Le prochain film d’Alexander Payne chez Netflix

Posté par vincy, le 12 septembre 2019

Et un cinéaste oscarisé de plus dans le panier de Netflix. Alexander Payne - deux Oscars du meilleur scénario pour The Descendants et Sideways (et cinq nominations en plus), deux fois en compétition à Cannes (Monsieur Schmidt et Nebraska qui valu un prix d'interprétation à Bruce Dern) - est la nouvelle prise de la plateforme de streaming. Netflix financera et diffusera son nouveau film, sans titre pour l'instant.

Mads Mikkelsen en sera la star. L'histoire serait celle d'une relation père-fille. Un journaliste danois entreprend un road-trip avec sa fille adolescente à travers les Etats-Unis, tandis qu'il effectue un reportage pour son journal.

On y croise donc plusieurs thèmes du cinéma de Payne: les relations intergénérationnelles comme le voyage dans l'Amérique profonde qui sert de catharsis.

Le tournage débutera le mois prochain en Suède, au Danemark et aux Etats-Unis. La sortie est calée pour 2020. Sans doute, sauf si le festival de Cannes change son règlement, le verra-t-on à Venise où le réalisateur avait présenté son dernier film, Downsizing en 2017.

Venise 2019 : Noah Baumbach, Steven Soderbergh, David Michôd et Netflix

Posté par kristofy, le 4 septembre 2019

L'année dernière, le Lion d'or du Festival de Venise avait été décerné  à Roma d'Alfonso Cuaron (qui aura ensuite quelques Oscars), soit pour le première fois une récompense de catégorie A pour un film uniquement diffusé sur la plateforme Netflix, sans qu'il puisse être vu par le public dans les salles de cinéma. Venise, contrairement a Cannes,  est encore cette année une vitrine promotionnelle pour Netflix, quitte a faire grincer des dents les exploitants...

Le directeur artistique Alberto Barbera expliquait dans Le Film Français: "Si Netflix propose un film, je ne vois pas quelles pourraient être les raisons de le refuser hormis sa qualité. Ce sujet est pour le moment d’actualité mais dans deux ou trois ans tout aura changé. C’est déjà, d’une certaine manière, une problématique du passé. Il est vrai toutefois qu’il y a un problème entre les circuits de salles et les plateformes. Mais on ne peut pas demander à un festival de prendre en charge un problème qui fait partie de l’industrie du cinéma dans sa globalité."

Dans Libération, François Aymé, président de l'Association française des cinémas Art et essai, répliquait que la Mostra faisait une erreur historique: "A Cannes, il y a deux ans, nombre de commentateurs considéraient que la présence de Netflix dans les grands festivals «sans conditions» faisait partie du «sens de l’histoire», comme si c’était un impératif, que tout était écrit d’avance et que la logique libérale non régulée devait forcément s’imposer. En 2019, pourtant, revirement de ces mêmes commentateurs qui considéraient que la sélection de Cannes (sans Netflix) était la meilleure depuis des années."

Face à la dictature de l'algorithme, qui parait-il renvoie Roma aux oubliettes et place Meryl Streep au centre de tout, Venise opte pour un non-débat. Deux films sont ainsi sélectionnés en compétition officielle : Mariage Story de Noah Baumbach (avec Adam Driver et Scarlett Johansson) et The Laundromat de Steven Soderbergh (avec Meryl Streep et Gary Oldman), et hors-compétition, The King de David Michôd (avec Timothée Chalamet, Joel Edgerton, Sean Harris, Ben Mendelsohn, Lily-Rose Depp, Robert Pattinson...). Ces cinéastes tout comme ces casting sont prestigieux, mais ces films ne seront visibles qu'en étant abonnés à Netflix. Le cinéma reproduit ainsi le business model des séries exclusives, devenant des fictions unitaires de longue durée.

Mariage story de Noah Baumbach, avec Adam Driver et Scarlett Johansson

Le début du film est particulièrement enthousiasmant avec chacun des personnages décrivant les petits défauts mignons et les grandes qualités de l'autre. Cela pose à la fois leur relation, en même temps que le sujet : ce couple va se séparer. On y retrouve le ton qui fait la particularité des meilleurs films passés de Noah Baumbach (en fait sa période 2005/2013 avec Les Berkman se séparent, Margot va au mariage, Greenberg, Frances Ha), mais malheureusement on se retrouve aussi face à une œuvre de qualité très inégale à l'instar des déceptions de ses films suivants (While We're Young, Mistress America, The Meyerowitz Stories déjà une production Netflix). Ce Mariage Story contient pourtant son lot de bonnes séquences amusantes, mais la moitié de l’histoire  se fourvoie dans le type de ‘film de combat d’avocats’ qui plombe l'ensemble. Les personnages de Scarlett Johansson et Adam Driver sont traités à égalité, jusqu’à avoir chacun une scène chantée (Driver repoussera la chansonnette dans le prochain Léos Carax, calé pour Cannes 2020). Ils sont tous les deux très bons individuellement, mais leur jeu est un peu moins convaincant dans leurs scènes communes. L’histoire aurait été en partie nourrie pour certains scènes par les divorces respectifs de Baumbach et Johansson, cette chronique d'un couple qui se sépare - en souhaitant que ça se passe au mieux pour l'autre - va se compliquer parce qu'ils vont se retrouver géographiquement à l'opposé (lui voulait rester a New-York, elle revient près de sa famille à Los Angeles). Le coût des dépenses pour venir régulièrement passer du temps avec leur enfant devient un enjeu... Si Adam Driver impressionne beaucoup (il est plutôt victime de la situation), on imagine que le film n'aurait pas été un énorme succès en salles. Tant mieux pour Netflix qui peut viser quelques nominations aux Oscars.

The Laundromat de Steven Soderbergh, avec Meryl Streep et Gary Oldman...

