Michael Mann en pôle position dans la course des films « à gros cylindres »

Posté par vincy, le 27 mai 2011

L'automobile n'est pas la tendance la plus écologique, mais elle redevient un objet de désir cinématographique. Avec le succès de Cars et de la franchise Fast & Furious (qui sortent respectivement leur épisode 2 et 5 cet été), Hollywood s'intéresse de nouveau aux "Coccinelles" et autres "Christine". On oublie la sortie de route de Speed Racer ou les résultats mitigés de Hell Driver 3D. D'autant plus facile à oublier que le film Drive de Nicolas Winding Refn a emporté le prix de la mise en scène à Cannes cette année.

Michael Mann s'est positionné en tête des projets les plus intéressants. Habitué aux films noirs et aux polars, le cinéaste finalise son contrat avec la 20th Century Fox pour réaliser Go Like Hell (anciennement Race to the Death), retraçant la compétition entre Ford et Ferrari aux 24 heures du mans de 1966. Ford fut ainsi le premier constructeur américain à gagner la célèbre course.

Le film est adapté du livre de A.J. Baime, scénarisé par Jason Keller. Et la Fox espère convaincre Brad Pitt pour le rôle principal. Mann a déjà réalisé un court métrage publicitaire pour Mercedes, avec Benicio del Toro, et prépare actuellement Luck, une série pour HBO sur les courses de chevaux, avec Tom Payne et Dustin Hoffman.

Si le film n'en est qu'à l'état de pré-production, d'autres studios se sentent aussi inspirés par les moteurs turbos. Warner Bros a signé avec Mattel pour tirer un film de ses jouets Hot Wheels. The Weinstein Co. développe un film adapté de la série K 2000.  Ron Howard prépare un remake de Eat My dust, dans lequel il jouait en 1976.

En plus du Michael Mann, un autre film est en cours d'écriture pour évoquer la vie d'Enzo Ferrari, mais, dans Street Legal, Paramount préfère s'orienter sur la vie du pilote de Ferrari, Carroll Shelby.

Studio 37 a lancé Overdrive, qui sera réalisé par Pierre Morel. Et Chris Morgan écrit déjà Fast & Furious 6.

En France, Senna est un documentaire sorti dans les salles mercredi dernier. Le pilote de légende brésilien est révélé à travers sa vie passionnante.

Le 7 juin prochain, le fameux film Le Mans (avec Steve McQueen) sera projeté exceptionnellement sur le circuit des 24 heures du Mans, en pleine ligne droite des stands, quatre jours avant la tenue de la 79e édition de l'épreuve mythique. Un écran géant sera installé dans la ligne droite et la projection débutera à 22 heures.

Le producteur Dino de Laurentiis meurt : un dragon s’éteint (1919-2010)

Posté par vincy, le 11 novembre 2010

dino de laurentiis king kong 1976Né en 1919 à Torre Annuziata, à la sortie de la première guerre mondiale, il décidera très tôt de devenir producteur, lors de ses études au Centro sperimentale delle cinematografia. Il produit son premier succès à 19 ans, L'amore canta, juste avant la seconde guerre mondiale. Il travaille alors pour Lux Films, mais entreprend très vite de rouler pour lui-même. Il créé donc la Dino de Laurentiis Cinematografica, qui va contribuer à la reconstruction du cinéma italien post-Mussolini, et mieux que ça, à son essor vers un âge d'or dont on lui doit beaucoup.

Ainsi en 1949, il propulse sur les écrans la jeune Silvana Mangano, sa "muse", aux côtés de Vittorio Gassman, dans Riz amer. Il épousera Mangao ; un mariage qui durera jusqu'à la mort de celle-ci, 40 ans plus tard. Ils auront 4 enfants.

Cinq ans plus tard, il produit le chef d'oeuvre La Strada de Federico Fellini, avec Giuletta Masina et Anthony Quinn. Mangano, Quinn et Kirk Douglas, seront dans sa version d'Ulysse, réalisée par Mario Camerini. Il continuera à alterner les grandes épopées mythiques (La Bible, de John Huston, avec Ava Gardner ou Guerre et paix, de King Vidor, avec Audrey Hepburn) et les néoréalistes italiens (Les nuits de Cabiria, de Fellini, L'or de Naples, de Vittorrio De Sica, Où est la liberté et Europa '51, de Roberto Rossellini, La grande guerre de Mario Monicelli, Une vie difficile et Il giovedi de Dino Risi ou encore L'étranger de Luchino Visconti ). On lui doit aussi le culte Barbarella, de Roger Vadim, avec Jane Fonda, Barrage contre le Pacifique de René Clément, au milieu d'énormément de navets  et séries B des cinquante et soixante.

