Seule la Terre triomphe aux British Independent Film Awards 2017

Posté par vincy, le 10 décembre 2017

Quatre films se sont partagés les honneurs des British Independent Film Awards ce dimanche soir: Seule la terre, I Am not a Witch, The Young Lady (Lady MacBeth) et La mort de Staline. Autant dire qu'il ne restait rien pour les autres hormis quelques prix de consolation. On peut le dire: il n'y a pas de fausse note dans ce palmarès de très bon goût.

Le grand vainqueur reste Seule la terre, le premier film de Francis Lee sorti mercredi sur les écrans français. En remportant le prix du meilleur film, mais aussi celui du meilleur acteur, du meilleur premier scénario et du meilleur son, Seule la terre a dominé la compétition, après avoir été primé à Berlin (Männer Jury Award aux Teddy Awards), à Dinard (Hitchcock d'or, prix des exploitants), à Stockholm (meilleur réalisateur, meilleur acteur), à Sundance (meilleure réalisation) et à Saint-Jean-de-Luz (meilleur film, meilleur acteur).

I Am Not a Witch et The Young Lady, tous deux en lice pour le Independent Spirit Award du meilleur film étranger aux Etats-Unis, ont de quoi être également réjouis. Le premier, qui a fait son avant-première mondiale à la Quinzaine des réalisateurs, sortira le 27 décembre en France. Il a remporté 3 prix dont celui de meilleur réalisateur. Le second, sorti en avril dernier en France (145000 entrées), primé aux Arcs et à San Sebastian, choisi parmi les 10 meilleurs films indépendants par le National Board of Review américain, a récolté 5 prix dont celui de la meilleure actrice.

Un autre film se détache en nombre de trophées: La mort de Staline, coproduction française, adapté d'une bande dessinée française, et, comme Seule la terre, présenté à Dinard fin septembre. Le film sort en mars en France et a reçu 4 récompenses.

Enfin, notons que Get Out s'offre le prix du meilleur film étranger.

Tous les prix
Meilleur film indépendant britannique : Seule la terre de Francis Lee
Meilleur réalisateur : Rungano Nyoni (I Am Not A Witch)
Meilleur acteur : Josh O’Connor (Seule la terre)
Meilleure actrice : Florence Pugh (The Young Lady)
Meilleur scénario : Alice Birch (The Young Lady)
Meilleur second rôle féminin : Patricia Clarkson (The Party)
Meilleur second rôle masculin : Simon Russell Beale (La mort de Staline)
Meilleur premier scénario : Francis Lee (Seule la terre)
Prix Douglas Hickox du meilleur réalisateur d'un premier film : Rungano Nyoni (I Am Not A Witch)
Meilleur documentaire : Almost Heaven de Carol Salter
Meilleure révélation producteur : Emily Morgan (I Am Not A Witch)
Meilleur film indépendant international : Get Out de Jordan Peele
Meilleur court métrage britannique : Fish Story de Charlie Lyne
Meilleure révélation : Naomi Ackie (The Young Lady)
Prix de la découverte : In Another Life de Jason Wingard
Meilleure photo : Ari Wegner (The Young Lady)
Meilleur casting : Sarah Crowe (La mort de Staline)
Meilleurs costumes : Holly Waddington (The Young Lady)
Meilleur montage : Jon Gregory (Three Billboards Outside Ebbing, Missouri)
Meilleurs effets spéciaux : Nick Allder et Ben White (The Ritual)
Meilleure musique : Carter Burwell (Three Billboards Outside Ebbing, Missouri)
Meilleurs maquillage et coiffure : Nicole Stafford (La mort de Staline)
Meilleurs décors : Cristina Casali (La mort de Staline)
Meilleur son : Anna Bertmark (Seule la terre)

Robin Campillo, Julie Delpy et The Square récompensés aux European Film Awards 2017

Posté par wyzman, le 9 décembre 2017

C'est ce soir qu'avaient lieu les European Film Awards 2017. Sacrés à Berlin, les vainqueurs sont élus par l'European Film Academy, rassemblement de plus de 2500 professionnels du cinéma. Cette année encore, les films récompensés sont tous passés par des festivals majeurs (Cannes, Berlin, Venise).

