Comme à Ecran Noir on aime vous faire partager nos découvertes, alors après les publicité de prévention contre la drogue The Meth Project réalisées par Darren Aronofsky, voici l’instant Court n° 55.
C’est après un parcours devant les caméras, sur les planches, derrière un micro, que Mélanie Laurent présente maintenant son film en tant que réalisatrice : Les adoptés. Il s’agit de son premier long-métrage mais ce n’est pas son premier film : elle avait déjà réalisé plusieurs courts-métrages (dont De moins en moins sélectionné au Festival de Cannes) auparavant, et ce depuis le lycée où elle a passé le bac option cinéma.
Les adoptés permet – enfin – de retrouver une actrice des plus attachantes parmi les plus injustement méconnues : Marie Denarnaud. Elle figure maintenant dans la liste des comédiennes en lice pour être nominée pour le César du meilleur espoir féminin 2012.
Son parcours à elle a d’ailleurs croisé plusieurs fois celui de Mélanie Laurent. Lorsque l'actrice-réalisatrice écrivait sa pièce Mi-cuit cœur pistache (reportée car est arrivé le tournage du Tarantino), elle avait déjà choisi Marie pour en être l'interprète. Marie Denarnaud apparaît dans un clip du chanteur Jérôme Attal, qui lui chante une autre chanson en duo avec Mélanie Laurent. Elles sont toutes les deux dans le court-métrage Exs déjà présenté ici par son réalisateur Benoît Petré (du collectif Les Quiches qui comptait Morgan Perez qui est d’ailleurs co-scénariste de Les Adorés) qui nous disait que " Marie fait partie des meilleures actrices françaises, le public ne le sait pas encore mais quand il sera au courant, ça va faire mal ! "
Marie Denarnaud est une actrice trop rare sur grand écran. Avant Les adoptés, ses autres grands rôles ont été dans Les Corps impatients de Xavier Gianolli (beaucoup apprécié) en 2003et T’aime de Patrick Sébastien (beaucoup moqué) en 2000, le film qui l'a pourtant révélée. Car Marie Denarnaud est toujours juste, enjouée, sensuelle, émouvante à chacune de ses apparitions, qu’il s’agisse d'un téléfilm (une bonne vingtaine dont Les Vivants et les Morts en 8 épisodes), d’une pièce de théâtre (L’Amour, la mort, les fringues mise en scène par Danièle Thompson), ou d’un court-métrage comme Bébé de Clément Michel où elle montre sa nature comique. Elle apparaît aussi dans le court Tremblay en France qui est d'ailleurs nommé aux Césars 2012.
Voila donc le court-métrage Bandit Manchot réalisé par Dominique Heinry, dans lequel Marie Denarnaud fait une petite apparition comme serveuse (avec une perruque). C’est en fait un film d’hommes (dont Marc Barbé) réunis pour un braquage qui ne se déroule pas comme prévu. Un fourgon blindé en fin de tournée, des gars solides pour un coup facile… (attention, après le générique de fin, il y a une dernière scène...)
Crédit photo : image modifiée, d’après un extrait du film Bandit Manchot.
L'équipe du quotidien vidéo du Arras Film Festival : Jessica Aveline, Marion Dardé, Simon Machi, Alain Pétoux et Loïc Wattez.
Propos recueillis par Marie-Pauline Mollaret et Jovani Vasseur.
Merci à David Lesage.
Invités : Claude Nuridsany et Marie Pérennou pour La clé des champs ; Cyril Mennegun pour Louise Wimmer ; Fiona Gordon et Dominique Abel pour la carte blanche "cinéma burlesque" et Mélanie Laurent pour Les adoptés.
L'équipe du quotidien vidéo du Arras Film Festival : Jessica, Marion, Alain, Loïc et Simon.
Propos recueillis par Marie-Pauline Mollaret et Jovani Vasseur.
Merci à David Lesage.
11 films seront en compétition pour le 16e Festival des Jeunes Réalisateurs de Saint-Jean-de-Luz (11-15 octobre), dédié aux premiers et deuxièmes films. L'ouverture, hors compétition, révélera le nouveau film de Mélanie Laurent, Les adoptés, tandis que la clôture se fera avec Forces spéciales, le film attendu de Stéphane Rybojad, avec Diane Kruger et Benoît Magimel.
