Green Book, Bohemian Rhapsody et Roma, vainqueurs des Golden Globes 2019

Posté par vincy, le 7 janvier 2019

Les Golden globes ont déjoué tous les pronostics. Ce ne sont pas forcément les favoris des critiques des grandes villes ou même les films les plus nommés qui ont été sacrés cette nuit à Los Angeles. Plutôt que le musical A Star is born, ils ont ainsi préféré le biopic musical tout aussi rock Bohemian Rhapsody, qu'on n'attendait absolument pas sacré cette nuit.

La course aux Oscars reste très ouverte. Mais on voit bien que Green Book, avec trois récompenses, a ses chances, tout comme Roma. Côté acteurs, Regina King continue son grand chelem. Si les comédiens sont deux transformations maquillées (un rocker et un vice-président), les comédiennes sont dans l'incarnation de la femme forte. On saluera le sacre de la grande Glenn Close, dont c'est le premier Golden Globe "cinéma" après 5 tentatives.

Une chose est certaine côté films: les Golden Globes sont de moins en moins prédictifs. les chances que le biopic sur Queen triomphe aux Oscars sont pour l'instant assez minces. Pourtant, en étant également dans le club fermé des cinq films nommés catégorie meilleure casting aux Screen Actors Guild Awards, le succès réalisé par Bryan Singer augmente sa cote dans une année sans aucun favori...

Le palmarès cinéma

Film - drame: Bohemian Rhapsody
Film - musical ou comédie: Green Book
Cecil B. DeMille Award: Jeff Bridges
Réalisateur: Alfonso Cuaron (Roma)
Actrice - drame: Glenn Close (The Wife)
Acteur - drame: Rami Malek (Bohemian Rhapsody)
Actrice - musical ou comédie: Olivia Colman (La favorite)
Acteur - musical ou comédie: Christian Bale (Vice)
Second-rôle féminin: Regina King (If Beale Street Could Talk)
Second-rôle masculin: Mahershala Ali (Green Book)
Film d'animation: Spider-Man: Into the Spider-Verse
Film étranger: Roma
Scénario: Peter Farrelly, Nick Vallelonga, Brian Currie (Green Book)
Musique: Justin Hurwitz (First Man)
Chanson: "Shallow” (A Star Is Born)

2018 dans le rétro: un bilan mitigé pour le cinéma français

Posté par vincy, le 29 décembre 2018

L'année 2018 finit plutôt bien pour le cinéma français, avec une part de marché cumulée de 35%. Plus d'un ticket sur trois achetés a été dédié à un film français. Cocorico? Presque. Car tout n'est pas au beau fixe.

Mais ne soyons pas aigris. Commençons par les bonnes nouvelles de l'année. Quatre gros hits, onze millionnaires: les films nationaux continuent de plaire. La comédie et le film familial restent les genres les plus attractif. Le César du film le plus populaire sera décerné cette année aux troisième opus des Tuche. A 50000 entrées près, Dany Boon remontait sur a scène des César pour la deuxième année consécutive. Avec La Ch'tite famille, lui aussi a passé le cap des 5,6 millions d'entrées. La famille Tuche et la famille Ch'ti, ce sont deux France "gilets jaunes" (comme le prouve la photo) qui finalement dictent leur loi au parisiannisme, en bon héros gaulois résistant à l'envahisseur Disney (Pixar, Marvel), à l'instar du nouvel Astérix animé, qui vise les 3 millions d'entrées avec son secret de la potion magique.

La surprise finalement est ailleurs: celle du déclin du mâle alpha qui séduit plus avec son slip de bain et son ventre un peu rondouillard que le sexy Gastambide dans Taxi 5, le populaire Dubosc dans Tout le monde debout ou l'ex star de la Génération Y, Kev Adams, dans Alad'2. Clairement Le Grand bain, avec 4,2 millions d'entrées est un carton pour un film moins formaté et moins farce que les deux champions. Si on ajoute les beaux scores, même s'ils sont parfois en dessous des attentes, de la suite de Neuilly sa mère, du Jeu, des Vieux fourneaux, de Larguées, de Ma reum, du Flic de Belleville ou d'En liberté, tous au-dessus des 600000 tickets, il reste peu de place pour des œuvres plus dramatiques (Belle et Sébastien 3, Sauver ou périr, Pupille...). On peut quand même être heureux de voir qu'un film animé d'Ocelot (Dilili) ou un mélo spirituel de Mouret (Mademoiselle de Joncquières) trouvent leur public.

