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Les reprises de l’été: Kumashiro, les Coen, Stone et Cimino

Posté par vincy, le 25 juillet 2018

Blood Simple (Sang pour sang) de Joel et Ethan Cohen (1984)

L'histoire: Au Texas, un propriétaire de bar découvrant que sa femme le trompe avec le barman, engage un détective texan pour les assassiner. Mais sous des dehors de parfait imbécile, ce dernier va se révéler machiavélique et imprévisible…

Pourquoi il faut le voir? Interdit aux moins de 12 ans. On pouvait déjà voir ce qui était singulier et génial chez les frères Coen dès ce premier film aussi saignant que jubilatoire. Au passage, on admirera Frances McDormand, 27 ans à l'époque et dont ce fut le premier film. L'hémoglobine coule à flots. Ce polar rouge et noir, porté, déjà, par la musique de Carter Burwell et la photo d'un certain Barry Sonnenfeld (Men in Black), a reçu d'emblée le Grand prix du jury à Sundance. Un coup de maître mérité pour ce film devenu culte avec tous les bons ingrédients: le Texas, un détective privé, un mari jaloux, une épouse victime. Pourtant le scénario est retors et déraille assez vite dans une course poursuite où le seul homme à peu près honnête est tué. C'est décalé, un brin cynique, en tout cas ironique et grinçant. Ce ton si particulier qui désamorce l'horreur tout en amorçant la violence.

Platoon d'Oliver Stone (1986)

L'histoire: Septembre 1967: Chris Taylor, dix-neuf ans, rejoint la compagnie Bravo du 25ème régiment d'infanterie, près de la frontière cambodgienne. Chris, issu d'une famille bourgeoise s'est engagé volontairement et, plein d'idéal entend bien servir son pays. Mais la réalité est tout autre et ses illusions vont tomber les unes après les autres. Il sera également temoin de la rivalité sanglante qui oppose deux officiers qu'il admire.

Pourquoi il fait le voir? Interdit aux moins de 12 ans. Oscar du meilleur film et du meilleur réalisateeur en 1987, le film d'Oliver Stone est considéré comme une référence dans le genre, le film hollywoodien sur le Vietnam. Le traumatisme vécu par le réalisateur quand il était soldat le hantait depuis les horreurs vues dans le pays asiatique. Si son projet est d'abord refusé plusieurs fois, il parvient à le finaliser grâce à sa réputation de scénariste, l'un des plus côtés à Hollywood. Il réalise dans la douleur - la révolution aux Philippines, des conditions de tournage assez cauchemardesques - un film fort qui deviendra phare grâce à une psychologie humaine dépeinte de manière subtile face au chaos de la guerre et des images sensationnelles de combats. Il est intéressant de noter que le duel entre Tom Beranger et Willem Dafoe est à contre-emploi, puisque le premier était habitué aux rôles de gentils tandis que le second était enrôlé plutôt pour être le méchant de service. Pourtant ce qui frappe ici c'est le quotidien de ces soldats, démunis, mis à nus. Une version crue d'une guerre effrayante...

Voyage au bout de l'enfer de Michael Cimino (1978)

L'histoire: 1968. Mike, Steven, Nick, Stan et Axel travaillent dans l’aciérie du bourg de Clairton, Pennsylvanie, et forment une bande très liée. À Clairton, les histoires de coeur vont bon train : Steven épouse Angela, bien qu’elle soit enceinte d’un autre, et Nick flirte avec Linda qui semble troubler Mike. Mais cette tranquillité est rattrapée par la guerre du Vietnam lorsque Mike, Steven et Nick sont mobilisés pour partir au combat…

Pourquoi il faut le voir? Interdit aux moins de 16 ans. Restons au Vietnam avec The Deer Hunter. Premier film sur cette guerre, juste avant Apocalypse Now, le casting vaut à lui seul le détour: Robert de Niro, Meryl Streep, Christopher Walken (oscarisé en second rôle et donc c'est le premier rôle majeur), John Savage et John Cazale. Le film a reçu 5 Oscars dont ceux du meilleur film et du meilleur réalisateur. Une scène est proprement saisissante: celle de la roulette russe, jeu suicidaire qu'impose les tortionnaires aux prisonniers. Le tournage a aussi été une roulette ruse durant six mois. Des rats, des baffes, des crachats, des maladies. La tension était palpable, d'autant plus que Cimino était réputé perfectionniste. Davantage psychologique que guerrier, le film porte aussi un regard social sur les soldats. Cela n'empêche pas non plus la polémique: nombreux sont ceux qui trouvaient le film trop partisan, trop américain. Cimino montrait le bourbier où s'enlisaient la classe ouvrière américaine plutôt que de rappeler que cette guerre était contestée ou que les Vietnamiens étaient aussi des victimes. Reste que le film est spectaculaire, prenant, tendu et physique. Chasser le cerf ou chasser le "viet" ne produit pas le même impact sur la folie humaine.

