Des salles de plus en plus numériques

Posté par vincy, le 26 septembre 2011

Le CNC a publié son dernier baromètre trimestriel sur l'extension du parc de salles numériques en France. A la fin juin 2011, c'est près de la moitié des écrans qui sont ainsi équipés. La progression continue d'être impressionnante : de 963 fin 2009, ils sont passés à 2 686 en juin 2011. En trois mois, 533 nouveaux écrans sont devenus numériques.

688 établissements (117 de plus qu'en mars, 381 de plus qu'en décembre 2009) ont ainsi fait leur bond en avant. 451 d'entre-eux sont même équipés à 100%. Grâce au coup de pouce du CNC, cela bénéficie surtout aux salles disposant de moins de 3 écrans (355 établissements soit plus de la moitié des exploitants équipés en numérique).

Les régions les plus numérisées sont à l'Ouest de la France : Bretagne (64,8 % des écrans), Aquitaine (64,5 %) , Pays de la Loire (61,8 %). La Corse, la Picardie et la Bourgogne sont, à l'inverse, à la traîne avec moins d'un tiers des écrans numérisés. En Île-de-France 108 établissements proposent 568 écrans numériques.

Le CNC dispose d'une aide à la numérisation des salles de cinéma  : elle s'adresse prioritairement aux établissements, de un à trois écrans, n'appartenant pas à un circuit ou groupement exploitant plus de 50 écrans. La dernière commission, en juillet dernier, a accordé des aides à une soixante de salles, pour un montant compris entre 8 594 euros (Le Magnoac à Cizos dans les Hautes-Pyrénées) et 198 021 euros, juste en dessous du montant de 200 000 euros maximum (La Pleiade à Cachan dans le Val de Marne).

93 postes de projectionnistes supprimés chez UGC

Posté par vincy, le 6 juillet 2010

UGC est tardivement passé au numérique mais elle promptement appliqué cette transformation en plan social. 93 postes d'opérateurs projectionnistes (sur 215) vont être supprimés. La CFDT a d'ailleurs annoncé qu'une grève était survenue mercredi dernier en soirée.

Tandis que le comité d'entreprise a donné un avis négatif à ce plan de sauvegarde de l'emploi (rien que le titre est ironique), la CFDT demande que 20 postes, parmi les 93, soient maintenus.  Le syndicat dénonce aussi le titre donné à la fonction sans compétence bien définie de "technicien agent de cinéma".

UGC compte près de 600 salles, emploie 1 550 salariés et a réalisé un résultat net de 25 millions d'euros en 2009. Sa filiale de distribution, de son côté, est elle aussi menacée depuis sa fusion ratée avec TFM distribution (anciennement groupe TF1).

Europe : la numérisation des salles devient un enjeu politique (4/4)

Posté par vincy, le 2 juin 2010

4 693 écrans numériques en Europe (34 pays)  fin 2009, c'est trois fois plus que l'an dernier (1 529). De 30 écrans numériques en 2003, on était passé à 527 en 2006 et 897 en 2007.  Un grand bond en avant, lié notamment au dynamisme de la 3D relief. Cela se traduit par une hausse de 12% des recettes en salles.  En moyenne, les complexes disposent de deux écrans numériques par site.

La France est leader avec 904 écrans (19% du parc européen) devant le Royaume Uni  (668 écrans, 14%), l'Allemagne (592 écrans, 13%); l'Italie (428 écrans, 9%) et l'Espagne (238 écrans, 5%). Les aides du CNC produisent leur effet en France, et l'arrivée d'UGC sur le marché devrait conforter la place dominatrice de l'Hexagone dans le secteur.

La Belgique détient cependant un record : celui du nombre d'écrans numériques par cinéma. Le Royaume des Flamands et des Wallons en offre 5,3 quand la France traîne à 3,5.

Enfin, les écrans 3D relief sont moins présents proportionnellement dans les trois grands pays (seulement un écran numérique sur deux en France) : l'ancienneté du passage au numérique et le nombre plus important de salles expliquent cette contre performance, là où, à l'inverse, les écrans numériques de petits pays sont directement passés au 3D relief.

La Commission Européenne a bien compris l'enjeu. Androulla Vassiliou, qui, en venant au Festival de Cannes, faisait son premier déplacement officiel en tant que Commissaire européenne  en charge de la culture, a annoncé la mise en place d'une aide pour la numérisation des petites salles, celles qui diffusent principalement le cinéma européen. Le budget consacré serait de 4 millions d'euros pour 2010, afin de soutenir le coût de l'équipement.

Monstres contre aliens : la 3D en relief envahit la terre

Posté par MpM, le 20 novembre 2008

Monstres contre aliensLe cinéma en relief serait-il vraiment la plus importante révolution qu’ait connu le 7e art depuis le passage du muet au parlant et du noir et blanc à la couleur ? C’est en tout cas ce qui ressort de la présentation faite par Jeffrey Katzenberg, responsable de Dreamworks Animation, dans le cadre des rencontres Parixfx dédiées à la création numérique et aux effets visuels. Après s’être copieusement moqué des tentatives passées de cinéma en relief (qualifiées d’assez "épouvantables" et "rudimentaires"), le grand manitou de l’animation a vanté les nouveaux procédés développés par DreamWorks : les lunettes "constituées de lentilles polarisées dernier cri, si confortables qu’on les oublie très vite" (mais toujours grosses et moches) et les images "nettes, éclatantes, synchronisées et stables".

