Omar Sy chez Michel Hazanavicius

Posté par vincy, le 26 avril 2018

On l'attendait pour la suite d'OSS 117 promise par Jean Dujardin. Mais le prochain projet de Michel Hazanavicius sera tout autre. Le Prince oublié réunira Omar Sy, Bérénice Bejo et François Damiens. Bejo en sera à son 5e film avec le réalisateur, qui est aussi son époux. Damiens avait un second-rôle dans OSS 117: Le Caire, nid d'espions. Pour Omar Sy, ce sera une première.

Le tournage se déroulera de fin juillet à début octobre. Le film est coproduit par Prélude, Pathé, Studiocanal et TF1 Films production.

Selon le communiqué, le film racontera l'histoire de Djibi et de sa fille de 8 ans Sofia. Chaque soir, il lui invente une histoire pour l’endormir. Mais, une fois qu’elle dort, ces récits prennent vie quelque part dans un monde imaginaire peuplé de chevaliers, pirates et de dragons. Dans cet univers, Sofia est toujours la princesse à sauver et Djibi le courageux prince. L' entrée au collège de la jeune fille va marquer la fin de son enfance et de ces histoires qui l’accompagnent. A son grand désespoir, Djibi va alors devoir accepter que sa fille grandisse et s’éloigne de lui. Cependant, dans le Monde des histoires, le Prince va devoir affronter son aventure la plus épique: il doit trouver son destin dans un monde où il n’a plus sa place.

Michel Hazanavicius, oscarisé pour The Artist, était en compétition à Cannes l'an dernier avec Le redoutable. Omar Sy, vu dans Knock et Transformers : The Last Knight en 2017, sera prochainement dans Le flic de Belleville de Rachid Bouchareb. Bérénice Bejo est attendue dans La quietud de Pablo Trapero et L'Extraordinaire voyage du fakir... de Ken Scott.

Cabourg 2017 : Le romantisme dans tous ses états

Posté par kristofy, le 19 juin 2017

juliette binocheCabourg c'est "Le romantisme est un état dans tout ses états", pour l'écrivain Gonzague Saint Bris qui avait soutenu la création d'un festival de cinéma dans cette ville liée à cet autre écrivain autrement plus célèbre Marcel Proust. Célébration du glamour et ouverture d'esprit vers la découverte, depuis 31 ans Cabourg est autant un évènement pour les films d'aujourd'hui et pour les talents de demain, avec une compétition plus pointue et une sélection grand public qui n'hésite pas à sortir des sentiers battus. Le cœur ici a ses déraisons.

Cabourg, le glamour

Le Festival du film de Cabourg a fêté la 31ème édition de ses Journées Romantiques. Durant quelques jours caniculaires, sa plage normande est devenue un tapis rouge chic avec Marion Cotillard en présidente du jury. Le plus long tapis rouge, partant du Grand Hôtel et s'achevant au Casino. Cotillard le connaît bien puisqu'elle avait été récompensée dès 2000 avec un Swann d'or de la révélation pour Du bleu jusqu’en Amérique puis ensuite en 2007 avec un Swann d'or de la meilleure actrice pour La môme, qui lui vaudra ultérieurement un César et un Oscar.

© ecran noirDeux autres talents oscarisés étaient ici lors de la clôture et à l'occasion de deux séances spéciales : Juliette Binoche pour Un beau soleil intérieur et Michel Hazanavicius (venu avec l'actrice Stacy Martin qui a bien chauffé la piste de danse du Gatsby avec Félix Moati samedi soir) pour Le Redoutable, soit deux films qui étaient au Festival de Cannes en mai dernier.

En effet, de par son placement dans le calendrier, les salles de cinéma de Cabourg bénéficient d'un avantage: le public peut y découvrir avant de nombreux spectateurs certains films de la Croisette : Ava de Léa Mysius, Cuori Puri de Roberto De Paolis, Mobile Homes de Vladimir de Fontenay (mention spéciale du jury), Une vie violente de Thierry de Peretti, Jeune femme de Léonor Serraille (qui avait gagné laCaméra d'or), 120 battements par minute de Robin Campillo (Grand prix du jury à Cannes et prix du public à Cabourg), Le ciel étoilé au-dessus de ma tête d'Ilan Klipper, avec Camille Chamoux, Marilyne Canto et Alma Jodorowsky.