Cela ne l'empêchera pas de recevoir de multiples honneurs : 5 prix David di Donatello du meilleur film (dont La grande pagaille, de Luigi Comencini, dont il a produit une dizaine de films, Waterloo, de Sergei Bondarchuk et Banditi a Milano, de Carlo Lizzani), deux Donatello d'honneur, un Oscar du meilleur film en langue étrangère (La Strada), un prix Irving G. Thalberg au cours des Oscars 2001 pour l'ensemble de son parcours, et deux prix honorifique à Venise (un Lion d'or pour sa carrière en 2003 notamment).

De la banlieue de Naples à Hollywood

Après la faillite de son studio, réplique de la Cinecitta, la Dinocitta, De Laurentiis migre vers Hollywood :  Terence Young (Cosa Nostra, avec Charles Bronson), Sidney Lumet (Serpico, avec Al Pacino), Sydney Pollack (Les trois jours du Condor, avec Robert Redford et Faye Dunaway), Michael Cimino (L'année du Dragon, avec Mickey Rourke), John Milus (Conan le Barbare, avec Schwarzenegger)  et même le remake de King Kong en 1976 (photo) . Il subit aussi deux cuisants échecs avec l'adaptation de Flash Gordon, le film catastrophe Hurricane et Blue Velvet, le polar poisseux culte de Lynch.

Il obtient les droits d'un livre Red Dragon, qui deviendra un thriller oublié, Le sixième sens, pourtant signé Michael Mann. Mais avec les mêmes droits, il pourra profiter du triomphe du Silence des agneaux, du même auteur, avec les mêmes personnages, pour revenir en haut du box office avec Hannibal de Ridley Scott et ses suites : Red Dragon et Hannibal Lecter : les origines du mal.

Récemment, il avait produit U-571, thriller sous-marin, et La dernière légion, péplum d'un nouveau genre.

De Laurentiis était un producteur à l'ancienne, avec plus de 160 films au compteur : prenant des risques, misant sur des réalisateurs prometteurs, se perdant parfois dans les ambitions de certains projets, mais ayant une foi inébranlable dans le cinéma.

Trop de films sur Capa?

Posté par vincy, le 8 octobre 2009

Il ya six mois nous vous annoncions le projet en développement du producteur et acteur Pierce Brosnan autour du photo-reporter Robert Capa (voir actualité du 24 février 2009).

Michael Mann a décidé de lancer son propre projet, une adaptation  du livre En attendant Robert Capa, de Susana Fortes, qui se focalise sur la romance entre le photographe et la première femme photographe de guerre, Gerda Taro. Le scénario a été confié à Jez Butterworth (qui écrit un biopic sur James Brown et à qui l'on doit des navets comme Birthday girl et La dernière légion). L'histoire se déroulera entre Paris (1935) et le front de la guerre d'Espagne (1937). Robert Capa, après ses clichés historiques de la guerre d'Espagne, deviendra l'un des plus prestigieux photographes de guerre.

En France, on murmure qu'Yvan Attal préparerait un film sur Capa en Israël, au moment de la guerre d'indépendance en 1948. Attal réaliserait ce projet et incarnerait le photographe.  

Blockbusters 2009: en juillet, le sorcier nous a jeté un sort

Posté par geoffroy, le 1 août 2009

La saison estivale 2009 touche à sa fin. Si le mois d’août est traditionnellement plus faible du côté du Box-office, des surprises ne sont jamais à exclure et il y aura toujours un film qu'on n'attendait pas... D’autant que les studios n’hésitent plus à sortir des « grosses » productions en dehors des traditionnels week-ends fériés. Seul le résultat du premier week-end est devenu leur principal enjeu, conscients de la piètre qualité des longs-métrages proposés au public. L’exemple de Wolverine est de ce point de vue frappant. 85 millions de $ en trois jours ont représenté la moité du résultat total aux Etats-Unis. A ce petit jeu, G.I. Joe pourrait être le candidat sérieux d’un mois d’août sans véritable favoris.

