Avengers Endgame et Game of Thrones: la collapsologie fait un carton

Posté par redaction, le 29 avril 2019

Avengers Endgamea tué le jeu. 350 millions de $ au box office nord-américain, record absolu, 1,2 milliards de $ au total dans le monde, du jamais vu. Aux Etats-Unis, en trois jours et un soir, le film se classe déjà 50e du box office historique, 203e si on ajuste le dollar à l'inflation au niveau de Twilight : New Moon et de Comment se débarrasser de son patron?. Au niveau mondial, c'est la 18e recette la plus importante, grâce notamment à un score monstrueux en Chine (300M$). Il a fracassé tous les records pour un week-end d'ouverture. Le film a déjà battu le score final de Captain America: Civil War, égalisant même celui d'Iron Man 3. En France, Avengers a attiré 2,8 millions de spectateurs en 5 jours, soit le 6e meilleur démarrage de l'histoire et le plus important depuis 2008.

On observe le même carton avec la série Game of Thrones, dont la 8e saison annonce l'épilogue. Elle a démarré aux USA avec 17,4 millions de téléspectateurs lors de son lancement mi-avril, là encore un record. En sept saisons, la saga avait multiplié par cinq son audience. La progression se poursuit. Et on ne compte pas le téléchargement illégal, alors que GOT reste la série la plus piratée du monde.

On écrit dans notre critique d'Avengers: Endgame: "De ce mois d’avril 2019, on ne retiendra que l’ultime saison de Game Of Thrones côté séries. Mais côté cinéma, on ne saurait faire plus incontournable qu’Avengers : Endgame. Peut-être parce que dans les deux cas, il y aura un avant et un après."

C'est très clair. mais surtout, les deux "achèvements" de ces méga-franchises traduisent deux tendances sociologiques plus profondes.

Les deux histoires, jouant avec les mythes, racontent finalement l'effondrement du monde. Dans Game of Thrones, cela passe par une multitude de morts, dont aucun héros n'est à l'abri. Environ 400 personnages quittent le monde des vivants. Les stars sont souvent plus protégée, autrement dit essentiellement ceux qui sont apparus au début de la série, mais on sait que personne n'est immortel, pas même les nobles.

Chez les super-héros de Marvel, c'est la moitié d'entre eux qui a disparu à la fin d'Avengers: Infinity War. La sélection guerrière de GOT est remplacée ici par une volonté d'assainir le cosmos de son surplus démographique, désastreux pour l'équilibre économique, social et écologique. Si on savait déjà que certains allaient ressurgir d'outre-tombe, il n'empêche que la théorie de Thanos était bien similaire à celle de la bataille de Winterfell: l'espèce est menacée.

Les deux grandes sagas de l'année, de la décennie même, illustrent finalement la théorie de l'effondrement, ou collapsologie, décrite dans un livre écrit par Pablo Servigne et Raphaël Stevens au printemps 2015. Notre monde va dans le mur: le chaos est proche et l'humanité est menacée d'extinction. Ce discours est évidemment simplifié dans les deux récits chevaleresques, mais il rencontre un écho inconscient chez les spectateurs, qui s'identifient très bien à cet enjeu apocalyptique, bien plus qu'à une guerre nucléaire ou extra-terrestre. On reproche d'ailleurs souvent l'aspect sombre des scènes les plus spectaculaires, l'obscurité étant un facteur dramaturgique.

This is the End

A cela s'est ajouté une montée en puissance des deux franchises en terme de narration. Les spectateurs adorent les conclusions: celles qui sont définitives, quitte à renaître autrement. La finalité des choses, comme la mort l'est avec la vie, a son importance. Comme lorsqu'on lit un livre qu'on adore, on sait que la frustration peut-être là, mais on est satisfait d'avoir terminé l'histoire. En annonçant leurs adieux, les Avengers et Game of Thrones ont capitalisé sur une fanbase conquise d'avance et prête pour les accompagner ... jusqu'à la mort."Part of the journey is the end" rappelle Iron Man dans le film.

Il n'y a rien de pire qu'une franchise ou une série qui ne sait pas se terminer à temps. On l'a vu avec Harry Potter (apothéose réussie, spin-off moins convaincants), les Pirates des Caraïbes et Transformers (sans fin, et perdant leurs publics), Le seigneur des anneaux (qui se suffisait à lui-même, sans décevoir avec Le Hobbit), ou encore Shrek et L'âge de glace qui, au-delà du troisième épisode, perdaient de leur intérêt.

