Cannes 70 : si les biopics musicaux de Cannes m’étaient contés

Posté par MpM, le 15 avril 2017

70 ans, 70 textes, 70 instantanés comme autant de fragments épars, sans chronologie mais pas au hasard, pour fêter les noces de platine des cinéphiles du monde entier avec le Festival de Cannes. En partenariat avec le site Critique-Film, nous lançons le compte à rebours : pendant les 70 jours précédant la 70e édition, nous nous replongeons quotidiennement dans ses 69 premières années.

Aujourd'hui, J-33 Et pour retrouver la totalité de la série, c'est par .

Si le festival de Cannes a échappé à La Môme, Gainsbourg, Django, Dalida, Cloclo et autres biopics musicaux récents, certains ont pu s’y dévoiler, sous une forme plus inattendue que la biographie romancée d’un artiste. Considéré dans sa simple expression, un biopic peut se contenter d’être la chronologie de la vie d’un musicien, avec un acteur grimé pour le représenter (on se souvient du maquillage de Marion Cotillard en Piaf), mais souvent le réalisateur qui s’empare d’un tel projet fait tout pour s’affranchir du genre, y voyant tous les poncifs à éviter. Et Mathieu Amalric qui fait l’ouverture d’Un Certain Regard cette année avec Barbara annonce déjà qu’il ne s’agit pas vraiment d’un biopic sur la chanteuse. Nous voilà rassurés.

Puisqu’il ne s’agit pas ici de documentaires (ceux-ci ayant donné lieu à des belles réussites comme celui de Asif Kapadia, Amy, sur Amy Winehouse, présenté à Cannes en 2005, Gimme Danger de Jarmusch sur les Stooges l’année dernière sur la croisette...), il est toujours risqué pour un cinéaste de se confronter à une figure existante dans le cadre de la fiction. Il y a bien sûr la question de la véracité des faits (respect ou pas de la chronologie d’une vie), la question de l’incarnation physique (acteur ressemblant ou pas), et en ce qui concerne la musique, le choix est posé de convoquer ou pas les titres existants et de leur interprétation.

Pour Control (Quinzaine des réalisateurs 2007) sur la vie et le suicide de Ian Curtis, leader de Joy Division, le réalisateur Anton Corbijn s’est inspiré du livre écrit par Déborah, la veuve du chanteur, son film est vibrant comme un hommage, il est vécu par le spectateur de l’intérieur, dans toute sa dimension intime. De plus, avec cette adaptation, le réalisateur a eu le soutien de Deborah Curtis, ce qui est précieux puisque le biopic se confronte bien souvent à des freins juridiques puisqu’il faut l’autorisation (la “validation”) de l’artiste ou de ses ayant-droits.

Le mieux est même d’impliquer l’artiste lui-même de son vivant : Ray Charles choisit lui-même Jamie Foxx pour l’incarner dans Ray (2004). Johnny Cash approuve Joaquin Phoenix pour Walk the Line (2005) de James Mangold. Et pour la musique de ces biopics, se pose la question des droits que vont négocier les superviseurs musicaux, ces personnes missionnées par la production d’un film pour choisir avec le réalisateur les titres et en “clearer” les droits.


L’histoire de Sid & Nancy de Alex Cox (Quinzaine des réalisateurs 1986, et dont on attend en salles le 25 octobre 2017 la version restaurée) rappelle celle de Control, avec le récit d’un couple destructif constitué du chanteur (Sid Vicious, rebel punk des Sex Pistols) et d’une groupie. Il s’agit pour ces deux premiers exemples de la fin d’un mythe, d’une désagrégation, tandis que d’autres biopics sont plutôt des prequels en se focalisant sur la période qui précède le succès, sur l’enfance. C’est le cas de Nowhere Boy de Sam Taylor-Wood (2009) sur l’adolescence de John Lennon, ou de Notorious B.I.G de George Tillman Jr. (2009) sur l’enfance du rappeur. Ces approches permettent plus de liberté puisque ces épisodes sont moins connus.

