Cannes 2019: le Palmarès d’Un certain regard

Posté par vincy, le 24 mai 2019

Présidé par Nadine Labaki, accompagnée de Marina Foïs, Nurhan Sekerci-Porst, Lisandro Alonso et Lukas Dhont, le jury d'Un certain regard a rendu un verdict éclectique avec 8 films distingués sur les 18 de la sélection.

"Le Jury tient à témoigner du grand plaisir qu’il a eu à s’immerger dans la diversité de cette sélection, diversité quant aux sujets traités, quant à l’approche cinématographique et à la représentation des personnages. Il a été pour nous très stimulant de voir côte à côte des réalisateurs qui maîtrisent si bien leur langage et d’autres qui suivent ce même chemin. Constater la présence de 9 premiers films fut pour nous une belle surprise et voyager à travers ces différents univers, un réel privilège. Le cinéma mondial se porte à merveille !" a indiqué le jury dans le communiqué.

Si on peut regretter qu'aucun des deux films d'animation n'aient été récompensés, le jury a confirmé le bel accueil au film du cinéaste brésilien Karim Aïnouz, La vie invisible d'Euridice Gusmao, grande fresque mélodramatique autour de deux sœurs fusionnelles qui se retrouvent séparées par le destin. Le film reçoit le Prix Un Certain Regard, le plus grand prix du palmarès.

Le Prix du jury est revenu au film minimaliste d'Oliver Laxe, Viendra le feu.

Chiara Mastroïanni reçoit le Prix d'interprétation pour son plus grand rôle à date, dans Chambre 212 de Christophe Honoré. Une belle manière de distinguer ce film.

Kantemir Balagov, avec sa fresque formelle Beanpole reçoit le Prix de la mise en scène tandis qu'un Prix spécial du jury a été remis au déconcertant et libertin Liberté d'Albert Serra.

Le jury a aussi tenu à donné une mention spéciale à Jeanne, drame historique décalé de Bruno Dumont, et deux coups de cœur à des films qui mêlent l'humour et l'intime, avec un ton léger et des personnages dépressifs: La femme de mon père de Monia Chokri, qui avait fait l'ouverture d'Un certain regard, et The Climb de Michael Angelo Covino.

Cannes 2019 : Le palmarès de la Quinzaine des Réalisateurs

Posté par wyzman, le 23 mai 2019

C’est donc Alice et le Maire qui le remporte le Label Europa Cinemas décerné au meilleur film européen de la section, et considéré comme le prix le plus important de la Quinzaine. Second long-métrage de Nicolas Pariser, Alice et le Maire est une comédie politique dans laquelle Fabrice Luchini incarne le maire de Lyon, qui, à court d'idées nouvelles, demande à une brillante jeune philosophe, Alice Heimann (Anaïs Demoustier) de lui en donner. Le film sortira le 2 octobre.

En ce qui concerne le prix SACD de la Quinzaine des Réalisateurs, celui-ci a été a été décerné ce soir par Dominique Sampiero (scénariste membre de la commission cinéma de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques), au film de Rebecca Zlotowski Une fille facile dont le scénario est co-écrit avec Teddy Lussi-Modeste. Très attendu sur la Croisette le quatrième long-métrage de la scénariste et réalisatrice française raconte les vacances que passent ensemble deux cousines. Sofia (Zahia Dehar) s'épanouit en laissant les hommes qu'elle fréquente l'entretenir tandis que Naïma (Mina Farid) tente de savoir de quoi son avenir sera fait. Le film sera visible en salle dès le 28 août.

Label Europa Cinemas : Alice et le Maire de Nicolas Pariser
Prix SACD : Une fille facile de Rebecca Zlotowski
Prix Illy du court métrage : Stay awake, be ready de Pham Thien An
Carrosse d'or : John Carpenter

Cannes 2019: un film d’animation couronné à la Semaine de la Critique

Posté par vincy, le 22 mai 2019

La 58e Semaine de la Critique s'est achevée ce soir avec son palmarès. Pour la première fois, le jury de la sélection, présidé par le cinéaste colombien Ciro Guerra a distingué un film d'animation pour le Grand Prix Nespresso. J'ai perdu mon corps de Jérémy Clapin a été la sensation de la Semaine. Le film, distribué par Rezo Films et qui sortira le 6 novembre dans les salles, est l'adaptation d'un livre de Guillaume Laurent: Naoufel y tombe amoureux de Gabrielle tandis que, plus loin, une main coupée s’échappe d’un labo, bien décidée à retrouver son corps. Une cavale vertigineuse à travers la ville, semée d’embûches et des souvenirs de sa vie jusqu’au terrible accident, va se terminée d’une façon poétique et inattendue.

