Rencontres Henri Langlois 2011 : retour sur les films primés

Posté par MpM, le 20 décembre 2011

rihl poitiers 2011On a beau être habitué à la qualité des films sélectionnés par les Rencontres Henri Langlois de Poitiers, c'est un plaisir toujours renouvelé de découvrir le dynamisme et l’inventivité des tout jeunes réalisateurs contemporains. Il faut dire que la sélection est drastique (cette année, 40 œuvres retenues sur les plus de 1300 reçus), et la concurrence rude. Dans les écoles de cinéma du monde entier, on se bat pour figurer parmi les heureux participants au festival.

Que dire, alors, de ceux qui ressortent vainqueurs de la compétition finale, remportant un (ou plusieurs) prix parmi la petite dizaine qui est décernée ? La première impression, c'est que les différents jurys ont probablement bien travaillés, tant les films primés sortent du lot. Sur les cinq que l'on a pu voir (parmi les 6 qui se partagent les récompenses 2011), pas une seule fausse note. C'est à peine si, parfois, on aurait inversé les niveaux de prix... question de sensibilité subjective plus qu'autre chose.

Chose amusante, sur les cinq films, quatre sont l’oeuvre de réalisatrices, preuve que la relève sera plus homogène que ne l'est l'offre actuelle ! Côté géographie, l'Europe est surreprésentée, avec deux films allemands, un britannique (tourné en Argentine, malgré tout), un polonais et... un russe. Pour sauver l'honneur, le 6e film, un long métrage qui n'était pas présenté lors de la reprise du palmarès à la cinémathèque française, est sud-coréen !

Animation, documentaire, comédie, tragédie... tous les styles ont séduits les jurys, qui ne boudent ni leur plaisir, ni leur conscience politique. Un bel équilibre qui donne un aperçu captivant des préoccupations des jeunes cinéastes. Si l'on devait malgré tout faire un reproche un peu général, ce serait sur la difficulté qu'ont les cinéastes de finir leurs histoires. Souvent, les "chutes" ne sont pas à la hauteur du reste, laissant clairement le spectateur sur sa faim. Mais trêve de généralités et retour sur les cinq films en question.

Reaching out to mama d'Olga Tomenko
Le monde, vu à travers le regard d'une petite fille boudeuse, se pare d'une étrange tonalité fantastique. La jeune réalisatrice distord le réel, rend inquiétant un simple tiroir, et capte la fantaisie cruelle de l'enfance. On est surtout séduit par l'ambiance inconfortable qu'elle parvient à créer, et par le naturalisme saisissant de son actrice.

L'échange de Maria Steinmetz
Un jeune couple se promène fièrement avec un nouveau né. Mais l'enfant est remplacé à leur insu par un bébé troll. De ce conte humaniste en forme d'hymne à la tolérance, la jeune réalisatrice allemande fait une nativité ironique et décalée, en mêlant icônes religieuses et personnages d'heroic fantasy. L'animation, épurée et fluide, apporte une véritable inventivité visuelle au récit, et en renforce l'universalité.

Silent River de Anca Miruna Lazarescu
Dans la Roumanie de Ceaucescu, deux hommes décident de risquer le tout pour le tout : traverser le Danube pour fuir à l'Ouest. Tandis que l'échéance se rapproche, la tension monte, et les obstacles surgissent. On est saisi par l'urgence du propos, qui emprisonne spectateurs et personnages dans un climat de plus en plus anxiogène. Au-delà du récit et de ses conséquences, on ne peut aussi s'empêcher de faire le parallèle avec Welcome de Philippe Lioret, où un jeune homme tentait de traverser la Manche à la nage pour rejoindre l'Angleterre-terre promise. Les époques et les circonstances changent, mais pour les êtres humains qui en sont victimes, le prix de la liberté est toujours aussi dur à payer.

