Bull fait l’unanimité à Deauville 2019

Posté par vincy, le 14 septembre 2019

Le 45e Festival de Deauville a remis son 25e Grand prix à Bull d'Annie Silverstein, distribué par Sony Pictures. Le jury de Catherine Deneuve s'est ainsi retrouvé en phase avec les journalistes qui ont également remis au film le Prix de la critique et avec le jury de la Révélation, présidé par Anna Mouglalis, qui lui a décerné le Prix Fondation Louis Roederer de la Révélation.

Premier long métrage de fiction de la documentariste et réalisatrice de courts Annie Silverstein, Bull avait été présenté en avant-première mondiale dans la section Un certain regard à Cannes en mai dernier. Le film raconte l'histoire d'une ado paumée qui rencontre son voisin, torero vieillissant en déclin, dans une banlieue de laissés pour compte de Houston (Texas). Sa forme réaliste expose ainsi une Amérique profonde, misérable, où seule la solidarité peut encore faire espérer à un monde meilleur.

Deux autres films cannois ont été récompensés par le jury de Deauville. Le prix du jury a distingué The Climb, chronique drôle et amère de Michael Angelo (coup de cœur du jury Un certain regard), distribué par Metropolitan, et The Lighthouse, drame presqu'horrifique de Robert Eggers (Prix Fipresci dans les sections parallèles cannoises), distribué par Universal le 18 décembre.

Un prix spécial pour l'édition anniversaire du festival a récompensé Swallow de Carlo Mirabella-Davis, primé à Tribeca au printemps, et distribué en France chez UFO.

Le Prix du Public de la Ville de Deauville s'est distingué en préférant The Peanut Butter Falcon de Tyler Nilson et Michael Schwartz, mélange de drame, de comédie et d'aventures, avec Zachary Gottsagen, Shia LaBeouf et Dakota Johnson. Le film avait fait son avant-première au festival SXSW en mars. Il remporte un joli succès dans les salles américaines depuis sa sortie fin août, avec un box office de 13M$ à date, et se positionnant dans les 12 succès du week-end depuis trois semaines.

Les trois autres prix remis à Deauville ont couronné Les Misérables de Ladj Ly (Prix d’Ornano-Valenti), Cuban Network d'Olivier Assayas (Prix du 45e Festival de Deauville) et le roman A sang perdu de Rae DelBianco (Prix Littéraire Lucien Barrière).

Deauville 2019: les destins inégaux des Grands prix du jury

Posté par vincy, le 14 septembre 2019

Deauville va remettre son 25e Grand prix à l'occasion de sa 45e édition. Les jurys successifs du festival du cinéma américain ont su parfois flairer des talents aujourd'hui bien installés à Hollywood - Jeff Nichols, Damien Chazelle, Chloé Zhao pour les plus récents -, couronner des films désormais cultes - Hedwig en tête de liste -, ou anticiper des gros succès publics - Dans la peau de John Malkovitch, Little Miss Sunshine, Whiplash... Surtout, pas mal de ces grands prix ont été nommés aux Oscars quelques mois plus tard. Si ce n'est pas vraiment le festival normand qui les a découverts (souvent les films passent d'abord par Sundance, Tribeca, SXSW ou même Cannes), il a contribué à la montée du buzz pour des œuvres aussi variées que Collision (Oscar du meilleur film), Maria, pleine de grâce, The Messenger, Les bêtes du sud sauvage, Whiplash etc...

Côté box office français, le résultat est plus inégal. Certains films qui ont reçu le Grand prix du jury n'ont même pas eu le droit d'une sortie en salles: c'est le cas de Case départ (What Alice Found) de A. Dean Bell (2003), The Messenger de Oren Moverman (2009), et de 99 Homes de Ramin Bahrani (2015). Cela interroge à la fois sur l'impact des festivals, aussi prestigieux soient-ils, sur la prudence des distributeurs dans un marché de plus en plus concentrés sur les importantes productions.

Pourtant à regarder les 21 films sortis en salles, il y a eu quelques destins heureux dans les salles, avec un film millionnaire, trois autres au dessus des 500000 entrées. Mais la plupart de ces films indépendant américains, qu'ils soient feel-good ou appréciés par l'élite critique ont séduit moins de 70000 spectateurs. Ce qui ne retire rien à leurs qualités. On peut aussi voir le verre à moitié plein: sans un grand prix dans un festival aussi médiatisé que Deauville, on doute que des film de Tom DiCillo, Thomas McCarthy, Jeff Nichols, Kelly Reichardt ou Ira Sachs aient attiré autant de français dans les salles. Si ce n'est pas le critère essentiel, cela reste un soutien non négligeable dans la promotion. Mieux, il y a quelques excellents films dans ce palmarès...