Quand on est romantique on fait des déclarations d'amour, c'est ce que Cabourg fait avec un Swann d'or remis à une personnalité qui a fait battre le coeur du cinéma français durant l'année. Le palmarès a donc fait briller Rabah Nait Oufella (révélation masculine), Doria Tillier (révélation féminine et excellente en chanteuse au piano-bar), Reda Kateb (meilleur acteur), Béatrice Dalle (meilleure actrice). Et pour le meilleur film Sage femme de Martin Provost : "Faire des films c’est apprendre quelque chose de soi pour le donner aux autres ."

Le Festival du film de Cabourg c'est environ une soixantaine de séances avec beaucoup de films européens (Espagne, Islande, Danemark, Allemagne, Italie...), et pour les 7 films en compétition pour la moitié il s'agit de premiers films.

Cabourg, les découvertes

L'amour a ses raisons que la raison ignore, et le romantisme à Cabourg c'est bien plus que de la comédie ou du drame selon Suzel Piétri, la déléguée générale : "des intermittences du coeur, des pulsions amoureuses, artistiques, politiques, des questions d'écologie, d'identité et de genre, des questions raciales et sociétales...". Ainsi on chante Céline Dion avec Anne Dorval, on plonge dans le décolleté d'Elodie Frégé, on se fait dédicacer le livre d'Aure Atika: il y a tant de manières de déclarer sa flamme à ce festival.

Pour la compétition il y a un film qui se détache des autres en ayant été récompensé à la fois par le jury de la compétition et par le jury de la jeunesse : Une femme fantastique (Una mujer fantástica) du chilien Sebastian Lelio, à découvrir dans les salles le 12 juillet. L'héroïne est confrontée à la famille de son amant décédé, car en plus d'être beaucoup plus jeune cette Marina s’appelait avant Daniel... Depuis quelques années Cabourg organise aussi une cérémonie pour le Prix du Premier Rendez-vous pour encourager la première apparition marquante dans un long-métrage, qu'on espère retrouver ensuite. Ont été ainsi remarqués pour ce prix la jeune actrice Léna Magnien dans Jamais contente de Emilie Deleuze et l'acteur Soufiane Guerrab dans Patients de Grand Corps Malade er Mehdi Idir. Dans la section courts-métrages certains réalisateurs sont d'ailleurs déjà en train de préparer leur prochain projet de film.
En plus des multiples sections (panorama, jeunesse, par amour de la musique...), le festival inaugure une nouvelle petite sélection au nom fleuri de Catleya, une variété d'orchidée chère à Marcel Proust qui avait fait de Cabourg son lieu de villégiature : Catleya compile quelques séances pour public majeur et averti. L'occasion de revoir Mademoiselle de Park Chan-wook mais surtout de découvrir en avant-première Passade avec Fanny Valette et Amaury de Crayencour dans une chambre d'hôtel, et Even lovers get the blues du belge Laurent Micheli.

Cabourg, la fête du cinéma avant l'été...

Le Festival de Cabourg c'est donc pour son public toujours quantité de films en avant-première : Les Ex de Maurice Barthélémy venu avec Stéfi Celma, Alice David, Amaury de Crayencour et Baptiste Lecaplain, le réjouissant Cherchez la femme présenté par Félix Moati, Willima Leghhil et Camélia Jordana, en salles le 28 juin, Loue-Moi! présenté par Déborah François, Alison Wheeler, prévu le 5 juillet, l'excellent 120 battements par minute de Robin Campillo à découvrir le 23 août, le surprenant Le chemin de Jeanne Labrune avec Agathe Bonitzer au Cambodge calé pour le 6 septembre... Il y en a pour tous les goûts: errances asiatiques entre fantômes et tentations pour Agathe Bonitzer ou duel névrotique entre Lars Eidinger et Adèle Haenel, voyage à Hiroshima avec un réalisateur japonais parisien ou questionnements d'un trentenaire parisien d'origine chinoise, deuil d'une jeune enfant espagnole ou battements du cœur d'adolescents islandais.

