Succès pour Le jour le plus court : 1,5 million de participants

Posté par vincy, le 22 décembre 2011

L'initiative du CNC pour promouvoir le court métrage à travers une fête nationale, Le jour le plus court, a dépassé ses objectifs. 1,5 million de passants, curieux, visiteurs, spectateurs, téléspectateurs et internautes ont participé aux  5 600 événements organisés le 21 décembre. Michel Gondry et Julie Gayet, deux des parrains de la manifestation, n'ont pas ménagé leurs efforts pour défendre le court métrage.

Les médias ont aussi adhéré à cette initiative, avec de nombreux reportages ou d'annonces (radios, télés, ...). De la soirée inaugurale au Centre Pompidou à la Gare Montparnasse transformée en salle de cinéma, en passant par des théâtres, des prisons, des établissements publics et des grands musées, Le jour le plus court a touché l'ensemble des publics. Les chaînes de télévision et les salles de cinéma ont donné un accès encore plus large à des spectateurs captifs.

Le web n'était pas oublié. Ecran Noir a ainsi enregistré 2 000 visionnages, un record, durant la seule journée du 21 décembre sur son compte Vimeo. Notre site diffusait une sélection des meilleurs courts métrages de notre rubrique "L'instant court".

Cela promet une 2e édition ambitieuse et encore plus populaire.

Le Jour le plus court, une fête du court métrage participative

Posté par vincy, le 3 octobre 2011

Ce lundi au CNC (Centre national du cinéma et de l'image animée), Eric Garandeau présentait Le jour le plus court (voir aussi notre entrevue avec lui), aux côtés de deux des parrains de la manifestation, Jacques Perrin et Michel Gondry (les marraines Jeanne Moreau et Mélanie Laurent n'étaient pas là). Café, viennoiseries, pour doper les journalistes courageux et rarement matinaux. L'été joue les prolongations en plein automne : et voilà qu'on nous parle déjà du solstice d'hiver, le 21 décembre, la nuit la plus longue.

Après avoir vu La Lettre, court métrage en noir et blanc de Michel Gondry, un extrait des Césars 1977 nous remémore le discours de Jacques Tati (Césarisé d'honneur cette année-là), s'inquiétant déjà de la disparition du format au profit de la vente d'esquimaux. "Défendez le court-métrage ! (...) Sans court métrage, vous n'auriez eu ni Chaplin, ni Keaton, ni Fellini, ni René Clément..."

Pour valoriser le court métrage - 675 films de moins d'une heure produits en 2010 - le CNC veut imposer un rendez-vous équivalent à la Fête de la musique (durant le jour le plus long), Le jour le plus court. Isabelle Massot, directrice artistique de la manifestation et par ailleurs responsable du Festival des scénaristes, explique que cet événement "remplit une attente, il y avait quelque chose qui manquait".

Le court métrage, malgré ses presque 20 millions d'euros d'aides par an, est en effet le parent pauvre des contenus que ce soit dans les salles de cinéma ou sur les écrans de télévision. "Révélation de jeunes talents", "moyen de communication" selon Jacques Perrin, "mode d'apprentissage" pour Michel Gondry, le court métrage est essentiel à l'avenir du cinéma. Cependant, même dans les festivals, où il est très bien représenté, il est parfois dévalorisé par une programmation frontale avec des longs métrages.

Un événement participatif en chantier

L'idéal serait d'imposer des fenêtres de diffusion. Jacques Perrin l'explique très bien : "Ce n'est pas sans regret que je me souviens il y a trente, quarante ans du programme complet avec les actualités, un dessin animé..." Pourquoi pas un court avant chaque long? Et sinon "pourquoi il n'y a pas de séances à 10h30 le matin, consacrées aux courts métrages alors que des salles programment à cette heure là quelques gros films?"

