Cannes 70 : Nicolas Winding Refn, de Copenhague à la Croisette

Posté par MpM, le 15 mars 2017

70 ans, 70 textes, 70 instantanés comme autant de fragments épars, sans chronologie mais pas au hasard, pour fêter les noces de platine des cinéphiles du monde entier avec le Festival de Cannes. En partenariat avec le site Critique-Film, nous lançons le compte à rebours : pendant les 70 jours précédant la 70e édition, nous nous replongeons quotidiennement dans ses 69 premières années.

Aujourd'hui, J-64.

Si ses trois derniers films ont été sélectionnés en compétition officielle, Nicolas Winding Refn n'est pourtant pas un habitué de Cannes - ou en tout cas, il ne l'était pas avant Drive. Le Danois a en effet passé une quinzaine d'années en étant totalement ignoré de la Croisette, avant que tous les regards se tournent (brièvement) vers lui. Retour sur la carrière du cinéaste danois.

10 ans sous les radars français

Comme il l'explique dans le documentaire portant ses initiales, NWR avait le choix entre intégrer une des écoles de cinéma les plus prestigieuses du Danemark ou réaliser son premier film. Le choix a été rapide, et Refn a décidé de réaliser Pusher. On y suit caméra à l'épaule un dealer qui tente de s'en sortir : un film à petit budget, une plongée dans les bas fonds de Copenhague grâce à laquelle Refn obtiendra un succès critique unanime en France ... 10 ans après sa sortie.

Mais il n'a pas attendu d'être encensé en dehors de son pays pour continuer sa carrière, au contraire : en 1999 sort Bleeder, que nous n'avons pu découvrir qu'il y a quelques mois sur grand écran. Un récit que l'on sent autobiographique, où se mêlent amour dévorant du cinéma et attrait irrésistible pour la violence. Dans le rôle principal, une révélation qui n'avait qu'un second rôle dans Pusher : Mads Mikkelsen, qui aura l'incroyable carrière que l'on connaît quelques années plus tard. Refn lui, après ce deuxième film, quitte le Danemark, direction Los Angeles (oui, déjà !) pour y tourner Inside job avec le fameux John Turturro. Un film qu'il produit avec sa propre compagnie de production, Jan Go Star.

Mauvaise idée : ce sera un tel bide que la compagnie va déposer la clé sous la porte, et lui se retrouve endetté. Pourtant, artistiquement, le long-métrage est loin d'être un échec : il est imparfait, certes, mais nous révèle une nouvelle facette de son auteur. On avait découvert sa violence refoulée dans son premier film, ses obsessions dans le deuxième, ici un nouveau style visuel commence à s'affirmer. On quitte la caméra-épaule à la Mean Streets des deux films précédents pour se poser, ralentir un peu, plonger le protagoniste dans des couleurs de plus en plus vives, en accord avec la psyché troublé du personnage incarné par John Turturro. Un style encore balbutiant, imparfait, mais qui annonce la suite qui sera haute en couleur !

Mais après cet échec cuisant au box-office, deux commandes suivront. Avec Pusher 2 et Pusher III, Refn ne se contente cependant pas de réitérer la recette du premier. Les trois films ont des styles qui n'ont rien à voir entre eux et s'intéressent à trois hommes différents, qui ont en commun d'être plongés dans de sérieux ennuis. Dans le deuxième, c'est le personnage au départ secondaire de Tonny (Mads Mikkelsen) qui est au centre du film - et l'acteur trouve là son premier grand rôle. La paternité, thème qu'on ne retrouvera plus chez le réalisateur, est au centre du film : Tonny, fraîchement sorti de prison, essaie maladroitement de plaire à son père mafieux tout en devenant lui-même papa.

Si Mikkelsen brille, Refn est lui aussi excellent : quelques scènes mémorables préfigurent même des films qu'il ne fera que bien plus tard, comme la scène d'introduction baignée dans le rouge ou une scène de braquage magistrale. Pusher III va lui être un huis-clos et se concentrer sur la journée de Milo, chef mafieux que l'on retrouvait dans les deux opus précédents. : une journée qui commence avec une fête d'anniversaire et finit par par une éviscération. Une journée normale au pays de Refn, qui est encore à une poignée de longs-métrages du Festival ...

Le dyptique Bronson / Valhalla Rising : la confirmation


Bronson et Valhalla Rising sortent à moins d'un an d'intervalle. Le style tranche avec la trilogie Pusher : on quitte toute trace de naturalisme pour se plonger dans des atmosphères hors du temps, minutieusement cadrées.