Car ce que l'on constate dans ce tableau - aux films très variés dans leurs styles comme dans leurs genres, avec ou sans stars - n'est pas lié à une grande époque ou un déclin éventuel. les années 2010 se portent d'ailleurs plutôt mieux que les années 1990.

Année Film Entrées
2006 Little Miss Sunshine 1129000
1999 Dans la peau de John Malkovich 717000
2014 Whiplash 640000
2005 Collision 554000
2012 Les Bêtes du sud sauvage 288000
2004 Maria, pleine de grâce 237000
1995 Ça tourne à Manhattan 235000
2008 The Visitor 230000
2011 Take Shelter 201000
2016 Brooklyn Village 117000
2017 The Rider 95000
2018 Thunder Road 77000
2010 Mother and Child 70000
2000 Girlfight 66000
2002 Long Way Home 65000
2013 Night Moves 56000
1996 En route vers Manhattan 53000
1997 Sunday 40000
1998 Et plus si affinités 40000
2001 Hedwig and the Angry Inch 37000
2007 The Dead Girl 15000

Venise 2019: le Lion d’or pour le Joker

Posté par redaction, le 7 septembre 2019

Roman Polanski, Lion d'argent (Grand prix du jury) avec J'accuse, Ariane Ascaride, Coupe Volpi (la douzième pour une actrice française), Sami Bouajila, le trio Jessica Palud, Philippe Lioret, Diastème dans la section Orrizonti: le cinéma français a été honoré à la Mostra de Venise cette année. Mais c'est bien le Joker qui rafle le Lion d'or dans un palmarès éclaté... Même les super-héros peuvent gagner un grand prix prestigieux international, en plus de triompher au box office.

Palmarès Compétition
Lion d'or: Joker de Todd Phillips
Grand prix du jury: J'accuse de Roman Polanski
Meilleur réalisateur: Roy Andersson pour About Endlessness
Meilleure actrice: Ariane Ascaride pour Gloria Mundi de Robert Guédiguian
Meilleur acteur: Luca Marinelli pour Martin Eden de Pietro Marcello
Meilleur scénario: Yonfan pour Ji yuan tai qi hao (No. 7 Cherry Lane)
Prix spécial du jury: La mafia non è più quella di una volta de Franco Maresco
Prix Marcello Mastroianni (espoir): Toby Wallace dans Babyteeth

Palmarès Orrizonti
Meilleur film : Atlantis de Valentyn Vasyanovych
Meilleur réalisateur : Théo Court pour Blanco en Blanco
Prix spécial du jury: Verdict de Raymund Ribay Gutierrez
Meilleure actrice: Marta Nieto dans Madre de Rodrigo Sorogoyen
Meilleur acteur: Sami Bouajila dans Bik Eneich (Un Fils) de Mehdi M. Barsaoui
Meilleur scénario : Jessica Palud, Philippe Lioret, Diastème pour Revenir de Jessica Palud
Meilleur court-métrage: Darling de Saim Sadiq

Prix Luigi De Laurentiis du meilleur premier film (toutes sélections confondues)
You Will Die At 20 de Amjad Abu Alala

Réalité virtuelle
Grand prix du jury: The Key de Céline Tricart
Meilleur contenu interactif: A Linha de Ricardo Laganaro
Meilleure histoire: Daughters of Chibok de Joel Kachi Benson

Venezia Classici
Meilleur film restauré: Extase de Gustav Machatý
Meilleur documentaire sur le cinéma: Parou de Barbára Paz

Venice Days
Prix du public: Un divan à Tunis de Manele Labidi
Label Europa Cinemas: Boze Cialo de Jan Komasa
Prix Edipo Re Inclusion: Boze Cialo de Jan Komasa
Prix Venice Different Smile: My Brother Chases Dinosaurs de Stefano Cipani

Les réalisatrices triomphent à Angoulême

Posté par vincy, le 25 août 2019

C'est un palmarès très féminin que celui du 12e Festival du film francophone d'Angoulême décerné ce soir.

La présidente du jury, Jacqueline Bisset, et son jury ont récompensé un film (d'animation!) réalisé par deux femmes, une primo-réalisatrice et deux fois un film réalisé par une femme, qui repart aussi avec le prix du public.

