La Blonde aux seins nus : une fantaisie désincarnée

Posté par kristofy, le 20 juillet 2010

la blonde aux seins nusL’histoire : Deux frères, Julien, 25 ans et Louis, 12 ans, deux petits escrocs, espiègles et bagarreurs ont grandi seuls, soudés l'un à l'autre, sur une péniche. Un brocanteur malhonnête leur propose de voler un Manet La Blonde aux seins nus, exposé au musée d'Orsay. Louis pique le tableau mais Rosalie, la gardienne du musée le suit, ils se bagarrent. Les frères la séquestrent et prennent la fuite. Bohême et fantasque, Rosalie voit alors une belle aubaine pour prendre le large. Leur ménage à trois est drôle et poétique mais Rosalie joue un jeu trouble et les deux frères se déchirent alors que les commanditaires du tableau sont à leurs trousses. 

Notre avis : Une blonde peut en cacher une autre, et La blonde aux seins nus est d’abord un célèbre tableau de Manet même si on apprécie les charmes Vahina Giocante. La beauté de l’actrice irradie chacun de ses films depuis qu’elle a été révélée adolescente sur pellicule avec Marie, Baie des anges de Manuel Pradal. Après une dizaine d’années le réalisateur la retrouve donc ici en jeune femme embarquée en péniche par deux frères qui ont volé un tableau dans le musée où elle travaillait.

Le cinéaste nous emmène en ballade au fil de l’eau en naviguant entre intrigue policière et romance amoureuse mais sans toutefois choisir son bord. Nicolas Duvauchelle en voyou rebelle prêt à se laisser attendrir et Vahina Giocante en blonde intrépide tentée par la marginalité ne se départissent pas des clichés de leurs personnages, au point de rendre factices des scènes, qui ne semblent pas fluides. Heureusement, les situations de l’enfant (le tout jeune Steve Le Roi) avec son frère et leurs rapports de confiance et jalousie entre protecteur et protégé, sonnent juste.

En fait ce sont les relations triangulaires à trois qui peinent à convaincre à cause d’une certaine artificialité. C'est d'autant plus dommageable que l’arrivée de cette blonde dans l’univers des deux frères est censée être le moteur du l’histoire. Cependant La blonde aux seins nus nous maintient à flot grâce à une certaine fantaisie et une forme de fraicheur.

Daniel Auteuil retrouve Pagnol pour sa première réalisation

Posté par vincy, le 2 mai 2010

Pour ses 60 ans, Daniel Auteuil se lance lui aussi dans la réalisation. Son premier long métrage, actuellement en tournage, est le remake de La Fille du puisatier, tragédie mélodramatique de 1940 d'un auteur à qui il doit beaucoup : Marcel Pagnol. Il y a 24 ans, Auteuil crevait l'écran en inoubliable Ugolin dans Jean de Florette et Manon des Sources. Il avait obtenu un César du meilleur acteur pour sa prestation et sa carrière 'était alors orientée vers des rôles plus dramatiques et des films d'auteurs prestigieux.

Il a réunit des acteurs avec lesquels il n'a pas souvent tourné en tant que comédien : Kad Merad, Sabine Azéma (son épouse dans Peindre ou faire l'amour), Jean-Pierre Darroussin (avec qui il partageait l'affiche de Dialogue avec mon jardinier), Nicolas Duvauchelle (tous deux dans Le deuxième souffle) et la jeune Astrid Bergès-Frisbey. Cette dernière, remarquée dans Un barrage contre le Pacifique et La première étoile sera aussi à l'affiche du quatrième Pirates des Caraïbes.

la fille du puisatier affiche 1940Auteuil sera lui-même devant la caméra, reprenant le rôle du puisatier que tenait Raimu dans la version originale. Bergès-Frisbey incarnera la fille qui tombe amoureuse de l'aviateur (Duvauchelle). Mais quand celui-ci part à la guerre, il laisse le champ libre à un autre courtisan : l'assistant du puisatier, joué par Kad Merad, qui reprend ici le rôle de Fernandel. Il ignore que la jeune fille est enceinte. Darroussin et Azéma interpréteront les parents, pas forcément sympathiques, de l'aviateur.

Le tournage a lieu dans les environs de Saint-Rémy de Provence et se déroulera jusqu'au 12 juin. La sortie est prévue pour les fêtes.