Meilleur film

- THE SQUARE by Ruben Östlund

Meilleure comédie

- THE SQUARE de Ruben Östlund

Meilleur réalisateur

- Ruben Östlund - THE SQUARE

Meilleur scénariste

- Ruben Ostlund - THE SQUARE

Meilleure actrice

- Alexandra Borbély - CORPS ET ÂME (ON BODY AND SOUL)

Meilleur acteur

- Claes Bang - THE SQUARE

Meilleur compositeur

- Evgueni & Sacha Galperine - FAUTE D'AMOUR (LOVELESS)

Meilleur chef-opérateur

- Michail Krichman - FAUTE D'AMOUR (LOVELESS)

Meilleur monteur

- Robin Campillo - 120 BATTEMENTS PAR MINUTE

Meilleur décorateur

- Josefin Åsberg - THE SQUARE

Meilleur costumier

- Katarzyna Lewinska - SPOOR

Meilleur mixeur

- Oriol Tarragó - A MONSTER CALLS

Meilleur maquilleur-styliste

- Leendert van Nimwegen - BRIMSTONE

European Achievement in World Cinema

- Julie Delpy, Ethan Hawke

Meilleur documentaire

- COMMUNION by Anna Zamecka

EFA Lifetime Achievement Award

- Aleksandr Sokurov

Meilleur court-métrage européen

- TIMECODE de Juanjo Gimenez

Meilleur film d'animation

- LOVING VINCENT de Dorota Kobiela & Hugh Welchman

EFA People's Choice Award 2017

- STEFAN ZWEIG - FAREWELL TO EUROPE de Maria Schrader

Prix FIPRESCI de la meilleure découverte

LADY MACBETH (THE YOUNG LADY) de William Oldroyd

Carton plein pour Lion et Nicole Kidman aux Oscars australiens

Posté par vincy, le 7 décembre 2017

Le cinéma australien a décerné ses prix cette semaine. Et le favori de la compétition des Australian Academy of Cinema and Television Arts Awards (AACTA Awards) a tout raflé.

Lion de Garth Davis a été le grand vainqueur de cette soirée en récoltant quasiment tous les trophées: meilleurs film, réalisateur, scénario adapté, acteur (Sunny Pawar), second-rôle masculin (Dev Patel), second-rôle féminin (Nicole Kidman), image, montage, musique, son, décor et costumes. 12 prix pour 12 nominations. Les deux autres prix ont été décernés à Ali's Wedding (scénario original) et Emma Booth dans Hounds of Love (actrice).

Nicole Kidman a d'ailleurs fait coup double avec la catégorie télévision. Elle a reçu le prix de la meilleure actrice invitée ou en rôle de soutien pour sa participation à Top of the Lake: China Girl. La saison 2 de la série de Jane Campion a aussi raflé le prix de la meilleure série dramatique, de la meilleure actrice (Elisabeth Moss), du meilleur acteur invité ou en rôle de soutien (Ewen Leslie). Seuls Jane Campion dans la catégorie meilleur réalisateur et David Dencik dans la catégorie meilleur acteur ont du concéder la victoire respectivement à Glendy Ivin et au grand Hugo Weaving, tous deux récompensés pour la série Seven types of ambiguity, également primée pour son scénario, son image et son montage.

Kidman n'avait pas reçu de prix dans son pays depuis 1987 (meilleure actrice dans une série pour Vietnam) malgré quatre nominations.

Call me by your name et The Shape of Water plébiscités par les critiques de L.A.

Posté par vincy, le 4 décembre 2017

Les critiques de Los Angeles ont ignoré Lady Bird, favori de ceux de New York, The Post, élu par le National Board of Review, et confirmé le choix des Gotham Awards, en plébiscitant Call Me By Your Name qui hérite de trois grands prix.

Mais la Los Angeles Film Critics Association a aussi invité The Shape of Water, Lion d'or à Venise, dans les films oscarisables. Jusque là le film de Guillermo del Toro n'avait pas été récompensé dans les premiers palmarès de l'année. Là il ramasse trois prix. Finalement, les Golden Globes joueront sans doute les arbitres, tout comme les palmarès des guildes. Une chose est certaine: il y a des favoris qui se détachent -  notamment Willem Dafoe qui fait un grand chelem en second-rôle masculin, Visages, Villages, le documentaire d'Agnès Varda, et 120 battements par minute - parmi lesquels le jeune Timothée Chalamet, primé aux Gotham, à New York et à Los Angeles, alors que Gary Oldman semblait favori pour l'Oscar du meilleur acteur.

Toute la question est de savoir si les votants aux Oscars récompenseront de nouveau un film indépendant, dont le sujet est une fois de plus une histoire d'amour entre deux hommes (comme Moonlight l'an dernier). Les critiques de Los Angeles ont rarement choisi l'Oscar du meilleur film, même s'ils ne se sont pas trompés depuis deux ans avec Spotlight et Moonlight. La compétition est ouverte...