Abuelas d'Afarin Eghbal
Il fallait oser aborder un sujet aussi grave (les enlèvements d'enfants pendant la dictature argentine) dans un film d'animation débridé et fantaisiste. Et pourtant, tout fonctionne à la perfection, des cadres photos qui prennent vie aux jouets qui reconstituent les enlèvements. En voix-off sur ces images presque joyeuses, les témoignages des grands-mères-courage apportent juste l'éclairage nécessaire, sans pathos ni émotions forcée. Malgré une durée réduite (9 minutes), tout est (admirablement) dit.

frozen storiesFrozen Stories de Grzegorz Jaroszuk
Les deux pires employés du mois d'un supermarché froid et anonyme se voient confier une mission étrange : trouver un but à leur existence. Le ton ultra-décalé de cette comédie ironique créée une ambiance à la fois surréaliste et désespérante. Mais surtout, les personnages qui semblent totalement désincarnés sont servis par des comédiens si convaincants (mention spéciale au patron neurasthénique) qu'ils rendent crédibles les situations les plus farfelues.

Les Arcs 2011 : le palmarès après une semaine de cinéma, de tartiflettes et de ski

Posté par vincy, le 17 décembre 2011

Les Arcs accueillent depuis trois ans le Festival du cinéma européen. Une initiative issue de la passion de ses créateurs et de l'ambition de désenclaver une région qui dispose de peu de salles : un joyeux mélange où le chaleureux accueil et l'ambiance "cool" n'enlèvent rien au désir de cinéma.

10 000 spectateurs l'an dernier se sont déplacées pour découvrir des avant-premières européennes au castings étoilés ou des films d'auteurs inconnus venus de différents pays européens. De Bourg-Saint-Maurice dans la Vallée aux Arcs 2000 au plus près des pistes, le Festival s'étend sur toute une montagne enneigée.

Cela incite à skier (en journée), à recharger les batteries (tartiflettes, tourtes savoyardes, bref charcuterie, fromages, et vin blanc pétillant), et se laisser porter d'une salle à l'autre.

Les étudiants de cinéma côtoient les jeunes réalisateurs ; les distributeurs et producteurs encadrent les talents plus confirmés ; les actrices font des blagues (Leila Bakhni a improvisé une imitation d'Audrey Tautou, absente) ; la presse écrite, qui réduit sa place pour le secteur culturel, est peu présente alors radio, télé, blogueurs font connaissance. On parle anglais autour d'une bière à minuit par moins 5 degrés, les pieds dans la neige.

Et puis il y a les avant-premières. Les vedettes défilent. Présentation, projection, questions. Les savoyards jouent les timides. Claude Duty s'amuse en Maître de Cérémonie.

La 3e édition du Festival de Cinéma Européen des Arcs s'est clôturée vendredi 16 décembre, malgré la tempête de neige. Le jury, présidé par le réalisateur et comédien italien Michele Placido, a salué la qualité de la sélection qui lui a permis de découvrir de « vrais films d’auteurs intransigeants et magnifiques ». Il a décerné six prix :

- La Flèche de Cristal, en partenariat avec LVT Digimage, a été remise au long-métrage Portrait au crépuscule (en photo) de la russe Angelina Nikonova qui sortira en France le 22 février 2012, distribué par Rezo Films. Le film a déjà reçu de nombreux prix : Meilleur premier film, Meilleure actrice et Meilleur scénario (Honfleur), Grand Prix aux Festivals de Reykjavik, Varsovie, Cottbus, Thessalonique et Estoril.
- Le prix du Jury a été attribué à Gypsy, film slovaque du réalisateur Martin Sulik, pour sa capacité à faire découvrir un monde dans lequel on se sent bien, loin des clichés exotiques gitan.
- le prix de la révélation féminine Métro a été attribué à la jeune comédienne Emma Levie pour son rôle dans le film néerlandais Lena de Christophe Van Rompaey.
- le prix de la révélation masculine Métro a récompensé le comédien Matthias Schoenaerts pour son rôle dans le film belge Bullhead de Michaël R. Roskam qui sortira le 22 février 2012 distribué par Ad Vitam.
- Le prix de la meilleure photographie, en partenariat avec Panavision, a été décerné au film allemand Dreilbeben : Une minute d’obscurité de Christoph Hochhaülser.
- le prix de la meilleure musique a été attribué à Jan Inge (Ginge) pour le film norvégien Sons of Norway de Jens Lien.