Les amants mouillés de Tatsumi Kumashiro (1973)

L'histoire: Katsu travaille comme commis dans un cinéma porno de son petit village natal, où il est revenu après une longue absence. Il refuse toutefois de reconnaître ses amis d'autrefois. Katsu entretient une liaison sans passion avec la patronne du cinéma, mais commence une aventure avec Yoko, qu'il épie en train de faire l'amour avec son ancien camarade Mitsuo. Très vite, une étrange amitié va s'instaurer entre les trois.

Pourquoi il faut le voir? Interdit aux moins de 16 ans. Il faut dire que le film est érotique, et fortement influencé par le porno japonais. Chez Kumashiro, le sexe est naturel, épicurien, jamais moral. On y baise comme on y mange. Ce qui ne veut pas dire qu'on voit tout: les Japonais sont très soucieux de censure. Ce qui rend le spectateur imaginatif et voyeur. Pourtant, on peut s'interroger sur ces mâles dominateurs et un brin sadiques face à ces femmes soumises et violentées. Mais chez le réalisateur, il faut tout voir au seconde degré. Limite burlesque. En fait son "roman porno", genre dont il était le maître dans les seventies, était davantage un pied de nez à la censure et au conservatisme nippon. Il sait filmer magistralement ces parties de jambes en l'air, y comrpis dans les lieux les plus sombres et les plus étroits. Face aux hypocrites, son film balance quand même une partie de saute-moutons nudiste aussi joyeuse qu'hédoniste.

John Hurt (1940-2017) aux portes du Paradis

Posté par vincy, le 28 janvier 2017

Monstre sacré, immense comédien John Hurt est mort à l'âge de 77 ans des suites d'un cancer du pancréas. Son épouse a communiqué son décès: "C'est avec une tristesse infinie que je confirme que mon époux, John Vincent Hurt, est décédé mercredi 25 janvier à son domicile de Norfolk".

Impossible de résumer une carrière de 55 ans à l'écran. L'élégant John Hurt aura touché à tous les genres, vedette de grands films comme seconds-rôles de blockbusters. Pour les plus jeunes, il était Monsieur Ollivander dans la franchise Harry Potter. Mais John Hurt a été avant tout Elephant Man pour David Lynch. Son rôle le plus marquant assurément.

Un homme pour l'éternité (A Man for All Seasons) de Fred Zinnemann, Davey des grands chemins (Sinful Davey) de John Huston, L'Étrangleur de la place Rillington (10 Rillington Place) de Richard Fleischer, Le Joueur de flûte de Jacques Demy... Il a été éclectique dès ses débuts, avant qu'il ne soit reconnue en 1978 avec le personnage de Max, héroïnomane anglais arrêté et emprisonné dans une prison turque, dans Midnight Express de Alan Parker, qui lui vaut un Oscar du meilleur second-rôle masculin.

Eclectique

L'année suivante, on le retrouve en officier dans Alien, le huitième passager (Alien) de Ridley Scott, immense succès populaire et film culte (il parodiera son personnage dans La Folle Histoire de l'espace (Spaceballs) de Mel Brooks dix ans plus tard). Il enchaîne avec Elephant Man de Lynch (nominations aux Golden Globes et aux Oscar dans la catégorie meilleur acteur). Il y est défiguré pour ce biopic en noir et blanc adapté de la vie de Joseph Merrick, surnommé « Elephant Man » à cause de ses nombreuses difformités. Une interprétation où la souffrance est à la fois extrême et intériorisée qui dévoile l'étendue de son talent.

Dans la foulée, il tourne La Porte du paradis (Heaven's Gate) de Michael Cimino, avec Kris Kristofferson, Isabelle Huppert, Christopher Walken et Jeff Bridges. Cette sublime fresque désillusionnée de l'Amérique des pionniers a été un four commercial. Mais sa splendeur et sa profondeur en font aujourd'hui un des plus grands films de son époque.

Capable de tout jouer, il tourne aussi avec Mel Brooks (producteur d'Elephant Man) dans La Folle Histoire du monde, où il incarne Jésus-Christ, et dans Osterman week-end de Sam Peckinpah , The Hit : Le tueur était presque parfait, polar indispensable de l'œuvre de Stephen Frears, où il s'amuse à être un tueur vieillissant, et l'adaptation du roman de George Orwell, 1984, de Michael Radford, où il tient le rôle principal.

La mort jamais loin

Les années suivantes sont plus fades. Hormis deux films mineurs de John Boorman et quelques cinéastes majeurs (Scandal de Michael Caton-Jones, The Field de Jim Sheridan, L'Œil qui ment de Raoul Ruiz, Even Cowgirls Get the Blues de Gus Van Sant), John Hurt ne retrouve pas de grands personnages. Il faut attendre que Jim Jarmush l'enrôle dans son western spectral, Dead Man en 1995 pour que le cinéphile puisse retrouver son allure et son charisme filmés à leur juste valeur.

