Venise 2017 : John Landis fait revivre Michael Jackson en 3D

Posté par kristofy, le 5 septembre 2017

Qui n’a jamais vu le clip de ThrillerMichael Jackson se transforme en loup-garou pendant que des zombies sortent de terre ? Il est considéré que la première superproduction de clip musical ayant bénéficié d’un budget et de conditions de tournage dignes d'un film de cinéma. Il y avait une raison à cela : dès l’origine Thriller a été conçu pour être un court-métrage diffusé en salle de cinéma. Son réalisateur John Landis propose de revivre une projection comme en 1983 : le making-of du clip (45 minutes) et donc une nouvelle version (avec sa durée de 14 minutes) du clip en 3D !

C’est Michael Jackson lui-même qui a souhaité que Thriller soit réalisé par John Landis, parce qu’il voulait se métamorphoser en créature tout comme dans le film Le Loup-garou de Londres de John Landis. C’est son deuxième très gros succès au cinéma juste après The Blues Brothers (que Jackson n’avait pas vu, pas plus que ses films précédents).

John Landis explique comment cette nouvelle version Thriller 3D est une belle manière de se souvenir du meilleur de Michael Jackson : "Je suis toujours fier du clip Thriller, je n’aime pas trop le voir comme il est sur Youtube, et comme j’avais accès aux négatifs c’était le moment de le montrer comme moi et Michael Jackson on voulait qu’il soit vu. C’est à dire dans une salle de cinéma, et dans sa meilleure version longue. On a fait une restauration des images en 4K, une conversion en 3D, et aussi un remix audio en Dolby Atmos. Michael Jackson avait 24 ans à l’époque, c’était déjà un pro de la musique avec plein d’années d’expériences depuis qu'il était gamin, il travaillait dur. Le Michael que j’ai rencontré était en fait plus comme un enfant de 18 ans qui s’amusait, mais il voulait le meilleur. L’idée de départ quand il m’a téléphoné c’était qu’il voulait être métamorphosé en monstre, comme dans mon film qu’il adorait. Quand je l’ai rencontré à Los Angeles j’ai vu qu’il était très fan de mon film Le Loup-garou de Londres, il m’a m’a posé plein de questions. Lui voulait faire un clip extraordinaire, il était d’ailleurs plus intéressé par ce projet que sa maison de disque. A l’époque il avait deux clips pour Billie Jean et Beat it, mais la télévision n’en voulait pas parce qu’il était noir. Au début le clip de Thriller a donc été projeté dans quelques cinémas, comme prévu. Le disque est sorti et ça marchait bien, et la maison de disque a vite compris que c’était mieux de le pousser à la télévision pour augmenter les ventes. Thriller est donc passé à la télé, et l’impact a été énorme, les ventes du disque ont monté en flèche. Michael Jackson a commencé à devenir la personne la plus célèbre du monde. Plus tard j’ai réalisé un autre de ses clips, Black or White, comme si je travaillais 'pour lui' plutôt que 'avec lui' comme c'était le cas pour Thriller. Durant la production de Thriller on est vraiment devenu ami. Revoir le making-of aujourd’hui c’est le revoir lui à son sommet, on y voit surtout Michael Jackson heureux et joyeux."

Le making-of montre qu'il s'agissait bien d'un tournage de cinéma : répétition des pas de danse avec un chorégraphe, préparation de moulage de la tête et autres prothèses pour la transformation, maquillage des figurants, le tournage dans une rue bloquée avec des fans venu l'apercevoir, le tournage en studio... On y voit un Michael Jackson en effet juvénile et rieur, à chaque étape il suit les directives de John Landis. D'ailleurs, on y voit aussi leur amitié avec Landis qui lui fait des blagues, le porter sur ses épaules ou même lui faire des chatouilles sous les pieds. De quoi avoir envie d'ailleurs de remuer les pieds avec la musique de Michael Jackson. A Venise, ce Thriller 3D a fait battre des mains avec beaucoup d'applaudissements nostalgiques.

Paradoxalement, Thriller n'a pas été numéro 1 aux Etats-Unis (son meilleur classement est la 4e place) ou au Royaume-Uni (10e), alors qu'il a été leader des ventes en France, avec un disque de platine. Mais il faut dire que le titre était le 7e single issu de l'album, sorti 18 mois plus tôt. L'album s'est vendu à 32 millions d'exemplaires aux USA et avec un total de 66 millions d'albums dans le monde, il reste le disque le plus vendu de l'histoire.

Cannes 70 : la Playlist de la 70e édition

Posté par kristofy, le 18 mai 2017

70 ans, 70 textes, 70 instantanés comme autant de fragments épars, sans chronologie mais pas au hasard, pour fêter les noces de platine des cinéphiles du monde entier avec le Festival de Cannes. En partenariat avec le site Critique-Film, nous lançons le compte à rebours : pendant les 70 jours précédant la 70e édition, nous nous replongeons quotidiennement dans ses 69 premières années.

Aujourd'hui, Jour J. C'est pour parti 10 jours de compétition, de films, de stars et de bonheur cinéphile à l'état pur !!! Merci d'avoir suivi le dossier et rendez-vous dans dix ans pour Cannes 80 ! Ou peut-être avant, qui sait ?

Et pour retrouver la totalité de la série, c'est toujours par .

L’année dernière le film Toni Erdman a fait l'événement sur la croisette. Vous souvenez-vous de la belle chanson de Whitney Houston qu'on y entend ? En 2015, dans Au-delà des montagnes de Jia Zhangke, vous souvenez quel tube planétaire résonne par deux fois ?

