Le Petit Prince cartonne dans le monde, du Brésil à la Chine

Posté par vincy, le 17 octobre 2015


Le Petit Prince n'a certes pas été un immense succès en France avec 1,8 million de spectateurs. On est loin des 3 millions de spectateurs d'Astérix et le Domaine des dieux, carton de l'animation française l'an dernier ou de Pourquoi j'ai pas mangé mon père avec ses 2,4 millions de spectateurs. Et très loin des scores des productions hollywoodiennes comme Les Minions (6,4 millions d'entrées), Vice-Versa (4,3 millions d'entrées), ou Les pingouins de Madagascar (2,4 millions d'entrées).

Pourtant le film de Mark Osborne cartonne à l'étranger. Déjà sorti dans huit pays, le film a attiré, selon les données d'Unifrance, 3,2 millions de spectateurs. Soit 12,36 millions d'euros de recettes. C'est le 3e plus grand succès en 20 ans pour une production majoritairement française dans le secteur animé, derrière Arthur et les Minimoys et Igor. L'an dernier, Minuscule avait séduit 2,2 millions de spectateurs à l'étranger. Mune, le gardien de la lune, sorti à l'étranger avant la France, a déjà attiré 1,5 million de spectateurs à l'international et Astérix et le Domaine des Dieux frôle les 3 millions.

Au Brésil, Le petit Prince a battu le record d'entrées pour un film français, tous genres confondus, avec 1,8 million de spectateurs (plus que Lucy!). Il a aussi réalisé de très bons chiffres en Pologne, en Turquie et en Argentine.

Le film est sorti en Chine hier, vendredi 16 octobre. Il est déjà 3e du box office avec sur près de 1300 écrans.

Le 6 novembre ce sera au tour du Mexique, le 21 novembre du Japon, le 3 décembre de l'Italie, le 10 décembre de l'Allemagne, le 11 septembre de l'Espagne et le 24 décembre de la Russie.

7 chiffres-clés pour décrypter le marché de l’animation en France

Posté par vincy, le 19 juin 2015

asterix le domaine des dieux

Tandis que le Festival du film d'animation d'Annecy bat son plein, le CNC a fournit les chiffres détaillés du secteur (cinéma, télévision, vidéo) pour l'année 2014. Un secteur d'une centaine d'entreprise employant plus de 5000 personnes, soit 100M$ de masse salariale, ce n'est pas négligeable.

Devis en baisse

9 longs métrage d'animation ont été produits en 2014. Soit 3 de plus qu'en 2013 mais 3 de moins qu'en 2012. Le devis moyen est en baisse de 48,3%. Au total, 70,64 millions d'euros ont été investis (contre 91,05M€ en 2013 et 137,73M€ en 2012) dans ces 9 films financés à 38,7% par des apports étrangers et à 20,5% par des producteurs français. Trois films ont disposé d'un gros budget: The Red Turtle (10,38M€), Mune (14,07M€) et le film canado-français La véritable histoire des petits rats de l'Opéra (26,9M€). Si l'animation ne représente que 3,5% des longs métrages agréés l'an dernier, leurs devis prend une part de 7,1% dans l'ensemble des devis agréés.

Peu de films, beaucoup d'entrées

29 films inédits d'animation ont été distribués l'an dernier - soit le plus faible nombre depuis 2010 - dont 6 films français (- 3 par rapport 2013 et même 2012), 12 films américains (+1), 4 films européens (-3) et 7 films venus d'ailleurs (+1). C'est donc au total 4 de moins qu'en 2013. 15 distributeurs ont sortis un film d'animation. Les films d’animation représentent 4,4 % des films inédits sortis en 2014, ils génèrent 12,4 % des entrées de l’ensemble de ces films et 11,2 % des recettes.

