La chute et le déshonneur d’Harvey Weinstein

Posté par vincy, le 7 octobre 2017

Harvey Weinstein, autrefois faiseur d'Oscars, roi d'Hollywood accueilli comme un chef d'état dans les grands festivals, cofondateur de Miramax puis de The Weinstein Company, est à terre.
Généreux donateur pour l'AmFar (recherche contre le Sida) et pour le Parti Démocrate, le producteur et distributeur (Sexe, mensonges et vidéos, Shakespeare in Love, Le discours d'un Roi, The Artist) a tout perdu en 48 heures. Son aura évidemment. Mais aussi son pouvoir. Alors qu'il a du recruter en urgence des sociétés de relations publiques spécialisées dans les situations de crise et un ancien conseiller spécial de Bill Clinton, Weinstein a officiellement quitté son entreprise hier.

Le New York Times a publié une enquête jeudi dernier où le pacha du cinéma art et essai, producteur de Quentin Tarantino et de Michael Moore, était accusé de plusieurs cas d'harcèlement sexuel sur des actrices (Ashley Judd, Rose McGowan) et plusieurs employées. On apprend dans cette longue investigation qu'il a voulu les masser, les a forcées à le regarder nu ou leur a promis des aides à leur carrière contre des faveurs sexuelles.

Une défense en forme de confession

"Je réalise que la façon dont je me suis comporté avec des collègues par le passé a causé beaucoup de douleur, et je m’en excuse sincèrement". Sa défense est surréaliste quand il ajoute : "Mon chemin sera maintenant d’apprendre à me connaître et maîtriser mes démons". Et de se justifier: "J’ai grandi dans les années 60 et 70, quand toutes les règles sur le comportement et les lieux de travail étaient différentes".

Dans son communiqué, il tente de distinguer ses bonnes de ses mauvaises actions, en confessant à demi-mots qu'il a bien été un prédateur et que les accusations ne sont pas fausses. "Je respecte toutes les femmes et je regrette ce qui s'est passé. J'espère que mes actions auront plus de portée que les mots (...). Jay Z a écrit dans 4:44 "Je ne suis pas l'homme que je pensais être, et je ferais mieux d'être cet homme pour mes enfants". Il en va de même pour moi. Je veux avoir une deuxième chance dans la communauté, mais je sais que j'ai du travail à faire pour la gagner. J'ai des objectifs qui sont maintenant prioritaires. Croyez-moi, ce n'est pas un processus qui se fait en une nuit. J'ai essayé de faire cela pendant 10 ans, et ce qui arrive est comme un réveil. Je ne peux pas avoir plus de remords que j'en ai actuellement à propos des gens que j'ai blessés, et j'ai l'intention de réparer le mal causé tout de suite. "

Près de trente ans de silences et de rumeurs

Autant dire qu'en voulant procéder ainsi, avant que des avocats hors-de-prix ne s'en mêlent, il se met en coma professionnel. Le plus surprenant est peut-être que ça ait mis si longtemps à être révélé. Les rumeurs étaient répandues. Des journalistes avaient déjà enquêté, sans preuves réelles ou en faisant fausse route sur leur angle d'attaque. Des affaires avaient été étouffées avec de gros chèques (8 cas auraient été réglés par des accords à l'amiable entre les années 1990 et 2015). Bref, tout le monde savait mais personne ne disait rien. La bombe du quotidien new yorkais est bien de mettre tout ce comportement inacceptable au grand jour, avec des témoignages enregistrés. La parole s'est libérée.

On imagine la pression sur ces jeunes femmes, assistantes, actrices ou mannequins. Ashley Judd le résume très bien, racontant qu’il y a vingt ans, elle avait du le rejoindre dans sa chambre d’hôtel alors qu'elle devait prendre un petit-déjeuner de travail. Il l'a reçue en peignoir et lui aurait alors demandé s’il pouvait la masser ou si elle pouvait le regarder prendre une douche. La comédienne explique son dilemme : "Comment puis-je sortir de la chambre le plus vite possible sans m’aliéner Harvey Weinstein ?".

