Cannes 2019: Un doc écologique (et salutaire) au Festival vs un (sérieux) gâchis environnemental à Cannes

Posté par vincy, le 30 mai 2019

Projeté à Cannes en séance spéciale, La Glace en feu de Leila Conners sera diffusé sur OCS le 11 septembre prochain. Produit et narré par Leonardo DiCaprio, tout comme le premier documentaire de la réalisatrice, La 11ème heure, le dernier virage (présenté à Cannes en 2007), La glace en feu est moins un cri d'alarme sur l'état écologique de la planète qu'une succession de solutions et de témoignages pour espérer freiner la catastrophe climatique annoncée. En cela, il se rapproche plus de Demain, de Cyril Dion et Mélanie Laurent.

"Il y a des solutions". L'horloge tourne mais on se veut encore relativement optimiste. Après tout, 12 ans après la 11ème heure, la catastrophe est déjà là. Il ne s'agit plus de la stopper mais d'inverser toutes les courbes. Des espèces sont en voie d'extinction. Et à la lecture du dernier livre de Fred Vargas, L'humanité en péril (Flammarion), on va rapidement manquer de matières premières essentielles, à commencer par le phosphore et l'eau. Car nous sommes à la fois la première génération à prendre conscience et vivre ces dysfonctionnements environnementaux mais aussi la dernière à pouvoir y remédier .

Un doc scientifique, technique et pédagogique

Avec une espèce humaine en croissance démographique, le formidable gâchis des ressources primaires et un climat qui se dérègle fortement, l'avenir est plutôt noir comme des nuages prêts à se vider dans un déluge de pluie. Du Colorado à la Californie, d'Islande à l'Ecosse, du MIT de Boston à la Norvège, de la Croatie à Zurich, de Berlin au Nouveau-Mexique, ce n'est pas une tournée internationale des cataclysmes que filme Leila Conners. Non, ce qui l'intéresse ce sont les gardiens du temple, qui observent et préservent la Nature, et les chercheurs qui trouvent de nouveaux modèles ou des solutions innovantes pour réparer, améliorer, voire effacer l'empreinte carbone.

De l'océan (étonnant pouvoir du varech) au soleil, du méthane au permafrost, la réalisatrice signe un film pédagogique et scientifique, et même assez technique. Pas forcément cinématographique d'ailleurs. Mais l'image, avec ses infographies et ses illustrations, a une grande importance pour comprendre les enjeux. Pas besoin de filmer un mur pour savoir qu'on fonce dedans. "On est tous connectés" et on détient chacun des fragments de solutions. Leila Conners veut croire que l'individu peut contribuer au sauvetage de la planète, sans responsabiliser les pollueurs majeurs, même si elle dénonce leurs actes. On peut aussi regretter que le documentaire fasse l'éloge du solaire quand on sait le coût environnemental d'un panneau photovoltaïque. Ces petites approximations n'enlèvent rien au propos global et à l'intention originelle.

Mais cela ne doit pas faire oublier le message: "ça va dégénérer".

D'ailleurs, à Cannes, on voit bien que ça ne fait qu'empirer. Embouteillages boulevard Carnot, rue d'Antibes, avenue Bachaga Saïd Boualam. Des voitures Renault pas électriques qui amènent les invités prestigieux et autres stars pour faire moins de 500 mètres jusqu'aux marches (heureusement certaines vedettes optent pour le mode piéton). Vitrines de magasin et affiches publicitaires allumées toute la nuit. Quasiment pas de bio ou de produits locaux dans les restaurants autour du Palais. Du coca-cola jusque dans la salle de presse (quand on connait l'effet néfaste sur les nappes phréatiques et sur la santé, on ne peut plus dire qu'on ne savait pas). Sous l'eau, les sacs plastiques et autres déchets s'amoncellent. Trop de bouteilles en plastique (puisque les gourdes ne sont pas autorisées dans les salles au-dessus de 50ml).

Ballet incessant d'hélicoptères (il n'y en a jamais eu autant) qui font tourner leurs hélices au-dessus du port. Gros paquebots de croisières - de véritables barres d'immeuble - stagnant dans la baie, et tout ce que la induit en consommation énergétique. On peut critiquer l'avion (le pire c'est quand même les jets privés) mais critiquons aussi la SNCF qui a diminué le nombre de TGV relativement directs (avec certains trains qui reliaient Paris en 6 heures au lieu de 5), ce qui pousse logiquement les festivaliers venus d'Asie ou des Amériques à préférer un Paris-Nice en correspondance directe à un Paris-Cannes en train. On peut râler que les festivaliers utilisent des taxis ou vtc dans le périmètre de la Croisete, mais où sont les vélos en libre service ?