De leur côté, es lycéens de Bourg Saint Maurice ont remis le prix du Jury Jeune, au film Death au a superhero de Ian Fitzgibbon avec Thomas Brodie-Sangster. Une mention spéciale a été attribuée à Terraferma d’Emmanuele Crialese, primé au dernier festival de Venise.

Enfin, le prix du public, remis en partenariat avec Ciné+ et Télérama, a lui aussi récompensé Death of a superhero.

Le prix Cineuropa, attribué à un film produit ou co-produit par un pays participant au programme MEDIA ou membre du programme Eurimages, a été attribué au film espagnol Extraterrestre de Nacho Vigalondo.

Les 10 meilleurs films canadiens de l’année selon le Festival de Toronto

Posté par vincy, le 15 décembre 2011

Pour la première fois, le classement annuel du festival de Toronto des 10 meilleurs films canadiens comprend cinq films québécois, soit la moitié.

Monsieur Lazhar, Café de Flore, Marécages, Le vendeur et Starbuck côtoient ainsi A Dangerous Method, Take This Waltz, Keyhole, Hobo with a Shotgun et Edwin Boyd.

Le Festival distingue cette année des cinéastes comme Falardeau (meilleur film canadien au Festival international du film de Toronto, primé au festival de Locarno cette année et désigné comme représentant du Canada aux Oscar dans la catégorie du meilleur film étranger), Vallée (le réalisateur de CRAZY), Scott (qui signe avec Starbuck le plus gros succès local de l'année), Cronenberg et Polley.

Parmi les films québécois cités, on notera que Monsieur Lazhar, Café de Flore et Starbuck sont déjà programmés pour sortir dans les salles françaises.

Rencontres Henri Langlois 2011 : palmarès et clap de fin

Posté par redaction, le 12 décembre 2011

rihl poitiers 2011Les 34e Rencontres Henri Langlois auront particulièrement bien porté leur nom lors de cette édition 2011 ! Cette année, professionnels et amateurs du 7e art se sont en effet réunis dans un esprit de convivialité et surtout de partage pour générer  échanges et débats autour des courts métrages, des leçons de cinémas, des conférences ou encore lors des soirées où l’humeur était au beau fixe. Comme tous les ans, Poitiers s’est ainsi érigé l’espace d’une semaine en un véritable carrefour international des écoles de cinéma, recevant les réalisateurs en compétition, qu’ils proviennent d’Amérique du sud ou d’Europe de l’Est, et incitant son public à découvrir davantage de films provenant d’horizons culturels complètement différents.

Avec des invités d’honneur comme l’illustre réalisateur mexicain Arturo Ripstein, qui a ponctué de sa présence une majeure partie des festivités, ou encore le réalisateur Michel Hazanavicius et le compositeur Ludovic Bource pour leur récent succès The Artist, ces 34e rencontres ont fait plus que jamais le pont entre talents confirmés et en devenir.

Samedi soir, lors de la clôture du festival, le jury composé de Hélène Zylberait, Dante Desarthe, Justin frozen storiesTaurand, Tanel Toom et Stéphane Touitou a donc récompensé le très émouvant et singulier Frozen Stories du Polonais Grzegorz Jaroszuk, également gratifié du prix du public. Le réalisateur offre avec ce court métrage 27 minutes délicieusement grinçantes teintées d’un humour décadent, retraçant la rencontre forcée de deux employés d’un même supermarché menant un quotidien insipide. Dépité de leur incompétence et de leur paresse, le directeur du magasin les sanctionne d’une manière des plus originales : trouver en 48 heures un sens à leurs vies. Un court moment de cinéma, bouleversant de réalisme, et qui happe le public avec ce désarroi que hante la jeunesse du 21e siècle (à l’instar également des générations précédentes) mais ne l’empêche pas d’espérer vivre le bonheur au moins une fois dans sa vie.

Le reste du palmarès fait la part belle à l’Europe de l’Est (boudant la France au passage) et notamment à l’Allemagne, qui place deux films. La Russie cumule quant à elle trois prix pour le seul Reaching Out To Mama d'Olga Tomenko qui repart avec le prix de mise en scène, celui de la Critique française et du jury étudiant.