Quelques chansons sont (re)devenues populaires en apparaissant dans des films ayant gagné la Palme d’or : le joyeux I follow rivers de Lykke Li dans La vie d’Adèle, la protestation de Rockin in the free world de Neil Young dans Fahrenheit 9/11, le mélancolique By this river de Brian Eno dans La chambre du fils, le dansant You never can tell de Chuck Berry dans Pulp Fiction, la folie de The End de The Doors dans Apocalypse Now ; sans oublier des chansons qui sont nées presque dans le seul but d’être dans une séquence cinéma comme celles de Bjork dans Dancer in the dark ou Katyna Raniera dans La dolce vita, Nicole Croisille et Pierre Barouh dans Un homme et une femme de Lelouch... Soit une belle variété de styles ! D’ailleurs, les films en compétition officielle nous ont souvent enchantés avec du rock, du folk, du rap, du funk, du jazz, de l’électro, des bluettes romantiques ou même des mélodies bien guimauve.

Les chansons pop/rock au sens large sont les reines des bandes originales de films : David Bowie est dans la seconde guerre mondiale des Inglorious Basterds de Tarantino, les Pixies dans Southland Tales de Richard Kelly , The Strokes chez Marie-Antoinette de Sofia Coppola, U2 dans Si loin si proche! de Wim Wenders, Leonard Cohen dans Exotica de Atom Egoyan ; et pour d’autres générations The Lovin’ Spoonful dans Big boy de Francis Ford Coppola (en 1967), Dean Martin dans L.A. Confidential, Elton John dans Breaking the waves, Elvis Presley dans Mystery Train de Jim Jarmusch, Dead Kennedys dans Las Vegas Parano, Joy Division dans 24 Hour party people, Cat Power dans My Blueberry Nights, Blondie dans La nuit nous appartient… sans oublier les formidables chansons finales de La part des anges de Ken Loach avec I’m gonna be (500 miles) de The Proclaimers ou de Tournée de Mathieu Amalric avec Have love will travel de The Sonics.

Toutefois le rap/hip-hop et le funk a su aussi se faire entendre en sélection officielle devant les smokings et les belles robes : E-40 avec Choices(yup) a ambiancé l’année dernière American honey de Andrea Arnold, Public Ennemy revendique son Fight the power dans Do the right thing de Spike Lee alors que c'est Stevie Wonder dans son Jungle Fever, on danse aussi sur du Archie Bell & The Drells dans Go-Go tales de Abel Ferrara et du Keedz dans Polisse de Maïwenn.

La chanson française à texte, elle, s’écoute avec Guy Béart dans L’eau vive (en 1958), Romy Schneider dans Les choses de la vie de Claude Sautet (1970), Noir Désir sur la musique de Yann Tiersen dans Nos vies heureuses de Jacques Maillot (1999), Michel Delpech dans Quand j’étais chanteur de Xavier Giannoli (2006) ; et même en dehors de nos frontières avec Françoise Hardy dans Moonrise Kingdon de Wes Anderson ou Kavinsky au début de Drive de Nicolas Winding Refn ; le Canadien Xavier Dolan a également réussi à caler du Céline Dion (avec des paroles de Jean-Jacques Goldman) dans Mommy

Bien entendu, on s’est encore laissé bercer par des airs plus exotiques comme ceux de Lim Giong dans Millenium Mambo, Zhou Xuan dans In the mood for love, par les Brésiliens Agostinho dos Santos dans Orfeu Negro de Marcel Camus (1959) ou Chico Buarque dans Bye Bye Brasil de Carlos Diegues (1980), de la Grecque Melina Mercouri dans Jamais le dimanche de Jules Dassin (1960)…

Pour clore notre grand dossier "Cannes 70" et vous accompagner tout au long de cette nouvelle édition (et au-delà), EcranNoir.fr et Critique-Film vous ont concocté une playlist de 70 chansons entendues pendant les 69 premiers festivals, avec autant de tubes atemporels à siffloter que de bijoux oubliés à fredonner, 70 chansons qui figurent aux génériques de films en compétition officielle depuis 1946 jusqu’à 2016 ! On vous invite à l’écouter dans le train ou dans une file d’attente, à la jouer lors d’un cocktail ou d’un blind-test, à la partager avec vos amis de Facebook ou Twitter… et bien sûr à danser dessus !

Playlist concoctée par Kristofy pour Ecran Noir et Pascal Le Duff de Critique-Film, avec la complicité de MpM

