Cannes 2012 : Qui est Nabil Ayouch ?

Posté par MpM, le 19 mai 2012

Issu du milieu du théâtre, Nabil Ayouch se tourne vers la publicité au début des années 90. Il réalise ainsi une cinquantaine de spots publicitaires qui lui offrent un bon aperçu du fonctionnement d’un tournage professionnel et une vraie expérience dans le domaine de l’image.

En 1992, il met en scène son premier court métrage, Les Pierres Bleues du Désert, avec un jeune comédien nommé Jamel Debbouze. Suivent deux autres films courts, Hertzienne Connexion et Vendeur de Silence, qui remportent différents prix dans des festivals internationaux. Mais c’est avec son premier long métrage, Mektoub, tourné en 1997, qu’il remporte un véritable succès public et critique. Le film, qui raconte la course folle d’un jeune couple au Maroc, dont il donne à voir les réalités sociales et économiques, cavale en tête du box-office marocain et représente le pays aux Oscars.

Trois ans plus tard, son deuxième long métrage Ali Zaoua prince de la rue s’intéresse aux enfants des rues de Casablanca et connaît globalement le même parcours que Mektoub, avec une razzia de prix dans les festivals (prix du public au Festival d’Amiens, grand Prix du Festival de Stockholm, grand prix du Fespaco…) et une sélection pour les Oscars.

Très engagé dans le dynamisme cinématographique du Maroc, Nabil Ayouch crée au début des années 2000 le Prix Mohamed Reggab qui récompense les meilleurs scénarios. Il produit également les premiers courts métrages de jeunes cinéastes ainsi que des séries pour la télévision marocaine. Il crée ensuite plusieurs entités (Groupement des auteurs réalisateurs producteurs, Coalition marocaine pour la Diversité Culturelle, Film Industry Made in Morocco, Meda Films Developpement …) dont le but est de favoriser la production audiovisuelle locale et méditerranéenne.

En parallèle, le cinéaste poursuit son œuvre avec Une minute de soleil en moins (dans le cadre de la collection Masculin / Féminin d’Arte), Whatever Lola wants (sur une jeune Américaine venue en Egypte pour apprendre la danse orientale) et My land (un documentaire sur des réfugiés palestiniens ayant fui dans des camps libanais depuis 1948).

Avec son dernier long métrage de fiction, Les chevaux de Dieu, adapté du roman Les Etoiles de Sidi Moumen de l’écrivain Mahi Binebine, il poursuit son exploration de la société marocaine et ses contradictions, en abordant la question du terrorisme via le prisme des violents attentats de Casablanca en 2003. Ce film engagé et ancré dans son époque lui vaut sa première sélection officielle à Cannes, dans la section Un certain regard.

5 Oscars pour The Artist et Jean Dujardin lâche un « putain » à la TV américaine!

Posté par vincy, le 27 février 2012

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Tout le palmarès des Oscars
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Jean Dujardin a lâché la phrase juste : "Ouah! Putain! Merci! Formidable!" Normalement "fuck" est bippé aux USA mais les censeurs n'ont pas du comprendre le mot "Putain". Pourtant ça résumait bien la soirée vécue par The Artist. 5 Oscars au compteur, en plus de ses 6 Césars de vendredi soir, et sans oublier un prix à Cannes, les Golden Globes, les Spirit Awards, les British Awards... C'est la première fois qu'un film non anglophone reçoit l'honneur de l'Oscar du meilleur film.

Dujardin est le premier acteur français à recevoir un Oscar dans un rôle principal. Chapeau l'artiste. Avec le César d'Omar Sy vendredi soir, ce sont deux enfants de la télé, deux princes de comédie qui ont gagné. Car c'est aussi cela qu'il faut noter : en ces temps de crise, c'est la comédie qui a été couronnée.

The Artist c'est évidemment la victoire de Thomas Langmann, producteur. Mais c'est aussi le come-back d'Harvey Weinstein, grand monopolisateur d'Oscars dans les années 90, qui a fait un travail de lobbying et une campagne de marketing impeccables. Weinstein est le grand vainqueur hollywoodien de la soirée.

