Cannes fiction: on ira à La Bocca…

Posté par vincy, le 18 mai 2017

Depuis que le Festival de Cannes et né, tout se passe sur la Croisette, globalement de la pointe du Palm Beach à l'est au Suquet à l'ouest. Mais depuis les années 2000, Cannes n'était plus vraiment aux normes. Il a fallu moderniser le "vieux" Bunker, et y ajouter une salle éphémère dite du Soixantième. Et quand bien même, le Palais n'arrive pas à satisfaire une forte croissance des professionnels venus voir la sélection officielle. Le vieux cinéma Star de la rue d'Antibes a fermé ses portes. L'Olympia, Les Arcades (qui accueillent des films du marché) tout comme la grande salle dans les sous-sols du Marriott (pour la Quinzaine) vieillissent terriblement. La Semaine de la Critique est à l'étroit au Miramar.

Heureusement, depuis 2019, avec un peu de retard, Cannes s'est enfin doté d'un multiplexe digne de ce nom. L'Acid, la Quinzaine et la Semaine y ont migré. L'Olympia a été refait à neuf, repris par un exploitant art et essai. La salle du Miramar est désormais dédiée à toutes les présentations de futurs films des différents labos, fabriques et ateliers du Festival. La salle de la Quinzaine, refaite à neuf, sert désormais aux projections aux projections pour la presse de la sélection officielle, facilitant l'agenda des journalistes avec plusieurs projos à horaires différents pour tous les films.

Boccacabana

Le multiplexe cinématographique avec ses douze salles et ses 2 426 fauteuils fait le bonheur des festivaliers et du public. Sa belle architecture signée Rudy Ricciotti (le Mucem de Marseille), sa backstage zone qui présente « l’envers du décor » d’un film en projection, ses deux restaurants séduisent.

A "Boccacabana", le nouveau quartier de Cannes, entre un aéroport qui accueille désormais les compagnies low-cost directement de Paris et sans passer par Nice, une université flambant neuve et une offre d'hébergement améliorée, le nouveau pouls du Festival bat vivement. Désormais, le Palais est la vigie orientale d'un festival qui s'est tourné vers l'Ouest. Et à l'Ouest, tout le monde sait, tout est nouveau.

On regrette évidemment que l'ancien maire n'ait pas réhabilité le vieux tramway du début du XXe siècle, qui permette de longer toute la côte méditerranéenne de Golfe-Juan à La Bocca. Mais avec des vélos en libre-service sur un parcours protégé et un système de navettes électriques démarrant du Martinez toutes les dix minutes, le festivalier se sent presque en vacances. C'est toujours moins long et moins fatiguant que de prendre le métro à Berlin ou moins handicapant que de dépendre des vaporettos à Venise.

Edito: Chaleur humaine

Posté par redaction, le 19 janvier 2017

OMG! Il fait (très) froid. Et on ose nous parler de record de chaleur sur la planète en 2016! En même temps, du grand froid en hiver, c'est assez normal. Toujours est-il que pour se réchauffer, rien ne vaut une bonne salle de cinéma. Un multiplexe en Bosnie à Zenica a proposé des séances gratuites, avec le soutien de quatre distributeurs locaux. Les spectateurs de cette ville qui a subit une coupure d'électricité massive avaient le droit de découvrir des films européens, en plus de boire un thé chaud.  Dans un premier temps, cette opération était réservée à l'une des salles du complexe, du lundi au vendredi, lors des trois séances de matinée et d'après midi. Elle fut ensuite prolongée d'une semaine, avec des films européens à redécouvrir.

Et même si on paye les séances, le cinéma permet de s'évader au soleil, tout en se réchauffant au contact des autres: celui de la Floride dans Live by Night, celui de la campagne française d'Un sac de billes, celui de Marseille dans Corniche Kennedy, celui du Chili dans Neruda, celui du Texas dans Nocturnal Animals... Aucune vitamine D assurée. Mais au moins la température monte de quelques degrés.