Bien sûr, il tourne avec Walter Hill (Wild Bill) et Robert Zemeckis (Contact), continue de faire des voix pour des documentaires animaliers ou des dessins animés, mais c'est le cinéma indépendant qui lui permet de livrer ses plus belles performances. En vieillissant, son jeu à fleur de peau prend une dimension d'écorché vif cicatrisant.
Dans Amour et mort à Long Island (Love and Death on Long Island), film sur fond d'années SIDA de Richard Kwietniowski, il est bouleversant en écrivain anglais veuf détestant le monde moderne et amoureusement fasciné par un acteur secondaire d'un film pour ados.
Pour lui, "prétendre être quelqu'un d'autre" était son "jeu" et ce qui était "l'essence de son travail".

Des films de genre et d'auteurs

Les années 2000, outre Harry Potter, lui permettent de s'offrir des personnages secondaires dans des films populaires: Hellboy et Hellboy 2: Les Légions d'or maudites (Hellboy II: The Golden Army) de Guillermo del Toro, The Proposition de John Hillcoat, V pour Vendetta (V for Vendetta) de James McTeigue, Crimes à Oxford (The Oxford Murders) de Álex de la Iglesia, Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal (Indiana Jones and the Kingdom of the Crystal Skull) de Steven Spielberg, Le Transperceneige de Bong Joon-ho, Hercule (Hercules) de Brett Ratner, et l'an dernier Tarzan de David Yates.

John Hurt a aussi été un fidèle de Lars von Trier, narrateur de Dogville et Manderlay, acteur dans Melancholia. Il a été également un comédien récurrent chez Jim Jarmusch (The Limits of Control, Only Lovers Left Alive). Blues-man par excellence du 7e art, avec son physique atemporel, on le voit aussi faire des grands écarts cinématographiques, de Boxes de Jane Birkin à La Taupe (Tinker, Tailor, Soldier, Spy) de Tomas Alfredson.

Lord John

Né le 22 janvier 1940 près de Chesterfield, peintre à ses heures, il se pensait destiné au dessin avant d'intégrer la Royal Academy of Dramatic Art. Sa carrière comporte pas moins de 140 films, 20 téléfilms et autant de séries (dont Doctor Who et Panthers). Récipiendaire de quatre BAFTA, anobli par la reine Elizabeth II en 2014, il continuait de tourner malgré son cancer.

On le verra mercredi à l'affiche de Jackie de Pablo Larrain, dans le rôle d'un prêtre confesseur. The Journey de Nick Hamm a été présenté à Venise en septembre, ChickLit de Tony Britten est sorti en décembre aux USA, That Good Night de Eric Styles, Damascus Cover de Daniel Zelik Berk et My Name is Lenny de Ron Scalpello sont prévus dans les salles cette année.

Le voici disparu. Et comme il aimait le citer: "Comme Beckett le disait, il ne suffit pas de mourir, il faut oublier aussi." On ne l'oubliera quand même pas de si tôt.

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Michael Cimino (1939-2016), fin du voyage entre enfer paridisiaque et paradis infernal

Posté par vincy, le 2 juillet 2016

Il était l'un des prodiges (et perfectionnistes) du cinéma américain des années 1970. Selon un tweet de Thierry Frémaux ce samedi 2 juillet, Michael Cimino est mort à l'âge de 77 ans.

Michael Cimino, né le 3 février 1939 à New York, et mort le 2 juillet 2016, il était devenu l'un des grands cinéastes de son époque avec Voyage au bout de l'enfer, son deuxième film en 1978 et l'un des premiers films américains à traiter de la guerre du Viêt Nam. Deux ans plus tard, il signe l'ambitieux western La Porte du paradis dont l'échec commercial a conduit la société United Artists à la faillite au début des années 1980. Pourtant, il n'aura tourné que 7 films, dont le dernier, The Sunchaser date d'il y a 20 ans. Le fiasco des Portes du Paradis avait entraîné une mésentente profonde entre les studios et lui.

Scénariste pour Eastwood

Le new yorkais, très douté à l'école et assez bagarreur, est diplômé en peinture de l'Université Yale avat de s'engager puis de vadrouiller en agence de publicité en tant que réalisateur de spots publicitaires pour la télévision. Michael Cimino débute dans le cinéma en tant que scénariste avec Silent Running, drame de science-fiction réalisé par Douglas Trumbull en 1972 puis avec le deuxième volet de la saga de l'Inspecteur Harry, Magnum Force, réalisé par Ted Post. Il a aussi collaboré au scénario de The Rose.

Il passe à la réalisation en 1974 avec Le Canardeur, un film d'action produit par Clint Eastwood et mettant en vedette Eastwood et Jeff Bridges. Vaste fresque de plus de trois heures, Voyage au bout de l'enfer (The Deer Hunter) sort en 1978 et rencontre un immense succès critique et commercial, cinq Oscars dont celui du meilleur film et du meilleur réalisateur.