Nul ne doute que tout ça se soldera avec un procès. Il aura peut-être moins d'écho que ceux d'animateurs TV (Bill O’Reilly) ou de comédiens (Bill Cosby), davantage connus du grand public. On peut même anticiper que la fin de cette affaire s'achèvera avec d'énormes dédommagements sans pour autant passer par la case prison. Ne sous-estimons Harvey Weinstein, qui a souvent été comparé à un taureau entouré de pitbulls, qui a un paquet d'argent pour se payer les meilleurs avocats et qui peut compter sur son clan. Son frère Bob Weinstein continue de le soutenir et fait confiance au suivi thérapeutique et à l'enquête "indépendante" commandée par TWC pour l'absoudre. Ce n'est que de la communication économique.

Des avocats qui ne savent pas sur quel pied danser

Car, dans le fond, le mal est fait. Et Harvey Weinstein est cloué au pilori. Ses premières réactions contredisent celles de ses avocats, ce qui n'aide pas à avoir une stratégie claire. Lui fait son mea culpa, sous-entendant que les faits sont avérés. Eux, d'abord dans le déni, ont qualifié les affirmations du journal comme fausses et diffamatoires. Et dans le même temps, ils avouent aussi que "ce vieux dinosaure" "apprend de nouvelles manières" et qu'il "lit des livres et suit une psychothérapie". Bien sûr, ils porteront plainte contre le New York Times.

L'affaire Weinstein éclabousse pourtant tout Hollywood et au-delà. Les temps ont changé, et même les "dinosaures" doivent s'adapter avant d'être menacés d'extinction. Rose McGowan a d'ailleurs réagi sur Twitter : "Les femmes se battent. Et à tous les hommes : faites face. Nous avons besoin que vous soyez nos alliées."

Péril en la demeure pour The Weinstein Company

Désormais le nom de Weinstein est aussi toxique que son attitude l'était au sein de sa société. Il a du abandonner ses fonctions dès hier. Le conseil d'administration de The Weinstein Company a signifié qu'il était désormais "absent pour une durée indéfinie à compter du vendredi 6 octobre". Bob Weinstein, son frère et associé, et David Glasser le remplaceront. Harvey Weinstein a pourtant l'intention de revenir. S'il le peut, car il laisse sa société dans un état très fragile.

Il est terminé le temps où il avait la main mise sur les Oscars et le portefeuille assez garni pour acheter les films d'auteurs ou étrangers les plus "hype". Désormais, Netflix, Amazon ou des distributeurs comme The Orchard, A24, ou IFC sont beaucoup mieux armés pour faire la loi dans les marchés de films et dans les palmarès. Surtout, ces nouveaux venus dans la production et la distribution sont respectés des cinéastes qui se sentent accompagnés et chouchoutés là où Harvey Weinstein a la réputation d'être autoritaire et tyrannique, coupant les films selon son bon vouloir (Snowpiercer et Grace de Monaco par exemple), n'hésitant pas à être dans la salle de montage pour les versions américaines.

Pourtant ça ne lui rapporte plus autant qu'avant. Rien que depuis 12 mois, il a accumulé plusieurs fiascos pour seulement deux succès (Lion, Wind River). Financièrement TWC est même mal en point. Licenciements, dépenses faramineuses, orientations stratégiques remises en question (il a diversifié sa société avec des livres, des séries TV... qui n'ont pas été très rentables), incapacité à acheter les films qui comptent face à ses nouveaux concurrents: depuis deux ans, on suppute sur la cession de l'entreprise, suivant ainsi le destin de sa pépite Miramax il y a quelques années. Depuis plusieurs mois, les agents, conscients du manque d'argent (des factures restaient impayées) hésitaient à monter des "deals" avec lui.

Il n'est pas le seul coupable

Son départ était inévitable: quels réalisateurs, diffuseurs ou investisseurs auraient voulu mêler leur projet à un homme dont l'image est désormais ternie par une tâche indélébile? Harvey Weinstein est désormais comme un poison qui infuse lentement dans le corps de The Weinstein Company.

Peu importe la suite: procès retentissant ou affaire négociée dans les coulisses. Peu importe si les victimes parviennent à se battre contre lui ou lâchent l'affaire, par peur, par pression. Hollywood a vu cette semaine un de ses enfants terribles passer du sommet à l'enfer. C'est un simple épisode dans l'histoire de l'industrie, mais il révèle malgré tout des comportements inacceptables et pourtant tolérés. Il n'est pas le seul coupable dans cette histoire. Tous ceux qui savaient ont leur part de complicité et donc de responsabilité.