Le jour le plus court va sans doute devoir prouver qu'il y a un désir de court. "Plus c'est court, plus c'est bon" devrait être le slogan de la bande annonce à venir, réalisée par Stéphane Foenkinos et Alexandre Athané. Un Festival multi-écrans - cinéma, télévision, web, sur les murs, dans le métro, les musées, les médiathèques... - faisant appel aussi bien aux professionnels qu'à chaque volonté individuelle. En attendant l'ouverture du site le 10 octobre prochain, on sait que n'importe qui pour faire sa propre programmation, figurer dans le programme national, accéder au catalogue de film de l'Agence du court métrage, ... Le mode d'emploi, avec l'aide de l'AFCAE, va être bientôt mis à disposition. Un festival 2.0 (avec applications mobiles et géo-localisées, outils de communication contributifs...). Bref Le jour le plus court sera un événement participatif auquel Ecran Noir se joindra bien évidemment.

Et si la SRF se trompait complètement?

On sent l'envie, et on comprend que tout cela s'est fait très rapidement. Certes, cela donne l'impression d'une manifestation en chantier au moment de l'annonce. Jeudi dernier, la SRF (Société des réalisateurs de films) s'est retirée du comité de pilotage. Officiellement la SRF n'a pas supporté de voir son idée de Fête du court métrage (sur laquelle elle travaillait depuis un an) concurrencée. De plus elle critique la date, choisie unilatéralement et symboliquement, et selon elle "contre l'avis de l'ensemble des acteurs de terrain du court métrage", rendant "improbable la participation des acteurs associatifs, culturels et éducatifs". Le 21 décembre, enfin, serait une très mauvaise date car les écrans sont surchargés.

Justement : n'est-ce pas une bonne idée de profiter de l'une des saisons les plus fréquentées de l'année pour les salles de cinéma? Des acteurs comme Arte, Canal +, France Télévisions, Orange, MTV, MK2, Gaumont Pathé, la Cinémathèque Française, l'Institut Lumière, Dailymotion, l'AFCAE, la SACD, la SNCF, Nisi Masa, Collectif Prod, et des collectivités locales ont annoncé leur mobilisation. La Fédération nationale des cinémas français, le Festival réputé de Clermont Ferrand, Les Lutins du Court Métrage, le Syndicat des Producteurs Indépendants, l'ARP font partie du comité de pilotage.

On comprend donc mal l'explication de la SRF qui évoque "un projet qui tourne court?". Certes, le CNC a choisi un autre mode de gouvernance pour réaliser cette manifestation dans des délais aussi courts. Mais en misant sur un projet collaboratif et ouvert à tous, en la "désinstitutionnalisant", le CNC fait le pari d'un Jour qui s'installe dans la durée avec peu de moyens.

C'est assez salutaire de voir en France un événement officiel faisant confiance aux créateurs, aux amateurs et aux initiatives individuelles.

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site internet du Jour le plus court

L’instant Court : Badpakje 46 de Waynes Destoop

Posté par kristofy, le 27 mai 2011

Comme à Ecran Noir on aime vous faire partager nos découvertes, alors après le clip réalisé par Michel Gondry How are you doing ? pour The Living Sisters, voici l’instant Court n° 34.

Le Festival de Cannes a baissé le rideau il y a quelques jours à peine, après l’annonce d'un palmarès contesté. Michel Gondry qui était le président du jury des courts-métrages, entouré des réalisateurs Corneliu Porumboiu, Joao Pedro Rodrigues, Jessica Hausner et de la lumineuse Julie Gayet, a décerné la palme d’or du court-métrage au film Cross réalisé Par Maryna Vroda.

Le jury a également attribué un prix du jury à un autre court : Badpakje 46 réalisé par Waynes Destoop. Cette mention spéciale a été accompagné d’une récompense unique : un trophée fabriqué par Michel Gondry lui-même. Le facétieux réalisateur a détourné l’expression ‘palme d’or’ pour concevoir une palme (pour nager) recouverte de peinture couleur or. Il est un habitué de ce genre de procédé avec ‘les petits cadeaux flippants’qu’il fabrique pour ses amies (cf sa bande dessinée pour le film La science des rêves). Ce détournement de la prestigieuse palme d’or n'a été que modérément apprécié par certains officiels du Festival mais l’intention était de faire remarquer le deuxième court-métrage préféré du jury.