C’est la grande déception des films en compétition, au point de supposer qu'il a été sélectionné parce que cela permettait d’amener Meryl Streep et Gary Oldman sur le tapis rouge. Peut-être symptomatique d’une relation trop privilégiée entre Venise et Netflix. Des stars, le sujet de l’affaire des ‘Panama Papers’, Steven Soderbergh à la réalisation : tout était attirant sur le papier, mais c’est douloureusement raté. La caution Soderbergh a permis un casting de grands noms mais il y font pâle figure : Meryl Streep joue une candide un peu ridicule qui sert de fil rouge à l’ensemble du puzzle, Gary Oldman et Antonio Banderas se retrouvent là à faire les narrateurs de luxe du récit, Matthias Schoenaerts est venu se montrer le temps d’une séquence, Jeffrey Wright assure sa petite partie.

En fait, ce sont tout les autres noms pas connus qui relèvent le niveau. The Laundermart est structuré comme un film à sketchs (l'influence du film argentin Les nouveaux sauvages) avec une suite de différents courts-métrages reliés ensemble. Meryl Streep perd son mari noyé lors d’un accident de bateau, mais elle n’obtient pas de grosse compensation financière car l’assurance avait été rachetée par une autre compagnie, elle-même dépendant d’une autre société cachée : le film évoque là les montages de sociétés-écrans liées à d’autres sans aucune possibilité d'identifier un véritable responsable. Le film évoque certaines formes juridiques de compagnie (de type trust, holding, off-shore...) domiciliées dans des iles faisant office de paradis fiscaux, et s’attarde sur une en particulier, qui utilise le même nom sur des milliers de formulaires pour que ses clients restent anonymes. En fait peu de choses relie ce film aux ‘Panama Papers’, sauf à montrer que plein de gens utilisent ce système pour une évasion fiscale condamnable (à ne pas confondre avec le plus acceptable 'optimisation fiscale'). Parmi ces gens se trouvent autant d'individus louches (trafiquants de drogues, oligarques russes…) que de millionnaires américains qui financent les campagnes électorales. The Laundermart aligne surtout différentes historiettes fantaisistes autour de plusieurs personnages et leur rapport avec l’argent (un père de famille qui propose des bons au porteur à sa fille en échange de son silence à propos de son infidélité à sa mère, des chinois qui contournent des lois pour investir à l’étranger), le tout sous une forme de vaste farce. La première image du film indiquait pourtant avec un certain humour ‘based on actual secrets’, promesse non tenue, diffusion hors salles de cinéma et uniquement via Netflix. Logique. Le film peut cartonner côté algorithmes.

The King de David Michôd, avec Timothée Chalamet, Joel Edgerton, Sean Harris, Ben Mendelsohn, Lily-Rose Depp, Robert Pattinson...

Au 15ème siècle, les Anglais sont en guerre contre les écossais, et le roi Henri IV, malade, se meurt. Il désigne le cadet de ses deux jeunes fils pour lui succéder, mais celui trouvera vite la mort pour avoir voulu s'imposer sur un champs de bataille. L'autre fils, l'aîné, qui d'ailleurs ne voulait pas vraiment être roi et qui se gardait à distance de la cour, va alors devoir être couronné sous le nom d'Henry V, incarné par Timothée Chalamet, le héros du film (et la star montante du moment). Entre intrigues de palais avec les religieux, ses conseillers, son fidèle compagnon d'antan, et surtout ce qui semblent être des provocations en provenance de la France, il va devoir réagir et agir : une guerre avec le royaume de France va commencer... The King coécrit par les australiens David Michôd et Joel Edgerton s'inspire à la fois de la pièce Henri IV de Shakespeare, de recherches historiques et d'inventions scénaristiques pour un gros film médiéval conduisant à une bataille épique avec une centaine de figurants dans la boue. Le film évoque les coulisses de la royauté aussi bien que des stratégies de guerre, mais c'est aussi une réflexion sur le pouvoir et son usage. Pour le coup, c'est dommage que The King soit réservé aux abonnés Netflix car le film aurait mérité d'être vu sur les grands écrans des salles de cinéma... A défaut, il peut lui aussi viser quelques Oscars et contribuer à la notoriété de Chalamet.

Venise 2019 : une promesse de renouveau ?

Posté par kristofy, le 27 août 2019

Le 76e Festival de Venise est prêt à lever le rideau le 28 août, et ce jusqu'à la remise du Lion d'or le 7 septembre à l'un des 21 films en compétition.

Le jury de la compétition internationale sera présidé par la réalisatrice argentine Lucrecia Martel: un choix à saluer puisque Venise a rarement choisi une femme à la tête de son jury: Annette Bening, Catherine Deneuve, Gong Li, Jane Campion, Sabine Azéma sont les exceptions. Martel est donc la deuxième réalisatrice à occuper le poste, et la première personnalité sud-américaine.

Le jury est désormais dévoilé : Piers Handling (critique et historien, Canada), Mary Harron (réalisatrice, Canada), Stacy Martin (actrice franco-britannique), Rodrigo Prieto (directeur de la photographie, Mexique), Shinya Tsukamoto (réalisateur, Japon), et Paolo Virzi (réalisateur, Italie). Certains de ces talents connaissent déjà Venise: Paolo Virzi avait gagné un Lion d'argent en 1997 pour Ovosodo, Shinya Tsukamoto était déjà juré en 1997 et avait présenté en compétition Killing en 2018, Rodrigo Prieto était le directeur de la photo de Ang Lee pour Le Secret de Brokeback Mountain Lion d'or en 2005, Stacy Martin jouait avec Natalie Portman dans Vox Lux en compétition en 2018, et Lucrecia Martel avait présenté Zama hors-compétition en 2017. Un jury d'experts plus que glamour. Alors que la compétition cherche de plus en plus à conquérir les productions internationales à gros castings ou même les films hollywoodiens oscarisables.