Les autres prix de la Semaine ont récompensé l'acteur Ingvar E. Sigurðsson vu dans A White White Day de l'islandais Hlynur Pálmason (Prix Fondation Louis Roederer de la Révélation Masculine), César Diaz, auteur de Nuestras Madres (Prix SACD), She Runs de Qiu Yang (Prix Découverte Leitz Cine du court métrage), Sans mauvaise intention d'Andrias Høgenni (Prix Canal + du court métrage).

Le distributeur français The Jokers, a obtenu le Prix Fondation Gan à la Diffusion pour Vivarium de Lorcan Finnegan.

BIFFF 2019 : Corbeau d’or pour Little Monsters, avec Lupita Nyong’o

Posté par kristofy, le 22 avril 2019

Durant une douzaine de jours, le Bruxelles International Fantastic Film Festival est devenu le Brussels Insane Fuckin' Film Festival, soit une 37e édition du BIFFF qui a présenté un large panorama des productions fantastiques du moment. Avec près d'une centaine de films; dont 10 avant premières mondiales, 11 avant premières internationales et 10 avant premières européennes; c'était le rendez-vous pour découvrir ou revoir autant les plus gros films comme Iron Sky 2 de Timo Vuorensolat avec Udo Kier (qui a reçu un Hommage du festival) en leur présence, Take Point de Kim Byung-woo, venu aussi, SuperLopez en compagnie de Javier Ruiz CalderaHellboy de Neil Marshall, Bodies at rest de Renny Harlin,  Chasing the dragon avec Donnie Yen et Andy Lau, des films catastrophes nordiques, le phénomène One cut of the dead, et même The Beach Bum de Harmony Korine...

Le BIFFF c'est beaucoup d'avant-premières mais aussi plusieurs jurys pour différentes sélections. Pour la compétition internationale le jury présidé par Steve Johnson (célèbre artisan des effets-spéciaux), accompagné des réalisateurs Na Hong-jin et Christian Alvart, les acteurs Yoann Blanc et Darko Peric, s'est concentré sur 9 films: leur tâche se résuma à départager les favoris du public qui étaient en fait les mêmes pour eux aussi avec un film prévisible en haut du podium. Les meilleurs films étaient Little Monsters de Abe Forsythe d'abord et The Pool de Ping Lumprapleng, suivis en challenger de poids par Freaks de Adam B. Stein & Zach Lipovsky et Extra Ordinary de Mike Ahern & Enda Loughman, et c'est logiquement ce que reflète le palmarès. Little Monsters reçoit et c'est mérité le Corbeau d'or, Freaks est Corbeau d'argent, The Pool a une mention spéciale du jury et le Prix de la Critique, et le phénomène One cut of the dead qui nous arrive en salles ce mercredi 24 avril est Prix du Public.

Compétition internationale
- Corbeau d’Or, Grand Prix: Little Monsters de Abe Forsythe (Australie)
- Corbeau d’Argent ex aequo: Freaks de Adam B. Stein & Zach Lipovsky (Etats-Unis)
- Corbeau d’Argent ex aequo: Extra Ordinary de Mike Ahern & Enda Loughman (Irlande)
Mention spéciale de Steve Johnson, président du jury : The Pool de Ping Lumprapleng (Thaïlande)

Le palmarès des autres sections
Prix du public: One cut of the dead de  Shin’ichirô Ueda (Japon)
- Méliès d’Argent: I'm back de Luca Miniero (Italie)
- Prix Thriller: Door Lock de Kwon Lee (Corée du Sud) + mention spéciale: Brother's Nest de Clayton Jacobson (Australie)
- Prix du 7e Parallèle: Werewolf by Adrian Panek (Allemagne) + mention spéciale: Cities of Last Things de Wi Ding Ho (Taïwan)
- Prix de la Critique: The Pool de Ping Lumprapleng (Thaïlande)