Il avait du pouvoir, il en a abusé, il savait l'utiliser, sans se soucier de la moralité de l'histoire. Harvey Weinstein devra en tout cas se choisir une autre manière de se défendre s'il veut revenir à Hollywood (qui sait pardonner les offenses de ses mauvais garçons).

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Lire aussi: Miramax: les derniers nababs

Les petites ambitions cinématographiques de Netflix

Posté par vincy, le 2 octobre 2014

michelle yeoh tigre et dragon

Netflix s'est fait connaître avec les séries (House of Cards). Mais la société américaine a aussi des ambitions dans le cinéma. En annonçant à deux jours d'intervalle deux partenariats exlcusifs de production cinématographique, le "leader mondial de la TV en streaming" (50 millions d'utilisateurs selon ses propres chiffres) affiche ses velléités.

Netflix proposera ainsi le 28 août 2015 la suite de Tigre et Dragon ( Crouching Tiger Hidden Dragon 2: The Green Destiny). Le film sortira en simultané dans les salles IMAX et sur le petit écran, dans tous les pays où le service est présent. Modérons le coup d'éclat : en France, avec la règlementation sur la chronologie des médias, une sortie simultanée en SVàD et sur grand écran est impossible - il ne sera donc disponible qu'en SVàD; et aux Etats-Unis, deux grands circuits de salles (Regal et Cinemark) ont déjà refusé de sortir le film dans leurs salles Imax s'il sort en même temps en SVàD.

Le film, produit par Miramax, est réalisé par Yuen Wo-ping et seule Michelle Yeoh reprend du service dans un casting où l'on retrouve Harry Shum Jr. et Donnie Yen.

Ensuite, ce matin, Netflix a envoyé un communiqué indiquant qu'elle diffusera quatre films produits et interprétés par Adam Sandler, l'un des comédiens les plus populaires aux Etats-Unis (même si son étoile pâlit au box office ces dernières années). Ils seront destinés exclusivement aux utilisateurs de Netflix. "Quand on m'a proposé de faire quatre films, j'ai tout de suite dit oui parce que Netflix c'est trop de la balle! En avant le streaming!" a lancé Adam Sandler. En dehors de Copains pour toujours et de sa suite, Sandler a surtout connu d'importantes déconvenues au box office. Son dernier film Blended n'ayant rapporté que 46M$ et Crazy Dad à peine 37M$. Pour Sandler, c'est une manière de reconquérir son public, plus apte à s'amuser de ses frasques en vidéo le samedi soir. Pour Netflix, c'est l'assurance de proposer des comédies populaires.

Mais pas de quoi faire bondir les utilisateurs français, public ingrat qui n'a jamais vraiment été séduit par l'humour de Sandler.

Loin d'être encore une menace pour ses concurrents français

Ce n'est pas encore avec ces deux premières annonces que Netflix va jouer les perturbateurs dans l'industrie du cinéma - tout comme il n'a pas encore révolutionné l'industrie des programmes pour la télé et internet. Pas de quoi faire peur non plus, en France, au contributeur historique du cinéma français, Canal +. Et quand bien même, Netflix France annoncerait de telles ambitions, il faudrait que la société se plie aux règles de la concurrence et interviennent sur plusieurs films locaux par an.

En s'installant au Luxembourg, comme Apple et Amazon, Netflix y gagne fiscalement et financièrement, c'est certain, et s'enlève de nombreuses contraintes juridiques, c'est évident. Mais le groupe doit contribuer au financement de la production audiovisuelle française en devant verser 2% de son chiffre d'affaires en France au Centre national du cinéma et de l'image. Et Netflix devra payer la TVA à partir du 1er janvier sur ses recettes françaises. En revanche, il ne peut solliciter aucune aide à la production.

Pour l'instant Netflix échappe à l'impôt français sur les sociétés, à l'obligation de signalétique d'âge et aux quotas (60% de contenus européens et 40% de contenus français dans son catalogue). Il ne doit pas non plus s'assurer que 12% de ses recettes proviennent de visionnage de programmes français.

La solution pour remédier à cette distorsion de concurrence ne peut venir que de la nouvelle Commission européenne, qui doit poursuivre le travail de la précédente en obligeant tout diffuseur à respecter les règles du pays auxquels sont destinés les contenus. Si un contenu est diffusé ou consommé en France, le groupe devra respecter les lois françaises.

