz Jaroszuk
Les deux pires employés du mois d'un supermarché froid et anonyme se voient confier une mission étrange : trouver un but à leur existence. Le ton ultra-décalé de cette comédie ironique créée une ambiance à la fois surréaliste et désespérante. Mais surtout, les personnages qui semblent totalement désincarnés sont servis par des comédiens si convaincants (mention spéciale au patron neurasthénique) qu'ils rendent crédibles les situations les plus farfelues.

Les Arcs 2011 : le palmarès après une semaine de cinéma, de tartiflettes et de ski

Posté par vincy, le 17 décembre 2011

Les Arcs accueillent depuis trois ans le Festival du cinéma européen. Une initiative issue de la passion de ses créateurs et de l'ambition de désenclaver une région qui dispose de peu de salles : un joyeux mélange où le chaleureux accueil et l'ambiance "cool" n'enlèvent rien au désir de cinéma.

10 000 spectateurs l'an dernier se sont déplacées pour découvrir des avant-premières européennes au castings étoilés ou des films d'auteurs inconnus venus de différents pays européens. De Bourg-Saint-Maurice dans la Vallée aux Arcs 2000 au plus près des pistes, le Festival s'étend sur toute une montagne enneigée.

Cela incite à skier (en journée), à recharger les batteries (tartiflettes, tourtes savoyardes, bref charcuterie, fromages, et vin blanc pétillant), et se laisser porter d'une salle à l'autre.

Les étudiants de cinéma côtoient les jeunes réalisateurs ; les distributeurs et producteurs encadrent les talents plus confirmés ; les actrices font des blagues (Leila Bakhni a improvisé une imitation d'Audrey Tautou, absente) ; la presse écrite, qui réduit sa place pour le secteur culturel, est peu présente alors radio, télé, blogueurs font connaissance. On parle anglais autour d'une bière à minuit par moins 5 degrés, les pieds dans la neige.

Et puis il y a les avant-premières. Les vedettes défilent. Présentation, projection, questions. Les savoyards jouent les timides. Claude Duty s'amuse en Maître de Cérémonie.

La 3e édition du Festival de Cinéma Européen des Arcs s'est clôturée vendredi 16 décembre, malgré la tempête de neige. Le jury, présidé par le réalisateur et comédien italien Michele Placido, a salué la qualité de la sélection qui lui a permis de découvrir de « vrais films d’auteurs intransigeants et magnifiques ». Il a décerné six prix :

- La Flèche de Cristal, en partenariat avec LVT Digimage, a été remise au long-métrage Portrait au crépuscule (en photo) de la russe Angelina Nikonova qui sortira en France le 22 février 2012, distribué par Rezo Films. Le film a déjà reçu de nombreux prix : Meilleur premier film, Meilleure actrice et Meilleur scénario (Honfleur), Grand Prix aux Festivals de Reykjavik, Varsovie, Cottbus, Thessalonique et Estoril.
- Le prix du Jury a été attribué à Gypsy, film slovaque du réalisateur Martin Sulik, pour sa capacité à faire découvrir un monde dans lequel on se sent bien, loin des clichés exotiques gitan.
- le prix de la révélation féminine Métro a été attribué à la jeune comédienne Emma Levie pour son rôle dans le film néerlandais Lena de Christophe Van Rompaey.
- le prix de la révélation masculine Métro a récompensé le comédien Matthias Schoenaerts pour son rôle dans le film belge Bullhead de Michaël R. Roskam qui sortira le 22 février 2012 distribué par Ad Vitam.
- Le prix de la meilleure photographie, en partenariat avec Panavision, a été décerné au film allemand Dreilbeben : Une minute d’obscurité de Christoph Hochhaülser.
- le prix de la meilleure musique a été attribué à Jan Inge (Ginge) pour le film norvégien Sons of Norway de Jens Lien.

De leur côté, es lycéens de Bourg Saint Maurice ont remis le prix du Jury Jeune, au film Death au a superhero de Ian Fitzgibbon avec Thomas Brodie-Sangster. Une mention spéciale a été attribuée à Terraferma d’Emmanuele Crialese, primé au dernier festival de Venise.

Enfin, le prix du public, remis en partenariat avec Ciné+ et Télérama, a lui aussi récompensé Death of a superhero.

Le prix Cineuropa, attribué à un film produit ou co-produit par un pays participant au programme MEDIA ou membre du programme Eurimages, a été attribué au film espagnol Extraterrestre de Nacho Vigalondo.

Les 10 meilleurs films canadiens de l’année selon le Festival de Toronto

Posté par vincy, le 15 décembre 2011

Pour la première fois, le classement annuel du festival de Toronto des 10 meilleurs films canadiens comprend cinq films québécois, soit la moitié.

Monsieur Lazhar, Café de Flore, Marécages, Le vendeur et Starbuck côtoient ainsi A Dangerous Method, Take This Waltz, Keyhole, Hobo with a Shotgun et Edwin Boyd.

Le Festival distingue cette année des cinéastes comme Falardeau (meilleur film canadien au Festival international du film de Toronto, primé au festival de Locarno cette année et désigné comme représentant du Canada aux Oscar dans la catégorie du meilleur film étranger), Vallée (le réalisateur de CRAZY), Scott (qui signe avec Starbuck le plus gros succès local de l'année), Cronenberg et Polley.

Parmi les films québécois cités, on notera que Monsieur Lazhar, Café de Flore et Starbuck sont déjà programmés pour sortir dans les salles françaises.