La cassure avec Hollywood

Fort de ce succès, Cimino obtientle contrôle total pour son film suivant, La Porte du paradis (Heaven's Gate), dont le tournage beaucoup plus long et coûte beaucoup plus cher que prévu et la sortie désastreuse vont couler le film, le studio et la carrière du réalisateur. Pourtant ces deux films, radicalement différents, sont des chefs d'œuvre dans leur genre.

En 1985, il revient avec L'Année du dragon (Year of the Dragon), adaptation du roman de Robert Daley, qui est un polar violent sur la mafia chinoise. Puis, en 1987, il réalise Le Sicilien (The Sicilian), adaptation du roman de Mario Puzo et biographie du hors-la-loi Salvatore Giuliano. Une seconde version, plus courte et désavouée par Cimino, sera exploitée aux États-Unis.

Après cela, il ne tournera que deux longs métrages - La Maison des otages (Desperate Hours), remake du film réalisé par William Wyler, et The Sunchaser, récit initiatique sélectionné à Cannes.

"Un des problèmes de Hollywood, c'est que trop de réalisateurs font trop de films identiques. Six ans sans tourner, c'est énorme, mais je ne suis pas un cas unique. Voyez Stanley Kubrick, Milos Forman... Et David Lean, qui, lui, a dû attendre quatorze ans pour faire La Route des Indes..." rappelait-il.

Durant vingt ans, il ne sera pas forcément silencieux. Il écrit des poèmes, des chansons et son premier roman Big Jane, prix littéraire Lucien Barrière lors du festival du cinéma américain de Deauville, filme le segment No Translation Needed du film "Chacun son cinéma" réalisé à l'occasion des 60 ans du Festival de Cannes. Et il sera souvent invité dans les festivals.

Le culte a grandit, notamment lorsqu'on ne l'a plus reconnu physiquement. Amaigri, botoxé, presque féminin, Cimino était méconnaissable. Mais ses films étaient, dans le même temps, réhabilités. De restaurations en "director's cut", tous les grands festivals ont redoré son blason. Maudit à Hollywood, il était adulé en Europe, dans le cercle cinéphile. Enfant terrible du cinéma, politiquement pas très correct dans la langue de bois des studios, ce "martyr" qui a su entretenir sa légende aura quand même signé quelques uns des plus beaux plans du 7e art américain. Pour Les Portes du Paradis, il a même exigé qu'on repeigne à la bombe aérosol toute l'herbe d'une prairie, pas assez verte à son goût. L'esthétique de ses films contribue énormément au charme qu'ils produisent.

On ne peut s'empêcher qu'un grand talent a été gâché, autant à cause du système que de son propre caractère. Le plus surprenant sans doute est que sa filmographie rejoint son personnage: des solitaires, un peu cow-boy, souvent hors-la-loi, dans des récits où le rêve se brise immanquablement. Il aimait les hommes mystérieux, il vouait un certain son culte à la force et soulignait les paradoxes et les ambiguïtés de la vie. Après tout, il a vécu l'enfer en flirtant avec le Paradis, le Paradis en voyageant dans l'enfer.

Le chef opérateur Vilmos Zsigmond éteint la lumière (1930-2016)

Posté par vincy, le 4 janvier 2016

Vilmos Zsigmond

Né en Hongrie le 16 juin 1930, le chef opérateur Vilmos Zsigmond est décédé le 1er janvier 2016 à l'âge de 85 ans. Il fut oscarisé pour son travail sur Rencontres du Troisième Type de Steven Spielberg et trois fois nommé pour la statuette (Voyage au bout de l'enfer de Michael Cimino, La Rivière de Mark Rydell et Le Dahlia noir de Brian de Palma). Pour lui, le cinéma était un art et devait le rester.

Durant près de cinq décennies, son immense talent a servi quelques uns des plus grands cinéastes américains et contribua à des films cultes voire exceptionnels: Robert Altman (John McCabe, Le privé), John Boorman (Délivrance), Jerry Schatzberg (L'épouvantail, Vol à la tire), Steven Spielberg (Sugarland Express), Brian de Palma (Obsession, Blow Out, Le bûcher des vanités), Martin Scorsese (La dernière Valse), Mark Rydell (The Rose), Michael Cimino (Les Portes du Paradis), George Miller (Les sorcières d'Eastwick), Jack Nicholson (The Two Jakes), Rochard Donner (Maverick), Sean Penn (Crossing Guard) ou Woody Allen (Melinda et Melinda, Le rêve de Cassandre, Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu).