Bien sûr il ne faut pas s'étonner que ce soit ce film français, qui devait être hors-compétition à Cannes, avant de rentrer in extremis dans la liste des films du jury de la compétition, qui réussisse cet exploit : une oeuvre hommage à Hollywood et ses origines muettes, en noir et blanc mais consensuel, tournée à Los Angeles avec une partie de son équipe artistique et technique américaine.

Mais The Artist montre aussi que rien n'est impossible pour un film français : Michel Hazanavicius est le premier français (hormis Polanski) à gagner l'Oscar du meilleur réalisateur, et l'un des rares étrangers de l'histoire de la cérémonie. Ludovic Bource rejoint la longue liste des compositeurs français primés, mais le dernier en date était Gabriel Yared en 1996!

The Artist finit donc ex-aequo avec Hugo Cabret, qui a aussi remporté cinq Oscars, dans les catégories techniques, faisant entrer la 3D au tableau d'honneur.

Pour le reste la soirée a oscillé comme une montagne russe, avec quelques très bonnes idées visuelles, des présentations parfois inspirées (le casting de Mes meilleures amies, les déclarations d'amour de Natalie Portman et Colin Firth aux acteurs et aux actrices nommés) ou pas (qu'Angelina Jolie était froide), des séquences impressionnantes (le spectacle du Cirque du soleil sur la musique de Danny Elfman) et des moments un peu plus plats. Il y a eu peu de surprises au final. Harvey Weinstein a confirmé son rôle de faiseurs de rois, entre The Artist et La dame de fer, qui a valu un troisième Oscar à Meryl Streep, 20 ans après le dernier (Le choix de Sophie), et avec un record de 17 nominations.

Une séparation, récompensé comme on s'en doutait de l'Oscar du meilleur film en langue étrangère, permet à l'Iran de gagner son premier Oscar.

Christopher Plummer, avec sa statuette de meilleur second rôle masculin, devient le plus vieux gagnant pour un Oscar d'interprétation. A 82 ans, il a tout juste deux ans de moins qu'Oscar.

On ne portera, pour une fois aucun jugement. Le palmarès était sans doute plus prévisible qu'on ne voulait l'anticiper. Reste la débauche de moyens pour glorifier le 7e Art hollywoodien, qui cette année avait une "french flavor" inhabituelle.

L’instant Court : Corps et Âmes par Jean-Baptiste Mondino, avec Golshifteh Farahani

Posté par kristofy, le 3 février 2012

Comme à Ecran Noir on aime vous faire partager nos découvertes, alors après le court-métrage Bref, Megaupload a fermé des comédiens Côme et Antoine, voici l’instant Court n° 64.

La prochaine cérémonie des Césars aura lieu à la fin du mois, le vendredi 24 février. La liste des nommés dans chacune des catégories est maintenant connue, elle reflète à la fois les films préférés des spectateurs qui ont d’ailleurs été pour la plupart des succès inattendus en terme de nombres de tickets vendus (Intouchables, La guerre est déclarée, Polisse par exemple ont dépassé les prévisions les plus optimistes), et aussi certains des films les plus appréciés par la critique (L’Apollonide souvenirs de la maison close, Pater, L'exercice de l'Etat). Cette année est particulière car le film The Artist a 10 nominations pour les Césars, et également 10 nominations pour les Oscars américains (dont la soirée a lieu le 26 février). Le cru 2011 apparaît plutôt équilibré (comme on l’avait remarqué précédemment ici), même si quelques voix font entendre leur déception de n’être pas sélectionné comme Mathieu Demy avec Americano ou Mathieu Kassovitz dont L’ordre et la morale n’est cité qu’une fois (pour meilleur scénario mais pas meilleur réalisateur)…

Une catégorie en particulier propose une pré-sélection avant de publier la liste des noms retenus, celle de Meilleur Espoir Féminin et Meilleur espoir Masculin. Ils étaient 31 jeunes comédiens et comédiennes qui ont été d’abord choisis par le Comité Révélations de l’Académie des Césars. Ceux et celles qui ne figurent pas dans la liste finale voient ainsi tout de même une certaine reconnaissance de leur travail. Chaque année, un mini-film est même réalisé pour présenter l’ensemble de ces visages qui peut-être feront le cinéma de demain.