N'oublions pas le coup de cœur Their Finest réalisé par Lone Scherfig, avec la crème du cinéma britannique - Gemma Aterton, Bill Nighy, Sam Claflin, Eddie Marsan )- qui suit une femme devenue scénariste dans une société de production dominée par les hommes. Cela se déroule durant la guerre. La société doit produire un film à propos d'une opération de sauvetage de soldats à Dunkerque (ce qui fait écho au Dunkirk de Christopher Nolan). C'est le film romantique idéal : de la romance compliquée bien sûr, du féminisme, de l'humour, la passion de faire de continuer à faire du cinéma quoiqu'il arrive en temps de guerre... Their Finest sera prochainement distribué par EuropaCorp.

Deux réalisateurs français pour présider les jurys de Deauville

Posté par vincy, le 12 juin 2017

Michel Hazanavicius a été choisi comme Président du jury du 43e Festival du cinéma américain de Deauville (1-10 septembre 2017). Le réalisateur oscarisé pour The Artist, et qui vient de présenter Le redoutable en compétition à Cannes, a déclaré: "Je suis extrêmement touché et honoré de présider cette année le Jury du Festival du Cinéma Américain de Deauville. J'ai, comme la moitié de la planète, été en partie élevé par le cinéma américain et je me réjouis de passer ces dix jours à m'en nourrir à haute dose. In Cinema we trust!"

Il aura la responsabilité de deux prix attribués par son Jury : le Grand Prix et le Prix du Jury.

Le redoutable sera en salles le 13 septembre.

Pour le Jury de la Révélation, c'est la réalisatrice et actrice Emmanuelle Bercot (La fille de Brest, La tête haute) qui a été nommée. Son jury devra élire le Prix Kiehl’s de la Révélation. "Fervente américanophile, je me réjouis et m’estime honorée d’être appelée à présider le Jury de la Révélation du 43ème Festival du Cinéma Américain de Deauville. Dans mon imaginaire, depuis toujours, Amérique et Cinéma ne font qu’un. Ces dix jours feront de moi, avant toute chose, la plus heureuse des spectatrices" explique-t-elle.

Cannes 2017 : Qui est Stacy Martin ?

Posté par MpM, le 17 mai 2017

Vous ne connaissez peut-être pas son nom, mais si vous avez vu son visage, ne serait-ce qu'une fois, alors vous ne pourrez plus l'oublier. Stacy Martin, jeune actrice franco-britannique née en 1991, évoque Liv Tyler à ses débuts, tout en fraîcheur et délicatesse, avec des airs de Madone magnétique qui fascinent réalisateurs comme spectateurs.

Evidemment remarquée très tôt, elle est d'abord mannequin ("une activité annexe pour payer mes cours de comédie" explique-t-elle), avant d'être choisie par Lars von Trier pour incarner le personnage de Joe, l'héroïne de Nymphomaniac (2013), dans sa période adolescente. Tout de suite, on est aimanté. Les scènes où elle apparaît sont les plus réussies, les plus gracieuses. On croit à sa fausse candeur, à ses désirs irrépressibles, à sa douleur. Elle fait oublier tout le reste du film et rend la performance de Charlotte Gainsbourg (qui reprend le flambeau du personnage adulte) un peu fade.

Après l'univers sulfureux du cinéaste danois (et pas mal de scènes de nudité), elle rejoint la fresque fantastique Tale of tales de Matteo Garrone qui est sélectionnée en compétition à Cannes en 2015. Symboliquement, elle y incarne la quintessence de la jeunesse et de la beauté, une forme de miracle inaccessible et enchanteur. Inutile de se demander pourquoi le cinéaste italien a fait appel à elle... elle est globalement la jeune femme que l'on rêverait tous d'être (oui, oui, hommes compris).

2015 est définitivement son année puisqu'on la retrouve également à l'affiche de La Dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil de Joann Sfar (dans le rôle secondaire mais venimeux d'Anita, la bonne copine de l'héroïne), Winter de Heidi Greensmith et surtout Taj Mahal de Nicolas Saada.