Pour la compétition internationale 21 films ont été sélectionnés : seulement deux films sont réalisés par des femmes (Babyteeth de Shannon Murphy - Australie; The Perfect Canditate de Haifaa Al-Mansour - Arabie saoudite). Il y a aussi un film d'animation (No.7 Cherry Lane de Yonfan - Hong Kong) et un documentaire (La mafia non è più quella di una volta de Franco Maresco - Italie). La compétition sera rythmée par La Vérité de Hirokazu Kore-eda (avec Catherine Deneuve, Juliette Binoche, Ludivine Sagnier, Ethan Hawke) en ouverture de festival ce 28 août, et par les nouveaux films de James Gray,  Pablo Larrain, Atom Egoyan, Roman Polanski, Steven Soderbergh, Noah Baumbach, Lou Ye, Ciro Guerra, Roy Andersson... En compétition on y verra plusieurs représentants de la France : les actrices de La Vérité de Hirokazu Kore-eda, J'accuse de Roman Polanski (avec Jean Dujardin et Louis Garrel), Gloria Mundide Robert Guédiguian (avec sa fidèle troupe), et Wasp Network de Olivier Assayas (et un casting hispanique).

Il est encore trop tôt pour évoquer d'éventuels favoris mais on peut déjà supposer que le Prix Marcello-Mastroianni du meilleur espoir pourrait aller à l'actrice Eliza Scanlen pour sa métamorphose dans Babyteeth (on va ensuite la découvrir dans Les Filles du docteur March de Greta Gerwig).

L'année dernière, Venise avait suscité de nouveaux débats à propos de la présence de films sélectionnés produits par la plateforme Netflix et prévus sans sortie en salles de cinéma. Comble ou ironie, le Lion d'or avait été remis à Roma de Alfonso Cuaron (qui décrochera ensuite quelques Oscars). Cette fois encore ,Venise va servir de vitrine promotionnelle à Netflix (au moment où ce géant du streaming va devoir faire face à de la concurrence avec l'ouverture de la plateforme Disney+) avec, hors-compétition, The King de David Michôd (Timothée Chalamet, Joel Edgerton, Robert Pattinson, Lily-Rose Depp...) et deux films en compétition: The Laundromat de Steven Soderbergh (avec Meryl Streep et Gary Oldman) et Marriage Story de Noah Baumbach (avec Adam Driver et Scarlett Johansson). Si Netflix se retrouve au palmarès, nul ne doute de plusieurs grincements de dents.

Ce n'est pas forcément en compétition qu'on cherchera de nouveaux talents. Les surprises proviennent surtout de la section d'Orizzonti et de la sélection parallèle Venice Days. Après une grande édition cannoise, Venise ne peut pas vraiment décevoir (comprendre: il lui faut un maximum de films allant aux Oscars). Même si le festival se soucie de moins en moins du cinéma émergeant et des exploitants. Cependant, en allant d'un film issu d'un univers de super-héros à la science-fiction, en mariant l'humour absurde nordique au drame historique français, en cherchant des cinéastes réputés qui sortent de leur confort, le Festival fait son job et distingue des auteurs au milieu d'une production pléthorique.

Durant le festival, Venise décernera également deux Lion d'or d'honneur pour leur carrière à l'actrice Julie Andrews ainsi qu'au réalisateur Pedro Almodovar (qui y avait gagné un prix de meilleur scénario en 1988 pour Femmes au bord de la crise de nerfs). Le prix 'Glory to the Filmmaker' cette année sera remis à Costa-Gavras à l'occasion de la présentation hors-compétition de Adults in the Room.

NTM: un film et une série en préparation

Posté par vincy, le 14 août 2019

Ils se sont quittés mais le groupe NTM, figure emblématique du rap français, ont été récupérés par le cinéma et la télévision. Le long métrage Suprêmes (du nom de leur énorme carton Suprême NTM, 1998) retracera les débuts du duo composé par JoeyStarr et Kool Shen. Starr sera incarné par Théo Christine (SKAM, La dernière vague, Play, La finale) et Shen par Sandor Funtek (La vie d’Adèle, Dheepan, Nos vies formidables).

Le biopic est écrit par la réalisatrice Audrey Estrougo (Une histoire banale, La taularde) et Marcia Romano. Joey Starr et Kool Shen ont aidé au scénario.

Le récit se déroulera entre la formation du duo en 1988 et leur première grande salle parisienne en 1992. Le tournage de cette production Nord-Ouest est prévu début 2020.

Mais NTM va aussi faire l'objet d'une série et, réjouissons-nous: Katell Quillévéré (Suzanne, Un poison violent, Réparer les vivants) et Hélier Cisterne (Vandal) sont derrière le projet. Là encore Joey Starr et Kool Shen collaboreraient au scénario. Kool Shen a même confié qu'il n'était pas exclu qu'ils fassent une apparition. Netflix et Arte, selon le Parisien, seraient les diffuseurs.

Netflix dégaine The Irishman de Martin Scorsese

Posté par vincy, le 31 juillet 2019

C'est le plus gros budget pour un film de Martin Scorsese (160M$). C'est aussi l'un des films les plus attendus de l'année. C'est enfin la grande réunion de Robert De Niro et Joe Pesci, et les retrouvailles entre De Niro et Al Pacino (depui Heat en 1995) ou entre De Niro et Scorsese (depuis Casino en 1995 aussi). On pourrait aussi dire que c'est la rencontre tant attendue entre Scorsese et Pacino. Bref c'est l'événement que tous les cinéphiles attendent.