Comme nous le remarquons, le biopic est un récit souvent relaté par un regard tiers, celui d’une groupie, d’un concurrent jaloux (Antonio Salieri dans Amadeus de Milos Forman qui fait office de biographe), ou bien d’un compagnon comme cela se présente dans Ma Vie avec Liberace/Behind The Candelabra de Steven Soderbergh (en compétition, Cannes 2013), portrait du pianiste américain de music-hall, Liberace (interprété par Michael Douglas) scruté par les yeux de son jeune amant Scott (Matt Damon). Ces points vue potentiellement déformants sont une autre manière pour les réalisateurs de faire jouer leur inventivité.

Avec Bird de Clint Eastwood (en compétition officielle, Cannes 1988), il s’agissait à travers la figure du saxophoniste Charlie Parker (incarné par Forest Whitaker, Prix d'interprétation masculine au festival) de rendre hommage à un genre musical tout entier, le jazz, qu’affectionne particulièrement le cinéaste. Le film se situe au delà de l’artiste. Todd Haynes aussi a voulu avec Velvet Goldmine (Compétition 1998 et Prix de la meilleure contribution artistique) rendre hommage à un genre, le glam rock, à travers les figures de David Bowie, d’Iggy Pop et de Lou Reed, jamais nommés mais qui apparaissant derrière l'exubérance des personnages.

En privilégiant le pur acte artistique au dépend de la biographie, le cinéaste conçoit un biopic “fantasmé” comme il le refera avec I’m not there (2007) autour de l’idée d’une réincarnation avec un Bob Dylan interprété par six acteurs d’âges, de sexes et de couleurs différents (et une BO constituée de reprises de Dylan par d’autres artistes). Il s’agit plus ici d’une évocation que d’une représentation.

Last Days de Gus Van Sant (en compétition, Cannes 2005) de Gus Van Sant s'intéressait aux derniers jours de Kurt Cobain mais le personnage se prénomme Blake, le récit n’est pas véritablement narratif, et aucun titre du leader de Nirvana ne figure dans la BO (l’acteur Michael Pitt a inventé des chansons originales avec sa guitare). On est ici devant un cas très éloigné du biopic, où la personnalité évoquée n’est que suggérée. Il s’agit plus d’une allusion que d’une reconstitution.

Concernant la musique, l’emploi des titres en relation avec l’artiste représenté n’empêche pas à une musique originale de s’imposer. Par exemple, dans Bird, Lennie Niehaus prolonge la musique de Parker avec un quintet de jazz. Dans Velvet Goldmine, le fidèle du cinéaste Carter Burwell tisse sa propre toile musicale entre les instants glam. Pour Lady Sings The Blues de Sidney J. Furie (Hors-compétition, Cannes 1973) où Diana Ross interprète la diva du blues Billie Holiday, c’est Michel Legrand qui écrit le “love theme” mélancolique au piano tout en se chargeant de l’arrangement des chansons blues.

Alors, en ce qui concerne Barbara, dans quelle direction le réalisateur aura choisi d’aller ? Les amoureux de la chanteuse peuvent espérer entendre ses hits (le compositeur Grégoire Hetzel qui a officié pour Amalric sur La Chambre bleue a confirmé ne pas être impliqué) et imaginer voir Jeanne Balibar (elle-même également chanteuse) reprendre les gestes de la “dame en noir”, mais on peut compter sur Mathieu Amalric pour prendre ses distances avec le biopic attendu.

Benoit Basirico de Cinezik

Cannes 70 : quelle place pour les compositeurs en 70 compétitions ?

Posté par cannes70, le 9 avril 2017

70 ans, 70 textes, 70 instantanés comme autant de fragments épars, sans chronologie mais pas au hasard, pour fêter les noces de platine des cinéphiles du monde entier avec le Festival de Cannes. En partenariat avec le site Critique-Film, nous lançons le compte à rebours : pendant les 70 jours précédant la 70e édition, nous nous replongeons quotidiennement dans ses 69 premières années.

Aujourd'hui, J-39. Et pour retrouver la totalité de la série, c'est par .

La musique est l’un des éléments indispensables à beaucoup de chef d’oeuvres du cinéma (que serait Vertigo sans la musique de Bernard Herrmann ?), elle s’est aussi faite remarquer au sein des films des 70 ans de compétitions cannoises. C’est à Cannes que s’est fait entendre pour la première fois le “chabadabada” de Un homme et une femme (1966) de Claude Lelouch sur une musique de Francis Lai.