Des recettes en baisse

23,29 millions d'entrées. C'est une baisse de 9,1% par rapport à 2013. Les recettes sont en chute libre, sans doute un effet de l'opération 4€ pour les enfants (les 3-14 ans représentant 40,7% du public), passant ainsi de 6,44€ par entrée à 5,83€ par entrée. Notons quand même que les films français ont attiré 5,04 millions de spectateurs (+265,2%) et les films américains 16 millions (-29%). En part de marché, les films américains passent sous la barre des 70% (68,7%) et les films français dépassent les 20% (21,6% contre 5,4% en 2013). Le spectateur type est une fille de moins de 14 ans qui va régulièrement au cinéma. Mais cela peut varier aussi selon les films. Les enfants ont été majoritairement voir Planes 2 et M. Peabody et Sherman alors que Le vent se lève et Jack et la mécanique du coeur ont attiré moins d'un quart de gamins parmi leurs spectateurs (ce sont essentiellement les 25-49 ans qui ont été voir ces deux films).

Une belle année pour l'animation française

34,5 % des films inédits d’animation réalisent plus d’un million d’entrées, contre 8,1 % de l’ensemble des films. La bonne performance des films français d’animation est portée par le succès de Minuscule, la vallée des fourmis (1,5 million d’entrées) et Astérix et le domaine des dieux (2,68 millions, 3e film d'animation le plus vu de l'année). D'ailleurs avec 840000 entrées en moyenne, les films français n'ont jamais connu une si belle année depuis 2006 alors que les films américains, avec 1,3 millions d'entrées en moyenne, connaissent leur pire année depuis 2005. En 2014, seuls trois films ont dépassé les 2 millions d'entrées (un chiffre qui n'avait jamais été aussi bas depuis 2008) mais 10 autres ont connu un succès variant de de 500 000 à 2 millions de spectateurs. Seuls 8 films ont attiré moins de 100000 spectateurs (contre 13 en 2013 et 12 en 2012).

Année mineure à l'export

3,46 millions d'entrées réalisées à l'étranger pour les films français en 2014. Cela reste une année "mineure" comparée à 2007 et 2008. 7 films inédits sont sortis (2 de moins par rapport 2013), 38 films étaient en exploitation (-4). Mais le nombre de spectateurs a progressé de 24% par rapport à 2013. Seul Astérix et le domaine des Dieux a cartonné avec 683 000 entrées dans 7 pays étrangers. Sur la période 2005-2014, les films d'animation français cumulent 45,6 % de leurs entrées à l'étranger.

Des investissements publicitaires en hausse

En dix ans, les investissements publicitaires bruts en faveur des films d’animation ont presque doublé. Parmi les 29 films d’animation sortis en salle, 28 titres ont fait l’objet d’une campagne de publicité sur au moins un des six grands médias (affichage, cinéma, presse, radio, télévision et internet), soit un montant de 41,69M€ (30,09M€ en 2013) et une moyenne de 1,489 M$ par films. A titre de comparaison, 75,3 % des 663 films inédits sortis en salles en 2014 tous genres confondus font l’objet d’une campagne publicitaire. Le cinéma reste le média le plus important (19,67M€) devant la presse (11,57M$) et l'affichage (5,52M€).

Largement distribués

En 2014, un film d’animation inédit est distribué en moyenne dans 358 établissements en première semaine, contre 137 établissements tous genres confondus. 9 films d'animation sur 29 sont sortis dans plus de 500 salles et 6 dans moins de 50. En 2014, la 20th century Fox (avec son accord DreamWorks) a accaparé 39,4% de parts de marché devant Walt Disney (16,7%,) et SND (15,2%). Sur une décennie, Walt Disney continue de dominer le marché avec 25,9% des entrées devant la 20th Century Fox (19,3%) et Paramount Pictures (17,9%).