La liste des titres

2016    Toni Erdman / Maren Ade    Whitney Houston    The Greatest Love of All
2016    American honey / Andrea Arnold    E-40    Choices (Yup)
2015    Au-delà des montagnes / Jia Zhangke    Pet Shop Boys    Go West
2014    Mommy / Xavier Dolan    Céline Dion    On Ne Change Pas
2013    La Vie d'Adèle / Abdellatif Kechiche    Lykke Li    I Follow Rivers
2012    Moonrise Kingdom / Wes Anderson    Françoise Hardy    Le temps de l'amour
2012    La Part des anges / Ken Loach    The Proclaimers    I'm gonna be (500 miles)
2011    Drive / Nicolas Winding Refn    Kavinsky    Nightcall
2011    Polisse / Maïwenn    Keedz    Stand on the word
2010    Tournée / Mathieu Amalric    The Sonics    Have Love Will Travel
2009    Inglourious Basterds / Quentin Tarantino    David Bowie    Cat People (Putting Out The Fire)
2008    Go Go Tales / Abel Ferrara    Archie Bell & The Drells    Tighten up
2007    La nuit nous appartient / James Gray    Blondie    Heart of glass
2007    Boulevard de la mort / Quentin Tarantino    April March    Chick Habit
2007    My Blueberry Nights / Wong Kar-wai    Cat Power    The Greatest
2006    Marie-Antoinette / Sofia Coppola    The Strokes    What Ever Happened ?
2006    Southland Tales / Richard Kelly    Pixies    Wave of Mutilation [UK Surf]
2006    Quand j'étais chanteur / Xavier Giannoli    Michel Delpech    Quand j'étais chanteur
2005    Broken Flowers / Jim Jarmusch    Holly Golightly    Tell Me Now So I Know
2004    Fahrenheit 9/11 / Michael Moore    Neil Young    Rockin' in the free world
2003    The Brown Bunny / Vincent Gallo    Jackson C. Frank    Milk And Honey
2002    24 Hour Party People / Michael Winterbottom    Joy Division    Love Will Tear Us Apart
2002    Punch-Drunk Love / Paul Thomas Anderson    Shelley Duvall    He Needs Me
2001    Millenium Mambo / Hou Hsiao-hsien    Lim Giong    A pure person
2001    Shrek / Andrew Adamson & Vicky Jenson    Eels    My Beloved Monster
2001    Mulholland Drive / David Lynch    Linda Scott    I've Told Every Little Star
2001    La Chambre du fils / Nanni Moretti    Brian Eno    By This River
2000    O'Brother / Joel et Ethan Coen    Dan Tyminski    I Am a Man of Constant Sorrow
2000    In the Mood for Love / Wong Kar-wai    Zhou Xuan    Hua Yang De Nian Hua
2000    Dancer in the Dark / Lars von Trier    Bjork    Cvalda
1999    Nos vies heureuses / Jacques Maillot    Noir Desir & Yann Tiersen     A ton étoile
1998    Las Vegas Parano / Terry Gilliam    Dead Kennedys    Viva Las Vegas
1997    L.A. Confidential / Curtis Hanson    Dean Martin    Powder Your Face with Sunshine
1996    Breaking the Waves / Lars von Trier    Elton John    Goodbye Yellow Brick Road
1994    Pulp Fiction / Quentin Tarantino    Chuck Berry    You never can tell
1994    Exotica / Atom Egoyan    Leonard Cohen    Everybody Knows
1993    Si loin, si proche ! / Wim Wenders    U2    Stay
1992    Twin Peaks / David Lynch    Julee Cruise    Questions In A World Of Blue
1991    Jungle Fever / Spike Lee    Stevie Wonder    Jungle Fever
1989    Do the ringht thing / Spike Lee    Public Ennemy    Fight the power
1989    Mystery Train / Jim Jarmusch    Elvis Presley    Mystery Train
1985    After Hours / Martin Scorsese     Peggy Lee    Is That All There Is ?
1982    Smithereens / Susan Seidelman    The Feelies    Loveless Love
1980    Que le spectacle commence / Bob Fosse    George Benson    On Broadway
1980    Bye Bye Brasil / Carlos Diegues    Chico Buarque    Bye Bye Brasil
1979    Apocalypse Now / Francis Ford Coppola    The doors    The End
1977    Car Wash / Michael Schultz    Rose Royce    Car Wash
1971    Sacco and Vanzetti / Giuliano Montaldo    Joan Baez    here's to you
1970    MASH / Robert Altman    The Mash    Suicide is painless
1970    Les Choses de la vie / Claude Sautet    Romy Schneider    la chanson d'helene
1969    Easy Rider / Dennis Hopper    Steppenwolf    Born to be wild
1967    Big Boy / Francis Ford Coppola    The Lovin' Spoonful    You're a Big Boy Now
1966    Un homme et une femme / Claude Lelouch    Nicole Croisille et Pierre Barouh    Un homme et une femme
1966    Alfie / Lewis Gilbert    Cilla Black    Alfie
1966    Des oiseaux, petits et gros / Pasolini    Ennio Morricone et Domenico Modugno    Uccellacci E Uccellini (Titoli Di Testa)
1966    L'armée brancaleone / Mario Monicelli    Carlo Rustichelli (compositeur)    Brancaleone's March
1962    L'éclipse / Michelangelo Antonioni    Mina    L'eclisse Twist
1961    Aimez vous Brahms / Anatole Litvak    Diahann Carroll    Say No More, It's Goodbye
1960    La Dolce Vita / Federico Fellini    Katyna Raniera    lLa Dolce Vita
1960    Jamais le dimanche / Jules Dassin    Melina Mercouri    Les enfants du pirée
1959    Orfeu Negro / Marcel Camus    Agostinho dos Santos    A Felicidate
1958    L'eau vive / François Villiers    Guy Béart    L'eau vive
1956    L'Homme qui en savait trop / Alfred Hitchcock    Doris Day    Que sera sera
1956    Une femme en enfer / Daniel Mann    Susan Hayward    When the Red, Red Robin Comes Bob, Bob, Bobbin' Along
1955    Carmen Jones / Otto Preminger    Pearl Bailey    Beat out dat rhythm on a drum
1952    Un Américain in Paris / Vincente Minnelli    Gene Kelly    I Got Rhythm
1947    Le roman d'Al Jolson / Alfred E. Green    Al Jolson    Toot, Toot, Tootsie (Goo' Bye!)
1947    Dumbo / Walt Disney    Cliff Edwards, Jim Carmichael    When I See an Elephant Fly
1946    Gilda / Charles Vidor    Anita Ellis    Put the Blame on Mame
1946    Rhapsodie en bleu / Irving Rapper    Hazel Scott    The Man I Love

Cannes 2017 : Cannes soundtrack donne le « la » pour sa 7e édition

Posté par MpM, le 4 mai 2017

Cannes Soundtrack, créé en 2010, remet depuis 2012 le « Coup de cœur » de la Meilleure Musique de Film Originale décerné à un film parmi ceux en compétition pour la Palme d'or. Le prix est décerné par un jury indépendant de journalistes et permet de mettre en valeur le travail primordial des compositeurs et superviseurs musicaux.