On peut citer le thème lyrique de Doctor Zhivago (1966) de Maurice Jarre, la ballade de Mon Oncle de Jacques Tati, le thème décalé de Anton Karas joué à la guimbarde dans Le Troisième homme (1949) de Carol Reed, la clarinette de Philippe Sarde dans Le Locataire de Polanski (1975) et sa chanson pour Romy Schneider dans Les Choses de la vie (1970), les expérimentations électroniques de Alain Goraguer pour La Planète sauvage (1973), le synthétiseur de Giorgio Moroder sur Midnight Express (1978) ou celui de Vangelis sur Les Chariots de feu (1981), le saxophone de Bernard Herrmann pour la descente aux enfers de Taxi Driver (1976), la guitare dobro de Ry Cooder pour les grands espaces de Paris, Texas (1984), celle plus fantomatique de Neil Young dans Dead Man (1995) ou celles plus dissonantes de Howard Shore dans Crash (1996) de Cronenberg, le hautbois et les chœurs de Ennio Morricone dans Mission (1986), le thème obsédant de Jerry Goldsmith dans Basic Instinct (1992) ou le piano plus romanesque de Michael Nyman dans La Leçon de piano de Jane Campion (1993).

Qu’elle soit minimaliste et pointilliste (la délicate partition de Carter Burwell pour Barton Fink, 1991, celle plus vagabonde de Caro Diaro de Nicola Piovani) ou plus spectaculaire telle celle de Goran Bregovic dans La Reine Margot, la musique a eu ses gloires à Cannes. Mais il faut avouer que depuis une quinzaine d’année, les musiques marquantes se font plus rares, les deux derniers cas majeurs pouvant être cités seraient les cuivres suaves de Alberto Iglesias sur Tout sur ma mère (1999) de Almodovar, ainsi que les atmosphères lugubres doublés d’instants jazzy de Angelo Badalamenti sur Mulholland Drive (2001) de Lynch. Il ne s’agit pas là que d’une question d’appréciation personnelle, mais de la trace laissée par ces B.O. On peut estimer ce qu’a fait Cliff Martinez pour les films de Refn en compétition (Neon Demon), mais l’impact historique est moindre au regard des exemples pré-cités. Il manque peut-être alors un relais lors du festival et des événements associés.

La musique comme sujet du film

Aussi, il y a différents types de musique de film. Il y a celle qui ne cherche pas à être la vedette, cette musique dont l’objectif est de servir le film, et non de se servir elle-même. C’est de celle-ci dont il était question, et parfois certaines sortent du lot par des choix forts (le choix d’un instrument soliste, la place accordée à un thème). Et il y a aussi la musique comme sujet du film (Bird en 1988, Velvet Goldmine en 1998, Last Days en 2005, Ma Vie avec Liberace et Inside Llewyn Davis en 2013) et de son genre même (la comédie musicale) qui a pu arpenter les 70 ans de festival.

On peut relever par ordre chronologique Ziegfeld Follies (1948) et Un américain à Paris (1952) de Minnelli, Funny Face (1957) de Donen, tous les trois sont avec une musique de Gershwin, Les Parapluies de Cherbourg (1964) de Demy (et les chansons de Michel Legrand), All That Jazz de Bob Fosse, et dans les années 2000, Dancer in the dark (Lars Von Trier / Bjork), Moulin Rouge (Baz Luhrmann / Craig Armstrong), Les Chansons d’amour (Honoré / Beaupain).

Il était plus aisé pour la musique de ces films de se faire remarquer. La musique se fait surtout entendre quand elle se voit.

Musique originale versus musique prééxistante

Il faut également distinguer la musique dite “originale” (celle qui implique le travail sur mesure d’un compositeur), à la musique dite “préexistante”. Celle-ci, convoquant bien souvent des morceaux que l’on reconnaît, se fait plus facilement remarquer et évince même la reconnaissance du compositeur impliqué quand ces deux musiques co-existent. Kavinski pour Drive a éclipsé la partition de Cliff Martinez, et personne ne se souvient du compositeur au générique de Polisse de Maïwenn (Stephen Warbeck), mais tout le monde a en tête la chanson de Keedz sur laquelle danse Joey Starr. Quelle injustice d’entendre des auditeurs dans un bar écoutant cette chanson dire “ah, c’est la musique de Polisse”...