Mais revenons sur le bilan partiel du mois de juillet. Aucune surprise et un HP6 ultra dominateur. Après un énorme démarrage, le film rentre dans le rang : une chute de 61% en second week-end pour un cumul à 233 millions de $, soit 13 millions de $ mieux que HP5 sortit en juillet 2007. Le score est très bon et le film semble parti pour atteindre les 300 millions de $ en fin de carrière. Il s’agit, ni plus ni moins, du potentiel de chaque épisode de la saga. Sans côtoyer le triomphe du premier opus, notons qu'une telle constance, film après film, n'a qu'un équvalent : Star Wars. A cela s'ajoute son carton planétare : HP6 totalise en deux week-end 400 millions de $ dans 56 pays et réalise ainsi le meilleur démarrage historique devançant le précédent record de Spider-Man 3. Le film peut atteindre 650-700 mllions de $ dans le monde et un total d'un milliard de $ de recettes, en incluant l'Amérique du Nord. Le bilan serait, dans ce cas, stratosphérique. Et de bon augure pour les deux épisodes finaux.


Des blockbusters qui mpressionnent plus à l'étranger qu'en Amérique du nord.

L’Age de glace 3, autre gros hit très attendu en juillet, ne déçoit pas et s’aligne sur le succès du deuxième épisode. Si HP6 puis G-Force lui ont fait de la concurrence, il devrait néanmoins frôler les 200 millions de $. Soit un score similaire au Monstres contre Aliens des studios DreamWorks. Mais contrairement aux Monstres et dans la même veine qu'Harry, L’Age de glace 3 est un véritable plébiscite à l’international. Le film vient de dépasser les 500 millions de $ de recettes et devrait pouvoir en ramasser 600 millions. Si c’est le cas, le film rentrerait dans le top 10 des plus gros succès hors USA. De quoi envisager tranquillement une nouvelle suite…

Sans surprise le reste du BO est un cran en dessous. Public Enemies réalise un bon score pour un film de Michael Mann, effaçant ainsi l’échec de Miami Vice. Avec 100 millions de $ dans la ligne de mire, pour un film d'auteur, la cote de Johnny Deep reste au beau fixe et pourrait être un bon tremplin pour les Oscars. Brüno, le dernier délire provocateur de Sacha Baron Cohen, sans être un four, ne suit pas la trajectoire de Borat. Avec moins de 70 millions de $ au final, la comédie se rentablise mais ne fera pas date. En comparaison, le célèbre reporter Kazakh avait rapporté près de deux fois plus.

G-Force et The Ugly Truth ont davantage séduit. Si le premier ne réitérera pas le succès des Chipmuks, les 100 millions de $ semblent tout à fait jouable. Quant à notre duo Gérard Butler & Katherine Heigl il se porte très bien et devrait atteindre les 55-57 millions en seulement deux week-end pour un budget estimé à 38 millions de $. De quoi rassurer Sony / Columbia et les agents des deux acteurs, de plus en plus "bankable".

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Pour finir, quelques petits enjeux croustillants en cette fin d’été.

Transformers 2 dépassera t-il les 400 millions $ ?

Là-haut et HP6 auront-ils les forces pour franchir les 300 millions $ ?

Very Bad Trip s'arrêtera-t-il ?

L’Age de glace 3 arrivera t-il à décongeler le public au-delà des 200 millions $ ?

La proposition (The Proposal) va-t-il rejoindre les Sex and the City et ses 153 millions $ ?

Public Ennemies et G-Force unis à 100 millions $, pas moins… ?

Réponses à la fin du mois d’août pour le bilan d’un été plutôt classique parsemé par quelques surprises.

Nuits blanches et salles obscures pour un Paris Cinéma festif

Posté par Morgane, le 12 juin 2009

pariscinema09.jpgAujourd’hui, vendredi 12 juin, s’est tenue la conférence de presse du festival Paris Cinéma, dans les salons de l’Hôtel de Ville, en présence de Bertrand Delanoë, Charlotte Rampling et Christophe Girard. La septième édition se déroulera au cœur de la capitale du 2 au 14 juillet. Paris Cinéma présentera douze longs métrages (douze nationalités diverses dont sept sont des premiers films) en compétition ainsi que dix-sept courts.

Pour les impatients pressés de voir certains films avant tout le monde, de nombreuses avant-premières (dont certains films présents sur la Croisette) seront à l’affiche : le longtemps retardé Bancs publics (Versailles Rive droite), un de nos coups de coeur récent Taking Woodstock, le très attendu Public Enemies, la Palme d'or Le ruban blanc ...

Michael Mann, Johnny Depp et Marion Cotillard...

