MK2 dans une ancienne brasserie à Strasbourg

Posté par vincy, le 27 novembre 2017

Le maire de Schiltigheim, Jean-Marie Kutner (UDI), dans la banlieue nord de Strasbourg, a confirmé en fin de semaine dernière que le groupe MK2 allait implanter un multiplexe de 8 salles dans sa ville.

Le cinéma occupera l'ancienne malterie Fischer. la ville, connue aussi pour ses Caddie ®, est surnommée la cité des Brasseurs. La Brasserie Fischer, fondée à Strasbourg en 1821 et installée à Schiltigheim en 1854 avait été rachetée par Heineken en 1996 avant de fermer définitivement en 2009. Pour réhabiliter ses bâtiments du patrimoine industriel, la mairie veut les reconvertir en commerces, restaurants, école et cinéma, tout en préservant la cheminée et les façades historiques.

Pour l'instant le site est à l'abandon: il n'est pas desservi par le tramway et seulement par deux lignes de bus. MK2 va ainsi s'installer pour la première fois en Province. Le groupe a en projet de remplacer UGC sur les Champs-Elysées à Paris et a fait de nombreuses acquisitions en Espagne. Le projet marseillais a été abandonné.

Strasbourg est la 8e métropole en Province pour la fréquentation en salles. UGC Ciné Cité y règne en maître avec plus de la moitié des tickets vendus.

Pourquoi MK2 veut être sur les Champs-Elysées?

Posté par vincy, le 15 septembre 2017

Judicieusement, depuis 1974, MK2 s'est développé sur la Rive gauche mais surtout dans les quartiers populaires, aujourd'hui boboïsés et gentrifiés, à l'Est, loin des spots historiques de Gaumont et UGC (Opéra, Champs-Elysées, Montparnasse, Les Halles). Le réseau de Marin Karmitz a longtemps été sans réelle concurrence - hormis à Montparnasse, Beaubourg et Bastille - à Gambetta, Jaurès, Bibliothèque nationale de France, Odéon, Nation.

Mais les choses ont changé. D'une part les grands circuits ont investit les mêmes zones: Pathé à La Villette et Ivry, UGC qui rénove à Odéon et ouvre un multiplexe porte d'Aubervilliers, etc... (lire aussi notre article). D'autres cinémas se regroupent : Etoile, qui après la Porte des Lilas et Saint-Germain-des-Prés a repris le Balzac sur les Champs, en attendant l'ouverture éventuelle de Voltaire ; Haut et Court qui gère Le Nouvel Odéon et le Louxor ; Les Ecrans de Paris avec des salles éparpillées entre Bastille, Passy et Saint-Germain des Prés.

D'autre part, la fréquentation a évolué dans la capitale. Si on prend les dix plus importants multiplexes, la géographie est claire. UGC Les Halles, UGC Bercy, MK2 Bibliothèque, Gaumont Parnasse, MK2 Quai de Seine-Loire, Gaumont Opéra, Pathé Beaugrenelle, Gaumont Aquaboulevard, Pathé Wepler et UGC Paris 19. On constate d'abord que deux de ces complexes n'étaient pas ouverts avant 2010 (Beaugrenelle et Paris 19). Ensuite, seuls trois multiplexes se trouvent dans les "spots" historiques (et dans les arrondissements centraux), et aucun sur les Champs-Elysées, autrefois grand rendez-vous des cinéphiles.

Alors quel intérêt pour MK2 d'investir dans les Champs-Elysées, sachant que le réseau a déjà une salle prestigieuse au sein du Grand Palais?

Car MK2 a reçu une autorisation "tacite" selon Le Film français, pour créer un multiplexe de huit salles sur les Champs, afin de remplacer le vétuste UGC George V (11 salles, 1700 fauteuils), créé en 1938 (UGC l'a repris en 1993). Le complexe vieillot, passant de près de 800000 entrées en 2012 à 240000 en 2016, ne correspond plus aux critères d'UGC qui ferme ses cinémas non rentables, préférant investir lourdement dans l'ouverture de Ciné Cité ou dans la rénovation des vieux cinémas de quartiers populaires. Le bail arrivait à son terme et les nouvelles conditions n'étaient pas acceptables. Il est situé dans un immeuble qui doit être complètement rénové afin d'installer un hôtel de luxe français.