Cette diversité se retrouve également dans les films qui ont séduit la critique, sans forcément avoir une force de frappe nécessaire pour attirer un large public. On appellera ça les cinéastes "hypes", ceux qui sont parfois hors des sentiers battus mais font le bonheur de festivals qui cherchent à montrer d'autres formes narratives ou visuelles que celles d'un film formaté pour la télévision ou alignant un casting de stars très pros pour les promos TV.Cet écart entre critique et public semble de plus en plus marqué. C'est un effet d'optique. Comment peut-on avoir un succès populaire si un film n'est pas projeté dans plus de 50 cinémas? Il faudra s'interroger, mais pas trop tard car les plateformes de streaming sont prêtes à faire une OPA sur les cinéastes en vogue, sur la manière dont on défend réellement l'exception culturelle quand on ne donne pas sa chance à des films d'auteurs qui ont pourtant un bon potentiel. A une autre époque, un film comme Nos batailles aurait doublé son box office et dans un pays comme les USA, un film de genre comme Ghostland aurait été un carton inespéré, un film comme L'homme fidèle aurait bien mieux dragué les cinéphiles urbains. Le box office ne reflète pas la variété et la qualité du cinéma hexagonale. On n'expliquera jamais l'insuccès de Mektoub my love d'Abdellatif Kechiche ou de En guerre de Stéphane Brizé.

De nouveaux cinéastes tentent des esthétiques et des récits qui se distinguent de la tradition de la nouvelle vague ou du film calibré pour le prime-time télévisuel. On y parle ou on montre du cul, de l'asociabilité, des vérités tabous, des visions pessimistes ou des danses en transes. A l'instar de Yann Gonzalez (Un couteau dans le cœur) et Bertrand Mandico (Les garçons sauvages), de Camille Vidal-Naquet (Sauvage) ou Franck Ribière (La femme la plus assassinée du monde), de Alexandre Espigares (Croc-Blanc) ou Claire Denis (High Life), de Gaspar Noé (Climax) ou Guillaume Brac (L'île au trésor), d'Antony Cordier (Gaspar va au mariage) ou Andréa Bescond et Eric Metayer (Les chatouilles) . Le cinéma français ose, que ce soit dans l'animation ou le genre, comme on l'a vu cette semaine, mais aussi en s'aventurant dans la SF ou en préférant des influences différentes, étrangères, moins classiques.

C'est ce qui ternit cette année. De très bons films, parfois sensationnels, parfois saisissants, souvent émouvant, toujours dramatiques quand même, ont été ignorés des palmarès. Il y a, heureusement, l'exception vénitienne. L'an dernier, Jusqu'à la garde triomphait, à juste titre au festival de Venise. Le film a su s'imposer parmi les meilleurs de l'année. Cette année, Venise et Les Arcs ont récompensé C'est ça l'amour de Claire Burger, qui sera, sans aucun doute dans notre bilan de l'année prochaine. Mais sinon, hormis Plaire, aimer et courir vite, qui sauve son honneur avec un Louis-Delluc inattendu, et En guerre, dont on parlait plus haut, ou Amanda primé à Tokyo, La prière, récompensé à Berlin, quatre films qui parlent de l'époque (sexualité, social, terrorisme et foi à travers un prisme de lutte de classes ou du détachement du monde), le cinéma français n'a pas brillé dans les palmarès internationaux. Au point qu'aucun film français n'est reparti avec un prix cannois de la sélection officielle. Au point que le sublime film de Finkiel, La douleur, n'a pas atteint la demi-finale des Oscars. Tout un symbole qu'on nous recale Duras.

En fait, cette année, on a aimé le cinéma français, mais les films que nous avons aimés - on peut le regretter - n'ont pas profité de l'enthousiasme que nous espérions. Pourtant indéniablement, le cinéma français continue d'avoir la frite... Prenons un peu de sérotonine et voyons les choses du bon côté.