Cette année, dix-neuf films sont ainsi en compétition pour l’Award Cannes Sound. Le lauréat, qui succédera à Cliff Martinez pour The neon demon (2016), Lim Giong pour The Assassin de Hou Hsiao-Hsien (2015), Howard Shore pour Maps to the Stars de David Cronenberg (2014) ou encore Jozef Van Wissem pour Only lovers left Alive de Jim Jarmush (2013), sera annoncé lors d'une soirée spéciale qui aura lieu le 27 mai.

En parallèle, Cannes soundtrack promet une série de concerts live Musique & Cinéma, et des showcases d’artistes compositeurs liés à la programmation cinéma du Festival. Attention, ça va swinguer sur la Croisette !

Cannes 70 : 13 thèmes musicaux qui valent de l’or

Posté par cannes70, le 29 avril 2017

70 ans, 70 textes, 70 instantanés comme autant de fragments épars, sans chronologie mais pas au hasard, pour fêter les noces de platine des cinéphiles du monde entier avec le Festival de Cannes. En partenariat avec le site Critique-Film, nous lançons le compte à rebours : pendant les 70 jours précédant la 70e édition, nous nous replongeons quotidiennement dans ses 69 premières années.

En partenariat avec Cinezik, Benoit Basirico nous décrypte les musiques qui ont fait Cannes.

Aujourd'hui, J-19. Et pour retrouver la totalité de la série, c'est par .

Voici une sélection des thèmes qui ont marqué les 70 palmes d’or (ou initialement Grand Prix). Cette sélection tient compte de la beauté musicale des thèmes, mais aussi de la manière qu’ils ont eu de rester dans nos mémoires, que ce soit par leur apport émotionnel au film, par leur contribution à la narration, la simplicité de la mélodie, ou le choix d’un unique instrument. Cette sélection est dévoilée par ordre chronologique.

Le Troisième Homme (Carol Reed / Anton Karas, 1949)

Le compositeur autrichien Anton Karas signe son unique musique originale au cinéma pour le film de l’anglais Carol Reed avec une partition axée sur la cithare, un instrument soliste qui représente par son thème obsédant une sorte d’alter-ego pour le héros incarné par Orson Welles. Le musicien alors inconnu a été découvert par le réalisateur dans un bar à vins de Vienne.

Quand Carol Reed lui propose d’écrire la musique de son film, il s’en sent incapable puisqu’il n’avait jamais rien composé auparavant. Il a donc improvisé cette mélodie. Au final, la B.O restera pendant onze semaines en tête du hit parade américain, entre avril et juillet 1950 ! Anton Karas fera le tour du monde pour jouer sa musique. C’est l’exemple le plus frappant d’une musique d’abord anecdotique rendue célèbre grâce à la puissance émotionnelle d’un film.

La Dolce Vita (Federico Fellini / Nino Rota, 1960)

Depuis son premier long métrage Le Cheik blanc en 1952, Federico Fellini confie la musique de ses films à Nino Rota. Le compositeur travaille ainsi sur quinze films du réalisateur (La Strada, Huit et demi, ou Amarcord) jusqu’à sa mort en 1979. Pour La Dolce Vita, le thème participe à la douceur de vivre du titre, par sa légèreté.

Cette mélodie est distillée de manière diffuse comme un parfum enivrant prolongeant le climat d’insouciance. Dans une belle harmonie, la trompette et la guitare entonnent le thème sous la forme d’une valse lente qui semble faire danser les personnages. Nino Rota a également signé la musique d’une autre Palme d’or (Grand Prix) : Le Guépard de Visconti.

Les Parapluies De Cherbourg (Jacques Demy / Michel Legrand, 1964)

Le compositeur Michel Legrand retrouve son cinéaste fétiche Jacques Demy pour leur première comédie musicale après Lola et La Baie des anges. Au départ, le film devait être parlant avant d’être chanté. C’est le compositeur qui souffla l’idée à son ami Demy. C’est devenu le premier film où tous les dialogues sont chantés. Catherine Deneuve étant doublée, nous n’entendons jamais sa voix.

Ces chansons gaies et insouciantes sont en contraste avec l’histoire tragique d’un couple divisé par la guerre d’Algérie. Le couple Legrand-Demy réitérera avec le même succès à l'occasion du plus joyeux Les Demoiselles de Rochefort (1967) avec un univers visuel plus coloré. Michel Legrand a écrit la musique d’une autre Palme d’or (Grand prix) en 1971 avec Le Messager de Joseph Losey et son motif en boucle pour deux pianos et orchestre.

Un Homme et Une Femme (Claude Lelouch / Francis Lai, 1966)

Il s’agit de la première musique de film de Francis Lai et donc de sa première collaboration avec Claude Lelouch dont il deviendra inséparable. La musique est en contrepoint avec l'image, elle prend son importance par son autonomie. De plus, la musique chez ce tandem est toujours composée et enregistrée avant le tournage, avant la première image. Francis Lai a conçu son thème en fonction de l'histoire que Lelouch lui racontait.

C'est le réalisateur le chef d'orchestre puisqu'il monte ensuite la musique sur ses images. Il la fait même entendre à ses acteurs, Anouk Aimée et Jean-Louis Trintignant, sur le plateau pour conditionner leur jeu. Par la suite, une chanson sera tirée du film, avec des paroles de Pierre Barouh (« Da ba da ba da, ba da ba da ba ») et interprétée par Nicole Croisille. Francis Lai est un autodidacte. Il a écrit cette première partition tout seul, grâce à son instrument fétiche, un accordéon électronique, avant par la suite de s’associer à des orchestrateurs pour des musiques plus orchestrales. Francis Lai demeure l’un des plus grands inventeurs de mélodies.

Conversation Secrète (Francis Ford Coppola / David Shire, 1974)

Le compositeur David Shire a 37 ans lorsqu’il participe au film d’espionnage de son beau-frère (à l'époque) Francis Ford Coppola. Il compose avec son piano un air mélancolique teinté de jazz. Le cinéaste, fort du succès du Parrain qu'il considérait comme une simple commande commerciale, décide de mettre en chantier ce film plus intime, plus personnel, et plus modeste. La musique par son épure participe à cette simplicité apparente.

