Du rififi autour du film sur Bowie

Posté par vincy, le 7 février 2019

Stardust, film sur David Bowie, a trouvé son acteur avec Johnny Flynn. Le film devrait se concentrer sur le premier passage de la star aux USA en 1971, avant l'envol de "Ziggy Stardust". Cette traversée de l'Atlantique bouleversera sa vie personnelle, mais aussi sa carrière. Jena Malone incarnera sa première femme, Angie Barnett, qui a fortement contribué à l'image de "Ziggy". Le couple a eu un fils, le scénariste et réalisateur Duncan Jones.

Le scénario écrit par Christopher Bell sera réalisé par Gabriel Range (I Am Slave, Death of A President) et le tournage est prévu pour cet été.

Avec le succès de films récents comme Bohemian Rhapsody, Straight Outta Compton et I Can Only Imagine, le biopic musical redevient tendance.

Pourtant ça ne va pas être simple pour celui-ci. Duncan Jones explique sur twitter: "Je ne dis pas que le film ne se fera pas. Honnêtement, je n’en sais rien. En l’état des choses, je dis juste que le film n’aura aucune des chansons de mon père et je ne pense pas que cela changera. Si vous voulez voir un biopic sans sa musique ou l’aval de sa famille, c’est votre choix".

Pour les producteurs, il ne s'agit pas d'un biopic. Le film se focalise sur le moment où la vie de David Bowie a basculé dans la célébrité mondiale, et ça n'aurait rien à voir avec sa musique. Ils prennent en référence Nowhere Boy de Sam Taylor-Johnson (2009), chronique sur les premières années de John Lennon, ou Control d'Anton Corbijn (2007), portrait de Ian Curtis du groupe Joy Division. Ils assurent qu'ils ne reprendront pas les chansons originales de Bowie, optant plutôt sur les reprises qu'il a enregistré au fil des ans de chansons de cette époque. Il faut dire que si le film se déroule en 1971, il n'y aurait que deux tubes à placer (Space Oddity et The Laughing Gnome).

Johnny Flynn est sur scène actuellement à Londres face à Kit Harrington dans la pièce de Sam Shepherd, True West et a été vu dans la série de la BBC, Les Misérables dans le rôle de Felix Tholomyes. Il a aussi joué dans les séries Vanity Fair, Genius et Lovesick. L'acteur de 36 ans est également apparu deux fois chez Olivier Assayas (Sils Maria, Après mai). On le verra en avril dans Beast, de Michael Pearce. Il a également enregistré plusieurs disques depuis 10 ans.

La musique de Michel Legrand au Grand Rex en avril

Posté par vincy, le 29 janvier 2019

Les concerts "Michel Legrand & Friends" initialement prévus les 17 & 18 avril 2019 au Grand Rex à Paris seront maintenus. Ils prendront la forme d'un hommage en présence de nombreux invités dont Richard Galliano, Natalie Dessay, Michel Portal et Sylvain Luc. D'autres invités seront ultérieurement annoncés.

Le décès de Michel Legrand a conduit à ce changement. "Conformément aux souhaits de Michel Legrand et en accord avec sa famille, ces deux concerts seront maintenus et prendront la forme d’un hommage à sa musique et à son incomparable carrière" explique le communiqué. "Compositions originales et standards du Maestro seront à l’honneur pour célébrer l’empreinte indélébile qu'il a laissé dans l’histoire du jazz, de la chanson et la musique de film" seront au programme.

Les billets des spectateurs ayant déjà réservé leurs places resteront valables, sans aucune manipulation à effectuer de leur part. Les personnes ne souhaitant plus assister à ces soirées pourront s’adresser à leurs revendeurs (FNAC, Ticketmaster, Digitick…) pour obtenir remboursement de leurs billets.

Fin de partition pour Michel Legrand (1932-2019)

Posté par vincy, le 26 janvier 2019

C'était un géant dans son domaine. Et pour nous son nom signifie beaucoup puisqu'il a composé la chanson de Claude Nougaro en 1962, Cinéma, plus connue par son refrain, "Sur l’écran noir de mes nuits blanches"...

