Notre-Dame de Paris: un incendie, trois projets

Posté par vincy, le 1 juillet 2020

L'incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris en avril 2019 commence à inspirer les producteurs. Pathé tout d'abord qui a donné le feu vert à Notre-Dame brûle et commandé le film spectaculaire et réaliste à Jean-Jacques Annaud. Le scénario, coécrit avec Thomas Bidegain, vient d'être finalisé. Le réalisateur annonce un film relativement court (100 mn), sans stars. Le tournage débutera cet automne. Le film intégrera aussi des images d'archives et d'amateurs, en plus de reconstitution en studio et des prises de vues dans d'autres cathédrales repérées depuis le déconfinement.

Dans le même temps, Netflix s'est aussi lancé dans l'aventure avec documentaire de six épisodes d'une heure chacun. Une minisérie écrite avec la collaboration avec la Brigade des Sapeurs Pompiers de Paris et le journaliste Romain Gubert, qui a écrit l'an dernier La Nuit de Notre-Dame, par ceux qui l'ont sauvé.

Enfin, une autre série, cette fois-ci française, et toujours chez Pathé, serait en préparation chez le producteur Philippe Rousselet, qui dit vouloir adapter l'enquête du New York Times sur l'événement dramatique.

Et si on binge-watchait… Hollywood

Posté par vincy, le 11 mai 2020

En attendant le retour des films en salles, la rédaction d’Ecran Noir vous recommande régulièrement un programme à visionner en streaming. Aujourd’hui, on vous emmène à Hollywood, dans les années 1950, à l'âge d'or des studios, avec la nouvelle série de Ryan Murphy diffusée sur Netflix.

Le pitch: À Los Angeles, quelque temps après la Seconde Guerre mondiale, des aspirants acteurs, scénariste et réalisateur sont prêts à tout pour démarrer une carrière dans l'industrie cinématographique. En plein âge d'or hollywoodien, ils vont découvrir les coulisses d'une industrie remplie d'inégalités notamment envers les personnes de couleur, les femmes ou les homosexuels… Ils vont donc devoir se battre pour réaliser leurs rêves.

Ryan Murphy, prince de Bel-Air. Il est sans aucun doute l'un des showrunners les plus en vogue de ces vingt dernoires années avec les séries Nip/Tuck, Glee, American Horror Story, Pose et, l'an dernier The Politician. Hollywood est de loin la plus classieuse de tous. Et une fois de plus ses thèmes de prédilection - la tolérance, l'antiracisme, l'homosexualité - se retrouvent dans cette série de 8 épisodes d'un peu moins d'une heure. Critique de la norme et ode à la diversité, Hollywood met en lumière des femmes, afro-américains, asiatiques, seniors, gays (refoulés ou assumés), gigolos, métis, face à un patriarcat assez réac et peu reluisant. Nus ou en slip, imitant Isadora Duncan ou s'envoyant en l'air avec une ex-vedette des twenties, les autres mâles exposent pourtant davantage leurs failles que leur corps. Murphy continue d'explorer la vulnérabilité des victimes de la norme et en fait un défilé de carnaval où il donne le beau rôle à ceux qu'on conspue ou qu'on juge, surtout à l'époque.

Une utopie antihistorique. Car l'intérêt d'Hollywood est ailleurs. Si Murphy cible explicitement le public LGBT et féminin, il universalise son propos avec une histoire de pouvoir dans l'industrie cinématographique. Certes, dans ces fifties, ce n'est pas Dreamland pour ces personnages marginaux et ces lieux interlopes pour invertis (c'est une forme d'histoire du Los Angeles gay qu'il esquisse ici). Même si tout finit bien (trop bien, mais c'est le propre d'Hollywood: on change les tragédies en love story, les échecs en succès, les illusions en mirages). Il y a du coup un double utopie: la première, sous couvert de ses bonnes intentions, est de faire croire que des minorités méprisées durant un siècle et des poussières peuvent rétroactivement et par cette fiction retrouver une part de gloire, redevenir visible, prendre leur revanche sur la réalité historique en transformant cette même réalité. C'est le principe d'Inglourious Basterds et de Once Upon a Time in Hollywood de Quentin Tarantino: on refait le match.