Le projet serait transformé en multiplexe de 8 salles et réduit à 1000 places. A proximité de l'UGC Normandie, du Balzac, du Publicis et du Lincoln, l'arrivée de MK2 risque de bousculer les équilibres sur la zone fragilisée, mise à mal par la hausse inflationniste des loyers. Le Gaumont Ambassade a déjà disparu d'un côté de l'avenue, remplacé par une marque de chaussures. Ces loyers ne peuvent être assumés que pour le prestige de l'adresse ou par des grandes marques multinationales (Foot Locker, Five Guys, Weston pour les plus récents).

MK2 prend donc un sérieux risque dans une zone très concurrentiel et désaffectée par les cinéphiles: la fréquentation est passé de un million de spectateurs il y a dix ans à 540000 l'an dernier. Plus personne ne va sur les Champs pour aller au cinéma, hormis les journalistes pour les projections, la plupart dans des salles privées.

Mais pour MK2, attaqué sur son terrain à l'Est et au Sud de Paris, il est vital de s'étendre et de rester l'un des circuits majeurs en France (il est le 3e à Paris, 9e en France). S'il vient de franchir un grand cap en Espagne (en rachetant le plus grand cinéma de Madrid et le réseau Cinesur, il est devenu le le 3ème opérateur cinématographique du pays), s'il a racheté un concurrent à Bastille, rénové Odéon et Beaubourg et agrandit son fleuron à la Bibliothèque nationale de France, son projet marseillais a pris l'eau et n'a toujours pas de salles en dehors de la Capitale, malgré des projets hors des frontières.

Size does matter, apparemment.

Edito: des cités pas si ciné

Posté par redaction, le 27 juillet 2017

De récentes études montrent une France qui se transforme, à l'instar de ce que décrit Michel Houeelebecq dans ses romans, ou de celle qu'on voit chez Delépine/Kervern, dans les récents Jour de France, Visages villages ou les docus de Derpardon.

Les centres commerciaux en périphéries et même les zones commerciales à l'entrée des agglomérations se multiplient. Il y a, en ce moment même, plus de 70 demandes de constructions de grandes surfaces. Ce modèle hérité des Trente glorieuses était un schéma urbanistique basique: une population ravie de s'installe dans des villes nouvelles, une voiture symbole de ses signes extérieurs de richesses, des routes élargies reliant les zones "hypermarchés" pour une société de consommation en plein boum.

Les cinémas ont suivi. L'invention du multiplexe, souvent accolé à un centre commercial, participait à cette extension des villes sur les champs. Les cinémas de centre-villes ont ainsi souffert. Nombre d'entre eux ferment chaque année. Quelques uns sont repris, souvent par des réseaux déjà établis. La cité n'était plus si ciné avec les Ciné Cités. Dorénavant, on consomme le cinéma, ce qui a entraîné, entre autres raisons, le déclin de films art & essai auprès des spectateurs occasionnels. Même Paris est touché. De tous les mono-écrans, il ne reste que le Max Linder. Des zones autrefois fortement cinéphiles comme Montparnasse ou les Champs-Elysées se sont retrouvées déclassées par des zones plus populaires comme le Nord-Est ou le Sud-Est parisien et surtout la banlieue.

Des 40 cinémas les plus fréquentés depuis le début de l'année, seuls 12 sont en centre-ville (dont 7 à Paris).

Ainsi, les centre-villes se désertifient en commerces de proximités et en cinémas d'à côté. Les enseignes mondialisées ou grosses marques nationales prennent le relais. Les baux sont très chers pour un commerçant ou un exploitant sans soutien financier derrière. Et ne parlons pas des politiques: ils sont les premiers responsables de ce désastre urbanistique en ne protégeant ni les artisans ni la culture (les librairies, disquaires, etc sont également touchés). Ils ont validé des zones commerciales gigantesques en banlieue. Un Ikea ou un Carrefour et c'est tout un pan du commerce, des consommateurs, des emplois qui migrent hors de la ville, à sa frontière.