Meilleur film: Call me by your name (finaliste: The Florida Project)
Meilleur réalisateur: Guillermo del Toro (The Shape of Water) et Luca Guadagnino (Call Me by Your Name)

Meilleure actrice: Sally Hawkins (The Shape of Water); finaliste: Frances McDormand (Three Billboards Outside Ebbing, Missouri)
Meilleur acteur: Timothée Chalamet (Call me by your name) ; finaliste James Franco (The Disaster Artist)
Meilleur second-rôle féminin: Laurie Metcalf (Lady Bird); finaliste: Mary J. Blige (Mudbound)
Meilleur second-rôle masculin: Willem Dafoe (The Florida Project); finaliste: Sam Rockwell (Three Billboards Outside Ebbing, Missouri)

Meilleur film d'animation: Parvana, une enfance en Afghanistan de Nora Twomey (finaliste: Coco de Lee Unkrich et Adrian Molina)
Meilleur documentaire: Visages, villages d'Agnès Varda et JR (finaliste: Jane de Brett Morgen)
Meilleur film en langue étrangère: 120 battements par minute de Robin Campillo et Faute d'amour de Andrey Zvyagintsev

Meilleur scénario: Get Out (finaliste: Three Billboards Outside Ebbing, Missouri)
Meilleure image: The Shape of Water (finaliste: Blade Runner 2049)
Meilleure musique: Phantom Thread (finaliste: The Shape of Water)
Meilleurs décors: Blade Runner 2049 (finaliste: The Shape of Water)
Meilleur montage: Dunkerque (finaliste: I, Tanya)

Les critiques de New York couronnent Lady Bird, Timothée Chalamet, 120 BPM et Visages, Villages

Posté par vincy, le 30 novembre 2017

Le New York Film Critics Circle n'ont pas manqué d'audace dans cette course vers les Oscars où plusieurs favoris, principalement indépendants hormis les films de Steven Spielberg et Paul Thomas Anderson, rivalisent dans les palmarès.

Ainsi Call Me By Your Name et Get Out, favori des Gotham Awards, se retrouvent cités une fois de plus, même s'ils doivent laisser la "locale" de l'étape, Greta Gerwig, remporter le prix suprême, en plus du prix de la meilleure actrice pour la favorite des Oscars, Saoirse Ronan.

La bonne nouvelle pour le cinéma français est la reconnaissance de 120 battements par minute, dont c'est le premier prix récolté aux Etats-Unis, alors que le film y fait un bide, et de Visages, Villages, le documentaire d'Agnès Varda, tout juste auréolée d'un Oscar d'honneur. Sans oublier le jeune franco-américain Timothée Chalamet qui est sacré comme acteur, le plus jeune récompensé dans l'histoire de ce palmarès.

En revanche les critiques new yorkais ont boudé The Post, principal triomphateur des National Board of Review Awards, préférant un autre film présenté à Cannes, The Florida Project.

Cela donne une couleur très "indé" au Palmarès. Mais rappelons que depuis The Artist en 2012, leur choix du meilleur film n'a jamais été transformé en Oscar du meilleur film.

Meilleur film: Lady Bird de Greta Gerwig
Meilleur réalisateur: Sean Baker (The Florida Project)

Meilleure actrice: Saoirse Ronan (Lady Bird)
Meilleur acteur: Timothée Chalamet (Call me by your name)
Meilleur second-rôle féminin: Tiffany Haddish (Girls Trip)
Meilleur second-rôle masculin: Willem Dafoe (The Florida project)

Meilleur film en langue étrangère: 120 battements par minute
Meilleur premier film: Get Out
Meilleur film d'animation: Coco
Meilleur documentaire: Visages, Villages

Meilleur scénario: Phantom Thread
Meilleure photo: Mudbound
Prix spécial pour l'ensemble de sa carrière: Molly Jaskell, ancienne critique au NY Magazine et à Village Voice

Le National Board of Review choisit The Post

Posté par vincy, le 28 novembre 2017

Le National Board of Review a été la première association de critiques à rendre son verdict de la saison. The Post, le nouveau film de Steven Spielberg, a remporté le prix du meilleur film de l'année. Spielberg avait déjà reçu ce prix avec La couleur pourpre, L'empire du soleil et La liste de Schindler.

Les deux stars du film, Tom Hanks et Meryl Streep, ont été choisis comme meilleurs acteur et actrice. Pour Hanks comme pour Streep, c'est la deuxième fois qu'il sont honorés par le NBR.

Lady Bird et Get Out sont les deux autres films plusieurs fois primés. Le premier a été récompensé pour sa réalisation (Greta Gerwig) et pour le second-rôle féminin (Laurie Metcalf). Le second a été distingué comme meilleure première réalisation et pour l'ensemble de son casting.

Les autres prix sont allés à Willem Dafoe (The Florida Project), meilleur second rôle masculin, The Disaster Artist et Phantom Thread (scénario et adaptation), Coco (animation), Jane (documentaire) et Foxtrot, le film israélien de Samuel Maoz, Grand prix du jury à Venise (film étranger). On notera que même dans la liste Top 10 du NBR, 120 battements par minute est complètement absent. En revanche, Frantz de François Ozon est bien présent.