Dans ce quasi huis-clos terrifiant mais minimaliste, c'est sur son visage que se déroule toute l’action du film. La frêle jeune fille, d’une pâleur de plus en plus extrême au fur et à mesure qu’avance l’intrigue, est presque de tous les plans. Ses yeux reflètent l’horreur, son corps accuse la progression fulgurante de l'angoisse. Seule dans la salle de bains, rampant sous le lit, épiant le moindre bruit, elle devient une bête traquée, prise au piège, dont le moindre geste peut s’avérer fatal. Le film est extrêmement puissant et elle y est magistrale. Le résultat ne se fait pas attendre : elle figure dans la première liste des révélations pour les César 2016. Elle n'est pas dans le quinté final, mais on se dit que ce n'est plus qu'une question de temps... et de rôle.

Depuis, on l'a aperçue chez Ben Wheatley (High rise), dans L'enfance d'un chef de Brady Corbet (primé à Venise) et The last photograph de Danny Huston (non sortis en France). Mais c'est surtout dans Le redoutable de Michel Hazanavicius, en Anne Wiazemsky aux côtés de Louis Garrel en Jean-Luc Godard que l'on a hâte de la retrouver. Comme un passage de relais symbolique entre deux générations de cinéma ?

Paris Comic Con 2016: Doctor Strange en clôture

Posté par cynthia, le 23 septembre 2016

Les fans présents à la prochaine Comic con de Paris (21-23 octobre) vont avoir l'immense honneur d'être parmi les premiers à découvrir le prochain Marvel, Doctor Strange.

Le Paris Comic-con terminera ses trois jours de folie avec le nouvel héros Marvel incarné par Benedict Cumberbatch. Né en 1963 sous la plume du super Stan Lee et de Steve Ditko, ce personnage a le pouvoir d'utiliser les dimensions parallèles (avec des effets à la Inception) après avoir subi un tragique accident de la route. Rappelons que Doctor Strange est un film qui fait partie de la troisième phase de l'univers cinématographique Marvel, dont l'objectif est de faire découvrir de nouveaux héros et que ce personnage rejoindra Captain America et sa bande dans le fameux Infinity of War.

Nul doute que le 23 octobre prochain, la Grande Halle de la Villette sera aussi pleine que la ligne 13 du métro en heure de pointe avec une telle surprise.

Autre événement de la Comic Con parisienne, la venue de l'actrice Rebecca Romijn alias Mystique dans les premiers X-Men (oui il y avait une Mystique avant Jennifer Lawrence). L'ancienne mannequin américaine fera escale dans notre capitale pour le plus grand plaisir des fans qui peuvent, d'ailleurs, se délecter de son joli minois avec la série Flynn Carson et les Nouveaux Aventuriers, diffusé sur Syfy.

Enfin, notons que les oscarisés Michel Hazanavicius, réalisateur de OSS 117 et The Artist, et Lorne Peterson, maquilleur pour Star Wars, Indiana Jones et E.T., seront conviés à parler avec le public lors de leur conférence respective.

Edito : Par Toutatis et Marketingsanrix

Posté par redaction, le 16 juin 2016

Annecy bat son plein. Le 40e Festival du film d'animation célèbre le cinéma français, Disney, la création hispanophone, les séries télévisées, les projets d'auteurs, les blockbusters. Ma vie de courgette, exquis, Le monde de Dory, délirant, La tortue rouge, poétique, sont parmi les films qui font l'événement au milieu d'une année faste: les films animés rapportent beaucoup, même si certaines productions restent fragiles malgré leurs qualités.

Parallèlement, Anne Goscinny, fille du dessinateur René Goscinny, scénariste de génie des premiers Astérix mais aussi de Lucky Luke, entre autres, a annoncé la mise en route d'un nouveau film d'animation avec Astérix. Alexandre Astier (Kaamelott, dont un film est en préparation) et Louis Clichy, déjà auteurs du précédent, Le domaine des Dieux (de loin le meilleur de la série en animation), vont s'atteler au projet, en partant d'une idée complètement originale, et non pas d'un album déjà publié.