Cette vidéo, avec ces Espoirs qu’on fait se déshabiller, est désormais l’objet d’une polémique embarrassante : une vive indignation à l’encontre d’une des actrices au point de la bannir de son pays d’origine,  l’Iran. Il s’agit de Golshifteh Farahani, à l’affiche de Si tu meurs, je te tue, film pour lequel elle est nommée ici. Agée de 29 ans, c'est une actrice internationale qui a déjà joué dans deux gros films américains (Mensonges d’Etat avec Leonardo Di Caprio et Russell Crowe, There Be Dragons), À propos d'Elly de Asghar Farhadi (réalisateur de Une séparation, dans la catégorie Meilleur film étranger), et également Poulet aux prunes de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud... mais elle était déjà avant une actrice populaire connue pour sa participation à plus d'une quinzaine de films iraniens.

La vidéo la montre se dénuder la poitrine en disant "de vos rêves, je serai la chair"… L’Iran condamne cette image qui "montre la face cachée et dégoûtante du cinéma" et un responsable du ministère de la Culture et de la guidance islamique aurait fait savoir que l'actrice pouvait "offrir ses services artistiques ailleurs". Certains opposants au régime en place craignent d’ailleurs que cette image nuise à la cause des femmes en Iran. On a surtout l'impression que, désormais, tous les prétextes sont bons au régime iranien pour relancer sa croisade contre (au choix) la modernité, l'occident, l'art, la liberté d'expression... ou toute autre chose allant à l'encontre de ses dogmes.

Le mieux est encore de se faire sa propre opinion de ce "scandale" international. Voila donc le film Corps et Âmes par Jean-Baptiste Mondino (avec un texte de Laurent de Bartillat), avec les 31 jeunes comédiens et comédiennes qui étaient en lice pour être sélectionné dans la liste Meilleur Espoir Féminin et Meilleure espoir Masculin au Césars. Alors, glamour, choquant, ou anecdotique ?

Crédit photo : image modifiée, d’après un extrait du film Corps et Âmes.

Oscars 2012 : des nominations entre nostalgie et gros oublis

Posté par vincy, le 24 janvier 2012

Toutes les nominations par catégorie

On pourra toujours se ravir de la présence française dans ses Oscars : 10 nominations pour The Artist (un record pour une production frenchy), toutes pour des talents hexagonaux ; Une vie de chat dans une catégorie animation sans aucun film Pixar (une première depuis des lustres), sans Tintin et sans Rio ; 11 nominations pour Hugo Cabret et 4 autres pour Minuit à Paris, tous les deux tournés dans la capitale française... Ces Oscars auront une "french touch" particulière, une fois n'est pas coutume. Etrangement, que ce soit pour Minuit à Paris, Hugo Cabret ou The Artist, la nostalgie imprègne cette liste, avec des films renvoyant au passé, voire en faisant l'éloge d'un temps oublié (le cinéma muet, le cinéma de Méliès, le Paris intellectuel de l'entre deux guerres). Ce que conforte le nombre impressionnant d'histoires en costume dans la liste des 9 nommés au titre de meilleur film.

Si l'on s'en tient aux favoris, Hugo Cabret devance d'une nomination The Artist, même si le film d'Hazanavicus équilibre davantage ses citations entre les catégories techniques et artistiques. D'autres films sont nommés plus de cinq fois : Cheval de guerre (mais pas Spielberg), Le stratège, The Descendants et Millénium (mais rien pour le réalisateur ou le film).
A l'inverse on peut s'étonner que des films comme Extremely Loud & Incredibly Close soit nommé en meilleur film alors qu'il n'a qu'une autre nomination ou que La couleur des sentiments ne se voit pas honoré en meilleure adaptation.
On est agréablement surpris de voir Une séparation reconnu aussi pour son scénario, Pina de Wenders cité dans les meilleurs documentaires, le cinéma québécois deux fois reconnu (Monsieur Lazhar en film en langue étrangère et Dimanche en court métrage animé).

Et puis on grimace, fortement, face aux oublis, qui confirment la tendance conformiste de cette cérémonie : Tilda Swinton, Tintin, Drive (une fois de plus les Oscars n'ont pas de tripes), Ryan Gosling (l'acteur de l'année), Leonardo DiCaprio et J.Edgar, Take Shelter (et ses comédiens), Le projet Nim, Michael Fassbender. On se plaignait de l'absence de risques des Golden Globes ; et finalement les Globes apparaissent comme "dangereusement" avant-gardistes comparés aux Oscars.