Bronson commence ainsi par le protagoniste s'adressant à des spectateurs. Sur scène, il raconte sa vie, se travestit, s'énerve ... En fait, toute la vie de Bronson est un spectacle. Connu comme le "prisonnier le plus violent d’Angleterre", le protagoniste a passé plus de trente ans en isolement et s'est fait médiatiquement connaître outre-manche pour ses fresques, relatées dans le film. Bronson, c'est tout d'abord le premier grand rôle de Tom Hardy, qui se plonge totalement dans la peau du personnage (en témoignent ses kilos de muscles, ses mimiques ou même sa moustache en ... poils du vrai Bronson).

Pour Refn, c'est la première partie d'un diptyque en hommage à Kubrick : ici, il revisite Orange Mécanique. En effet, il développe le thème du libre-arbitre au sein d'un environnement carcéral, met en scène la violence avec grandiloquence, et présente un anti-héros s'épanouissant dans l'art. C'est aussi visuellement que le rapprochement est frappant : nombre de travellings accompagnent le protagoniste dans ses mouvements. Il faut dire qu'au niveau de la mise en scène, Refn livre encore une prestation irréprochable, jouant avec les couleurs, les ruptures de tons et des moments d'ultra-violence, le tout sublimé par une musique aux touches électro. Un résultat d'autant plus impressionnant que le film a été produit pour une somme dérisoire : 250000 $, selon des sources concordantes.Difficile d'imaginer un si petit budget ; en tout cas, le film a été bien très bien accueilli par la critique, et connut un petit succès grâce au bouche à oreille - peut-être aussi grâce à l'importance qu'a pris Tom Hardy dans le paysage cinématographique ces dernières années.

Valhalla Rising, lui, n'a pas su trouver son public, et la critique a été moins enthousiaste. Il faut dire que le long-métrage est plutôt aride, décrivant l'arrivée du christianisme dans les régions scandinaves aux IXe-Xe siècles,  puis le départ de vikings vers un nouveau monde. Un film parfois gore, avec en son centre un Mads Mikkelsen borgne et muet mais toujours aussi bon. Un film paradoxalement contemplatif et très violent (une violence sale, crasseuse), une expérience cinématographique assez unique en son genre, souvent décrite comme le "2001 du film de viking" (ce qui est certes très précis). Un film qui s'améliore à chaque vision. Dans une interview, Refn expliquait que pratiquement personne n'était venu pour la conférence de presse à la Mostra de Venise, où le film était présenté hors compétition. Son film suivant par contre sera acclamé, et en tout point opposé à celui-ci.

Drive : la consécration


Drive est paradoxalement le film le moins personnel de Refn et celui qui est souvent utilisé pour le définir. En soi, ce n'est qu'une série B réalisée à Hollywood pour un relatif petit budget (15 millions de dollars). Pourtant, le film va devenir un micro-phénomène de société lors de sa sortie, notamment grâce à sa bande originale mêlant des chansons nostalgiques façon eighties' (comme Nightcall de Kavinsky) et des morceaux de Cliff Martinez, auparavant connu pour ses nombreuses collaborations avec Steven Sodherberg. Ryan Gosling lui va faire des émules dans son rôle de cow-boy moderne et mutique - la voiture a remplacé le cheval.

Le film est présenté à Cannes en 2011, où il reçoit le prix de la mise en scène. Drive est une série B, dans dans le sens classique, positif, du terme. A partir d'un scénario plutôt simple, adapté du romancier James Sallis, Refn livre un film utilisant tous les moyens pour se renouveler dans sa mise en scène. Ce n'est pas tant les poursuites en voiture qui semblent l'intéresser (il y en a d'ailleurs très peu, bien que vraiment réussies) que la figure masculine du personnage (anonyme) de Gosling : sans attaches, sans famille, pouvant aussi bien être nonchalant que subir des accès/excès de violence.

Et si le film est beaucoup plus classique dans son approche que pouvaient l'être ses autres films, il est lui aussi fait de contrepoints : à un moment d'attente succède une course-poursuite, à un baiser une décapitation à coups de pieds. C'est peut-être cela qui a plu au jury présidé par Robert De Niro : cette tension constante, rendant le film viscéral du début à la fin. Un film certes acclamé (il fera plus d'un million et demi d'entrées en France !), qui met Refn sur le devant de la scène, mais qui devient le point de référence dans sa filmographie, alors qu'il n'en est qu'un (excellent) détour.

Only god forgives et The Neon Demon : l'incompréhension


On ne peut pas dire que Only God forgives ait eu droit au même accueil que Drive à Cannes, trois ans plus tard : le film fut hué par une partie de la salle. Ceux qui s'attendaient à une suite de Drive on dû être déçus, puisque le film lui est opposé en tous points : Ryan Gosling est un personnage miné par l'impuissance, l'action y est plus rare (mais pas les excès de violence), les événements se situent en Thaïlande et Cliff Martinez a eu pour directive ... de ne pas faire du Cliff Martinez . Pour autant, Only god forgives est dans la droite lignée des autres films de Refn. Tout comme Valhalla Rising, il s'agit d'une expérience cinématographique avant tout, aux couleurs sublimes et aux cadres plus "kubrickiens" que jamais. Reprocher au film la finesse de son scénario serait aussi absurde que de faire le même reproche à Mad Max Fury Road : les deux films ont été fait pour être ressentis plus que réfléchis.