L'héritière a aussi révélé qu'il y aurait un cinquième film en prises de vues réelles. Et là, ça devient très intéressant. L'envie n'a rien d'artistique. Tout est calibré comme pour lancer un nouveau produit dans un supermarché: "Pour ce prochain Astérix, il faut remettre à 100% les compteurs à zéro. Il faut le plonger dans le XXIe siècle et qu'il plaise de la Pagode à Rosny-sous-Bois. Le dernier film avec Guillaume Gallienne et Valérie Lemercier était trop cérébral, il n'a pas traversé le périphérique. Dans le 93, on ne rigolait pas du film, mais de l'affiche. Repartir à zéro, c'est ce que M6 a su faire avec Le domaine des dieux. On croit que c'est le premier, alors qu'il a été précédé par huit autres dessins animés."

Autrement dit, il faut un réalisateur qui a l'esprit de Goscinny (comme Chabat, qui reste la référence) et les références d'un public de multiplexe de périphérie. C'est assez méprisant pour les bobos urbains comme pour les banlieusards, renvoyés à leurs stéréotypes.

Côté cinéaste, elle évoque Michel Hazanavicius ou Franck Gastambide. OSS versus Pattaya, la dérision subtile contre la vanne sexy. Côté casting, on jette à la poubelle les Gérard Depardieu, on oublie Edouard Baer, on ne veut plus de Jamel. Au rebus également les comédiens des théâtres parisiens de type Gallienne ou Lemercier. Il faut du djeunz viral (obsession partagée par Vincent Bolloré pour Les Guignols l'an dernier, avec le succès que l'on sait), et donc des youtubeurs, du Kev Adams, bref ceux qui sont bons vendeurs sur les plateaux télé, de Cyril Hanounah à Laurent Ruquier. Après l'échec des Visiteurs : La révolution, on sent bien qu'il faut passer à une autre génération. Alors soyons fous: Stéphane Plaza pourrait y avoir sa place, à côté de Norman, Cyprien et Squeezie. On pourrait engager Nekfeu et Stromae au passage. Omar Sy, star préférée des jeunes, serait un formidable Numide. Et pourquoi pas donner le rôle d'Astérix à Jean Dujardin (il a prouvé qu'il pouvait être à la hauteur une fois rapetissé par les effets spéciaux).

Trève de plaisanterie. A trop concevoir un produit en fonction d'une cible, on oublie que la cible, si elle est déçue se détournera du produit tandis que ceux qui ne sont pas ciblés iront voir ailleurs. Un casting ne fait pas tout. Anne Goscinny, en tant que fille de scénariste, devrait le savoir: ce qui manque à Astérix au cinéma, c'est un bon scénario. C'est là où l'animation est souvent bien plus perfectionniste, car exigeante, que les autres films. L'histoire s'adresse à tous les publics, se lit à plusieurs degrés et le récit est souvent très maîtrisé. Le marketing sans risque ça n'existe pas. Un succès est aussi une affaire de potion magique, avec une alchimie d'ingrédients où l'imprévisible s'en mêle. C'est d'un scribe dont la franchise a besoin. Pas de "héros" gaulois qui ne résisteront pas à l'appel des sesterces.

Cannes 2016 – Télex du marché: John McEnroe, Alain Prost, Michel Hazanivicius et Godard, Yorgos Lanthimos, et des manchots

Posté par vincy, le 16 mai 2016

- Shia LaBeouf (en compétition avec American Honey) va incarner John McEnroe dans le film de Janus Metz, Borg/McEnroe. Bjorn Borg sera interprété par Sverrir Gudnason (Wallander, Valse pour Monica). Ce biopic se concentrera sur un match légendaire, la finale de Wimbledon en 1980, gagné à l'arraché par le tennisman suédois 1/6-7/6-6/3-6/7-8/6, soit l'un des plus longs matchs de l'histoire de ce sport. LaBeouf apprend actuellement à jouer au tennis intensivement.

-Autre biopic, celui du coureur automobile Alain Prost. Cette fois-ci le film est français, produit par Labyrinthe productions. Le quadruple champion du monde de Formule 1 sera une sorte de Rocky, de ses débuts jusqu'à ses duels avec Ayrton Senna. Réalisé par Julien Leclercq (Braqueurs), le pilote sera interprété par Guillaume Gouix. Le tournage est prévu dans un an et demi.