Pour le public parisien, une partie du palmarès sera repris à la Cinémathèque française le 14 décembre à 20h30. L’occasion de s’offrir un aperçu du meilleur de la toute jeune création cinématographique contemporaine et de goûter a posteriori la fameuse ambiance des rencontres Henri Langlois.
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Le palmarès

Grand Prix du Jury
Frozen Stories de Grzegorz Jaroszuk (Pologne)

Prix Spécial du Jury

L'Échange de Maria Steinmetz (Allemagne)

Prix de la Mise en Scène
Reaching Out To Mama d'Olga Tomenko (Russie)

Prix du Scénario
Silent River de Anca Miruna Lazarescu (Allemagne)

Prix Wallpaper Post
Broken Pieces de Sae-mi Yang (Corée du sud)

Prix Découverte de la Critique Française
Reaching Out To Mama d'Olga Tomenko (Russie)

Mention spéciale du Jury de la Critique Française
Umbral de Matias López (Chili)

Prix du Public
Frozen Stories de Grzegorz Jaroszuk (Pologne)

Prix du Jury Étudiant
Reaching Out To Mama d'Olga Tomenko (Russie)

Prix Amnesty International France
Abuelas d'Afarin Eghbal (Grande Bretagne)

Yanne Yager

Une séparation remporte le prix du meilleur film aux Asia Pacific Screen Awards

Posté par vincy, le 25 novembre 2011

Il y en a eu un peu pour tout le monde aux 5e Asia Pacific Screen Awards. La cérémonie qui s'est déroulée en Australie hier soir a récompensé Une Séparation d'Asghar Farhadi (en photo), Ours d'or à Berlin cette année, et gros succès dans les salles françaises (un record pour un film iranien), comme meilleur film de l'année.

Il était une fois en Anatolie, actuellement à l'affiche en France, de Nuri Bilge Ceylan, Grand prix au dernier Festival de Cannes, a récolté trois prix : meilleur réalisateur, meilleure image et Grand prix du jury.

Elena, film russe présenté à Un certain Regard à Cannes, a été distingué pour son actrice, Nadezhda Markina, en plus d'une mention spéciale pour le réalisateur, Andrei Zviagintsev.

Parmi les autres mentions spéciales, il y a eu celle pour l'ensemble des comédiennes de Cairo 678.

Le prix du meilleur acteur a été décerné au chinois Wang Baoquiang pour Hello! Shu Xian Sheng (Mr Tree).

Le meilleur scénario revient à Denis Osokin pour le film russe Ovsyanki (Silent Souls). Une mention spéciale a été donnée à Bleak Night, le film coréen de Yoon Sung-hyun.

Le meilleur documentaire est Jag Var Värd 50 Lamm (I Was Worth 50 Sheep) de Nima Sarvestani. Une mention spéciale a été donnée à Pink Saris, le film indien de Kim Longinotto.

Un film d'Azebaïdjan a reçu le prix du meilleur film pour enfants : Bata d'Ilgar Najaf. L'iranien Bad o Meg (Wind and Fog) de Mohammad Ali Talebi a eu le droit à une mention spéciale.

Côté animation, c'est un film coréen qui a été honoré : Madangeul naon amtak (Leafie) de Oh Seongyun.

La cérémonie a aussi rendu hommage au cinéaste chinois Zhang Yimou pour l'ensemble de sa carrière.
Et le prix de l'UNESCO est revenu au film australien Toomelah, de Ivan Sen, pour sa contribution à la promotion et la sauvegarde de la diversité à travers une oeuvre cinématographique.

Arras 2011 : Atlas d’or pour Nokas d’Erik Skjoldbjaerg

Posté par MpM, le 13 novembre 2011

La 12e édition du Arras Film Festival s'est achevée sur un bilan plus que positif : plus de 28000 entrées (contre 25000 en 2010), des invités prestigieux, des avants-premières de qualité et surtout de beaux moments d'émotion.