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18e édition pour le Festival international du film d’Aubagne

Posté par MpM, le 20 mars 2017

C'est parti pour la 18e édition du Festival international du film d'Aubagne qui s'ouvre ce soir avec Captain Fantastic de Matt Ross. Consacré à la promotion de la jeune création cinématographique et à la création musicale pour l’image, il propose une profusion de rencontres, de projections et de concerts qui réunissent plus de 500 professionnels venus du monde entier.

Au programme, des compétitions longs et courts métrages qui permettront de (re)découvrir Compte tes blessures de Morgan Simon ou Limbo de Konstantina Kotzamani, des films coups de cœur comme Ma vie de courgette de Claude Barras, des avant-premières et plusieurs rendez-vous autour de la musique de film.

La compositrice Rachel Portman, première femme ayant remporté l'Oscar de la meilleure musique originale (c'était en 1997 pour Emma l'entremetteuse de Douglas McGrath), est ainsi l'invitée d'honneur de cette édition 2017. La masterclass de composition musicale pour l'image sera, elle, dirigée par le compositeur Jérôme Lemonnier. Elle donnera lieu, après 10 jours d'un travail acharné, à la création d'un ciné concert présenté lors de la cérémonie de clôture le 25 mars. Enfin, c'est Nathaniel Méchaly, connu pour la bande originale de The Grandmaster de Wong Kar-Wai ou Taken de Pierre Morel, qui donnera la fameuse leçon de musique de l'édition 2017.

D'autres invités d'honneur sont attendus comme l'actrice et réalisatrice Noémie Lvovsky, le cinéaste Radu Mihaileanu,  ou encore l'acteur et réalisateur Lyes Salem. En parallèle, le festival propose également un hommage à trois festivals européens (Brno 16 en république tchèque, Oberhausen en Allemagne et Il Cinema Ritrovato en Italie), des programmes courts, des concerts, des actions d'éducation à l'image et des rencontres professionnelles. On l'aura compris : cette semaine, quand on aime le cinéma et la musique, c'est à Aubagne que ça se passe !

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Festival international du film d'Aubagne, musique et cinéma
Du 20 au 25 mars 2017
Informations sur le site de la manifestation

Damien Chazelle va vous faire chanter avec « La La Land » et « Guy & Madeline »

Posté par cynthia, le 12 mars 2017

Après avoir mené la danse aux Golden Globes, aux Baftas et aux Oscars (six statuettes malgré l'accident de la catégorie du meilleur film), La La Land a déboulé en version karaoké dans une centaine de salles en France depuis le 11 mars.

Entre tata Yvette qui adore, grand-mère, maman, le frère, le boyfriend, la girlfriend, la boulangère du coin, etc... La La Land est devenu un membre de la famille depuis sa sortie en salles en janvier dernier (2,4 millions de spectateurs en France). Cette nouveauté chantante va ravir les fans qui n'arrêtent pas d'écouter et de chanter la bande originale sous la douche (ne mentez pas, nous vous entendons d'ici!). Composée et orchestré par Justin Hurwitz (récompensé aux Golden Globes et aux Oscars) les titres City of Stars ou encore Another day of sun n'ont pas fini de vous faire chanter.

Comme une bonne nouvelle n'arrive pas seule, la bande originale de Guy and Madeline on a Park Bench sortira le 17 mars et sera disponible sur Spotify.

Avant de réaliser les films Whiplash et La La Land, Damien Chazelle a démarré sa carrière avec Guy & Madeline on a Park Bench, une comédie musicale jazz qu'il a écrite et dirigée pendant ses études à Harvard. L'histoire d'un jeune couple (une star de la trompette en devenir et une introvertie désorientée) dont la relation s'étiole malgré leur amour naissant. Deux cœurs brisés que l'espoir et le regret animent tour à tour, et qui tentent de trouver un sens à leur nouvelle vie sans l'autre... un peu un La La Land avant l'heure n'est-il pas?