César 2015: Timbuktu triomphe avec 7 récompenses

Posté par vincy, le 20 février 2015

cesarMeilleur film (remis par Dany Boon): Timbuktu

César d'honneur (remis par Marion Cotillard): Sean Penn Producteur, réalisateur, acteur, scénariste

Meilleur réalisateur (remis par Nathalie Baye et Guillaume Canet): Abderrahmane Sissako (Timbuktu)

Meilleur premier film (remis par Zabou Breitman et Pierre Deladonchamps): Les combattants

Meilleur film d'animation (remis par Joann Sfar et Laura Smet): Minuscule

Meilleur film documentaire (remis par Charlotte Le Bon et Jalil Lespert): Le sel de la terre

Meilleur film étranger (remis par Emilie Dequenne et Lambert Wilson): Mommy (Canada)

Meilleure actrice (remis par Guillaume Gallienne): Adèle Haenel (Les combattants)

Meilleur acteur (remis par Juliette Binoche et Kristen Stewart): Pierre Niney (Yves Saint Laurent)

Meilleure actrice dans un second-rôle (remis par Céline Sallette et Joey Starr): Kristen Stewart (Sils Maria)

Meilleur acteur dans un second-rôle (remis par Géraldine Nakache et Leila Bekhti): Reda Kateb (Hippocrate)

Meilleur espoir féminin (remis par Cédric Klapisch et Cécile de France): Louane Emera (La famille Bélier)

Meilleur espoir masculin (remis par Julie Gayet et Denis Podalydès): Kévin Azaïs (Les combattants)

Meilleur scénario original (remis par Pascal Elbé): Abderrahmane Sissako, Kessen Tall (Timbuktu)

Meilleure adaptation (remis par Sylvie Testud et Abd Al Malik): Cyril Gely, Volker Schlöndorff (Diplomatie)

Meilleure musique de film (remis par Cécile Cassel et Etienne Daho): Amine Bouhafa (Timbuktu)

Meilleure photographie (remis par Alex Lutz et Stéphane De Groodt): Sofian El Fani (Timbuktu)

Meilleur montage (remis par Léa Drucker et Franck Gastambide): Nadia Ben Rachid (Timbuktu)

Meilleur son (remis par Alex Lutz et Stéphane De Groodt): Philippe Welsh, Roman Dymny, Thierry Delor (Timbuktu)

Meilleurs décors (remis par Léa Drucker et Franck Gastambide): Thierry Flamand (La Belle et la bête)

Meilleurs costumes (remis par Marilou Berry et Jean-Paul Gaulthier): Anaïs Romand (Saint Laurent)

Meilleur court-métrage (remis par Sabrina Ouazani et Félix Moati): La femme de Rio

Meilleur film d'animation - court métrage (remis par Joann Sfar et Laura Smet): Les petits cailloux

Les Magritte 2015 partagent ses prix entre les Dardenne, Belvaux et Coninx

Posté par kristofy, le 9 février 2015

marion cotillard deux jours une nuit

Pour sa cinquième édition, la cérémonie des Magritte, l'équivalent des César pour les films belges francophones, a récompensé les deux films belges qui ont eu à la fois un succès critique et public aussi bien en Belgique qu'en France : 3 prix pour Deux jours, une nuit des frères Jean-Pierre et Luc Dardenne (meilleur film, meilleure réalisation, et meilleur acteur pour Fabrice Rongione) et 3 prix pour Pas son genre de Lucas Belvaux (meilleur scénario, meilleure actrice pour Emilie Dequenne, et meilleur son). A noter également 3 prix pour Marina de Stijn Coninx (meilleur film flamand, meilleurs décors, meilleurs costumes), d'ailleurs coproduit par les Dardenne.

Deux jours, une nuit et Pas son genre étaient les favoris avec chacun 8 nominations. Dans les catégories reines (meilleur film, réalisateur, scénario...), les mêmes films étaient en concurrence : Deux jours, une nuit de Jean-Pierre Dardenne et Luc Dardenne, Pas son genre de Lucas Belvaux, Henri de Yolande Moreau et La marche de Nabil Ben Yadir.

Un Magritte d'Honneur a également été remis à Pierre Richard. L'immense comédien français a souvent joué sous la direction de réalisateurs belges comme La partie d’échec d’Yves Hanchar (1994) et Les âmes de papier (2013) de Vincent Lannoo, présent aux côtés de Julie Gayet, également à l'affiche du film.