Voila donc la bande-annonce du court-métrage Badpakje 46 réalisé par Waynes Destoop, qui n’a pas gagné la vraie palme d’or mais quand même un réel prix du jury. Il s’agit d’un court d’une durée de 15 minutes qui vient de Belgique, dont le titre signifie maillot de bain 46. On y découvre Chantal une fille qui a 12 ans et des kilos en trop, elle se sent différente des autres à cause des rondeurs de son corps, et le seul endroit où elle se sent vraiment bien, c’est dans la piscine municipale…

Crédit photo : image modifiée, d’après un extrait du film Badpakje 46.

L’instant Court : un nouveau clip de Michel Gondry, How are you doing ?

Posté par kristofy, le 22 mai 2011

Comme à Ecran Noir on aime vous faire partager nos découvertes, alors après le making-of du court-métrage Mourir auprès de toi de Spike Jonze et Simon Cahn, voici l’instant Court n° 33.

Cette année le Festival de Cannes a choisi comme président du jury de la Cinéfondation et des courts-métrages le réalisateur Michel Gondry. Dans sa tâche de départager les différents courts en compétition, il est entouré des réalisateurs Corneliu Porumboiu, Joao Pedro Rodrigues, Jessica Hausner et de la lumineuse Julie Gayet. Michel Gondry travaille sur différents projets dont une adaptation du roman de science-fiction Ubik de Philip K. Dick, mais aussi des films en collaboration avec Bjork ou avec son fils Paul Gondry.

Entre la promotion de son film The Green Hornet 3D et la supervision de l’Usine des films amateurs, Michel Gondry a réalisé un nouveau clip qui encore une fois est un petit bijou d’originalité. On y voit un split-screen divisé en trois parties, un triptyque dans lequel se déroule une action selon trois points de vue au même moment. Cette narration à suivre sur plusieurs écrans en même temps était d’ailleurs le concept même du film Time Code de Mike Figgis où différents personnages dans différents lieux allaient se croiser durant un tremblement de terre. Ce clip de Gondry montre une femme enceinte qui se rend à l’hôpital pour accoucher pendant que ses deux sœurs essayent de la rejoindre tant bien que mal : l'une se retrouve dans une voiture de bandits après que sa maison ait pris feu, l’autre fait du stop en moto après que son avion se soit crashé dans une tour. Survient alors un tremblement de terre…

Voila donc le clip réalisé par Michel Gondry How are you doing ?, pour The Living Sisters. On y remarque une alternance entre scènes à l’échelle réelle avec des comédiens et scènes à l’échelle réduite avec des maquettes et des jouets.

Crédit photo : image modifiée, d’après un extrait du film How are you doing ?

Cannes 2011 : le jury de la Cinéfondation et des courts métrages

Posté par vincy, le 20 avril 2011

Le Jury de la Cinéfondation et des courts métrages, on le sait depuis février, est présidé par Michel Gondry. Aujourd'hui, le réalisateur sait qu'il sera accompagné de l'actrice et productrice française Julie Gayet (membre du jury Un certain regard en 2009), la réalisatrice et productrice autrichienne Jessica Hausner (primé par la Cinéfondation en 1999, sélectionné deux fois à Un certain regard), le réalisateur roumain Corneliu Porumboiu (2e prix de la Cinéfondation en 2004, caméra d'or en 2006, prix Fipresci avec un film sélectionné à Un certain regarde en 2009) et le réalisateur portugais João Pedro Rodrigues (sélectionné à la Quinzaine en 2005, à Un certain regard en 2009).

Le jury devra choisir parmi les seize films de fins d’études de la Sélection Cinéfondation : les trois premiers Prix, dotés chacun de 15 000€, 11 250€ et 7 500€. Les prix seront remis le 20 mai. Ils devront aussi désigner la Palme d’or parmi les 9 courts métrages, qui sera remise lors de la cérémonie de Clôture, dimanche 22 mai.

