Mélanie Laurent, elle tue …

Posté par vincy, le 13 novembre 2010

C'est l'une de nos rares comédiennes "bankable" du moment", avec trois hits à la suite : Inglourious Basterds, Le concert et La rafle. De quoi donner au confiance aux producteurs. Ainsi, Mélanie Laurent va enfin concrétiser son rêve de devenir réalisatrice d'un long métrage, après des mois d'hésitation et d'obstination. Les adoptés sortira le 23 novembre 2011. Elle jouera dans son propre film, aux côtés de Florence Foresti, qui devrait enfin trouver un rôle cinématographique à la mesure de son talent, et Denis Ménochet, avec qui elle a joué dans La Rafle, et qui était son père dans Inglourious Basterds.

Laurent avec déjà réalisé deux courts métrages : De moins en moins, sélectionné à Cannes en 2009, et À ses pieds.

Entre temps, on la verra dans trois films :

- le premier film de Jérôme Le Gris, qui l'a embauché pour être une meurtrière professionnelle dans Requiem pour une tueuse. En salles en janvier prochain, le film retrace l'histoire d'une tueuse professionnelle qui doit faire disparaître un chanteur lyrique qui menace les intérêts d'une multinationale. Elle est engagée comme soprano pour accomplir sa mission mais apprend finalement qu'un deuxième tueur est sur place, et qu'elle est la deuxième cible...  Tchéky Karyo et Clovis Cornillac et Christopher Stills l'accompagnent dans cette aventure.

- Et Soudain Tout le Monde me Manque, de Jennifer Devoldère, qui l'avait déjà dirigée dans Jusqu'à toi, sortira en mars. Elle retrouvera Michel Blanc, qui l'avait révélée avec Embrassez qui vous voudrez. Géraldine Nakache (Tout ce qui brille) et Guillaume Gouix (Belle Epine, Copacabana) complète le casting. Il s'agit d'une chronique familiale dans laquelle le père, sexagénaire, est en passe d'avoir de nouveau un enfant et où la plus jeune des filles, est en proie à un doute existentiel...

- enfin, dans Beginners, elle joue avec Ewan McGregor et Christopher Plummer. Ce film de Mike Mills a été présenté au dernier Festival de Toronto mais ne sortira qu'en juin aux Etats-Unis. Un fils apprend que son père, récemment décédé, a été homosexuel, et fier de l'être, ce qui va avoir quelques conséquences sur sa nouvelle relation amoureuse.

Cannes 2009 : Qui est Ben Whishaw ?

Posté par vincy, le 15 mai 2009

cnz_wishaw.jpgA 29 ans, le britannique Ben Whishaw va connaître la gloire d'être une star éphémère à Cannes grâce à Jane Campion. Il incarne le poète John Keats soit le rôle principal de Bright Star.

Cela fait dix ans qu'il montre sa jolie gueule sur grand écran. Il fut l'un des soldats de La tranchée (avec Daniel Craig et Cillian Murphy) et l'un des beaux anglais de Mauvaise Passe (avec Daniel Auteuil) puis se concentra sur la télévision, des courts métrages et le théâtre. C'est là qu'il avait fait ses premières armes. En 1995, il joue Primo Levi (Si c'est un homme) où il reçoit les louanges de la critique au Festival très branché d'Edimbourgh.

De nouveau, Daniel Craig le fait revenir au cinéma : d'abord dans Enduring Love (d'après le roman de Ian McEwan) puis dans Layer Cake (adapté du polar de J.J. Connolly). Des petits rôles mais cela lui permet de décoller et d'interpréter le mythique Keith Richards dans un biopic sur Brian Jones, Stoned. Il aime les rôles extrêmes et torturés.

Puis la voie royale s'ouvre à lui. Une voie qui le mènera jusque sur le tapis rouge de Berlin. Il est choisi contre des stars internationales pour être Jean-Baptiste Grenouille, héros sexy, taré et meurtrier du Parfum. Puis il sera l'un des Dylan de I'm not there, de Todd Haynes. On le croise cette année dans le complot de The International puis dans une adaptation de La tempête, par Julie Taymor, dans le rôle d'Ariel.