Ou alors il faut savoir se réinventer, comme Star Wars, qui a sur rebondir après une deuxième trilogie trop opportuniste et moins performante. Pour Marvel, c'est le moment de se renouveler avec les Eternels, Black Widow, Shang-Chi, Docteur Strange, Black Panther, les Gardiens de la Galaxie et Captain Marvel. Pour HBO, il s'agir d'explorer la mythologie de Game of Thrones en allant dans le passé, en amont de l'histoire. Une histoire sans fin définitive, finalement, un peu à la manière des mangas.

Mais, en rappelant que tout bonheur a un but (et un épilogue), et que personne n'est immortel, les Avengers comme Game of Thrones nous rappellent que la vie est courte et aléatoire. Mais aussi que le monde autour de nous est peut-être en train de s'effondrer. Bizarrement, tout le monde le sait, mais personne ne veut être spoilé.

Marvel Cinematic Universe: les 6 films qui ont compté

Posté par redaction, le 26 avril 2019

692000 entrées en France en une journée d'exploitation (soit le 9e meilleur démarrage historique). 169M$, dont 107M$ en Chine, pour le box office international de mercredi, avant-même sa sortie en France. Et une prévision de 800M$ pour ce week-end au niveau mondial. Avengers: Endgame écrase tout et concentre à l'excès la fréquentation des cinémas. Entre western moderne et péplums comics, on pourra toujours s'étonner du succès du Marvel Cinematic Universe, en 22 films et un peu plus de dix ans, surtout avec des intrigues assez similaires (l'épilogue est souvent identique même) et des personnages qui ne froissent personne (au mieux une romance contrariée ou un passé producteur de névroses). Le génie du producteur Kevin Faige a sans doute été de mêler les "stand-alone" des super-héros (souvent des trilogies) à la saga Avengers (une tétralogie en guise de pilier fondateur).

Ce mix de spin-offs, de sequels et de saga forment une énorme franchise de 22 films tous reliés entre eux (18,6 milliards de $ cumulés de recettes) depuis 11 ans. Un plan quasiment communiste par phases (on est à la fin de la troisième) qui se dessine comme une arborescence où chaque ramification s'étend à sa manière. C'est l'ordre chronologique des sorties des films qui comptent, du premier Iron Man jusqu'au dernier Avengers. Cette franchise-série pouvait ainsi ajouter des super-héros  à chaque épisode d'Avengers, dont les quatre films se seront étalés sur dix ans, alors que le spectateur pouvait se gaver de deux à trois films de super-héros par an. Ce gigantesque crossover permanent reposait sur un pari: la fidélité des fans (et un marketing déjà bien établi par l'industrie des comics depuis 60 ans). Une nouvelle ère s'achève. Une dizaine de productions vont démarrer pour une nouvelle phase. Il est impossible de comprendre Endgame sans avoir vu les 21 autres films.

Parmi eux 6 ont eu une importance primordiale dans la construction de l'empire Marvel, leader du spectacle de la décennie qui finit.

Le fondateur: Iron Man

Sorti en 2008, le film a posé les bases du MCU (Marvel venait d'être acquis par Disney). Avec 585M$ au box office mondial, il apparaitrait presque comme un nain par rapport aux récents films de la saga (17e du classement). On écrivait à l'époque: "Étalé sur deux heures, le film possède un dynamisme, un second degré et surtout un personnage principal diaboliquement construit pour remporter l'adhésion. Mais plus que tout cela, Iron Man détient un avantage décisif : Robert Downey Jr ! (...) Alors certes Jon Favreau n'est pas Sam Raimi ou Peter Jackson, la mise en scène est parfois un peu molle et manque de ce grain de folie qui fait toute la différence. Mais Iron Man reste sincère et très communicatif dès qu'il est question de divertir la galerie et d'offrir un spectacle de son et lumières électrisant. "

Le plus solide: Thor

La trilogie a été lancée par Kenneth Branagh en 2011 (Thor), poursuivie par Alan Taylor en 2013 (Thor: me monde des ténèbres), avant d'être finalisée par Taika Waititi en 2017 (Thor: Ragnarok). Au box office, elle reste loin de Captain America, et au final, elle fait à peine mieux qu'Ant Man. Pourtant, les racines du mal qui frappent les Avengers se trouvent bien dans les histoires de Thor. La saga est la croisée des mondes et, surtout, s'est offert, à nos yeux, le meilleur casting de tous: Chris Hemsworth et Tom Hiddleston en tête, entourés au fil des films d'Anthony Hopkins, natalie Portman, Rene Russo, Stella Skarsgard, Idris Elba, Cate Blanchett... On peut pas faire plus classe.