Après un teaser durant les derniers Oscars, Netflix a dévoilé la deuxième bande annonce de The Irishmen, prévu en novembre sur sa plateforme, après avoir dévoilé deux images lundi. Le film fera l'ouverture du New York Film festival. Aux Etats-Unis, il est certain qu'il sortira dans quelques salles avant sa diffusion, afin d'être oscarisable. A l'origine, le film devait être distribué par la Paramount. Netflix aurait déboursé (entre la production et l'acquisition des droits) près de 230M$.

En France, hormis peut-être le cadre d'un festival ou lors de projections spéciales, il faudra être abonné à Netflix.

Le film se déroule sur plusieurs décennies. Ce qui implique, comme on le voit sur la bande annonce, de nombreux effets spéciaux permettant le rajeunissement des acteurs. Il est étonnant de voir De Niro comme il était à l'époque de Casino ou des Affranchis. Harvey Keitel - qui a tourné dans les quatre premiers films de Scorsese, Bobby Cannavale, Anna Paquin et Ray Romano sont aussi au générique de ce film tourné entre 2017 et 2018.

Le scénario est adapté du livre I Heard You Paint Houses: Frank ‘The Irishman’ Sheeran and the Inside Story of the Mafia, the Teamsters, and the Final Ride by Jimmy Hoffa de Charles Brandt. Autrement dit une longue enquête sur Jimmy Hoffa (déjà incarné par Jack Nicholson dans Hoffa en 1992), ici interprété par Al Pacino, et surtout Frank Sheeran (De Niro). Sheeran, syndicaliste fricotant avec la mafia et tueur à gage, et Hoffa, lui-même dirigeant syndicaliste proche de la mafia, se sont rapprochés jusqu'à pactiser ensemble. Les deux seraient également liés à l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy. Sheeran a confessé à Charles Brandt qu'il aurait tué Jimmy Hoffa, dont on n'a jamais retrouvé la trace.

Emmy Awards 2019 : Game Of Thrones s’offre un record de nominations

Posté par wyzman, le 16 juillet 2019

Les nominations pour les Emmy Awards qui se tiendront le 22 septembre prochains viennent d’être annoncés. Déjà vainqueurs l'an dernier, Game Of Thrones et The Marvelous Mrs. Maisel les dominent.

Duel au sommet

Les fans de séries télé le savent, les Emmy Awards sont communément reconnus comme les "Oscars du petit écran". Et cette année, à voir le nombre de séries de qualité nommées, il va sans dire que la compétition devrait être particulièrement rude. Notamment parce que le mastodonte de HBO Game Of Thrones vient de s’achever au terme d’une saison 8 particulièrement décriée par les fans mais tout de même suivie en moyenne par 12 millions d’Américains.

Cette année donc, Game Of Thrones s’offre donc un record parmi les records avec pas moins de 32 nominations en une seule édition. Jusque-là, le record était détenue par NYPD Blue et ses 27 nominations reçues en 1994. Après avoir explosé le records de récompenses reçues en un seule soirée à deux reprises (12 Emmy Awards en 2015 et 2016), la série de David Benioff et D. B. Weiss tire sa révérence en disposant déjà du plus grand nombre de nominations jamais totalisé par une série (161). Ne reste plus qu’à savoir combien d’Emmy Awards s’ajouteront aux 47 déjà remportés par la série et ses acteurs.

En parallèle, HBO continue d’être le ténor des Emmy Awards grâce à sa mini-série Chernobyl qui récolte le plus grand nombre de nominations pour ce type de programme cette année. Grand vainqueur de ces nominations, le réseau câblé HBO est nommé à 137 reprises et bat à plate couture l’autre studio à qui tout sourit ces dernières années, j’ai nommé Netflix et ses 117 mentions. Le 22 septembre prochain, ses séries particulièrement remarquées When They See Us, Russian Dollars et Fleabag tenteront de sortir leur épingle du jeu.

Série dramatique

Better Call Saul (AMC)
Bodyguard (Netflix)
Game of Thrones (HBO)
Killing Eve (AMC/BBC America)
Ozark (Netflix)
Pose (FX)
Succession (HBO)
This Is Us (NBC)

Série comique

Barry (HBO)
Fleabag (Amazon Prime)
The Good Place (NBC)
The Marvelous Mrs. Maisel (Amazon Prime)
Russian Doll (Netflix)
Schitt’s Creek (Pop)
Veep (HBO)

Mini-série

Chernobyl (HBO)
Escape at Dannemora (Showtime)
Fosse/Verdon (FX)
Sharp Objects (HBO)
When They See Us (Netflix)

Téléfilm

Black Mirror: Bandersnatch (Netflix)
Brexit (HBO)
Deadwood: The Movie (HBO)
King Lear (Amazon Prime)
My Dinner with Herve (HBO)

Meilleur acteur dans une série dramatique

Jason Bateman (Ozark)
Sterling K. Brown (This Is Us)
Kit Harington (Game of Thrones)
Bob Odenkirk (Better Call Saul)
Billy Porter (Pose)
Milo Ventimiglia (This Is Us)

Meilleure actrice dans une série dramatique

Emilia Clarke (Game of Thrones)
Jodie Comer (Killing Eve)
Viola Davis (How to Get Away With Murder)
Laura Linney (Ozark)
Mandy Moore (This Is Us)
Sandra Oh (Killing Eve)
Robin Wright (House of Cards)

Meilleur acteur dans une série comique

Anthony Anderson (Black-ish)
Don Cheadle (Black Monday)
Ted Danson (The Good Place)
Michael Douglas (The Kominsky Method)
Bill Hader (Barry)
Eugene Levy (Schitt’s Creek)

Meilleure actrice dans une série comique

Christina Applegate (Dead to Me)
Rachel Brosnahan (The Marvelous Mrs. Maisel)
Julia Louis-Dreyfus (Veep)
Natasha Lyonne (Russian Doll)
Catherine O’Hara (Schitt’s Creek)
Phoebe Waller-Bridge (Fleabag