Voyage dans l'âge d'or des studios. La deuxième utopie est plus cynique. Dans une belle esthétique à la fois art-déco et baroque des années 1950, la série montre comment fonctionnait Hollywood à l'époque, avec ses acteurs et techniciens sous contrats, le racisme ordinaire, la misogynie, l'homophobie, mais aussi le formatage et le contrôle des comédiens. Ryan Murphy s'en prend pourtant davantage au système hollywoodien contemporain. Ironique de la part d'un "talent" qui doit tout à Hollywood (enfin à Netflix surtout). Il ne critique pas le processus de création d'Hollywood, d'ailleurs. Il assume même parfaitement le "soft power" de l'industrie, l'impérialisme des patrons de studios, la puissance des agents, le nombre de produits de divertissements balancés pour faire du cash. Tout juste dégomme-t-il l'ingérence des avocats.

Au total, ces deux utopies forgent l'intérêt d'Hollywood. "Et si...?" Et si on avait produit un film avec une actrice noire, une actrice d'origine asiatique, un scénariste noir et gay, un réalisateur métis, une actrice un peu ridée... Et si les studios avaient fait ce qu'ils font depuis quelques années, c'est-à-dire, lancer des films écrits, réalisés, interprétés par tous les visages de l'Amérique et pas seulement des blancs. Selon la théorie de Murphy, Hollywood en aurait été changé. Et la société américaine, de facto, aussi. Mais, l'Histoire n'est pas vraiment celle-là.

Inexactitudes mais inégalités réelles. Certes, il y a eu un précédent:  l'Oscar pour Hattie McDaniel (la mama dans Autant en emporte le vent, qu'on voit ici raconter la cérémonie de 1940), qui fut la première interprète noire à être nommée (et à avoir gagné). Sinon il faudra attendre 1958 pour avoir un acteur noir en tête d'affiche et nommé à l'Oscar (Sidney Poitier) et 1954 pour une actrice nommée à l'Oscar d'interprétation féminine (Dorothy Dandridge), avant un grand vide jusqu'aux années 1970. Et pour les autres catégories, il n'y aura aucun noir avant les années 1960. L'immense star Yul Brynner, en 1956, fut le premier interprète d'origine asiatique oscarisé. Côté LGBT, même si certains se cachaient, les interprètes, scénaristes ou cinéastes furent plus chanceux, et ce dans toutes les catégories, y compris Rock Hudson, George Cukor et Noel Coward, tous présents dans la série.

Aussi, ce qu'Hollywood raconte est un peu exagéré historiquement. Le système avait déjà intégré les minorités dans ses productions. En fait, Ryan Murphy a imaginé avant tout un plaidoyer où celles-ci, victimes de la haine comme du harcèlement sexuel, prendraient le pouvoir: des femmes d'un certain âge aux homos. En cela c'est bien queer. La série est un combat contre la haine, ses injustices et ses inégalités, avec une élégance séduisante et un scénario de sitcom/soap opéra jubilatoire.

Un casting entre fiction et personnages réels. On peut toujours hurler aux stéréotypes, il n'empêche: on a découvert en voyant la série des acteurs formidables, beaux et attachants (par l'écriture de leur rôle). David Corenswet en acteur qui monte, Darren Criss en réalisateur déterminé, Laura Harrier en comédienne ambitieuse, Jeremy Pope en scénariste doué, Samara Weaving en héritière qui cherche sa place sont de belles révélations. A leurs côtés, il y a des vétérans, excellents, comme Joe Mantello en sublime directeur de production incorruptible et malheureux, Holland Taylor en fabuleuse directrice d'acteurs et d'actrices, Dylan McDermott en génial maquereau au grand cœur, Mira Sorvino, ex-oscarisée dans les années 1990, et ici en actrice vieillissante sur le retour, Maude Apatow (fille de Judd), en épouse pas comblée, le réalisateur Rob Reiner en patron de studio, et son épouse dans la fiction, Patti LuPone, star de Broadway et volant toutes les scènes où elle passe.

Mais le plus drôle est évidemment de ressortir des cadavres exquis, des personnages ayant vraiment existé: Vivien Leigh (Katie McGuinness), Anna May Wong (Michelle Krusiec), Tallulah Bankhead (Paget Brewster), George Cukor (Daniel London), Noel Coward (Billy Boyd), Hattie McDaniel (Queen Latifah) et Eleanor Roosevelt (Harriet Sansom Harris). Ceux qui fontt le lien entre la fiction - la troupe de jeunes talents en devenir - et le réel, c'est Rock Hudson, incarné par Jake Picking et Jim Parsons, en Harry Willson, son agent manipulateur et réel agent artistique de Hudson. Once upon a Time in Queer Hollywood.