Le plus profitable: Avengers

5 milliards de $ dans le monde en tris films, et toujours mieux que les autres (sauf en Amérique du nord, où Black Panther s'est invité sur le podium). Avengers est la meta structure de la franchise. Il regroupe, à un moment donné ou à un autre, tous les super-héros (y compris Spider-Man, prêté par Sony). Si l'enjeu est souvent répétitif, et très americano-centré, ce sont bien les personnages, tentant de valoriser leur égo, qui font le show. Avengers, avec Star Wars, le Seigneur des Anneaux et Harry Potter, est devenu l'un des monuments de la culture pop contemporaine. Qu'on aime ou pas.

Les plus frais: Les Gardiens de la Galaxie

Ce grand mix (musical et ciné), entre tubes populaires et humour décalé, a fait l'effet d'un bol d'oxygène au moment, en 2014, où on commençait à saturer de tous ces héros. Déjà il s'agit d'un groupe, ensuite ce sont des aventuriers-mercenaires-aliens (hormis Peter qui se la pète façon Indiana Jones/Han Solo). Ces Gardiens ont amené l'humour (avant Deadpool) dans un univers qui se prenait très au sérieux. Un fun espéré comme on l'écrivait : "Il assume le divertissement, la dérision et préfère la légèreté sobre à une gravité souvent trop appuyée. Bref il revient à l'essence du comic. En prenant comme matériau la moins connue des séries de Marvel (elle commence tout juste à arriver en librairie en France), le studio s'autorisait à dévier le genre. Ici, les héros sont dans l'espace et se rapprochent davantage d'un Star Wars, moins mythologique, mais plus proche du Western. C'est, de tous les films de Marvel le plus hilarant. Ce qui n'est pas un mal après tant de films où les héros en collants moulants ou armures indestructibles se prenaient trop au sérieux, ou pire, sombraient dans leurs névroses."

Le plus épatant : Docteur Strange

Super-héros récent (2016), ce docteur Strange est aussi le moins social, le plus arrogant, et penche même vers un peu de cynisme. Pourtant cette noirceur n'a pas empêché de cartonner et le super-héros de s'intégrer dans la galaxie Marvel. Mais avant tout, il s'agit incontestablement du plus barré visuellement, avec des effets visuels beaucoup plus recherchés que dans les autres films du MCU: "Un tout nouvel univers s'ouvre à nos yeux, rationaliste et scientifique, logique à ne plus en pouvoir. Comme pour Inception, l'aspect visuel est saisissant, tordant les réalités à la manière des peintres cubistes et surréalistes. Entre les buildings qui dansent La Carmagnole, redéfinissant les lois de Newton, et les voyages intra-dimensionnels dans des dimensions surréalistes, Doctor Strange c'est du Nolan sous LSD" écrivions-nous à l'époque.



Le meilleur de tous: Black Panther

Le plus beau, le plus politique, le mieux écrit, le plus engagé et, en bonus, doté du meilleur casting. Black Panther est le film du MCU le plus accompli, rivalisant avec les Dark Knight de Christopher Nolan côté réussite d'adaptation comics. Dans le genre, c'est un chef d'oeuvre (qui a rapporté 1,35 milliard de dollars dans le monde), qui s'offre de multiples références, de James Bond à Spike lee. C'est aussi le seul film de la franchise à avoir été un objet de débat sociétal, un sujet de discussion hors territoires cinéphiliques. Black power rules. Il est arrivé à temps pour les noirs. A l'instar de Wonder Woman (et de Captain Marvel) pour les femmes. En attendant un super-héros gay (dans Les éternels, vraisemblablement). Un "film historique" comme nous le disions. C'est une tragédie shakespearienne plus que séduisante, basée sur une civilisation avancée et non américaine (ce qui en soi est déjà très bien). On vous l'assure: "Black Panther est en effet un film constamment ancré dans une histoire plus globale que celle imaginée par les producteurs. Le film parvient à lier les Black Panthers d'autrefois au Black Panther de la pop culture actuelle tout en évoquant subtilement le mouvement Black Lives Matter. Sans en faire des caisses, le scénario de Ryan Coogler et Joe Robert Cole pose les bases d'une trilogie qui n'aura aucun mal à être plus passionnante que celle d'Iron Man ou Captain America."