Meilleur acteur dans une mini-série ou un téléfilm

Mahershala Ali (True Detective)
Benicio Del Toro (Escape at Dannemora)
Hugh Grant (A Very English Scandal)
Jared Harris (Chernobyl)
Jharrel Jerome (When They See Us)
Sam Rockwell (Fosse/Verdon)

Meilleure actrice dans une mini-série ou un téléfilm

Amy Adams (Sharp Objects)
Patricia Arquette (Escape at Dannemora)
Aunjanue Ellis (When They See Us)
Joey King (The Act)
Niecy Nash (When They See Us)
Michelle Williams (Fosse/Verdon)

Emission de télé-réalité avec compétition

The Amazing Race (CBS)
American Ninja Warrior (NBC)
Nailed It (Netflix)
RuPaul’s Drag Race (VH1)
Top Chef (Bravo)
The Voice (NBC)

Talk show de variété

The Daily Show with Trevor Noah (Comedy Central)
Full Frontal with Samantha Bee (TBS)
Jimmy Kimmel Live (ABC)
Last Week Tonight with John Oliver (HBO)
Late Late Show with James Corden (CBS)
Late Show with Stephen Colbert (CBS)

Meilleure actrice dans un second rôle de série dramatique

Gwendoline Christie (Game of Thrones)
Julia Garner (Ozark)
Lena Headey (Game of Thrones)
Fiona Shaw (Killing Eve)
Sophie Turner (Game of Thrones)
Maisie Williams (Game of Thrones)

Meilleur acteur dans un second rôle de série dramatique

Alfie Allen (Game of Thrones)
Jonathan Banks (Better Call Saul)
Nikolaj Coster-Waldeau (Game of Thrones)
Peter Dinklage (Game of Thrones)
Giancarlo Esposito (Better Call Saul)
Michael Kelly (House of Cards)
Chris Sullivan (This Is Us)

Meilleure actrice dans un second rôle de série comique

Alex Borstein (The Marvelous Mrs. Maisel)
Anna Chlumsky (Veep)
Sian Clifford (Fleabag)
Olivia Colman (Fleabag)
Betty Gilpin (GLOW)
Sarah Goldberg (Barry)
Marin Hinkle (The Marvelous Mrs. Maisel)
Kate McKinnon (Saturday Night Live)

Meilleur acteur dans un second rôle de série comique

Alan Arkin (The Kominsky Method)
Anthony Carrigan (Barry)
Tony Hale (Veep)
Stephen Root (Barry)
Tony Shalhoub (The Marvelous Mrs. Maisel)
Henry Winkler (Barry)

Meilleure actrice dans un second rôle de mini-série ou téléfilm

Patricia Arquette (The Act)
Marsha Stephanie Blake (When They See Us)
Patricia Clarkson (Sharp Objects)
Vera Farmiga (When They See Us)
Margaret Qualley (Fosse/Verdon)
Emily Watson (Chernobyl)

Meilleur acteur dans un second rôle de mini-série ou téléfilm

Asante Blackk (When They See Us)
Paul Dano (Escape at Dannemora)
John Leguizamo (When They See Us)
Stellan Skarsgård (Chernobyl)
Ben Whishaw (A Very English Scandal)
Michael K. Williams (When They See Us)

Marché du film : Rachel McAdams retrouve Will Ferrell pour un « Eurovision » sur Netflix

Posté par wyzman, le 18 mai 2019

Quinze ans après le succès de Serial noceurs, Rachel McAdams serait en négociation avec Netflix pour retrouver le réalisateur de la comédie, David Dobkin, et sa co-star Will Ferrell. Si l’on en croit les informations de Deadline, Eurovision devrait se dérouler pendant le concours de chant international du même nom et permettre aux deux acteurs de nous montrer une fois de plus l’étendue de leur talent comique.

Ecrit par Will Ferrell et Andrew Steel, Eurovision sera produit par Jessica Elbaum, Chris Henchy de Gary Sanchez. Adam McKay est d’ores et déjà annoncé comme producteur exécutif.

Pour rappel, Rachel McAdams a récemment brillé dans Passion de Brian de Palma, Spotlight de Thomas McCarthy et Désobéissance de Sebastian Lelio. De son côté, Will Ferrell était il y a peu l'une des stars de Zoolander 2 de Ben Stiller et Holmes & Watson d'Etan Cohen.

[Dossier] Cannes, centre du monde cinématographique ?

Posté par vincy, le 14 mai 2019

Qu'on le veuille ou non, le Festival de Cannes reste un des épicentres du cinéma mondial. Il n'en a jamais eu le monopole. Mais il est clairement parmi les événements majeurs du 7e art. Depuis sa création, il mue, au gré des révolutions. Les révolutions formelles et artistiques pour commencer, avec la Nouvelle Vague, le Nouveau cinéma américain, la 5e génération de cinéastes chinois, le surgissement de films venus de pays jusque là inconnus, les films tournés en numérique, etc... La concurrence actuelle des plateformes de streaming, des séries et des jeux vidéos équivaut à celle dans les années 1960, quand la télévision détournait les spectateurs du grand écran.

[Dossier] Cannes, centre du monde cinématographique ? — Rencontre avec le réalisateur Erwan Le Duc

Mais il est incontestable que d'un point de vue comptable, Cannes a moins d'impact que les blockbusters d'Hollywood, notamment auprès des millennials, qui ne retiennent souvent que l'actu "glamour" du festival, relayée par la presse populaire et les influenceurs et influenceuses. Ceci dit, ce n'est pas l'objectif du Festival.

Les marques Disney, Netflix et autres Apple et Amazon (sans oublier les Chinois) imposent un marketing de masse qui concentrent aujourd'hui les spectateurs sur certains films, ou, pire, chez eux. Cannes - comme Berlin, Venise, Toronto, Sundance, Locarno, Telluride, Busan, etc - a vocation à résister à cette tendance. Le glam et les stars, tout ce cérémonial pour les télévisions et la presse people, ne font qu'attirer le regard des fans pour leur parler d'autres films.