Réalisateurs-rices, acteurs-rices et autres personnalités du monde du 7ème Art viendront également fouler les tapis du festival. On pourra, entre autres, voir Bruno Podalydès, Alain Cavalier, Elia Suleiman, Claude Miller, Elsa Zylberstein, Antoine de Caunes ainsi que le duo Guillaume Canet et Emir Kusturica (devant et non derrière la caméra) pour le film L’Affaire Farewell. Paris Cinéma aura des allures de grand festival international avec l’équipe star du film Public Enemies : Michael Mann, Johnny Depp et Marion Cotillard

Cette année on rendra hommage à Claudia Cardinale (rétrospective à l’Arlequin, rencontre avec l’actrice à la BnF et exposition de photographies au Bon Marché), Jean-Pierre Léaud (rétrospective et rencontre), Tsaï Ming-Liang (intégrale de ses huit films à l’Auditorium du Louvre, masterclass avec le réalisateur à la BnF), Lluis Minarro (producteur espagnol) et Naomi Kawase (réalisatrice japonaise).

Après les Philippines l’année dernière, la manifestation accueille cette année la Turquie (puisque ce sera, de juillet 2009 à mars 2010, la Saison de la Turquie en France) avec un hommage particulier à Nuri Bilge Ceylan, un coup de projecteur sur Reha Erdem et Yesim Ustaoglu, la présentation de nombreux longs et courts métrages, des regards croisés Allemagne-Turquie et une nuit des Super-héros turcs.

Une nuit des Super-héros turcs...

Mais l’édition 2009 est également l’occasion d’innover. Aussi, Paris Cinéma ouvrira par cinq nuits dans divers cinémas parisiens (dans la nuit du 4 juillet). Au Nouveau Latina se tiendra "La Nuit des Comédies Sexy d’Asie", le Max Linder accueillera "La Nuit des Super-Héros Turcs" tandis que le Champo ouvrira ses portes à "La Nuit des Geeks" (la nouvelle comédie US), le Studio des Ursulines consacrera sa "Nuit à l’Animation Japonaise" et le Cinéma du Panthéon fera la part belle à "Russ Meyer". Une brocante cinéma se tiendra le 11 juillet sur le parvis du MK2 Bibliothèque et sera ouverte, aussi bien aux professionnels qu’aux particuliers. On pourra y trouver des affiches anciennes, des DVD, des revues, des photos de tournage etc…

Enfin, cette fête du 7e Art fermera ses portes en fanfare le 14 juillet. Pour ce, la halle du 104 se transformera en salle obscure et accueillera un ciné-concert, projetant Oyuki la vierge de Kenji Mizoguchi accompagné par Francis et ses peintres et les chanteuses japonaises Emiko Ota et Mala Barouh. La soirée se transformera ensuite en bal populaire orchestré par Helena Noguerra.

Marion Cotillard chez Christopher Nolan ?!

Posté par MpM, le 2 avril 2009

Après le succès planétaire du dernier Batman Le chevalier noir, le réalisateur Christopher Nolan a décidé d’embrayer avec un projet plus personnel, Inception, qu’il a écrit et réalisera lui-même.
Il devrait s’agir d’un "film d'action et de science-fiction contemporain basé sur l'architecture de l'esprit", dont l’histoire est pour le moment tenue secrète. On sait par contre que Warner Bros. (qui tenait bien évidemment à poursuivre sa — jusque-là — lucrative collaboration avec Nolan, voir actualité du 12 février 2009) est en pourparlers avec Marion Cotillard, Cillian Murphy et Ellen Page. Les trois comédiens pourraient faire une plus mauvaise opération que de rejoindre le casting de ce qui s’annonce déjà comme l’un des films les plus excitants de 2010 !

Pour la Française Marion Cotillard, oscarisée en 2008 pour son interprétation d'Edith Piaf dans La môme, c’est aussi la confirmation que sa carrière américaine est désormais bien engagée. On l’attend en effet dès cet été dans le nouveau Michael Mann (Public enemies) et elle vient juste de terminer Nine de Rob Marshall.