Outre ses propres films,Pagnol a toujours été une source inépuisable du cinéma et de la télévision. Les gros succès populaires de Jean de Florette et Manon des Sources (de Claude Berri) puis de La Gloire de mon père et du Château de ma mère (d'Yves Robert) avaient relancé l'auteur dans les années 1986-1990. Puis Gérard Oury avait refait Le Schpountz en 1999, qui fut un lourd fiasco financier.

Pailhas a les yeux de sa mère, Deneuve

Posté par vincy, le 31 août 2009

Thierry Klifa va retravailler avec deux des commédiennes de son précédent film, Le héros de la famille, pour son troisième long-métrage. Les yeux de sa mère a été écrit, comme les autres, avec Christopher Thompson, compagnon de Géraldine Pailhas, qui se retrouve à jouer la fille de Catherine Deneuve. La fille est une danseuse étoile, la mère une journaliste vedette de la télévision. Un écrivain infiltre leur vie pour écrire une biographie non autorisée, qui aura un impact imprévu sur un jeune homme extérieur à tout ça.

Le casting est prestigieux, une fois de plus. L'ancien journaliste de Studio Magazine a réunit Marina Foïs, Jean-Marc Barr (tous deux à l'affiche du nouveau film de Christophe Honoré, Non ma fille tu n'iras pas danser), Nicolas Duvauchelle, Hélène Fillières, Gilles Cohen. A ces visages connus s'ajoutent Karole Rocher (Le bal des actrices) et le jeune Jérémy Kapone (LOL). Cerise sur le gâteau, on annonce aussi la présence de l'almodovarienne Marisa Paredes (Tout sur ma mère).

Le film devrait se tourner à Paris, en Bretagne et en Espagne au début de l'année prochaine. Il est produit par LGM Cinéma, à qui l'on doit les films d'Olivier Marchal, Eric Lartigau, mais aussi Cliente de Balasko, le désastreux Disco d'Onteniente, et le premier film de Christopher Thompson, Bus Palladium, dont la sortie est prévue en mars 2010.

Secret défense : hymne à l’insécurité

Posté par MpM, le 8 décembre 2008

secret defense film
"Un agent n’est pas un être humain, c’est une arme."

L’histoire : Les destins parallèles d’une étudiante (Vahina Giocante) recrutée par les services secrets français et d’un dealer qui se laisse prendre aux sirènes du terrorisme.

Ce que l'on en pense : Sur l’air d’"On vous cache tout, on ne vous dit rien", Philippe Haïm s’essaye au film d’espionnage à l’américaine, c’est-à-dire nerveux, haletant et spectaculaire. Hélas, la succession de scènes ultra-courtes et le morcellement artificiel de l’intrigue ne permettent pas au récit de s’installer. La musique tonitruante et répétitive tente de palier l’absence de rythme mais parvient surtout à casser les oreilles du spectateur. Clinquant, moderne… et surtout sans aucune personnalité.

Ce n’est guère mieux du côté du propos qui, sous couvert de dénoncer les méthodes détestables des terroristes et des services secrets (en vrac, car le film assimile les deux), distille angoisse et paranoïa, théorie du complot et insécurité latente. Non seulement les autorités ne font rien pour lutter contre l’attentat chimique fomenté par une poignée d’extrémistes religieux, mais en plus la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure) est constituée d’une bande d’incapables et de salauds. Du coup, on ne comprend pas bien par quel miracle les méchants poseurs de bombe échouent… mais il faut reconnaître que les retournements de situation de rigueur achèvent de tout embrouiller.

Enfin, on reste circonspect devant le traitement des relations entre religion et terrorisme. L’intolérance du personnage interprété par Gérard Lanvin place le spectateur face à lui-même et crée une certaine ambivalence : on est choqué par le comportement de son personnage de directeur du contre-terrorisme de la DGSE (qui persécute l’un de ses agents car il est musulman pratiquant) mais on est également gêné d'assister à une manifestation religieuse ostentatoire dans une administration d’état laïque. Du coup, on est gêné d’être gêné. Cela semble d’ailleurs être également le cas du réalisateur, qui se dédouane en organisant un dialogue édifiant de didactisme entre un croyant fanatique et un musulman modéré. Bilan de la conversation : il y a moins de point commun entre ces deux hommes qu’entre un Musulman et un Athée. Réaffirmer ce genre de principe essentiel semble partir d’un bon sentiment, mais la question est de savoir si l’on en avait vraiment besoin…