Pourtant, il y a plusieurs avantages à faire renaître les centre-villes. De la même manière qu'on encadre les loyers à Paris et Lille, on pourrait sanctifier certains pas de porte pour des lieux culturels et des magasins locaux, voire maîtriser le bail sur certaines artères fréquentées, notamment en municipalisant certains bâtiments. Il faut qu'un centre ville ne soit plus seulement une aire de "loisirs", mais redevienne un lieu de vie. Avec des cinémas dans son voisinage. On doit pouvoir flâner à pieds et se faire une toile, plutôt que de prendre sa bagnole. Car ce dont les films du milieu et les films art et essai souffrent c'est bien d'un manque de salles dans des villes de taille moyenne.

Le cinéma doit être un lieu de rendez-vous et non pas une case dans son agenda. On y va parce qu'on en a envie, parce que cela reste un loisir social. Mais pour cela, il faut qu'ils soient accessibles, autrement qu'en voiture.

Cette démence urbanistique est en effet très polluante. Ne pas accéder aux multiplexes d'un coté ou au centre-ville de l'autre sans transports en commun est une absurdité aujourd'hui. Si les cinémas de centre-villes souffrent, c'est aussi parce que les mairies les ont fermés aux voitures (manque de parkings, zones piétonnes) sans combler l'offre en bus, tram, métro. Il y a un gros travail à faire en matière d'accès aux centre-villes pour ceux qui n'y habitent pas. De même avant d'envisager une nouvelle zone commerciale, il faut penser à son accès en transports publics.

Peut-être faut-il aussi cesser de favoriser la politique de construction de multiplexes à l'écart des zones d'habitation denses. Les mairies et agglomérations auraient tout intérêt à favoriser les salles existantes situées dans leurs villes avant qu'elles ne deviennent un Apple Store, un Zara ou un Monoprix.

Le futur cinéma Etoile Voltaire à Paris retoqué par la justice

Posté par vincy, le 24 juin 2017

C'est un rebondissement inattendu que le Tribunal administratif a réservé à la Ville de Paris le 14 juin dernier. En effet, le projet emblématique du Cinéma Etoile Voltaire, qui devait s'installer dans une ancienne sous-station électrique dans le cadre de l'opération "Réinventer Paris", a été stoppé net. "La décision de la ville de Paris désignant le projet « Etoile Voltaire » de la société Etoile cinémas développement, comme lauréat de l’appel à projets « réinventer Paris » au titre du bâtiment sis 14 avenue Parmentier est annulée" explique le jugement.

Un jury beaucoup trop municipal

Selon le Tribunal, la mairie de Paris n'a pas respecté les règles qu'elle avait elle-même fixées: les noms des jurés chargés de sélectionner les finalistes n'ont ainsi jamais été révélés, tout comme ceux des jurés chargés de choisir le vainqueur. De plus, le Tribunal a souligné que le jury devait être international et s'avérait en fait essentiellement municipal, comme l'a souligné le jugement: "vingt trois membres votants ont effectivement assisté au jury, dont, en premier lieu, quinze élus municipaux, premier adjoint au maire, adjoints au maire pour huit d’entre eux, président de groupe politique au conseil de Paris pour cinq d’entre eux et maire du onzième arrondissement pour le dernier, en deuxième lieu, quatre personnes dénommées qui ont siégé, es qualité, respectivement, de président de la commission du vieux Paris, de directrice générale de l’atelier parisien d’urbanisme, de directeur général du pavillon de l’Arsenal et de représentant de « Paris & Co » et enfin quatre personnes siégeant en qualité « d’expert international » ; que les dix membres non votants prévus, dont trois étaient présents, selon la même liste d’émargement, ont tous la qualité de fonctionnaire de direction des services de la ville de Paris placés sous l’autorité hiérarchique de l’exécutif municipal."