Ce fut donc le sacre de Zabou Breitman et Éléa Gobbé-Mévellec, avec Les hirondelles de Kaboul (présenté à Un certain regard à Cannes et qui sort le 4 septembre), Valois de diamant et Valois de la musique ; Hafsia Herzi, avec Tu mérites un amour (présenté à la Semaine de la critique à Cannes et qui sort le 11 septembre), Valois de la mise en scène ; et Mounia Meddour, avec Papicha (présenté à Un certain regard à Cannes et qui sort le 9 octobre), Valois de la meilleure actrice, du scénario et du public.

Les Valois ont aussi primé Nina Meurisse, l'interprète de Camille le film de Boris Lojkine et Anthony Bajoin, l'acteur d'Au nom de la terre d'Edouard Bergeon, qui par ailleurs est aussi à l'affiche de Tu mérites un amour.

Palmarès

Valois de diamant
Les Hirondelles de Kaboul de Zabou Breitman et Éléa Gobbé-Mévellec

Valois de la mise en scène
Hafsia Herzi pour Tu mérites un amour

Valois de l’actrice
Lyna Khoudri dans Papicha de Mounia Meddour et Nina Meurisse dans Camille de Boris Lojkine

Valois de l’acteur
Anthony Bajon dans Au nom de la terre d’Edouard Bergeon

Valois du scénario
Mounia Meddour pour Papicha

Valois René Laloux du meilleur court-métrage d’animation
Selfies de Claudius Gentinetta

Valois de la musique
Alexis Rault pour Les Hirondelles de Kaboul d

Valois des étudiants francophones
Adam de Maryam Touzani

Valois du Public
Papicha de Mounia Meddour

Pedro Costa triomphe à Locarno

Posté par vincy, le 17 août 2019

Avec 246 films présentés, des honneurs allant d'Hilary Swank à SONG Kang-ho en passant par John Waters et Kiyoshi Kurosawa qui présente To the Ends of the Earth en clôture, le festival de Locarno, pour la première fois dirigé par Lili Hinstin, a persévéré dans son mélange des genres, de l'expérimental au grand public (avec 9500 personnes se précipitant pour voir le dernier Tarantino).

Le jury présidé par Catherine Breillat a couronné Vitalina Varela de Pedro Costa (initialement prévu à Un certain regard à Cannes avant d'être retiré de la liste à la demande du cinéaste portugais) en lui attribuant le Léopard d'or et le prix d'interprétation féminine. Ce drame autour d'une cap-verdienne de 55 ans qui arrive au Portugal trois jours après les funérailles de son mari... Cela fait alors 42 ans que son mari, Joachim, est parti de leur île pour travailler à Lisbonne. Pendant tout ce temps, elle a vécu seule, cultivant la terre de la ferme du couple, qui finalement ne se réunira jamais.Elle découvre alors les bidonvilles de Lisbonne, ces ouvriers capverdiens et leurs histoires.

Costa avait déjà été récompensé à Locarno du prix de la mise en scène en 2014 avec Cavalo Dinheiro.

A noter que le premier film sénégalais Baamum Nafi (Nafi’s Father) de Mamadou Dia repart avec deux prix dont le Léopard d'or de sa section, Cinéastes du présent. Le film raconte l'histoire de deux frères qui se disputent à propos du mariage de leurs enfants.

Palmarès Concorso internazionale

Léopard d’or, Grand Prix du Festival de la Ville de Locarno
Vitalena Varela de Pedro Costa, Portugal

Prix Spécial du jury des Villes d’Ascona et de Losone
Pa-go (Height of the Wave) de Park Jung-bum, Corée du Sud

Prix de la mise en scène de la Ville et de la Région de Locarno
Damien Manivel pour Les enfants d'Isadora, France/Corée du Sud

Léopard pour la meilleure interprétation féminine
Vitalina Varela pour Vitalena Varela de Pedro Costa, Portugal

Léopard pour la meilleure interprétation masculine
Regis Myrupu pour A Febre de Maya Da-Rin, Brésil/France/Allemagne

Mentions Spéciales
Hiruk-Pikuk Si Al-Kisah (The Science of Fictions) de Yosep Anggi Noen, Indonésie/Malaisie/France
Maternal de Maura Delpero, Italie/Argentine

Palmarès Concorso Cineasti del presente

Léopard d'or Cinéastes du présent
Baamum Nafi (Nafi’s Father) de Mamadou Dia, Sénégal