C'est donc Little Monsters de de Abe Forsythe qui s'est imposé comme le favori, le film représente une sorte de 'feel-good black comedy' avec des zombies dans un parc pour enfants et en vedette Lupita Nyong'o. L'histoire est aussi simple que drôle : Alexander England est un trentenaire qui se dispute avec sa fiancée. De nouveau seul il échoue sur le canapé de sa soeur qui a un petit garçon. Lui qui était plutôt irresponsable et sans travail est forcé de découvrir enfin le monde des adultes et des familles à travers son petit neveu de 5 ans qui a des allergies alimentaires. Mais surtout il rencontre sa jolie maîtresse d'école, incarnée par Lupita Nyong'o. La classe de maternelle organise une sortie dans un parc pour enfants avec des animaux ; il s'improvise accompagnateur, prêt à endurer le cauchemar d'une quinzaine de gamins, pour séduire l'institutrice. Le cauchemar sera tout autre : le parc se retrouve envahi par une centaine de zombies !  L'institutrice va s'efforcer le plus longtemps possible de faire croire au enfants que tout cela n'est qu'un jeu pour ne pas les traumatiser: mais en plus des zombies, il y a en plus des gros mots, du sang, des armes... Little Monsters est irrésistible en terme de d'humour (un peu façon Shaun of the dead) tout en respectant les codes du genre zombies (qui sont lents comme ceux de George Romero, en plus des gens dévorés...), ponctué de références pour les geeks (avec des jeux-vidéo, Dark Vador...), etdes chansons qui font partie de l'histoire (au ukélélé 'Shake it off' de Taylor Swift pour distraire les enfants des zombies qui essaient de rentrer dans leur abri, 'Sweet Caroline' de Neil Diamond en guise de déclaration d'amour), et bien sûr une possible romance avec des quiproquos. Bref, tous les ingrédients sont rassemblés pour un film très efficace, spectaculaire et drôle.

Le film compte avec la présence de la star Lupita Nyong'o qui avait reçu l'Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle pour Twelve Years a Slave et à l'affiche des gros succès Black Panther de Ryan Coogler et Us de Jordan Peele, à noter que ici c'est la première fois qu'elle est le personnage principal d'un film pour un rôle qui n'était pas prédestiné à une femme noire.

Little Monsters avait été d'abord découvert par le festival de Sundance fin janvier. Aux Etats-Unis la sortie est prévue pour une combinaison de salles de cinéma et d'une diffusion via la plateforme de streaming Hulu). Pour une sortie en France reste à croiser les doigts...

Brive 2019 : D’un château l’autre d’Emmanuel Marre triomphe

Posté par MpM, le 10 avril 2019

On ne peut pas dire que l’on soit réellement surpris du Grand prix de cette 16e édition du festival de Brive. On a déjà eu l’occasion de vous dire tout le bien que l’on pense du nouveau film d’Emmanuel Marre, D’un château l’autre, qui fait bien plus que confirmer les espoirs placés en lui après le succès du Film de l’été.

Avec sa forme hybride (fiction/documentaire, super 8/ téléphone portable) et son personnage principal qui ne se sent jamais vraiment à sa place, le film capte la vulnérabilité cachée des temps. La réalité derrière les certitudes de façades et les grands idéaux péremptoires. Comme si, au milieu du cirque politique de l’entre-deux-tours, Emmanuel Marre filmait un tout petit îlot d’humanité résistante, mais aussi une forme de transmission tacite. Ce n’est pas en regardant le monde tourner que l’on changera les choses, dit en substance Francine qui exporte les jeunes générations à l’action.

À ses côtés, en Prix du jury, on retrouve un autre candidat logique au palmarès, le captivant documentaire Vie et mort d’Oscar Perez de Romain Champalaune, un film de montage qui réunit (sans voix off ni commentaires) les images personnelles, récoltées principalement sur les réseaux sociaux, d’Oscar Perez, figure controversée de l’opposition vénézuélienne à Nicolas Maduro. Ancien policier, Perez s’est peu à peu érigé en chef de file d’une rébellion de plus en plus musclée, allant jusqu’à créer un mouvement paramilitaire organisant des opérations commandos contre les forces de l’ordre.

Tout cela, on le comprend uniquement à travers les images récoltées par Romain Champalaune, qui montrent un personnage charismatique, soucieux de son image, et habile à se mettre en scène dans des situations flatteuses. Avec ses yeux d’un bleu d’acier et son physique de mannequin bodybuildé, Oscar Perez affiche un mélange de candeur absolue et d'insupportable opportunisme politique. Le film nous fait passer par tous les points de vue, le présentant d’abord comme un pantin un peu ridicule, puis comme un néo-fasciste dangereux, avant de le transformer en martyr piteux, dépassé par les conséquences de ses actes. Loin d’apporter des réponses, le réalisateur amène le spectateur à se poser quantité de questions, à la fois sur les faits présentés, et sur la manière dont il a choisi de les présenter.