Par le jeu des co-productions franco-belges les Magritte sont aussi en correspondance avec les Césars.
Le jeune Marc Zinga a vécu lui une belle année 2014. Couronné par le Magritte du meilleur espoir masculin pour son rôle dans Les rayures du zèbre de Benoît Mariage, il est également nominé au César du meilleur espoir masculin mais pour son autre film de l'année Qu'Allah bénisse la France et il a été choisi pour jouer un rôle de méchant face à 007 dans le prochain James Bond, Spectre.
Magritte du meilleur acteur dans un second rôle pour Jérémie Renier (Saint Laurent) est dans la même catégorie au César. Idem dans la catégorie de scénario pour Lucas Belvaux et Pas son genre.
Pour le César de la meilleure actrice, on retrouvera Émilie Dequenne dans Pas son genre face cette fois à Marion Cotillard (Deux jours, une nuit). Le Magritte du meilleur court métrage a récompensé La bûche de Noël de Stéphane Aubier et Vincent Patar, également en lice pour le César du meilleur court d'animation.

Voici le palmarès pour les principales catégories :

Meilleur film : Deux jours, une nuit de Jean-Pierre et Luc Dardenne
Meilleurs réalisation : Jean-Pierre et Luc Dardenne pour Deux jours, une nuit
Meilleure actrice : Emilie Dequenne dans Pas son genre de Lucas Belvaux (était aussi nominées Déborah François dans Maestro, et Pauline Etienne dans Tokyo fiancée qui sort chez nous le 4 mars)
Meilleur acteur : Fabrice Rongione dans Deux jours, une nuit de Jean-Pierre et Luc Dardenne (révélé avec Emilie Dequenne dans Rosetta des Dardenne, et présent dans leurs films suivants L'enfant, Le silence de Lorna, Le gamin au vélo ; était aussi nominé Benoît Poelvoorde dans Les rayures du zèbre )
Meilleure actrice dans un second rôle : Lubna Azabal dans La marche de Nabil Ben Yadir (était aussi une nouvelle fois nominée Christelle Cornil pour Deux jours, une nuit et qui avait eu ce prix en 2011 pour Illegal)
Meilleur acteur dans un second rôle : Jérémie Renier dans Saint Laurent (il avait reçu déjà ce même prix pour Potiche de François Ozon)
Meilleur espoir féminin : Ambre Grouwels dans Baby Balloon de Stefan Liberski
Meilleur espoir masculin : Marc Zinga dans Les rayures du zèbre de Benoît Mariage
Meilleur scénario : Lucas Belvaux pour Pas son genre
Meilleure image : Manu Dacosse pour L'étrange couleur des larmes de ton corps de Hélène Cattet, Bruno Forzani (égaelement directeur de la photographie de Alléluia de Fabrice Du Welz)
Meilleur montage : Damien Keyeux pour La Marche de Nabil Ben Yadir
Meilleurs décors : Hubert Pouille pour Marina de Stijn Coninx
Meilleurs costumes : Catherine Marchand pour Marina de Stijn Coninx
Meilleur son : Henri Morelle et Luc Thomas pour Pas son genre de Lucas Belvaux
Meilleure musique originale : Soldout (David Baboulis et Charlotte Maison) pour Puppylove de Delphine Lehericey
Meilleur documentaire : Quand je serai dictateur de Yaël André (produit par Morituri)
Magritte du premier film : Je te survivrai de Sylvestre Sbille
Meilleur film étranger en coproduction : Minuscule, la vallée des fourmis perdues de Hélène Giraud et Thomas Szabo (était nominé aussi Une promesse de Patrice Leconte)
Meilleur film flamand : Marina de Stijn Coninx
Meilleur court métrage : La bûche de Noël de Stéphane Aubier et Vincent Patar (était nominé aussi En attendant le dégel de Sarah Hirtt)
A noter que le Magritte du meilleur premier film est lui le résultat du vote du public, et est allé à Je te survivrai de Sylvestre Sbille (avec Jonathan Zaccaï, déjà sorti en France le 28 mai). Les aléas de la distribution en salles sont parfois mystérieux, et c'est le moment de mettre ici en avant un autre premier belge qui était d'ailleurs éligible dans cette catégorie : Puppylove de Delphine Lehericey, qui d'ailleurs figure au palmarès avec un Magritte de la meilleure musique originale (par le duo Soldout). Le film est sorti en mai 2014 en Belgique, mais toujours pas en France alors que les acteurs principaux sont pourtant les français Solène Rigot, Audrey Bastien et Vincent Perez. Le film développe la rencontre entre deux filles très différentes de manière plus subtile que La vie d'Adèle et Respire de Mélanie Laurent (dont les actrices prétendent à un César meilleur espoir féminin que Solène Rigot aurait elle aussi mérité), en voici la bande-annonce :