Prix du réalisateur émergent de la Ville et de la Région de Locarno
143 Rue du Désert de Hassen Ferhani, Algérie/France/Qatar

Prix Spécial du jury
Ivana the Terrible de Ivana Mladenovi?, Roumanie/Serbie

Mention spéciale
Here For Life de Andrea Luka Zimmerman et Adrian Jackson, Grande-Bretagne

Palmarès Premiers films

Prix pour la meilleure première oeuvre
Baamum Nafi (Nafi’s Father) de Mamadou Dia, Sénégal

Swatch Art Peace Hotel Award
La Paloma y el Lobo (The Dove and the Wolf) de Carlos Lenin, Mexique

Mentions spéciales
Instinct de Halina Reijn, Pays-Bas
Fi Al-Thawra (During Revolution) de Maya Khoury, Syrie/Suède

Champs-Elysées Film Festival 2019 : Vif-Argent de Stéphane Batut et Pahokee de Ivete Lucas et Patrick Bresnan raflent la mise

Posté par wyzman, le 26 juin 2019

Après une semaine de festivités, la 8e édition du Champs-Elysées Film Festival s'est achevée hier en grande pompe.

Le cinéma indépendant à l'honneur

Du 18 au 25 juin s'est déroulée la nouvelle édition du Champs-Elysées Film Festival. Créé par la productrice, distributrice et exploitante Sophie Dulac, le festival met depuis ses débuts le cinéma indépendant américain et français en avant. Par le passé, Fort Bliss de Claudia Myers, Scheherazade de Mehrnoush Aliaghaei, Weiner de Josh Kriegman et Elyse Steinberg, ou encore 68, mon père et les clous de Samuel Bigiaoui ont reçu les honneurs du jury.

Malgré des invités d'honneur de marque (Christopher Walken, Debra Granik, Jeff Goldblum et Kyle MacLachlan), différentes avant-premières et rétrospectives, c'est bien les différentes compétitions qui ont captivé les festivaliers. Entre films français ou américains, longs ou court métrages, il y avait du choix. Pour rappel, le Jury longs métrages était cette année présidé par Stéphane Brizé, lui-même accompagné de l’actrice Clotilde Hesme, de l’acteur et scénariste Grégoire Ludig, de la compositrice et interprète Jeanne Added, du chorégraphe Yoann Bourgeois, de la réalisatrice Danielle Arbid et du metteur en scène et humoriste Océan. Côté récompenses, les distributeurs des films français et américain salués par le Jury reçoivent une dotation de 11 000€ par la Banque Transatlantique.

Longs métrages français

Prix du Jury : Vif-Argent de Stéphane Batut
Prix des Etudiants : The World Is Full of Secrets de Graham Swon
Prix du Public : Frères d’arme de Sylvain Labrosse

Longs métrages américains

Prix du Jury : Pahokee de Ivete Lucas et Patrick Bresnan
Prix de la Critique : Saint Frances de Alex Thompson
Prix Etudiant : Braquer Poitiers - Chapitres 1 et 2 de Claude Schmitz
Prix US In Progress : Beast Beast de Danny Madden
Prix du Public : Saint Frances de Alex Thompson

Courts métrages français

Prix du jury : Djo de Laura Henno et Ông-Ngoai (Grand-Père) de Maximilian Badier Rosenthal ex-aequo
Prix de la Critique : Daniel fait face de Marine Atlan
Prix France Télévision : La route du sel de Matthieu Vigneau
Prix du Public : Je sors acheter des cigarettes de Osman Cerfon

Courts métrages américains

Prix du jury : Liberty de Faren Hames
Prix France Télévisions : Ready For Love de Dylan Pasture et Lauren McCune
Prix du Public : Night Swim de Victoria Rivera

Annecy 2019: J’ai perdu mon corps triomphe

Posté par redaction, le 15 juin 2019

Un mois après son grand prix à la Semaine de Critique, le film d'animation J'ai perdu mon corps de Jérémy Clapin triomphe au Festival International du film d'Annecy. Le film, qui sortira en salles en novembre chez Rezo films (et sur Netflix dans une grande partie du reste du monde), confirme la bonne année du cinéma d'animation français, puisque le Cristal du court métrage (Mémorable, également prix du public dans sa catégorie) et le Cristal de la meilleure œuvre en réalité virtuelle sont aussi décernés à un film français. J'ai perdu mon corps a gagné aussi bien le Cristal du long métrage, la Palme d'or de l'animation, que le prix du public.