Prometteur, mais qu’en est-il en réalité ? En guise de démonstration, Jeffrey Katzenberg a présenté trois séquences du prochain film produit par DremWorks, Monstres contre aliens. Le fait est qu’on oublie très vite la présence des lunettes, de même que, rapidement, l’histoire prend totalement le pas sur les prouesses techniques. D’ailleurs, on est presque déçu par l’utilisation parcimonieuse (et assez naturelle) du relief, qui se manifeste plus dans des effets de profondeurs assez sobres (les silhouettes se découpant nettement sur le décor, les personnages en volume) que de jaillissements spectaculaires. On commence à croire Mr Dreamworks quand il assure que la 3D relief est au service d’un scénario, et non une fin en soi !

Des Monstres et des Aliens qui se battent en relief !

Ainsi, la première séquence met curieusement mieux en valeur le ton humoristique et décalé du film que les nouvelles technologies. On y découvre le président des Etats-Unis tenter de lier des liens pacifiques avec une sonde extra-terrestre… en lui jouant du synthétiseur. C’est tout de même l’occasion de lui faire gravir un monumental escalier dont chaque marche semble parfaitement réelle, et de nous emmener l’espace de quelques secondes dans un hélicoptère survolant la scène. Même chose pour la deuxième séquence, qui nous permet de faire connaissance avec les cinq "monstres" prisonniers du gouvernement et qui, face à l’imminence d’une attaque extra-terrestre, apparaissent comme la seule chance de survie de l’humanité. Un savant fou transformé en cafard (et "incarné" par le célèbre Docteur House himself, Hugh Laurie), un tas de gélatine indestructible, le "chaînon manquant" entre l’homme préhistorique et ses ancêtres subaquatiques, une grosse bestiole en peluche de plus de 100m de haut et enfin une jeune femme qui, suite à sa rencontre avec une météorite, fait désormais 15m de haut… les personnages s’avèrent immédiatement sympathiques et amusants, quoiqu’un peu stéréotypés (le glouton, le cerveau, la montagne de muscles…)

Enfin, le dernier extrait présenté par Jeffrey Katzenberg est sans doute celui qui donne l’aperçu le plus parlant des avantages de la 3D sur la 2D : on y découvre un affrontement mouvementé entre notre équipe de monstres et l’un des fameux émissaires aliens bien décidé à les déchiqueter en petits morceaux. Comme tout cela se passe dans la ville de San Francisco désertée par ses habitants, les animateurs s’en sont donné à cœur joie en termes de vues vertigineuses du haut des immeubles ou du Golden Gate Bridge. Indéniablement, le relief ajoute aux effets visuels déjà impressionnants, et apporte un souffle supplémentaire aux corps à corps. Le pari de Katzenberg semble pour le moment tenu : les vues en trois dimensions apportent quelque chose au film, mais n’en constituent pas l’essentiel.

Un investissement de près de 100 000 dollars ?

Il vaut mieux, car le film sera justement distribué dans les deux formats (2D et 3D), pour cause de manque de salles équipées avec les projecteurs adéquats ! En effet, Dreamworks prévoit qu’au moment de la sortie de Monstres contre Aliens (1er avril 2009 en France), seuls 600 à 800 écrans dans le monde seront capables de projeter le film en relief (contre 2500 aux Etats-Unis). Par contre, au moment de la sortie de Shrek 4 en 2010, le studio espère réaliser 75 à 80% des entrées américaines et 20% de celles du box-office international avec la version 3D. Car, toujours d’après Jeffrey Katzenberg, cela coûterait environ 75 000 dollars pour convertir un cinéma au numérique, et moins de 20 000 dollars pour passer du numérique au 3D… un investissement qui pourrait en valoir la chandelle, puisque les cinémas américains ont déjà prévu d’ajouter un supplément de 5 dollars par place pour les films en relief. A suivre, notamment en France, où à l’heure actuelle, à peine 140 salles sont équipées… Quoiqu’il en soit, on note la phrase de Katzenberg : "La 3D peut faire beaucoup de choses, mais elle n’est pas capable de rendre bon un film qui serait mauvais", il est fort probable qu’elle pourra resservir…

« Fly me to the Moon » conduit les MK2 à accélérer leur passage au 3D

Posté par vincy, le 25 octobre 2008

Fly me to the Moon sort sur les écrans mercredi 29 octobre, en pleines vacances scolaires. Un long métrage d'animation qui bénéficiera d'une sortie nationale. Cependant pour le voir en 3D, il faudra choisir une salle équipée pour pouvoir regarder un film en 3D relief. Lors de la diffusion de Voyage au centre de la terre cet été (voir actualité du 31 juillet), le film avait été contraint de se contenter de 140 salles en France pour être vu dans son format 3D.

Fly me to the moon ne vise qu'une cinquantaine de salles, exclusivement en 3D. Contrairement à l'adaptation de Jules Verne, il n'y aura pas de compromis avec des salles en 2D. CGR, Kinepolis et Cap'Cinema font partie des réseaux retenus pour la diffusion. C'est MK2, distributeur du film, qui investit le plus dans le format avec six nouvelles salles équipées dans quatre de ses cinémas. Le réseau espère rééditer le phénomène de Voyage au centre de la terre, qui avait attiré un tiers des spectateurs parisiens dans les salles équipées en numérique et en relief.

Exceptionnellement, la géode abandonne aussi les programmes de moins d'une heure, pour projeter le film dès sa sortie nationale. La salle rend ainsi hommage au cinéaste Ben Stassen, réalisateur du film, mais aussi l'un des auteurs les plus prolifiques du format IMAX. La Géode va d'ailleurs plus loin puisque la salle proposera le film en version IMAX et une attraction unique en 3D dynamique. Dans cette attraction de 40 minutes, Fly me to the moon, réduit et en VO, propose aux spectateurs le procédé Cinaxe où le public bouge avec les héros du film. Ce simulateur reproduit les mouvements et les accélérations ressenties à l'écran.

Le franchissement d'une nouvelle frontière?