Travail de l'image

Autant dire qu'aucun de ses films ne se ressemblait vraiment. Considéré comme l'un des dix plus grands chefs opérateurs de son époque, il savait manier les contrastes, éclairer les visages, renforcer l'intrigue par son immense talent. Son point de vue, selon lui, devait uniquement servir le scénario. Capable de désaturer une image pour la rendre mélancolique ou au contraire, d'exacerber les couleurs pour renforcer les antagonismes, il n'a cessé de se renouveler au fil des ans, en s'adaptant aux styles des cinéastes qui l'enrôlaient. Il a aussi abondamment utilisé la technique du « flashage » qui donne un aspect laiteux à l'image, réduisant les contrastes. "Sur The Black Dahlia, de Brian de Palma, on a filmé en pellicule, et ensuite on a fait la post-production en numérique. Ce qui m'a permis d'atténuer la couleur et de donner une impression de noir et blanc, J'aime le numérique pour « manipuler » le film : la couleur avec moins de couleur ! J'aime le noir et blanc, quand les ombres s'accentuent" prenait-il comme exemple pour démontrer l'évolution de son métier tout en conservant ses principes et sa vision artistiques.

"Je pense qu'un film ce sont des images. Le cinéma a besoin de bonnes images. Je pense que si vous n'avez pas de bonnes images, vous n'aurez pas un bon film. Tout film devrait être réellement visuel" expliquait-il.

L'image du travail

Ayant fuit la Hongrie juste après l'invasion russe en 1956, il avait commencé par des films à petits budgets jusqu'à sa rencontre avec Robert Altman. En collaborant ensuite sur les premiers films de Spielberg et De Palma, il était devenu très rapidement l'un de ceux qui comptaient dans la profession. Avec Spielberg, il ne s'est jamais vraiment senti à sa place. Il confia plus tard qu'il était, durant le tournage de Rencontres du Troisième type, sur un siège éjectable en permanence. Il a éprouvé en revanche de plus grandes satisfactions avec Michael Cimino et Mark Rydell, assez fier de l'aspect documentaire de The Rose ou de ses collaborations avec Michael Cimino, même si le tournage ruineux et compliqué des Portes du Paradis a empêché les deux hommes de se retrouver sur un plateau de cinéma. Il se souvient aussi du tournage heureux de The Sugarland Express, avec Spielberg: "On ne parlait pas de millions, il y avait de la joie dans le travail. Un petit budget mais de grandes stars ! Puis les choses ont commencé à changer avec Star Wars, ou encore avec Rencontres du troisième type de Spielberg."

C'était sans doute là son génie: capable de mettre en lumière un film noir, une comédie, un polar ou un drame avec des ambiances froides ou glamour, un style réaliste ou hollywoodien. Du documentaire à la télévision, il a également exploré d'autres formats, réalisant même un film, The Long Shadow, avec Liv Ullmann et Michael York (1992).

Locarno 2015: Michael Cimino honoré 41 ans après son premier film

Posté par vincy, le 9 juillet 2015

Le réalisateur, scénariste et producteur américain Michael Cimino recevra un Léopard d'honneur au prochain Festival du film de Locarno. 41 ans après son premier film (Le Canardeur, avec Clint Eastwood et Jeff Bridges), le cinéaste rejoint Samuel Fuller, Jean-Luc Godard, Ken Loach, Sidney Pollack, William Friedkin au tableau d'honneur de la manifestation suisse. Marco Bellocchio recevra également ce prix cette année.

Michael Cimino a obtenu la consécration avec The Deer Hunter (Voyage au bout de l'enfer) en 1978 et récompensé par cinq Oscars l'année suivante (dont celui de meilleur réalisateur). Rare, il n'a fait que sept films, souvent écrasés par des problèmes de productions.

"Cimino a su raconter comme personne l'Amérique et ses multiples visages, avec un style unique qui mêle souffle épique et émotion, beauté des paysages et personnages inoubliables" rappelle le Festival. Son directeur artistique, Carlo Chatrian, partage son amour pour le cinéma de Cimino: "Durs et majestueux comme les roches des montagnes américaines qui servent souvent de décor aux parcours de ses personnages, ses films ont marqué mon histoire de spectateur et il me semble important de les montrer dans le cadre d'un festival qui veut être un pont entre cultures, époques et styles. En ce sens, la poésie de Cimino est atemporelle, classique et moderne en même temps."

Michael Cimino recevra le Pardo d'honneur Swisscom sur la Piazza Grande le dimanche 9 août. Le lendemain, le public pourra assister à un débat avec le réalisateur au Spazio Cinema. L'hommage sera accompagné par les projections de Thunderbolt and LightfootThe Deer Hunter, Heaven’s Gate (La Porte du paradis, 1980) et Year of the Dragon (L'Année du dragon, 1985). Il n'a tourné aucun long métrage depuis Sunchaser en 1996.

Festival Lumière – Jour 4: Sautet et Cimino au service de monstres sacrés

Posté par Morgane, le 17 octobre 2014

Ce quatrième jour du Festival Lumière s'entame sous la pluie… rien de tel pour courir se réfugier dans les salles obscures qui sont toutes, ou presque, combles depuis le début de la semaine!