Prix du jury ex-aequo, Juste un jeu de Daniela Lanzuisi est un documentaire aux intentions plus policées. Des adolescents placés en foyer, qui eux-mêmes ont eu affaire à la justice par le passé, participent à un jeu de rôles dans lequel ils incarnent les différents acteurs d'un procès, et découvrent frontalement les rouages judiciaires. On comprend à quel point un tel sujet peut être séduisant, et il est vrai que l'expérience est intéressante, pleine d'enrichissements pour les participants comme pour le spectateur. Pourtant, le film esquisse à peine la dimension de chacun à la justice, tout en multipliant les scènes plus intimes. Ce faisant, le film donne l'impression de rester au milieu du gué, hésitant entre un portrait de groupe plus fouillé et un documentaire presque solennel uniquement axé sur le "jeu" judiciaire".

Le jury jeunes, composé de lycéens, donne l'impression d'être allé vers des films qui parlaient de ce qu’ils connaissent, mettant en scène des personnages qui sont proches d'eux : un écolier qui découvre le trouble amoureux et sensuel avec Daniel fait face de Marine Atlan (également Prix Ciné+ ex-aequo) et des adolescents qui parlent entre et traversent la banlieue de part en part pour se rendre à une soirée, dans Akaboum de Manon Vila. Dans les deux cas, on est face à des œuvres assez fabriquées, qui cochent presque scolairement toutes les cases du genre qu’elles empruntent, n'allant jamais à l'encontre des attentes du spectateur.

Daniel fait face se prend un peu trop au sérieux avec une histoire de voyeurisme et d'amour mêlés, sur fond de comédie musicale volontairement kitsch. Rien ne dépasse, tout est propre et bien cadré, consciencieusement écrit, si bien que l'émotion n'est jamais là. Un objet froid et lisse, un peu trop édifiant pour être sincère. Akaboum surfe lui sur la tendance du documentaire immersif au sein d'un groupe d'adolescents un peu désœuvrés. Rien ne manque : ni les conversations "authentiques", ni la séquence de rap, ni même le symbole (géographique et surligné) d'un isolement infranchissable.

Le public est lui allé vers un film délicat et bienveillant, Le Chant d’Ahmed de Foued Mansour, dont nous avions déjà eu l’occasion de vous parler. Ce récit sensible d’une rencontre incongrue (entre Ahmed, employé aux bains douches publics, et Mike, un adolescent en délicatesse avec la justice et la société) évite tous les écueils liés au genre. C'est un conte attachant qui met le facteur humain au centre, en se reposant sur quelques scènes fortes, finement écrites (notamment celle où Mike rappe devant Ahmed, ou lorsqu'il tente désespérément de ramasser une savonnette à l'aide d'une pince), qui apportent sincérité et justesse au récit, mais aussi une forme d'émotion subtile.

A noter enfin deux autres films qui figurent au palmarès : Braquer Poitiers de Claude Schmitz (Prix Ciné+ ex-aequo), long récit ostensiblement absurde et déjanté d'une prise d'otages qui ne se passe pas du tout comme prévu, et Topo y Wera de Jean-Charles Hue (Prix de la distribution), documentaire morcelé sur un couple de déportés mexicains vivant à Tijuana, à la fois bouleversant et trop volontairement à distance, comme s'ils ne pouvaient jamais être autre chose que des objets d'étude.

Tout le palmarès

Grand Prix
D’un château l’autre de Emmanuel Marre

Prix du jury ex-aequo
Vie et mort d’óscar Pérez de Romain Champalaune
Juste un jeu de Daniela Lanzuisi

Prix du Jury Jeunes ex-aequo
Akaboum de Manon Vila
Daniel fait face de Marine Atlan

Prix du public
Le Chant d’Ahmed de Foued Mansour

Prix de la distribution
Topo y Wera de Jean-Charles Hue

Prix Ciné+ ex-aequo
Daniel fait face de Marine Atlan
Braquer Poitiers de Claude Schmitz

Concours de scénario
Je n’embrasse pas les images de Pascal Hamant
Mentions spéciales : Le Varou de Marie Heyse et La Sœur de DiCaprio de Lucie Anton

Prix de la Maison du Film
Pour le projet : Youssou et Malek de Simon Frenay

Prix Ecrans Canadiens 2019: Une colonie conquiert le palmarès

Posté par vincy, le 1 avril 2019

Le cinéma québécois a fait une razzia sur les "Oscars" canadiens, faute de concurrence anglophone. La remise des prix des Ecrans Canadiens a surtout vu triompher un premier film, Une colonie, réalisé par une femme (un tiers des films nommés était l'œuvre d'une réalisatrice). Le film récolte les trophées du meilleur film, du meilleur premier film et de la meilleur actrice. L'autre grand vainqueur est La grande noirceur qui repart avec cinq prix. Le reste est assez éclaté même si Firecrackers, Anthropocène et Dans la brume récoltent chacun deux prix.