Les Arcs 2018: Claire Burger au sommet du palmarès

Posté par vincy, le 21 décembre 2018

La 10e édition des Arcs Film Festival s'achève avec succès - plus de 1500 personnes accréditées, près de 80 longs métrages et 40 courts métrages projetés, plus de 20 000 entrées.

Le palmarès décerné ce soir sacre C'est ça l'amour de Claire Burger. Le film obtient la Flèche de Cristal, le prix le plus important du Festival du cinéma européen, le Prix d’Interprétation Masculine pour Bouli Lanners et le Prix du jury presse.

Mars films le sortira le 27 mars. Dans cette histoire, Mario tient la maison et élève seul ses deux filles. Frida, 14 ans, lui reproche le départ de sa mère. Niki, 17 ans, rêve d'indépendance. Mario, lui, attend toujours le retour de sa femme.

Quatre ans après Party Girl, Claire Burger confirme son statut de cinéaste à suivre. Avec C'est ça l'amour, elle avaitdéjà  reçu le principal prix de la sélection Venice Days à la Mostra de Venise en septembre.

Le Grand Prix du Jury a récompensé Joy de Sudabeh Mortezai. Le film a déjà été sacré à Chicago, Londres, Vienne, après deux prix à Venise. Le public a préféré Smuggling Hendrix de Marios Piperides, qui avait triomphé à Tribeca en avril.

Deux autres films ont été particulièrement distingués. Aniara de Pella Kagerman et Hugo Lilja a été distingué par le Prix d'Interprétation Féminine pour Emelie Jonsson, une mention spéciale du jury presse et une mention spéciale du jury jeune ainsi que le Prix Cineuropa. In Fabric de Peter Stickland a reçu de son côté le Prix 20 Minutes d’Audace et le Prix de la Meilleure Photographie pur Ari Wegner.

Les autres récompenses sont le Prix de la Meilleure Musique Originale a été remis à Bernhard Fleischmann pour L’Animale (de Katharina Mückstein), le Prix du Meilleur Court Métrage est allé à The girl with two heads de Betzabé Garcia (avec une mention spéciale pour Bonobo de Zoel Aeschbacher) et le Prix du jury jeune a été décerné à Mug de Malgorzata Szumowska.

Cold War triomphe aux European Film Awards

Posté par vincy, le 16 décembre 2018

Cold War de Pawel Pawlikowski a remporté cinq prix, autant dire une razzia lors de la 31e édition des European Film Awards qui avait lieu à Séville en Espagne hier soir. Le film, primé pour sa mise en scène au Festival de Cannes en mai, est le troisième long métrage polonais à repartir avec le prix du meilleur film, après Tu ne tueras point en 1988 et Ida, du même Pawlokowski, en 2014. Le cinéaste rejoint le club très fermé des double-primés aux EFA (Almodovar, Haneke, Sorrentino, Loach). Lars von Trier reste le plus titré avec trois films sacrés.

Alors qu'Agniezska Holland et Mike Downey ont fait un appel à la libération d’Oleg Sentsov et de Kirill Serebrennikov (Leto est reparti avec un prix), la cérémonie a honoré Costa-Gavras, rendu hommage pour sa carrière à Carmen Maura et distingué par un prix européen pour sa contribution au cinéma mondial à Ralph Fiennes.

Constatons la grande débandade du cinéma français qui peut au moins se rassurer avec les coproductions pour faire flotter le drapeau tricolore sur un palmarès sans aucun artiste ou film national. Heureusement, le Festival de Cannes peut se réjouir, notamment face à ses concurrents. Outre les cinq prix de Cold War et celui de Leto, des films en compétition comme Dogman (3 prix dont meilleur acteur) et Heureux comme Lazzaro (un trophée, le prix des étudiants), des films d'Un certain regard (Border, mais surtout Girl, prix Découverte européenne-Prix Fipresci) et même ceux en séance spéciale (Another Day of Life, meilleur film d'animation) ont laissé peu de récompenses aux films sélectionnés à Berlin(Utoya, 22 juillet et 3 jours à Quiberon) ou ailleurs.

En tout cas, on remarquera que la meilleure comédie européenne de l'année est un film vraiment européen: une bande dessinée française sur la russie soviétique avec un réalisateur et un casting britannique (La mort de Staline), produit par trois pays de l'Union. Et last but not last, le public a choisi Call Me By Your Name comme meilleur film. Sans doute le dernier prix que recevra le film franco-italien, mais pas des moindres.