The Artist et Tintin font un pas de plus vers les Oscars

Posté par vincy, le 22 janvier 2012

Les Producers Guild of America Awards ont récompensé samedi soir The Artist et Les aventures de Tintin comme meilleur film et meilleur film d'animation. Thomas Langmann a reçu le prix Darryl F. Zanuck du meilleur producteur de l'année pour un film, tandis que Peter Jackson, Kathleen Kennedy et Steven Spielberg obtenaient celui de meilleurs producteurs d'un film d'animation.

Il s'agit du prix se rapprochant le plus de l'Oscar du meilleur film et du meilleur film d'animation. Cela conforte les deux films dans la course aux Oscars, puisqu'ils ont reçu dimanche dernier le Golden Globe du meilleur film / comédie ou musical et du meilleur film d'animation.

Sur les vingt dernières années, le prix du meilleur producteur a conduit 12 fois à l'Oscar du meilleur film (et tous les films récompensés par la PGA l'ont gagné depuis 2007). Depuis 2008, tous les films d'animations qui ont reçu ce prix ont gagné l'Oscar du meilleur film d'animation.

La guerre est déclarée écarté de la liste des pré-finalistes pour l’Oscar du meilleur film en langue étrangère

Posté par vincy, le 18 janvier 2012

A moins d'une semaine de la révélation des nominations aux Oscars, le 24 janvier prochain, l'Académie organisatrice de la cérémonie a dévoilé les 9 finalistes pour la catégorie du Meilleur film en langue étrangère. Mardi, il n'en restera que 5 qui pourront rêver d'obtenir la précieuse statuette. Il y avait au total 63 candidats.

La guerre est déclarée, qui représentait la France, a été écarté. Le joli succès de Valérie Donzelli, qui avait fait sensation sur la Croisette en mai dernier, n'a pas été retenu. Mais la France, avec The Artist, devrait être largement représentée dans plusieurs catégories, aux côtés de films américains.

Une séparation semble le favori incontestable. On notera la présence du très beau film québécois Monsieur Lazhar, de la production franco-marocaine réalisée par le français Roschdy Zem Omar m'a tuer, du prix de scénario cannois Footnote, du documentaire en 3D de Wim Wenders, Pina.

  • Bullhead, Michael R. Roskam - Belgique
  • Monsieur Lazhar, Philippe Falardeau - Canada
  • Superclásico, Ole Christian Madsen - Danemark
  • Pina, Wim Wenders - Allemagne
  • Une Séparation, Asghar Farhadi - Iran
  • Footnote, Joseph Cedar - Israël
  • Omar m'a tuer, Roschdy Zem - Maroc
  • In Darkness, Agnieszka Holland - Pologne
  • Warriors of the Rainbow: Seediq Bale, Wei Te-sheng - Taiwan

Les votants pourront voir ces 9 films durant le week-end.

Ken Russell (1927-2011) dans les nuages de la gloire

Posté par vincy, le 28 novembre 2011

Controversé, enfant terrible, diabolique, obsédé par le sexe, l'église et la musique : Ken Russell, cinéaste culte, est décédé dimanche 27 novembre à l'âge de 84 ans.

Il marque le 7e art avec son mix détonnant de polémique, de sexualité, de rock dans des univers baroques qui ont longtemps contribué à une image du cinéma britannique "moderne".

Parmi les films qui ont marqué sa carrière, on retiendra évidemment Women in Love, d'après le roman de D.H. Lawrence, en 1969. Oliver Reed, Alan Bates et Glenda Jackson sont au coeur d'une guerre des sexes dans l'élite britannique des années 20. Russell est nommé à l'Oscar du meilleur réalisateur tandis que Jackson obtient celui de la meilleure actrice. Ce sera la première fois qu'une comédienne emporte la statuette alors qu'elle y a une scène de nu. Une autre scène de lutte nue entre les deux hommes avait fait scandale. Russell avait flairé l'air du temps : la révolution sexuelle, l'apolitisme, la liberté artistique...