En ce début d'année, où les films endeuillés se ramassent à la pelle (Manchester by the Sea, Dalida, Fleur de Tonnerre, Jackie à venir), on attend avec impatience le lumineux, coloré et romantique La La Land. Car, du fabuleux Moonlight à l'aventureux Premier contact, de Lion à 20th Century Women, en passant par les sus nommés Manchester by the Sea, Jackie et La La Land, le cinéma américain indépendant s'avère en pleine forme, et bien plus singulier, intéressant et passionnant que la plupart des productions à Oscars des studios. Le temple du cinéma indépendant c'est Sundance, qui, justement, se lance aujourd'hui,  la veille de l'investiture de Donald Trump. Un Festival qui sera par conséquent, sous le signe de la résistance. Et nul ne doute que le 7e art échauffera les voix et fera monter le désir...

Pas besoin de chauffage ou de soleil, avec tous ces films, l'hiver est réconfortant. La machine à rêves fonctionne à plein régime, sans mettre en péril les ressources énergétiques. Avec de si belles histoires, tragiques ou enchanteresses, aller au cinéma c'est comme s'installer devant une cheminée, avec son plaid et un bon livre, pendant que, dehors, le froid polaire règne.

UGC monopolise les écrans de cinéma de Versailles

Posté par vincy, le 18 décembre 2016

Bouleversement en région parisienne. Tandis que Gaumont Pathé met les bouchées double (en reprenant les cinémas d'Europacorp), que MK2 consolide son réseau parisien (notamment à Bastille), UGC s'associe avec C2L pour reprendre trois cinémas à Versailles et Meaux. Initialement c'est le réseau CGR qui devait mettre la main sur les deux cinémas versaillais (lire notre actualité du 13 mars 2015).

Ensemble, ils ont racheté les trois établissements franciliens de la famille Edeline: le Cyrano (1562 fauteuils) et le Roxane (767 fauteuils) à Versailles et le Majestic (1304 fauteuils) à Meaux, soit un total de 19 écrans et 800000 spectateurs. C'est à peu près la fréquentation d'un UGC Ciné Cité à Villeneuve d'Ascq, à Créteil ou à Lyon. Est-ce un changement de stratégie pour le réseau UGC jusque là concentrée sur des multiplexes d'une certaine taille dans les métropoles et les zones commerciales denses?

UGC assurera la programmation sans changer l'ADN des salles (le Roxane est classé art et essai) tandis que Marie-Laure Couderc (C2L), nièce de l'ancien propriétaire Jean-François Edeline, gérera le réseau. Les salles seront estampillées UGC et profiteront de tout le savoir-faire marketing et de la politique commerciale du réseau.

Dans tous les cas, les trois cinémas auront besoin d'être rénovés.

UGC confirme ainsi sa main mise dans cette zone francilienne, avec sa présence à Velizy et Saint-Quentin-en Yvelines et son futur multiplexe à Parly 2. Un quasi monopole pourrait-on dire qui est renforcé par le futur cinéma Cine Movida à Maurepas qui sera géré par ... Marie-Laure Couderc, qui exploite aussi un cinéma à Rambouillet (lire notre actualité sur la guerre des multiplexes dans les Yvelines). C2L est aussi présent dans le nord des Yvelines (Poissy, Saint-Germain en Laye) et à Provins (comme Meaux, en Seine-et-Marne), en plus de quelques salles dans le nord de la France et en Ile-de-France (Gif, Vaucresson, Sartrouville).

Les cinémas Gaumont Pathé à La Villette, Aéroville et La Joliette

Posté par vincy, le 17 décembre 2016

Situé dans le tout nouveau centre commercial Vill’Up, le cinéma Pathé La Villette a ouvert ses portes le mercredi 14 décembre. Il est en concurrence directe avec Etoile Les Lilas, les MK2 Quai de Seine et Quai de Loire et l'UGC Ciné Cité 19. Il s’agit du plus grand cinéma du nord-est parisien avec 16 salles ultramodernes et 2 900 fauteuils. L'ouverture était prévue en 2015 mais un incendie a retardé l'inauguration du centre commercial d'un an.