Pour se protéger de la pluie, rien ne vaut un bon Claude Sautet (Une histoire simple), présenté par le critique de cinéma N.T.Binh qui a signé le documentaire Claude Sautet ou la magie invisible.

Une histoire simple (1978) est la cinquième collaboration entre le réalisateur et Romy Schneider. On ressent le lien très fort qui les unit. C'est Sautet qui l'a sortie de son image juvénile à l'écran et qui en a fait une icône française d'adoption. On la retrouve ici après la trilogie Les choses de la vie, Max et les ferrailleurs et César et Rosalie, dans un rôle de "la quarantaine" que Claude Sautet avait promis de lui écrire. Et puis après le film Vincent, François, Paul et les autres, Romy Schneider avait envie qu'ils fassent un film un peu moins masculin; ce qui est en bel et bien le cas dans Une histoire simple. Les hommes sont présents, certes, mais ils gravitent, comme des satellites, autour des personnages féminins, celui de Marie en tête. Femme forte et déterminée, elle prend son destin en main, avorte, quitte son homme et vit sa vie de femme. Une histoire simple est un film féministe avec en toile de fond une peinture sociale (mouvement féministe, licenciements, difficultés économiques…) dissimulée derrière ses personnages. C'est un véritable "film à message" qui "diffuse un climat prenant, d'une façon qui ne se voit pas" comme le dit N.T.Binh.

Pour ce rôle Romy Schneider recevra le César de la meilleure actrice et remerciera Jean-Loup Dabadie et Claude Sautet de lui avoir écrit ce très beau rôle.

michael cimino"si jamais tu foires ça, je te vire du film et je prends le scénario."

Ce quatrième jour, c'est aussi celui de Michael Cimino. Pas très friand des festivals en général, il nous fait l'honneur de venir à Lyon pour la troisième fois consécutive. Lors des projections du festival, il est là, discret, au fond de la salle, refusant de commenter Side by Side lorsque Thierry Frémaux l'interpelle. Mais pour son film Le canardeur, devant une salle pleine à craquer, il prend le micro et ne manque pas, après un "Waouh!" impressionné de nous raconter quelques anecdotes sur ce tournage, son premier en tant que réalisateur (1974).

"Vous allez voir mon premier film et ma dernière bonne expérience en tant que réalisateur!". C'est un premier film au casting superbe: le grand Clint Eastwood et le fameux Jeff Bridges qui sont, selon ses propres mots, "ce qu'Hollywood a de meilleur!"

Michael Cimino revient sur les débuts de ce film, nous apprenant que Clint Eastwood, ayant lu le scénario, avait voulu l'acheter. Mais pour Cimino il n'en était pas question. Ce dernier est donc allé à la rencontre de Clint Eastwood et s'en est suivi à peu près ce dialogue:

"- Tu penses que tu peux me diriger?

- Oui.

- Alors il y a une chose à faire.

- Laquelle?

- On va passer un deal…

- Lequel?

- Je te donne trois jours pour filmer. Si ça me plait, ok. Mais si jamais tu foires ça, je te vire du film et je prends le scénario.

- Ok, we have a deal!"

Et c'est donc comme ça que le film a débuté, par cette simple conversation et "ce challenge que m'a lancé ce géant" explique Cimino.

Quant à Jeff Bridges, c'était également son premier choix pour le rôle de Lightfoot. Clint Eastwood et Jeff Bridges étant les seuls à qui il ait fait lire le scénario à Hollywood. Jeff Bridges avait alors une seule chose à faire sur le tournage, faire rire Clint Eastwood, chose qui ne s'était jamais vue à l'écran! Et ça a marché! En effet, Clint Eastwood qui joue habituellement mâchoires plutôt serrées sourit franchement, rarement certes mais franchement quand même, dans Le canardeur.

Film à mi-chemin entre le western moderne et le buddy road movie, Le canardeur frappe fort, encore plus fort lorsqu'on sait que c'est un premier film. Les dialogues sont percutants et les personnages très bien construits et attachants: Lightfoot pour son humour à toute épreuve et pour la fraîcheur qu'il insuffle face au personnage un peu plus sombre de John Thunderbolt, qui cache ses blessures. Bridges recevra sa deuxième nomination à un Oscar pour son interprétation de Lightfoot.

Michael Cimino montre avec ce film que dès ses débuts il était déjà un jeune virtuose de la caméra...

Lumière 2012. Une soirée de clôture au Paradis!

Posté par Morgane, le 24 octobre 2012

Tout comme lors de l'ouverture, la Halle Tony Garnier a fait salle comble en ce dimanche après-midi pour assister à la clôture de cette quatrième édition du Festival Lumière. Thierry Frémaux monte sur scène appelant à le rejoindre tous les bénévoles (au nombre de 388) qui ont rendu ce festival possible. Il est vrai que ce travail de titan a été mené de main de maître. Gérard Collomb, en tant que maire de Lyon, est venu annoncé, comme on s'en doutait, qu'il y aurait bel et bien une cinquième édition l'an prochain.