D’ailleurs, David Shire souhaitait au départ écrire une partition pour orchestre mais le réalisateur exigea une musique pour un seul instrument : le piano. Sous cette forme minimale, le thème en devient plus troublant. Le film se termine avec une scène où Gene Hackman joue du saxophone avec un morceau sans lien avec le thème de David Shire.

Taxi Driver (Martin Scorsese, Bernard Herrmann, 1976)

Il s’agit de la dernière musique de Bernard Herrmann (le film fut dévoilé à Cannes 4 mois après son décès survenu en décembre 1975) et une unique collaboration avec Martin Scorsese. Plutôt habitué des motifs orchestraux (notamment pour Hitchcock), le compositeur propose pour la première fois d’intégrer le jazz à son univers avec cette partition de saxophone alto.

Pour l’anecdote, sa collaboration avec Hitchcock s’est arrêtée lorsqu’en 1966 le cinéaste anglais rejeta sa musique pour Le Rideau déchiré au profit de la partition jazz de John Addison. Ce genre étant alors à la mode à Hollywood. Dans le thème d’ouverture de Taxi Driver, les cordes graves, les cuivres et les lourdes percussions illustrent la descente aux enfers nocturne du personnage, tandis que le saxophone qui fait son apparition dans un second temps convoque la lumière des néons qui éclairent la ville plongée dans le noir. L'aspect jazzistique est le versant lumineux d'un cauchemar.

Paris Texas (Wim Wenders / Ry Cooder, 1984)

Compositeur régulier du cinéaste Walter Hill, le guitariste Ry Cooder est surtout réputé pour sa collaboration avec l'Allemand Wim Wenders pour ce mythique Paris Texas (c’est leur première collaboration avant de se retrouver sur The End Of Violence en 1997, et sur Buena Vista social club en tant qu’initiateur de la formation du groupe cubain).

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Cannes 70 : si les biopics musicaux de Cannes m’étaient contés

Posté par MpM, le 15 avril 2017

70 ans, 70 textes, 70 instantanés comme autant de fragments épars, sans chronologie mais pas au hasard, pour fêter les noces de platine des cinéphiles du monde entier avec le Festival de Cannes. En partenariat avec le site Critique-Film, nous lançons le compte à rebours : pendant les 70 jours précédant la 70e édition, nous nous replongeons quotidiennement dans ses 69 premières années.

Aujourd'hui, J-33 Et pour retrouver la totalité de la série, c'est par .

Si le festival de Cannes a échappé à La Môme, Gainsbourg, Django, Dalida, Cloclo et autres biopics musicaux récents, certains ont pu s’y dévoiler, sous une forme plus inattendue que la biographie romancée d’un artiste. Considéré dans sa simple expression, un biopic peut se contenter d’être la chronologie de la vie d’un musicien, avec un acteur grimé pour le représenter (on se souvient du maquillage de Marion Cotillard en Piaf), mais souvent le réalisateur qui s’empare d’un tel projet fait tout pour s’affranchir du genre, y voyant tous les poncifs à éviter. Et Mathieu Amalric qui fait l’ouverture d’Un Certain Regard cette année avec Barbara annonce déjà qu’il ne s’agit pas vraiment d’un biopic sur la chanteuse. Nous voilà rassurés.

Puisqu’il ne s’agit pas ici de documentaires (ceux-ci ayant donné lieu à des belles réussites comme celui de Asif Kapadia, Amy, sur Amy Winehouse, présenté à Cannes en 2005, Gimme Danger de Jarmusch sur les Stooges l’année dernière sur la croisette...), il est toujours risqué pour un cinéaste de se confronter à une figure existante dans le cadre de la fiction. Il y a bien sûr la question de la véracité des faits (respect ou pas de la chronologie d’une vie), la question de l’incarnation physique (acteur ressemblant ou pas), et en ce qui concerne la musique, le choix est posé de convoquer ou pas les titres existants et de leur interprétation.

Pour Control (Quinzaine des réalisateurs 2007) sur la vie et le suicide de Ian Curtis, leader de Joy Division, le réalisateur Anton Corbijn s’est inspiré du livre écrit par Déborah, la veuve du chanteur, son film est vibrant comme un hommage, il est vécu par le spectateur de l’intérieur, dans toute sa dimension intime. De plus, avec cette adaptation, le réalisateur a eu le soutien de Deborah Curtis, ce qui est précieux puisque le biopic se confronte bien souvent à des freins juridiques puisqu’il faut l’autorisation (la “validation”) de l’artiste ou de ses ayant-droits.

Le mieux est même d’impliquer l’artiste lui-même de son vivant : Ray Charles choisit lui-même Jamie Foxx pour l’incarner dans Ray (2004). Johnny Cash approuve Joaquin Phoenix pour Walk the Line (2005) de James Mangold. Et pour la musique de ces biopics, se pose la question des droits que vont négocier les superviseurs musicaux, ces personnes missionnées par la production d’un film pour choisir avec le réalisateur les titres et en “clearer” les droits.


L’histoire de Sid & Nancy de Alex Cox (Quinzaine des réalisateurs 1986, et dont on attend en salles le 25 octobre 2017 la version restaurée) rappelle celle de Control, avec le récit d’un couple destructif constitué du chanteur (Sid Vicious, rebel punk des Sex Pistols) et d’une groupie. Il s’agit pour ces deux premiers exemples de la fin d’un mythe, d’une désagrégation, tandis que d’autres biopics sont plutôt des prequels en se focalisant sur la période qui précède le succès, sur l’enfance. C’est le cas de Nowhere Boy de Sam Taylor-Wood (2009) sur l’adolescence de John Lennon, ou de Notorious B.I.G de George Tillman Jr. (2009) sur l’enfance du rappeur. Ces approches permettent plus de liberté puisque ces épisodes sont moins connus.