Timothée Chalamet a été distingué comme meilleur espoir (comme la veille aux Gotham Awards) pour son rôle dans Call be My Your Name tandis que le prix Spotlight a distingué Patty Jenkins et Gal Gadot pour Wonder Woman.

Top 10 Films
Baby Driver, Call Me by Your Name, The Disaster Artist, Downsizing, Dunkirk, The Florida Project, Get Out, Lady Bird, Logan, Phantom Thread

Top 10 films indépendants
Beatriz at Dinner, Brigsby Bear, A Ghost Story, Lady Macbeth, Logan Lucky, Loving Vincent, Menashe, Norman: The Moderate Rise and Tragic Fall of a New York Fixer, Patti Cake$, Wind River

Top 5 films étrangers
A Fantastic Woman, Frantz, Faute d'amour, Summer 1993, The Square

Top 5 Documentaires
Abacus: Small Enough to Jail, Brimstone & Glory, Eric Clapton: Life in 12 Bars, Faces Places, Hell on Earth: The Fall of Syria and the Rise of Isis

Albi 2017 : Percujam d’Alexandre Messina remporte le prix du public

Posté par MpM, le 27 novembre 2017

Les œillades d’Albi se sont achevées dimanche 26 novembre avec la remise du Prix du public au documentaire Percujam d’Alexandre Messina qui sortira le 4 avril 2018. Dans ce film d’à peine une heure, le réalisateur suit un groupe constitué de musiciens autistes et de leurs éducateurs. Il mêle des images prises sur le vif pendant les concerts ou les répétitions à des témoignages face caméra des artistes. Les thèmes abordés vont ainsi bien au-delà de la musique (et de la maladie) pour proposer à la fois des tranches de vie spontanées et un reflet de leurs préoccupations terriblement simples et actuelles au sujet de l'avenir, de l'amour et d’une vie heureuse.

Si le film est formellement peu imaginatif (et parfois confus), on comprend pourquoi le public a eu envie de plébisciter ce document singulier qui nous fait partager le quotidien, tantôt trivial, tantôt émouvant, de personnalités fortes et attachantes qui viennent nous rappeler à juste titre que les personnes souffrant d'autisme trop souvent laissées en retrait à cause de leur handicap.

La compétition, qui était constituée de 13 films présentés en avant-première pendant le Festival, réunissait par ailleurs de belles propositions. On a notamment été subjugué par La douleur d’Emmanuel Finkiel, adaptation en état de grâce du livre de Marguerite Duras, dans lequel elle racontait les jours ayant suivi l'arrestation de son époux Robert Antelme, à la fin de la guerre, pour faits de résistance. Mélanie Thierry y devient  une allégorie de l’attente, masque de douleur sur le visage, et force intérieure sur le point de se rompre.

Peut-être n’avait-on jamais aussi bien entendu la voix de l’écrivaine que dans les splendides voix-off introspectives qui livrent sans barrière la pensée et les sentiments de celle qui écrit. On est également bluffé par le travail réalisé par le chef opérateur Alexis Kavyrchine qui rend physiquement palpable l'état mental du personnage en jouant sans cesse sur des images fondues et des arrières-plans flous. L'héroïne se retrouve ainsi isolée au milieu de la foule, toute à sa douleur, hors d'un monde qui ne peut plus être le sien. A découvrir absolument en salles dès le 24 janvier.

Autre temps fort, Jusqu’à la garde de Xavier Legrand qui est en quelque sorte la suite du court métrage qui l’avait révélé, Avant que de tout perdre, dans lequel une femme mettait tout en œuvre pour fuir, avec ses deux enfants, un mari violent. Définitivement séparés, les deux époux se disputent la garde de leur fils, Julien, âgé de onze ans. Entre le documentaire brut et le thriller haletant, ce premier long métrage qui a reçu deux lions d'argent à Venise (meilleur réalisateur et meilleur premier film) est une plongée sans concession dans l'univers de la violence conjugale : manipulation, contrition, menaces, utilisation des enfants pour atteindre la mère, propension à se faire passer pour une victime...

On a l'impression d'assister à une lente et irrépressible montée en puissance de la haine et de la colère, sans temps morts ni moments de répit, jusqu'à l'explosion finale qui consiste en une longue et intransigeante séquence d'assaut dans laquelle le simple travail sur les sons (une sonnette qui résonne dans la nuit, puis le silence déroutant, l’ascenseur qui arrive, les coups frappés à la porte...) suffit à générer une angoisse difficilement supportable. Léa Drucker et Denis Ménochet (déjà présents dans le court) sont d'une justesse irréprochable, incarnant avec une subtilité admirable ces deux personnages qui parviennent, malgré les enjeux, à rester dans la retenue et le minimalisme. Un film indispensable qui sortira en France le 7 février.