Et si on binge-watchait… Kingdom sur Netflix

Posté par wyzman, le 5 mai 2020

En attendant le déconfinement, la rédaction d’Ecran Noir vous recommande régulièrement un programme à visionner en streaming. Aujourd’hui, zoom sur la série sud-coréenne que vous ne pensiez pas vouloir regarder, j’ai nommé Kingdom !

C’est une série dramatique, historique et d’horreur à la fois. Quelques années après les invasions japonaises de la Corée, des rumeurs sur l’état de santé du roi forcent le prince héritier à sauver le pays d’une maladie qui se propage rapidement. Voilà pour le pitch ! Vous l’aurez compris, les amateurs de la culture sud-coréenne devraient être les plus réceptifs. Mais si la mondialisation réussit si bien à Netflix, c’est parce que chacun de ses programmes originaux réussit à toucher au-delà du public-niche qu’il vise au premier abord.

Le mélange des genres a parfaitement réussi à des séries telles que House of Cards et Orange Is the New Black et c’est encore le cas ici avec Kingdom. En plongeant le spectateur au milieu des rivalités claniques sud-coréennes, celui-ci découvre les coutumes, le mode de vie et les préoccupations de la population au début des années 1600. Plus encore, les manipulations et rebondissement directement liés à l’Histoire du pays sont autant de raisons qui nous empêchent de décrocher. Et on ne va pas se mentir, la quête d’informations sur le mal qui touche le pays est extrêmement prenante.

C’est une grande série. Sans surprise, la mise en scène de Kingdom est soignée. Outre les décors particulièrement fidèles à la réalité et l’attention portée aux costumes, la série de Kim Eun-hee envoie du lourd parce qu’elle ne se refuse rien. La production est impeccable. Comprenez par là que la photographie permet l’immersion tandis que les dialogues permettent d’avancer rapidement dans les intrigues, sans jamais dénaturer la tension dramatique. Peu de séries actuellement diffusées sont capables d’un tel exploit.

Plus sérieuses que Santa Clara Diet et plus intenses que The Walking Dead et ses dérivées, Kingdom vous fera réfléchir à deux fois avant de dire que vous n’aimez pas les séries avec des zombies. Humanisés au maximum, ceux de Kingdom font avant tout peine à voir — ce qui ne les empêche pas d’être effrayants pour autant. Et si l’autre grande série à laquelle Kingdom nous fait penser (Game Of Thrones) avait pour habitude de placer stratégiquement ses séquences de bravoure, le programme de Netflix en est bourré. Chaque épisode contient ses scènes de combat dignes de blockbusters et ses courses-poursuites haletantes. De quoi vous donner l’impression que chaque épisode est synonyme de révélations mais nécessite d’en regarder un autre !

C’est un programme au casting irréprochable. Particulièrement rentables, les productions sud-coréennes ont, à l’instar de l’Inde, rarement besoin de dépasser les frontières pour être considérées comme des succès. Voilà pourquoi la distribution de Kingdom est essentiellement composée d’acteurs sud-coréens, souvent inconnus du public européen. Ce qui n’enlève rien à leur talent car il suffit de deux épisodes pour comprendre que leur jeu vaut son pesant d’or. Loin d’être inexpressifs ou interchangeables, ils apportent tous une charge dramatique à un programme qui ne manque pas de subtilité.

Ju Ji-hoon, l’interprète du prince héritier Lee Chang, vous a déjà fait tourner la tête sur des publicités Calvin Klein tandis que l’acteur qui joue son antagoniste dans la série, Ryu Seung-ryong était récemment à l’affiche de Psychokinesis (également disponible sur Netflix). Les amateurs des séries du géant de streaming ne manqueront pas de reconnaître Bae Doo-na de Sense8 dans la peau de l’assistante du médecin royal.

Kingdom, 2 saisons disponibles sur Netflix ici.

7 films pour survivre au confinement (partie 5)

Posté par wyzman, le 4 mai 2020

Pour ne pas sombrer dans l’ennui pendant ce confinement, la rédaction d’Ecran Noir vous propose toutes les semaines une sélection de 7 films disponibles en VOD. L’occasion de redécouvrir des pépites oubliées ou de prendre de belles claques !

Buried de Rodrigo Cortes (Netflix)

Claustrophobes s’abstenir. Dans le genre confinement, c’est un peu la séquence de Kill Bill (Uma Thurman six pieds sous terre) puissance long métrage. Ryan Reynolds est coincé entre quatre planches et ça sent le sapin. Manuel de survie pour les nuls (et sans prise de kung fu salvatrice), le film nous rassure presque sur notre situation actuelle. Entre quatre murs, c’est quand même plus respirable.