On notera une grande variété de style parmi les films en compétition. Certains ont été sélectionnés dans d'autres festivals comme Poulet aux prunes en compétition à Venise ou Oslo, 31 août, vu à Un certain regard à Cannes.
Une bouteille à la mer de Thierry Binisti (Diaphana), avec Agathe Bonitzer et Hiam Abbass De force de Franck Henry (Rezo films), avec Isabelle Adjani et Eric Cantona En secret de Maryam Keshavarz (Ad Vitam), avec Nikohl Boosheri, prix du public à Sundance Louise Wimmer de Cyril Mennegun (Haut et court), avec Corinne Masiero et Jérôme Kircher, sélectionné à Venise Émilie Jolie de Francis Nielsen et Philippe Chatel (Gebeka Films), film d'animation On the Ice de Andrew Okpeaha MacLean (Memento), avec Frank Qutuq Irelan, primé à Belrin et sélectionné à Sundance Bullhead (Rundskop) de Michael R.Roskam (Ad Vitam), avec Matthias Schoenaerts, sélectionné à Berlin Poulet aux prunesde Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud (Le Pacte), avec Mathieu Amalric et Edouard Baer, en compétition à Venise L'amour et rien d'autre (Über uns das All) de Jan Schomburg (Sophie Dulac), avec Sandra Hüller et Georg Friedrich, prix Label Europa Cinemas à Berlin Oslo, 31 août de Joachim Trier (Memento), avec Anders Borchgrevink, sélectionné à Un Certain Regard à Cannes JC comme Jésus Christ de Jonathan Zaccaï (Mk2), avec Aure Atika et Elsa Zylberstein
On continue notre exploration d'un automne qui sera résolument cinématographique (voir 15 films incontournables venus du monde entier), avec ce focus (une fois encore subjectif) sur 15 films français qui vont marquer les derniers mois de 2011. Pas de doute, le cinéma français réserve lui aussi de beaux moments, avec pas mal d'auteurs confirmés, et, on l'espère, quelques jolies surprises !
La féede Dominique Abel, Fiona Gordon et Bruno Romy
Sortie le 14/09
Le trio franco-belge a choisi la ville du Havre (comme Aki Kaurismaki, voir ci-dessous) pour imaginer un conte de fées ultra-moderne, poétique et hilarant, où les solitudes les plus universelles (des immigrés clandestins, un veilleur de nuit...) finissent par se rejoindre. Comme toujours, l'humour visuel des trois complices fait mouche, tandis que leur propos inhabituellement engagé justifie la mélancolie douce-amère sous-jacente.
L'Apollonide - souvenirs de la maison close de Bertrand Bonello
Sortie le 21/09
Un film qui risque de partager les spectateurs, entre chronique de la fin d'une époque et étude étonnante d'un microcosme pas banal. La maison close selon Bonello est un lieu hors du monde, oppressant et fugacement sordide, mais surtout sensuel et voluptueux. Il en tire une œuvre ultra-esthétique qui déjoue les conventions narratives et plonge le spectateur dans un onirisme fascinant.
Un été brûlant de Philippe Garrel
Sortie le 28/09 La frontière de l'aube ne nous avait pas convaincus : trop esthétisant, pas assez sincère. Raison de plus pour attendre avec impatience le nouveau film, sélectionné à venise, de Philippe Garrel, cinéaste incandescent et sensible. En l'occurrence, cette nouvelle variation sur le sentiment amoureux et ses enchevêtrements sentimentaux, à défaut de nous séduire, nous envoûtera par son duo Louis Garrel et Monica Bellucci.
Notre paradis de Gaël Morel
Sortie le 28/09
Il y a de quoi être intrigué par le nouveau film de Gaël Morel, situé dans le milieu de la prostitution masculine, et suivant la cavale de deux amants criminels. L'acteur-réalisateur assume d'emblée la violence et la radicalité du film, pour lequel il ne s'est posé aucune limite. On est prévenu.
The Artistde Michel Hazanavicius
Sortie le 12/10
Le duo gagnant de la série OSS117 parviendra-t-il à convaincre son public de se déplacer en masse pour un film muet et en noir et blanc ? Bien que The artist ait fait sensation au dernier festival de Cannes, où jJan Dujardin a reçu le prix d'interprétation, pas sûr que l'aspect "premier degré" du scénario, et son absence presque totale de recul par rapport au genre auquel il veut rendre hommage, ne soit pas un handicap auprès des fans habituels d'Hazanavicius.