Il abrite aussi la toute première salle IMAX dans un cinéma à Paris intra-muros, et la deuxième après la Géode, située à quelques mètres.

"Le nouveau cinéma a été conçu pour offrir aux spectateurs un confort de projection optimal : 1,10 mètre d’espacement entre chaque rangée, des fauteuils club dans toutes les salles, des fauteuils duo pour se lover à deux" et "les spectateurs peuvent en outre réserver à l’avance leur fauteuil grâce au placement numéroté" explique le communiqué du groupe.

Situé au cœur du 5 ème musée de France, dans la quatrième travée de la Cité des Sciences et de l’Industrie, le Pathé La Villette, est le 5e complexe cinématographique ouvert à Paris en 3 ans après le Pathé Beaugrenelle, Les Fauvettes, le Gaumont Convention et le Gaumont Alésia. Il vise 700 000 entrées en 2016 et 1 million à terme.

Près de trois mois après le début de leurs négociations exclusives, les Cinémas Gaumont Pathé ont par ailleurs signé l'accord avec EuropaCorp, pour reprendre l’activité d’exploitation cinématographique de la société de Luc Besson (lire notre actualité du 5 octobre) qui comprend le multiplexe d’Aéroville à Tremblay-en-France, près de l'aéroport de Roissy Charles de Gaulle et le projet de multiplexe La Joliette à Marseille.

Les Cinémas Gaumont Pathé exploitent 110 cinémas pour un total de 1 051 écrans et totalisent 64,5 millions d’entrées en Europe. Le cinéma d’Aéroville est un multiplexe de 12 salles et 2380 fauteuils qui a totalisé 712 000 entrées en 2015. Le projet de cinéma de La Joliette abritera 14 salles et 2 800 fauteuils sur le site d’activité de La Joliette à Marseille.

Un multiplexe Pathé en Tunisie en 2018

Posté par vincy, le 17 octobre 2016

Les Cinémas Gaumont Pathé traversent la Méditerranée. Associés avec le producteur Wassim Béji, Pathé ouvrira son premier cinéma en Tunisie au second semestre 2018. Composé de 8 salles, il sera situé dans le plus grand centre commercial de Tunis, Tunis City, dans le cadre de l’extension du complexe (photo). "Il s’agira de la première ouverture d’un multiplexe en Tunisie" précise le communiqué. Pathé ajoute qu'il y a "d’autres projets d’implantation (...) également à l’étude dans ce pays."

Les Cinémas Gaumont Pathé sont le premier circuit de salles de cinémas en France, aux Pays Bas et en Suisse. Ils sont également présents en Belgique.Au total le réseau exploite 110 cinémas, 1 051 écrans et attire 64,5 millions d’entrées. Wassim Béji est producteur de cinéma via sa société WY Productions, créée en 2004. Il a produit une dizaine de films dont Yves Saint-Laurent, de Jalil Lespert, et le prochain film de Roman Polanski, D’après une histoire vraie, adaptation du roman de Delphine de Vigan, en tournage cet automne.

C'est le troisième réseau français qui investit sur le continent africain. Il y a quelques mois, Vivendi inaugurait sa première salle à Yaoundé au Cameroun. Megarama exploite déjà 4 multiplexes au Maroc (Casablanca, Marrakech, Fès, Tanger), et prévoit d'en ouvrir deux autres (Agadir, Rabat).

Alors que son cinéma renaît, la Tunisie manque de salles. La centaine d'écrans dans les années 1970 s'est réduite comme peau de chagrin. Récemment, le CinéVog ou le CinéMadart ont été relancés. Mais la fréquentation n'a jamais vraiment chuté, dépassant constamment le million de spectateurs annuels.