Film européen :
Cold War de Pawel Pawlikowski

Réalisateur européen :
Pawel Pawlikowski pour Cold War

Acteur européen :
Marcello Fonte pour Dogman

Actrice européenne :
Joanna Kulig pour Cold War

Prix du public :
Call me by your Name de Luca Guadagnino

Comédie européenne :
La mort de Staline d’Armando Iannucci

Scénariste européen :
Pawel Pawlikowski pour Cold War

Film d'animation européen :
Another Day of Life de Raul de la Fuente et Damian Nenow

Documentaire européen :
Ingmar Bergman, une année dans une vie de Jane Magnusson

Découverte européenne-Prix Fipresci :
Girl de Lukas Dhont

Prix EUFA des étudiants :
Heureux comme Lazarro d’Alice Rohrwacher

Court métrage européen :
The Years de Sara Fgaier

Directeur de la photographie européen-Prix Carlo di Palma :
Martin Otterbeck pour Utoya, 22 juillet

Monteur européen :
Jaroslaw Kaminski pour Cold War de Pawel Pawlikowski

Décorateur européen :
Andrey Ponkratov pour Leto de Kirill Serebrennikov

Costumier européen :
Massimo Cantini Parrini pour Dogman de Matteo Garrone

Coiffeur et maquilleur européen :
Dalia Colli, Lorenzo Tamburini et Daniela Tartari pour Dogman de Matteo Garrone

Compositeur européen :
Christoph M. Kaiser et Julian Maas pour 3 jours à Quiberon d'Emily Atef

Ingénieur du son européen :
André Bendocchi-Alves et Martin Steyer pour The Captain - L'usurpateur de Robert Schwentke

Superviseur effets visuel européen :
Peter Hjorth pour Border d'Ali Abbasi

Prix européen de la coproduction-Eurimages :
Konstantinos Kontovrakis et Giorgos Karnavas

Prix honorifique du président et du Comité EFA :
Costa-Gavras

Lifetime Achievement Award :
Carmen Maura

Prix European Achievement in World Cinema :
Ralph Fiennes

Trois films récompensés par le jury du Prix Louis-Delluc

Posté par vincy, le 12 décembre 2018

Ni Douleur, ni Frères Sisters, ni Mademoiselle de Joncquières, ni Prière, ni comédie, ni film flyé. Le prix Louis-Delluc 2018 a été décerné à Plaire, aimer et courir vite de Christophe Honoré, qui était en compétition à Cannes en mai dernier, tout en repartant bredouille. Le 11e long métrage du réalisateur avait séduit 206000 spectateurs. C'est de loin le plus important prix qu'a reçu Honoré dans sa carrière cinématographique. Etre sélectionné à Cannes donne une véritable chance à un film puisque c'est la 7e fois en dix ans qu'un film présenté sur la croisette remporte le prix.

Le Prix Louis-Delluc du premier film a distingué deux films ex-aequo: Jusqu'à la garde de Xavier Legrand et Les garçons sauvages de Bertrand Mandico, tous deux présentés à Venise en 2017.

Ce qui donne un palmarès assez "queer" avec deux films sur le genre et l'identité LGBT (sans doute pour se rattraper de ne pas avoir récompensé 120 BPM l'an derner). Mais aussi un palmarès où la "famille" est explosée, décomposée ou recomposée. Le plus surprenant est sans aucun doute que, formellement, l'audace cinématographique est davantage du côté des deux Louis-Delluc du premier film que du Louis-Delluc "classique".

Les critiques de Los Angeles plébiscitent Roma et Burning

Posté par vincy, le 10 décembre 2018

Le cinéma étranger a eu les faveurs des critiques de Los Angeles. Avec Roma, le mexicain Alfonso Cuaron a ainsi reçu deux prix, dont celui du meilleur film, tout en étant finaliste dans deux autres catégories. Cuaron réalise l'exploit de recevoir pour la 2e fois ce prix, 5 ans après Gravity. Il rejoint ainsi Ang Lee, Alexander Payne, Steven Spielberg, Martin Scorsese, Milos Forman et Clint Eastwood dans ce tableau d'honneur des cinéastes doublement primés par les LAFCAA.