Polissede Maïwen
Sortie le 19/10
Cette plongée fascinante dans le quotidien d'une brigade de protection des mineurs aborde de façon quasi documentaire les crimes les plus graves (inceste, pédophilie, exploitation...), et donne un aperçu glaçant des réalités crues d'un pays à la dérive. Misère sociale et culturelle, perte de repères, injustice... Un instantané édifiant de la France en 2011.
Hors Satan De Bruno Dumont
Sortie le 19/10
Dérangeant et brutal, le cinéma de Bruno Dumont creuse film après film la question de l'humanité. Ce nouvel opus, âpre mais plus lumineux que d'ordinaire, observe avec distance et minimalisme la relation étrange qui lie une jeune fille et celui qui devient peu à peu son ange gardien. Non sans un certain humour, le cinéaste livre une parabole radicale parfaitement ancrée dans son époque.
Poulet aux prunes de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud
Sortie le 26/10
Pour leur deuxième long métrage (en compétition à Venise) réalisé en commun, Marjane Satapi et Vincent Paronnaud passent au cinéma "live", avec acteurs (entre autres Mathieu Amalric, Jamel Debbouze, Chiara Mastroianni...) et caméra, mais tout de même parsemé de séquences d'animation. Même si le propos est résolument moins politique que dans Persépolis, on est impatient de découvrir cette nouvelle évocation d'un Iran méconnu.
L'Exercice de l'Etat de Pierre Schoeller
Sortie le 26/10
Dans la veine des films "politiques" sortis au premier semestre, L'exercice de l'état décortique les mécanismes du pouvoir, et son exercice rendu si difficile par le clientélisme. En ne s'inspirant ouvertement d'aucun personnage réel, Pierre Schoeller donne à son propos une portée universelle qui l'élève de la simple dénonciation à la réflexion de société. Et rend le parcours de ce ministre coincé entre ses ambitions et ses idéaux à la fois édifiant et passionnant. LE film politique de l'année.
Mon pire cauchemar d'Anne Fontaine
Sortie le 09/11
Anne Fontaine réunit un homme et une femme aussi opposés que les personnages de cinéma savent l'être. D'un côté Isabelle Huppert en bourgeoise à la tête d'une fondation d'art contemporain, de l'autre Benoît Poelvoorde en paumé alcoolique. On peut ajouter André Dussollier et Virginie Efira au générique. Au-delà des stéréotypes, ces deux-là avaient peut-être une vraie raison de se rencontrer...
Toutes nos envies de Philippe Lioret
Sortie le 09/11/
Forcément, deux ans après Welcome, on attend beaucoup du retour au cinéma de Philippe Lioret. D'autant qu'après s'être intéressé à la situation des immigrés clandestins, et aux poursuites pénales contre ceux qui les aident, le réalisateur se tourne cette fois vers le drame du surendettement. S'inspirant librement du roman d'Emmanuel Carrère D'autres vies que la mienne, il semble une fois encore toucher du doigt un sujet violemment d'actualité.
L'Ordre et la morale de Mathieu Kassovitz
Sortie le 16/11
Pour son retour derrière la caméra, Mathieu Kassovitz s'empare du drame d'Ouvéa. On est en 1988, en Nouvelle Calédonie, et à quelque semaines de l'élection présidentielle, un groupe d'indépendantistes kanak prend en otage 30 gendarmes. Entre documentaire politique et film de guerre, Kasso, en grande forme, sans doute très inspiré, réalise un film où l'humanisme est broyé par un système : les sauvages ne sont pas ceux que l'on croit.
Les Neiges du Kilimandjaro de Robert Guédiguian
Sortie le 16/11
Nouveau conte social pour Robert Guédiguian, qui fait un bilan des consciences et des idéaux sociaux de sa jeunesse. Si le ton est désenchanté (le combat n'est pas près d'être fini), il reste malgré tout une étincelle d'optimisme qui réaffirme la solidarité et l'entraide comme valeurs inconditionnelles et non négociables. Un film qui préfigure certains débats à l'élection présidentielle, avec sa touche de poésie romanesque qui en fait son film le plus intéressant depuis des lustres.