Une contestation citoyenne validée

L'affaire avait été portée en justice fin 2015 par l'Association Le 14 avenue Parmentier, qui rassemble des riverains contestant l'attribution du marché et préférant un projet participatif et citoyen. Ils craignent aussi que le projet "dénature" le bâtiment patrimonial. Le Tribunal leur a donné raison sur "la procédure irrégulière" et a condamné la ville à verser 1000€ à l'Association.

L'Association de Défense pour l'Aménagement concerté de l'Avenue Parmentier (ACAP) était aussi vent debout contre ce projet: "C'était un simulacre de présentation ! La réunion a été obtenue au forceps... On soutient la mairie dans le projet de réhabilitation. Mais pas pour n'importe quoi... Nous ne voulons pas d’hypermarché du cinéma, mais un cinéma de quartier ! Ce sont les habitants qui doivent choisir le projet, pas les édiles... " avait déclaré sa présidente Valérie Robert dans Télérama.

La Mairie de Paris a décidé de faire appel.

Un projet retardé d'au moins un an

Il y avait 47 projets initialement puis 4 finalistes. Le projet lauréat est porté par Etoile Cinémas, qui devait déposer le permis de construire cet automne, le restaurateur Thierry Marx, la Société des Réalisateurs de films (SRF) qui voulait y installer son QG, la Bellevilloise, le psychanalyste Gérard Miller (proche de Jean-Luc Mélenchon) et l'architecte Olivier Palatre. Le cinéma devait avoir 5 salles (environ 500 fauteuils), mixant cinéma d'art et d'essai et films populaires, un restaurant en terrasse (qui oblige à surélevé le bâtiment) et un espace pour les événements et spectacles (lire notre article du 3 février 2016). Etoile Cinéma dispose déjà de trois cinémas à Paris: le Balzac (sur les Champs-Elysées), Lilas (au-dessus du périphérique) et Saint-Germain des Prés.

D'ores et déjà, l'ouverture est retardée d'un an si la Mairie gagne son appel du jugement. Initialement, le "Voltaire" devait ouvrir en 2019.

Cannes fiction: on ira à La Bocca…

Posté par vincy, le 18 mai 2017

Depuis que le Festival de Cannes et né, tout se passe sur la Croisette, globalement de la pointe du Palm Beach à l'est au Suquet à l'ouest. Mais depuis les années 2000, Cannes n'était plus vraiment aux normes. Il a fallu moderniser le "vieux" Bunker, et y ajouter une salle éphémère dite du Soixantième. Et quand bien même, le Palais n'arrive pas à satisfaire une forte croissance des professionnels venus voir la sélection officielle. Le vieux cinéma Star de la rue d'Antibes a fermé ses portes. L'Olympia, Les Arcades (qui accueillent des films du marché) tout comme la grande salle dans les sous-sols du Marriott (pour la Quinzaine) vieillissent terriblement. La Semaine de la Critique est à l'étroit au Miramar.

Heureusement, depuis 2019, avec un peu de retard, Cannes s'est enfin doté d'un multiplexe digne de ce nom. L'Acid, la Quinzaine et la Semaine y ont migré. L'Olympia a été refait à neuf, repris par un exploitant art et essai. La salle du Miramar est désormais dédiée à toutes les présentations de futurs films des différents labos, fabriques et ateliers du Festival. La salle de la Quinzaine, refaite à neuf, sert désormais aux projections aux projections pour la presse de la sélection officielle, facilitant l'agenda des journalistes avec plusieurs projos à horaires différents pour tous les films.

Boccacabana

Le multiplexe cinématographique avec ses douze salles et ses 2 426 fauteuils fait le bonheur des festivaliers et du public. Sa belle architecture signée Rudy Ricciotti (le Mucem de Marseille), sa backstage zone qui présente « l’envers du décor » d’un film en projection, ses deux restaurants séduisent.

A "Boccacabana", le nouveau quartier de Cannes, entre un aéroport qui accueille désormais les compagnies low-cost directement de Paris et sans passer par Nice, une université flambant neuve et une offre d'hébergement améliorée, le nouveau pouls du Festival bat vivement. Désormais, le Palais est la vigie orientale d'un festival qui s'est tourné vers l'Ouest. Et à l'Ouest, tout le monde sait, tout est nouveau.