Le compositeur de musique Michel Legrand, né le 24 février 1932, est décédé cette nuit à Paris à l'âge de 86 ans, a annoncé son épouse Macha Méril. Michel Legrand a récemment recréé des musiques supplémentaires pour la version scénique de "Peau d'âne" au théâtre Marigny. Il devait aussi donner des concerts à Paris au printemps. Il avait écrit plus de 150 musiques de films.

C'est le cinéma qui lui a donné une reconnaissance mondiale. Mais c'est le jazz qui l'a fait connaître et c'est le easy listening qui lui a ouvert les portes des radios. Dès 1954, il enregistre un album (I Love Paris, 8 millions d’exemplaires aux USA), puis il sort, entre autres, en 1958, Legrand Jazz, avec Miles Davis, Bill Evans, Paul Chambers et John Coltrane, en 1971, Communications '72, avec Stan Getz, et récemment, en 2017, Between Yesterday and Tomorrow, avec Natalie Dessay. Au total une dizaine d'albums. Mais Michel Legrand c'est aussi le jingle le plus connu de la radio (RTL) et le générique de la série animée culte Il était une fois... l'Espace.

Car, sous leurs airs de variété élégante, le pianiste maîtrisait les cassures et les envolées virevoltantes du jazz, les mélodies mélancoliques et les refrains entêtants de la chanson, les élans symphoniques et le swing qui faisait danser nos têtes. Ce que les réalisateurs de la Nouvelle Vague n'ont pas manqué de repérer.

Cela lui vaut d'abord trois Oscars - chanson en 1969, musique de film en 1972 et adaptation musicale en 1984. Il reçoit aussi un Golden Globe et un BAFTA Award. Il a en plus reçu 6 nominations aux Oscars (quatre pour une chanson, une musique de film, une adaptation musicale), 12 nominations aux Golden Globes, 2 aux BAFTA, 3 aux Grammy Awards et 3 aux César.

En plus de cela, il a travaillé avec Ray Charles, Jean Cocteau, Frank Sinatra, Charles Trenet et Édith Piaf. Au cinéma, il débute dès les années 1950 avec des musiques de films tels Les Amants du Tage d'Henri Verneuil, Charmants Garçons d'Henri Decoin et Le Triporteur de Jacques Pinoteau.

En 1960, il compose la musique de Lola de Jacques Demy, amorce de leur fidèle et longue collaboration, et d'une amitié et une complicité fraternelle et fusionnelle, qui sera rapidement et mondialement reconnue grâce aux Parapluies de Cherbourg. Une harmonie parfaite. Une synchronisation de l'image et du son.

Mais Michel Legrand écrit aussi les partitions de films très différents: Le cave se rebiffe de Gilles Grangier, Une femme est une femme, Vivre sa vie et Bande à part de Jean-Luc Godard, Cléo de 5 à 7 d'Agnès Varda où il fait aussi l'acteur, Eva de Joseph Losey, Une ravissante idiote d'Édouard Molinaro, Tendre Voyou de Jean Becker... Il trouve en Jacques Deray ou Jean-Paul Rappeneau (La vie de château, Les mariés de l'an II, Le sauvage) un cinéma qui se calque bien à ses créations musicales, léger ou tragique.

Les triomphes des films musicaux de Demy lui assurent une notoriété mondiale. A partir de 1968, c'est Hollywood qui l'appelle. Michel Legrand travaille parallèlement pour Sydney Pollack, Richard Lester, John Frankenheimer, Orson Welles, Irvin Kershner (pour le dernier 007 avec Sean Connery), Blake Edwards ou encore Robert Altman. C'est surtout avec Claude Lelouch qu'il va ltravailler à partir des années 1980, aux côtés de Francis Lai, lui aussi disparu il y a quelques mois. Depuis Les Uns et les Autres en 1981, ils ont collaboré ensemble quatre fois. Dans les années 197, l continue d'écrire les musiques des films de Losey et Deray, puis s'aventure dans divers genres, chez Louis Malle (Atlantic City), Xavier Beauvois (ses deux derniers films) ou Danièle Thompson (La bûche).