Les Adoptés de Mélanie Laurent
Sortie le 23/11
Après plusieurs courts métrages, Mélanie Laurent passe au long, avec cette histoire de femmes et de famille. Certains n'y verront qu'une raison de relancer la polémique stérile autour de "l'hyperactivité" de la jeune femme, très exposée depuis début 2011 (plusieurs films à l'affiche, un album de chanson, un rôle prestigieux de maîtresse de cérémonie à Cannes...), mais à Ecran Noir, on se réjouit surtout de découvrir l'univers personnel de l'une des comédiennes les plus passionnantes de sa génération. Il sera présenté en avant-première à Saint-Jean-de-Luz.
L'Art d'aimer d'Emmanuel Mouret
Sortie le 23/11
De film en film, on a appris à apprécier l'univers décalé, romanesque et léger d'Emmanuel Mouret, entre marivaudages et comédie romantique. Avec ce 6e long métrage au titre évocateur, il poursuit une oeuvre atypique qui se nourrit d'un humour burlesque et d'une rigueur formelle délicieusement surannée.
Le havred'Aki Kaurismaki
Sortie le 21/12
Le cinéaste finlandais est venu tourner en France un film chaleureux, engagé et optimiste qui croque avec justesse les contradictions (universelles) de notre pays. Avec son style inimitable, très théâtral, il offre une leçon de solidarité en même temps qu'un savoureux moment de cinéma.
Mélanie Laurent avait reçu comme indication de la part de Gilles Jacob de faire drôle, intelligent et léger pour la cérémonie d’ouverture de ce 64ème Festival de Cannes. Dans son rôle de maîtresse de cérémonie elle s’est révélée en fait surtout élégante, à l'image d'Uma Thurman (photo). Son texte (écrit avec le grand, beau, drôle et cynique Nicolas Bedos) était assez passe-partout, mais sa façon de l’interpréter sans trop le réciter lui a donné du relief. Mélanie Laurent a aussi réussi à faire bouger un peu le côté figé de la cérémonie : durant l’intermède musical de Jamie Cullum au piano, elle a un peu dansé, entraînant avec elle d’autres jurés à se lever un instant pour swinguer.
Deux moments d’émotion ont particulièrement rythmé cette cérémonie d’ouverture. A la suite d’un montage de ses extraits de film, le nom du président du jury est annoncé : Robert De Niro. Une standing ovation du public très chaleureuse a vraiment touché l’acteur qui pendant un moment avait les yeux brillant d’une émotion qui l’a empêché de parler. Il a ensuite dit quelques mots non pas dans sa langue, mais en français. Élégance encore avec une palme d’or d’honneur décernée à Bernardo Bertolucci. Le réalisateur, apparu dans un fauteuil roulant, a vu se lever la salle entière pour l’applaudir. C’est Gilles Jacob qui a lu un discours saluant sa carrière, un hommage qui d’ailleurs était à la fois drôle, intelligent et léger.
Comme le disait Mélanie Laurent « vu d’ici, le cinéma est magique ». Une déclaration d’amour au Festival de Cannes qui cette année encore promet de nous émerveiller...
Comme à Ecran Noir on aime vous faire partager nos découvertes, alors après l’acteur Emile Hirsch qui réalise le clip Alive (Daft Punk),voici l’instant Court n° 30.
On connaissait Mélanie Laurent actrice, elle est encore à l’affiche du film Et soudain, tout le monde me manquesorti le 20 avril. On connaissait aussi Mélanie Laurent réalisatrice, après quelques courts-métrages, elle monte son premier long : Les Adoptés. Entre deux passages devant et derrière la caméra, Mélanie Laurent est aussi chanteuse. En fait elle a déjà fait entendre son joli brin de voix : sur la bande-originale du film Thelma, Louise et Chantal, sur la compilation Madame Aime, un duo avec Jérôme Attal… Elle démarre désormais le métier de chanteuse avec un premier album.
Sa rencontre avec l’Irlandais Damien Rice, dont on vous recommande très chaleureusement les magnifiques disques magnifiques, va donner sa couleur aux textes de Mélanie Laurent. Après une première écoute on est surtout accroché par les textures piano-cordes typiques du style de Damien Rice plus que par les chansons de Mélanie Laurent. On est séduit avec les trois premiers titres (un instrumental, le single En t'attendant, puis un duo), pour les autres l’ensemble est joli mais manque peut-être un peu de sentiments et de mélodies… Une série de concerts est déjà programmée, et c’est sur scène que Mélanie Laurent deviendra plus véritablement chanteuse.