Enfin, Makala d'Emmanuel Gras, récompensé du Grand Prix lors de la dernière Semaine de la Critique, était lui aussi en lice. Ce superbe documentaire tourné en république du Congo suit Kabwita, un villageois qui fabrique du charbon de bois pour aller le vendre (en vélo) à de nombreux kilomètres de chez lui. Un voyage initiatique épuré et sensoriel qui donne à voir les fragilités de la destinée humaine dans des plans à la beauté hypnotique. A voir en France dès le 6 décembre.

Les films en compétition
La douleur d’Emmanuel Finkiel
Le ciel étoilé au-dessus de ma tête d’Ilan Klipper
Gaspard va au mariage d’Antony Cordier
Luna d’Elsa Diringer
Jusqu’à la garde de Xavier Legrand
Percujam d’Alexandre Messina
La fête est finie de Marie Garel-Weiss
La villa de Robert Guédiguian
Makala d’Emmanuel Gras
Une saison en France de Haroun Mahamat-Saleh
Marie-Curie de Marie-Noëlle Sehr
Corps étranger de Raja Amari
C’est le cœur qui meurt en dernier d’Alexis-Brault

The Disaster Artist de James Franco triomphe à San Sebastian

Posté par vincy, le 2 octobre 2017

James Franco a été consacré par le jury du Festival de San Sebastian pour son long métrage The Disaster Artist, en lui décernant le Coquillage d'Or (Concha de Oro) du meilleur film.

Le film marque ainsi un point pour les Oscars après sa présentation (en version inachevée) au South by Southwest Film Festival au printemps puis en version complète à Toronto (où il a été l'un des films les plus appréciés). James Franco sort de ses films intellos ou expérimentaux avec cette comédie qui retrace le tournage du film culte The Room de Tommy Wiseau, considéré comme un des pires de l'histoire du cinéma par la critique et pourtant prix du public au New York International Independent Film & Video Festival. Echec au box office, le film est devenu culte grâce à ses défauts. Franco a été séduit par la folie et le rêve de Tommy Wiseau, rejeté par Hollywood, et déterminé à faire son film.

The Disaster Artist, qui doit sortir en décembre aux Etats-Unis, réunit une myriade de vedettes aux côtés de James Franco: Alison Brie, Kristen Bell, Zac Efron, Dave Franco, Adam Scott, Bryan Cranston, Josh Hutcherson, Seth Rogen et Sharon Stone.

Marcela Said récompensée à San Sebastian et à Biarritz

Le jury de cette 65e édition, présidé par John Malkovich, entouré de Dolores Fonzi, Jorge Guerricaechevarria, William Oldroyd, Emma Suárez, André Szankowski et Paula Vaccaro, a aussi distingué l'Argentine Anahi Berneri, pour son film Alanis, qui devient la première femme à recevoir le prix de la mise en scène, film également récompensé par le prix d'interprétation féminine pour Sofia Gala Castiglione, le Roumain Bogdan Dumitrache comme meilleur acteur pour son rôle dans Pororoca de Constantin Popescu, le film espagnol Handia (prix spécial du jury), le film argentin Una especie de familia (prix du scénario, et par ailleurs prix d'interprétation masculine au Festival de Biarritz ce week-end) et le film allemand Der Hauptmann (The Captain) (meilleure image). Le jury a attribué une mention spéciale à l'actrice belge Anne Gruwez (Ni juge, ni soumise).

Par ailleurs, dans la section Horizontes Latinos, le jury d'Angela Molina a décerné son prix du meilleur film latino-américain à Mariana (Los Perros) de la réalisatrice chilienne Marcela Said, film sur la dictature d'Augusto Pinochet, également récompensé à Biarritz avec le prix du jury.

Deux films primés à Venise plébiscités par le public

Le prix Nouveaux Talents a récompensé la française Marine Francen pour Le semeur. Le prix du public a plébiscité Three Billboards outside Ebbing, Missouri de Martin McDonagh (qui avait reçu le prix du scénario à Venise et le prix du public à Toronto). Le public a aussi voté pour Jusqu'à la garde de Xavier Legrand à titre de meilleur film européen (après le prix de la mise en scène et le prix du meilleur premier film à Venise). Les deux films devancent Borg/McEnroe et La villa de Robert Guédiguian. Les spectateurs de San Sebastien ont moins aimé Call me by your name, 120 battements par minute, Happy End, Le musée des merveilles, Beautiful Day, The Florida Project, Faute d'amour ou The Big Sick, pourtant très appréciés et même primés à Sundance, Berlin ou Cannes. Mais le film qui a suscité le plus de rejet est Mother! de Darren Aronofsky.