Cannes 2011 : 9 courts métrages en quête d’une Palme d’or

Posté par vincy, le 19 avril 2011

Le jury présidé par Michel Gondry (voir actualité du 22 février 2011) devra choisir parmi ces 9 films (de 8 à 15 mn) pour élire la Palme d'or du court. On note là encore la belle présence d'Asie et d'Océanie. Cette compétition est aussi un tremplin idéal vers une sélection cannoise pour leur futur long métrage.

La France est représentée à travers la jeune ukrainienne Marina Vroda. Ses précédents courts métrages, Rain et The Oath, ont fait le tour des festivals entre 2007 et 2009. On l'a aussi remarquée l'an dernier en compétition, dans un petit rôle de Mon bonheur, de Sergey Loznitsa. Elle était parmi les Talents du Berlinale Campus en 2010.

Notons que Ce n'est rien de Nicolas Roy (photo) met en scène l'acteur Martin Dubreuil, qui a fait sensation l'an dernier dans le film canadien 10 1/2.

- Ghost, de Ma Dahci, Corée du Sud
- Badpakje, de Wannes Destoop, Belgique
- Soy Tan Feliz, de Vladimir Durán, Argentine
- Ear, de Nash Edgerton, Australie
- Kjottsar (KJØTTSÅR), de Lisa Marie Gamlem, Norvège
- Meathead, de Sam Holst, Nouvelle-Zélande
- Ce n'est rien, de Nicolas Roy, Canada
- Paternal Womb, de Megumi Tazaki, Japon
- Cross, de Maryna Vroda, France

Par ailleurs, cette année, le Festival créé Cannes Court Métrage, qui associe la Compétition des courts métrages au Short Film Corner pour développer la promotion du film court. Cette vitrine des films servira aussi de lieu de rencontre entre professionnels.

Cannes 2011 : la sélection officielle de la Cinéfondation

Posté par vincy, le 17 avril 2011

En attendant la sélection officielle des courts métrages lundi 18 avril, voici les 16 courts et moyens métrages provenant des écoles de cinéma du monde entier qui seront projetés à Cannes dans le cadre de la sélection Cinéfondation 2011.

Géographiquement, on compte trois américains (dont deux de l'Université de Columbia), trois latino-américains, quatre asiatiques, six européens dont un français.

L'an dernier, le jury présidé par Atom Egoyan avait primé Taulukauppiaat (The Painting Sellers) du finlandais Juho Kuosmanen, et avait décerné le 2e prix à du français Vincent Cardona pour Coucou les nuages.

Cette année, le jury est présidé par Michel Gondry (voir actualité du 22 février 2011). Il devra élire les trois meilleurs fils, de 8 à 44 minutes, choisis par le Festival.

- Casey Tigers, d'Aramisova (FAMU, République Tchèque)

- Suu et Uchikawa, de Nathanael Carton (NYU Asie, Singapour)

- A Viagem, de Simao Cayate (Columbia, USA)

- Befetach Beity, d'Anat Costi (Bezatel Academy, Israël)

- The Agony and Sweat of the Human Spirit, de D. Jesse Damazo et Joe Bookman (U. of Iowa, USA)

- Bento Monogatari, de Pieter Dirkx (Sint-Lukas, Belgique)

- Der Brief, de Doroteya Droumeva (DFFB, Allemagne)

- Duelo Antes Da Noite, d'Alice Furtado (UF Fluminense, Brésil)

- Drari, de Kamal Lazraq (La Fémis, France)

- Salsipuedes, de Mariano Luque (UN de Cordoba, Argentine)

- La Fiesta de Casamiento, de Gaston Margolin et Martin Morgenfeld (U. del Cine, Argentine)

- L'Estate che non viene, de Pasquale Marino (CSC, Italie)

- Big Muddy, de Jefferson Moneo (Columbia, USA)

- Al Martha Lauf, de Ma'ayan Rypp (Tel Aviv U., Israël)

- Ya-Gan-Bi-Hang, de Son Tae-gyum (Chang-Ang U., Corée du sud)

- Der Wechselbalg, de Maria Steinmetz (HFF Konrad Wolf, Allemagne)

Cannes 2011 : 5 bonnes raisons de confier le jury des courts métrages à Michel Gondry