Les cinémas d’Utopolis et d’EuropaCorp changent de propriétaires

Posté par vincy, le 5 octobre 2016

Kinepolis a finalement pu reprendre neuf cinémas du groupe Utopolis en cédant quatre multiplexes belges à UGC (Aarschot, Lommel, Malines et Turnhout ) pour satisfaire l'autorité de la concurrence. Kinepolis a ainsi racheté cinq multiplexes aux Pays-Bas (Almere, Den Helder, Oss, Zoetermeer, Emmen), trois au Luxembourg (Luxembourg et Esch-sur-Alzette) et un en France, à Longwy. Kinepolis se renforce ainsi dans le Benelux et dans une moindre mesure dans l'Est de la France. Avec ce rachat, le groupe possède 47 complexes, dont 14 aux Pays-Bas, 12 en Belgique et 10 en France. L'acquisition d'Utopolis lui permet d'ajouter une cinquantaine de salles à son réseau. Pour UGC c'est aussi une bonne opération. Avec trois cinémas dans le pays (deux à Bruxelles, un à Anvers), le réseau était un peu sous dimensionné face à ... Kinepolis. UGC dispose donc désormais 7 multiplexes en Belgique.

Autre bouleversement dans l'exploitation, celui des cinémas d'EuropaCorp, la société de Luc Besson, qui va céder au réseau Gaumont-Pathé son multiplexe d'Aéroville près de l'aéroport Charles-de-Gaulles en région parisienne ainsi que son projet à La Joliette à Marseille. Ouvert en 2013, le complexe d'Aéroville se voulait novateur dans un centre commercial ambitieux (et le 3e en france par sa superficie). EuropaCorp souhaite depuis quelques temps se concentrer sur ses métiers de base (production, distribution). Avec 2500 places dans 12 salles (dont deux salles lounge avec bar privatif, deux avec son immersif, etc..), le complexe avait séduit un large public. La fréquentation est en hausse avec 700000 entrées en 2015 contre 500000 en 2014.

Pour les cinémas Gaumont-Pathé ce sera le premier complexe dans le nord de Paris (et le premier dans le département du Val d'Oise). Sa seule vraie concurrence est l'UGC Cine Cite O'Parinor dans le centre-commercial d'Aulnay-sous-bois. Le projet de Marseille, dans la zone Euroméditerranée, pas loin du Mucem, complètera l'offre du groupe déjà situé à Plan de Campagne, sur la route d'Aix-en-Provence, et dans le 4e arrondissement de la ville.

Kinepolis s’étend en région parisienne et près de Toulouse

Posté par vincy, le 26 juin 2016

Kinépolis continue de s'étendre en France. Jusque là, la chaîne de multiplexes était surtout présente au Nord et à l'Est avec des cinémas parmi les plus importants du pays à Mulhouse, Nancy, Thionville, Julien-lès-Metz, Lomme, et Longwy (après l'acquisition de l'Utopolis en 2015). Progressivement, la conquête s'est élargie à l'Ouest (Rouen, où Kinépolis a repris l'exploitation du cinéma Saint-Sever en janvier) et au Sud (Bourgoin-Jallieu et Nîmes).

Le groupe va ajouter deux multiplexes dans deux zones géographiques nouvelles: celui de Brétigny-sur-Orge dans le sud de l'Ile-de-France (10 salles, 1530 fauteuils), dans une zone où il y a surtout des salles indépendantes, hormis le Mega CGR d'Evry et le future multiplexe de Massy. La construction de ce pôle loisirs et commerce vient de commencer et l'établissement vise 500000 spectateurs. L'ouverture est prévue dans un an.

Le 21 juin, Kinepolis a annoncé qu'elle allait s'installer dans nord de l'agglomération de Toulouse, à Fenouillet, dans une immense zone commerciale. Les 10 salles (1100 sièges) espèrent accueillir 400000 personnes. L'ouverture du cinéma est prévue fin 2016. "Ce nouveau multiplexe répond à une demande forte, vu qu'il y avait un manque de multiplexes et d'une offre culturelle variée dans la région. En plus, l'agglomération du Nord de Toulouse connaît un essor démographique important" explique Eddy Duquenne, Pdg de Kinepolis Group. Pourtant Toulouse ne manque pas de cinémas ni de multiplexes (Gaumont, UGC, Mega CGR, Utopia, etc...). Le Mega CGR de Blagnac, d'ailleurs, se trouve à moins dix kilomètres.

Cela faisait onze ans que Kinepolis n'avait construit de nouveaux cinémas en France.