On regrette évidemment que l'ancien maire n'ait pas réhabilité le vieux tramway du début du XXe siècle, qui permette de longer toute la côte méditerranéenne de Golfe-Juan à La Bocca. Mais avec des vélos en libre-service sur un parcours protégé et un système de navettes électriques démarrant du Martinez toutes les dix minutes, le festivalier se sent presque en vacances. C'est toujours moins long et moins fatiguant que de prendre le métro à Berlin ou moins handicapant que de dépendre des vaporettos à Venise.

Edito: Chaleur humaine

Posté par redaction, le 19 janvier 2017

OMG! Il fait (très) froid. Et on ose nous parler de record de chaleur sur la planète en 2016! En même temps, du grand froid en hiver, c'est assez normal. Toujours est-il que pour se réchauffer, rien ne vaut une bonne salle de cinéma. Un multiplexe en Bosnie à Zenica a proposé des séances gratuites, avec le soutien de quatre distributeurs locaux. Les spectateurs de cette ville qui a subit une coupure d'électricité massive avaient le droit de découvrir des films européens, en plus de boire un thé chaud.  Dans un premier temps, cette opération était réservée à l'une des salles du complexe, du lundi au vendredi, lors des trois séances de matinée et d'après midi. Elle fut ensuite prolongée d'une semaine, avec des films européens à redécouvrir.

Et même si on paye les séances, le cinéma permet de s'évader au soleil, tout en se réchauffant au contact des autres: celui de la Floride dans Live by Night, celui de la campagne française d'Un sac de billes, celui de Marseille dans Corniche Kennedy, celui du Chili dans Neruda, celui du Texas dans Nocturnal Animals... Aucune vitamine D assurée. Mais au moins la température monte de quelques degrés.

En ce début d'année, où les films endeuillés se ramassent à la pelle (Manchester by the Sea, Dalida, Fleur de Tonnerre, Jackie à venir), on attend avec impatience le lumineux, coloré et romantique La La Land. Car, du fabuleux Moonlight à l'aventureux Premier contact, de Lion à 20th Century Women, en passant par les sus nommés Manchester by the Sea, Jackie et La La Land, le cinéma américain indépendant s'avère en pleine forme, et bien plus singulier, intéressant et passionnant que la plupart des productions à Oscars des studios. Le temple du cinéma indépendant c'est Sundance, qui, justement, se lance aujourd'hui,  la veille de l'investiture de Donald Trump. Un Festival qui sera par conséquent, sous le signe de la résistance. Et nul ne doute que le 7e art échauffera les voix et fera monter le désir...

Pas besoin de chauffage ou de soleil, avec tous ces films, l'hiver est réconfortant. La machine à rêves fonctionne à plein régime, sans mettre en péril les ressources énergétiques. Avec de si belles histoires, tragiques ou enchanteresses, aller au cinéma c'est comme s'installer devant une cheminée, avec son plaid et un bon livre, pendant que, dehors, le froid polaire règne.

UGC monopolise les écrans de cinéma de Versailles

Posté par vincy, le 18 décembre 2016

Bouleversement en région parisienne. Tandis que Gaumont Pathé met les bouchées double (en reprenant les cinémas d'Europacorp), que MK2 consolide son réseau parisien (notamment à Bastille), UGC s'associe avec C2L pour reprendre trois cinémas à Versailles et Meaux. Initialement c'est le réseau CGR qui devait mettre la main sur les deux cinémas versaillais (lire notre actualité du 13 mars 2015).

Ensemble, ils ont racheté les trois établissements franciliens de la famille Edeline: le Cyrano (1562 fauteuils) et le Roxane (767 fauteuils) à Versailles et le Majestic (1304 fauteuils) à Meaux, soit un total de 19 écrans et 800000 spectateurs. C'est à peu près la fréquentation d'un UGC Ciné Cité à Villeneuve d'Ascq, à Créteil ou à Lyon. Est-ce un changement de stratégie pour le réseau UGC jusque là concentrée sur des multiplexes d'une certaine taille dans les métropoles et les zones commerciales denses?