Parmi les nombreux temps forts de ces dix jours, Nadia Paschetto (directrice) et Eric Miot (délégué général) ont ainsi voulu retenir la soirée d'ouverture en présence de Marie Gillain, Vincent Lindon et Philippe Lioret ; la standing ovation offerte à Mélanie Laurent pour Les adoptés, son premier film en tant que réalisatrice ; le geste des acteurs de L'ordre et la morale de Mathieu Kassovitz, qui ont étendu côté à côte le drapeau français et le drapeau kanak ; la chaleur de l'accueil réservé au film Hasta la vista de Geoffrey Enthoven... Sans oublier les rencontres avec Jacqueline Bisset, Fiona Gordon, Dominique Abel et Jean-Paul Rappeneau !

Le jury présidé par Claude Lelouch (et composé de Judith Henry, Joël Chapron, Ozana Oancea et Philippe Reynaert) a ensuite décerné l'atlas d'or à Nokas du Norvégien Erik Skjoldbjaerg. Le film met en scène un fait divers survenu dans le sud de la Norvège en 2004, le braquage de la société Nokas qui alimente les distributeurs de monnaie.

Le cinéaste a choisi de décrire les événements sous la forme la plus réaliste possible, en réalisant un anti-thriller qui place le spectateur dans la position du témoin impuissant. Un parti pris radical de réalisation (caméra à l'épaule comme prise d'épilepsie, rendant l'action pratiquement illisible) qui a apparemment plus convaincu le jury professionnel que nous.

L'Atlas d'argent de la mise en scène est lui allé au film nord-irlandais Behold the lamb de John McIlduff (notre photo de gauche) qui raconte la complicité inattendue entre un cinquantenaire dépressif et la petite amie de son fils, forcés de se lancer dans une équipée aventureuse. Le film, assez découpé, adopte un ton cocasse et décalé qui contraste avec son contexte plus social.

Enfin, A trip de Nejc Gazvoda (mention spéciale du jury) est le voyage initiatique de trois jeunes qui se retrouvent après une longue séparation et partent quelques jours en vacances ensemble. Entre souvenirs de lycées et rêves d'avenir, ils se retrouvent confrontés à des réalités plus complexes qu'ils ne l'auraient songé. Une chronique sensible et juste filmée avec bienveillance et légéreté.

Les autres jurys ont récompensé deux films "familiaux" : Fils unique de Miel van Hoogenbemt parle (sur un ton comique et tendre) des relations conflictuelles entre un père et son fils, de l'enfance de celui-ci jusqu'à ses 40 ans, tandis que Le père de Rafael Lewandowski (photo de droite) met brillamment en scène un fils confronté au passé trouble de son père.

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Tout le palmarès

Atlas d'or du meilleur film
Nokas d'Erik Skjoldbjaerg (Norvège)

Atlas d'argent de la mise en scène
John McIlduff (Irlande du Nord) pour Behold the lamb

Mention spéciale du jury
A trip de Nejc Gazvoda (Slovénie)

Prix du Syndicat français de la critique de cinéma
Le père de Rafael Lewandowski (Pologne)

Prix Regards Jeunes de la région Nord-Pas-de-Calais
Fils unique de Miel van Hoogenbemt (Belgique) [photo de gauche]

Prix du public
Le père de Rafael Lewandowski (Pologne)

Cinespana 2011 : Crebinsky et 80 Egunean se partagent les prix

Posté par MpM, le 10 octobre 2011

Le choix du jury de la 16e édition de Cinespana, présidé par Anne Alvaro, s'est donc porté sur notre film favori, le poétique et burlesque Crebinsky de Enrique Otero qui rafle la mise avec la Violette d'or du meilleur film, un double prix d'interprétation pour les acteurs Miguel De Lira et Sergio Zearreta et une récompense pour la musique du compositeur Pablo Pérez. 80 egunean de José Mari Goenaga et Jon Garaño, le favori du public (qui lui a d'ailleurs décerné son prix),  tire lui aussi son épingle du jeu avec un double prix d'interprétation pour ses formidables actrices, Itziar Aizpuru et Mariasun Pagoaga, et le prix du scénario pour ses auteurs.