Michel Legrand en 9 morceaux.

Les Parapluies de Cherbourg de Jacques Demy (1964). Troisième collaboration avec Demy qui se lance dans le pari fou d'un drame musicale entièrement chanté. Un véritable défi: écrire une musique qui ne s'arrête finalement que rarement et où les dialogues doivent être mélodieux et naturels. Palme d'or à Cannes, le film devient une référence cinéphile mondiale. Et sa musique, souvent déchirante, l'une des plus connues du 7e art.

Les demoiselles de Rochefort de Jacques Demy (1967). Trois ans plus tard, Demy signe un show à la Broadway, pop et coloré, romantique et glam. La musique est plus jazzy, les refrains se croisent, West Side Story et Un Américain à Paris sont convoqués. Outre le tube atemporel, "La chanson des jumelles", qui immortalise les sœurs Deneuve/Dorléac, la musique ne manque pas de pépites.

L'Affaire Thomas Crown de Norman Jewison (1968). Ce sublime thriller avec Steve McQueen et Faye Dunaway sera sa porte d'entrée à Hollywood grâce à une chanson, l'une des plus chantées encore aujourd'hui dans le monde: The Windmills of Your Mind (traduit en français sous le titre Les Moulins de mon cœur). Oscar pour Legrand mais surtout entrée dans l'éternité: ces Moulins ontt partie des 100 chansons du cinéma américain selon l'American Film Institute. Claude François Petula Clark, Barbra Streisand, Sting, Tina Arena, les Swing Out Sister, Céline Dion, Patricia Kaas, Sylvie Vartan l'ont tous interprétée. Y compris Eva Mendes ou Alain Delon.

La Piscine de Jacques Deray (1969). Puisqu'on parle de Delon, et de thriller, Legrand, est appelé pour écrire la musique de ce film noir, où son génie du jazz prend toute sa dimension, prouvant une fois de plus qu'il est capable de traduire les sentiments ou d'illustrer les émotions avec des accords et quelques instruments.

Peau d'âne de Jacques Demy (1970). Conte surréaliste musical, influencé par Cocteau, et toujours avec Deneuve, c'est aussi l'une des plus belles réussites atemporelles, composée de succès qu'on chantonne encore et toujours, de Legrand. Faire un tube avec une recette de cuisine a quelque chose du tour de force. La symbiose entre le réalisateur et le musicien est encore une fois parfaite, dans les excès comme dans la simplicité.

Un été 42 de Robert Mulligan (1971). Après un Oscar pour une chanson, avec ce film Legrand rentre dans le club des compositeurs français recevant un Oscar pour la musique de film. C'est sans aucun doute l'une des plus belles compositions pour le cinéma, à la fois sensible et lyrique, dans la plus grande tradition des Maurice Jarre et George Delerue.

Breezy de Clint Eastwood (1973). Quand un cinéaste fan de jazz rencontre un génie du genre, forcément, cela fait des étincelles. On retrouve dans la chanson les accents des Moulins du coeur. En reprenant les codes de la bluette américaine, Legrand adapte son style et son talent de mélodiste à une tonalité plus américaine, presque blues. Ce film, le troisième du réalisateur, annonce le mélodrame Sur la route de Madison, deux décennies plus tard.

Yentl de Barbra Streisand (1983). Quand la plus belle voix américaine rencontre un chef d'orchestre désormais adulé par le cinéma, cela donne Yentl, succès à l'époque et troisième Oscar pour Legrand. La star actrice et chanteuse ose avec son premier film, un drame musical où le genre et la religion sont au cœur du récit. Avec Legrand, elle ancre son histoire dans un registre classique et le disque. L'album sera disque de platine (1 million d'exemplaires) aux Etats-Unis et la chanson The Way He Makes Me Feel finira première  des charts américains.