Avant ce film, il avait surtout travaillé pour la télévision, notamment en réalisant de nombreux documentaires (Antonio Gaudi, Isadora Duncan, The Debussy Film...).  Son deuxième film, en 1967, était un thriller, Un cerveau d'un milliard de dollars, avec Michael Caine et Karl Maiden. Ce fut surtout le dernier film de Françoise Dorléac. Russell, contraint contractuellement, ne voulait pas tourner ce troisième épisode de la série des Harry Palmer. Sa première réalisation date de 1964 : French Dressing, une comédie librement inspirée de Et Dieu créa la femme, de Roger Vadim.

Sulfureux, s'épanchant sur toutes formes de sexualité, désinhibé, dingue, Russell, passé par la marine marchande, le ballet, la photographie et le cinéma muet, était surtout un amoureux de la musique. La symphonie pathétique (1970), avec Richard Chamberlain et Glenda Jackson, traite de l'homosexualité de Tchaïkovski. Les diables (1971), d'après un roman d'Aldous Huxley, avec Vanessa Redgrave et Oliver Reed, retrace l'histoire de nonnes françaises réprimées sexuellement. La censure américaine coupera de nombreuses scènes de sexualités entre les soeurs. Puis il adapte la comédie musicale The Boy Friend en 1971, avec Twiggy. Toujours passionné par les artistes, il s'attaque en 1972 au biopic du sculpteur Henri Gaudier-Brzeska dans Savage Messiah. Il enchaine avec un autre biopic,  Mahler, en 1974. Le film reçoit le Grand prix de la technique au Festival de Cannes. Il reviendra sur la Croisette avec un film à segments, Un sketch, en 1987, où le générique le fait coexister avec Robert Altman, Jean-Luc Godard et Bruce Beresford.

Ken Russell fera son grand film en 1975. Oliver Reed, Jack Nicholson, Elton John, Tina Turner, Eric Clapton participent à l'aventure de Tommy, d'après le rock opéra de The Who. Psychédélique, déjanté, hallucinant, le film est un énorme succès.

Il continuera à mélanger cinéma et musique - Lisztomania en 1975, Valentino en 1977, avec Rudolf Nureyev et Leslie Caron - mais il ne retrouvera jamais le succès de Tommy. Il essaya de réaliser une version d'Evita et un film sur Sarah Bernhardt, les deux avec Barbra Streisand, en vain. Il se tourna aussi vers la réalisation de clip vidéo comme ceux de Elton John (Nikita), Bryan Adams (Diana), Cliff Richard (She's so Beautiful).

Il s'essaie à l'horreur (Au-delà du réel, Le repaire du ver blanc, Gothic), au thriller passionnel (Les jours et les nuits de China Blue, Whore - son dernier film en 1991), ... Il revient à ses premières amours - sexe, biopic, décors flamboyants - avec Salome's Last dance, d'après Oscar Wilde en 1988, où il retrouve Glenda Jackson. L'esthétique est toujours magnifiée. Mais les budgets modestes, les scénarios inaboutis, une direction artistique parfois à la limite du kitsch et le changement d'époque le marginalisent.

Il revient alors au petit écran (il réalise un feuilleton autour de Lady Chatterley).

Depuis 20 ans il était devenu comédien de manière plus régulière : on le verra dans Invasion of the Not Quite Dead de Tony Lane. Il était à l'affiche cette année de Mr. Nice. Il fut révérend dans un épisode de la série Miss Marple. Fan de Kubrick, il joua meme dans le film Appelez-moi Kubrick, avec John Malkovich. Dans La Maison Russie, avec Sean Connery et Michelle Pfeiffer, il fit une apparition notable en agent britannique très ambivalent et gay.

Ces derniers mois, il écrivait avec Faye Dunaway le scénario du premier film de la comédienne. Master Class sera l'adaptation de la pièce de théâtre mettant en vedette le personnage de Maria Callas.

Cinéaste de l'outrance, de l'iconographie religieuse, des couleurs primaires, ce "Fellini du nord" tel qu'on le surnommait, aimait déranger autant que divertir.

Il avait rédigé son autobiographie en 1989, A British Picture: An Autobiography. Ses photos furent souvent exposées. Il continuait d'écrire dans The Times, dans la rubrique cinéma.