Edito: Mine de diamant et mine de sel

Posté par redaction, le 9 juin 2016

On ne le dira jamais assez mais le cinéma indépendant en France va mal. Ça peut sembler étonnant vu la vigueur de la fréquentation et le nombre d'entrées souvent incroyable dans d'autres pays de petits films, mais c'est un fait. La distribution est financièrement vulnérable. Et l'exploitation est de plus en plus fragile. En clair, pour certains, le cinéma est une mine de diamant et pour les autres, de plus en plus, une mine de sel.

Le rapport de Pierre Kopp, remis hier, montre que la politique des multiplexes y est pour beaucoup. Ils ne représentent que 10% du parc français mais concentrent 60% des entrées grâce à davantage de séances et de fauteuils, mais aussi grâce aux fameuses cartes de fidélités. La domination des grands groupes est indéniable et les salles plus petites en souffrent. pas toutes. On le voit bien avec le succès du Louxor à Paris par exemple. Mais les trois grands réseaux Gaumont-Pathé, UGC et CGR attirent plus de la moitié des spectateurs en France. A Paris, Gaumont-Pathé, UGC et MK2 s'accaparent même 89% de parts de marché alors qu'ils n'ont que 71,5% des écrans.

Or, selon les règles européennes, on peut être considéré comme "dominant" un marché avec 40% de celui-ci.

La distribution souffre du même problème. Cinq distributeurs captent 46% des entrées et les 11 premiers dépassent les trois quarts des spectateurs. Forcément, la concurrence est faussée. Ces distributeurs ont plus de poids pour négocier les "bons" écrans, plus longtemps qui plus est, face à une exploitation qui a besoin de remplir ses fauteuils et vendre du pop corn. D'un côté les distributeurs indépendants préfèrent avoir accès un multiplexe, au risque de casser le lien, voire de créer un conflit, avec une salle art et essai pourtant mieux ciblée a priori. De l'autre les exploitants auraient tendance, dans les villes moyennes notamment, à vouloir un blockbuster plutôt qu'un film artistiquement plus approprié à son public acquis.

« La domination des grands groupes sur la filière du cinéma fausse la concurrence et nuit profondément à la diversité du cinéma français. La domination économique remplace la compétition, aux dépens de la création et du public, mais également au mépris des règles du droit »

Le rapport Kopp émet plusieurs recommandations. Quelques unes méritent débat. Réguler la programmation des films notamment pour éviter la surexposition des grosses machines et pour protéger les petits films en leur donnant plus d'accès aux salles ; faire un audit des cartes illimitées ; améliorer la promotion des oeuvres indépendantes ; revoir les aides aux salles en fonction de critères pré-établis, parmi lesquels la diversité des films diffusés et l'accent mis sur des films dits fragiles.

C'est donc toute la politique des multiplexes qui est remise en cause. Or, c'est aussi avec ces nouveaux écrans que le cinéma a retrouvé son public, notamment avec son offre de salles neuves et confortables. De même les cartes illimitées ont permis à de nombreux spectateurs de s'aventurer en découvrant des films qu'ils n'auraient sans doute pas vu au tarif plein.

Mais le rapport Kopp a raison sur son constat: certains groupes comme Gaumont-Pathé et UGC dominent le parc dans certaines villes tout en étant aussi un distributeur important. La concentration est horizontale et verticale. Par ailleurs, certains films n'ont pas le temps de s'installer dans la durée, évincés au bout d'une semaine pour certains. Il y a un équilibre à trouver, des règles à revoir. Cela ne résoudra cependant pas tous les problèmes: le grand nombre de films qui sortent chaque semaine et le besoin d'avoir des films porteurs pour les salles indépendantes restent une équation difficile à résoudre. Car un cinéma reste un "commerce". Un libraire a besoin d'Harry Potter comme un cinéma a besoin, parfois, d'un film de super-héros. Il en va de sa viabilité financière et cela lui permet de prendre des risques sur un film qui dépend davantage du bouche à oreille que d'un marketing coûteux.