Longs métrages
Cristal du long métrage : J'ai perdu mon corps de Jérémy Clapin (France)
Mention du jury : Buñuel après l'âge d'or de Salvador Simo (Espagne / Pays-Bas)
Prix contrechamp : Away de Gints Zilbalodis (Lettonie)
Prix du public : J'ai perdu mon corps de Jérémy Clapin (France)

Courts métrages
Cristal du court métrage : Mémorable de Bruno Collet (France)
Prix du jury : Tio Tomás - A contabilidade dos dias de Regina Pessoa (Canada / France / Portugal)
Prix "Jean-Luc Xiberras" de la première oeuvre : La Pluie de Piotr Milczarek (Pologne)
Mention du Jury : Pulsión de Pedro Casavecchia (Argentine / France) - My Generation de Ludovic Houplain (France)
Prix du public : Mémorable de Bruno Collet (France)

Courts métrages de fin d'études :
Cristal du film de fin d'études : Daughter de Daria Kashcheeva (République tchèque)
Prix du jury : Rules of play de Merlin Flügel (Allemagne)
Mention du jury : These Things in My Head – Side A de Luke Bourne (Royaume-Uni)

Réalité virtuelle
Cristal de la meilleure oeuvre : Gloomy Eyes de Jorge Tereso et Fernando Maldonado (Argentine / France)

Courts métrages "Off-Limits" :
Prix du film "Off-Limits" : Don't Know What de Thomas Renoldner (Autriche)

Films de télévision et de commande :
Cristal pour une production TV : Panique au village "La Foire agricole" de Vincent Patar et Stéphane Aubier (Belgique)
Prix du jury pour une série TV : Le Parfum d’Irak "Le Cowboy de Fallujah" de Léonard Cohen (France)
Prix du jury pour un spécial TV : La vie de château de Clémence Madeleine-Perdrillat et Nathaniel H'Limi (France)
Cristal pour un film de commande : Ted-Ed "Accents" de Roberto Zambrano (Australie, Etats-Unis)
Prix du jury : #TakeOnHistory "Wimbledon" de Smiths and Foulkes

Prix André Martin :
Pour un long métrage français : Le procès contre Nelson Mandela et les autres de Nicolas Champeaux et Gilles Porte
Pour un court métrage français : Mon juke-box de Florentine Grelier
Mention pour un court métrage français : Flow de Adriaan Lokman

Alain Cavalier, prix Jean Vigo d’honneur

Posté par vincy, le 14 juin 2019

Alain Cavalier, "Filmeur libre, que l'étrange voyage loin des studios a mené au plus près de l'humain", a reçu le Prix Jean Vigo d'honneur.

Les Prix Jean Vigo 2019 ont été remis le 12 juin au Centre Pompidou par Laetitia Dosch.

Assistant de Louis Malle sur Ascenseur pour l'échafaud et Les Amants, Alain Cavaliera tourné son premier court-métrage, Un Américain, en 1958. Une trentaine de films plus tard - Le Combat dans l'île, avec Romy Schneider, L'Insoumis , avec Alain Delon, La Chamade, avec Catherine Deneuve et Michel Piccoli, Un Etrange Voyage (Prix Louis-Delluc en 1981), Thérèse (1986, Prix du jury au Festival de Cannes, six César dont celui des meilleur film, meilleur réalisateur et meilleur scénario) - il s'aventure dans un cinéma plus personnel avec Le Filmeur, Pater avec Vincent Lindon, ou le récent Être vivant et le savoir, actuellement en salles.

Le Prix Jean Vigo du long métrage a été attribué à Stéphane Batut pour Vif-argent, que Les film du Losange distribuera le 28 août. Présenté à l'Acid à Cannes, il sera projeté cette semaine à Paris au Champs-Elysées Film festival. Le film a été récompensé "Pour son audace poétique, son romantisme intemporel, sa croyance dans les pouvoirs du cinéma à transcender les frontières de la vie et de la mort".

Le film suit un jeune homme (Thimotée Robart) qui erre dans Paris à la recherche de personnes qu’il est seul à voir. Il recueille leur dernier souvenir avant de les faire passer dans l’autre monde. Un jour, une jeune femme (Judith Chemla) le reconnait. Elle est vivante, lui est un fantôme. Comment pourront-ils s’aimer, saisir cette deuxième chance ?

Le Prix Jean Vigo du court métrage a distingué Claude Schmitz pour Braquer Poitiers (59 minutes), coproduit avec Le Fresnoy. Le film sera aussi présenté cette semaine à Paris au Champs-Elysées Film festival.