Le sud-coréen Lee Chang-dong, avec Burning, a reçu deux prix lui aussi, tout en étant finaliste dans la catégorie meilleur film. La Palme d'or japonaise Une affaire de famille et le cinéaste nippon Hayao Myazaki ont également été distingués.

L'autre vainqueur de la soirée est Netflix avec les prix pour Roma mais aussi le prix du meilleur documentaire et une mention pour le film posthume restauré d'Orson Welles.

On retrouvera la plupart de ces films et personnalités récompensées aux Oscars. : parmi les meilleurs films récompensés, Les démineurs, Spotlight et Moonlight ont reçu l'Oscar du meilleur film.

Meilleur film: Roma (finaliste: Burning)
Meilleur réalisateur: Debra Granik pour Leave No Trace (finaliste: Alfonso Cuaron pour Roma)
Meilleur acteur: Ethan Hawke pour First Reformed (finaliste: Ben Foster pour Leave No Trace)
Meilleure actrice: Olivia Colman pour La Favorite (finaliste: Toni Collette pour Hereditary)
Meilleur second-rôle masculin: Steven Yeun pour Burning (finaliste: Hugh Grant pour Paddington 2)
Meilleur second-rôle féminin: Regina King pour If Beale Street Could Talk (finaliste: Elizabeth Debicki pour Les veuves)
Meilleur scénario: Nicole Holofcener et Jeff Whitty pour Can You Ever Forgive Me? (finaliste: Deborah Davis et Tony McNamara pour La favorite)
Meilleur film d'animation: Spider-Man New Generation (finalistes: Les indestructibles 2)
Meilleur film en langue étrangère ex-aequo: Burning, Une affaire de famille
Meilleur documentaire: Shirkers (finaliste: Minding the Gap)
Meilleure image: Roma (finaliste: If Beale Street Could Talk)
Meilleur montage: Minding the Gap (finaliste: Roma)
Meilleure musique: If Beale Street Could Talk (finaliste: First Man)
Meilleurs décors: Black Panther (finaliste: La Favorite)

Prix pour l'ensemble de sa carrière: Hayao Miyazaki
Prix Douglas Edwards pour un film expérimental: The Green Fog
Prix Nouvelle génération: Chloe Zhao
Mention spéciale: The Other Side of the Wind d'Orson Welles

« La Favorite » a les faveurs des British Independent Film Awards

Posté par vincy, le 3 décembre 2018

La Favorite de Yorgos Lanthimos engrange les prix depuis sa présentation à Venise, où il a remporté le Grand prix du jury et le prix d'interprétation féminine pour Olivia Colman. Il a aussi récolté un prix spécial pour tout son casting aux Satellite Awards et le même aux Gotham Awards, le prix du meilleur second-rôle féminin (Rachel Weisz) et des costumes aux Hollywood Film awards, le prix de la meilleure actrice (Olvia Colman) au Festival de Gijon, le prix du public à Camerimage. Et voilà que le film ramasse 10 prix aux British Independent Film Awards hier soir. Il était nommé dans 13 fois dans 12 catégories.

La Favorite a dont été récompensé en tant que meilleur film britannique indépendant, meilleur réalisateur, meilleur scénario, meilleure actrice (Colman), meilleur second-rôle féminin (Weisz), meilleure image, meilleur casting, meilleures costumes, meilleurs maquillages, meilleurs décors.

Autant dire qu'il reste des miettes aux autres films. Joe Cole a créé la surprise en recevant le prix du meilleur acteur pour le film français Une prière avant l'aube. Alessandro Nivola a été distingué en tant que meilleur second-rôle masculin pour Désobéissance. La chanteuse et actrice irlandaise Jessie Buckley a été sacrée meilleur nouveau talent. Richard Billingham, pour Ray & Liz, a ramené chez lui le Douglas Hickox Award (meilleur réalisateur pour un premier film), tandis que son producteur est reparti avec le trophée de meilleure révélation dans la production. Le prix du meilleur scénario est revenu à Bart Layton pour American Animals, qui a aussi été primé pour le montage.

Le prix des meilleurs effets a récompensé le film d'animation Cro Man. Enfin, You Were Never really here de Lynne Ramsay se console avec deux prix: musique et son.