Film: Une colonie de Geneviève Dulude-de Celles
Ecran d'or (champion du box office): 1991
Réalisation; Jasmin Mozaffari (Firecrackers)
Premier film: Une colonie
Documentaire: Anthropocène: une époque humaine
Actrice principale: Emilie Bierre (Une colonie)
Acteur principal: Théodore Pellerin (Chien de garde)
Second-rôle féminin: Sarah Gordon (La grande noirceur)
Second-rôle masculin: Richard Clarkin (The Drawer Boy)
Scénario original: Charlotte a du fun
Adaptation: Stockholm
Musique: Alaska B (Through Black Spruce)
Chanson: "Trials" (The Grizzlies)
Image: La grande noirceur
Image documentaire: Anthropocène: une époque humaine
Montage: Firecrackers
Montage documentaire : La part du diable
Direction artistique: La grande noirceur
Costumes: La grande noirceur
Maquillages: Dans la brume
Effets Visuels: Dans la brume
Son: The Hummingbird project
Montage sonore: La grande noirceur
Court métrage: Fauve
Court métrage documentaire: My Dead Dad's Porno Tapes
Court métrage d'animation: Animal Behaviour

Asian Film Awards 2019: quatre films cannois récompensés

Posté par vincy, le 17 mars 2019

Une affaire de famille a triomphé aux Asian Film Awards cette nuit à Hong Kong, dans un match qui opposaient les cinémas japonais, chinois et coréen. Le film de Hirokazu Kore-eda, Palme d'or l'an dernier à Cannes, est reparti avec le convoité prix du meilleur film, en plus de celui de la meilleure musique. C'est la première fois que le cinéaste remporte ce prix. Un seul autre Japonais avait été sacré depuis la création de la cérémonie en 2006 (Kiyoshi Kurosawa en 2008). C'est aussi la première fois depuis 2011 qu'un film non produit par la Chine est couronné.

Autre cinéaste en compétition à Cannes l'an dernier, le sud-coréen Lee Chang-dong a remporté le prix de la mise en scène pour Burning pour la troisième fois de sa carrière. Le film était favori avec 8 nominations, en plus d'un prix pour l'ensemble de la carrière du cinéaste. Les Asian Film Awards ont aussi distingué la Kazakh Samal Yeslyamova pour son rôle dans Ayka. Elle avait été récompensé à Cannes avec un prix d'interprétation féminine. Cannes a aussi dominé dans la catégorie scénario avec Les éternels de Jia Zhangke.

Sinon, le japonais Koji Yakusho a reçu le prix du meilleur acteur (The Blood of Wolves), en plus d'un prix d'excellence pour l'ensemble de sa carrière. Le chinois Zhang Yu a obtenu le prix du meilleur second-rôle masculin (Dying to Survive) et la hong-kongaise Kara Wai le prix du meilleur second-rôle féminin (Tracey), où elle incarne l'épouse d'une femme transsexuelle. Le cinéma de Chine continentale et d'Hong Kong a d'ailleurs numériquement remporté la partie avec un prix du Meilleur nouveau réalisateur à  Oliver Chan pour Still Human, celui du Meilleur premier film pour le blockbuster Operation Red Sea de Johnny Huang (également primé comme film le plus populaire de l'année), les prix de la meilleure image, du meilleur son, des meilleurs décors et des meilleurs costumes pour Shadow de Zhang Yimou et le prix des meilleurs effets visuels (Project Gutenberg).

Le japonais Tsukamoto Shinya a réussi à obtenir le prix du meilleur montage avec Killing. Les AFA ont aussi consacré deux stars de la K Pop, Kim Jaejoong (Prix nouvelle génération) et Park Seo-joon (Prix du meilleur Espoir).

« Si Beale Street pouvait parler » et Barry Jenkins couronnés aux Indie Spirit Awards

Posté par vincy, le 24 février 2019

Relativement snobé par les Oscars, Barry Jenkins, sacré par les Oscars justement il y a deux ans avec Moonlight, a triomphé aux Independent Spirit Awards hier soir avec Si Beale Street pouvait parler, meilleur film, meilleur réalisateur et meilleur second-rôle féminin. Ce n'est que justice pour l'un des plus beaux films, formellement, du cinéma américain cette année. Et cela confirme tout le talent du cinéaste. D'autant que les Spirit n'ont pas été avare avec le cinéma afro-américain puisque l'excellent Sorry to Bother You a remporté le prix du meilleur premier film.