Battle Royale de Kinji Fukasaku (Universciné)

En cette période de confinement on rêve tous de se retrouver sur une île avec ses amis, au Japon ça va tourner au cauchemar pour une classe de lycéens. Ils s'y retrouvent confinés avec des zones interdites qui changent selon le moment, un collier explosif autour du cou menace de vous arracher la tête si vous ne suivez pas les règles : tuer ou être tué, en moins de trois jours il ne devra rester qu'un dernier survivant.

Conversation secrète de Francis Ford Coppola (La Cinetek)

On pense de plus en plus à géolocaliser les personnes infectées par le Covid-19. Et ainsi surveiller tous leurs déplacements. Dans ce thriller psychologique troublant, avec un Gene Hackman aussi paranoïaque qu’obsessionnel, on comprend vite à quel point l’intrusion dans la vie privée est source d’emmerdes, quand ça ne mène pas tout simplement à la folie.

La planète sauvage de René Laloux (Arte Boutique)

L'univers visuel de Roland Topor prend vie dans cette adaptation libre du roman Oms en série de Stefan Wul qui raconte comment une espèce d'humanoïdes bleus aux yeux rouges mesurant douze mètres de haut pourchasse et extermine une autre espèce, les Oms, perçus au mieux comme des animaux de compagnie, au pire comme des créatures nuisibles. Avec ce premier long métrage tantôt onirique, tantôt cauchemardesque, René Laloux nous tend un miroir souvent dérangeant, et nous interroge sur nos propres pratiques face aux espèces que nous ne jugeons pas aussi évoluées que nous.

Nausicaä de la vallée du vent de Hayao Miyazaki (Netflix)

Dans un futur post-apocalyptique, les survivants sont menacés par une forêt toxique qui ne cesse de s'étendre. Mais Nausicaä, capable de communiquer avec tous les êtres vivants, comprend peu à peu que seule l'harmonie entre les espèces pourra sauver l'humanité. Et si le confinement était l'occasion de revoir tous les films de Miyazaki ? En commençant par ce grand conte environnementaliste moins connu que Mon voisin Totoro, ou le Voyage de Chihiro, mais pourtant tout aussi poétique et puissant.

The Blind Side de John Lee Hancock (Netflix)

Confinés ou pas, rien ne nous empêche de rêver. Basé sur l’histoire vraie d’un adolescent Noir pauvre qui finit par être adopté par une famille blanche et aisée qui lui donne les clés pour sortir du diplômé du lycée et se lancer dans une carrière sportive, The Blind Side vaut pour les interactions particulièrement émouvantes de Sandra Bullock et Quinton Aaron, les deux stars du film.

The Lighthouse de Robert Eggers (Prime Video)

Qui aurait pu prévoir que caster Willem Dafoe et Robert Pattinson dans les rôles de deux gardiens de phares d’une île mystérieuse et reculée de Nouvelle-Angleterre dans les années 1890 donnerait naissance au meilleur film de l’an dernier ? Présenté à la Quinzaine des Réalisateurs, The Lighthouse est une expérience sensorielle sans pareille. Promis, vous n’en sortirez pas indemnes.

Tunnel de Kim Seong-hun (France.tv)

Il y a eu un effondrement de roches sur votre voiture en passant sous le tunnel d'une montagne. Là où vous êtes bloqué c'est hors d'accès pour une arrivée des secours rapides, votre téléphone devient inutile, combien de temps il serait possible de survivre ? Pendant ce temps les autorités improvisent pour gérer la situation, c'est à dire surtout essayer de se valoriser dans les médias alors qu'on est incompétent pour prendre en charge cette crise, plus les jours passent et plus il y a risques de mort... Toute similitude avec un gouvernement bien connu serait-elle fortuite ?

Chaplin, Lynch, Kieslowski, Dolan et Demy en mai sur Netflix

Posté par vincy, le 28 avril 2020

En attendant Resnais, Haneke et Kusturica, et après avoir mis sur sa plateforme 12 films de François Truffaut, Netflix vient d'annoncer le programme des classiques du catalogue MK2 qui arriveront en mai. Une salve de film où l'on retrouve les plus grands Chaplin, la merveilleuse trilogie de Kieslowski, trois films cultes de Xavier Dolan, quatre films mythique de David Lynch et l'intégrale de Jacques Demy.

