Laurent Terzieff quitte la scène (1935-2010)

Posté par MpM, le 3 juillet 2010

Laurent TerzieffLe comédien et metteur en scène français Laurent Terzieff vient de s'éteindre à l'âge de 75 ans des suites "de  complications pulmonaires". Celui qui fut baptisé en 1958 "la nouvelle gueule d'ange du cinéma français", pour son rôle dans  Les tricheurs de Marcel Carné, s'est partagé durant près de soixante-ans entre le théâtre et le cinéma.

Sur les planches, avec la compagnie qui portait son nom, il a notamment créé plusieurs pièces inédites (La Pensée d'Andréiev en 1961, Tango de Mrozek en 1967...) et monté différents spectacles autour de la poésie de Rilke ou Brecht. Son travail lui valut d'ailleurs de nombreuses récompenses : prix Gérard Philipe en 1964, Grand prix national du théâtre en 1984, et plusieurs Molière, dont le dernier en avril 2010 pour L'habilleur et Philoctète.

Au cinéma, il avait résisté aux sirènes du star-system, mais pas à celles de la curiosité :  on l'a ainsi vu chez Bunuel (La voie lactée), Clouzot (La prisonnière), Godard (Detective), Pasolini (Médée)... et, dernièrement, en vieux gangster usé dans J'ai toujours rêvé d'être un gangster de Samuel Benchetrit.

Disparition de Georges Cravenne (1914-2009)

Posté par vincy, le 11 janvier 2009

Georges Cravenne, né Joseph, Raoul Cohen le 24 janvier 1914 à Kairouan (Tunisie), est surtout connu pour avoir créé en 1975 l'Académie des arts et techniques du cinéma, qui devait décerner dès l'année suivante les César du cinéma français.

Décédé samedi 10 janvier à paris, à l'âge de 94 ans, ce pionnier des relations publiques en rance avait aussi mis en scène, pour l'Association Professionnelle et Artistique du Théâtre, les premiers Molières du théâtre, puis, avec moins de succès, Les 7 d’Or pour les producteurs de la télévision.

Georges Cravenne avait débuté dans le journalisme en 1935 à Ciné-Magazine, dont Marcel Carné était rédacteur en chef. Il a travaillé ensuite à Paris-Soir avec Pierre Lazareff, où il crée la rubrique cinéma. Après la guerre, il fut l'un des acteurs de la réhabilitation du Lido, le cabaret des Champs Elysées, avant de créer la première agence de relations publiques et de devenir l'ami du "tout-Paris".

Dans les années 50 et 60, Cravenne a organisé les premières grandes soirées de promotion comme l’inauguration de l’Odéon-Théâtre de France, en présence du Général de Gaulle, ou un gala exceptionnel à l'Opéra où il a fait chanter pour la première fois à Paris la Callas. Dans le cinéma, il la lancé la grande majorité des films de Renoir, René Clair, Clouzot, Ophüls, Preminger, Verneuil, Gabin, Bardot ou Montand-Signoret. "Il a lancé tous les grands film des années 1950, 60, 70 comme La Grande Vadrouille ou Le Corniaud", a rappelé son fils à l'AFP.

Il a toujours voulu contribuer au rayonnement de la culture française dans le monde, quitte parfois à copier plutôt qu'inventer.
Ainsi, obsédé par les Oscars d'Hollywood, il voulair créer son équivalent français. "Jusqu'au jour où le nom de mon ami César, sculpteur de génie, s'est imposé à moi et sa sculpture avec lui. Oscar, César, cinq lettres qui rimaient à tel point que la naissance du second était devenue évidente", racontait-il. "Ils resteront certainement la chose la plus importante que j’ai réalisée, le don que j’aurai fait à la profession. J’en suis fier: ils me survivront", affirmait-il encore.

L'Académie des Arts et Techniques du Cinéma lui rendra un hommage lors de la 34ème Cérémonie des César, qui aura lieu le 27 février, sous la présidence de Charlotte Gainsbourg.

Françoise ou la race des Seigner

Posté par benoit, le 17 octobre 2008

Françoise Seigner 446e sociétaire de la Comédie Française, Françoise Seigner, fille de Louis et tante d’Emmanuelle et de Mathilde, incarne avec rondeurs et énergie les grandes soubrettes de Molière. Orfèvre de l’art dramatique, elle met son expérience au service des oeuvres de Racine, Corneille, Carlo Goldoni, Nathalie Sarraute, Georges Bernanos, Italo Svevo, Henry James… Pendant vingt ans, Françoise Seigner met en scène et interprète Madame Gervaise du Mystère de la Charité de Jeanne d’Arc de Charles Péguy. Sans nul doute le rôle de sa vie. Elle s’est éteinte le 13 octobre à l’âge de quatre-vingt ans.