Comme nous le remarquons, le biopic est un récit souvent relaté par un regard tiers, celui d’une groupie, d’un concurrent jaloux (Antonio Salieri dans Amadeus de Milos Forman qui fait office de biographe), ou bien d’un compagnon comme cela se présente dans Ma Vie avec Liberace/Behind The Candelabra de Steven Soderbergh (en compétition, Cannes 2013), portrait du pianiste américain de music-hall, Liberace (interprété par Michael Douglas) scruté par les yeux de son jeune amant Scott (Matt Damon). Ces points vue potentiellement déformants sont une autre manière pour les réalisateurs de faire jouer leur inventivité.

Avec Bird de Clint Eastwood (en compétition officielle, Cannes 1988), il s’agissait à travers la figure du saxophoniste Charlie Parker (incarné par Forest Whitaker, Prix d'interprétation masculine au festival) de rendre hommage à un genre musical tout entier, le jazz, qu’affectionne particulièrement le cinéaste. Le film se situe au delà de l’artiste. Todd Haynes aussi a voulu avec Velvet Goldmine (Compétition 1998 et Prix de la meilleure contribution artistique) rendre hommage à un genre, le glam rock, à travers les figures de David Bowie, d’Iggy Pop et de Lou Reed, jamais nommés mais qui apparaissant derrière l'exubérance des personnages.

En privilégiant le pur acte artistique au dépend de la biographie, le cinéaste conçoit un biopic “fantasmé” comme il le refera avec I’m not there (2007) autour de l’idée d’une réincarnation avec un Bob Dylan interprété par six acteurs d’âges, de sexes et de couleurs différents (et une BO constituée de reprises de Dylan par d’autres artistes). Il s’agit plus ici d’une évocation que d’une représentation.

Last Days de Gus Van Sant (en compétition, Cannes 2005) de Gus Van Sant s'intéressait aux derniers jours de Kurt Cobain mais le personnage se prénomme Blake, le récit n’est pas véritablement narratif, et aucun titre du leader de Nirvana ne figure dans la BO (l’acteur Michael Pitt a inventé des chansons originales avec sa guitare). On est ici devant un cas très éloigné du biopic, où la personnalité évoquée n’est que suggérée. Il s’agit plus d’une allusion que d’une reconstitution.

Concernant la musique, l’emploi des titres en relation avec l’artiste représenté n’empêche pas à une musique originale de s’imposer. Par exemple, dans Bird, Lennie Niehaus prolonge la musique de Parker avec un quintet de jazz. Dans Velvet Goldmine, le fidèle du cinéaste Carter Burwell tisse sa propre toile musicale entre les instants glam. Pour Lady Sings The Blues de Sidney J. Furie (Hors-compétition, Cannes 1973) où Diana Ross interprète la diva du blues Billie Holiday, c’est Michel Legrand qui écrit le “love theme” mélancolique au piano tout en se chargeant de l’arrangement des chansons blues.

Alors, en ce qui concerne Barbara, dans quelle direction le réalisateur aura choisi d’aller ? Les amoureux de la chanteuse peuvent espérer entendre ses hits (le compositeur Grégoire Hetzel qui a officié pour Amalric sur La Chambre bleue a confirmé ne pas être impliqué) et imaginer voir Jeanne Balibar (elle-même également chanteuse) reprendre les gestes de la “dame en noir”, mais on peut compter sur Mathieu Amalric pour prendre ses distances avec le biopic attendu.

Benoit Basirico de Cinezik

Cannes 70 : quelle place pour les compositeurs en 70 compétitions ?

Posté par cannes70, le 9 avril 2017

70 ans, 70 textes, 70 instantanés comme autant de fragments épars, sans chronologie mais pas au hasard, pour fêter les noces de platine des cinéphiles du monde entier avec le Festival de Cannes. En partenariat avec le site Critique-Film, nous lançons le compte à rebours : pendant les 70 jours précédant la 70e édition, nous nous replongeons quotidiennement dans ses 69 premières années.

Aujourd'hui, J-39. Et pour retrouver la totalité de la série, c'est par .

La musique est l’un des éléments indispensables à beaucoup de chef d’oeuvres du cinéma (que serait Vertigo sans la musique de Bernard Herrmann ?), elle s’est aussi faite remarquer au sein des films des 70 ans de compétitions cannoises. C’est à Cannes que s’est fait entendre pour la première fois le “chabadabada” de Un homme et une femme (1966) de Claude Lelouch sur une musique de Francis Lai.

On peut citer le thème lyrique de Doctor Zhivago (1966) de Maurice Jarre, la ballade de Mon Oncle de Jacques Tati, le thème décalé de Anton Karas joué à la guimbarde dans Le Troisième homme (1949) de Carol Reed, la clarinette de Philippe Sarde dans Le Locataire de Polanski (1975) et sa chanson pour Romy Schneider dans Les Choses de la vie (1970), les expérimentations électroniques de Alain Goraguer pour La Planète sauvage (1973), le synthétiseur de Giorgio Moroder sur Midnight Express (1978) ou celui de Vangelis sur Les Chariots de feu (1981), le saxophone de Bernard Herrmann pour la descente aux enfers de Taxi Driver (1976), la guitare dobro de Ry Cooder pour les grands espaces de Paris, Texas (1984), celle plus fantomatique de Neil Young dans Dead Man (1995) ou celles plus dissonantes de Howard Shore dans Crash (1996) de Cronenberg, le hautbois et les chœurs de Ennio Morricone dans Mission (1986), le thème obsédant de Jerry Goldsmith dans Basic Instinct (1992) ou le piano plus romanesque de Michael Nyman dans La Leçon de piano de Jane Campion (1993).