Même la nouvelle ministre de la Culture et de la Communication, Fleur Pellerin, s'est résolue à ce principe. Jusque là, cette spécialiste du numérique avait, diplomatiquement, chercher à ne pas de fâcher avec les multinationales du Net.

"C'est une situation qui ne doit pas se régler en vilipendant les sociétés qui font ce choix, puisque c'est un choix de rationalité économique", mais en "faisant en sorte qu'on harmonise les conditions fiscales au niveau européen", avait-elle déclaré il y a un mois. Elle va désormais plus loin : "L'avantage concurrentiel qu'ils en retirent doit par conséquent être neutralisé", désignant Netflix, débarqué en France le 15 septembre, sans jamais le citer.

En deux semaines, le réseau français compterait plus de 100 000 utilisateurs en France (Canal + en revendique près de 10 millions et son service de SVàD CanalPlay environ 500 000). Le chiffre peut paraître impressionnant : mais n'oublions pas que l'offre est gratuite pour le premier mois d'abonnement. Reste à savoir combien de téléphages paieront entre 8 et 12 euros par mois pour voir les films et séries de Netflix.

Harvey Weinstein convoite son ancienne société Miramax

Posté par vincy, le 6 août 2013

Harvey WeinsteinCe serait une douce revanche pour Harvey Weinstein. L'histoire d'un plat qui se mange froid, à une table de Saint-Tropez, raconte le magazine Variety. Le puissant producteur hollywoodien a en effet déjeuné avec Tom Barrack, patron du fonds d’investissement Colony Capital, qui a acheté Miramax en 2010 (avec l'aide du Qatar), société créée par les frères Weinstein en 1979. Il n’y a pour l’instant que des discussions, rien n’est officiel.

De quoi ont-ils parlé ? De fusion entre The Weinstein Company et Miramax, ou, au pire, un partenariat stratégique entre les deux sociétés. Cela permettrait à Harvey Weinstein de remettre la main sur le richissime catalogue qu’il a contribué à remplir : Shakespeare in Love, Le Patient Anglais, Chicago, Scary Movie, Pulp Fiction, Kill Bill, Good Will Hunting, Aviator, Les autres

Le rapprochement serait ironique. Après l’avoir acheté à Walt Disney pour 663 M$, Colony Capital a géré le catalogue de 700 titres à travers différentes licences fructueuses (Netflix, Hulu, Facebook…). Mais de nombreux experts considèrent que ça n’a pas suffit à la rentabiliser. Surtout, Miramax n’a rien produit depuis trois ans (Une famille très moderne, avec Jennifer Aniston), ce qui ne facilite pas la valorisation du catalogue, dont la valeur fondrait au fil des mois. Évaluée à 800 M $, dont une dette de 40%, Miramax arrive à un croisement des chemins. Le numérique ne suffit pas à enrichir son propriétaire et, pire, l’exploitation des titres les plus importants a atteint ses limites. Sans management issu du cinéma, la compagnie a du mal à concrétiser ses projets cinématographiques.

Année record pour The Weinstein Company

Le retour des Weinstein permettrait sans doute de mieux développer cette stratégie avec des séries, par exemple, mais surtout avec de nouveaux films. Car Harvey Weinstein a retrouvé sa martingale depuis quelques années, entre films oscarisés et hits au box office : Django Unchained, The Artist, Le discours d’un roi, Happiness Therapy, Inglourious Basterds, The Reader, La Dame de fer, et cet été Fruitvale Station.

La solution Weinstein semble, sur le papier idéale. D’autant que la paix a été signée entre le magnat et Disney, qui avait acheté Miramax en 1993. Fâché avec le géant hollywoodien pour divergences artistiques et stratégiques, Weinstein avait abandonné à contre cœur son « bébé » en 2005. Disney a relégué Miramax dans ses nombreuses filiales, jusqu’à la fermer en 2010 puis la vendre à Colony Capital. Pendant ce temps, en octobre 2005, les frères Weinstein ont créé The Weinstein Company (TWC), qui connaît une année record en 2013 avec déjà 340 M$ au box office (5% de parts de marché !). La société a encore 12 films à sortir cette année.