Collection Charlie Chaplin
Sur Netflix le 1er mai

L'Opinion Publique (1923) - A Woman in Paris
Le Cirque (1928) - The Circus
Les Lumières de la Ville (1931) - City Lights
Les Temps Modernes (1936) - Modern Times
Le Dictateur (1940) - The Great Dictator
La Ruée vers l'Or (1942) - The Great Rush
Monsieur Verdoux (1947)
Le Feux de la Rampe (1952) - Limelight
Un Roi à New-York (1957) - A King in New York

Sélection David Lynch
Sur Netflix le 1er mai
Dune (1984)

Sur Netflix le 8 mai
Eraserhead (1977)
Twin Peaks : Firewalks with me (1992)
Lost Highway (1996)

Sélection Xavier Dolan
Sur Netflix le 8 mai

Les Amours Imaginaires (2010)
Laurence Anyways (2012)
Tom à la Ferme (2013)

Sélection Krzysztof Kieslowski
Sur Netflix le 8 mai

Trois couleurs : Bleu (1993)
Trois couleurs : Rouge (1994)
Trois couleurs : Blanc (1994)

Collection Demy
Sur Netflix le 15 mai

Lola (1961)
La Baie des Anges (1963)
Les Parapluies de Cherbourg (1964)
Les demoiselles de Rochefort (1966)
Peau d'âne (1970)
Le Joueur de flûte (1972)
L'évènement le plus important depuis que l'homme a marché sur la lune (1973)
Une chambre en ville (1982)
Parking (1985)

Et si on binge-watchait… The Circle Game (France) sur Netflix

Posté par wyzman, le 28 avril 2020

En attendant la fin du confinement, la rédaction d’Ecran Noir vous recommande toutes les semaines dans L'Instant Zappette un programme à visionner en streaming. Aujourd’hui, retour sur le phénomène que personne n’avait vu venir : la version française du jeu The Circle !

C’est de la bonne télé-réalité. Adaptée d’un format britannique lancé en 2018 sur Channel 4, The Circle Game repose sur un concept simple : des “joueurs” emménagent dans un immeuble et communiquent via une application de réseau social qui leur permet d’être qui ils souhaitent. Ils ne se rencontre jamais en face-à-face. Tout au long de l’émission, ils se notent entre eux. Les deux joueurs les mieux placés ont la lourde tâche d’éliminer l’un des autres, se rapprochant ainsi du chèque de 100.000 euros offerts au candidat le plus populaire.

Bien que le concept puisse faire grincer les dents de certains (pourquoi regarder une télé-réalité avec des candidats confinés ?), la présence de fake (de faux profils) parmi les joueurs multiplie considérablement les rebondissements. Plus encore, il faut reconnaître que Netflix a mis les petits plats dans les grands côté casting. The Circle Game s’éloigne considérablement des autres télé-réalités du PAF par la seule légitimité de ses joueurs.

La production n’a pas choisi de jeunes hommes et femmes rodés à l’entertainment et juste désireux de devenir célèbres mais bien des candidats crédibles, éduqués et sympathiques. D’un boxeur 9 fois champion du monde à un étudiante bi-nationale en passant par un duo d’amies sexagénaires, un faux père ou encore une fausse gynécologue, la distribution de The Circle Game ravit. Voilà enfin des candidats auxquels on peut s’identifier, qui ont (presque) tout de voisins potentiels.

C’est une enquête sociologique en soi. Les candidats ne sortant pas de leur appartement sans en être autorisés par le Cercle (le fameux réseau social) et ne pouvant rencontrer un autre candidat qu’en cas d’élimination, leur parcours dans l’aventure a tout d’un confinement. Et c’est précisément pour cela que The Circle Game mérite toute notre attention.

Après un mois et demi enfermé chez soi, l’émission du Studio Lambert disponible sur Netflix depuis le 9 avril est un miroir magnifiquement drôle de nos propres déboires. Si les Alerte (les activités proposées par le Cercle) sont nombreuses et toujours stressantes pour les joueurs, le public ne peut que se délecter de cette version améliorée du confinement. Lou, Romain, Inès, Gabriel, Eléa et tous les autres sont intelligents, drôles voire touchants et font n’importe quoi pour s’occuper toute la journée... Pour les logiques de la narration, la production leur a demandé d’exprimer à voix haute ce qu’ils pensent, donnant lieu à des “conversations” montées absolument passionnantes !

Bien évidemment, tous ne manquent pas d’utiliser le Cercle pour échanger, créer des liens voire des alliances. Et le bal des manipulations et des trahisons est vraiment incessant ! Mais parce que tout l'intérêt du jeu est lié à la non-connaissance physique des adversaires, tous sont sujets à des crises de paranoïa des plus hilarantes. Cédric, Valéria et Nélia sont autant de candidats qui fascinent par leur capacité à rester lucides quand les autres craquent sous la pression.