La ville de Cannes, côté empreinte carbone, n'est pas vraiment un modèle, même si le festival a fait des efforts récemment avec des poubelles pour le tri des dossiers de presse et autres papiers distribués aux journalistes. Il va falloir imposer rapidement un objectif de décarbonisation d'un événement qui attire des dizaines de milliers de personnes dans une industrie qui a encore un peu de retard sur le sujet, et qui n'est pas forcément aidée ou accompagnée.

Leila Conners a encore de quoi filmer avant que la mer Méditerranée ne monte, faisant disparaître les plages pour les soirées, noyant également tout le rez-de-chaussée et les sous-sols du Palais des festival. Tout cela est prévu pour la fin du siècle. D'ici là, est-ce que le cinéma existera encore? C'est une autre affaire.

Mosaic de Steven Soderbergh sera-t-il le futur de la série télévisée?

Posté par vincy, le 23 janvier 2018

Mosaic débarque en France. Depuis le 23 janvier à 20 h 40 sur OCS City (diffusion sur cinq soirs d’affilée), la création de Steven Soderbergh est conçue comme une application interactive, avec en star Sharon Stone.

Mosaic est une enquête sur le meurtre d'une auteure célèbre dans une station de ski chic de l'Utah. Sans l'interactivité qui permet d'approfondir l'intrigue ou d'enrichir les personnages, cela pourra paraître un peu plat. Mais il y a au moins la curiosité de retrouver Sharon Stone, 60 ans et bientôt à l'affiche de The Disaster Artist, dans le rôle d'Olivia Lake, l'écrivaine mondaine et cougar qui est tuée, se régalant de ses répliques garces qu'elle partage avec son meilleur ami gay ou avec son miroir.

Ce n'est pas un jeu vidéo. Ce n'est pas une série. Ce n'est pas un film.
Mais c'est une fiction : 7h50 au total. Le spectateur est maître à bord: il choisit un personnage, un point de vue, des bonus (éléments enrichissants le récit). En France, pourtant, on ne le verra que dans un format de série, avec six épisodes dont le réalisateur a choisit la trame et la construction.

Aux Etats-Unis, en revanche, HBO exploite le procédé innovant du réalisateur tel qu'il l'a imaginé. Le scénariste Ed Solomon a signé là un script de 507 pages où chaque détail, révélation est pensé et placé au bon endroit (en s'aidant de post-its de différentes couleurs collés à un mur). Pour le cinéaste, c'est un retour à l'expérimentation et surtout sa réponse à un système hollywoodien qui ne se remet pas en question et banalise de plus en plus la narration. Après avoir regardé chaque segment - quelques minutes seulement ou d'autres aussi longs qu'un épisode de télévision standard - les spectateurs le point de vue qu'ils veulent suivre et où ils veulent aller ensuite. Ceux qui veulent tout savoir peuvent regarder les deux options avant de passer à autre chose.

Cette arborescence complexe est peut-être plus révolutionnaire que la 3D, pour l'instant assez décevante. Ecrite de manière linéaire, l'application a ensuite été déconstruite, en partant à chaque fois d'une introduction incarnée par le personnage de Sharon Stone. Car le péril était qu'un spectateur manque l'introduction d'un nouveau personnage, un dialogue crucial ou un indice essentiel à l'enquête. L'autre défi était de tourner certaines scènes sous plusieurs angles.

Le tout a quand même coûté 20M$. Soderbergh a tourné Mosaic il y a y a deux ans à Park City, QG du Festival de Sundance, en 49 jours. Au générique on retrouve Paul Rubens, Garrett Hedlund, Beau Bridges et Frederick Weller. Par ailleurs, le nouveau film de Steven Soderbergh, Unsane, sera en compétition au prochain festival de Berlin.

Quand séries et diffuseurs font leur show !

Posté par wyzman, le 17 janvier 2016

Cette semaine avait lieu le tout premier Showeb Séries. Organisé par Le Film Français et  Newcast, c'était l'occasion de découvrir en avant-première la line-up de différents distributeurs, producteurs et chaînes de télévision tels que OCS, Studio+, 13ème Rue, Syfy, Arte ou encore TF1. Et pour cette première édition, chacun à leur manière, ils ont mis le paquet.

D'entrée de jeu, OCS en a mis plein les yeux à l'assemblée via des teasers et quelques bandes annonces des séries produites et/ou prochainement diffusées sur le bouquet. Très orienté cinéma et séries télévisées, ce dernier n'a pas lésiné sur les images (pas forcément inédites) de ses hits tels que Game of Thrones ou The Walking Dead. Tout cela avant d'évoquer ses nouvelles acquisitions : Ash vs Evil Dead (produite par Sam Raimi), Blunt Talk (avec Patrick Stewart), Kingdom (avec Nick Jonas) et Mozart In the Jungle (Golden Globe de la Meilleure série comique), avec Gael Garcia Bernal.