The Neon Demon a été encore plus loin dans la visée d'une expérience. Utilisant les codes de la mode pour en critiquer le système, Refn livre un film hypnotique, fascinant, esthétiquement plus poussé qu'aucun autre de ses long-métrages. Nous l'avons adoré (comme vous pouvez le lire ici et là), mais le film a été un échec commercial (en France, 150 000 entrées, soit 3 fois moins que Only God Forgives et 10 fois moins que Drive ; dans le monde, moins de 3 millions de dollars de recette pour un budget de 7 millions).

A Cannes, sans être hué, il n'a reçu aucun prix, à l'instar des films les plus intéressants de la compétition. Grâce à Cannes, Nicolas Winding Refn est tout de même devenu une personnalité connue, voire reconnue, dans le monde du cinéma. Il s'amuse d'ailleurs à jouer de son image, comme le prouvent ses initiales apposées dès les premières secondes du générique de The Neon Demon. NWR : désormais, un label, apposé sur des livres (L'art du regard), sur des documentaires sur lui-même ou sur des restaurations (récemment, La Planète des vampires de Mario Bava). Critiqué pour son ego, Refn ne fait pas l'unanimité mais il en est le premier ravi.

Pour le citer : "tu sais que tu as fait un grand film quand la moitié ont aimé, et l'autre détesté". Je n'aurais pas dit mieux !

[L'instant Glam'] Cannes 2016 – Jour 10: Les feux de l’amour

Posté par cynthia, le 21 mai 2016

Oyé oyé cinéphiles, dixième jour sur la Croisette, le temps passe aussi vite que la langue de Miley Cyrus sur son marteau dans le clip Wrecking ball, les films s'enchaînent et nous déchaînent, et le tapis rouge continue de nous faire rêver.

Hier soir on a aperçu Juliette Binoche avec un livre ouvert sur la tête (casquette originale), Milla Jovovich et ses yeux revolver, Vanessa Paradis tout de blanc vêtu, Lambert Wilson classe et surtout l'équipe de The Last Face de Sean Penn.

Imaginez, vous sortez avec votre collègue de travail... Au début entre les mots d'amour en cachette et les parties de jambes en l'air à côté de la photocopieuse, c'est génial, mais après... Si vous vous séparez... Quel genre d'ambiance il y aurait au bureau? Et bien c'est exactement ce qu'a dû ressentir le (feu) couple Sean Penn/Charlize Theron sur les marches.

Venus présenter The Last Face, les deux compères étaient bien éloignés l'un de l'autre durant le photoshoot, la pauvre Adèle Exarchopoulos se retrouvant souvent au milieu. Je dis la pauvre car j'ai déjà été à sa place et ce n'est jamais joyeux de faire bonne figure au milieu d'un couple séparé. Et dire que l'année dernière encore ils s'aimaient à la folie sur la Croisette... Rien n'est éternel. Ce qui l'est en revanche, c'est leur beauté : Charlize Theron a mis le paquet avec son smoking et sa chemise ouverte laissant place à l'imagination (voulait-elle dégoûter le petit Sean) montrant ainsi qu'elle mérite sa place dans le classement des plus belles femmes du monde. Comme Dior, on l'adore. Sortir avec Charlize Theron doit faire ressentir le même sentiment qu'a eu Leonardo Dicaprio en tenant son Oscar dans les mains pour la première fois. Le Saint Graal, bordel ! Autre beauté, moins flamboyante, de la Croisette, Adèle Exarchopoulos avec son top crop et un jupe longue blanche : sexy, elle a agité les organes reproducteurs de ses fans, fixés sur son nombril exhibé. N'oublions pas Javier Bardem, plutôt cravate que nœud pap, qui respire le sexe à chacun de ses mouvements (le mâle...le vrai) et Jean Reno qui représente le swagg à la Française. Ou pas.

Plus tard dans la soirée pour la projection de l'étrange The Neon Demon de Nicolas Winding Refn, on a croisé Mads Mikkelsen et sa beauté vampirique aux côtés de la douce Kirsten Dunst avant de perdre notre âme devant la sublime Elle Fanning. Il n'est pas étonnant que la jeune actrice ait incarné la Belle au bois dormant... Elle a l'air d'une princesse tout droit sorti d'un conte de fées Disney. Aux côtés de la belle, Nicolas Winding Refn en smoking est monté tel un guerrier viking prêt au combat, afin de supporter les critiques négatives sur son film (un peu comme tous les ans à Cannes). Nous avons aussi été subjugués par Bella Heathcote, la partenaire d'Elle Fanning, qui a montré son penchant pour le sang (demi-spoiler) avec une robe rouge qui, de loin, faisait penser à la texture d'un oiseau effrayé (Black Swan is back?).