C’est un début extrêmement prometteur. On ne pensait pas le dire mais The Circle Game est une émission de télé-réalité qui nous a pleinement conquis — nous qui n’en avons jamais été fans. Comme quoi, tout est possible pendant un confinement ! Parce que la version française ne dispose à l’heure actuelle que d’une saison, on ne peut qu’apprécier la fraîcheur de candidats qui découvrent en même temps que le spectateur les ressorts scénaristiques imaginés par la production. Des ressorts qui n’ont de cesse de redistribuer les cartes du jeu et de mettre en danger des candidats appréciés pour mieux les faire rester dans le Cercle.

Vous l’aurez compris, le concept, le choix judicieux des candidats et la naissance de liens sincères font de cette émission une réussite à presque tous les niveaux. Si les trois premiers épisodes peuvent sembler complexes, les neuf suivants sont un véritable shoot d’adrénaline que l’on ne saurait que trop vous recommander. Tenez bon donc. Et en cas d’adhésion totale au jeu, notez que les premières saisons des versions américaine et brésilienne sont également sur Netflix !

The Circle Game (France), première saison disponible ici.

7 films pour survivre au confinement (partie 4)

Posté par wyzman, le 27 avril 2020

Pour ne pas sombrer dans l’ennui pendant ce confinement, la rédaction d’Ecran Noir vous propose toutes les semaines une sélection de 7 films disponibles en VOD. L’occasion de redécouvrir des pépites oubliées ou de prendre de belles claques !

Forrest Gump de Robert Zemeckis (Netflix)

Atteint du coronavirus et contributeur VIP du futur vaccin, Tom Hanks est devenu malgré lui l’un des visages phares de la crise sanitaire que nous vivons actuellement. Dans Forrest Gump, portrait anormalement comique des Etats-Unis de la deuxième moitié du 20ème siècle, l’acteur désormais âgé de 63 ans se donne à fond quitte à nous faire fondre. Un must-see !

Love, Rosie de Christian Ditter (Netflix)

Rencontrés à l’âge de 5 ans, Rosie et Alex sont les meilleurs amis du monde. Mais au moment où leurs études doivent les emmener loin, un moment d’égarement et des non-dits vont bouleverser toute leur relation. Un très beau film sur l’amour, le grand, celui qui ne s’éteint jamais.

Monsieur Smith au Sénat de Frank Capra (La Cinetek)

Alors qu’on débat des libertés individuelles, menacées, revoyons ce bijou de la comédie politique américaine avec James Stewart et Jean Arthur. De quoi bien comprendre le poids des lobbys, des médias et retrouver un peu de candeur dans ce monde pourri, entre blasés et hystériques. Garanti sans chloroquine mais de la bonne vitamine.

La chambre interdite de Guy Maddin (Universciné)

Avec La Chambre interdite, Guy Maddin ne nous offre pas une histoire, mais des dizaines, imbriquées les unes dans les autres dans un mélange de cadavre exquis, d'associations d'idées et de variations autour d'un même thème. C'est à la fois follement romanesque, et d'une beauté visuelle à couper le souffle, comme un voyage initiatique dans les recoins les plus reculés de l'histoire du cinéma.

Le monocle rit jaune de Georges Lautner (6play)

Incontournable, quoiqu'injustement méconnue,  voilà une comédie qui parodie avec délice les films d'espionnage à la James Bond. Paul Meurisse est merveilleux en agent spécial sûr de lui qui sème les cadavres dans les rues de Hong Kong et de Macau, tout en multipliant les répliques cultes et les faits d'armes improbables. Peu importent le réalisme et l'intrigue, on se laisse emporter par cette large vague burlesque et irrévérencieuse.

Panic Room de David Fincher (Universciné)

A priori c’était le rêve : une chambre forte dans son appart en cas d’agression. Finalement on comprend que c’est un cauchemar d’être entre quatre murs avec un monde extérieur hostile. Ce thriller virtuose où Jodie Foster s’échappe furtivement sans attestation de son bunker nous interroge finalement sur notre aspiration à être safe dans une vie imprévisible.

The Descent de Neil Marshall (Universciné)

Partir entre copines faire un peu de spéléologie sous terre ça pourrait être sympa sauf quand on y reste coincé, et pour revoir la lumière du jour il faudra se confronter à bien des dangers d'autant plus qu'elles ne seront pas seules à être confinées dans ce gouffre... Si vous avez peur du noir et  si vous être claustrophobe dans l'espace de vos quatre murs vos voisins vont vous entendre hurler.