UGC assurera la programmation sans changer l'ADN des salles (le Roxane est classé art et essai) tandis que Marie-Laure Couderc (C2L), nièce de l'ancien propriétaire Jean-François Edeline, gérera le réseau. Les salles seront estampillées UGC et profiteront de tout le savoir-faire marketing et de la politique commerciale du réseau.

Dans tous les cas, les trois cinémas auront besoin d'être rénovés.

UGC confirme ainsi sa main mise dans cette zone francilienne, avec sa présence à Velizy et Saint-Quentin-en Yvelines et son futur multiplexe à Parly 2. Un quasi monopole pourrait-on dire qui est renforcé par le futur cinéma Cine Movida à Maurepas qui sera géré par ... Marie-Laure Couderc, qui exploite aussi un cinéma à Rambouillet (lire notre actualité sur la guerre des multiplexes dans les Yvelines). C2L est aussi présent dans le nord des Yvelines (Poissy, Saint-Germain en Laye) et à Provins (comme Meaux, en Seine-et-Marne), en plus de quelques salles dans le nord de la France et en Ile-de-France (Gif, Vaucresson, Sartrouville).

Les cinémas Gaumont Pathé à La Villette, Aéroville et La Joliette

Posté par vincy, le 17 décembre 2016

Situé dans le tout nouveau centre commercial Vill’Up, le cinéma Pathé La Villette a ouvert ses portes le mercredi 14 décembre. Il est en concurrence directe avec Etoile Les Lilas, les MK2 Quai de Seine et Quai de Loire et l'UGC Ciné Cité 19. Il s’agit du plus grand cinéma du nord-est parisien avec 16 salles ultramodernes et 2 900 fauteuils. L'ouverture était prévue en 2015 mais un incendie a retardé l'inauguration du centre commercial d'un an.

Il abrite aussi la toute première salle IMAX dans un cinéma à Paris intra-muros, et la deuxième après la Géode, située à quelques mètres.

"Le nouveau cinéma a été conçu pour offrir aux spectateurs un confort de projection optimal : 1,10 mètre d’espacement entre chaque rangée, des fauteuils club dans toutes les salles, des fauteuils duo pour se lover à deux" et "les spectateurs peuvent en outre réserver à l’avance leur fauteuil grâce au placement numéroté" explique le communiqué du groupe.

Situé au cœur du 5 ème musée de France, dans la quatrième travée de la Cité des Sciences et de l’Industrie, le Pathé La Villette, est le 5e complexe cinématographique ouvert à Paris en 3 ans après le Pathé Beaugrenelle, Les Fauvettes, le Gaumont Convention et le Gaumont Alésia. Il vise 700 000 entrées en 2016 et 1 million à terme.

Près de trois mois après le début de leurs négociations exclusives, les Cinémas Gaumont Pathé ont par ailleurs signé l'accord avec EuropaCorp, pour reprendre l’activité d’exploitation cinématographique de la société de Luc Besson (lire notre actualité du 5 octobre) qui comprend le multiplexe d’Aéroville à Tremblay-en-France, près de l'aéroport de Roissy Charles de Gaulle et le projet de multiplexe La Joliette à Marseille.

Les Cinémas Gaumont Pathé exploitent 110 cinémas pour un total de 1 051 écrans et totalisent 64,5 millions d’entrées en Europe. Le cinéma d’Aéroville est un multiplexe de 12 salles et 2380 fauteuils qui a totalisé 712 000 entrées en 2015. Le projet de cinéma de La Joliette abritera 14 salles et 2 800 fauteuils sur le site d’activité de La Joliette à Marseille.