Après tout, c'est ça la magie cannoise... Se fringuer en fonction du film que l'on présente intentionnellement.

Cannes 2016: Le quintet féminin de The Neon Demon

Posté par kristofy, le 20 mai 2016

The Neon Demon est l’un des films les plus attendus du Festival. Survendu? En tout cas, il est loin des éléments de langage qui ont alimenté ses teasers. Ce Black Swan dans le milieu de la mode est plus stylisé qu'horrifique. Only fan forgives.

Nicolas Winding Refn a su imposer sa marque (les initiales NWR sont devenues le logo de sa signature) et son style (l'art est un acte de violence). Après des films aussi différents que Bronson, Valhalla Rising remarqués dans le circuit des festivals et sortis en salles de cinéma il devient un nouveau familier du Festival de Cannes avec Drive (palme du meilleur réalisateur en 2011), Only God Forgives (en compétition officielle en 2013), il y est aussi membre du jury en 2013. Nicolas Winding Refn est aussi devenu un supporter VIP pour le ‘film de genre’ à Cannes : il est présent aux séances du 40ème anniversaire de Massacre à la tronçonneuse, aux nouveaux films de Alejandro Jodorowsky, et il présentera en sélection Cannes Classics La Planète des vampires de Mario Bava en version restaurée ...

The Neon Demon sera son premier film où des femmes seront les personnages principaux : une jeune mannequin devient l'objet de désir et de jalousie d’autres femmes prêtes à tout pour 'prendre' sa beauté et sa fraicheur naturelles.

Elle Fanning a grandi devant les cameras. Elle est actrice depuis ses 3 ans et, une fois adolescente, elle fait merveille dans Somewhere, Twixt, Super 8. La jeune fille a maintenant 18 ans mais elle s’est déjà transformée en jeune femme troublante : son physique de lolita blonde ne s’accorde plus bien avec la détermination sévère de son regard bleu. Elle Fanning est devenue une sylphide aussi belle que redoutable, l’héroïne idéale pour ce film.

Jena Malone a elle aussi passé son adolescence sur les plateaux, dans des films comme Donnie Darko, The United state of Leland, Sucker Punch et enfin Hunger games. Cette brune devenue blonde (et rousse dans le film de NWR), actrice devenue chanteuse (avec son groupe The Shoe) fait toujours preuve d’une dualité étonnante avec ses fêlures dissimulées ou son caractère de manipulatrice dangereuse : c'est elle qui désire le personnage de Jesse interprété par Elle Fanning, par elle que tout va déraper. Dominatrice, nécrophile, lesbienne,... Elle ose tout.

Malgré un rôle plus secondaire, il y a aussi Christina Hendricks, qui sera pour toujours la divine secrétaire de la série Mad men, avec ses tailleurs ajustés mettant en valeur ses formes voluptueuses proches de Jessica Rabbit. La jolie rousse est cependant bien plus qu’une pin-up, elle ne demande qu’à le prouver avec d’autres rôles comme celui que lui avait déjà offert Nicolas Winding Refn dans Drive . Elle a retrouvé Ryan Gosling dans Lost river et a également tourné Detachment avec Adrien Brody et Dark places avec Charlize Theron.

En plus de ce trio deux autres blondes mannequins seront bien présentes à l’image : Abbey Lee Kershaw et Bella Heathcote, toutes deux australiennes nées en 1987.

Abbey Lee Kershaw est une top-model overbookée entre ses 19 et 24 ans pour les plus grandes marques, ensuite son physique à la fois glam et punk lui ouvre les portes du cinéma : Mad Max fury road déjà à Cannes, Gods of Egypt sorti il y a quelques semaines, et donc The Neon Demon. C'est ironiquement celle qui est trop vieille pour le métier, mais aussi celle qui a la peau la plus dure quand il faut triompher.

Bella Heathcote avec son visage de poupée à qui on aurait insufflée la vie, joue souvent avec cette apparence de femme-enfant: Time out de Andrew Niccol, Dark shadows de Tim Burton, Cogan de Andrew Dominik à Cannes, Orgueil et Préjugés et Zombies et le prochain Cinquante nuances plus sombres… Ici, elle incarne la jalousie et la mesquinerie. La végétarienne qui a un peu de mal à digérer de la viande. Celle qui balance: « Ça fait quel effet de marcher dans une pièce comme si au milieu de l’hiver tu étais le soleil ? »

6 films que l’on a hâte de voir en 2016

Posté par vincy, le 1 janvier 2016

Midnight Special de Jeff Nichols - MPM

"Le film que j’attends le plus en 2016 ? C’est un film dont je n’ai pas encore entendu parler, dont je n’attends rien, et que je reconnaîtrai le cœur battant en le voyant, parce qu’il me bousculera et me donnera la sensation que le cinéma a encore tout à dire et à inventer. S’il faut absolument citer un titre, ça pourrait être Midnight special de Jeff Nichols, parce qu’il a les capacités pour provoquer ce genre d’émotions."