BONUS : The Hole de Tasai Ming-liang (Universciné)

Une mystérieuse épidémie à Taïwan oblige les habitants à fuir cette pluie contagieuse. Un homme et une femme décident de rester chez eux et communiquent par un trou dans le plafond (ou le plancher, selon). Rien de mieux pour comprendre comment l’homme redevient animal en étant enfermé : la bouffe, le sexe, la slow life, et what else finalement ?

Et si on binge-watchait… Atypical sur Netflix

Posté par wyzman, le 23 avril 2020

En attendant l’éventuelle libération du 11 mai, Écran Noir continue de vous accompagner durant ce confinement. En plus des films, la rédaction est mobilisée pour vous faire découvrir de nouvelles séries. Aujourd’hui, parlons un peu de notre coup de coeur pour Atypical !

C’est une série profondément humaine. A 18 ans, Sam Gardner est un adolescent atteint d’un trouble autistique qui vit avec sa famille dans le Connecticut. Tout semble aller pour le mieux jusqu’au jour où il déclare à ses proches qu’il aimerait bien rencontrer des filles et avoir une petite amie. L’annonce fait l’effet d’une bombe et rapidement, sa mère Elsa, son père Doug et sa soeur Casey doivent se faire à l’évidence : Sam grandit et devient un homme.

Principalement centrée sur la quête d’indépendance de Sam, Atypical vaut le détour pour la représentation juste et poussée d’une jeunesse autistique loin d’être aussi fragile qu’on ne le pense. Au cours des 28 épisodes de 30 minutes que comptent les trois premières saisons d’Atypical, nous suivons ainsi Sam dans sa découverte des interactions sociales, physiques et émotionnelles.

Extrêmement proche de sa mère depuis sa naissance, il se rapproche de son père dès lors qu’il est questions des filles/femmes. L’occasion pour la créatrice Robia Rashid de permettre des discussions particulièrement pertinentes sur la place de l’homme et du sexe dans notre société.

Le casting d’Atypical est parfait. A l’instar de The Good Doctor, Atypical s’intéresse à un personnage principal autiste incarné par un acteur non-autiste. Et tout comme Freddie Highmore, Keir Gilchrist (27 ans) fait un travail remarquable pour apporter consistance, cohérence et sensibilité au personnage de Sam. Une véritable réussite tant son interprétation est touchante et ne cesse de questionner le spectateur sur son propre rapport aux différences des autres.

Pour jouer ses parents, la production a choisi Jennifer Jason Leigh (Les Huit Salopards) et Michael Rapaport (Boston Public). Mais c’est bien évidemment l’actrice qui joue la soeur de Sam qui retient une grande partie de l’attention : Brigette Lundy-Paine. Au fil des épisodes, le personnage de Casey passe du stéréotype du jeune garçon manqué à celui d’adolescente qui explore pleinement sa personnalité. A eux deux, Keir Gilchrist et Brigette Lundy-Paine inspirent toute une génération d’adolescents toujours plus à même d'écouter les besoins de leur corps.

Autour d’eux gravite en outre une belle brochette d’acteurs remarquables : Nik Dodani excelle dans le rôle du meilleur ami stupide de Sam, Graham Rogers trouve une nouvelle jeunesse grâce au personnage du petit ami de Casey. Et quand ce n’est pas Raul Castillo de Looking qui joue les barmans anormalement sexy dans les deux premières saisons, c’est Eric McCormack de Will & Grace qui s’improvise enseignant d’art à l’Université dans la troisième salve d’épisodes.

C’est un programme pour les adolescents et les adultes. Parce qu’Atypical s’intéresse avec beaucoup de sincérité aux changements que peuvent connaître les familles dont l’un des membres est autiste, son propos s’avère destiné au plus grand nombre. Car lorsque l’on ne suit pas les aventures de Sam dans sa vie amoureuse ou estudiantine, Atypical nous dévoile les failles d’un couple qui a cessé d’être un couple à la naissance de leur fils et les multiples questionnements d’une adolescente qui découvre sa sexualité.

Avec humour et tendresse, le programme de Netflix — dont la quatrième et dernière saison est attendue pour 2021 — a de quoi vous régaler. On n’y rit pas des autistes mais bien avec eux. Leurs moments de doute, de joie, d’incompréhension ou de rejet… Atypical montre tout sans jamais être moralisatrice. Une sacrée réussite !

Atypical, les trois premières saisons disponibles sur Netflix ici.