Voila donc En t'attendant, le clip est réalisé par Nicolas Davenel. Le disque de Mélanie Laurent est disponible ces jours-ci, sortie digitale le 26 avril et sortie en cd le 2 mai.
Mélanie Laurent sera dans une dizaine de jours la maîtresse des cérémonies d’ouverture et de clôture du Festival de Cannes. On sait déjà que la robe est choisie et que le brouillon du discours est écrit, rendez-vous ici mercredi 11 mai.
Crédit photo : image modifiée, d’après un extrait du film En t'attendant.
C'est l'actrice Mélanie Laurent qui officiera comme maîtresse de cérémonie en ouverture et en clôture du 63ème Festival de Cannes. Un choix judicieux et glamour qui devrait donner le ton de cette édition présidée par l'acteur Robert de Niro. "Ca va être léger et amusant", a confirmé Gilles Jacob.
Mélanie Laurent, révélée en 2006 dans Je vais bien ne t'en fais pas de Philippe Lioret, était en compétition à Cannes en 2009 avec Inglorious Bastardsde Quentin Tarantino. Tout le monde se souvient du rock endiablé qu'elle avait dansé avec le réalisateur en bas des célèbres marches lors de la présentation officielle du film... Depuis, on l'a notamment vue dans Le concert de Radu Mihaileanu, La Rafle de Roselyne Bosch et Requiem pour une tueuse de Jérôme Le gris actuellement à l'affiche.
2011 pourrait bien être son année puisqu'en plus de son actualité cannoise, elle sort son premier album en tant que chanteuse et compositrice ("En t'attendant") le 2 mai prochain et son premier long métrage, Les adoptés, à l'automne (avec une présentation cannoise à la clef ?).
Indubitablement, elle va bien, on ne s'en fait pas.
Comme à Ecran Noir on aime vous faire partager nos découvertes, alors après Cut avec Keira Knightley et réalisé par Joe Wright, voici l’instant Court n° 21.
Bientôt arrive la traditionnelle cérémonie des Césars, toute la grande famille du cinéma français sera réunie pour s’applaudir les uns les autres et sourire devant les photographes. Beaucoup moins médiatisée que les catégories "prestigieuses" du meilleur film ou meilleur réalisateur, il y a une catégorie pour le court-métrage et depuis cette année pour les films d’animations.
Les films courts réunissent plutôt les petites mains du cinéma (dont certaines ne sont pas payées…) et les révélations de futurs espoirs. C’est sous le signe de ces réunions de talents au service d’un film que nous vous présentons un court qui a la particularité de réunir un casting de 66 actrices et acteurs en moins de 4 minutes !
Voila donc le court-métrage EXs réalisé par Benoît Pétré, avec 66 amours. On y voit des actrices très connues (Mélanie Laurent, Ludivine Sagnier, Léa Seydoux, Cécile Cassel, Elodie Navarre, Marie Denarnaud, Alysson Paradis, Caroline Ducey, Florence Loiret-Caille, Bérénice Béjo…) et en même temps d’autres qui sont plus rarement mises en lumière (Marie Payen, Constance Dollé, Julie Fournier, Virginie Lanoue, Anne Caillon, Julie Debazac, Isabelle Vitari, Mika Tard, Vanessa Pivain…). Il s'agit d'un homme qui se remémore ses exs :
Depuis, Benoît Pétré a aussi réalisé la comédie Thelma, Louise et Chantal qui était sortie au cinéma en mars 2010 (et disponible en dvd). Il commente ce court-métrage EXs et son parcours :
Ecran Noir : Racontez-nous cette aventure collective qu’a été Les Quiches…
Benoît Pétré : On était une bande de 8 jeunes comédiens et on a formé Les Quiches, une troupe de cinq filles et trois garçons, on écrivait des scénarios à jouer et on s’en faisait des films.J'ai rencontré la moitié des Quiches au cours Florent où j'ai suivi une formation de trois ans, et l'autre moitié aux Ateliers du Sudden théâtre. En sortant des cours, on faisait un court-métrage par semaine, à l'arrache, en suivant l'idée d'untel ou d'unetelle... C'était un moment de folle liberté créative, on n'avait pas d'équipe image, pas de mec au son, c'était un moyen d'apprentissage formidable. Ensuite on a gagné pas mal de festivals de courts et on a rencontré Louis Becker qui nous a donné la chance dingue de réaliser notre premier film. On avait une liberté totale, pas de barrière, aucune contrainte... Et ça a donné Foon, une des meilleures expériences de ma vie. Même si le film n'a pas marché, j'y ai beaucoup appris. Ensuite on a enchaîné avec Allo’Quiche des sketchs pour Canal+, et Enterrement de vie de jeune fille une mini-série produite par La Parisienne d'Images. On a eu mille projets de longs ensuite mais qui n'ont rien donné. Quand on fait un bide au cinéma, c'est dur d'avoir la possibilité de faire un deuxième film... Mais on ne désespère pas !