Batman v Superman de Zach Snyder - Wyzman

"S'il y a bien un film que l'on est en droit d'attendre avec impatience, c'est sans conteste Batman v Superman : L'Aube de la Justice. Le film le plus cher de toute l'histoire réunira en effet les deux plus grands héros de bande dessinée qui soient, ou du moins mes préférés. Réalisé par Zack Snyder (le papa de 300 et Watchmen), ce Batman v Superman devrait être son Réveil de la Force… Ou ne sera pas !"

Carol de Todd Haynes - Cynthia

"Le cru 2016 semble alléchant et devant ces mets cinématographiques qui donnent l'eau à la bouche, mon choix s'est porté sur Carol de Todd Haynes. Comment ne pas être impatient face à un film qui met en scène l'iconique Cate Blanchett et l'étoile montante Rooney Mara et sa légèreté qui lui est propre dans des tenues sublimes des années 50. Ajoutons à cela une histoire d'amour qui fait triompher la différence dans un monde cruellement fermé d'esprit et cela donne un cocktail sulfureux que j'ai hâte de dévorer au cinéma en 2016."

The Neon Demon de Nicolas Winding Refn - Kristofy

"Nicolas Winding Refn a su imposer sa marque (NWR) et son style (l'art est un acte de violence). Après Drive, Only God Forgives et Bronson et la reconnaissance de ses pairs dans le circuit des festivals même si l’adhésion du public n’est pas toujours au rendez-vous, on attend vraiment The Neon Demon avec Elle Fanning, Keanu Reeves, Christina Hendricks, Jena Malone : une jeune mannequin qui sera l'objet de désirs d’autres femmes prêtes à tout pour 'prendre' sa beauté et sa vitalité... Comment sera racontée ce genre d'histoire dans le Los Angeles d'aujourd'hui avec le goût de Nicolas Winding Refn pour une sophistication très graphique ? The Neon Demon sera aussi son premier film où des femmes seront les personnages principaux. Grosse attente pour cette année 2016, avec une présence probable au prochain Festival de Cannes..."

Jodorowsky's Dune d'Alejandro Jodorowsky - Geoffroy

"Puisqu'il est si difficile de ne citer qu'un seul film pour nommer le plus attendu de l'année 2016, celui qui m'inspire le plus, en dehors des quelques événements ciné incontournables, est un film qui ne s'est jamais fait. Ce paradoxe, non rédhibitoire, est l'occasion de visionner sous la forme documentaire la préparation de l'adaptation avortée du roman Dune de Frank Herbert par le réalisateur Chilien Alejandro Jodorowsky. Jodorowsky's Dune relate, bien avant le long-métrage culte de David Lynch, l'incroyable projet - fou dira t-on par la suite - aussi pharaonique que don quichottesque d'un artiste au service de son art."

Julieta de Pedro Almodovar - Vincy

"Trois ans que Pedro Almodovar n'a rien sorti. Après une série d'oeuvres majeures (et dramatiques) au début des années 2000, le cinéaste espagnol a moins convaincu avec successivement un film passionnel et tragique, un thriller glaçant et tendu et une comédie loufoque mais un peu ratée. C'est dire si l'attente est grande avec ce Julieta (anciennement Silencio) qui naviguera entre les années 80, qui lui furent si inspirantes, et aujourd'hui. En allant chercher de nouvelles têtes (muses), en retrouvant un récit mélodramatique et une histoire de femmes (ses deux marottes), on espère forcément voir un grand Almodovar sur les écrans, et sans doute sur les marches à Cannes. Le plus surprenant sera sans doute le style qu'il nous promet plus intime, plus sombre, moins drôle. Le rouge ferait place au vert et au brun. C'est tout ce qu'on souhaite d'un maître du cinéma: qu'il nous étonne encore et toujours."

Festival Lumière – Jour 1 : Alice n’est plus ici mais Martin Scorsese est dans toutes les têtes

Posté par Morgane, le 13 octobre 2015

Octobre est arrivé et avec lui, comme chaque année depuis 7 ans maintenant, le Festival Lumière et son lot de films, de rencontres, de master class, de dédicaces… Lyon va battre au rythme du 7e Art pendant toute une semaine (du 12 au 18 octobre).