D'autres œuvres ont remporté plusieurs récompenses, comme Suspiria et Can You Ever Forgive Me?. Roma a une fois de plus raflé le prix du meilleur film étranger.

Film: If Beale Street Could Talk
Réalisateur: Barry Jenkins, If Beale Street Could Talk
Prix Robert Altman: Suspiria
Premier film: Sorry to Bother You
Film internationalRoma (Mexique)
PhotographieSayombhu Mukdeeprom, Suspiria
Montage: Joe Bini, You Were Never Really Here
Scénario: Nicole Holofcener & Jeff Whitty, Can You Ever Forgive Me?
Meilleur premier scénario: Bo Burnham, Eighth Grade
Actrice: Glenn Close, The Wife
Acteur: Ethan Hawke, First Reformed
Second-rôle féminin: Regina King, If Beale Street Could Talk
Second-rôle masculinRichard E. Grant, Can You Ever Forgive Me?
Producteur: Shrihari Sathe
Documentaire: Won’t You Be My Neighbor?
Prix "Plus vrai que la fiction: Bing Liu, réalisateur de Minding the Gap
Prix Bonnie: Debra Granik
Prix John Cassavetes: En El Septimo Dia
Prix espoir (Someone to Watch): Alex Moratto, réalisateur de Sócrates

César 2019: « Jusqu’à la garde » triomphe

Posté par redaction, le 22 février 2019

23 Césars. 118 nominations. La 44e nuit des César, sur fond de Brexit (entre l'introduction sur des chansons de Queen et discours de Kristin Scott Thomas) a distingué un cinéma français éclectique et renouvelé, malgré de grosses absences dans les nominations.

La cérémonie a été laborieuse, à quelques exceptions près. Beaucoup d'inside jokes et de gags "entre soi" de la "grande famille du cinéma français" ont mis les téléspectateurs à distance. Sans compter le rythme très lent. On remercie Elie Seimoun d'avoir été un mannequin normal du Slip Français et Jérôme Commandeur qui a été de loin le plus drôle. Il y aussi de beaux moments musicaux - Eddy de Pretto interprétant Charles Aznavour, Cécile Cassel et Stéfi Celma pour Michel Legrand. (hélas même pas nommé) Mais tout , sinon, tombait souvent à plat. Ou frôlait la faute de goût (un grand hommage à Karl Lagerfeld hors-sujet, la vanne courte mais gênante de Guillaume Gallienne "mâle hétéro" sur-césarisé).

Le César d'honneur a conduit à Robert Redford à raconter ses souvenirs de jeunesse en France, après un montage exécrable rendant peu honneur à son talent.

Comme l'a si bien dit Philippe Katerine, "C'est n'importe quoi!". Enfin au moins certains prix étaient amplement mérités (Alex Lutz, Une affaire de famille, Vilaine fille...) et notamment le triomphe de Jusqu' la garde, de loin le film français le plus accompli de l'année. Les Frères Sisters (4 récompenses) et Shéhérazade (3 trophées) suivent sur le podium. Les films sélectionnés à Venise et à Cannes (particulièrement à la Semaine de la critique) ont été plébiscités.
La famille (mais pas sous son meilleur aspect) reste le fil conducteur de tous les films primés, même si les violences conjugales et les abus sexuels ont davantage marqué les discours.

Cette soirée de plus de trois heures était interminable, et, malgré le suspens promis, on a lutté contre l'idée d'aller voir ailleurs. Ou de revoir certains films récompensés.

Jusqu'à la garde: Meilleur film, Meilleure actrice (Léa Drucker), Meilleur scénario (Xavier Legrand), Meilleur montage (Yorgos Lamprinos)

Les frères Sisters: Meilleure réalisation (Jacques Audiard), Meilleure photo (Benoît Debie), Meilleur son (Brigitte Taillandier, Valérie de Loof, Cyril Holtz), Meilleurs décors (Michel Barthélémy)

Shéhérazade: Meilleur premier film, Meilleur espoir féminin (Kenza Fortas), Meilleur espoir masculin (Dylan Robert)

Guy: Meilleur acteur (Alex Lutz), Meilleure musique (Vincent Blanchard, Roman Greffe)

Les Chatouilles: Meilleure actrice dans un second-rôle (Karin Viard), Meilleure adaptation (Andréa Bescond, Eric Métayer)

Le grand bain: Meilleur acteur dans un second-rôle (Philippe Katerine)

Mademoiselle de Joncquières: Meilleurs costumes (Pierre-Jeann Larroque)