- On l'avait un peu perdu de vue depuis le fiasco de The Search. Michel Hazanavicius (The Artist) prépare Le redoutable, en tournage fin juillet, essentiellement à Paris. Cette comédie d'époque est l'adaptation de l'autobiographie d'Anne Wyzaemsky (actrice et ancienne compagne de Godard), paru l'an dernier chez Gallimard où elle raconte l'étiolement de son mariage avec le cinéaste, jusqu'à leur séparation en 1969. Elle donne aussi son point de vue sur les événements de mai 1968 et dresse le portrait de célébrités croisées comme Pasolini, Deleuze ou Truffaut. Louis Garrel sera Jean-Luc Godard, Stacy Martin l'héroïne et Bérénice Bejo interprètera Michèle Rozier.

- Un an après The Lobster, Yorgos Lanthimos s'attaque à son nouveau film, inspiré une tragédie d'Euripide, The Killing of a Sacred Deer, où il retrouve Colin Farrell. L'acteur britannique sera un chirurgien charismatique qui doit prendre une grande décision quand un adolescent lui demande d'intégrer sa famille brisée. Mais l'ado a des pensées sombres et un fort désir de vengeance et la vie idéale de Steven va imploser et l'obliger à faire un sacrifice impensable.

- Enfin, Luc Jacquet a livré la première image de la suite de La Marche de l'empereur, le documentaire qui l'a fait connaître mondialement il y a 11 ans. Le tournage a démarré en Antarctique. Tourné en 4K avec des sous-marins et des drones, La Marche de l'empereur 2 (March of the Penguins 2 - The Call) partira sur les pas d'un jeune manchot, lancé dans son premier grand voyage vers une destination inconnue, poussé par son instinct.

« Daechois, Daechoises, vous ne gagnerez pas! » Quand le cul devient un acte de résistance pour Michel Hazanavicius

Posté par vincy, le 18 novembre 2015

Quand Michel Hazanavicius publie un texte sur sa page Facebook, on n'est jamais déçu, qu'on soit d'accord ou pas avec ses propos. Avec sa lettre destinée à Daesh, suite aux attentats du 13 novembre 2015 qu'ils ont revendiqué, il a réussit à écrire un texte très français dans l'esprit (si français que la traduction anglophone de Variety a coupé les passages les plus crus): c'est rabelaisien, humain, drôle, léger, engagé, lyrique, vulgaire et sexuel. On ne savait pas qu'il était si porté sur le cul (on ne se souvient même d'aucune scène de sexe dans ses films). Certes, il y a de plus beaux textes (Grand Corps Malade) ou d'autres tribunes plus enflammées ou géopolitiquement judicieuses. Mais celle-ci, de la part d'un cinéaste oscarisé, nous a détendu dans cette période sombre et déprimante. D'autant qu'elle aurait pu être titrée "Aimer, boire et chanter", en hommage à Alain Resnais.

"Daechois, Daechoises

Donc ça y est, c’est officiel, vous êtes en guerre contre nous. Ce qui est frustrant, c’est que vous n’avez ni uniforme ni signe distinctif, on ne sait pas vous reconnaître, et nous n’avons donc personne contre qui se battre.
Frustration qui j’espère n’entraînera pas la désignation de faux coupables.
Pourtant même si chaque mort représente sans doute pour vous une victoire, il faut que vous sachiez que vous n’êtes pas prêts de gagner. A dire vrai c’est même impossible.
Parce que quoi que vous fassiez, vous ne nous changerez pas.

Ici, en France, nous ce qu’on aime, c’est la vie. Et tous les plaisirs qui vont avec. Pour nous, entre naître et mourir le plus tard possible, l’idée est principalement de baiser, rire, manger, jouer, baiser, boire, lire, faire la sieste, baiser, discuter, manger, argumenter, peindre, baiser, se promener, jardiner, lire, baiser, offrir, s’engueuler, dormir, regarder des films, se gratter les couilles, péter pour faire rire les copains, mais surtout baiser, et éventuellement se taper une joyeuse petite branlette. On est le pays du plaisir, plus que de la morale. Ici un jour, il y aura peut être une place Monica Lewinsky, et ça nous fera rire. Personne ne l’a jugée, ici.