Un palmarès intelligent et équilibré qui conclut en beauté une édition 2011 particulièrement captivante. Cette année, la compétition était en effet assez contrastée (voir notre article du 8 octobre), offrant un aperçu convaincant de la richesse du cinéma espagnol contemporain. En choisissant de mettre en avant la fantaisie joyeuse de Crebinsky, où deux frères naufragés mènent une existence simple dans un univers de bric et de broc, les jurés ont finalement choisi de récompenser un cinéma créatif et baroque, tourné vers l'humain et la légèreté. De même, ils ont voulu distinguer le sujet fort de 80 egunean, drame intimiste, où une femme de soixante-dix ans s'éprend d'une ancienne camarade de classe. Un film qui, malgré ses défauts de narration, aborde avec beaucoup de pudeur cette relation amoureuse tatonnante et fragile.

Avis aux distributeurs : les deux oeuvres, sensibles et originales, pourraient connaître un joli succès dans les salles françaises...

Le palmarès

Violette d'or du meilleur film
Crebinsky de Enrique Otero

Meilleure interprétation masculine
Miguel De Lira et Sergio Zearreta (Crebinsky de Enrique Otero)

Meilleure interprétation féminine
Itziar Aizpuru et Mariasun Pagoaga (80 egunean de José Mari Goenaga et Jon Garaño)

Meilleur scénario
José Mari Goenaga et Jon Garaño pour 80 egunean

Meilleure musique
Pablo Pérez pour Crebinsky de Enrique Otero

Meilleure photographie
Rafael de la Uz pour La mitad de Oscar de Manuel Martín Cuenca

Meilleur premier film décerné par le Jury Etudiant
Cruzando el límite de Xavi Giménez

Meilleur court métrage décerné par le jury Professionnel des Courts-Métrages
Les (El bosque) de Aida Ramazánova

Mention spéciale
La hégira de Liteo Deliro et Te odio de Rafael Rojas-Díez

Meilleur documentaire décerné par le jury Professionnel des Documentaires
La noche que no acaba de Isaki Lacuesta

Prix du public
80 egunean de José Mari Goenaga et Jon Garaño

Dinard 2011 : Hitchcock d’or pour Tyrannosaur de Paddy Considine

Posté par kristofy, le 9 octobre 2011

La 22e édition du Festival du Film britannique de Dinard s'est achevée par le couronnement de Tyrannosaur de Paddy Considine (qui était favori), mais aussi de L’Irlandais de John Michael McDonagh qui a fait consensus durant le festival.

La cérémonie de clôture, tout comme la soirée d’ouverture, s’est déroulée  avec une bonne humeur communicative. Dinard sait si bien accueillir tout le monde avec convivialité que Jaime Winstone adore la ville et que Petula Clark est retombée amoureuse de l’endroit. La chanteuse (qui a aussi été actrice) était la marraine de cette édition 2011. Elle a chanté son tube ‘Downtown’ qui a été repris en cœur par le public lors de la soirée du palmarès, et quelques jours plus tôt elle avait joué quelques chansons (dont celle du film La Comtesse de Hong-Kong de Charlie Chaplin) en s’accompagnant au piano.

Pour départager les films en compétition, Nathalie Baye, la présidente du jury, était entourée de Haylay Atwell, Jacqueline Bisset, Emmanuelle Devos, Jaime Winstone, Sami Bouajila, Armand Amar, Harry Gregson-Williams, Eric Lartigau, François Verdoux et Stephen Clarke (notre photo).