EN : Quelles ont été les principales satisfactions reçues avec Thelma, Louise et Chantal votre long-métrage comme réalisateur en solo ?
BP : Grâce à mon agent Laurent Grégoire je me suis lancé dans l'écriture de Thelma’, c'est lui qui m'a poussé à le faire alors que je ne m'en sentais pas capable tout seul. Foon avait été écrit à 8 personnes ! Là, je me suis retrouvé seul devant mon écran d'ordinateur... Mais, au final, c'est allé assez vite. La production et le financement n'ont pas été très compliqué, même si on était sur un petit budget. Je suis fier de ce film, les producteurs Vérane Frédiani et Franck Ribière ont été très présents du début à la fin de la création. Et j'ai eu l'immense joie de travailler avec Keren Ann, elle m'a fait un énorme cadeau en réalisant la bande originale ! Je l'aime ! La sortie a été très satisfaisante, on a fini à 250 000 entrées, c'est bien. C'est ce qu'on appelle un succès relatif. Surtout quand on sait qu'un tiers des films sortis dans l'année font moins de 100 000 entrées. Après, il y a toujours des abrutis pour vous descendre alors qu'ils n'ont vu que les dix premières minutes du film et des journalistes moisis qui trouvent choquant de faire dire "merde" à une femme de cinquante ans, ça me rend fou. Les critiques étaient bonnes dans l'ensemble, mais on ne peut pas plaire à tout le monde !
EN : Pour ce court-métrage EXs, comment vous êtes-vous organisé pour faire apparaître autant de comédiennes, dont Marie Denarnaud en héroïne principale, en moins de 4 minutes ?
BP : L'idée de EXs est venue en écoutant cette chanson ‘One more cup of coffee’, une reprise des White Stripes du tube de Bob Dylan. J'ai eu un tel choc en l'écoutant qu'il me fallait mettre des images dessus. J'ai eu cette idée de rassembler toutes mes potes actrices dans un même film, comme ça pas de jaloux ! J'ai réussi le pari. J'aime beaucoup ce film, je trouve qu'il fonctionne bien, que les images se marient bien avec la musique. Le tournage a duré trois jours, c'était le défilé! Les filles arrivaient, passaient au maquillage, puis à l'habillage, tournaient leur séquence et repartaient. Ça ne durait pas plus de 20 minutes par meuf. Marie Denarnaud c'est ma grande amie, on se connaît depuis bientôt quinze ans. J'ai eu un coup de foudre la première fois que je l'ai vue. Je m'en rappellerai toujours, c'était au cours Florent donc lors des présentations. Elle est arrivée sur scène, les pieds rentrés dans ses Doc Marteens bleues, super timide et très enfantine. Et puis Marie fait partie des meilleures actrices françaises : le public ne le sait pas encore, mais quand il sera au courant ça va faire mal !
EN : Pourquoi ce choix d’une narration inscrite sur l’image au lieu d’une voix-off ?
BP : Je déteste les voix-off ! Je trouve que ça alourdit le propos et que c'est inutile ou alors très mal utilisé. Et puis, une voix off sur cette chanson et le timbre de Jack White ça aurait été d'un goût douteux...Je voulais que le spectateur s'invente les voix de ces filles par lui-même, qu'il n'y ait pas d'identification arrêtée, pas de chemin à suivre. L'écriture à l'écran apporte une indication, comme une étiquette, un label. On en connaît tous des Charlotte, des Caroline, des Sophie... Toutes ses filles représentent des désirs, des fantasmes, des histoires. Chacun est libre ensuite de s'y attacher ou non.