Une affaire de famille: Meilleur film étranger

Ni juge, ni soumise: Meilleur documentaire

Dilili à Paris: Meilleur film d'animation

Vilaine fille: Meilleur court métrage - animation

Les petites mains: Meilleur court métrage

Les Tuche 3: César du public

Clermont-Ferrand 2019 : retour sur le palmarès

Posté par MpM, le 18 février 2019

A Clermont, on a eu fugacement l'impression lors de cette 41e édition que les années se suivent et se ressemblent. Car après le triomphe l'an passé de Vilaine fille d'Ayce Kartal en compétition nationale (film actuellement en lice pour les César, et qui figurait dans la liste de nos courts métrages favoris en 2017), c'est un autre film d'animation qui remporte le même prix cette année : Ce magnifique gâteau de Emma De Swaef et Marc James Roels. Ce qui fait deux grands prix pour le cinéma d'animation d'affilée, alors que cela n'était jamais arrivé jusque-là. Evidemment, on ne peut que s'en réjouir ! Et peut-être même y voir le signe que la "frontière" entre image par image et prise de vues continue est tout doucement en train de s'estomper, pour ne garder que l'idée de cinéma au sens large.

La nouvelle est d'autant plus réjouissante que Ce magnifique gâteau est un moyen métrage absurde et cruel sur la colonisation, réalisé en stop-motion, avec des figurines rondelettes et duveteuses. On y assiste aux conséquences de la colonisation sur les populations locales (à travers notamment un personnage de pygmée assez bouleversant), aux pillages de ressources, et aux effets déshumanisants sur tout ceux qui y prennent part. Un pamphlet puissant et efficace qui ne cesse de récolter des prix (Ottawa, Toronto, Zagreb, Annecy...) partout où il passe depuis sa présentation à la Quinzaine des Réalisateurs en mai 2018.

Mais ce n’est pas tout, puisqu'en section labo, c’est carrément le même réalisateur qui remporte le Grand prix pour la 2e année consécutive ! Huang Pang-Chuan, primé pour Retour en 2018, fait en effet le doublé avec Last year when the train passed by, qui s'inscrit justement dans le prolongement du précédent. Le réalisateur y revient à Taïwan pour interroger les habitants dont il avait photographié les maisons l'année précédente, depuis le train : « Que faisiez-vous l’an dernier quand j’ai pris cette photo du train qui passait devant votre maison ? » Le récit débouche ainsi sur une série de portraits touchants et sensibles qui livrent au gré des rencontres quelques bribes d'un quotidien on ne peut plus "normal" : en un an, les joies et les peines, la vie et la mort, sont passées dans chacune des maisons photographiées par le réalisateur. A noter que les deux films figuraient dans nos courts métrages français préférés de l’année passée.

Côté compétition internationale, c’est un film roumain qui repart avec la récompense suprême. Cadoul de Craciun de Bogdan Mureseanu raconte comment un père de famille découvre avec horreur que son fils a envoyé une lettre au père Noël pour lui expliquer que son papa veut la mort de Ceausescu. Nous sommes le 20 décembre 1989, quelques jours seulement après la répression sanglante à Timisoara.

Parmi les autres prix décernés (ils sont une quarantaine), on remarque le prix spécial du jury pour un film dont nous nous avons déjà parlé à plusieurs reprises : Swatted de Ismaël Joffroy Chandoutis (section labo), le prix du meilleur film documentaire qui va également à Last year when the train passed by de Huang Pang-Chuan, ou encore le doublé prix spécial du jury / prix Canal + pour Leoforos Patision (Avenue Patission) de Thanasis Neofotistos, l'histoire d'une femme qui, en se rendant à un casting, s'aperçoit que son fils est resté seul à la maison.

Le prix du meilleur film d’animation va à Tracing Addai d’Esther Niemeier, un documentaire animé qui essaie de comprendre ce qui est arrivé à Addai, un jeune homme allemand qui a rejoint un groupe de Salafistes en Syrie en 2013.

Du côté français, il faut souligner le prix spécial accordé à Jupiter ! de Carlos Abascal Peiro (une comédie sur le pouvoir), le prix Égalité et diversité à Braquer Poitiers de Claude Schmitz (un portrait léger et drôle de la classe moyenne), le prix du public à Nefta Football club de Yves Piat (une comédie sur fond de foot, en Tunisie), le prix de la meilleure musique originale à Guillaume Bachelé pour La chanson de Tiphaine Raffier (comédie absurde sur l'imitation et la création) , ou encore le prix de la presse Télérama à Pauline asservie de Charline Bourgeois-Tacquet, comédie romantique de l'année 2018.