Voici leur palmarès :

Prix du meilleur court-métrage : White Elephant, de Kristof Bilsen

Prix coup de coeur (les exploitants de 40 salles de la région) : L’Irlandais de John Michael McDonagh (mention à Week end de Andrew Haigh)

Prix du public : L’Irlandais de John Michael McDonagh

Prix du scénario : Tyrannosaur de Paddy Considine

Prix de la meilleure photographie : Larry Smith, pour L’Irlandais

Grand Prix Hitchcock d’or : Tyrannosaur de Paddy Considine

Le jury a donc décerné deux prix à Tyrannosaur de Paddy Considine (scénario et Hitchcock d’or à l’unanimité). Le réalisateur n’ayant pu être là, ce sont ses deux amis le réalisateur Shane Meadows (ils étaient à la même école d’arts dramatiques et Considine a débuté sa carrière d’acteur en jouant dans les films de Meadows) et le producteur Mark Herbert qui ont reçu les récompenses à sa place (notre photo de droite)

Tyrannosaur s’impose comme l'un des meilleurs films britanniques de l’année, il avait déjà été primé à Sundance (pour meilleur réalisateur, meilleur acteur Peter Mullan et meilleure actrice Olivia Colman). Ce film marque les débuts de Considine dans le long métrage (il avait déjà participé à des scénarios avec Meadows), et fait suite à son court-métrage Dog Altogther (avec déjà les mêmes acteurs). Il vient tout juste de sortir en salles en Angleterre mais il n’a malheureusement pas encore de distributeurs français. En revanche, L’Irlandais de John Michael McDonagh est une comédie qui a été un énorme succès en Irlande, et sa sortie française est déjà programmée pour le 21 décembre.

Los pasos dobles, Coquillage d’or d’un Festival de San Sebastian en mutation

Posté par vincy, le 24 septembre 2011

Los Pasos Dobles, film espagnol du jeune Isaki Lacuesta (Los Condenados, prix Fipresic à San Sebastian en 2009) a reçu le Coquillage d'or, la récompense la plus importante, du 59 e Festival international de Saint Sébastien (Pays Basque). Ce film qui a été qualifié d'hermétique par la critique, n'avait pas fait l'unanimité. Mais le jury présidé par l'actrice américaine France McDormand en a décidé autrement. Dans ce jury, on note la présence du réalisateur et scénariste mexicain Guillermo Arriaga, du réalisateur et scénariste basque Alex de la Iglesia, du réalisateur et scénariste norvégien Bent Hamer, de la comédienne chinoise Bai Ling, de la directrice de la photographie française Sophie Maintigneux et de la comédienne britannique Sophie Okonedo. Los Pasos Dobles (photo) suit le parcours du peintre Miquel Barcelo à la recherche de l'artiste français François Augiéras (voir sa biographie sur wikipédia).

Le favori des festivaliers, Kiseki, du Japonais Hirokazu Kore-eda, a été récompensé par un prix du scénario. Le film est le premier à évoquer le tsunami qui a entraîné le séisme et la catastrophe nucléaire de Fukushima, survenus en mars dernier.

Julie Delpy et son Skylab, étude de moeurs familiale lors d'un week-end d'été en 1979, a reçu le Prix spécial du jury.

Filippos Tsitos confirme le dynamisme du cinéma grec (même si c'est en Allemagne qu'il a fait l'essentiel de sa carrière) en remportant le prix du meilleur réalisateur avec Adikos kosmos. L'acteur principal, Antonis Kafetzopoulos a été choisi comme meilleur acteur (prix qu'il avait reçu à Locarno pour un autre film de Tsitos, L'académie de Platon, en 2009).

Le prix de la meilleure actrice est revenu quant à lui à la comédienne espagnole Maria Leon (connue surtout par les télépsectateurs espagnols) pour son rôle dans La voz dormida, de Benito Zambrano, où elle incarne une jeune femme aidant sa soeur prisonnière sous l'ère franquiste.

Sans oublier le prix honorifique Donostia pour l'ensemble de sa carrière à la comédienne et productrice Glenn Close.

Le Festival s'est déroulé dans une atmosphère de crise : réductions budgétaires, moins d'invitations, une couverture médiatique plus faible... C'était aussi le premier festival sous la responsabilité de José Luis Rebordinos. Il a déjà amené quelques changements : intégration des commentaires sur Facebook et Twitter sur un grand écran de la principale salle du Festval, dévoilement du palmarès durant la cérémonie de clôture et non pas avant, une nouvelle sélection "La gastronomie et le cinéma".