Box office, production : le cinéma français entre rires et larmes

Posté par vincy, le 13 juillet 2014

qqu'est-ce qu'on a fait au bon dieu?

Le cinéma français peut pousser un grand cocorico national à la veille du 14 juillet. Le premier semestre a rassuré tout le monde : les spectateurs sont revenus, après une année 2013 décevante. Juin n'a pas été un bon mois (soleil et mondial ont été fatals): les blockbusters américains n'ont pas répondu aux attentes, les gros films français n'étaient pas vraiment bons et les films d'art et essai ont de plus en plus de mal à séduire un large public. Pourtant, 106,2 millions de spectateurs sont venus voir un film durant les six premiers mois de l'année. C'est une progression de 11,4% par rapport au premier semestre 2013.

Un spectateur sur deux est allé voir un film français

Mieux, la part de marché des films français est passée de 33,8% pour l'année 2013 à 48,5% pour le premier semestre 2014, surclassant ainsi un faible cinéma américain. 11 des 27 films ayant séduit plus d'un million de spectateurs sont nationaux. Un a dépassé les 10 millions d'entrées il y a quelques jours (Qu'est-ce que j'ai fait au Bon Dieu?, 8ème film français le plus populaire depuis la seconde guerre mondiale) et un autre les 5 millions d'entrées (Supercondriaque). Les comédies françaises ont le vent en poupe. Le Top 10 provisoire de l'année en compte 5 : outre les deux cités auparavant, on compte aussi Les 3 frères : le retour, Babysitting et Fiston. Un sixième film français se classe dans ce Top 10, La belle et la bête. Côté comédies, ajoutons les beaux scores de Barbecue, du Crocodile du Botswanga et de Sous les jupes des filles.

Les franchises, valeurs sûres américaines

Les films américains semblent bien en retrait. Même s'il ne faut pas oublier les cartons en janvier de films sortis à la fin 2013 (La Reine des neiges, Le Loup de Wall Street, Le Hobbit 2), Hollywood n'a eu que deux films franchissant les 3 millions de spectateurs (Rio 2 et X-Men : Days of Future Past, qui a réalisé un score supérieur à tous les épisodes de la franchise). Deux autres films, des produits Marvel, se classent dans le Top 10 : Amazing Spider-Man 2 et Captain America 2. Dans les semaines à venir, Dragons 2, et sans doute Transformers 4 et la suite de la Planète des singes devraient rééquilibrer le rapport de force France/USA.

La diversité de l'offre, facteur dynamique

En fait, les Américains ont surtout fait des étincelles avec des films d'auteur comme The Grand Budapest Hotel, 12 Years a Slave et Monuments Men qui ont compensé des grosses déceptions et des fiascos.

Tout comme l'animation reste une valeur sûre avec des succès comme La grande aventure Lego, M. Peabody ou Clochette et la fée pirate. N'oublions pas le film français Minuscule ou les succès japonais Le vent se lève et Albator, sorti à Noël. La diversité continue de payer : des films comme Yves Saint-Laurent, Philomena ou Deux jours, une nuit ont trouvé écho auprès d'un large public, qui, hélas n'a pas effacé les nombreuses déconvenues...