Trois places pour le 26 de Jacques Demy (1988). Ultime travail en commun avec le cinéaste, injustement boudé à l'époque, c'est surtout le plaisir de voir Yves Montand chanter sur  du Legrand qui procure un grand plaisir. C'est aussi la fin d'une époque qui, quelque part, se profile. Demy et Montand disparaîtront. Legrand préfèrera d'autres formes de créations musicales et des tournées mondiales qui sacralisent ses musiques, en symphonique ou avec des voix lyriques.

Spike Lee, Riz Ahmed, M.I.A. : des clips musicaux pour lutter contre les « murs »

Posté par kristofy, le 17 janvier 2019

Spike Lee est l'un des cinéaste américain qui aura marqué 2018 avec BlackKklansman, Grand Prix du jury à Cannes, en revisitant le passé raciste des Etats-Unis en écho d'ailleurs avec le présent. Les dernières images étaient celles des manifestations de Charlottesville de 2017 qui avaient été suivies d'une déclaration polémique du président Trump.

Voici le nouveau film de Spike Lee qui est un commentaire en direct de l'actualité: un clip pour illustrer The land of the free, nouvelle chanson du groupe The Killers. Les images ont été filmées fin 2018 à proximité de la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis avec le passage de plusieurs familles de migrants. Depuis le 22 décembre, les Etats-Unis sont dans une période de 'shutdown', un blocage économique pour de nombreuses activités gouvernementales consécutif à un budget non-voté  pour le financement d'un mur à cette frontière voulu par Trump.

Les paroles de la chansons évoquent divers problèmes américains comme le racisme ("the wrong color skin"), les multiples condamnations à la prison ("incarceration's become big business"), les armes à feu ("we got a problem with guns"), l'éventuel mur ("down at the border, they're gonna put up a wall"). Les images de Spike Lee sont surtout à propos des migrants d'Amérique centrale comme la fameuse caravane partie du Honduras qui traversent le Mexique pour aller vers les Etats-Unis et repoussés par notamment des gaz lacrymogènes.

A noter que Spike Lee n'est bien entendu pas le premier à livrer un clip aux accents anti-Trump. En 2017 c'était l'acteur Riz Ahmed qui s'engageait pour une chanson à charge, tout en étant enrôlé dans les hollywoodiens Rogue One: A Star Wars Story et Venom. Le clip The Hamilton Mixtape: Immigrants (We Get The Job Done) démontrait justement une volonté d'intégration des immigrés. Riz Ahmed a co-écrit la chanson qui fait entendre "it's really astonishing that in a country founded by immigrants "Immigrant" has somehow become a bad word... I got one job, two job, three when I need them".

Le sujet des migrants et des frontières est bien entendu aussi une problématique actuelle de l'Europe. Et déjà en 2016, avant les gros titres des médias de l'année dernière pour les bateaux en Méditerranée, le sujet était illustré par le clip de M.I.A. Borders.

Musique de film : un livre explore le processus complexe de la création d’une bande originale

Posté par MpM, le 19 novembre 2018

Entre « tubes » survitaminés qui cachent la forêt de bandes originales moins clinquantes et idée reçue voulant qu’une musique de films réussie ne se remarque pas, pas toujours facile pour un.e compositeur.trice de voir son travail reconnu au cinéma, ou même remarqué. Depuis plus de dix ans, Benoit Basirico, fondateur du site cinezik.fr, œuvre pour redonner sa juste place à la musique de films et à ceux/celles qui la créent. Il met régulièrement en lumière le travail des compositeurs.trices et anime des conférences et des rencontres autour de la musique à l’écran.