Brett Ratner viré des Oscars pour avoir lancé « Les répétitions, c’est pour les pédés »

Posté par vincy, le 9 novembre 2011

« Les répétitions, c'est pour les pédés ». Cette petite phrase insidieusement homophobe, digne d'une réplique de David Douillet, a été prononcée par Brett Ratner, réalisateur de Rush Hour, X-Men 3 et du Casse de Central Park (Tower Heist), qui sera en salles le 23 novembre en France, après avoir démarré honnêtement ce week-end aux USA.

Pour ces propos (idiots), Brett Ratner a été évincé  - officiellement il a renoncé suite à la polémique déclenchée - de la prochaine cérémonie des Oscars, qui se tiendra le 26 février prochain. Il avait été choisi pour produire la soirée.

Dans le cadre d'une discussion avec le public concernant son dernier film, il répondait à une question sur les prochains Oscars. Il a alors avoué ne pas être adepte des répétitions, et la langue a dérapé. Tollé à Hollywood. Et communiqué un peu facile du cinéaste : "C'était une façon idiote de m'exprimer. Ceux qui me connaissent savent que je n'ai pas le moindre préjugé". "J'aurais dû être beaucoup plus attentif au pouvoir du langage et au choix des mots".

Comme le dit si bien l'Académie des Arts et des Sciences du cinéma, "les mots ont une signification et des conséquences". L'Académie qui organise les Oscars espère "que ce sera l'occasion d'attirer l'attention sur le mal que peuvent causer des remarques inconscientes et imprudentes, quelles que soient les intentions originales".

Ceci dit Ratner n'en est pas à son premier scandale. Il avait balancé des phrases peu sympas sur la qualité des films de Scorsese, confessé par le détails comment il avait "sauté" Olivia Munn, détaillé sa première fellation avec une personne travestie... Bref du lourd.

Une petite claque (et un gros chèque en moins) ne peuvent pas lui faire de mal. Répéter sept fois la langue dans sa bouche est un précepte bon pour tout le monde... Et pour le coup ça n'a rien de sexuel.

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Actualisation (mercredi 9 novembre) : Eddie Murphy, qui devait être le présentateur de la prochaine cérémonie des Oscars, a décidé d'abandonner son rôle, suite au départ de Ratner. Murphy est l'une des vedettes du dernier film du cinéaste, Tower Heist. Le producteur Brian Grazer (oscarisé pour A Beautiful Mind) a été engagé pour remplacer Ratner. Ironiquement il a produit le film de Ratner, et pas mal de flops ces derniers mois : Restless de Gus Van Sant, Cowboys & Aliens, ...

La guerre est déclarée, candidat aux Oscars 2012

Posté par vincy, le 16 septembre 2011

Proche des 500 000 spectateurs, primé à Cabourg et Paris Cinéma, carton de la semaine de la critique à Cannes, le film de Valérie Donzelli, La Guerre est déclarée, représentera la France aux Oscars dans la catégorie meilleur film en langue étrangère.

Le choix est audacieux tant les votants préfèrent les films plus académiques. Dis autrement, Elle s'appelait Sarah, qui a déjà cumulé 6 millions de $ au box office nord américain et qui est porté par une actrice déjà nommée aux Oscars, avait plus de chance... Le film pourrait d'ailleurs se retrouver dans d'autres catégories.

Les sept membres de la commission chargée de la sélection - le président de l’Avance sur recettes Paul Otchakowsky-Laurens, le délégué général du Festival de Cannes  Thierry Frémaux  et Alain Terzian (Président de l’Académie des César), Jeanne Moreau, Bertrand Blier, Luc Jacquet, Philippe Pollet-Villard - ont fait un choix courageux. cela donnera une véritable visibilité au film durant la période de pré-selection.

La France compte aussi sur The Artist. Le distributeur américain espère bien en faire le film surprise de la saison. Il ne pouvait pas, de toute façon, prétendre à la sélection puisqu'il sort dans les salles françaises le 12 octobre. Les critères sont strictes : seuls sont sélectionnables les films sortis entre le 1er octobre 2010 et le 30 septembre 2011 . The Artist sort le 12 octobre.

La Finlande a choisi Le Havre, le Portugal José et Pilar, l'Iran Une séparation, l'Allemagne Pina, le Japon Post Card, la Suède Beyond, le Maroc Omar m'a tuer, le Liban Et maintenant on va où?, la Hongrie Le cheval de Turin, la Serbie Montevideo - Taste of a Dream, la Roumanie Morgen, la Norvège Happy Happy, la Corée du sud The Frontline, l'Autriche Breathing... L'Espagne hésite encore entre trois films.