Un multiplexe Pathé en Tunisie en 2018

Posté par vincy, le 17 octobre 2016

Les Cinémas Gaumont Pathé traversent la Méditerranée. Associés avec le producteur Wassim Béji, Pathé ouvrira son premier cinéma en Tunisie au second semestre 2018. Composé de 8 salles, il sera situé dans le plus grand centre commercial de Tunis, Tunis City, dans le cadre de l’extension du complexe (photo). "Il s’agira de la première ouverture d’un multiplexe en Tunisie" précise le communiqué. Pathé ajoute qu'il y a "d’autres projets d’implantation (...) également à l’étude dans ce pays."

Les Cinémas Gaumont Pathé sont le premier circuit de salles de cinémas en France, aux Pays Bas et en Suisse. Ils sont également présents en Belgique.Au total le réseau exploite 110 cinémas, 1 051 écrans et attire 64,5 millions d’entrées. Wassim Béji est producteur de cinéma via sa société WY Productions, créée en 2004. Il a produit une dizaine de films dont Yves Saint-Laurent, de Jalil Lespert, et le prochain film de Roman Polanski, D’après une histoire vraie, adaptation du roman de Delphine de Vigan, en tournage cet automne.

C'est le troisième réseau français qui investit sur le continent africain. Il y a quelques mois, Vivendi inaugurait sa première salle à Yaoundé au Cameroun. Megarama exploite déjà 4 multiplexes au Maroc (Casablanca, Marrakech, Fès, Tanger), et prévoit d'en ouvrir deux autres (Agadir, Rabat).

Alors que son cinéma renaît, la Tunisie manque de salles. La centaine d'écrans dans les années 1970 s'est réduite comme peau de chagrin. Récemment, le CinéVog ou le CinéMadart ont été relancés. Mais la fréquentation n'a jamais vraiment chuté, dépassant constamment le million de spectateurs annuels.

Les cinémas d’Utopolis et d’EuropaCorp changent de propriétaires

Posté par vincy, le 5 octobre 2016

Kinepolis a finalement pu reprendre neuf cinémas du groupe Utopolis en cédant quatre multiplexes belges à UGC (Aarschot, Lommel, Malines et Turnhout ) pour satisfaire l'autorité de la concurrence. Kinepolis a ainsi racheté cinq multiplexes aux Pays-Bas (Almere, Den Helder, Oss, Zoetermeer, Emmen), trois au Luxembourg (Luxembourg et Esch-sur-Alzette) et un en France, à Longwy. Kinepolis se renforce ainsi dans le Benelux et dans une moindre mesure dans l'Est de la France. Avec ce rachat, le groupe possède 47 complexes, dont 14 aux Pays-Bas, 12 en Belgique et 10 en France. L'acquisition d'Utopolis lui permet d'ajouter une cinquantaine de salles à son réseau. Pour UGC c'est aussi une bonne opération. Avec trois cinémas dans le pays (deux à Bruxelles, un à Anvers), le réseau était un peu sous dimensionné face à ... Kinepolis. UGC dispose donc désormais 7 multiplexes en Belgique.

Autre bouleversement dans l'exploitation, celui des cinémas d'EuropaCorp, la société de Luc Besson, qui va céder au réseau Gaumont-Pathé son multiplexe d'Aéroville près de l'aéroport Charles-de-Gaulles en région parisienne ainsi que son projet à La Joliette à Marseille. Ouvert en 2013, le complexe d'Aéroville se voulait novateur dans un centre commercial ambitieux (et le 3e en france par sa superficie). EuropaCorp souhaite depuis quelques temps se concentrer sur ses métiers de base (production, distribution). Avec 2500 places dans 12 salles (dont deux salles lounge avec bar privatif, deux avec son immersif, etc..), le complexe avait séduit un large public. La fréquentation est en hausse avec 700000 entrées en 2015 contre 500000 en 2014.

Pour les cinémas Gaumont-Pathé ce sera le premier complexe dans le nord de Paris (et le premier dans le département du Val d'Oise). Sa seule vraie concurrence est l'UGC Cine Cite O'Parinor dans le centre-commercial d'Aulnay-sous-bois. Le projet de Marseille, dans la zone Euroméditerranée, pas loin du Mucem, complètera l'offre du groupe déjà situé à Plan de Campagne, sur la route d'Aix-en-Provence, et dans le 4e arrondissement de la ville.