Alors dans la baise, c’est vrai que nous en France, on fait des trucs avec lesquels vous avez du mal. On aime bien lécher le sexe des femmes. Pas tous, sûrement, mais beaucoup d’entre nous. Et les fesses et le cul, aussi. Là aussi, pas tous, mais bon. Et les femmes aiment bien faire des fellations. On appelle ça des pipes. C’est très agréable. Bien sûr là aussi, toutes les filles n’aiment pas ça, et on ne force personne, mais ça se fait. Régulièrement. Et avec beaucoup de plaisir. Et puis il y a des garçons qui aiment bien ça, aussi. Se faire des fellations ou se lècher ou se pénetrer entre eux. Et les filles pareil. En fait, ici, ce qu’on aime, c’est faire ce qu’on veut. On essaye de pas gêner les autres, c’est le principe, mais on n’aime pas trop qu’on nous dise trop fort ce qu’on doit faire ou ce qu’on ne doit pas faire. Ça s’appelle la Liberté. Retenez bien ce mot, parce qu’au fond, c’est ça que vous n’aimez pas chez nous. Ce n’est ni les Français, ni les caricaturistes, ni les Juifs, ni les clients de café ni les amateurs de rock ou de foot, c’est la Liberté.

La deuxième chose, c’est qu’en tuant comme ça, à l’aveugle, avec un objectif uniquement comptable, vous prenez le risque de tuer des français de plus en plus représentatifs de la France. A la limite en ne tuant que des juifs, ou que des dessinateurs, les non juifs qui ne savent pas dessiner pouvaient toujours vous trouver des excuses ou se sentir étrangers à cette guerre, mais là ça va être de plus en plus dur. Parce qu’en atteignant un échantillon représentatif de la France, vous allez toucher à ce que nous sommes vraiment. Et qui sommes nous, vraiment? Et bien c’est justement ce qui est beau ici, c’est que nous sommes plein de trucs. Bien sûr il y a quelques français français français. Mais il y a des français italiens, des français espagnols, des français arabes, des français polonais, des français chinois, des français rwandais, des français sénégalais, des français algériens, berbères, ukrainiens, géorgiens, américains, belges, portugais, tunisiens, marocains, tchétchènes, ivoiriens, maliens, syriens, des français catholiques, des français juifs, des français musulmans, des français taoïstes, des français bouddhistes, des français athées, des français agnostiques, des français anticléricaux, des français de gauche, des français de droite, des français du centre, des français abstentionnistes, des français d’extreme gauche, d’extrême droite, il y a même sans doute des français djihadistes et même des français futurs terroristes que vous risquez de tuer. Il y a des français riches, des français pauvres, des français sympas, des français gros cons, des français amoureux, des français égoïstes, des français misanthropes. La liste pourrait s’étendre presque à l’infini, avec toutes les combinaisons et tous les sous groupes possibes. Il y a même des français non français, parce que la France étant si belle, il y a toujours et constamment une partie de notre population qui est les touristes. Sans compter les clandestins, qui ne sont peut être pas officiellement français, mais quand même ils vivent là, donc vous pouvez les tuer comme tout le monde.

Ça ça s’appelle l’égalité. Face à la mort, vous pouvez toujours cibler ce que vous voulez, vous nous toucherez tous. Et on va comprendre, nous, ce à quoi vous vous attaquez. Nos valeurs. Simples. Celles qui font que la vie ici ressemble à ce qu’elle est. Imparfaite certes, avec son lot d’injustices c’est vrai, mais ce sont ces valeurs qui font que nous vivons dici de manière aussi digne que possible. Ce pays dans lequel nos pères, et les pères de nos pères et leurs pères avant eux ont choisi de vivre, et pour lequel beaucoup d’entre eux se sont battus.

Et ce qui va arriver, à un moment ou un autre, c’est que nous allons être solidaires, grâce à vous. Nous allons comprendre que ces valeurs sont en danger. Et nous allons les aimer et les faire vivre encore plus fort. Ensemble. Ça ça s’appelle la fraternité.

C’est pour ça que vous ne pourrez pas gagner. Vous allez faire des morts, oui. Mais aux yeux de l’Histoire, vous ne serez que les symptomes abjects d’une idéologie malade.
Bien sûr nous ne gagnerons pas non plus. Des gens vont mourir, pour rien. D’autres vont décider de s’en remettre à des Le Pen, des Assad ou des Poutine pour se débarasser de vous, et nous allons peut être doublement perdre.
Mais vous ne gagnerez pas.
Et ceux qui resteront continueront de baiser, de boire, de dîner ensemble, de se souvenir de ceux qui seront morts, et de baiser."