Cette semaine, à la surprise générale, Weinstein et Disney ont annoncé un projet commun : l’adaptation des livres Artemis Fowl. Le producteur en avait acquis les droits pour Miramax en 2001. Disney distribuera ce qui s’annonce être le nouvel Harry Potter.

18 mois après la fusion entre Lionsgate et Summit Entertainment, ce serait une nouvelle étape dans la consolidation des studios indépendants américains. L’objectif est bien entendu de pouvoir être capable de créer des nouveaux contenus, notamment pour les chaînes web comme Netflix et Youtube, futurs nirvanas annoncés des films art & essai.

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Lire aussi : Miramax - ascension d'une star hollywoodienne

Intouchables représentera la France aux Oscars

Posté par vincy, le 18 septembre 2012

La Commission chargée de la sélection du film représentant la France pour l’attribution de l’Oscar du meilleur film étranger lors de la prochaine cérémonie des Oscars a choisi Intouchables d'Eric Toledano et Olivier Nakache, nous indique un communiqué du CNC aujourd'hui.

Le film répond aux deux critères de sélection définis par l'Académie des Oscars, qu'il doit être sorti entre le 1er octobre 2011 et le 30 septembre 2012 et que le contrôle artistique du film doit être exercé par des personnes du pays présentant le film.

Les membres de le la Commission cette année était deux membres de droit, le Président de l’Avance sur recettes Paul Otchakovsky-Laurens, le Délégué général du Festival de Cannes Thierry Frémaux et 5 personnalités qualifiées désignées par la Ministre de la culture et de la communication : Bérénice Béjo (actrice, nommée à l'Oscar du meilleur second-rôle cette année), Sylvain Chomet (réalisateur, déjà nommé à l'Oscar du meilleur film d'animation), Didier Lavergne (Oscar du meilleur maquilleur pour La Môme), Abdel Raouf Dafri (scénariste de Mesrine) et Carole Scotta (productrice, Haut et Court).

Intouchables, actuellement 33e du box office ce week-end aux USA, est le plus gros succès à l'étranger pour un film français, depuis 1994 (voir actualité du 10 septembre). Il a rapporté 364 millions de $ dans le monde. En Amérique du nord (hors Québec), le film a rapporté 9 millions de $, soit la 27e recette la plus importante pour un film en langue étrangère (très loin derrière La cage aux folles, record de fréquentation, et Amélie Poulain, record de recettes). La Môme et le Pacte des loups ont également rapporté un peu plus en leur temps. Cependant, le film, distribué par The Weinstein Company, comme The Artist, a réussit à rentré dans le Top 100 des recettes de l'année. C'est aussi le film en langue étrangère ayant le plus rapporté depuis le premier volet de Millénium, version scandinave, en mars 2010.

Warner Music met la main sur les BOF de Miramax

Posté par vincy, le 9 août 2012

Miramax, studio créé il y a 23 ans par les frères Weinstein avant d'être rachetée par Disney en 1993, puis cédée en 2010 à Filmyard Holdings (pour 663 millions de $), vient de vendre sa filiale musicale à Warner Music.

Miramax Collection est désormais une propriété de Warner/Chapell Music annonce un communiqué du 31 juillet. Le catalogue de Miramax comprend The Cider House Rules, Chicago, Retour à old Mountain, Frida (tous oscarisés pour leur bande originale) mais aussi Gangs of New York, Finding Neverland, Good Will Hunting, Chocolat, Sin City, ...

Avec ce transfert de musiques originales, Warner/Chapell devient l'un des catalogues les plus précieux sur le marché (Eric Clapton, Madonna, Led Zeppelin, Katy Perry, Red Hot Chili Peppers, les Gershwin, ...).  Warner/Chappell gérait déjà les droits des musiques de films de Miramax dans la plus grande partie de l'Europe et en Amérique du Sud. Dorénavant, Warner/Chappell exploitera sous licence des droits d'utilisation de ces musiques (film, TV, jeu vidéo, publicité...).

De plus en plus de films à louer sur Facebook

Posté par vincy, le 25 août 2011

Rien de vraiment neuf sous le soleil de Facebook. Mais une tendance lourde : les studios américains investissent le réseau social pour louer leurs films. Au printemps (voir actualité du 27 mars), Warner avait lancé un test avec The Dark Knight avant d'étendre son offre avec des titres comme Harry Potter, Inception ... En juillet, Paramount s'est jeté dans le réseau avec toute la série Jackass.