Trois prix honorifiques ont été décernés: Horace Ové (Prix spécial du jury), Judi Dench (Richard Harris Outstanding Contribution accolade) et Felicity Jones (Variety Award).

Les BIFA ont distingué Evelyn comme documentaire, The Big Day comme court-métrage et Roma d'Alfonso Cuaron comme film étranger.

Une affaire de famille et Burning couronnés aux Asia Pacific Screen Awards

Posté par vincy, le 29 novembre 2018

Deux films cannois ont été sacrés aux Asia Pacific Screen Awards (APSA). Une affaire de famille de Kore-eda Hirokazu, Palme d'or au festival de Cannes, a reçu le prix du meilleur film, tandis que Burning de Lee Chang-dong a été distingué d'un Grand prix du jury.

Le prix de la mise en scène a aussi couronné un film de la compétition cannoise en récompensant Nadine Labaki pour Capharnaüm, tout comme le prix de la meilleure actrice, décerné à Zhao Tao pour Les éternels.

Une affaire de famille était aussi nommé pour la réalisation et le scénario. Le film a reçu d'autres prix depuis son sacre cannois: meilleur film à Denver, prix du jury de l'International Cinephile Society, Meilleur film étranger au National Board of Review, Meilleur film étranger à Munich, prix du public à Oslo et Vancouver.

La cérémonie a eu lieu à Brisbane en Australie. Les APSA priment des films de pays aussi différents que l'Inde, la Turquie, l'Indonésie, ou l'Australie.

Tous les lauréats

Dinard 2018: tout le monde succombe au charme de Jellyfish

Posté par vincy, le 29 septembre 2018

6 films en compétition par des cinéastes émergents ou des talents confirmés qui font leurs débuts, avec ou sans stars, dramatiques ou drôlatiques, ou les deux. Le Dinard Film Festival a décerné son palmarès ce samedi 29 septembre, après trois jours sous le soleil, et dans le vent. Un bon air marin qui a fait oublier le Brexit. Des salles pleines même un samedi matin aux soirées dansantes tard dans la nuit, cela n'a pas empêché le jury de Monica Bellucci de rendre son verdict.

Par ailleurs, cette année, pour la première fois, un nouveau prix Hitchcock a été remis, celui de la Critique, décerné par un jury de journalistes. Avec le Hitchcock d'or du jury et le Hitchcock du public, cela aurait pu faire trois grands prix à donner pour une compétition certes inégale mais variée et inspirante.

Pourtant il n'y a qu'un grand vainqueur, plusieurs fois récompensé par le jury, y compris avec un prix créé pour l'interprétation, mais aussi par la critique.

Assez logiquement, Jellyfish a remporté les suffrages. Dans la veine de Ken Loach, James Gardner, pour son premier long métrage, suit une adolescente débrouillarde qui cherche à sauver sa famille (sa mère, atteinte d'un trouble psychologique, son frère et sa sœur), tout en poursuivant ses études, en travaillant à mi-temps et en s'affranchissant de limites morales pour gagner un peu plus d'argent. Ce drame doux, amer et drôle est porté par une mise en scène délicate et simple, qui a enthousiasmé les professionnels.

C'était le premier film sélectionné pour la compétition, dès le mois de mai. Comme s'il s'agissait d'une évidence. Liv Hill, dont c'est le premier rôle au cinéma, et Sinead Matthews, qui incarne la mère, ont reçu en juillet le prix d'interprétation au Festival d'Edimbourg. Liv Hill, actuellement à l'affiche de The Little Stranger de Lenny Abrahamson, a été révélée l'an dernier avec la série Three Girls. Le film avait aussi été montré à Tribeca à New York en avril en avant-première mondiale. Espérons que ce beau parcours intéresse un distributeur en France...

Old Boys, qui a gagné le prix du public est un choix assez évident tant le film réunit tous les attraits de la comédie britannique avec une intrigue à la Cyrano.

Avec seulement deux films sur six récompensés, et rien pour Winterlong par exemple, le palmarès ne reflète sans doute pas l'éclectisme de la sélection et certaines qualités des films retenus, mais on espère au moins que pour le 30e anniversaire l'an prochain, malgré la sortie du Royaume Uni de l'Union européenne, Dinard continue de chercher une pépite comme Jellyfish. Mais il faudra aussi revoir le règlement et contraindre le jury à ne pas cumuler les prix pour un seul film.