Avec La musique de film, compositeurs et réalisateurs au travail (publié par Hémisphères éditions), il franchit une étape supplémentaire et propose un véritable manuel à destination des amateurs comme du grand public qui aborde la question de la musique de films par le prisme du processus complexe de la création d’une bande originale : comment s’élabore la relation entre le compositeur ou la compositrice et la ou le cinéaste ? Quel langage commun trouvent-ils ? Comment parvenir à mettre sa sensibilité créative au service de l’œuvre d’un autre ?

La grande richesse du livre, au-delà des nombreux thèmes qu’il aborde, et des informations pratiques qu’il distille, est de regorger de citations. L’auteur a en effet pioché dans plus de dix années d’entretiens avec des musicien.nes et des cinéastes pour enrichir son propos avec leurs points de vue et leurs expériences. Cela donne des anecdotes amusantes, étonnantes et parfois même édifiantes, comme lorsque Maurice Jarre raconte comment sa musique a été remplacée par celle de Jerry Goldsmith sur La rivière sauvage de Curtis Hanson parce que « le directeur du studio Universal a décrété ne pas aimer [sa] musique et vouloir quelqu'un d’autre ». Il était arrivé la même chose, en pire, à Alex North sur 2001 Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick : c’est seulement lors de la projection en avant-première à New York qu’il a appris le rejet pur et simple de sa partition…

Au fil des pages, on apprend également que « le mixeur français est l’ennemi du musicien » (Laurent Petitgirard, remonté contre les mixeurs qui font trop systématiquement passer les bruits du réel au premier plan, au détriment de sa musique), que « demander à un interprète d’écrire une musique de film, c’est aberrant (…) et en général totalement raté » (pour Philippe Sarde) ou encore que pour Vladimir Cosma « presque chaque film était une bagarre » car il refusait de faire une musique « simplement illustrative, banale ou attendue » mais cherchait au contraire toujours « une idée insolite qui pouvait choquer le réalisateur ».

Benoit Basirico rend ainsi palpable l’alchimie qui se crée (ou non) entre réalisateur.trice et compositeur.trice, et le nécessaire cheminement pour trouver la musique qui serve au mieux le film (quitte à la réduire à quelques notes, ou même l’enlever totalement). Il nous invite à prêter une attention accrue aux bandes-sons des films que nous aimons, à comprendre pourquoi certaines nous dérangent, et à ne pas prendre pour acquis, ou évidents, les choix qui président à la construction d'une bande-originale.

A la lecture de ce livre vivant et foisonnant, on a alors forcément envie de réécouter les musiques dont il est question, et bien sûr de revoir les films. Mais surtout, on attend avec impatience un incontournable tome 2 qui pourrait cette fois explorer plus frontalement certaines musiques et leurs interactions avec leurs films respectifs. Le tout accompagné d’un CD à écouter tout en lisant, histoire de prolonger l'expérience.

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La musique de film, compositeurs et réalisateurs au travail
Benoit Basirico
hémisphères éditions

En avant la musique avec la 14e édition de Mon premier festival !

Posté par MpM, le 19 octobre 2018

On vous le répète chaque année : Mon premier festival, qui s'adresse au jeune public à partir de 18 mois, est le rendez-vous incontournable des vacances de la Toussaint !

Pour sa 14e édition du 24 au 30 octobre, la manifestation parisienne met l'accent sur le lien privilégié entre musique et cinéma, des comédies musicales hollywoodiennes aux ciné-concerts, en passant par les inoubliables bandes-originales signées Michel Legrand, Danny Elfman ou Leonard Bernstein. L'occasion de proposer 36 films "à voir et à écouter", parmi lesquels des classiques comme Peau d'âne de Jacques Demy et Fantasia de Ben Sharpsteen, et des créations originales comme le programme de courts métrages "En avant la musique".

Parmi les autres temps forts du festival, il faut relever un focus sur le cinéma indien des années 50 à nos jours, des films-cultes (Mon voisin Totoro de Hayao Miyazaki, La famille Adams de Barry Sonnenfeld, Harry Potter à l'école des sorciers de Chris Colombus), une compétition de seize films en avant-premières, un hommage au compositeur Bruno Coulaisdes rencontres autour des métiers du cinéma et de nombreux ateliers. Le parrain Pascal Elbé a également proposé trois coups de coeur : Pierre et le loup de Suzie Templeton, Grease de Randal Kleiser et Coraline de Henry Selick.