Chazelle était persuadé qu'un film si centré sur le monde du jazz et de la tap dance (les claquettes) nécessitait une excellente partition. Par chance, Justin Hurwitz, son collègue d'Harvard, a été engagé pour relever le défi de composer Guy and Madeline et il s'en est sorti brillamment. Ayant eu l'honneur d'avoir écouté cette sublime bande originale, nous pouvons affirmer la réussite de Hurwitz à mettre en lumière les paroles de Damien Chazelle, en mariant les sonorités sensibles des grandes formations du début du 20ème siècle avec celles des petits groupes d'aujourd'hui.

Disponible le 17 mars prochain chez Milan Music, la bande originale de ce film illustre à la perfection la genèse d'un partenariat hollywoodien, qui a donné naissance à une multitude de classiques de l'époque moderne. En quelques notes nous voyons Damien Chazelle derrière sa caméra.

Le plus jeune réalisateur oscarisé et Justin Hurwitz n'ont pas terminé de faire vibrer nos yeux et nos tympans. Même si le prochain film de Chazelle, un biopic sur l'astronaute sur Neil Armstrong, ne sera certainement pas musical. Sortie prévue à l'automne 2018.

La La Land: un carton au box office mais aussi dans les ventes de disques

Posté par vincy, le 9 février 2017

Déjà 1 314 086 entrées en France pour La La Land. Forcément, après avoir vu le film, une grande partie des spectateurs veut réécouter la musique et les chansons.

En France le disque a gagné 23 places en deuxième semaine grâce à 6700 ventes. Classé troisième meilleure vente, la BOF a déjà trouvé 8400 acheteurs en France. Notons que le single "City of Stars" est entré dans le Top 50 la semaine dernière.

Il n'y a pas qu'en France que la bande originale cartonne puisqu'aux Etats-Unis, huit semaines après sa sortie, la musique est toujours dans le Top 10 après avoir atteint un sommet à la deuxième place au moment de la révélation des nominations aux Oscars. Le cap des 200 000 albums vendus est en passe d'être franchi.

Au Royaume Uni, le disque est carrément la meilleure vente cette semaine après des semaines dans le Top 10. La BOF est dans les meilleures ventes également en Allemagne et en Espagne.

Susan Sarandon et Kristen Stewart en voiture avec Justice et les Rolling Stones

Posté par kristofy, le 3 décembre 2016

A quelques jours d'intervalle deux stars du grand écran se sont laissées tenter par les petits écrans du web pour un clip musical. Ce type de 'petit boulot' offre souvent l'opportunité à la star de se montrer avec un talent différent ou avec un nouveau visage : comme par exemple le groupe Massive Attack qui a fait danser Rosamund Pike de manière possédée (voir Voodoo In My Blood) ou qui a fait se désagréger Cate Blanchett (voir The Spoils)... Il s'agit tout de même d'un 'rôle principal', c'est un peu plus rare qu'il s'agisse juste de faire un peu de 'figuration' : cette semaine Susan Sarandon puis Kristen Stewart ont joué les figurantes de luxe pour faire du buzz avec un clip musical faisant la promo des nouveaux disques respectivement de Justice et des Rolling Stones.

Le duo Justice, ambassadeurs d'une nouvelle 'french touch' à travers le monde, ont sorti leur 3ème disque en novembre et un nouveau clip est apparu il y a quelques jours : une voiture vintage est préparée pour un road-trip, et elle sera conduite par Susan Sarandon. Si celle-ci danse en jouant avec la séduction de son décolleté blanc (oui une femme est sexy à 70 ans) sa présence dans cette vidéo est bien entendu très symbolique : la revoilà au volant d'une décapotable 25 ans après son rôle culte dans Thelma et Louise.

Le groupe The Rolling Stones, plus de 50 ans de carrière au compteur, toujours en tournée mondiale, viennent de sortir ce 2 décembre un nouveau disque: il s'agit de reprises de titres de blues. C'est leur premier album studio depuis 11 ans. Là aussi une voiture vintage brille, mais elle est conduite par Kristen Stewart. Elle aussi danse de manière sensuelle avec un petit tshirt blanc, elle est prête à se défendre contre un homme qui l'importune : et elle prend son pied en roulant à fond, cigarette aux lèvres et majeur dressé au final (sexe drogue et rock 'n roll ?). Pour mémoire Kristen Stewart a déjà interprété le rôle d'une icône du rock (Joan Jett dans le biopic Les Runaways), mais surtout ce clip fait écho à son rôle dans le film Sur la route avec l'expérience de la liberté en partant en voiture...