Le palmarès

Hitchcock d'or du jury: Jellyfish de James Gardner

Prix d'interprétation: Liv Hill pour Jellyfish de James Gardner

Meilleur scénario: Jellyfish de James Gardner

Hitchcock d'honneur: Ian Hart

Hitchcock d'or du public: Old Boys de Toby MacDonald

Hitchcock d'or de la critique: Jellyfish de James Gardner

Hitchcock "Coup de cœur" La règle du jeu: The Bookshop d'Isabel Coixet

Hitchcock shortcuts du jury: Bridge de Lain Robertson
Mention spéciale: Cabin de Matthew Lee

Hitchcock shortcuts du public: Two strangers who meet five times de Marcus Markou

Toronto 2018: le public choisit « Green Book » de Peter Farrelly

Posté par vincy, le 16 septembre 2018

Après plus de 300 films, longs comme courts, la 43e édition du Festival international du film de Toronto (Tiff) a décerné ses multiples prix, dont ceux très convoités du public (nommés Grolsch comme la bière). Lion d'or à Venise, Roma d'Alfonso Cuaron s'est fait doublé par If Beale Street could Talk, le nouveau film de Barry Jenkins (Oscar du meilleur film pour Moonlight il y a deux ans). Mais le vainqueur est Peter Farrelly, sans son frère Bobby, dont Green Book est le premier film en solitaire depuis Dumb and Dumber en 1994. Ce Miss Daisy et son chauffeur inversé (un pianiste afro-américain célèbre, incarné par Mahershala Ali, se fait conduire par un italo-américain, interprété par Viggo Mortensen, lors d'une tournée en Amérique du sud dans les années 1960) prend une sérieuse option pour les Oscars. Le film sort fin novembre aux Etats-Unis et fin décembre en France chez Metropolitan.

Pas de Dolan au palmarès mais un Pilote. Le cinéaste québécois Sébastien Pilote (Le vendeur, le démantèlement) dresse dans La disparition des lucioles, meilleur film canadien, le portrait d'un Québec rural et prolétaire où frustrations et insatisfactions, colères et blues, poussent une jeune femme à s'enfuir.

Notons que Louis Garrel, avec L'homme fidèle, a reçu une mention spéciale de la Critique internationale.

Prix Grolsch du public : Green Book de Peter Farrelly (2e If Beale Street could Talk de Barry Jenkins, 3e Roma d'Alfonso Cuaron)
Prix Grolsch du public du meilleur documentaire : Free Solo d’E. Chai Vasarhelyi et Jimmy Chin (2e This Changes Everything de Tom Donahue, 3e The Biggest Little Farm de John Chester)
Prix Grolsch du public de la section Midnight Madness : The Man Who Feels No Pain de Vasan Bala (2e Halloween de David Gordon Green, 3e Assassination Nation de Sam Levinson)

Prix de la critique internationale (Fipresci) : Skin de Guy Nattiv
Mention spéciale : L'homme fidèle de Louis Garrel
Prix de la critique internationale de la découverte : Float Like A Butterfly de Carmel Winters
Mention spéciale Twin Flower de Laura Luchetti

Prix Toronto Platform : City of Last Things de Wi Ding Ho
Mention spéciale : The River d'Emir Baigazin
Prix Netpac de la meilleure première mondiale ou internationale : The Third Wife de Ash Mayfair (Vietnam)
mention spéciale : The Crossing de Bai Xue
Prix Eurimages Audentia de la meilleure réalisatrice : Fig Tree d’Aäläm-Wärqe Davidian
Mention spéciale : Phoenix de Camilla Strøm Henriksen

Prix Canada Goose du meilleur film canadien : La disparition des lucioles de Sebastien Pilote
Prix de la ville de Toronto du meilleur premier film canadien : Roads in February de Katherine Jerkovic

Prix IWC Short Cuts du meilleur court métrage canadien : Brotherhood de Meryam Joobeur
Prix IWC Short Cuts du meilleur court métrage international : The Field de Sandhya Suri