Compétition internationale

Grand Prix
Cadoul de cracium (Cadeau de Noël) de Bogdan Muresanu - Roumanie

Prix Spécial du Jury
Leoforos Patision (Avenue Patission) de Thanasis Neofotistos - Grèce

Prix du Public
Skin (Épiderme) de Guy Nattiv - États-Unis

Prix du meilleur film d’animation
Tracing Addai (À la recherche d'Addai) d'Esther Niemeier - Allemagne

Prix Étudiant
Binnu Ka Sapna (Binnu : sa vie, son histoire) de Kanu Behl - Inde

Prix CANAL+
Leoforos Patision (Avenue Patission) de Thanasis Neofotistos - Grèce

Compétition Labo

Grand Prix
Last Year when the Train Passed by (L’an dernier quand le train est passé) de Pang-Chuan Huang - France

Prix Spécial du Jury
Swatted d'Ismaël Joffroy Chandoutis - France

Prix du Public
Skin (Épiderme) de Guy Nattiv - États-Unis

Prix CANAL+
The Passage (La traversée) de Kitao Sakurai - États-Unis

Prix Festivals Connexion – Auvergne-Rhône-Alpes
The Sound of Falling (La bruit de la chute) de Chien Yu Lin - Royaume-Uni, Taïwan, Colombie


Prix du meilleur film documentaire (Documentaire sur grand écran)

Last Year when the Train Passed by (L’an dernier quand le train est passé) de Pang-Chuan Huang - France

Prix Allegorithmic des effets visuels
Twenty One Points (Vingt et un points) de Pete Circuitt - Nouvelle-Zélande

Compétition nationale

Grand Prix
Ce magnifique gâteau ! d'Emma de Swaef, Marc James Roels - France, Belgique, Pays-Bas

Prix Spécial du Jury
Jupiter ! de Carlos Abascal Peiro

Prix du Public
Nefta Football Club de Yves Piat

Prix Égalité et Diversité
Braquer Poitiers de Claude Schmitz

Prix de la meilleure musique originale (Sacem)
Guillaume Bachelé pour La chanson de Tiphaine Raffier

Prix du meilleur film d’animation francophone (SACD)
Cadavre exquis de Stéphanie Lasaque, François Leroy

Prix de la meilleure première œuvre de fiction (SACD)
Beautiful Loser de Maxime Roy

Prix Adami d’interprétation - Meilleure comédienne
Imane Laurence dans Côté cœur de Héloïse Pelloquet

Prix Adami d’interprétation - Meilleur comédien

François Créton dans Beautiful Loser de Maxime Roy

Prix Étudiant
Las Cruces de Nicolas Boone

Prix CANAL+
Tigre de Delphine Deloget

Prix de la Presse Télérama
Pauline asservie de Charline Bourgeois-Tacquet

Prix du Rire « Fernand Raynaud »
Pile poil de Lauriane Escaffre, Yvonnick Muller

Prix Procirep du producteur de court métrage
Insolence Productions

Bourse des festivals Auvergne-Rhône-Alpes
Fin de saison de Matthieu Vigneau / Mabel Films

Candidature European Film Awards
Leoforos Patision (Avenue Patission) de Thanasis Neofotistos - Grèce

Mentions spéciales du jury international
Desecho (Déchets) de Julio O. Ramos - Pérou, États-Unis
Brotherhood (Fraternité) de Meryam Joobeur - Tunisie, Canada, Qatar

Mentions spéciales du jury labo
María de los Esteros (María de la mangrove) - Colombie
Fest (Teuf) de Nikita Diakur - Allemagne

Mentions spéciales du jury national
Souvenir inoubliable d’un ami de Wissam Charaf
Pauline asservie de Charline Bourgeois-Tacquet
Mort aux codes de Léopold Legrand
Côté cœur de Héloïse Pelloquet
La chanson de Tiphaine Raffier

Mention spéciale du jury SACD (animation francophone)
Raymonde ou l’évasion verticale de Sarah Van den Boom - France

Mention spéciale du jury SACD (première œuvre de fiction)
La traction des pôles de Marine Levéel / France

Coup de cœur CANAL+ Family
After the Rain (Après la pluie) de Rebecca Black, Céline Collin, Valérian Desterne, Juan Pablo De La Rosa Zalamea, Juan Olarte, Lucile Palomino, Carlos Omar Salazar Tornero - France

Mention spéciale du jury CANAL+ Family
Nuit chérie de Lia Bertels - Belgique

Bourse La poule qui pond
Coucouleurs de Oana Lacroix - Suisse

Prix Orange des Brèves digitales
Ceva de Paul Muresan - Roumanie, République Tchèque