Primé "Pour sa façon d'allier humour insolite et élégance formelle, esprit surréaliste et lumière impressionniste", le film sui deux pieds nickelés qui prennent en otage un propriétaire d’un service de carwash, source de quelques poignées d’euro quotidiennes. Contre toute attente, celui-ci se montre ravi de cette compagnie qui s'impose à lui, venant égayer sa vie solitaire.

Créés en 1951, les Prix Jean Vigo distinguent "l’indépendance d’esprit, la qualité et l'originalité des cinéastes de court et long métrages" et notamment un "auteur d'avenir". C'est un prix d'encouragement et de confiance.

Le jury 2019 était composé de Agathe Bonitzer, Leïla Férault, Sophie Fillières, Charlotte Garson, Véronique Godard, Alain Keit, Jacques Kermabon, Quentin Mével, Nicolas Sand, Marcos Uzal et Gérard Vaugeois. Il a visionné les films français datant de juillet 2018 à mai 2019.

Cannes 2019 : Le palmarès des meilleures soirées

Posté par wyzman, le 27 mai 2019

Malgré une édition 2019 placée sous le signe des nuages, la rédaction d’Ecran Noir n’a pas manqué de faire un passage parfois très remarqué dans les soirées les plus stylées de la Croisette. Cette année plus que jamais, les playlists parfois interchangeables proposées sur la plage ont desservi certaines soirées. A l’instar de ces horaires de clôture (1h30, really?) ou du nombre toujours grandissant de non-professionnels du cinéma invités. Tout cela ne nous a cependant pas empêché de retenir 8 événements ou lieux qu’il ne fallait pas manquer cette année.

#8 La cérémonie de la Queer Palm (Rooftop de l’Hôtel Five Seas)

Attendue chaque année par les journalistes les plus fêtards, la cérémonie de la Queer Palm est également appelée « la dernière grande soirée ». En dépit d'un vaste espace, disposant d’une piste de danse, de coins pour s'asseoir ainsi que d’une jolie partie découverte, le roof top de l’Hôtel Five Seas a été cette année encore victime de son succès. Sans surprise, les cocktails à 15€ ont trouvé preneurs (nous entre autres avec la Mule Moscovite) mais de nombreux verres ont étaient brisés à force de s’entrechoquer entre quasi-inconnus. L’annonce du palmarès de la Queer Palm aura achevé la première partie "cocktails" et donné le coup d’envoi à une avalanche d’alcool. Évènement branché devenu mondain puis simplement populaire, la cérémonie de la Queer Palm n'est paradoxalement ni "punk" ni "queer". Mais elle reste un must-see, l'occasion de faire le bilan et de se dire au-revoir. Les connaisseurs le savent, c'est dans les toilettes du Spa (situé au -1) que l'on croise les jolis garçons qui vous faisaient des propositions indécentes ou illicites durant la soirée précédente.

#7 La suite Sandra & Co. by Sandra Sisley

Au 2 boulevard Croisette, avec une vue plongeante sur les marches du Grand Théâtre Lumière, on a dégusté une coupe de champagne ou un verre de vin en prolongeant la nuit cannoise jusqu’à l’aube. L’ambiance intimiste et cosy permet de refaire le monde comme à la maison tandis que sur le rooftop, le DJ cède aux désirs des danseurs, lançant juste pour nous "Marcia Baila" des Rita Mitsouko (Catherine is the Queen). Aux côtés de réalisateurs, producteurs et sélectionneurs, on a occupé la piste de danse et échangé sur le nouveau deal Netflix avec une seule pensée : "Il est trop tôt pour rentrer, le prochain film est à 8h30, trois heures de sommeil seront bien suffisantes..."

#6 La soirée de clôture de la Quinzaine des Réalisateurs (place CBeach)

Deux jours avant l’annonce du palmarès "officiel", les organisateurs de la Quinzaine des Réalisateurs ont voulu remercier leur fidèles publics et partenaires. Pour cela, nombreux étaient ceux conviés sur la plage de la Quinzaine pour danser jusqu’à 2h du matin sur l’une des pistes de danse les plus grandes de Cannes. Intelligemment structuré, l’espace permettait d’alterner avec une certaine aisance entre le bar, le distributeur de bière et les tables transformées en buffet. On y a goûté de succulents macarons, assis sur une dune de sable et entre deux coupes de champagne. Ou était-ce de la vodka ? On ne sait plus trop… Seul bémol : le volume sonore poussé à fond a perturbé de nombreuses discussions, qu’elles soient professionnelles ou particulièrement intimes !