Cette année, Le Prix Lumière sera remis vendredi soir au grandiose Martin Scorsese! La semaine sera alors ponctuée de 15 de ses films et de 5 de ses documentaires. Mais ce n'est pas tout, il y a aussi la Carte blanche à Martin Scorsese, de nombreux hommages à Akira Kurosawa, Julien Duvivier, Larissa Chepitko, l'anniversaire des 30 ans de Pixar avec John Lasseter en invité, des invitations à Sophia Loren, Nicolas Winding Refn, Géraldine Chaplin, Mads Mikkelsen et Alexandre Desplat et de nombreux autres cycles (les ressorties, les grandes projections, la nuit de la peur, les curiosités des années 1980, les trésors des archives, les nouvelles restaurations etc.)

Environ 150 Films projetés en une semaine, c'est certain, il faut faire des choix! Pour ma part, Prix Lumière à Martin Scorsese je commence donc par un de ses films, son troisième plus exactement, qu'il réalise après Mean Streets et juste avant Taxi Driver: Alice n'est plus ici (1974). Cette oeuvre est un peu à part dans sa filmographie puisqu'il s'agit de son premier film hollywoodien et, plus ou moins, d' une commande de l'actrice principale, Ellen Burstyn. On n'y retrouve pas forcément ses thèmes de prédilection mais il porte tout de même sa griffe à travers la bande-son rock et un rythme assez rapide. Jodie Foster tient également le rôle d'Audrey, jeune ado laissée à la dérive par sa mère. on la recroisera chez Scorsese dans le rôle qui fera décoller sa carrière, avec le Scorsese suivant, Taxi Driver.

Avec Alice n'est plus ici, Martin Scorsese nous entraîne dans un road-movie entre une mère et son fils. Liaison atypique que Scorsese filme crument mais avec beaucoup de bienveillance et qui donne à cette relation un aspect très attendrissant. Malgré le caractère quelque peu soumis d'Alice aux hommes, c'est une femme forte qui prend la route, avec son fils sous le bras, à la mort de son mari. Au fur et à mesure que la route défile, son caractère se modifie et on sent une pointe de féminisme qui transparaît dans ce film. C'est d'ailleurs le seul film de Scorsese où le héros est en réalité une héroïne!

Ici, ni mafia, ni vengeance. C'est presque un électron libre, très scorsesien, mais à des années lumières de ce qui suivra durant plus de 40 ans.

Clap d'ouverture

Cette première journée de Festival est également marquée par la soirée d'ouverture qui, comme chaque année, se déroule dans l'immense Halle Tony Garnier. Jean-Paul Belmondo, qui revient deux ans après nous avoir fait partager un moment très émouvant aux côtés de Quentin Tarantino, est ovationné. Se succèdent John Lasseter (qui vient souffler les 30 bougies de la petite lampe de chevet), Nicolas Winding Refn (qui présentera deux de ses films, donnera une master class et présentera sa collection d'affiches de films), Mélanie Thierry, Raphaël, Jean Becker, Laurent Gerra, Vincent Elbaz, Louise Bourgoin, Rolf de Heer (qui est là pour la ressortie de son film Bad Boy Bubby), Alex Lutz, Bernard Pivot, Paul Belmondo (qui présentera en compagnie de son père le documentaire qu'il a réalisé sur ce dernier), Dario Argento (pour son film Les Frissons de l'angoisse récemment restauré) et sa fille Asia Argento, Jacques Audiard, Daniel Auteuil et bien d'autres encore…

Discours de Thierry Frémaux (sans Bertrand Tavernier cette fois, qui se remet d'une opération mais qui devrait être présent en fin de festival), petit film en forme de bande annonce alléchante de cette nouvelle édition, montage "tribute to Lasseter", projection de La sortie d'usine avec le cinématographe original des Frères Lumière... Chaque spectateur a également reçu son traditionnel morceau de pellicule qui cette année appartenait au film Jeux Interdits de René Clément.

Lindon parmi les monstres sacrés

On a ensuite eu droit à un hommage en images à Vincent Lindon, qui est ensuite monté sur scène pour présenter le film surprise de cette soirée d'ouverture. Film surprise qui ne l'est pas resté longtemps puisque le nom lui a échappé dès ses premières phrases. C'est donc La fin du jour de Julien Duvivier qui sera projeté en ce premier soir. Film pour les acteurs puisqu'il se passe dans une maison de retraite pour anciens comédiens! Discours émouvant et drôle à la fois de la part du Prix d'interprétation masculine cannois de l'année. Il remercie Thierry Frémaux d'avoir sélectionné La loi du marché à Cannes, remercie également Jean-Paul Belmondo qu'il admire, puis nous raconte sa passion pour le cinéma de Carné, Renoir, Duvivier et plus généralement de cette époque-là et de ce cinéma populaire. Véritable admirateur de Julien Duvivier qu'il considère malheureusement comme un cinéaste sous-estimé, il présentera également La Bandera et Pépé le Moko du même réalisateur durant la semaine. Il avoue tout de même : "je vais être franc, La fin du jour n'est pas mon préféré, mais je l'aime beaucoup quand même".