Marvel mise sur Black Widow et The Eternals

Posté par vincy, le 2 avril 2019

Avengers: Endgame marquera la fin d'une époque pour Marvel. La sortie du blockbuster à la fin du mois clôturera la première période du Marvel Cinematic Universe. Marvel a commencé à amorcer l'ère post Avengers. Black Panther et Captain Marvel (1 milliard de dollars de recettes mondiales à date) sont de nouveaux atouts. Avec le rachat de la Fox par Disney, on ne doute pas que les X-Men vont arriver dans les scénarios.

Car on ignore toujours quels Marvels sortiront en mai et novembre 2020. Car chez Disney, aucun film du MCU n'est programmé entre le dernier Avengers et mai 2020. Hormis les X-Men (Fox) en juin et Spider-Man (Sony) en juillet, il n'y aura plus de super-héros avant un an.

Pour l'instant, deux projets "neufs" ont été annoncés, tous deux réalisés par des femmes. Mais leurs dates de sortie ne sont pas confirmées.

Le spin-off de Black Widow, le personnage de Scarlett Johansson, est enfin sur les rails, sans qu'on sache s'il s'agit d'un prequel ou d'une nouvelle aventure lançant la nouvelle phase de MCU. Cate Shortland (Lore, Berlin Syndrome) est rattachée au projet, confirmé depuis juillet. Outre Scarlett Johansson, Florence Pugh (The Young Lady) a été récemment enrôlée. Malgré les mystères de Marvel, l'annonce d'un nouvel élément dans le casting démontre que le film pourrait être l'une des prochaines sorties de la franchise de comics. Mai 2020?

Pour novembre 2020, celui qui semble tenir la corde c'est The Eternals, le film confié en septembre dernier à Chloé Zhao (The Rider). Angelina Jolie est arrivée la semaine dernière dans la phase de négociations pour l'un des rôles principaux. La star, qui sera à l'affiche d'un autre Disney en octobre, Maleficent: Mistress of Evil, son premier film en 4 ans, fera sa première incursion dans l'univers des super-héros.

Les éternels est une saga d'immortels qui vivent sur la terre, façonnant l'histoire. Créés par Jack Kirby en 1976, leur récit débute il y a des millions d'années lorsque des extra-terrestres, les Célestes, manipulent le gène humain pour "fabriquer" des individus dotés de supers pouvoirs (auto guérison, immortalité, contrôle de l'esprit, puissance décuplée, vitesse extrême, illusionniste). Les Eternels, qui ont accompagné les civilisations dominantes, combattent ainsi les vilains Déviants, avant de quitter la planète. Il y a une myriade de personnages à développer, certains croisant d'ailleurs l'univers des Avengers. Angelina Jolie peut ainsi hériter d'un des multiples rôles féminins forts de la smala.

Kevin Feige, producteur du MCU, veut en faire une production sur des aliens antiques, autour de mythes et légendes (grecques comme asiatiques ou nordiques) qui nous renvoient au passé. Thanos, grand méchant des Avengers et dissident des Eternels, en est membre et le premier film devrait raconter son histoire.

Après 2020, on retrouvera les héros habituels, Black Panther 2, toujours réalisé par Ryan Coogler (a priori février 2021), Doctor Strange 2, filmé par Scott Derrickson (novembre 2021?) et Les Gardiens de la Galaxie Vol. 3 (pas avant 2022) avec James Gunn aux manettes. Le cinéaste a finalement été récupéré par Disney qui l'avait chassé suite à des tweets polémiques. La pression des acteurs a eu raison du studio. Captain Marvel pourrait avoir sa suite en mai 2022. Deux autres super-héros, neufs ou en stand-alone, devraient arriver sur les écrans en mai 2021 et février 2022.

Captain Marvel : Le blockbuster porté par Brie Larson s’offre un démarrage record

Posté par wyzman, le 10 mars 2019

Les chiffres du box-office mondial viennent de tomber et une chose est sûre : on n'a pas fini d'entendre parler de Brie Larson dans le rôle de Captain Marvel !

Who run the world?

Sans surprise, le film d'Anna Boden et Ryan Fleck débute son exploitation en tête du classement mondial. Si l'on en croit The Hollywood Reporter, le film cumulerait déjà à 455 millions de dollars de recettes à travers le monde. Captain Marvel s'offre ainsi le plus gros démarrage jamais réalisé par un film avec un personnage principal féminin. Brie Larson supplante ainsi Emma Watson qui totalisait 357 millions de dollars en quelques jours avec La Belle et la Bête.