Mais il ne fait aucun doute que la nouveauté la plus attendue sera Vinyl. Produite et diffusée par HBO aux Etats-Unis, le show est le nouveau bébé de Terence Winter (Les Sopranos), Martin Scorsese (Le Loup de Wall Sreet) et Mick Jagger. La série raconte les péripéties d'un label musical dans le New York des années 1970. La première saison compte 10 épisodes et Martin Scorsese devrait en réaliser quelques uns (dont le pilote). La série sera lancée le dimanche 14 février sur HBO et visible le lendemain sur OCS.

Du côté des séries françaises, le diffuseur n'est pas à la traîne puisque les séries Les Grands et Irresponsable ont été produites via son label OCS Signature. La première est co-écrite par Benjamin Parent (Ceci n'est pas un film de cow-boys) tandis que la seconde est l'œuvre de Frédéric Rosset. Et il va sans dire qu'après avoir vu les premières images, on ne peut qu'être impatient. De son côté, Studio+ ce n'est pas fait prier au moment de dévoiler les 3 premiers épisodes de sa digital série Brutal. Tournée en 18 jours à Bangkok, la série raconte les combats ultra violents de David Belle (Banlieue 13 : Ultimatum).

Niveau nouveautés, 13ème Rue et Syfy n'ont pas à se plaindre. La première chaîne diffusera la série Dig à partir du 31 janvier. Signée du créateur de Hatufim et Homeland, Dig s'intéresse aux mystérieuses fouilles archéologiques qui ont lieu à Jérusalem. A son bord, Anne Heche (Arthur Newman) et Jason Isaacs (Fury). Sur Syfy, il est possible de retrouver l'unique saison de Heroes Reborn depuis le 5 janvier tandis que The Shannara Chronicles a débuté cette semaine. Cette dernière est adaptée des romans de Terry Brooks et s'avère être un mix réussi entre Le Seigneur des Anneaux (pour les elfes et les nains), Game of Thrones (pour les personnages tués sans remord) et Hunger Games (pour l'héroïne en devenir et le casting rempli de beaux gosses).

Impossible de ne pas évoquer les pépites d'Arte. Le 21 janvier, Wolf Hall fera son apparition sur la chaîne franco-allemande. Sacrée meilleure mini-série aux derniers Golden Globes, elle raconte les péripéties de Thomas Cromwell à la cour d'Henri VIII. Et diffusée le 11 février, Trepalium raconte comment la société fait face à une population composée à 80% de chômeurs !

Enfin, TF1 a pu fanfaronner au moment de dévoiler sa programmation de 2016. Parmi les séries de retour, on trouve sans surprise : Arrow, The Blacklist, Esprits Criminels, The Flash, Gotham, Grey's Anatomy The Originals et The Vampire Diaries. Et question nouveautés, le plein est largement fait  avec Blindspot (avec Jaimie Alexander), Contaiment (de Julie Plec), Legends of Tomorrow (avec Wentworth Miller), Lucifer (avec Tom Ellis), The Player (avec Wesley Snipes) et Supergirl (avec Calista Flockhart) qui rythmeront nos soirées !

L’instant Zappette: Martin Scorsese dégaine Vinyl pour HBO

Posté par wyzman, le 17 octobre 2015

Les cinéphiles le savent déjà : au septième Festival Lumière de Lyon, la star à ne pas manquer c'était Martin Scorsese. Venu recevoir le Prix Lumière, le réalisateur de Gangs of New York et Shutter Island fait actuellement beaucoup parler de lui. En plus d'une énorme exposition à la Cinémathèque française, l'homme derrière Taxi Driver a annoncé qu'il retrouverait Robert De Niro pour son prochain film, The Irishman. Et ce n'est pas fini !

En janvier prochain, le bouquet d'Orange OCS entamera la diffusion de Vinyl, la série en 10 épisodes créée par Martin Scorsese, Mick Jagger et Terence Winter (Boardwalk Empire, Les Sopranos). Diffusée outre-Atlantique sur la chaîne HBO, Vinyl s'intéressera aux coulisses d'un label fictif (American Century Records) dans le New York des années 1970. Richie Finestra, le directeur du label interprété par Bobby Cannavale (Blue Jasmine) part à la recherche de nouveaux talents lorsque son label se retrouve en danger.

Interrogé sur ce projet de série par Thierry Fremaux, Martin Scorsese a rappelé que Mick Jagger et lui bossaient dessus depuis 1998, que la série serait "très rock 'n' roll" et qu'il y aurait "beaucoup de cocaïne et de bonne musique". Après le carton du très osé - mais surtout overdosé - Loup de Wall Street, il va sans dire que HBO, OCS et les téléspectateurs peuvent d'ores et déjà s'attendre à une excellente surprise. Au casting de Vinyl, c'est avec plaisir que nous retrouverons Jack Quaid (Hunger Games), Juno Temple (Maléfique), Olivia Wilde (Her) et J.C. MacKenzie (Les Infiltrés). Notez que le trailer explosif de Vinyl est déjà en ligne !