La suite se passe en images aux côtés de Louis Jouvet, Michel Simon, François Périer, Victor Francen, Madeleine Ozeray... Il y a pire compagnie pour se mettre en appétit avant l'orgie cinéphile qui s'annonce.

Deauville 2015 : Hommage à Keanu Reeves, « très heureux de vivre son rêve de gamin »

Posté par kristofy, le 5 septembre 2015

© ecran noir / christophe maulave

Le 41e Festival Adu film américain de Deauville est ouvert. Cette année des hommages pleuvent, et pour le lancement de la soirée d’ouverture, c'est Keanu Reeves qui a inauguré les festivités.

Après un  montage d'extraits de ses rôles les plus emblématiques, Keanu Reeves a été accueilli dans la salle comme la grande star qu'il est (avec la musique de Rage Against The Machine du générique de fin de Matrix) et il s'est révélé tout à la fois humble et charmeur dans son discours de remerciements. Il a ainsi évoqué à la fois ses débuts difficiles à Hollywood (il a passé le casting mais n'a pas été retenu pour La Folle journée de Ferris Bueller en 1986) et son caractère de rébellion contre l'autorité (on lui avait demandé de changer de nom), tout en se souvenant des belles rencontres lors de ses différents tournages : «30 ans après mon premier film, l'homme de 51 ans devant vous se trouve très heureux de vivre le rêve du gamin de 15 ans qu'il était ».

Avec son physique de jeune premier (et beau gosse), il a d’abord été remarqué comme le nouveau héros romantique du moment : en particulier dans la comédie The Night Before en 1988 qui fut suivie par Les Liaisons dangereuses de Stephen Frears. Il est alors le nouvel acteur qui monte. Le culte commencera avec My Own Private Idaho de Gus Van Sant en 1991 (qu'il retrouve ensuite en 1993 dans Even Cowgirls Get the Blues), puis sa popularité explose avec Dracula de Francis Ford Coppola en 1992 et Little Buddha de Bernardo Bertolucci en 1993.

En quelques années il va devenir la star des films d’action avec 3 films devenus cultes : Point Break (1991), Speed (1994), et Matrix (1999).

Quelques autres rendez-vous dans sa filmographie :
-avant Point Break : il avait déjà joué avec Patrick Swayze dans Youngblood en 1986 où il était un joueur de hockey (dans la vie, Keanu Reeves a été un bon gardien de but dans une équipe de hockey au Canada).
-après Speed : il a de nouveau joué avec Sandra Bullock, mais en couple romantique dans Entre deux rives.
-après Matrix (et les suites) : le chorégraphe des combats d'arts-martiaux Tiger Chen (qui apparaît d'ailleurs dans Matrix Reloaded) est devenu l'acteur principal du premier film réalisé par Keanu Reeves Man of Tai Chi.

Keanu Reeves continue d'être l'acteur multi-facettes qu'il est avec autant des thrillers (Johnny Mnemonic en 1995, Poursuite en 1996, Constantine en 2005, Au bout de la nuit en 2008, 47 Ronin en 2013, John Wick en 2014...) que de drames (L'associé du diable en 1997, Intuitions de Sam Raimi en 2000, Sweet november en 2001, Tout peut arriver en 2003,  A Scanner Darkly de Richard Linklater en 2006...).

Keanu Reeves sera à l'affiche de Knock Knock de Eli Roth qui sort le 23 septembre (et dont l'avant-première est à Deauville) et il vient de tourner dans The Neon Demon, le prochain film de Nicolas Winding Refn.

Nicolas Winding Refn boucle le casting de The Neon Demon

Posté par vincy, le 5 février 2015

nicolas winding refnAnnoncé début novembre, The Neon Demon, le nouveau film de Nicolas Winding Refn (Drive)  promettait un casting de "beautés dangereuses".
Avant le lancement du marché du film à Berlin, les actrices ont été révélées: Elle Fanning, Christina Hendricks, Jena Malone, Abbey Lee (Mad Max: Fury Road) et Bella Heathcote (Dark Shadows) joueront à ces drôles de dames dans un film d'horreur dont le tournage commencera le 30 mars.

Cerise sur le gâteau, Keanu Reeves s'invite au générique.

Le film doit sortir sur les écrans en 2016.

Nicolas Winding Refn prépare son nouveau film

Posté par vincy, le 5 novembre 2014

nicolas winding refnNicolas Winding Refn prépare un film d'horreur, The Neon Demon, selon les informations de Variety. Le scénario a été écrit par le réalisateur et Mary Laws.

"Je me suis réveillé un matin entouré et dominé par des femmes", explique le réalisateur dans un communiqué. "J'ai soudain eu le besoin urgent d'écrire un film d'horreur sur les beautés dangereuses. Après être tombé amoureux de Los Angeles et de son électricité à l'occasion de Drive, c'est là que je filmerai The Neon Demon."