Qu’elle soit minimaliste et pointilliste (la délicate partition de Carter Burwell pour Barton Fink, 1991, celle plus vagabonde de Caro Diaro de Nicola Piovani) ou plus spectaculaire telle celle de Goran Bregovic dans La Reine Margot, la musique a eu ses gloires à Cannes. Mais il faut avouer que depuis une quinzaine d’année, les musiques marquantes se font plus rares, les deux derniers cas majeurs pouvant être cités seraient les cuivres suaves de Alberto Iglesias sur Tout sur ma mère (1999) de Almodovar, ainsi que les atmosphères lugubres doublés d’instants jazzy de Angelo Badalamenti sur Mulholland Drive (2001) de Lynch. Il ne s’agit pas là que d’une question d’appréciation personnelle, mais de la trace laissée par ces B.O. On peut estimer ce qu’a fait Cliff Martinez pour les films de Refn en compétition (Neon Demon), mais l’impact historique est moindre au regard des exemples pré-cités. Il manque peut-être alors un relais lors du festival et des événements associés.

La musique comme sujet du film

Aussi, il y a différents types de musique de film. Il y a celle qui ne cherche pas à être la vedette, cette musique dont l’objectif est de servir le film, et non de se servir elle-même. C’est de celle-ci dont il était question, et parfois certaines sortent du lot par des choix forts (le choix d’un instrument soliste, la place accordée à un thème). Et il y a aussi la musique comme sujet du film (Bird en 1988, Velvet Goldmine en 1998, Last Days en 2005, Ma Vie avec Liberace et Inside Llewyn Davis en 2013) et de son genre même (la comédie musicale) qui a pu arpenter les 70 ans de festival.

On peut relever par ordre chronologique Ziegfeld Follies (1948) et Un américain à Paris (1952) de Minnelli, Funny Face (1957) de Donen, tous les trois sont avec une musique de Gershwin, Les Parapluies de Cherbourg (1964) de Demy (et les chansons de Michel Legrand), All That Jazz de Bob Fosse, et dans les années 2000, Dancer in the dark (Lars Von Trier / Bjork), Moulin Rouge (Baz Luhrmann / Craig Armstrong), Les Chansons d’amour (Honoré / Beaupain).

Il était plus aisé pour la musique de ces films de se faire remarquer. La musique se fait surtout entendre quand elle se voit.

Musique originale versus musique prééxistante

Il faut également distinguer la musique dite “originale” (celle qui implique le travail sur mesure d’un compositeur), à la musique dite “préexistante”. Celle-ci, convoquant bien souvent des morceaux que l’on reconnaît, se fait plus facilement remarquer et évince même la reconnaissance du compositeur impliqué quand ces deux musiques co-existent. Kavinski pour Drive a éclipsé la partition de Cliff Martinez, et personne ne se souvient du compositeur au générique de Polisse de Maïwenn (Stephen Warbeck), mais tout le monde a en tête la chanson de Keedz sur laquelle danse Joey Starr. Quelle injustice d’entendre des auditeurs dans un bar écoutant cette chanson dire “ah, c’est la musique de Polisse”...

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18e édition pour le Festival international du film d’Aubagne

Posté par MpM, le 20 mars 2017

C'est parti pour la 18e édition du Festival international du film d'Aubagne qui s'ouvre ce soir avec Captain Fantastic de Matt Ross. Consacré à la promotion de la jeune création cinématographique et à la création musicale pour l’image, il propose une profusion de rencontres, de projections et de concerts qui réunissent plus de 500 professionnels venus du monde entier.

Au programme, des compétitions longs et courts métrages qui permettront de (re)découvrir Compte tes blessures de Morgan Simon ou Limbo de Konstantina Kotzamani, des films coups de cœur comme Ma vie de courgette de Claude Barras, des avant-premières et plusieurs rendez-vous autour de la musique de film.

La compositrice Rachel Portman, première femme ayant remporté l'Oscar de la meilleure musique originale (c'était en 1997 pour Emma l'entremetteuse de Douglas McGrath), est ainsi l'invitée d'honneur de cette édition 2017. La masterclass de composition musicale pour l'image sera, elle, dirigée par le compositeur Jérôme Lemonnier. Elle donnera lieu, après 10 jours d'un travail acharné, à la création d'un ciné concert présenté lors de la cérémonie de clôture le 25 mars. Enfin, c'est Nathaniel Méchaly, connu pour la bande originale de The Grandmaster de Wong Kar-Wai ou Taken de Pierre Morel, qui donnera la fameuse leçon de musique de l'édition 2017.

D'autres invités d'honneur sont attendus comme l'actrice et réalisatrice Noémie Lvovsky, le cinéaste Radu Mihaileanu,  ou encore l'acteur et réalisateur Lyes Salem. En parallèle, le festival propose également un hommage à trois festivals européens (Brno 16 en république tchèque, Oberhausen en Allemagne et Il Cinema Ritrovato en Italie), des programmes courts, des concerts, des actions d'éducation à l'image et des rencontres professionnelles. On l'aura compris : cette semaine, quand on aime le cinéma et la musique, c'est à Aubagne que ça se passe !

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Festival international du film d'Aubagne, musique et cinéma
Du 20 au 25 mars 2017
Informations sur le site de la manifestation

Damien Chazelle va vous faire chanter avec « La La Land » et « Guy & Madeline »

Posté par cynthia, le 12 mars 2017

Après avoir mené la danse aux Golden Globes, aux Baftas et aux Oscars (six statuettes malgré l'accident de la catégorie du meilleur film), La La Land a déboulé en version karaoké dans une centaine de salles en France depuis le 11 mars.