Truffaut, Dolan, Resnais, Lynch, Demy bientôt sur Netflix

Posté par redaction, le 21 avril 2020

Des films du catalogue MK2 vont être visibles sur Netflix. Ce partenariat permettra à la plateforme américaine de diffuser 50 titres (sur 800) réalisés par François Truffaut, Xavier Dolan, Charlie Chaplin, Alain Resnais, David Lynch, Emir Kusturica, Jacques Demy, Michael Haneke, Steve McQueen ou Krzysztof Kieslowski.

Les premiers films mis en ligne sont 12 longs métrages de François Truffaut dès le 24 avril: Domicile conjugal, Fahrenheit 451, Vivement dimanche !, Jules et Jim, L'amour en fuite, Tirez sur le pianiste, Baisers volés, Les 400 coups, Le dernier métro, La Peau douce, La Femme d'à côté et Les deux Anglaises et le continent.

Cette annonce intervient trois mois après un autre partenariat événementiel de la plateforme: la diffusion du catalogue des studios Ghibli, désormais intégralement disponibles.

Et si on binge-watchait… Stranger Things sur Netflix

Posté par wyzman, le 18 avril 2020

Pendant le confinement, Ecran Noir s’occupe de votre listes de séries à rattraper. Aujourd’hui, coup de projecteur sur la série phénomène de Netflix, j’ai nommé Stranger Things.

C’est une série pour les nostalgiques — et tous les autres ! En novembre 1983, le jeune Will disparaît à Hawkins (Indiana) sans laisser de traces. Très vite, sa mère Joyce, sa bande d’amis et le chef de la police Jim Hopper partent à sa recherche. Leur rencontre avec Onze, une jeune fille dotée de facultés psychiques, va les mener jusqu’au Laboratoire national de Hawkins, contrôlé par le Département de l’Energie… Voilà pour le pitch !

Intrigue majeure de la première saison de la série, la disparition de Will est ici l’occasion pour les créateurs Matt et Ross Duffer de mettre en scène des personnages qui n’auraient eu de cesse de simplement se croiser sans cela. Désormais adulée par des millions d’internautes à travers le monde, Stranger Things est le résultat d’une recette sans faille. Lancez une intrigue digne d’un thriller, ajoutez-y une énorme dose de science-fiction, doublez celle d’humour habituelle, saupoudrez de grands moments de bravoure et laissez reposer le tout dans un univers 80s. Et le tour est joué ! Stranger Things se savoure comme un drame familial à la touche Spielberg et sans modération.

C’est de la comfort TV comme on l'aime. On le sait, de nombreux projets de Netflix sont le fruit de l’étude pointue d’algorithmes. Et pour le casting de Stranger Things, la production a eu la bonne idée de mêler jeunes inconnus (Millie Bobby Brown, Finn Wolfhard) et anciennes gloires sur le retour (Winona Ryder, David Harbour). Grâce à des dialogues parfaitement écrits, la complicité de tout ce beau monde devient rapidement crédible et ile ne faut généralement pas plus de trois épisodes pour devenir complètement accro aux préadolescents de Hawkins.

Avec leurs histoires d’amitié et d’amour naissant qui parlent à tous, la petite bande n’a pas tardé à devenir de véritables mascottes pour le géant du streaming. Et pour s’assurer que la série fasse du bruit dans la conversation numérique, Netflix met en ligne chaque nouvelle saison à des moments stratégiques de l’année (le lendemain de la fête nationale française, juste avant Halloween et le jour de la fête nationale américaine). De quoi nous laisser le temps de binge-watcher ce programme aussi passionnant qu’hilarant.

C’est le Game Of Thrones de Netflix que personne n’avait vu venir. En seulement trois saisons, Stranger Things est passée de série de niche dispo en streaming à phénomène planétaire. 64 millions de foyers devant la troisième saison le mois de sa sortie, près de 8 millions de fans sur Facebook, des dizaines de millions d’abonnés aux comptes Instagram des acteurs… Stranger Things est le meilleur filon de Netflix, la série incontournable de son calendrier et la plus appréciée par le public et la critique.

Emmy Awards, Golden Globes, Grammy Awards, Critics Choice, Saturn Awards, PGA Awards, SAG Awards… La série produite par Shawn Levy et Dan Cohen est de toutes les cérémonies qui comptent ! Il faut dire qu’avec ses effets spéciaux plus que réussis et sa bande originale d’époque (The Police, Duran, Duran, Joy Division, Bon Jovi, Peter Gabriel, The Who, Madonna, Wham!), ce programme a tout pour vous donner envie de voir la suite.

Stranger Things, l’intégrale disponible sur Netflix ici.