Bob Dylan, prix Nobel de littérature, objet de fascination au cinéma

Posté par vincy, le 15 octobre 2016

Prix Nobel de littérature, qui aurait pu le croire? Bob Dylan, musicien légendaire, chanteur iconique, poète indéniable, a donc fait entrer la chason folk dans le cercle littéraire. L'art mineur de Serge Gainsbourg s'invite dans les arts majeurs.

Mais Bob Dylan c'est aussi du cinéma. Si on croit la base IMDB, plus de 600 films (Forrest Gump, American Beauty, The Big Lebowsky, Jerry Maguire, Snake Eyes, Las Vegas Parano, Outsider entre autres), téléfilms et séries (évidemment les Simpsons mais aussi True Detective, How I met Your Mother, Deux flics à Miami ou Glee) ont utilisé ses chansons. Il en a d'ailleurs composé une pour My Own Love Song d'Olivier Dahan. Et avec une chanson écrite pour Wonder Boys de Curtis Hanson, il a remporté un Oscar et un Golden Globe.

On le sait moins mais Bob Dylan a aussi été acteur. Dans Pat Garrett et Billy le Kid de Sam Peckinpah (le seul qui vaille le détour), Hearts of Fire de Richard Marquand, Catchfire de Dennis Hopper, Paradise Cove de Robert Clapsadle et Masked and Anonymous de Larry Charles, sur un scénario qu'il a coécrit sous le nom de Sergei Petrov.

Il également écrit (avec Sam Shepard), interprété ET réalisé un film, Renaldo and Clara en 1978 (notons que si Bob joue dans cette fiction, c'est Ronnie Hawkins qui incarne Dylan), cinq ans après avoir écrit et réalisé le documentaire Eat the Document, qui racontait la tournée anglaise de 1966 appelée "Judas".

On ne peut pas éviter de mentionner La dernière valse, ultime concert de The Band, filmé par Martin Scorsese et où apparaît, entre autres, le chanteur. Scorsese, avec le documentaire No Direction Home, en 2005, se concentre sur Dylan et présente les débuts de sa carrière et des concerts et des tournées aux USA et en Europe.

Et puis, last but nos least, Dylan a été mythifié par le 7e art sans mentionner I'm not there, réalisé par Todd Haynes en 2007. La musique de Dylan y est omniprésente. Et pour cause: Bob Dylan y est incarné par six acteurs différents, pour chaque période de sa vie , avec un personnage reflétant une facette de sa vie, de ses influences ou de sa personnalité (Marcus Carl Franklin, Ben Whishaw, Heath Ledger, Christian Bale, Richard Gere et Cate Blanchett). Un biopic puzzle entre faits et fiction. C'est peut-être là qu'il faut chercher les origines de ce Nobel étrange. Dylan est un caméléon, qui fait de la poésie des chansons, de sa vie un matériau littéraire ou cinématographique, de sa vie une introspection métaphysique qui vire à l'universel.

Dinard 2016: des films qui jouent avec le temps

Posté par cynthia, le 1 octobre 2016

Une inspiration semble traverser les cinéastes de cette 27ème édition du Festival du film britannique de Dinard: la construction déstructurée des scénarios. mais on notera aussi que deux œuvres de la compétition, ont usé du même pitch (à peu près) et de la même passion (la musique) pour proposer deux films complètement différents dans le ton.

Casse-tête chinois made in UK

Quatre films ont retourné notre cerveau dans tous les sens avant de nous laissé perplexe et/ou amusé. Whisky Galore de Gillies MacKinnon, Brakes de Mercedes Grower, Away de David Blair et Detour de Christopher Smith. Chacun s'amuse à sa manière avec la temporalité et la linéarité.