Posté par MpM, le 22 février 2011

michel gondryC'est Michel Gondry qui présidera le jury des courts métrages et de la Cinéfondation lors du prochain festival de Cannes. Il succède ainsi à Atom Egoyan, Hou Hsiao Hsien, Martin Scorsese ou encore John Boorman. Le choix est excellent, et on vous en fait la démonstration en cinq points :

1) Michel Gondry est un auteur original qui cherche et innove dans chacun de ses films.  Comme le dit le communiqué de presse du festival, c'est un "Artisan virtuose [qui] réinvente sans cesse, en moderne Méliès, tout l'éventail d'effets et d'enchantements du cinéma". A ce titre, il sera ouvert à un cinéma moderne et soucieux de dynamiter les cadres.

2) Il a beau être un habitué de la Croisette (Human nature en 2001, Tokyo en 2008, L'épine dans le coeur en 2009), Michel Gondry n'a jamais été sélectionné en compétition. Cette fois, c'est lui qui remet les prix, dont la fameuse caméra d'or du court métrage. Il sera là sans pression, simplement guidé par son amour du cinéma.

3) 2011 est l'année Gondry. En janvier, son Frelon vert nous a réjoui en film de super héros qui ne se prend pas au sérieux. Jusqu'au 7 mars, le centre Beaubourg lui consacre une rétrospective et une carte blanche. Pour l'occasion, le roi du film suédé y a installé son "usine de films amateurs", qui permet au public de se lancer dans la fabrication de son propre court métrage.

4) Qui mieux que Michel Gondry est capable d'apprécier les films courts réalisés par les cinéastes de demain ? Pour la sortie DVD de Be kind, rewind, il avait initié un concours de films suédés, et s'était prêté au jeu de son côté. Avec lui, ce ne sont pas les oeuvres avec le plus gros budget qui ont le plus de chance...

5) Michel Gondry nous fait rêver, rire et croire encore dans cette entraide et cette communion que seul le cinéma permet. Et pour tout cela, on l'aime, et on est ravi de le voir investi d'une mission aussi captivante pendant le plus beau festival du monde... surtout si cela lui inspire un nouveau film farfelu, poétique et tendre !

L’instant Court : the Green Hornet réalisé par Aurélien Poitrimoult

Posté par kristofy, le 14 janvier 2011

Comme à Ecran Noir on aime vous faire partager nos découvertes, alors après Electrobank réalisé par Spike Jonze, avec Sofia Coppola, voici l’instant Court n° 15.

Alors qu’Hollywood ne cesse d’exploiter sans vergogne les super-héros (plusieurs versions de Superman, Batman, Hulk…), il y en avait un dont le projet d’adaptation au cinéma était dans les cartons depuis plusieurs années : le Frelon vert.

Tout d'abord créé sous forme de feuilleton radiophonique, The Green Hornet est devenu par la suiteune série télévisée avec Van Williams et Bruce Lee en justiciers masqués, diffusée en 1966-1967 aux Etats-Unis et en 1986 en France. Le film est enfin arrivé dans nos salles de cinéma cette semaine, avec aux manettes le français Michel Gondry.

Dans l’ombre, un autre Français avait déjà travaillé sur ces héros qu’il voulait voir sur écran…

Voila donc le court-métrage The Green Hornet réalisé par Aurélien Poitrimoult. Ce film est à la fois un court et un pilote, il a en apparence une dynamique à l’américaine alors qu’il a été réalisé à Paris avec peu de moyens et beaucoup de motivation.

Le réalisateur Aurélien Poitrimoult nous raconte cette expérience :

Ecran Noir : Votre expérience est surtout celle d’assistant-réalisateur, quelles sont les particularités de ce poste méconnu ?

the green hornetAurélien Poitrimoult : J'ai travaillé pendant huit ans comme 1er assistant surtout auprès de Jean-Luc Godard. C'est un métier qui pourrait être comparé à la courroie de transmission dans un moteur. Le 1er assistant doit transmettre les volontés du réalisateur au reste de l'équipe. Ce sont sur des tournages que j'ai rencontré les personnes qui m'aidèrent par la suite à faire le Frelon Vert. J'ai travaillé sur des films aussi différents que : La chambre des officiers, Ronin ou les Godard. Comme j'avais des amis dans le domaine de la cascade, on a décidé de travailler ensemble sur un court métrage d'action. Ce fut le point de départ du Frelon.