Enfin, le prix FIPRESCI de la critique internationale a préféré le film espagnol Life and Nothing More de Antonio Méndez Esparza

San Sebastian a aussi honoré trois artistes avec un prix Donostia : Ricardo Darin, Monica Bellucci et Agnès Varda.

Dinard 2017: Le jury tombe amoureux de « Seule la Terre »

Posté par vincy, le 30 septembre 2017

Le jury du Festival du film britannique de Dinard, présidé par Nicole Garcia, a (logiquement) succombé au meilleur film de la compétition, Seule la terre de Francis Lee qui est sacré par un Hitchcock d'or. Ce premier film a déjà reçu le prix de la mise en scène à Sundance, le prix du jury dans la section Panorama à Berlin, le prix du meilleur film britannique à Edinbourgh et de nombreux prix dans les festivals LGBTQI.

Francis Lee suit le parcours de Johnny, jeune homme malheureux, subissant sa vie de fermier dans le Yorkshire, alors que son père, handicapé ne peut plus assurer l'entretien de la ferme. Le soir, il noie son amertume au pub du village et multiplie les aventures sexuelles et furtives. Pour l'aider en cette fin d'hiver, ils font appel à un saisonnier, Gheorghe, d'origine roumaine. Johnny doit alors faire face à des sentiments jusqu’alors inconnus. Une relation intense naît entre eux. Johnny saura-t-il saisir la chance que lui offre le destin?

Seule la terre est "un premier long métrage intelligent, drôle, et très joliment filmé, qui a des faux airs de feel good movie rural et romantique" (lire notre bilan).

Le film sortira le 6 décembre en France chez Pyramide. Il a également reçu le Hitchcock « Coup de cœur » décerné par l’association La Règle du Jeu.

Le reste du palmarès couronne Pili de Leanne Welham, qui reçoit une mention spéciale du jury et le prix du public. Le sujet en lui-même est inspiré d'une multitude de faits réels: l'histoire d'une femme tanzanienne, seule avec ses deux enfants, qui luttent simultanément contre son HIV et cherche de l'argent pour s'offrir un commerce et une vie meilleure.

Le prix Hitchcock du meilleur scénario a récompensé Daphné, le film de Peter Mackie Burns. Parmi les autres prix, le jury des courts métrages a distingué We Love Moses de Dionne Edwards (Hitchcock d'or du court métrage) et une mention spéciale à The Party d'Andrea Harkin. Le prix du public revient à The Driving Seat de Phil Lowe. A noter que les deux Hitchcock d'or, celui du long et celui du court, récompensent des films dont le thème est assez similaire: l'homosexualité cachée.

Enfin, un Hitchcock d'honneur a sacré Jim Broadbent, Oscar du meilleur acteur dans un second rôle en 2001 dans Iris et prix d'interprétation à Venise pour Topsy-Turvy, père de Bridget Jones, maître de cérémonie du Moulin Rouge, juge dans Vera Drake (Lion d'or à Venise) et doyen dans Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal. Il était à Dinard pour présenter À l'heure des souvenirs (The Sense of an Ending) de Ritesh Batra, film avec Charlotte Rampling, dont la sortie est prévue en France en avril 2018.

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Emmy Awards 2017 : The Handmaid’s Tale et Big Little Lies grands vainqueurs

Posté par wyzman, le 18 septembre 2017

C'est hier soir que se tenait les 69e Emmy Awards. Une cérémonie marquée par les victoires de The Handmaid's Tale (meilleure série dramatique), Veep (meilleure série comique) et Big Little Lies (meilleure mini-série). Plus encore, ces Emmy Awards étaient l'occasion de marquer un peu l'histoire de la télévision puisque Sterling K. Brown y est devenu le premier Noir américain à remporter un Emmy Award de meilleur acteur en 19 ans pour son rôle dans This Is Us tandis que Donald Glover (Atlanta) a accédé au titre de premier réalisateur Noir américain à être sacré dans la catégorie comédie.

A noter : malgré un total de 41 nominations, Westworld et Stranger Things sont toutes les deux reparties bredouilles des Emmy Awards 2017. Ainsi Big Litlle Lies et The Handmaid's Tale ont gagné 5 prix chacun, champions de la soirée (et 8 chacun si on prend en compte les Emmy Creative Arts remis le week-end dernier). Côté diffuseurs, HBO ne lâche rien avec 29 récompenses, devant les 20 de Netflix et les 10 de Hulu, qui surgit comme un acteur aussi inattendu qu'intcontournable. Amazon en revanche n'a obtenu que 2 prix.