Ainsi Gilles MacKinnon nous offre un copié collé soporifique du film Whisky Galore d'Alexander Mackendrick de 1949. L'histoire tragique (qui se veut drôle) de la pénurie de whisky touchant les habitants d'une île isolée en Écosse. À force de prière, un bateau transportant des cargaisons de whisky fait naufrage au grand plaisir des habitants qui vont tenter de récupérer les bouteilles tout en évitant l'armée. À côté de ça, les deux femmes principales du film veulent se marier mais rencontrent des ennuis, le père est en pleine remise en question, le vieux du village est mourant, etc...(oui il y a un etc...). Le réalisateur semble avoir pris tous les sujets possibles de cinéma (il ne manquait plus que l'horreur et le porno) puis les a disposé dans un mixeur géant et sans saveur avant d'appuyer sur le bouton «destruction massive». Un véritable rubik's cube qui nous a usés plus qu'amusés.

Dans le même registre (en beaucoup moins catastrophique), Away de David Blair nous plonge dans l'enfer de deux personnages atypiques et joués avec brio par Timothy Spall et Juno Temple. Un léger fouillis s'empare de l’œuvre, qui n'évite aucun cliché du genre, et des deux personnages, presque stéréotypés. Vivant tous deux dans un hôtel, ce sont leurs flashbacks qui permettent au spectateur de comprendre pourquoi ils en sont arrivés là. Mais comprendre est un euphémisme car les scènes se mélangent tellement qu'on en vient à situer le récit juste en observant la barbe de Timothy Spall: s'il est rasé vous êtes au présent. Un véritable méli-mélo entre souvenirs et instants présents qui pourrait rendre fou un fan de Retour vers le futur.

De façon un peu plus éloignée, Finding Altamira, de Hugh Hudson, n'est pas loin de l'indigestion d'images également. L'histoire vraie de la découverte des peintures des grottes d'Altamira en Espagne au 19ème siècle est quelque peu gâchée par les visions à répétition de la jeune fille qui a fait cette découverte. Les bisons de cette grotte deviennent réels si souvent que l'on se demande si nous ne sommes pas sous LSD. Et ne parlons pas de Brakes affreusement filmé par Mercedes Grower qui nous offre une première partie sur une série de séparations (neuf au total) avant de montrer dans une seconde partie la rencontre de ces neuf couples.

Finissons par le meilleur: dans un registre beaucoup plus maîtrisé, et avec une vraie mise en scène, Detour de Christopher Smith nous maintient en haleine et en alerte en nous bernant du début à la fin. Peut-être trop malin, même si on essaie de deviner quel twist le cinéaste nous réserve, la narration mélange avec une certaine jubilation et d'astucieux artifices de montage des scènes réelles, imaginées, supposées, passées, futures. Ici, la déstructuration de son œuvre est faite avec finesse et minutie. Porté par un trio brillant et charismatique de comédiens, on se laisse avoir et séduire jusqu'à la dernière (triste) seconde qui change toute la vision du film.

Video didn't kill the radio stars

Ne vous faites pas d'illusions, en matière de musique les Anglo-Saxons sont toujours les plus talentueux. Il n'est pas donc étonnant de voir que le septième art britannique pousse la chansonnette.

Le premier a nous avoir touché en plein cœur est le merveilleux Sing Street de John Carney que l'on ne présente plus tant il a fait du bruit depuis Sundance. La création de ce groupe express de pop dans les années 80 rejoint l'histoire de Moon Dogs de Philip John. Tout comme Sing Street, ce film commence dans un foyer où l'atmosphère y est pesante. Deux frères que tout oppose dans Moon Dogs décident de partir sur un coup de tête et rencontre une jeune fille un peu rebelle avec qui ils vont former un groupe de musique (rock-electro-folk) sans le vouloir, tout en réglant leurs traumas du passé. Ils sont (demi)frères, mais ne sont pas obligés de s'aimer.

À l'inverse, avec le plus enthousiaste Sing Street, les deux frères sont proches grâce à une passion commune: la pop-rock british. Et si l'un vit par procuration, l'autre se bat afin de réaliser ses rêves. En ajoutant la thématique de la fille-fantasme qui mène le garçon où elle veut, Moon Dogs et Sing Street auraient pu faire un crossover remarquable et sans accroc si ce premier n'errait pas un peu longuement au deux tiers de son récit.