Quant aux avant-premières, elles proposent de découvrir avant tout le monde des films attendus comme Rémi sans famille d'Antoine Blossier (sortie le 12 décembre) qui est présenté en ouverture, Miraï, ma petite soeur de Mamoru Hosoda (sortie le 26 décembre), le programme Petits contes sous la neige (sortie le 14 novembre), Pachamama de Juan Antin (sortie le 12 décembre), Wardi de Mats Grorud (sortie le 27 février), la version restaurée de Dark crystal de Frank Oz et Jim Henson (sortie début 2019), Mia et le lion blanc de Gilles de Maistre (sortie le 26 décembre) ou encore Funan de Denis Do (sortie le 13 mars).

C'est parti pour les meilleures vacances de l'année !

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Mon premier festival 2018
Du 24 au 30 octobre
Informations et réservations sur le site de la manifestation

La fin tragique des rockeurs russes Mike Naumenko et Viktor Tsoi

Posté par vincy, le 10 mai 2018

Leto (L'été), de Kirill Serebrennikov, est une chronique d'une époque - le début des années 1980 -, d'un pays - la Russie encore soviétique -, et d'un milieu - le rock underground. Film musical, rempli de titres cultes, du Velvet Underground à Blondie en passant par T-Rex, il révèle aussi tout un pan méconnu musicalement: le rock soviétique, d'avant la Perestroïka. Ironiquement, les deux personnages centraux de Leto, Mike Naumenko (du groupe Zoopark) et Viktor Tsoi (du groupe Kino) décèdent juste avant la chute de l'URSS (et la naissance de l'actuelle Fédération de Russie).

Le film ne se concentre que sur une période, l'émergence de Kino en 1982. Kirill Serebrennikov, qui filme ce microcosme comme une troupe de théâtre, ne s'attarde pas sur la fin tragique de ses deux musiciens. Mike Naumenko, né en 1955, décède en août 1991 dans des circonstances énigmatiques: une hémorragie cérébrale déclenchée par un accident domestique selon certains, par un cambriolage à son domicile selon d'autres. Dans le film, sa carrière est à son apogée, avant un déclin accéléré par l'abus d'alcool et des mains moins agiles. Viktor Tsoi, né en 1962, meurt en août 1990 dans un accident de voiture. Dans Leto, il est un débutant, avant de devenir une star nationale sous le règne de Gorbatchev. Il reste l'un des artistes russes les plus célèbres de ces 40 dernières années.

Cannes 2018: un festival « en-chanteur »

Posté par wyzman, le 10 mai 2018

Les amoureux de la Croisette le savent, le cinéma n'est qu'une des dimensions du Festival de Cannes. A côté de cela, nombreux sont les acteurs qui ont déjà prouvé, ici et là, qu'ils étaient capables de faire autre chose que jouer la comédie. Pour vous, voici une petite compilation des projets et personnalités que les mélomanes suivront de très près.

Des acteurs aux talents multiples

A l'affiche de deux films par an (minimum), Kristen Stewart est ce que l'on appelle communément une touche-à-tout. Et non, nous ne faisons pas référence à son incroyable performance dans On the Road. Après avoir présenté son premier court-métrage l'an dernier, elle est de retour sur la Croisette en tant que jurée. Et elle a d'ores et déjà montré l'étendu de son talent de chanteuse dans Into the Wild (2007) et Les Runaways (2010) avant de s'acoquiner personnellement avec les chanteuses Soko et St. Vincent. Mais au jury, il y a surtout Khadja Nin, auteure, compositrice, interprète. La musicienne du Burundi a sorti plusieurs albums et sa chanson « Mama » a été clipée par Jeanne Moreau en 1998.