Le Gaumont Convention est de nouveau ouvert

Posté par vincy, le 26 mars 2016

Après avoir été totalement reconstruit, le Gaumont Convention rouvre au public ce samedi 26 mars. Deux ans de travaux ont été nécessaires pour faire renaître ce multiplexe de la Rive Gauche, en plein XVe arrondissement. Il a été démoli et complètement refait aux normes, avec les innovations technologiques désormais en vogue (du 2K à la 3D). Au programme Room, La vache, Au nom de ma fille, Remember, The Revenant, Rosalie Blum, Batman v Superman, Médecin de campagne, Saint Amour et Les Innocentes.

Sur la place, c'est désormais une façade de verre toute en transparence qui illumine (la nuit, car le jour, c'est un peu "mat") le carrefour des rues de Vaugirard et de la Convention. Trois salles supplémentaires ont vu le jour. Le multiplexe possède désormais 9 salles et 1253 fauteuils (soit 153 sièges de plus). Un espace cocktail et une terrasse sont également disponibles au premier étage.

Le Gaumont Convention, jusque là plutôt un cinéma de quartier, va devoir voir plus large pour remplir sa jauge et ses objectifs (+ 30 à +50% de fréquentation). Face à lui, il a toujours le Gaumont Aqualboulevard, mais aussi tous les cinémas de Montparnasse et surtout le récent Pathé Beaugrenelle, sans oublier à quelques pas le Ciné-Théâtre Chaplin (ancien saint-Lambert).

Le Gaumont Convention, un temps menacé, a pu profiter de la fermeture de l'UGC Convention il y a 11 ans pour se maintenir au dessus des 400 000 entrées annuelles, jusqu'à sa fermeture le 25 mars 2014. La salle a été créée en 1919 avant d'être divisée en quatre salles dans les années 1970 puis en six salles.

Etoile Cinémas et la SRF s’installent dans le futur cinéma du quartier Voltaire

Posté par vincy, le 3 février 2016

Ce n'était plus vraiment une surprise depuis que Le Canard Enchainé avait révélé la semaine dernière qu'Etoile Cinémas et la SRF (Société des réalisateurs de films) avaient été choisis pour exploiter le futur cinéma du 11e arrondissement, avenue Parmentier. On ne reviendra pas sur le "faux scandale" qu'avait cru déceler l'hebdomadaire satirique (le projet porté par la société de Julie Gayet retoqué). Il y avait 47 projets initialement puis 4 finalistes, dont un dossier porté par Haut et Court Cinémas et un autre qui associait Christophe Lambert et Dominique Besnéhard.

Ce mercredi matin, la marie de Paris Anne Hidalgo, dans le cadre de l'opération "Réinventer Paris" a dévoilé les 23 lauréats qui auront la charge de réhabiliter des zones ou des bâtiments inutilisés. Parmi eux, le cinéma de l'avenue Parmentier, dans un quartier peuplé, branché, et qui souffre de l'absence de salles. Etoile Voltaire  fédère plusieurs acteurs: le groupement Etoile Cinémas (qui exploite déjà l'Etoile Saint-Germain-des-Prés, le Balzac sur les Champs Elysées, et l'Etoile Lilas sur le périphérique, et qui a récemment perdu l'exploitation de La Pagode), la Société des Réalisateurs de films, Gérard Miller, Cédric Klapisch, La Bellevilloise (qui va ouvrir prochainement un restaurant à Pantin), Be My App et Cuisine mode d'emploi (Thierry Marx).

Ce cinéma de quartier sera "ouvert sur le quartier" et devrait comporter un restaurant, cinq salles pour un total de 507 sièges et un espace pour les concerts et les spectacles vivants. Dans son communiqué, la SRF a indiqué qu'elle y installerait ses bureaux, ainsi que ceux de la Quinzaine des Réalisateurs et du Festival du Moyen-métrage de Brive. Des associations comme le FIPA ou l'ACID pourront aussi y prendre place.

Le bâtiment sera entre les mains d'Olivier Palatre Architectes et de l'Atelier Roberta en tant que paysagiste.