EN : Quels sont vos projets et ceux de certaines des comédiennes de EXs ?
BP : Je vais tourner en septembre prochain mon troisième long-métrage, GPD : une comédie romantique pédé. J'ai écris le scénario avec Stéphane Foenkinos et nous sommes en plein casting. Je vais jouer le rôle principal : Jo, trentenaire parisien, homo et puceau, qui cherche l'amour. Le film est produit par Jean Cottin et Laurent Taieb. J'ai hâte de m'y mettre! Pour les actrices de EXs il y a Aurélie Maggiori qui va sortir le premier album du formidable groupe Brigitte, duo qu'elle forme avec Sylvie Hoarau. Mélanie Laurent va sortir son disque aussi mais en ce moment elle est en plein montage de son film en tant que réalisatrice, avec d’ailleurs comme héroïne Marie Denarnaud ! Il faut absolument aller voir Cécile Cassel au théâtre de la Madeleine dans la pièce Le Vingt Novembre, c’est en ce moment et jusqu’au 16 avril.
EN : Une remarque sur la soirée des Gérards (où Jane Birkin a été citée pour Thelma, Louise et Chantal) ou sur la prochaine cérémonie des Césars ?
BP : Les Gérards je m'en fous, j'ai zappé sur Paris Première deux secondes et ça m'a mis le cafard. Je trouve que les catégories de cette année sont moins drôles que d'habitude. Quand c'est décalé et fin ça me fait rire. Moins quand c'est bête et méchant. Quand à Jane, je crois qu'elle n'en connaît même pas l'existence... Pour les Césars généralement je trouve la cérémonie d'un ennui mortel, sauf quand c'est Valérie Lemercier qui présente. Je vais regarder les Césars à la télé et tout commenter avec des potes.
Crédits photos : images modifiées, d’après un extrait du film EXs.
C'est l'une de nos rares comédiennes "bankable" du moment", avec trois hits à la suite : Inglourious Basterds, Le concert et La rafle. De quoi donner au confiance aux producteurs. Ainsi, Mélanie Laurent va enfin concrétiser son rêve de devenir réalisatrice d'un long métrage, après des mois d'hésitation et d'obstination. Les adoptés sortira le 23 novembre 2011. Elle jouera dans son propre film, aux côtés de Florence Foresti, qui devrait enfin trouver un rôle cinématographique à la mesure de son talent, et Denis Ménochet, avec qui elle a joué dans La Rafle, et qui était son père dans Inglourious Basterds.
Laurent avec déjà réalisé deux courts métrages : De moins en moins, sélectionné à Cannes en 2009, et À ses pieds.
Entre temps, on la verra dans trois films :
- le premier film de Jérôme Le Gris, qui l'a embauché pour être une meurtrière professionnelle dans Requiem pour une tueuse. En salles en janvier prochain, le film retrace l'histoire d'une tueuse professionnelle qui doit faire disparaître un chanteur lyrique qui menace les intérêts d'une multinationale. Elle est engagée comme soprano pour accomplir sa mission mais apprend finalement qu'un deuxième tueur est sur place, et qu'elle est la deuxième cible... Tchéky Karyo et Clovis Cornillac et Christopher Stills l'accompagnent dans cette aventure.
- Et Soudain Tout le Monde me Manque, de Jennifer Devoldère, qui l'avait déjà dirigée dans Jusqu'à toi, sortira en mars. Elle retrouvera Michel Blanc, qui l'avait révélée avec Embrassez qui vous voudrez. Géraldine Nakache (Tout ce qui brille) et Guillaume Gouix (Belle Epine, Copacabana) complète le casting. Il s'agit d'une chronique familiale dans laquelle le père, sexagénaire, est en passe d'avoir de nouveau un enfant et où la plus jeune des filles, est en proie à un doute existentiel...
- enfin, dans Beginners, elle joue avec Ewan McGregor et Christopher Plummer. Ce film de Mike Mills a été présenté au dernier Festival de Toronto mais ne sortira qu'en juin aux Etats-Unis. Un fils apprend que son père, récemment décédé, a été homosexuel, et fier de l'être, ce qui va avoir quelques conséquences sur sa nouvelle relation amoureuse.