#5 Mouton Cadet Wine Bar (Palais des Festivals)

Dress code:  Summer chic. Au Mouton Cadet Wine Bar situé au dernier étage du Palais des festivals, avec une vue imprenable sur Cannes, l'ambiance était en effet élégante. Distribution de chapeaux estivaux à tous, de manière à se croire un soir à la campagne. Il faut en effet un peu d'imagination puisque les invités étaient parfois trop élégants et glamour tandis que le temps était grisonnant et frisquet. Comme son nom l'indique, ce bar événementiel, qui attire les équipes de film en journée, n'a pas trop de souci d'approvisionnement en alcool. Les bouteilles de vin ne manquent pas. Et le cocktail, à base de Mouton Cadet Sauvignon Blanc, d’un trait de sirop de sucre et zeste de citron vert, s'arrachait. Le lieu idéal pour faire la transition entre une projection et les soirées sur les plages, qui ont une tendance à toutes se ressembler (après tout ça coûte moins de 30.000€).

#4 Alban Alban a.k.a. Ecran Noir x Pierre Laporte Communication

Annoncée comme une plaisanterie, il n’aura fallu que quelques textos pour que cette soirée devienne réalité. Commanditée par l’agence de presse Pierre Laporte Communication, celle-ci est rapidement devenue le lieu le plus hype de la Croisette ou du moins l’endroit où ceux qui comptent étaient. Journalistes lifestyle, critiques de cinéma, spécialistes de la communication ou ex-politiques… Tout le monde (ceux qu'on aime) s’est pressé ce soir-là Boulevard de la Ferrage pour apprécier la vue imprenable sur Cannes, un Spritz en main. Une trentaine d’invités "friendly" triés sur le volet et autant de bouteilles vides plus tard, il se murmure que cette initiative pourrait connaître une suite plus "albanitieuse".

#3 Le bateau Arte

Spot incontournable des blogueurs en vogue, le bateau Arte était cette année encore un lieu extrêmement convivial. Entre deux moments de flirt plus ou moins inoffensif, on y a croisé le casting de Bacurau, toujours prompt à évoquer les enjeux de leur film (prix du jury ex-aequo avec Les Misérables). Une coupe de champagne ou de rosé en main, c’était le lieu parfait pour parler des très bons premiers films de la sélection officielle et de la Quinzaine des Réalisateurs. Plus élitiste que jamais, il était nécessaire d’être invité pour apprécier les deux étages du yacht mis à disposition. Le bateau Arte reste le seul lieu où on peut croiser Adèle Haenel et Céline Sciamma et leur dire tout le bien que l'on pense de leur carrière respective, sans qu'elles soient cantonnées dans un carré VIP, une tendance qui tue la fête et créé une sorte de fracture sociale.

#2 La soirée de clôture de la Semaine de la Critique (plage Nespresso)

Comme l’an dernier, le comité d’organisation n’a pas lésiné sur les moyens pour montrer à ceux qui en doutaient que la fête peut encore être folle à Cannes. L’impressionnant stock de bouteilles de champagne a su ravir les plus assoiffés tandis que des bouteilles d’eaux plate et pétillante étaient disponibles en libre-service (et de dimension parfaite pour les passages de la sécurité au Palais le lendemain). Pour tous ceux qui avaient faim ou en avaient marre de parler boulot, il était possible de déguster des petits fours, des bouchées, des hamburgers ou encore des crêpes. Sponsorisé par la marque de tequila Casamigos, l'événement proposait des Mexican Mule dont les notes de fin sont restées longtemps en bouche. En revanche, comment toutes ces cartes de visite ont-elles atterri dans nos poches !? Il se murmure que la MDMA a fait un retour triomphant durant la seconde semaine du Festival, sans doute liée à l'arrivée de Berlinois...

#1 Silencio chez Corine

Du 14 au 21 mai, la reine de la nuit et célèbre Corine s’est emparée du Silencio Cannes, situé Boulevard de la République. Sacrée reine de la fête depuis les sorties de ses différents EP et de son album Un air de fête, l’artiste qui allie à merveille glamour et provocation s’est occupée de la programmation. Voilà pourquoi il était possible de voir et de danser au plus près de Fishbach, Pedro Winter, Cléa Vincent, Claire Laffut, Songe ou encore le Cabaret Madame Arthur. Réservé à l’élite de la jet-set cannoise, le Silencio chez Corine était le lieu parfait pour profiter d’une ambiance complètement décalée, vraiment décomplexée et d’une musique de très bonne qualité. On fera difficilement mieux puisque l'âge des d'or des soirées cannoises dans des villas où les stars piquaient une tête dans la piscine est révolue. Le décalage horaire passe, la gueule de bois reste !