Parmi les acteurs-chanteurs qui défileront sur le tapis rouge, impossible de ne pas évoquer la plus connue, Vanessa Paradis, à l'affiche d'Un couteau dans le coeur de Yann Gonzalez (et la zik de M83).Elle aussi a un lien cannois avec Jeanne Moreau puisqu'elle y a chanté "Le tourbillon de la vie". C'est l'une des rares artistes françaises à avoir su équilibrer la double face cinéma et musique en restant au top dans les deux arts.

Elle sera suivie par Adam Driver (BlacKkKlansman) qui a fait ses preuves dans Inside Llewyn Davis et Hungry Hearts.

Parmi les films hors-compétition, il ne faudra pas manquer Le Grand bain de Gilles Lelouche dans lequel Philippe Katerine se dévoile (encore) en slip de bain tandis que Donald Glover (a.k.a. Childish Gambino) sera l'une des stars de Solo : A Star Wars Story. Il y incarne un jeune Lando Calrissian. Du côté de la Quinzaine des réalisateurs, il va sans dire qu'Audrey Tautou (En Liberté !), photographe à ses heures, et Isabelle Adjani (Le Monde est à toi), sans pull marine, seront chaleureusement accueillies.

Des bandes originales à surveiller

Sans surprise, les bandes originales des films sélectionnés seront scrutées de près. Mais avant de savoir à qui les quelques journalistes triés sur le volet remettront le Cannes Soundtrack Award, notez dès maintenant que c'est le DJ japonais Tofubeats qui s'est occupé de la musique de Netemo sametemo de Ryusuke Hamaguchi. Le film concourt pour la Palme d'or et a tout d'une romance exclusivement dédiée aux adultes.

D'ailleurs, en parlant de films réservés aux adultes, sachez que Gaspar Noé est de retour à Cannes pour présenter son cinquième long-métrage, Climax. Avec son casting composé d'acteurs inconnus, le réalisateur d'Irréversible pourrait de nouveau bousculer les festivaliers. Mais cette fois, nous vous parlons de la musique qu'il aura choisie pour illustrer le successeur de Love.

L'immanquable de l'année

Enfin, impossible de ne pas parler du seul film exclusivement dédié à une chanteuse réelle. Trois ans après Amy d'Asif Kapadia, c'est Whitney qui devrait émouvoir les festivaliers. Projeté en Séance de minuit, le documentaire de Kevin Macdonald raconte la véritable histoire de Whitney Houston, en ne laissant jamais de côté les aspects les plus difficiles de sa vie. Sans jamais être misérabiliste, le film montre comment une jeune Noire américaine souhaitant être choriste comme sa mère est devenue mannequin avant d'être la plus grande voix féminine du 20e siècle.

« Les ailes du silence » pour Jacques Higelin (1940-2018)

Posté par vincy, le 6 avril 2018

jacques higelin jappeloup daniel auteuil

Le chanteur, compositeur et poète Jacques Higelin est mort ce 6 avril des suites d'une longue maladie. Il avait 77 printemps. "C’était un artiste absolu, dont le talent se déclinait à l’infini : auteur, compositeur, interprète, comédien, écrivain, Jacques Higelin était un poète merveilleux qui avait conquis le cœur des mélomanes comme des cinéphiles" explique Frédérique Bredin, présidente du CNC. "Son univers lyrique et flamboyant, sa sensibilité à fleur de peau, son caractère généreux et passionné nous manqueront terriblement" ajoute-t-elle en guise d'hommage.

Né le 18 octobre 1940, Jacques Higelin a d'abord commencé sa carrière comme comédien. A 19 ans il tourne dans Nathalie, agent secret d'Henri Decoin et La Verte Moisson de François Villiers. Ses rôles sont secondaires. Durant les sixties, on le croise quand même dans Bébert et l'Omnibus d'Yves Robert, Concerto mécanique pour la folie ou la folle mécamorphose de Julien Duvivier, Les Saintes chéries : Ève au volant de Jean Becker, Par un beau matin d'été de Jacques Deray, Sept jours ailleurs de Marin Karmitz et Erotissimo de Gérard Pirès.