Entre tata Yvette qui adore, grand-mère, maman, le frère, le boyfriend, la girlfriend, la boulangère du coin, etc... La La Land est devenu un membre de la famille depuis sa sortie en salles en janvier dernier (2,4 millions de spectateurs en France). Cette nouveauté chantante va ravir les fans qui n'arrêtent pas d'écouter et de chanter la bande originale sous la douche (ne mentez pas, nous vous entendons d'ici!). Composée et orchestré par Justin Hurwitz (récompensé aux Golden Globes et aux Oscars) les titres City of Stars ou encore Another day of sun n'ont pas fini de vous faire chanter.

Comme une bonne nouvelle n'arrive pas seule, la bande originale de Guy and Madeline on a Park Bench sortira le 17 mars et sera disponible sur Spotify.

Avant de réaliser les films Whiplash et La La Land, Damien Chazelle a démarré sa carrière avec Guy & Madeline on a Park Bench, une comédie musicale jazz qu'il a écrite et dirigée pendant ses études à Harvard. L'histoire d'un jeune couple (une star de la trompette en devenir et une introvertie désorientée) dont la relation s'étiole malgré leur amour naissant. Deux cœurs brisés que l'espoir et le regret animent tour à tour, et qui tentent de trouver un sens à leur nouvelle vie sans l'autre... un peu un La La Land avant l'heure n'est-il pas?

Chazelle était persuadé qu'un film si centré sur le monde du jazz et de la tap dance (les claquettes) nécessitait une excellente partition. Par chance, Justin Hurwitz, son collègue d'Harvard, a été engagé pour relever le défi de composer Guy and Madeline et il s'en est sorti brillamment. Ayant eu l'honneur d'avoir écouté cette sublime bande originale, nous pouvons affirmer la réussite de Hurwitz à mettre en lumière les paroles de Damien Chazelle, en mariant les sonorités sensibles des grandes formations du début du 20ème siècle avec celles des petits groupes d'aujourd'hui.

Disponible le 17 mars prochain chez Milan Music, la bande originale de ce film illustre à la perfection la genèse d'un partenariat hollywoodien, qui a donné naissance à une multitude de classiques de l'époque moderne. En quelques notes nous voyons Damien Chazelle derrière sa caméra.

Le plus jeune réalisateur oscarisé et Justin Hurwitz n'ont pas terminé de faire vibrer nos yeux et nos tympans. Même si le prochain film de Chazelle, un biopic sur l'astronaute sur Neil Armstrong, ne sera certainement pas musical. Sortie prévue à l'automne 2018.

La La Land: un carton au box office mais aussi dans les ventes de disques

Posté par vincy, le 9 février 2017

Déjà 1 314 086 entrées en France pour La La Land. Forcément, après avoir vu le film, une grande partie des spectateurs veut réécouter la musique et les chansons.

En France le disque a gagné 23 places en deuxième semaine grâce à 6700 ventes. Classé troisième meilleure vente, la BOF a déjà trouvé 8400 acheteurs en France. Notons que le single "City of Stars" est entré dans le Top 50 la semaine dernière.

Il n'y a pas qu'en France que la bande originale cartonne puisqu'aux Etats-Unis, huit semaines après sa sortie, la musique est toujours dans le Top 10 après avoir atteint un sommet à la deuxième place au moment de la révélation des nominations aux Oscars. Le cap des 200 000 albums vendus est en passe d'être franchi.

Au Royaume Uni, le disque est carrément la meilleure vente cette semaine après des semaines dans le Top 10. La BOF est dans les meilleures ventes également en Allemagne et en Espagne.

Susan Sarandon et Kristen Stewart en voiture avec Justice et les Rolling Stones

Posté par kristofy, le 3 décembre 2016

A quelques jours d'intervalle deux stars du grand écran se sont laissées tenter par les petits écrans du web pour un clip musical. Ce type de 'petit boulot' offre souvent l'opportunité à la star de se montrer avec un talent différent ou avec un nouveau visage : comme par exemple le groupe Massive Attack qui a fait danser Rosamund Pike de manière possédée (voir Voodoo In My Blood) ou qui a fait se désagréger Cate Blanchett (voir The Spoils)... Il s'agit tout de même d'un 'rôle principal', c'est un peu plus rare qu'il s'agisse juste de faire un peu de 'figuration' : cette semaine Susan Sarandon puis Kristen Stewart ont joué les figurantes de luxe pour faire du buzz avec un clip musical faisant la promo des nouveaux disques respectivement de Justice et des Rolling Stones.

Le duo Justice, ambassadeurs d'une nouvelle 'french touch' à travers le monde, ont sorti leur 3ème disque en novembre et un nouveau clip est apparu il y a quelques jours : une voiture vintage est préparée pour un road-trip, et elle sera conduite par Susan Sarandon. Si celle-ci danse en jouant avec la séduction de son décolleté blanc (oui une femme est sexy à 70 ans) sa présence dans cette vidéo est bien entendu très symbolique : la revoilà au volant d'une décapotable 25 ans après son rôle culte dans Thelma et Louise.

Le groupe The Rolling Stones, plus de 50 ans de carrière au compteur, toujours en tournée mondiale, viennent de sortir ce 2 décembre un nouveau disque: il s'agit de reprises de titres de blues. C'est leur premier album studio depuis 11 ans. Là aussi une voiture vintage brille, mais elle est conduite par Kristen Stewart. Elle aussi danse de manière sensuelle avec un petit tshirt blanc, elle est prête à se défendre contre un homme qui l'importune : et elle prend son pied en roulant à fond, cigarette aux lèvres et majeur dressé au final (sexe drogue et rock 'n roll ?). Pour mémoire Kristen Stewart a déjà interprété le rôle d'une icône du rock (Joan Jett dans le biopic Les Runaways), mais surtout ce clip fait écho à son rôle dans le film Sur la route avec l'expérience de la liberté en partant en voiture...