Au final, les seuls à ne pas se réjouir de la nouvelle sont donc probablement les inconditionnels de l’homme chauve-souris qui espéraient un retour rapide de leur héros devant la caméra de Nolan…

La loi et l’ordre (Righteous Kill) : ça laisse froid…

Posté par geoffroy, le 6 octobre 2008

righteoustokill.jpgSynopsis: Après avoir passé trente ans ensemble dans la police de New York, les détectives Turk et Rooster sont prêts à tout, sauf à prendre leur retraite. Peu avant leur départ, plusieurs criminels ayant échappé à la justice sont assassinés selon un mode opératoire qui rappelle celui d'un serial-killer que les deux enquêteurs ont mis sous les verrous plusieurs années auparavant. Une insupportable question se pose alors : Turk et Rooster se seraient-ils trompés ?
L'officier Karen Corelli (Carla Gughino) s'interroge, et les détectives Perez (John Leguizamo) et Riley (Donnie Wahlberg) espèrent résoudre l'affaire avant Turk et Rooster. Très vite, le lieutenant Hingis (Brian Dennehy), leur chef, commence à craindre qu'un policier ne soit impliqué. C'est le début d'une enquête à hauts risques...

Notre avis: Douze ans après l’étourdissant polar urbain que fut Heat de Michael Mann, Jon Avnet signe les retrouvailles de Robert de Niro et Al Pacino dans La Loi et l’Ordre, improbable polar mou du genou et de la tête. Pour tout dire nous assistons, consternés, à un enlisement scénaristique digne d’un mauvais requiem de fin de carrière tant l’histoire est convenue, caricaturale et surtout dénuée d’intérêt. Le réalisateur ne nous épargne rien et passe complètement à côté de son formidable sujet, à savoir réunir sur la même affiche ces deux monstres sacrés. Au lieu de construire un polar tendu prenant en compte cette donnée indispensable, le scénario les ringardise outrageusement puis les enferme dans une intrigue absurde qui essaie sans une once d’intelligence de juxtaposer par effet d’opposition malhabile les carences d’une justice grippée et le recours, ainsi légitimé, de la loi du talion.

L’ensemble est si pauvre, si peu argumenté et tellement mal amené qu’il n’est pas surprenant de voir nos deux acteurs dérouler un jeu bien en deçà de leurs talents habituels. Pacino nous la joue sur du velours de supermarché en solde tandis que De Niro cabotine à qui mieux mieux en espérant épaissir la lamentable caractérisation de son personnage. Et pourtant, ils captent l’attention, bouffent chaque scène et sauvent ce qu’ils peuvent du naufrage. Le butin, bien maigre, s’accommode d’un scénario prévisible et ronflant qui pousse l’affront jusqu’au rebondissement final lui-même injustifiable, indigeste, grossier et, osons l’affirmer, inepte. La mise en scène ne rattrape aucune faiblesse et se trouve de toute façon incapable d’insuffler le moindre dynamisme à même d’explorer les psychologies en saillie.

Jon Avnet aurait dû revoir ses classiques. Il aurait compris qu’avec ce genre d’acteur il faut pouvoir créer des espaces de liberté, des lignes de fracture, des tonalités discordantes, des nervures dans le jeu afin d’autoriser l’éclosion d’interprétations en interaction. C’est ce que nous attendions, c’est ce que le public est en droit d’attendre. Le miracle n’a pas eu lieu, la saveur d’une rencontre mythique non plus. Après la désillusion des premières bobines, l’ennui pointera le bout de son nez lui-même remplacé, dès les lumières rallumées, par un sentiment violent de frustration nous faisant regretter le jour où De Niro accepta la proposition d’Avnet.

2009, des suites à profusion

Posté par vincy, le 15 août 2008

iceage3.jpgL'été 2008 aura donné plus ou moins de bonheur aux suites. Deux d'entre elles triomphent au box office mondial (Batman et Indiana Jones) quand beaucoup sont en deça des scores attendus (Hulk, Hellboy, La Momie, X-Files...).

Hollywood ayant beaucoup de suite(s) dans les idées , l'été 2009 ressemblera d'assez près à cette saison.

Nous allons retrouver Wolverine (X-Men Origins), Star Trek (combien déjà?), Tom Hanks dans le rôle de Langdon (Anges et démons), Ben Stiller dans son musée (Battle of the Smithonian), Christian Bale en Terminator (Terminator Salvation).

Mais nous aurons aussi le droit à un quatrième épisode de Fast and Furious, un deuxième des Transformers, un troisième de L'âge de glace, un quatrième de Final Destination.

Et côté comédie, on reprend les mêmes et on recommence : Eddie Murphy, Adam Sandler, Jake Black, Will Ferrell, Sacha Baron Cohen...

Il faudra compter sur Pixar pour l'originalité avec Up. Ou encore Michael Mann avec son très attendu Public Enemies.