Notons que Julia Louis-Dreyfus est rentrée dans l'histoire des Emmys avec son sixième trophée en tant que meilleure actrice pour le même rôle (dans Veep). Du jamais vu. Jusque là le record était de cinq prix (Candice Bergen et Don Knotts). La comédienne est aussi désormais au panthéon avec le record d'Emmy pour un acteur ou une actrice, puisque tout au long de sa carrière, elle en a obtenu 8 au total (ex-aequo avec Cloris Leachman).

Dans un palmarès très diversifié, notons enfin qu'avec son Emmy du meilleur réalisateur, Reed Morano est seulement la troisième femme à obtenir ce prix, et la première en 22 ans!

La liste des gagnants est à découvrir ci-dessous :

Meilleure série dramatique
“Better Call Saul” (AMC)
“The Crown” (Netflix)
“The Handmaid’s Tale” (Hulu)
“House of Cards” (Netflix)
“Stranger Things” (Netflix)
“This Is Us” (NBC)
“Westworld” (HBO)

Meilleure série comique
“Atlanta” (FX)
“Black-ish” (ABC)
“Master of None” (Netflix)
“Modern Family” (ABC)
“Silicon Valley” (HBO)
“Unbreakable Kimmy Schmidt” (Netflix)
“Veep” (HBO)

Meilleure mini-série
“Big Little Lies” (HBO)
“Fargo” (FX)
“Feud: Bette and Joan” (FX)
“The Night Of” (HBO)
“Genius” (National Geographic)

Meilleur téléfilm
“Black Mirror: San Junipero” (Netflix)
“Dolly Parton’s Christmas Of Many Colors: Circle Of Love” (NBC)
“The Immortal Life Of Henrietta Lacks” (HBO)
“Sherlock: The Lying Detective (Masterpiece)” (PBS)
“The Wizard Of Lies” (HBO)

Meilleur acteur dans une série dramatique
Sterling K. Brown (“This Is Us”)
Anthony Hopkins (“Westworld”)
Bob Odenkirk (“Better Call Saul”)
Matthew Rhys (“The Americans”)
Liev Schreiber (“Ray Donovan”)
Kevin Spacey (“House of Cards”)
Milo Ventimiglia (“This Is Us”)

Meilleure actrice dans une série dramatique
Viola Davis (“How to Get Away with Murder”)
Claire Foy (“The Crown”)
Elisabeth Moss (“The Handmaid’s Tale”)
Keri Russell (“The Americans”)
Evan Rachel Wood (“Westworld”)
Robin Wright (“House of Cards”)

Meilleur acteur dans une série comique
Anthony Anderson (“black-ish”)
Aziz Ansari (“Master of None”)
Zach Galifianakis (“Baskets”)
Donald Glover (“Atlanta”)
William H. Macy (“Shameless”)
Jeffrey Tambor (“Transparent”)

Meilleure actrice dans une série comique
Pamela Adlon (“Better Things”)
Tracee Ellis-Ross (“black-ish”)
Jane Fonda (“Grace and Frankie”)
Lily Tomlin (“Grace and Frankie”)
Allison Janney (“Mom”)
Ellie Kemper (“Unbreakable Kimmy Schmidt”)
Julia Louis-Dreyfus (“Veep”)

Meilleur acteur dans une mini-série
Riz Ahmed (“The Night Of”)
Benedict Cumberbatch (“Sherlock: The Lying Detective”)
Robert De Niro (“The Wizard of Lies”)
Ewan McGregor (“Fargo”)
Geoffrey Rush (“Genius”)
John Turturro (“The Night Of”)

Meilleure actrice dans une mini-série
Carrie Coon (“Fargo”)
Felicity Huffman (“American Crime”)
Nicole Kidman (“Big Little Lies”)
Jessica Lange (“Feud”)
Susan Sarandon (“Feud”)
Reese Witherspoon (“Big Little Lies”)

Meilleur acteur de second rôle dans une série dramatique
John Lithgow (“The Crown”)
Jonathan Banks (“Better Call Saul”)
Mandy Patinkin (“Homeland”)
Michael Kelly (“House of Cards”)
David Harbour (“Stranger Things”)
Ron Cephas Jones (“This Is Us”)
Jeffrey Wright (“Westworld”)

Meilleure actrice de second rôle dans une série dramatique
Ann Dowd (“The Handmaid’s Tale”)
Samira Wiley (“The Handmaid’s Tale”)
Uzo Aduba (“Orange Is the New Black”)
Millie Bobby Brown (“Stranger Things”)
Chrissy Metz (“This Is Us”)
Thandie Newton (“Westworld”)

Meilleur acteur de second rôle dans une série comique
Alec Baldwin (“Saturday Night Live”)
Louie Anderson (“Baskets”)
Ty Burrell (“Modern Family”)
Tituss Burgess (“Unbreakable Kimmy Schmidt”)
Tony Hale (“Veep”)
Matt Walsh (“Veep”)