Depuis une semaine Universal a mis à disposition de tous ses amis The Big Lebowski, le film culte des Frères Coen, avec l'application Social Theater (pour 30 crédits Facebook d'une valeur de 3$ US).

Et là, Miramax s'y est investit à son tour avec The Miramax Experience. 20 titres seront immédiatement disponibles pour les internautes américains, parmi lesquels Will Hunting, Gangs of New York, Retour à Cold Mountain, Spy Kids, Chicago et No Country for Old Men. Les conditions tarifaires de location sont les mêmes que pour Universal. Miramax avait déjà signé avec NetFlix, qui propose davantage de titres (dont Pulp Fiction, Le Patient anglais, les Scream et Shakespeare in Love).

Facebook est une force de frappe incontournable selon les studios. Premier portail d'entrée sur Internet, il doit cependant modifier sa stratégie tant les usages ont évolué depuis sa création. L'aspect purement communautaire est en déclin tandis que les usages ludiques (jeux, vidéos) et marketing (fan d'une marque) progressent. Cette passivité des internautes est donc compensée par la facilité d'utilisation du site.  Ainsi, les sites autour de films sont en nette augmentation, tout comme le partage de vidéo ou le téléchargement d'une vidéo.

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Notre profil Facebook

Le DG de TF1 Droits Audiovisuels sur le départ?

Posté par vincy, le 9 juillet 2011

Patrick Binet, ancien président de TF1 International devenu directeur général de TF1 Droits Audiovisuels, serait sur le point de quitter son poste, selon la Correspondance de la presse datée du vendredi 8 juillet.

Il est considéré parmi les personnalités les plus influentes de la profession, toujours en quête de l'adaptation qui pourrait faire un carton, grand amoureux des Arts (spectacle vivant, littérature, cinéma, arts plastiques...). Après le triomphe d'Amélie Poulain qu'il avait vendu dans le monde entier, Binet avait été débauché de son poste de P-DG d'UGC international par TF1 en 2002. TF1 voulait redynamiser son portefeuille de cinéma. C'est à Patrick Binet que l'on doit le montage financier et la sortie de La Môme. Sous sa direction, TF1 s'est rapprochée d'UGC après la perte du contrat de distribution avec Miramax (TFM).

Ce départ pourrait-être la première conséquence de la lourde condamnation qu'a subit TF1 D.A. cette semaine (voir notre actualité du 6 juillet) concernant le dernier film de Spike Lee. A cela s'ajoute une autre condamnation, personnelle, en 2010, pour une affaire de moeurs survenue en 2008 et qui avait défrayé la chronique.

Le Qatar se paye les studios Miramax

Posté par vincy, le 4 décembre 2010

Non content d'avoir déjà eu la Coupe du monde de football 2022, le Qatar a indirectement acquis les studios Miramax en participant à leur rachat au groupe Walt Disney pour la modique somme de 663 millions de $, ce qui comprend un catalogue de 700 films dont cinq Oscars du meilleur film : Pulp Fiction, Le patient anglaisShakespeare in Love, Chicago et No Country for Old Men. Disney, durant la période de vente, en a profité pour lancer deux projets alléchants, susceptibles de stimuler le montant de la société, avec le nouveau thriller produit par Guillermo del Toro (Don't be afraid of the Dark) et le prochain film de John Madden (The Debt).

Ron Tutor et le consortium d'investisseur Filmyard Holdings sont dorénavant les nouveaux propriétaire de cet autrefois prestigieuse maison de production créée par les Frères Weinstein (qui depuis ont bâti The Weinstein Company).

On ne sait pas grand chose des intentions de Filmyard, hormis qu'ils misent beaucoup sur les droits numériques et qu'ils négocient avec des sociétés comme Netflix et Google.

Filmyard a surtout deux fonds d'investissements importants dans son capital : Colony Capital LLC et Qatar Holding LLC. Qatar Holding est une société d'investissement agissant au nom du gouvernement du Qatar et ayant des participations dans le capital de nombreuses compagnies, notamment européennes. Depuis cet été, le "deal" est en négociation, alors que Disney venait de refuser aux Frères Weinstein la possibilité de reprendre leur ancien bébé.