[Dossier] Cannes, centre du monde cinématographique ? — Rencontre avec Jérémy Redler, président de la Commission du Film Ile-de-France

Avec les Oscars, la Palme d'or reste ainsi la récompense suprême du 7e art. Une sorte de Nobel. Même si ces derniers temps, ce sont plutôt les films présentés à Venise qui ont la cote aux Etats-Unis. Il n'empêche, année après année, même si les blasés évaluent le Festival de Cannes sur un échelle de médiocre à grandiose (c'était toujours mieux avant parait-il), même si les plus fidèles oublient que ce sont souvent les surprises et les nouveaux talents qui donnent de la saveur à une compétition, Cannes s'impose à chaque foi dans les bilans annuels et palmarès de critiques.

Qu'on prenne l'édition 2018, plutôt ratée pour le cinéma français en sélection officielle hormis l'excellent "coup" du Grand bain et le snobé jusqu'au bout En guerre, et on retrouve Dogman (9 Donatello et 3 European Film Awards), Plaire, aimer et courir vite (Prix Louis Delluc), Blackkklansman (un Oscar au final), Capharnaüm, Une affaire de famille et Cold War tous trois cités aux Oscars. Une affaire de famille a fait un doublé Palme d'or-César et raflé 8 prix aux Oscars japonais. Il y a pire bilan.

[Dossier] Cannes, centre du monde cinématographique ? — Rencontre avec Jean-Marc Thérouanne, Délégué général du Festival des Cinémas d’Asie de Vesoul

A chaque édition, un bon tiers de la compétition, et une bonne dizaine de films des autres sélections, sont parmi les films favoris en France et ailleurs au moment des Top 10 de fin d'année. Ce n'est pas le cas forcément des autres festivals, à l'exception de Venise ces dernières années.

Cannes reste donc le temple de la cinéphilie mondiale. Les grands auteurs sont fiers d'y aller, et font tout pour y aller (tournant et post-produisant leurs films à temps pour les sélections). Le Festival ne peut de toute façon pas accueillir tous les grands films de l'année. Mais il y a une variété et une diversité suffisamment forte pour que le logo du festival ait encore une vraie valeur sur les affiches.

Par ailleurs, avec plus de 4000 journalistes, cela reste l'événement culturel le plus suivi du monde, devant les Oscars, qui sont surtout suivis par le grand public. De quoi donner de l'écho à un film, ce qui vaut toutes les campagnes de marketing et un bon indicateur pour la sortie en salles. Certes, cela peut aussi "tuer" un film. Mais n'oublions pas que Cannes a donné de la valeur marchande et artistique en découvrant ou primant au début de leurs carrières des cinéastes comme Martin Scorsese, Xavier Dolan, Quentin Tarantino ou Sofia Coppola. Cela en surévalue certains aussi, mais le temps trie le bon grain de l'ivraie.

[Dossier] Cannes, centre du monde cinématographique ? — Rencontre avec Ron Dyens, producteur chez Sacrebleu productions

Tout est question de marché. Tant que la presse professionnelle américaine est présente quotidiennement, on peut se rassurer: c'est qu'il y a du business. Certes, le marché évolue. Les négociations sont plus difficiles. Les sorties sont aussi plus risquées.

Dans une interview au Monde, Jérôme Seydoux explique: "Dans le temps, les majors avaient une filiale spécialisée en films plus « metteurs en scène ». Beaucoup des studios ont abandonné, tout simplement parce qu’ils perdaient de l’argent. Aujourd’hui, ce cinéma-là est entre les mains de Netflix, Amazon, Apple ou d’autres. Il n’a pas disparu. Quand Netflix fait Roma, c’est un film qui a du mal à financer sa sortie en salle. Idem pour celui de Scorsese. Prenons un film indépendant qui a coûté 20 millions de dollars. Netflix en offre 25, alors que sa sortie en salle nécessiterait entre 15 à 20 millions de dollars aux Etats-Unis. Il faudrait donc 40 millions de dollars de recettes en salle pour le rentabiliser, alors qu’avec les 25 millions de Netflix, le producteur gagne sa vie sans prendre de risques. Le cinéma indépendant américain s’est beaucoup amoindri faute de combattants et de clients. Aux Etats-Unis, les blockbusters se portent de mieux en mieux, alors que les films indépendants et les films étrangers ont quasiment disparu."

Mais, heureusement, il y a toujours un appétit pour le cinéma d'ailleurs. Les 12000 (et plus) de professionnels venus du monde entier, inscrits au Marché international du film, leader mondial qui fête ses 60 ans cette année, ne s'installent pas une semaine sur la Croisette pour bronzer. Dès la mi-avril, les agents, vendeurs et producteurs préparent leurs annonces. Cannes reste un gage de curiosité et d'éclectisme qui peut satisfaire tout le monde. Ni le marché de Berlin, ni celui de Sundance n'arrivent à son niveau. Une preuve supplémentaire.

[Dossier] Cannes, centre du monde cinématographique ? — Anne-Laure Brénéol et Lionel Ithurralde de Malavida Films

Si les films de Netflix n'ont pas accès aux sélections cannoises (les exploitants français s'attachant à la chronologie des médias, la diffusion en salle et finalement à l'exception culturelle française), les acheteurs de Netflix seront bien présents pour opérer une razzia sur certains films présentés au Palais des festivals, à la Quinzaine ou à la Semaine.