Après Bucarest, le Festival de Cannes s’exile à Buenos Aires

Posté par vincy, le 1 décembre 2014

Après Bucarest (depuis 2010, lire notre actualité), le Festival de Cannes s'expatrie le temps d'une "Semana de Cine" (une Semaine de ciné, nldr) à Buenos Aires en Argentine. Comme chaque année depuis 2009, Cannes fuit le froid européen pour s'exiler dans la chaleur sud-américaine.

Thierry Fremaux accompagné de Michel Hazanavicius et de Bérénice Bejo (qui est d'origine argentine) font le déplacement cette semaine (l'événement se déroule d'aujourd'hui jusqu'au 7 décembre) sont venus promouvoir les films du Festival dans un des rares pays où le cinéma national a résisté à l'envahisseur américain.
Michel Hazanavicus viendra donner une Masterclass.

Pour Fremaux, l'enjeu est simple : "le Festival recherche des territoires qui peuvent tirer profit de la présence des films de Cannes." "Montrer des films ne suffit plus à un festival de cinéma. Il faut organiser un marché, accueillir du public, organiser des masterclass etc..." ajoute-t-il.

Au programme à Buenos Aires: la Palme d'or, Winter Sleep, de Nuri Bilge Ceylan, Jimmy's Hall de Ken Loach, et les deux prix du jury, Mommy de Xavier Dolan et Adieu au langage de Jean-Luc Godard. S'ajoutera un film surprise.

La petite nouveauté est du côté du Dolan: l'événement a été créé à l'origine pour promouvoir le cinéma européen. Mais l'Union européenne ne donne plus d'argent pour ce rendez-vous cinématographique. Aussi, dorénavant, la manifestation de Buenos Aires accueillera des films de la sélection officielle, sans distinction.

Jean Dujardin prépare la suite de Brice de Nice (et rêve d’un nouvel OSS)

Posté par vincy, le 20 novembre 2014

Dans un entretien pour Allociné, Jean Dujardin se verrait bien à la tête de deux franchises: OSS 117 et Brice de Nice.
Pour cette dernière, c'est plus inattendu. L'acteur oscarisé avoue "avoir des envies de Brice de Nice". "Je n'ai aucune raison de le faire et donc je vais le faire" explique-t-il, annonçant que l'écriture de la suite des aventures du surfeur loser était commencée. Est-ce bien raisonnable vu son âge (42 ans) de rendosser sa marque jaune? En tout cas, la suite de Brice de Niiiiice s'appellera "Brice 3 parce que je casse le 2". "Cassééééé!" est devenu le "Okaaaay" des années 2000. Sorti en 2005, le film avait attiré 4,4 millions de spectateurs en France.

Autre envie de Jean Dujardin, reprendre son personnage d'Hubert Bonisseur de la Bath, alias OSS 117. "On me dit OSS 3 et je dis demain. Mais ça dépend aussi de Michel Hazavanicius. Je ne conçois pas de faire le (numéro) 3 sans lui. Comme lui j'espère" précise le comédien.

Le réalisateur de The Artist et The Search a donc répondu, toujours sur Allociné: "Je serais dingue, et lui aussi, de ne pas vouloir retourner à ce personnage-là". Mais pour l'instant, ce n'est qu'une idée: aucun scénario n'est en cours. "Ça passera par un désir fort, une bonne idée et du travail. L'envie théorique, on l'a. C'est un personnage en or massif, avec un acteur en or massif" et "je n'imagine pas faire OSS sans lui", "Quoique..." ajoute-t-il avec ironie.

OSS 117: Le Caire nid d'espions (2006) et OSS 117: Rio ne répond plus (2009) ont enregistré respectivement 2,3 et 2,5 millions d'entrées en France.

Jean Dujardin est actuellement en promotion pour le film La French. Bankable, l'acteur a eu 17 films millionnaires en France. Son dernier véritable flop remonte à 2009 (Un homme et son chien).