Le cinéma français, industrie "low cost"

Pourtant, des risques d'inquiétude pointent. Contre-coup de la crise économique, des mauvais résultats de l'année 2013 qui ont fragilisé les distributeurs, les investissements sont en chute libre au cours de ce premier semestre. -13%, ce n'est pas rien. Même s'il est trop tôt pour faire un bilan, on note qu'à nombre de films quasiment égal (114 en 2014 versus 133 en 2013), les budgets sont en baisse. Le devis moyen est ainsi passé de 4,37M€ au premier semestre 2013 à 3,08M€ au premier semestre 2014. Un seul film (contre quatre l'an dernier) dépasse les 15M€ de budget, Taken 3.

Alors que le gouvernement menace une fois de plus de ponctionner de l'argent dans les caisses du CNC, ces chiffres ne rassurent pas pour l'avenir du cinéma français, qui vire à l'économie low cost. L'an dernier, les deux tiers des projets déposés affichaient un budget de moins de 4 millions d'euros : désormais cette proportion est passée aux trois quarts. Certains évoquent la nouvelle convention collective avec un régime dérogatoire qui "profite" aux très petits films. Mais peu importe les causes. Si les producteurs n'investissent que dans des petits films destinés au festival ou des comédies populaires avec des stars de la scène ou de la télé, c'est bien la qualité française qui y perdra. Et au final, l'embellie du premier semestre ne sera alors qu'un chant du cygne pour un cinéma schizophrénique entre les films d'auteurs acclamés par la critique et les films que vont voir les français dans les salles de cinéma.

On en revient toujours aux "films du milieu", qui ont de plus en plus de mal à exister dans ce panorama entre fanfare et déprime.

Le palmarès très hétéroclite de la SACD

Posté par vincy, le 17 juin 2014

prix sacd 2014Parmi la multitude de prix de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD) décernés hier soir, le cinéma a été particulièrement choyé. Le Grand prix est revenu au scénariste (mais aussi écrivain et acteur) Jean-Claude Carrière (Viva Maria!, Belle de jour, La piscine, Le retour de Martin Guerre, Cyrano de Bergerac, Birth, Le ruban blanc), tandis que le Prix Européen a couronné les frères Dardenne dont leur dernier film, Deux jours une nuit est actuellement à l'affiche.

Le Prix Cinéma a été attribué au réalisateur de Mon âme par toi guérie, François Dupeyron. le Prix Nouveau Talent Cinéma a été décerné à la réalisatrice de Suzanne, Katell Quillévéré. Deux auteurs qui ne touchent pas forcément le grand public mais qui séduisent par leur singularité, film après film.

Le Prix Suzanne-Bianchetti, qui récompense un espoir du cinéma français a été remis à la jeune Adèle Haenel, vedette de Suzanne justement, mais aussi du prochain André Téchiné, L'homme que l'on aimait trop et du film acclamé à Cannes de Thomas Cailley, Les combattants. Elle est également attendue chez Catherine Corsini avec La belle saison.

Le Prix de l'animation a logiquement récompensé les auteurs de Minuscule, succès public cet hiver dans les salles, Hélène Giraud et Thomas Szabo. Le Prix Nouveau Talent animation est revenu à Augusto Zanovello et Jean-Charles Finck pour le court-métrage Lettres de femmes, Prix du public à Annecy l'an dernier et nommé au César du meilleur court métrage d'animation en février.

Muriel Robin a été consacrée avec un Prix de l'Humour pour son excellent spectacle Robin revient, tsoin, tsoin.

Enfin les médailles Beaumarchais ont honoré, entre autres, Gisèle Casadesus, qui vient de fêter ses 100 ans et trois commissaires européens qui quittent leur fonction, la chypriote Androulla Vassiliou (culture), Michel Barnier (marché intérieur) et Antonio Tajani (industries).

Le palmarès intégral en 24 prix