Miramax a été créé en 1979, racheté par Disney en 1993 pour 80 millions de $ (voir l'historique). Belle martingale.

Miramax met la clé sous la porte

Posté par geoffroy, le 2 février 2010

Après 30 ans d'existence le célèbre studio Miramax n'est plus. Disney a décidé de fermer cette "entité" couteuse et peu rentable au grand dam des 80 salariés qui y travaillaient.

Créé par les frères Weinstein en 1979 afin de donner une chance aux nouveaux talents de la scène américaine peu ou jamais distribués par les majors, le studio, malgré des débuts difficiles, réussit son pari vers la fin des années 80. Sexe, mensonges et vidéo remporte la palme d'or au festival de Cannes et fait connaître le studio dans le monde entier. Outre Soderbergh, la firme produira Sheridan (My left Foot), Gus Van Sant, Minghella et un certain Quentin Tarantino avec son cultissime Reservoir Dog (1992).

Les temps sont durs et en 1993 les frères doivent revendre leur studio à Disney. La diversification s'opère pour le pire et le meilleur. Deux axes sont alors développés: les films à "oscars"produits par Miramax/Disney avec pour tête de gondole Le Patient Anglais, Will Hunting, Chicago, Gangs of New-York ou encore Neverland et les films de genre via une filiale appelée Dimension Film. Celle-ci nous fera découvrir Scream, Sin City, Spy Kids ou encore les Scary Movie.

La légende raconte que c'est autour du film de Michael Moore, Fahreinheit 9/11 (2004), que le torchon fut définitivement brulé entre les Weinstein et le PDG de Disney de l'époque, Michael Eisner. Les fondateurs historiques claquent la porte et s'en vont créer la Weistein Compagny qui, malgré de gros soucis financiers, est toujours debout. Depuis le 29 janvier 2010 ce n'est, hélas, plus le cas pour un studio devenu au fil des ans incontournable. Une page se tourne, un certain type de cinéma aussi.

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Les films produits par Miramax

Inglourious Basterds touché par la dette de son producteur

Posté par vincy, le 23 juin 2009

Inglourious Basterds, le nouveau film de Quentin Tarantino, risque de subir les dégâts collatéraux des mauvaises finances de son producteur, The Weinstein Company. Créée en 2005 avec 1 milliards de $, dont la moitié en dettes, la société dirigée par les fondateurs de Miramax, a une trésorerie déficitaire.

Les experts hollywoodiens accusent les nababs d'avoir eu l'opportunité de construire une nouvelle société après l'explosion de la bulle Internet et d'y avoir appliqué un modèle économique antérieur. Ils peinent à retrouver leurs marques : peu d'Oscars ou de nominations, des films trop internationaux, des budgets souvent dépassés pour des films art et essai risqués et des équipes pléthoriques. Résultats : non seulement le studio indépendant doit apprendre à restructurer sa dette mais en plus il licencie. Hormis Scary Movie 4, aucun film n'a rapporté plus de 60 millions de $ au box office nord américain. The Reader, malgré l'Oscar de Kate Winslet, n'a récolté que 34 millions de $. C'est toujours mieux que Grindhouse, le film de Tarantino et Rodriguez, qui n'avait pas dépassé les 25 millions de $ en 2007.

Ils ne retrouvent pas la martingale qui les avait fait produire Le Patient Anglais comme Pulp Fiction, Chicago comme Spy Kids, Good Will Hunting comme The Aviator, Shakespeare in Love comme Les Autres.

Et leur programme est ambitieux. Outre Inglourious basterds et son budget de 70 millions de $, la comédie musicale Nine est prévue pour l'automne, avec un budget de 90 millions de $ à amortir. Aucun des deux films n'est pourtant considéré comme un blockbuster potentiel.

En fait le véritable souci qui se présente pour les frères Weinstein est lié au lancement du film aux Etats-Unis. Il faut environ 30 millions de $ pour réaliser l'ensemble de la campagne marketing planifiée pour le film de Tarantino. Ce qui veut dire que le film doit rapporter plus de 150 millions de $, DVD compris, pour être rentable. On en est loin.

The Weinstein Company a donc demandé au distributeur international du film, Universal Pictures, de l'aider financièrement. En cas de refus de la part du studio, la sortie nord américaine de Inglourious Basterds serait revue à la baisse, en nombre de copies comme en montant publicitaire.