Non, le seul problème c'est bien ce ressenti que les films cannois ne sont pas populaires. Ils gagnent des prix dans leurs pays par la suite, vont parfois aux Oscars (mais ce n'est pas le bon critère pour juger d'un Festival). Mais séduisent-ils le public? On affirme que oui. Le Grand bain a été un succès. On oublie que E.T. a été un film de clôture. On oublie surtout qu'il y a un effet Palme d'or. Outre les gros hits (Apocalypse Now, Un homme et une femme, la dolce vita, Pulp Fiction, ...), combien de films auraient obtenu leur score final sans une Palme? Impossible d'imaginer que La vie d'Adèle ou Entre les murs dépassent le million de spectateurs (et soient si bien exportés), que La leçon de Piano soit au-dessus des 2 millions d'entrées, qu'un film thaïlandais comme Oncle Boonmee intrigue 130000 Français, qu'Une affaire de famille ou Amour finissent aux alentours de 800000 tickets vendus. Jamais ces films n'auraient eu de tels scores sans la Palme. Et allons même sans Palme, Mummy ou 120 battements par minute n'auraient jamais pu élargir leur public comme ils l'ont fait.

Alors, oui, il n'y a pas que Cannes. le cinéma tourne autour de quelques rendez-vous majeurs - Sundance, Cannes, le trio de la rentrée Telluride-Venise-Toronto, - et quelques marchés - Berlin, Cannes, Toronto, Busan, l'AFI de Los Angeles. Mais en étant situé au printemps, la montée des marches donne le coup de sifflet à l'année du cinéma "art et essai" (mais pas seulement, puisque les studios s'en servent aussi pour le lancement de grosses productions).

Il ne s'agit pas de concurrencer Marvel ou la soft power asiatique. Il ne s'agit pas de refléter tout le cinéma romanesque et populaire indien, turc ou nigérien. Le Festival a une autre mission. Cannes devient une forteresse, pour le moment, chargée de protéger un cinéma hétérogène réalisé par des artistes qui croient encore qu'on peut raconter des histoires autrement: ni binaires, ni formatées, ni infantilisantes.

En cela, dans ce domaine, le Festival de Cannes reste incontournable, essentiel et même vital.

Netflix gonfle les salaires des stars d’Hollywood

Posté par wyzman, le 2 mai 2019

Le très sérieux magazine Variety a dévoilé les cachets de certaines des plus grandes stars américaines dans un long exposé.

Gros cachet, zéro avantage

Désormais incontournable, Netflix ne lésine pas sur les sommes qu’il offre aux grosses stars qu’il débauche. Ainsi, Ryan Murphy aurait touché 300 millions de dollars au moment de signer un contrat d’exclusivité, Shonda Rhimes aurait signé un contrat de 100 millions de dollars s’étalant sur plusieurs années, Beyoncé aurait touché 60 millions d dollars pour son documentaire Homecoming et deux autres projets et personne n’ose imaginer ce qui a été proposé au couple Obama pour ses documentaire et série politique à venir.

Dans un tel contexte, les grands studios américains tentent de suivre le rythme sans pour autant prendre davantage de risques que par le passé. Si les sommes offertes par Netflix peuvent sembler insensées, précisons que celles-ci n’impliquent aucun avantage. Eh oui, pour un film Netflix, le salaire reste le même peu importe le nombre de personnes qui regardent le programme en question. En d’autres termes, le géant du streaming n’étant pas distribué à grande échelle dans des salles de cinéma, les acteurs, scénaristes et réalisateurs peuvent difficilement négocier un quelconque pourcentage sur les recettes du projet en question. Pour rappel, les revenus de Netflix viennent exclusivement de ses abonnements.

Voilà pourquoi il n’est pas surprenant de voir que Ryan Reynolds a reçu pas moins de 27 millions de dollars pour jouer le film Six Underground de Michael Bay pour Netflix. De son côté, Will Smith devrait se voir offrir pas moins de 35 millions de dollars pour Bright 2, la suite du film réalisé par David Ayer pour la plateforme et pourtant descendu par la critique. Si les années précédentes Martin Lawrence et Will Smith ont pu recevoir jusqu’à 20 millions de dollars par film, le premier a accepté de baisser drastiquement son cachet (sans les recettes annexes) afin de permettre à Bad Boys for Life de se faire. Ainsi, Martin Lawrence devrait toucher 6 millions de dollars quand le toujours incontournable Will Smith a rempilé pour 17 millions de dollars !

Petit cachet pour gros réalisateur

Le dernier enseignement du grand exposé de Variety est sans doute le plus important : les grandes stars hollywoodiennes n’ont plus peur de se mettre "au régime" afin d’avoir la chance de tourner pour de grands réalisateurs. Oscarisée et ultra branchée, Lupita Nyong’o aurait gagné moins d'un million de dollars pour Us de Jordan Peele, se rattrapant avec la vidéo à la demande et les recettes à l'étranger. De son côté, Ansel Elgort n’a demandé que 5 millions de dollars afin de ne pas compromettre le West Side Story de Steven Spielberg. Enfin, Leonardo DiCaprio et Brad Pitt ont divisé leur cachet respectif par deux (10 millions de dollars) afin de se retrouver dans Il était une fois Hollywood de Quentin Tarantino.

Cela étant, d’autres acteurs n’ont pas à se priver. Désormais omniprésent grâce aux franchises Fast and Furious et Jumanji ainsi que les blockbusters qu’il est le seul à pouvoir porter (San Andreas, Rampage, Skyscraper), Dwayne Johnson demeure l’un des rares à pouvoir demander 20 millions de dollars à un studio sans crainte. Après 11 années de bonnes loyaux services chez Marvel, Robert Downey Jr. peut exiger la même somme peu importe le projet - même Le Voyage de Docteur Dolittle attendu pour le 29 janvier 2020. Enfin, après avoir été éclipsée par ses collègues masculin dans Batman v Superman : L’Aube de la justice et le carton de Wonder Woman, personne ne sera surpris d’apprendre que Gal Gadot touchera 10 millions de dollars pour Wonder Woman 1984.