Meilleure actrice de second rôle dans une série comique
Kate McKinnon (“Saturday Night Live”)
Vanessa Bayer (“Saturday Night Live”)
Leslie Jones (“Saturday Night Live”)
Anna Chlumsky (“Veep”)
Judith Light (“Transparent”)
Kathryn Hahn (“Transparent”)

Meilleur acteur de second rôle dans une mini-série
Bill Camp (“The Night Of”)
Alfred Molina (“Feud: Bette and Joan”)
Alexander Skarsgård (“Big Little Lies”)
David Thewlis (“Fargo”)
Stanley Tucci (“Feud: Bette and Joan”)
Michael K. Williams (“The Night Of”)

Meilleur actrice de second rôle dans une mini-série
Judy Davis (“Feud: Bette and Joan”)
Laura Dern (“Big Little Lies”)
Jackie Hoffman (“Feud: Bette and Joan”)
Regina King (“American Crime”)
Michelle Pfeiffer (“The Wizard of Lies”)
Shailene Woodley (“Big Little Lies”)

Meilleur programme de variété
“Full Frontal With Samantha Bee” (TBS)
“Jimmy Kimmel Live!” (ABC)
“Last Week Tonight With John Oliver” (HBO)
“The Late Late Show With James Corden” (CBS)
“Real Time With Bill Maher” (HBO)
“The Late Show with Stephen Colbert” (CBS)

Meilleure émission de compétition
“The Amazing Race” (CBS)
“American Ninja Warrior” (NBC)
“Project Runway” (Lifetime)
“RuPaul’s Drag Race” (vh1)
“Top Chef” (Bravo)
“The Voice” (NBC)

Meilleure émission de sketches
“Billy On The Street” (truTV)
“Documentary Now!” (IFC)
“Drunk History” (Comedy Central)
“Portlandia” (IFC)
“Saturday Night Live” (NBC)
“Tracey Ullman’s Show” (HBO)

Meilleure réalisation pour une série dramatique
Vince Gilligan (“Better Call Saul”)
Stephen Daldry (“The Crown”)
Reed Morano (“The Handmaid’s Tale”)
Kate Dennis (“The Handmaid’s Tale”)
Lesli Linka Glatter (“Homeland”)
The Duffer Brothers (“Stranger Things”)
Jonathan Nolan (“Westworld”)

Meilleure réalisation pour une série comique
Donald Glover (“Atlanta”)
Jamie Babbit (“Silicon Valley”)
Mike Judge (“Silicon Valley”)
Morgan Sackett (“Veep”)
David Mandel (“Veep”)
Dale Stern (“Veep”)

Meilleure réalisation pour une mini-série
Jean-Marc Vallee (“Big Little Lies”)
Noah Hawley (“Fargo”)
Ryan Murphy (“Feud: Bette & Joan”)
Ron Howard (“Genius”)
James Marsh (“The Night Of”)
Steve Zaillian (“The Night Of”)

Meilleure réalisation pour une émission de variété
Derek Waters & Jeremy Konner (“Drunk History”)
Andy Fisher (“Jimmy Kimmel Live”)
Paul Pennolino (“Last Week Tonight with John Oliver”)
Jim Hoskinson (“The Late Show with Stephen Colbert”)
Don Roy King (“Saturday Night Live”)

Meilleure écriture pour une série dramatique
Joe Weisberg and Joel Fields (“The Americans”)
Gordon Smith (“Better Call Saul”)
Peter Morgan (“The Crown”)
Bruce Miller (“The Handmaid’s Tale”)
The Duffer Brothers (“Stranger Things”)
Lisa Joy and Jonathan Nolan (“Westworld”)

Meilleure écriture pour une série comique
Donald Glover (“Atlanta”)
Stephen Glover (“Atlanta”)
Aziz Ansari and Lena Waithe (“Master of None”)
Alec Berg (“Silicon Valley”)
Billy Kimball (“Veep”)
David Mandel (“Veep”)

Meilleure écriture pour une mini-série
David E. Kelley (“Big Little Lies”)
Charlie Brooker (“Black Mirror: San Junipero”)
Noah Hawley (“Fargo”)
Ryan Murphy (“Feud: Bette and Joan”)
Jaffe Cohen, Michael Zam and Ryan Murphy (“Feud: Bette and Joan”)
Richard Price and Steven Zaillian (“The Night Of”)

Meilleure écriture pour un programme de variété
“Full Frontal with Samantha Bee”
“Last Week Tonight with John Oliver”
“Late Night with Seth Meyers”
“The Late Show with Stephen Colbert”
“Saturday Night Live”