À travers ces films, le cinéma anglais montre leur ambition à se démarquer du marché européen et américain tout en tentant le reste du monde à oser sans avoir peur de choquer.

Silence éternel pour la chanteuse et doubleuse Anne Germain (1935-2016)

Posté par vincy, le 14 septembre 2016

La chanteuse et choriste Anne Germain est décédée mardi 13 septembre à l'âge de 81 ans.

Cette grande voix du doublage français avait fait notamment ses vocalises dans des dessins animés comme Les Aristochats où elle était l'exquise Duchesse, Mary Poppins, Robin des Bois ou Un violon sur le toit... Elle avait aussi enregistré les génériques des émissions TV "L'Ile aux enfants" et "Les Visiteurs du Mercredi".

En 1964, Anne Germain avait participé aux choeurs de la célèbre chanson "Douliou Douliou Saint-Tropez" pour le film Le Gendarme de Saint-Tropez. Mais c'est elle était surtout connue pour avoir doublé Catherine Deneuve pour le chant dans Les Demoiselles de Rochefort et Peau d'âne de Jacques Demy. Leurs voix étaient assez proches, Anne Germain pouvait poussé la note assez haut avec un timbre cristallin.

Anne Germain et son époux Claude ont été parmi les membres fondateurs des Swingle Singers, groupe de jazz vocal des années soixante, aux côtés de Christiane Legrand, sœur du compositeur Michel Legrand, compositeur des films musicaux de Jacques Demy (tout se recoupe). Son époux compositeur des principales musiques des films de Jean Yanne. La chanteuse a joué les choristes et chanteuses pour des chansons du film Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil.

Enfin, rappelons qu'elle a aussi prêté sa voix à Laura Antonelli dans Les Mariés de l'An II pour chanter l'hymne "Gloire à la République, mort à tous les fanatiques".

Le Prince est mort, Vive Prince! (1958-2016)

Posté par redaction, le 21 avril 2016

Artiste de génie, révolutionnaire du funk, rebelle et farouchement indépendant, Prince s'est éteint dans son studio d'enregistrement de Paisley Park (Minneapolis) à l'âge de 57 ans. Unique, flamboyant, mégalo, unique, libre, il avait déboulé dans les années 1980, s'affirmant dès son premier album comme un géant de la musique, du son et de la scène face aux Michael Jackson et Madonna. Impossible de ne pas avoir dansé et de ne pas s'être déhanché sur ses tubes (Kiss, Purple Rain, Girls & Boys, Let's go crazy, 1999, Cream, etc...). Il a collaboré avec les plus grands - Kate Bush (The Red Shoes), Earth, Wind and Fire, Madonna (Like A Prayer), No Doubt, The Bangles, Stevie Wonder et d'autres...

Plus encore, Prince/Love Symbol a fait quatre incursions au cinéma: Purple Rain en 1984, qui retrace le parcours de "The Kid" jusqu'à son apogée, Under the Cherry Moon en 1986, où il fait l'acteur aux côtés de Kristin Scott Thomas et d'Alexandra Stewart, Sign O' the Times (et la chanson sublime qui portrait le même titre) en 1987, film-concert de sa tournée, et Graffiti Bridge en 1990, suite de Purple Rain, comédie musicale dramatique écrite et réalisée par Prince, et immense échec financier.

Côté palmarès, il a reçu l'Oscar de la meilleure chanson (Purple Rain), le Golden Globe de la meilleure chanson (The Song of the Heart dans Happy Feet), en plus d'une nomination (When Doves Cry dans Purple Rain), un Image Award du meilleur acteur (Purple Rain) et trois Razzie, sur dix nominations (acteur, réalisateur et chanson pour Under the Cherry Moon).

En fait ce qu'on retiendra de Prince au cinéma, c'est bien entendu la bande originale du film Batman de Tim Burton avec les tubes Electric Chair, Vicki Waiting, le sublime Scandalous! et bien entendu la frénétique Batdance.

Thank you, Prince

A video posted by The Academy (@theacademy) on Apr 21, 2016 at 11:52am PDT