Christian Bale protégé par le 28e Amendement?

Posté par vincy, le 29 juillet 2008

Il enchaîne... Christian Bale, qui risque de devenir l'un des acteurs les mieux payés d'Hollywood dans les prochains mois grâce au triomphe de Batman The Dark Knight (plus de 300 millions de $ en 10 jours), vient d'achever le tournage du Michael Mann (Public Enemies, avec Johnny Depp) et les ennuis judiciaires avec la police de Londres. Un coup de stress ou une grosse fatigue? Son calendrier ne lui laisse pas beaucoup de répit puisqu'il tourne Terminator Salvation, 4e opus de la série, sous la direction de McG.

Le réalisateur Phillip Noyce (Clear and present danger, The bone collector) est en passe de l'enrôler pour jouer le Président des Etats-Unis dans son thriller politico-parano, 28th Amendment. Adaptation littéraire du best-seller de Neal Rechtman, le film raconte les dangers des liaisons et des influences entre médias, industrie du divertissement et une campagne électorale. Le titre provient d'un amendement à la constitution actuellement en phase de proposition et limitant les budgets des campagnes électorales.

A l'origine le personnage du Président était destiné à Tom Cruise.

BIFFF 2008: the beginning

Posté par denis, le 31 mars 2008

Démarré le 27 mars avec la projection de The Eye, remake du film des frères Pang réalisé par les français David Moreau et Xavier Palud, le BIFFF (le festival international du film fantastique de Bruxelles) n’a réellement entamé les hostilités que le vendredi avec la projection du film culte et maudit de Michael Mann La forteresse noire (The keep).

25 ans après sa sortie, cet ofni porté par les synthétiseurs de Tangerine dream et les costumes d’Enki Bilal est toujours aussi fascinant esthétiquement et plastiquement. Mann y développe son goût pour une stylisation extrême que l’on retrouvera dans Heat ou Miami Vice. Cette projection événementielle aura été accompagnée de la présence du grand Jürgen Prochnow, connu pour ses rôles dans Das Boot et Dune. Une journée hommage donc pour un film méconnu du grand public.

Outre le dernier film d’un des frères Pang, The detective, énième polar poisseux aux tics agaçants, et le très décevant Crimes à Oxford d’Alex de la Iglesia, qui, malgré une élégance évidente, n’arrive pas à masquer le manque de rythme de ce thriller mathématique et hitchcockien, ce vendredi fut aussi marqué par la projection de l’ultime opus du maître des zombie, Georges Romero, avec son Diary of the dead. Etant le seul à utiliser si brillamment la figure du zombie comme métaphore de la société et du monde, depuis La nuit des morts-vivants il attaqua le racisme, l’individualisme, la société de consommation, les manipulations militaires et enfin le capitalisme conservateur, il met cette fois-ci en scène son monstre préféré pour fustiger le médias. Romero is back ! Nous y reviendrons plus en détails lors de sa sortie en juin.

Nos amis belges préférant une programmation semi-diurne, les séances du BIFFF ne commencent jamais avant 16h !, le samedi est toujours l’occasion d’offrir une nuit spéciale se terminant aux aurores entre pupilles dilatées des fans du genre et sourires de geeks. Cette année la nuit fantastique proposa deux petits bijoux et deux ratages. Passons donc sur Black water et The house, respectivement film de crocodiles et maison hantée, pour jubiler sur le frenchy A l’intérieur, délire généreusement gore où la ténébreuse Béatrice Dalle utilisera tous les moyens pour récupérer un enfant qui n’est pas encore sorti du ventre de la mère porteuse. Sans concession, ce film hexagonal de par son caractère radical est à rapprocher du Frontière(s) de Xavier Gens. Enfin la perle de la soirée se nomme REC, dernier chef d’œuvre de Balaguero et Plaza, qui, comme le Romero utilise le point de vue subjectif de la caméra pour immerger le spectateur dans une fiction attaquant notre société du spectacle et du voyeurisme.

En revanche peu de choses à se mettre sous la dent en ce dimanche excepté le petit dernier du réalisateur de The descent, Neil Marshall, Doomsday, film post-apocalyptique entre Absolom 2022 et Mad Max. Amusant, mais très loin de son précédant film féminin et souterrain.

Le reste de la semaine s’annonce chargé entre le nouveau Dario Argento, celui de Stuart Gordon, le Tarsem Singh et la journée de japanimation. Sans compter comme d’habitude l’ambiance survoltée de Tours et Taxis.