Le tournage de ce film, au casting essentiellement féminin, commencera début 2015. La sortie n'est pas prévue avant 2016.

Le cinéaste danois, 44 ans, s'est aussi engagée sur une série TV, Barbarella, pour Canal Plus. Son dernier film, Only God Forgives, était en compétition au Festival de Cannes en 2013.

Nicolas Winding Refn, Paul Schrader et Nicolas Cage se rebellent contre leur film

Posté par vincy, le 21 octobre 2014

nicolas cage nicolas wending refn paul schraderDying of the Light avait tout pour attiser la curiosité. Le film devait sortir aux Etats-Unis le 5 décembre prochain. Ce n'est même plus certain.

Ecrit et réalisé par Paul Schrader (scénariste de Taxi Driver et Raging Bull), interprété par Nicolas Cage, Anton Yelchin et Irène Jacob, produit, entre autres par Nicolas Winding Refn (Drive), le polar partait sous les meilleures auspices.

Mais voilà: chacun se rebelle. Le réalisateur, le coproducteur, les acteurs. Ils se sont photographiés vêtus d'un tee-shirt noir où est inscrit la fameuse clause de non-dénigrement inclue dans leurs contrats : "Aucune publicité diffusée par l’artiste ou le bailleur, qu’elle soit de nature personnelle ou autre, ne contiendra de mentions dénigrant la société, le film, ou les services des artistes ou d’autres personnes liées au film." La photo est sur leurs murs Facebook. "Nous avons perdu la bataille" explique Schrader. "Un film que j'ai écris et réalisé m'a été retiré".

Ils signifient ainsi leur désapprobation à propos de la version qui sera montrée aux spectateurs.

En effet, sans l'accord de Schrader, les producteurs ont remonté le film. Dès le premier montage, les différents financiers ont mis leur grain de sel, en soumettant de nombreuses notes visant à modifier l'oeuvre, souhaitant un film plus en phase avec son genre (le thriller d'action). Schrader a remonté légèrement son film mais les producteurs, propriétaires des "bobines", toujours insatisfaits, ont décidé de sortir le film avec un nouveau montage, un nouveau mixage et une nouvelle bande son.

Dans Variety, les deux parties s'opposent. Todd Williams (Over Under Media) explique qu'il n'y a pas "vraiment de drame" dans l'affaire. Alors que Paul Schrader parle de "fait accompli". "Ils m'ont finalement montré leur film, après avoir commencé la post-production".

Depuis, l'affaire fait boule de neige. Ni le réalisateur, ni les acteurs ne défendront ce film. Comme le budget est modeste, le risque financier est faible.

A l'origine, Nicolas Winding Refn voulait réaliser le film, avec Harrison Ford dans le rôle principal. Divergences artistiques. Le réalisateur danois a accepté le strapontin de producteur exécutif pour aider Paul Schrader a réalisé lui-même son scénario. "J'ai toujours senti que Paul comme réalisateur de ce film était le bon choix" explique Refn. "C'est un beau scénario, et c'est le cinéaste idéal pour le faire".

The Dying of the Light raconte la traque d’un terroriste, Banir, par un agent de la CIA, Evan Lake, qui, souffrant de démence fronto-temporale, venait d'être mis à la retraite.

LionsGate, le distributeur, refuse de confirmer une date de sortie.

Cannes 2013 / Un film, une ville : Bangkok

Posté par vincy, le 22 mai 2013

only god forgives bangkok ryan gosling

C'est au tour du danois Nicolas Winding Refn de nous perdre dans Bangkok, ville de débauche par excellence, dont la moiteur, les néons, les bordels et les embouteillages ont inspiré de nombreux films. Dans Only God Forgives, on passe d'un hôtel vertigineux - la terrasse a une vue imprenable sur la ville - aux ruelles sordides, d'un parc respirant le zen à des artères souvent désertes. Loin du Bangkok habituel...

Récemment, les compères de Very Bad Trip 2 ont subit tatouages, gangs et autres strip tease dans la capitale thaïlandaise, où se situait l'essentiel de l'action (et de la visite touristique). Escale (La plage) ou enfer des prisons (Bridget Jones : l'âge de raison, Bangkok aller simple), c'est aussi un lieu de prédilection pour des films d'action (Bangkok Dangerous, Bangkok Fighter) mais aussi érotique (Emmanuelle).

Sans compter que de nombreuses productions hollywoodiennes s'y tournent : Bangkok sert ainsi de décor pour remplacer des villes chinoises, vietnamiennes ou indonésiennes. C'est d'ailleurs là, sur le tournage de Stretch (où Bangkok joue à être Macao) que David Carradine a été retrouvé mort durant le tournage, dans sa chambre d'hôtel.