Cet acharné du travail va ravager les coeurs des demoiselles : "Je suis si chanceux d'être capable de faire ce que je fais et ce serait vraiment abuser de le faire juste pour de l'argent. Je n'ai pas besoin de beaucoup de fric, ce n'est pas ce qui me motive, au contraire, je crois que je me sentirai sale." On en reparle quand Hollywood le tentera avec un gros chèque dans un gros film?

Christian Fechner s’éclipse (1944-2008)

Posté par MpM, le 26 novembre 2008

fechner.jpgLe producteur de cinéma Christian Fechner est décédé dans la nuit de mardi à mercredi des suites d’un cancer. Lui qui voulait "faire des films plus jolis que la vie" a fait rire et vibrer le public français pendant plus de trente ans, avec des succès comme L'aile ou la cuisse de Claude Zidi, Papy fait de la résistance de Jean-Marie Poiré, Marche à l’ombre de Michel Blanc, Chouchou de Merzak Allouache ou encore Les bronzés 3 de Patrice Leconte. Il avait également lancé ou conforté de nombreuses carrières, comme celles de Pierre Richard, Louis de Funès, Jean-Paul Belmondo ou encore Claude Zidi et Patrice Leconte.

Malgré les 500 millions d’entrées que ses films avaient cumulés de par le monde, Christian Fechner avait bien compris que le cinéma n’est pas une science exacte. "L'important, c'est de fabriquer des films avec le maximum de sincérité. Il n'y a pas de recette. S'il y en avait, on serait formidablement riches !", disait-il par exemple. D’ailleurs, ses immenses succès publics ne l’avaient pas empêché de se tromper quelques fois, notamment sur Les Amants du Pont-Neuf de Leos Carax, un important échec commercial.

Comme ses films, sa carrière avait connu de nombreux rebondissements : tout d’abord producteur de disques (il a lancé Antoine et accompagné les Charlots pour leur passage au cinéma), puis de films, PDG de Gaumont studio, directeur de TV6, réalisateur (Justinien trouvé ou le Bâtard de Dieu) et même… magicien, puisque grand amateur de cette discipline, il avait été deux fois sacré champion du monde. Aujourd’hui, hélas, il a exécuté son plus mauvais tour.

Téchiné retrouve Deneuve et Blanc

Posté par vincy, le 28 avril 2008

Comme réconforté par le succès public des Témoins (376 000 entrées sans fanfare marketing), André Téchiné, snobé par les César, prolonge son exploration des temps modernes et de ses vices de formes. Après l'émergence du SIDA dans les années 80, le cinéaste se penche sur le cas de cette jeune femme qui avait "inventé" une agression antisémite lors d'un voyage en RER, en banlieue parisienne. Le fait divers avait enflammé les médias, qui n'avaient pas vérifié grand chose, et avait ému jusqu'au Président de la République.

A partir de la pièce de théâtre "RER" de Jean-Marie Besset, Téchiné, l'auteur de la pièce et Odile Barski ont imaginé La fille du RER, dont le tournage débute le 19 mai. Cette production médiane de 7 millions d'euros devrait être prête pour le premier semestre 2009. Sur la forme, Téchiné est prêt à mélanger reportage télévisuel, webcam internet et journaux audiovisuels. La jeune femme mythomane sera incarnée par Emilie Dequenne (Rosetta, Le pacte des loups), sa mère par Catherine Deneuve. On y retrouvera aussi Michel Blanc (déjà de l'aventure des Témoins), Mathieu Demy, Nicolas Duvauchelle et l'actrice somptueuse de La visite de la fanfare, Roni El Kabetz.