EN : Avant de préparer votre court-métrage sur The Green Hornet, que connaissiez-vous de la série originale ? Pourquoi avoir choisi de privilégier surtout des scènes d’action plutôt qu’une intrigue plus fouillée avec d’avantage de dialogues ?

AP : J'ai découvert le Frelon Vert avec sa diffusion tardive en France à la fin des années 80. Je m'y suis intéressé car il y avait Bruce Lee dans cette série et que je suis un grand admirateur de son travail. Ce personnage fut créé pour une dramatique radio puis devint un héros de sérials dans les années 40 et enfin fut transformé en série télé par William Dozier qui produisait a cette époque le show Batman et qui voulait faire une série dans la même veine, mais destinée aux adultes. J'aimais le coté polar urbain de la série et le fait que le Frelon et Kato entretenaient le mystère quand à leur relation avec la pègre. Quand j'ai décidé de l'adapter en court métrage, j'ai voulu privilégier l'action car je voulais filmer l'action, c'était mon but principal en faisant ce court. J'ai mis au point une petit intrigue qui reprenait le doute qu'ont les médias sur l'honnêteté du Frelon et j'ai mis au point avec Manu Lanzi et Patrick Vo une grosse scène d'action avec un découpage précis. Nous aimions beaucoup le travail des Hongkongais dans ce domaine et un peu moins celui des Américains qui ont tendance à sur-découper l'action. Alors j'ai décidé que nous ne sur-découperions pas.

EN : Quelles ont été les principales étapes pour obtenir au final ce rendu presque ‘hollywoodien’ ?

AP : Lorsque j'ai tourné Le Frelon Vert, j'avais peu d'argent (1500 euros) et les caméras HD  n'étaient pas encore sur le marché. Je voulais tout de même obtenir un rendu cinégénique. J'avais à ma disposition une sony PD150 une caméra 3CCD. Alors comme nous n'avions pas les moyens mais le luxe du temps, j'ai fait refaire toutes les profondeurs de champ en post production. Ce travail consistait a flouter les fonds artificiellement. J'ai eu recours aussi aux "matte-paintings" qui sont des décors numériques pour compléter mon cadre. Nous avons aussi créé une nuit américaine car tout le film fut tourné de jour. Enfin j'ai dégradé l'image en rajoutant du grain pour ne pas avoir cet effet de netteté propre à la vidéo. Toujours dans un souci d'obtenir un rendu crédible, j'ai décidé de faire doubler les acteurs par des acteurs américains car je ne crois pas à des super héros qui parleraient en français. Et nous avons entièrement refait le son en post-production pour pouvoir maitriser le moindre bruitage.

EN : Racontez-nous ce qui s'est passé ensuite pour la diffusion de ce court-métrage ?

AP : Lorsque j'ai mis le film sur internet, les ayants-droit n'ont pas tardé à se manifester à travers leur avocat pour m'interdire la diffusion. Au début, j'ai cru qu'il s'agissait d'une blague mais en fait ils étaient très sérieux et avaient pensé dans un premier temps que je préparais un long-métrage sans les avertir. Je leur ai expliqué qu'il s'agissait d'un court à but non lucratif (notion qu'ils comprirent mal) et que nous pourrions peut-être trouver un terrain d'entente. Au final ils me laissèrent le diffuser sur internet et dans les festivals avec une mention légale à la fin. Le film fut beaucoup sélectionné en Amérique (Fantasia, festival du film d'action, etc..) et jamais en France. J'ai gagné à Los Angeles le prix de la meilleure séquence d'action. Le film fut aussi très bien accueilli sur le net par les fans. J'ai eu de gentils messages de Van Williams (l'acteur qui joua le Frelon dans la série télé) et de Burt Ward (Robin dans la série télé Batman), j'ai pu aussi remettre en main propre le film à Linda Lee et Shannon Lee, un grand moment. C'est grâce au Frelon Vert qu'aujourd'hui je suis réalisateur car c'est ce court métrage qui me fit connaitre auprès des professionnels. Le film continue d'ailleurs sa vie et redevient d'actualité grâce au long de Michel Gondry.