Avant de projeter ce monstre du cinéma qu'est La porte du paradis (par son résultat mais aussi par le travail pharaonesque qu'il a demandé), Isabelle Huppert, actrice principale, prend le micro pour dire son émotion. "Je crois que ce film a été victime d'une injustice historique. C'est le début de cette réparation aujourd'hui. (...) Tout ça grâce à Michael Cimino qui est un immense réalisateur, un immense metteur en scène."

C'est ensuite au tour de Michael Cimino, en larmes, de monter sur scène rejoindre son actrice. "Je n'ai pas de mots, mon coeur bat trop vite. J'ai toujours su que les Français aimaient le cinéma mais là, c'est fou. Je suis très fier de partager cette scène avec ma bien-aimée Isabelle. Quand nous avons travaillé ensemble, nous étions des enfants du paradis mais nous ne le savions pas. Je vais m'arrêter là avant d'avoir une crise cardiaque. (...) Je m'attendais à ce que le film soit dans un petit cinéma. C'est un grand choc."

Le choc est désormais pour nous lorsque l'on découvre sur un écran géant la beauté cinématographique du film. 32 ans après sa sortie catastrophique (boudé par le public en grande partie pour son message anti-patriotique), suite à une restauration menée par Michael Cimino et la maison Criterion, cette oeuvre se révèle de nouveau sublime grâce aux couleurs à couper le souffle du grand directeur de la photographie Vilmos Zsigmond (qui avait déjà travaillé aux côtés de Michael Cimino pour Voyage au bout de l'enfer).

Scorsese en 2013?

Après avoir été projeté à Venise et à New York, le voici donc projeté à Lyon avant de sortir dans plusieurs salles début 2013 grâce à Carlotta. C'est donc une sorte de renaissance pour ce film, aujourd'hui reconnu à sa grande et juste valeur.

En 1870, James (Kris Kristofferson) et Billy (John Hurt) fêtent la fin de leurs études. On les retrouve 20 ans plus tard dans le comté de Johnson dont James est devenu le shérif. Billy, quant à lui, est devenu un éleveur appartenant à l'Association des éleveurs (très influente et aux racines politiques très ancrées) qui souhaitent se débarrasser des immigrants d'Europe centrale qu'ils voient comme des "voleurs de bétails et des anarchistes." Une liste noire de 125 noms est alors dressée et des mercenaires envoyés pour les éliminer... tout ça dans la légalité. Derrière cette lutte de survie aux accents politiques et sociaux se joue également un drame humain, celui d'Ella (Isabelle Huppert), directrice de bordel d'origine française, aimée par James (shérif) et Nathan (qui appartient à l'Association) interprété par Christopher Walken.

La Porte du Paradis est un prologue à la Révolution Industrielle, une ouverture sur le XXe siècle sur fond de rêve américain qui s'envole. Loin des verts pâturages décrits par la plupart des films sur la conquête de l'ouest, Michael Cimino montre un tout autre visage de l'Amérique, chose qui ne plaira guère lors de sa sortie. Dirigeant un nombre impressionnant d'acteurs, tous parfaits, dans des conditions parfois difficiles, Cimino offre un spectacle dont les scènes n'en ressortent que plus belles, que ce soit celle du bal lors de la remise des diplômes ou bien encore celle du bal, 20 ans plus tard, sur des patins à roulettes. C'est également un cinéaste qui sait suggérer donnant ainsi une belle finesse à ce western des temps modernes.

La barre est mise haute pour l'année prochaine mais si, comme l'a laissé entendre Thierry Frémaux, l'invité Lumière de la cinquième édition est bel et bien Martin Scorsese le défi sera aisément relevé. Rendez-vous dans un an!

Lumière 2012 : Huppert et Cimino en clôture

Posté par Morgane, le 26 septembre 2012

Le Festival Lumière 2012 continue d'égrainer ses annonces petit à petit... Isabelle Huppert, qui sera présente, et Michael Cimino feront donc la clôture du festival qui aura lieu le dimanche 21 octobre à 14h45 à la Halle Tony Garnier avec La Porte du paradis, qui succède alors à Le Bon, la Brute et le Truand (2009), Le Guépard (2010) et Cyrano de Bergerac (2011).

L'actrice Isabelle Huppert (actuellement ou très prochainement à l'affiche de trois films : Captive, In another country et Amour - Palme d'Or du dernier festival de Cannes) présentera le film La Porte du paradis (1980) de Michael Cimino, projeté en copie restaurée dans sa version de 3h36 récemment achevée par le réalisateur (sur une durée initialement prévue de 5h25).