Pour Deneuve, il s'agit surtout de la sixième fois avec Téchiné. Les deux amis du parc du Luxembourg sont aussi dans l'actualité avec la sortie en DVD du Lieu du Crime (Cannes 1986).

César : le discours (non censuré) de Mathieu Amalric

Posté par vincy, le 24 février 2008

« (Antoine, tu le lis avec hésitation et bafouillements)

Oui bon ben... euh... alors là on frôle le n’importe quoi :
Lindon ; trois fois nommé, zéro compression
Darroussin ; deux fois... nada
Michel ; quatre fois comme acteur... résultat blanc
Et le pompon, Jean Pierre Marielle. Sept fois nommé !!! Et jamais la fève, même pas
pour les Galettes.
Chapeau ! ... De Panama, d’où je vous fait un vrai faux-Bon...D.
L’autre vilain de Lonsdale aussi il paraît.
Enfin, mouais, mais... non ce qui fait plaisir, c’est que le Scaphandre, c’est bien la preuve qu’un acteur n’existe qu’à travers, qu’en regard de ses partenaires. Parce que qui voit-on à l’image, qui fait prendre vie au Jean-Do de fiction ?
C’est Chesnais, c’est Ecoffey, Arestrup, Watkins. Ce sont Marie-José, Olatz, Consigny penchées vers lui, vers moi, vers vous, tendres, drôles et attentives.
C’est Marina en Vierge Marie, c’est Emmanuelle Seigner qui joue pas la Sainte et qui du coup donne corps, chair et souffrance à Bauby. Ta fille aussi, Emma qui carrément provoque le miracle. Et c’était Jean-Pierre Cassel, doublement.
Le Papillon c’est la preuve que, quand il y a un réalisateur, les techniciens sont des roseaux pensants. Que tout se mélange, que sur un plateau tout est dans tout, qu’on peut être, (ce joli mot), une équipe PAS technique... parce que franchement qui c’est l’Acteur quand c’est Berto, le caméraman qui fait, qui EST le regard.
C’est LUI qui, par les mouvements de sa caméra crée les mouvements de la pensée de Jean-Do.
Oui, quand il y a un réalisateur... Julian.
Je pense fort à une autre équipe. Celle, médicale, de l’Hôpital Maritime de Berck-sur-Mer où on a tourné et où Bauby a passé un an et demi. Le vrai et le faux, la réalité et la fiction... on ne savait plus. D’ailleurs c’est drôle, je me souviens. Le décor de la chambre, pour avoir plus d’espace, était reconstituée dans une grande salle au rez de chaussée de l’Hôpital, la salle des fêtes. Avec au dessus de la porte, une enseigne en grosses lettres rouges : CINEMA. Ça ne s’invente pas. »

Voici maintenant la partie non lue :

« Mais la salle de cinéma. Oui, la SALLE de cinéma, elle, doit pouvoir continuer à s’inventer.

"A lire à la lumière. Et à diriger sur notre nuit" Notre musique.
Insupportable "trompe l’œil" des multiplexes. Les chiffres comme seule ligne d’horizon. Aveuglement, brouillage, gavage, lavage. Et quelle solitude. Vous avez déjà parlé à quelqu’un dans un multiplexe ? Pas moi. D’ailleurs c’est impossible, ce qui compte c’est le flux. "Circulez s’il vous plaît, y’a rien à voir" . Au suivant ! bande de Brel.

Alors que le travail souterrain, patient, divers, dédié au public, aux écoles, aux rencontres que font et ont envie de faire tellement d’exploitants de salle se voit de plus en plus nié aujourd’hui. La Question humaine n’aurait par exemple jamais fait autant d’entrées sans le travail de curiosité des exploitants de province et de l’ACRIF. Ce tissu de salles, que le monde entier nous envie, est notre cœur, nos
poumons. Sinon...

Sinon on va tous finir devant nos "home cinéma" à se tripoter la nouille...
Bons baisers de Panama...
Mathieu »

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Tout Mathieu Amalric sur Ecran Noir : portrait, films, interviews