EN : Le film the Green Hornet vient enfin de sortir, adapté par Seth Rogen et Michel Gondry,  qui eux ont pris clairement le parti humoristique et de l’auto-dérision presque parodique, qu’en pensez-vous ?

AP : Je vais aller le voir évidement même si je ne m'attends pas à retrouver sur grand écran ce que j'aime chez ce personnage. Mais Hollywood ne cherche pas à satisfaire la communauté des fans qui reste une niche. Ils préfèrent cibler le public qui fait le succès d'un film, à savoir les 15-20 ans qui eux ne connaissent absolument pas ce personnage. Donc je comprends leur stratégie, bien que je trouve que ce personnage se prêterait mieux à une histoire plus adulte.

Crédit photo : image modifiée, d’après un extrait du film the Green Hornet.

Festival national du film d’animation: la science des rêves

Posté par Claire Fayau, le 9 décembre 2010

Pour sa 17e édition, le Festival national du film d'animation devient annuel et déménage en Bretagne, à Bruz, près de Rennes (du  14 au 19 décembre)

Bénéficiant du soutien  de l'association française du cinéma d'animation (Afca) et de l'association L'arrosoir à Emile, ce festival a sélectionné plus d'une centaine de films.

* L' Ouverture du festival avec Michel Ocelot qui présentera sa dernière œuvre, un épisode inédit de Dragons et princesses.

* Une sélection de 62 films en compétitions, sélectionnés parmi plus de 300 films reçus, en présence des réalisateurs (courts métrages professionnels et films d’étudiants)

* Des cartes blanches : Aux réalisateurs Alain Gagnol et Jean-Loup Felicioli ; à Monique Renault, personnalité atypique du cinéma d'animation ; au Kask, célèbre département d'animation des Beaux-Arts de Gand créé par Raoul Servais ; aux Fous d'Anim', et à la société de production créée par Michel Gondry, Partizan.

* Une dizaine de programmes spéciaux  pour revenir sur les films qui ont marqué l'animation depuis 30 ans,  découvrir des techniques - images de synthèse ou films d'encre et de charbon - mais aussi des films d'ateliers, des longs métrages…

* de nombreuses rencontres :  Xilam Animation nous dévoilera les secrets de fabrication de la série télévisée Oggy et les Cafards ; Cédric Mercier  parlera des décors de La science des rêves, long métrage de Michel Gondry, Sébastien Laudenbach nous présentera son film Regarder Oana,  et Juliette Loubières son nouveau court métrage en avant-première Citrouille et vieilles dentelles ... Et bien d'autres rendez-vous  avec les réalisateurs (une trentaine) et les personnalités invitées des cartes blanches. Un entretien intéressant à  noter  sur long- métrage Renaissance. Et enfin, le dessin animé français des fêtes, Une vie de chat.

* En extra: les programmes jeunesse, une Journée professionnelle, des Apéros Animés,et enfin, trois Ciné-Concerts : Fantasmagorie d’Émile Cohl, premier dessin animé de l’histoire du cinéma (1908),  La leçon de Solfège de Segundo de Chomon (1909), et Gertie le dinosaure de  Winsor McCay (1914).

Pour ceux qui sont  à Paris :

Le Festival national du film d’animation est au CARREFOUR DE L'ANIMATION, les 8,9, 10 et 12 décembre 2010 au Forum des Images, Paris.

Au programme :

- Trois séances thématiques (un mélange de films retenus en compétition à Bruz et de coups de cœur du Forum des Images) : «Après l’école » le 9/12 à 17h ; « Voyages » le 10/12 à 21h15 ; « Musique et son » le 12/12 à 17h30.

- Une table ronde : « films d’étudiants et droits d’auteur : l’entre deux droits ». Le 9 décembre à 15h.

Retrouvez toutes les informations sur le site internet du Festival national du film d'animation