La sortie du film, il y a plus de 30 ans, fut plutôt chaotique. Avec un budget de 44 millions de $ (120 millions de $ aujourd'hui) et des recettes atteignant à peine 3,5 millions de $ aux USA, ce fut véritable échec ; le film serait à l'origine de la faillite de la United Artists). Sélectionné au Festival de Cannes en 1981, 5 fois cité aux Razzie awards (dont un Razzie du pire réalisateur), La Porte du paradis a désormais retrouvé un statut de grand film du 7e Art auprès des critiques et cinéphiles. Il vient d'être restauré par MGM et l'éditeur-distributeur américain Criterion et sera distribué en France (en janvier sur les écrans) par Carlotta et sera donc projeté lors du Festival Lumière, après avoir été projeté lors des festivals de Venise et de New York.

Isabelle Huppert y interprète Ella Watson aux côtés de Kris Kristofferson, John Hurt et Christopher Walken, entre autres. Elle reviendra certainement pour l'occasion sur cette expérience particulière, ce tournage pas comme les autres, cette sortie désastreuse puis le retour en grâce de cette oeuvre maudite.

Lumière 2012 : de Sica, Ophüls, Von Sydow, Schifrin et Dean Martin

Posté par Morgane, le 25 juin 2012

La quatrième édition du Festival Lumière se déroulera à Lyon du 15 au 21 octobre 2012.

36 salles de Lyon et du Grand Lyon seront les lieux de rassemblement, entre autres, de ce festival du cinéma retrouvé, selon les dires de son directeur Thierry Frémaux. Entrant ainsi dans sa quatrième année consécutive, on retrouvera les grandes lignes du festival avec des hommages (rétrospectives de Vittorio de Sica et Max Ophüls, hommages à Dean Martin, Max von Sydow et au compositeur argentin Lalo Schrifin, qui fête ses 80 ans cette année), la projection de nombreuses copies restaurées, des présentations de films et des masterclass durant lesquelles on pourra retrouver Agnès Varda, Lalo Schrifin, Max von Sydow, Michael Cimino, Christa Théret etc... Tous les noms des personnalités qui répondront présent ne sont bien évidemment pas encore connus à la date d'aujourd'hui.

Petite nouveauté par rapport aux années précédentes : trois villages seront dédiés au cinéma. Celui, central, qui se situe au coeur du jardin de l'Institut Lumière, un village de nuit qui tiendra ses quartiers à bord d'une péniche sur les berges du Rhône et, première cette année, un village de jour qui, lui, sera installé au coeur de l'Hôtel Dieu, actuellement en réhabilitation, en plein centre de Lyon.

Concernant le nom du Prix Lumière 2012, celui-ci n'est pas encore connu; ce devrait être le cas dans les semaines à venir. D'après Thierry Frémaux, ce ne serait pas Martin Scorsese comme pouvait le laisser penser la rumeur. Alors suspens, qui succèdera à Clint Eastwood, Milos Forman et Gérard Depardieu? À vos pronostics...

Rome fait aussi son festival

Posté par MpM, le 23 août 2008

rome07.jpgAlors que tous les yeux sont tournés vers la Mostra de Venise, qui ouvre ses portes la semaine prochaine, le Festival de Rome a déjà commencé son travail de teasing. On sait ainsi que sa 3e édition se tiendra du 22 au 31 octobre et devrait accueillir Al Pacino (dans le cadre d’une rétrospective et afin de recevoir au nom de l’Actor’s studio le prestigieux prix Marc’Aurelio Acting pour l'ensemble de sa carrière), Michael Cimino (qui présentera un montage inédit des plus belles séquences de danse dans ses films) et David Cronenberg (accompagnant son exposition multimédia "Chromosomes"). Autre invitée d'honneur : Gina Lollobrigida qui recevra un prix pour sa contribution au cinéma italien.

Côté films, seront présentés toutes sections confondues La duchesse de Saul Dibb (avec Keira Knightley et Ralph Fiennes), The Baader-Meinhof Complex d’Uli Edel (avec Bruno Ganz et Alexandra Maria Lara), Un barrage contre le Pacifique de Rithy Panh (avec Isabelle Huppert et Gaspard Ulliel, d’après Marguerite Duras), Lol de Lisa Azuelos (avec Sophie Marceau) ou encore Bob Marley: Exodus 77 d’Anthony Wall sur la vie de Bob Marley. L

Le Brésil sera également à l’honneur au travers d’un "focus" sur une dizaine de films inédits et ce sera la première mondiale de Huit, un film collectif où huit personnalités (Jane Campion, Gael García Bernal, Jan Kounen, Mira Nair, Gaspar Noé, Abderrahmane Sissako, Gus Van Sant et Wim Wenders) livrent leur vision des huit objectifs définis par les Nations Unies en 2000 pour créer un monde sans pauvreté.

Avec Monica Bellucci en ouverture (L'uomo che ama) et un autre film italien en clôture, L'ultimo Pulcinello, le Festival de Rome cherche à amadouer son nouveau maire, ultra-nationaliste et jugé démagogue.

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crédit photo : Photos sur le mur d'un restaurant du Trastevere, avec Monica Bellucci en premier plan (c) vincy thomas