Alors que sa carrière musicale s'envole, mélange de pop et de rock, de chanson à textes et de prestations scéniques virevoltantes, il tourne moins. On le repère malgré tout dans Elle court, elle court la banlieue de Gérard Pirès, L'An 01 de Jacques Doillon, Alain Resnais et Jean Rouch, Un autre homme, une autre chance de Claude Lelouch, Contre l'oubli de Chantal Akerman et René Allio, Un homme à la mer de Jacques Doillon, À mort la mort ! de Romain Goupil, qui tournera en 2008 un documetaire sur le chanteur, Higelin en chemin. Il prête sa voix au beau film d'animation de Jacques-Rémy Girered, La Prophétie des Grenouilles, réalise avec Lyonel Kouro un court métrage Le rêve. Et finalement apparaît dans un succès populaire en 2013, son ultime film, avant que la maladie ne l'éloigne de la lumière, Jappeloup de Christian Duguay.

Il a aussi écrit la musique du film La bande du Rex de Jean-Henri Meunier (1980). En 2013, dans son (avant-dernier) album Beau Repaire, figure un duo avec Sandrine Bonnaire, "Duo d'anges heureux".

Père du chanteur Arthur H, du comédien et réalisateur Kên Higelin et de la chanteuse et comédienne Izïa Higelin, inspiré par le jazz, Boris Vian, Charles Trenet et Léo Ferré, ses chansons ont traversé les décennies. Il n'était pas un faiseur de tubes (hormis peut-être "Champagne", "Poil dans la main", et "Tombé du ciel") mais remplissait les salles, les petites comme les grandes. Incontestablement, c'était l'un des artistes les plus créatifs du paysage musical français, alliant les contraires, de Didier Lockwood à Brigitte Fontaine, de Téléphone à Youssou n'dour, de Bernard Lavilliers à Jeanne Cherhal.

Didier Lockwood pose son violon (1956-2018)

Posté par vincy, le 19 février 2018

Le jazzman et compositeur Didier Lockwood est mort à l'âge de 62 ans dimanche 18 février. Ce violonniste virtuose, Victoire de la musique en 1985, avait composé plusieurs musiques de films: Jour après jour d'Alain Attal (1989), Lune Froide de Patrick Bouchitey (1991), Les enfants de la pluie et La reine soleil, films d'animation de Philippe Leclerc (2003 et 2007), un segment de Cinévaradaphoto, documentaire d'Agnès Varda (2004), la série télévisée Terre de lumière (2008), La frontière de l'aube de Philippe Garrel (2008), Victor Young Perez de Jacques Ouaniche (2013) et L'orchestre des aveugles de Mohamed Mouftakir (2015).

Il interprétait parfois lui-même ses morceaux. Mais en tant que musicien, il est aussi apparu aux génériques de Hiver 54, l'abbé Pierre, Max & Jérémie, Petits désordres amoureux et Asterix & Obélix contre César. Claude Lelouch a fait appel à lui pour jouer son propre personnage dans Les Parisiens (2004). Il jouait du violon dans le film du réalisateur, Courage d'aimer (2005).

En avril dernier, il était sur la scène du Théâtre de l'œuvre pour un spectacle d'improvisation "Les impromptus de Didier Lockwood", avec en invités Richard Bohringer, Didier Sandre et Mathilda May.

L'aisance avec laquelle il maîtrisait son instrument et ses mélodies cherchant toujours la juste émotion, en ont fait un musicien hors-pair. Passé par les big bands, le jazz rock de Magma, créant sa propre formation, en quête de métissages et et d'exploration musicales (de l'électro à l'Inde), il animait aussi un festival dédié aux violons. Didier Lockwood était mariée à Caroline Casadesus, chanteuse lyrique, petite-fille de la comédienne Gisèle Casadesus, récemment disparue.