Chère Françoise,

Il y a une vingtaine d’années, vous animiez un stage d’art dramatique. Son thème : la modernité des classiques. Vous vous éloigniez alors de la Comédie Française que vous lapidiez à coup de phrases laconiques et acerbes. Au plus profond, très souffrantes.

Je m’étais retrouvé là dans des circonstances un peu particulières. Cherchant pour l’une de vos mises en scène un "jeune premier" - c’était encore le temps de ce genre absurde de ségrégation nommée "emploi" - vous m’aviez invité à travailler avec un autre comédien afin de choisir lequel vous conviendrait le mieux. Ce stage se transformait donc en audition. Ironie de ce métier qui n’en manque pas, il me semble que ni mon concurrent, ni moi n’avons été choisis et que votre projet n’a jamais vu le jour…

J’ai le souvenir de nombreux participants dont votre nièce Mathilde, déjà forte en gueule, au teint d’abricot et qui ressemblait à l’époque comme deux gouttes d’eau à Sophie Marceau. Mais le monstre sacré, c’était vous, car sur scène vous étiez sacrément, fabuleusement monstrueuse, Françoise. Comme dans une arène, vous réunissiez à vous seule l’expertise du toréador, la robustesse du taureau, la précision et la justesse de la banderille plantée.

L’emploi de jeune premier me posait des problèmes. Je vous avais fait part de mon horreur du larmoyant et du pathos. Alors, nous avons rigolé ensemble grâce à Molière. Vous dans Dorine, moi dans Cléante du Tartuffe. Vous m’avez soutenu, dopé de vos éclats tonitruants, gigantesques, surhumains. Soudain, phénomène physiologique oblige, des larmes sont nées de mes rires. D’un coup, la fureur vitale de votre regard s’est évanouie. D’une voix qui enrobait chaque mot de miel, vous avez soupiré en prenant la salle à témoin : "Eh bien, voilà. On en fera peut-être quelque chose de celui-là…" Grâce à vous, j’avais réussi à pleurer.

J’habitais déjà la planète cinéma. Vous, vous revendiquiez à tout craint l’universalité du théâtre. J’aimais vous asticoter. Vous ne manquiez jamais de râler, de grogner. Mais quand j’évoquais Truffaut qui vous avait offert le rôle de Madame Guérin, la gouvernante de L’enfant sauvage, vous murmuriez invariablement : "Ah, FrançoisAh, François…"

À la fin du stage, vous avez dressé le portrait de chacun des participants. Beaucoup tremblaient car, ignorante de la langue de bois mais toujours bienveillante, vous découragiez le plus motivé en lui certifiant que vos mots étaient moins cruels que la réalité du métier de comédien. Arrivé à mon tour, un rictus s’est dessiné sur votre visage de matrone diabolique à la Garcia Marquez. Prenant des temps de sociétaire, vous m’avez dit : "VousOh, vousC’est différentC’est autre choseC’est à part…" Vous aviez raison, Françoise, même s’il me fallut encore quelques années avant de comprendre que j’avançais claudiquant dans la lumière et que l’ombre m’éclairerait bien mieux.

Je viens d’apprendre que vous êtes partie. Où ça ? Au ciel comme on dit ?... Si c’est le cas, la prochaine fois que j’entendrai tonner, je me dirai : "Tiens, c’est LA SEIGNER, la reine des soubrettes, qui met de l’ordre dans les nuages telles Toinette, Dorine ou Frosine…" Et si jamais il se met à pleuvoir, alors j’éclaterai de rire. Promis. Je vous embrasse aussi fort que je vous remercie.

Cannes : Qui est Rebecca Hall?

Posté par vincy, le 17 mai 2008

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Le hasard fait bien les choses: le film préféré de Rebecca Hall est  Manhattan d'un certain Woody Allen! Co-vedette du dernier opus du clarinettiste bergmanien, Vicky Cristina Barcelona (hors-compétition), la jeune comédienne (26 ans) interprète Vicky, la meilleure copine de Cristina, alias la blondissime Scarlett Johansson. Rebecca joue les filles sages assiégée par la tentation...

Mais dans quoi l'a-t-on vue? Dans The Prestige, en épouse idéale et assistante remplacée  par... Scarlett Johansson. Les directeurs de casting sont-ils fainéants ou Woody Allen a-t-il adoré le film de Christopher Nolan? Car avant cela, Miss Hall a surtout joué au théâtre (où elle fut Elvire dans "Don Juan" de Molière) et à la télévision, souvent mise en scène dans les deux cas par son père Peter Hall.

D'ici quelques temps on la retrouvera dans Frost / Nixon, prochain film de Ron Howard et une nouvelle adaptation des Soeurs Brontë, avec Kristin Scott-Thomas, Geraldine Chaplin et Evan Rachel Wood.