La France n'a pas gagné cet Oscar depuis 1992 (Indochine). le cinéma français a cependant le record de nominations (36, contre 27 pour l'Italie) et arrive 2e en nombre de statuettes (12, contre 13 pour l'Italie)

Le réalisateur de Zorba le Grec, Michael Cacoyannis : fin de crédit (1922-2011)

Posté par vincy, le 25 juillet 2011

Le cinéaste chypriote-grec Michael Cacoyannis (ou Michel, ou encore Mikhalis ou même Mihalis Kakogiannis) connu pour l'immense succès de son film Zorba le Grec en 1964 est mort aujourd'hui à Athènes à l'âge de 89 ans. Il était hospitalisé depuis 10 jours.

Il a été nommé trois fois aux Oscars pour Zorba le Grec (meilleur film, réalisateur et scénario). Le film avait aussi été cité pour l'interprétation masculine d'Anthony Quinn, et avait reçu trois statuettes : second rôle féminin pour Lila Kedrova, direction artistique et image. Zorba le Grec est l'adaptation du roman de l'auteur grec Nikos Kazantzakis et a traversé le temps grâce à la bande originale de Mikis Théodorakis.

Il s'agit d'un des plus grands cinéastes grecs. De 1954 à 1977, 7 de ses films ont été sélectionnés au Festival de Cannes (dont il avait été membre du jury en 1959) : Réveil du dimanche, Stella femme libre, La fille en noir, Fin de crédit, L'épave, Electre et Iphigénie. Electre et Iphigénie furent aussi nommé à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère. Da

Il avait reçu, entre autres prix, le Grand prix des Amériques pour l'ensemble de sa carrière au festival des films du monde de Montréal en 1999.

Cacoyannis a commencé sa carrière dans le théâtre londonien, comme acteur puis metteur en scène. Il débuta sa carrière de réalisateur en 1954 avec Le réveil du dimanche. Le réalisateur dirigea les grandes figures du cinéma grec : Melina Mercouri, Elli Lambeti et surtout Irène Papas à de nombreuses reprises. Mais son succès lui permit aussi de flirter avec Hollywood. Outre le casting international de Zorba (avec Quinn, Alan Bates, Papas), il enrôla Candice Bergen (Le jour où les poissons sont sortis de l'eau), Katharine Hepburn, Vanessa Redgrave et Geneviève Bujold (Les Troyennes), ... Dans Sweet Country, il réunit Jane Alexander, Carole Laure, Franco Nero, Randy Quaid, Jean-Pierre Aumont et Pierre Vaneck.

Il réalise son dernier film en 1999 : La cerisaie, avec Charlotte Rampling, Alan Bates, Gerard Butler et Katrin Cartlidge.

"Je garde mes yeux ouverts et je m'inspire de pièces classiques, qui sont mes amies, ou de faits réels. Il n'y a aucun trait commun à travers mon oeuvre parce que je n'essaye pas d'offrir mon intimité au monde. Chaque fois que je fais un film, j'ai une inspiration. Je ne les fais pas pour ajouter une ligne à mon CV" expliquait-il dans sa profession de foi.

Attiré par la tragédie et les révoltes, les désillusions et l'attirance de la folie, Cacoyannis était aussi capable de filmer des purs moments de grâce, de comédie ou de danse. Il faisait le pont entre le néoréalisme émergeant en Italie et un classicisme dans ses sujets, mélangeant souvent la Grèce antique avec la Grèce "moderne". Il a influencé des cinéastes comme Theo Angelopoulos.

Son apogée coïncide avec celle du cinéma grec, qui produisit jusqu'à plus de cent films par an dans les années 60, lorsque le Festival du film de Thessalonique fut créé, avant de connaître le déclin de la période où le pays fut dirigé par les dictateurs.

Cacoyannis continua de tourner, à l'étranger, de mettre en scène au théâtre. Il adapta même Zorba en comédie musicale à Broadway. Il a créé en 2004 une Fondation caritative à son nom dans le but d'aider, préserver et promouvoir les arts du Théâtre et du cinéma.