27M$Ryan Reynolds pour Six Underground (Netflix)
20M$Dwayne Johnson pour Fast & Furious : Hobbs & Shaw (Universal)
20M$Robert Downey Jr. pour Le Voyage de Docteur Dolittle (Universal)
17M$Will Smith pour Bad Boys for Life (Sony)
13M$Jason Statham pour Fast & Furious : Hobbs & Shaw (Universal)
12-14M$Tom Cruise pour Top Gun : Maverick (Paramount)
12-13M$Emily Blunt pour Sans un bruit 2 (Paramount)
10M$Brad Pitt pour Il était une fois Hollywood (Sony)
10M$Gal Gadot pour Wonder Woman 1984 (Warner Bros.)
10M$Leonardo DiCaprio pour Il était une fois Hollywood (Sony)
9-10M$Margot Robbie pour Birds Of Prey (Warner Bros., également productrice)
8M$Idris Elba pour Fast & Furious : Hobbs & Shaw (Universal)
8M$Ben Affleck pour Triple Frontière (Netflix)
7M$Kristen Stewart pour Charlie’s Angels (Sony)
6M$Martin Lawrence pour Bad Boys for Life (Sony)
4.5M$Joaquin Phoenix pour Joker (Warner Bros.)
2.5M$Jessica Chastain pour Ça 2 (Warner Bros.)

BIFFF 2019 : l’Espagne a son super-héros avec SuperLopez

Posté par kristofy, le 15 avril 2019

Le réalisateur Javier Ruiz Caldera est populaire en Espagne, mais aussi à Bruxelles en tant que fidèle du BIFFF. Du côté françai,s on est un peu à la traine côté distribution de ses films (comme pour de nombreux cinéastes espagnols d’ailleurs). En 2003 le Festival était surpris par sa comédie fantômatique Ghost Graduation :  il y rempote le Grand Prix (ce qui est plutôt rares pour une comédie) doublé du Prix du Public. Il y est revenu en 2006 avec Spy Time qui lui a valu encore une fois le Prix du Public. Cette année, il est l’un des favoris, une fois de plus, avec son SuperLopez.

Sur une planète lointaine où règne un dictateur, deux scientifiques ont conçu un bébé avec des super pouvoirs qui pourrait être une arme pour le contrer. Pour le cacher, ils l'envoient vers la Terre. Le dictateur réplique en envoyant sa propre fille qui doit capturer et neutraliser ce bébé. Cependant la capsule du bébé est accidentellement déviée vers l’Espagne où elle tombe dans un petit village. Les Lopez, un couple de garagistes, vont adopter cet enfant un peu particulier. Voila pour l’ouverture du film, 30 ans plus tard, il est devenu un employé de bureau. Il cache ses quelques pouvoirs de rapidité et de force et voit débarquer une nouvelle collègue, qui lui plaisait à l’université. Un problème de métro sans frein l’incite à intervenir pour la première fois comme super-héros, et il est désormais repéré par ceux qui le cherchaient depuis longtemps…

Les première minutes du film SuperLopez évoque un peu Superman, puis on bascule très vite dans l’univers habituel et rigolo de Javier Ruiz Caldera : c’est encore une fois un anti-héros qui devient un héros presque malgré lui, avec les complications que ça engendre vis-à-vis de ses proches. L’acteur Dani Rovira incarne ce héros qui doit gérer une vie secrète (comme dans Ghost Graduation et Spy Time), Alexandra Jimenez hérite du rôle de la fiancée avec du caractère, et c’est la géniale Maribel Verdu qui joue ici la méchante (elle est aussi l’héroïne de Crime Wave au BIFFF). L’histoire s’amuse autant avec des quiproquos romantiques (il y a un triangle amoureux) qu’avec la figure d’un super-héros espagnol que personne n’imagine croyable ("il va combattre quoi, la ponctualité ?"), tandis que la planète même serait menacée…

Pour Javier Ruiz Caldera,  "Le film s’inspire de la bande-dessinée SuperLopez mais ne se veut pas être en compétition avec elle, ce n’est pas une traduction de la BD mais beaucoup plus une adaptation très libre du personnage. Dans la BD on le découvre quand il a déjà 30 ans, pour le film on a décidé avec mes scénaristes de commencer par sa naissance et son origine, on a totalement inventé un passé à ce personnage. On a glissé dans le film notre humour à propos de certains clichés de l’Espagne, et puis des choses qui me sont plutôt personnelles. Par exemple pendant un tournage ma mère me demande si j’ai assez mangé, certaines choses de la mère dans le film viennent de ma maman. Je me suis aussi demandé qui avait fait le costume de super-héros et c’est donc la mère de SuperLopez qui le lui a fait."


"On voulait surtout développer le personnage qui dévoile ses pouvoirs avec ses rapports à sa famille et à ses amis, sans porter l’accent sur une accumulation de scènes d’action. Evidemment, on n’avait pas le budget pour en faire des dizaines mais on a pu faire plusieurs grosses séquences d’action qui sont très spectaculaires et un peu drôles aussi. Il y a quelques plans qui sont un hommage direct au film Superman. Superman dans la vie c’est un peu un loser mais quand il met son costume et sa cape c’est un vrai super-héros, SuperLopez même avec le costume il reste un peu un loser. En Espagne SuperLopez a eu du succès et on a même gagné un Goya pour les effets spéciaux, ça m’a fait plaisir que ce film reçoive un Goya. » En remportant ce Goya, Lluís Rivera & Laura Pedro, c'est aussi la première fois qu'une femme superviseur des effets visuels est récompensée dans cette catégorie technique, à 28 ans.

A la dernière cérémonie des Goya (les César espagnols) SuperLopez avait reçu deux autres nominations (meilleur scénario adapté, meilleure direction artistique). Pour découvrir le film en France il faudra se tourner vers Netflix