Cannes 2019: la Palme d’or pour Parasite de Bong Joon-ho

Posté par vincy, le 25 mai 2019

"Les récompenses d'aujourd'hui ne reflèteront que l'opinion de neuf personnes dans le monde" - Alejandro González Iñárritu

C'était impossible en effet de satisfaire tout le monde. la presse a hué le prix pour les Dardenne, modérément apprécié celui pour Emily Beecham. On peut regretter que Almodovar, Sciamma, et surtout Suleiman (qui hérite d'une nouveauté, la mention spéciale, comme si la Palestine n'avait pas vraiment le droit d'exister au Palmarès) soient sous-estimés dans la hiérarchie. Mais on peut aussi se féliciter que deux premiers films de jeunes cinéastes soient primés, contrastant avec la seule grosse erreur du palmarès, le prix de la mise en scène pour les indéboulonnables Dardenne, plutôt que de le donner à Almodovar, Sciamma, Suleiman, Mendonça Filho, Malick ou Tarantino.

Le cinéma français en tout cas repart flamboyant, contrairement à l'année dernière, tandis que le cinéma nord-américain a été snobé. La diversité aussi a été gagnante. Cela fait plaisir de voir une telle variété de cinéastes aux parcours si différents, du Sénégal à la Palestine en passant par le 9-3 et la Corée du sud. C'est réjouissant de voir le cinéma brésilien, que l'actuel de gouvernement menace par des coupes dans le financement, couronné hier à Un certain regard (A lire ici: Tous les prix remis à Cannes) et ce soir par un prix du jury. A travers le double prix du jury pour Les Misérables et Bacurau, présentés le même jour, ce sont ces deux films de résistance et de chaos social et citoyen qui ont été distingués.

Ce fut un grand moment, aussi, de partager le sacre d'un Antonio Banderas, qui a le droit à une ovation pour son plus grand rôle en 40 ans, dédiant sa récompense à son mentor, Pedro Almodovar, qui manque une fois de plus la Palme d'or, mais peut se consoler avec le succès public de son film et les excellentes critiques reçues.

Le jury d'Alejandro González Iñárritu a du faire des choix dans cette sélection "incroyable", avec une mix de "réalisateurs iconiques, des nouvelles voix du monde entier dans différents genres".

Cette diversité des genres, avec des thrillers, des films fantastiques, et souvent un cinéma engagé qui évoque les luttes de classes, a été récompensée. C'est en cela où Parasite, grand film populaire admirablement maîtrisé, parfaite synthèse de ce que le Festival a montré, en insufflant du politique dans le suspens, de l'intelligence dans le divertissement, mérite sa Palme. A l'unanimité. Il pouvait remporter chacun des prix du jury tant le résultat est magistral. Un an après un drame familial social japonais (Une affaire de famille de Kore-eda), c'est un autre drame familial social, mais coréen, qui l'emporte. Comme deux faces d'une même pièce, chacun dans leur style et leur sensibilité.

C'est enfin la première fois que le cinéma sud-coréen remporte la prestigieuse récompense du Festival de Cannes. Il était temps.

Palme d'or: Parasite de Bong Joon-ho (à l'unanimité)

Grand prix du jury: Atlantique de Mati Diop

Prix du jury ex-aequo: Les Misérables de Ladj Ly et Bacurau de Juliano Dornelles et Kleber Mendonça Filho

Prix de la mise en scène: Jean-Pierre et Luc Dardenne (Le jeune Ahmed)

Prix d'interprétation masculine: Antonio Banderas (Douleur et gloire)

Prix d'interprétation féminine: Emily Beecham (Little Joe)

Prix du scénario: Céline Sciamma pour Portrait de la jeune fille en feu

Mention spéciale: It Must Be Heaven d'Elia Suleiman

Caméra d'or: Nuestras madres de César Diaz (Prix Sacd à la Semaine de la Critique)

Palme d'or du court-métrage: La distance entre nous et le ciel de Vasilis Kekatos (Queer Palm du court-métrage)
Mention spéciale: Monstre Dieu de Agustina San Martin