Ouvert avec Intruders, de Juan Carlos Fresnadillo (avec Clive Owen) et fermé avec Intouchables d'Olivier Nakache et Eric Toledano (avec François Cluzet et Omar Sy), la compétition accueillait Mathieu Dermy, Terence Davies, Arturo Ripstein, Wang Xiaoshuai, Joao Canijo, Sarah Polley ou encore Enrique Urbizu... Un hommage à Jacques Demy avait été rendu au travers d'une rétrospective et de la venue d'Agnès Varda..

Venise 2011 : les autres prix

Posté par vincy, le 11 septembre 2011

Comme tous les grands festivals, Venise foisonne de prix, remis par différentes associations ou divers organismes. Globalement ce sont souvent les mêmes films qui reviennent, avec, en tête de la compétition Shame (avec Michael Fassbender, en photo, qui a reçu le prix d'interprétation) et Faust (Lion d'or).  Voici la liste complète des autres prix (hors palmarès officiel).

Sélection officielle : prix Orrizonti (jury présidé par Jia Zhangke).

Meilleur film : Kotoko, de Shinya Tsukamoto (Japon)

Prix spécial du jury : Whore's Glory, de Michael Glawogger (Autriche)

Meilleur court-métrage : In Attesa dell'avvento, de Felice D'Agostino et Arturo Lavorato (Italie)

Meilleur moyen-métrage : Accidentes Gloriosos, de Mauro Andrizzi et Marcus Lindeen (Suède)

Mention spéciale à : O le Tulafale (The Orator) de Tusi Tamasese (Nouvelle Zélande) et All the Lines Flow Out de Charles Lim Yi Yong (Singapour)

Sélection officielle : Controcampo Italiano (jury présidé par Stefano Incerti)

Meilleur film : Scialla! de Francesco Bruni

Meilleur court métrage : A Chjàna de Jonas Carpignano

Meilleur documentaire : Pugni chiusi de Fiorella Infascelli

Mention spéciale au documentaire Black Block de Carlo Augusto Bachschmidt

Prix FIPRESCI (Critique internationale)

Compétition officielle : Shame de Steve McQueen (Royaume Uni)

Sélection Orrizzonti et Semaine de la critique : Two Years at Sea de Ben Rivers

Prix Signis

Faust, d'Alexandre Sokourov (Russie)

Mention spéciale : A Simple Life d'Ann Hui

Prix du public Kino - Semaine internationale de la critique

Là-bas de Guido Lombardi

Prix Label Europa Cinémas

Présumé Coupable de Vincent Garenq (France)

Lionceau d'or (Prix Agiscuola) - jeunesse

Carnage, de Roman Polanski (France)

Mention Unicef : Terraferma, d'Emanuele Crialese (Italie)

Prix Francesco Pasinetti

Terraferma, d'Emanuele Crialese (Italie)

Mention SNGCI : L'ultimo terreste de Gian Alfonso Pacinotti (Italie)

Prix Brian

The Ides of March, de George Clooney (USA)

Prix Queer Lion (cinéma LGBT)

Wilde Salomé, d'Al Pacino (USA)

Prix Arca CinemaGiovani - jeunesse

Compétition officielle : Shame de Steve McQueen (Royaume Uni)

Meilleur film italien : L'ultimo terreste de Gian Alfonso Pacinotti

Prix lancia Biografilma

Meilleur film : Black Block de Carlo Augusto Bachschmidt (Italie)

Prix du jury : Pivano Blues – Sulla strada di Nanda de Teresa Marchesi

Prix “Enrico Fulchignoni” UNESCO

Tahrir 2011 de Tamer Ezzat, Ayten Amin, Amr Salama (Egypte)

Prix CICAE (Arte & Essais)

O le tulafale (The Orator) de Tusi Tamasese (Nouvelle Zélande)

Prix CinemAvvenire

Compétition officielle : Shame de Steve McQueen (Royaume Uni)

Meilleur film (autres sélections) : O le tulafale (The Orator) de Tusi Tamasese (Nouvelle Zélande)

Prix Vittorio Veneto Film Festival

Scialla! de Francesco Bruni

Mention spéciale : Eva de Kike Maillo