En parallèle, Captain Marvel vient de réaliser le 2e plus gros démarrage pour un film de super-héros tout en restant loin des 640 millions de dollars amassés par Avengers : Infinity War durant le même lapse de temps. Aux Etats-Unis, Marvel peut encore se frotter les mains puisque son Captain Marvel y a rapporté plus de 153 millions de dollars en étant projeté dans 4310 salles d'après Variety. Le film déjà perçu comme une belle rampe de lancement pour Avengers : Endgame vient d'éclipser les 103 millions totalisés par Wonder Woman au moment de sa sortie en juin 2017.

A noter que Captain Marvel s'offre également le septième plus gros lancement pour un film Marvel après les trois Avengers déjà sortis, Black PantherCaptain America : Civil War et Iron Man 3. Le film qui réunit Brie Larson, Samuel L. Jackson et Jude Law réalise le 2e meilleur démarrage pour une origin story après que Black Panther a débuté son exploitation avec 202 millions de dollars récoltés en février 2018. De là à dire qu'une trilogie Captain Marvel est assurée, il n'y a qu'un pas !

3 bonnes raisons de voir Ralph 2.0 de Rich Moore et Phil Johnston

Posté par wyzman, le 12 février 2019

Sept ans après le premier volet, le duo de réalisateur-scénariste derrière Zootopie embarque Ralph La Casse dans de nouvelles aventures virtuelles. Mais ce nouvel opus est-il vraiment à la hauteur ? Réponse pas trois !

Disney débarque dans les Internets. Le propriétaire de la salle d’arcade dans laquelle évolue Ralph La Casse décide d’installer le Wi-Fi, ce qui ouvre une nouvelle voie de train dans la gare centrale de la multiprise. Après une fâcheuse mésaventure dans son propre jeu, Vanellope convainc Ralph de s’y rendre et de s’aventurer dans l’Internet. Dès lors, nos deux acolytes découvrent un monde où tout (ou presque) est possible, où le virtuel et la réalité se confondent et où les méchants ne sont pas toujours ce qui ont des looks de bad boys.

Disney joue de son e-influence. Comme le faisait son prédécesseur, Ralph 2.0 prend un malin plaisir à jouer avec les attentes et les présupposés du spectateur. Voilà sans doute pourquoi, contre toute attente, Vanellope se retrouve à conseiller les princesses Disney qui l’ont précédée (Raiponce, Cendrillon, Ariel, Blanche-Neige, Mulan, Jasmine, Pocahontas, Vaiana, Anna, Elsa, etc.) au cours d’une séquence déjà culte. Et quand ils ne fuient pas les Stormtroopers de Star Wars, Vanellope et Ralph La Casse croisent ici et là les stars du Muppet Show ou des films Marvel. Pas peu fière de mettre en scène un univers que l'on côtoie au quotidien sans toujours le comprendre, Disney offre une réflexion métatextuelle sur la place des Amazon, Facebook, Twitter, Snapchat et consorts dans la pop culture actuelle !

Disney le rappelle : les amis c’est pour la vie. Petite perle d’animation nommée aux Oscars, Golden Globes, Criritcs’ Choice Awards et Annie Awards, Ralph 2.0 a le mérite d’être un film très orienté vers les adultes. Il y est certes question d’une simple quête pour Ralph La Casse mais le film de Rich Moore et Phil Johnston bascule très vite du côté du récit d’apprentissage pour Vanellope, un personnage extrêmement bien développé ici. A côté de son rôle de camarade du héros, elle trouve le temps de se muer en princesse des temps modernes prête à suivre sa voix. L’occasion pour les scénaristes Pamela Ribon et Phil Johnston (encore lui) de rappeler à ceux qui l’auraient déjà oublié que les liens d'amitié ne se mesurent pas à coup de likes.

Spider-Man: le film sur le vampire Morbius se précise

Posté par vincy, le 1 février 2019

L'univers de Spider-Man s'étend encore. Après le carton de Venom (855M$ dans le monde), Sony développe un film autour d'un super-vilain, Morbius. Le film est calé pour le 31 juillet 2020. La production a officiellement commencé en décembre. Le projet s'annonce assez violent.

Jared Leto a été choisi pour incarné ce Prix Nobel de chimie quidécouvre qu'il est atteint d'une maladie du sang rare et incurable. Il réussit à se guérir en combinant l'utilisation de chauves-souris à celle d'électrochocs mais se transforme alors en vampire. Et comme tous les vampires, il ne supporte plus la lumière du Soleil et est continuellement assoiffé de sang humain. Morbius est déchiré entre un dégoût de lui-même et son désir de vivre. Maîtrisant de mieux en mieux ses pulsions, il prend l'habitude de se nourrir du sang des sans-abris ou des criminels qui hantent les rues.

Matt Smith (The Crown) devrait rejoindre le casting de ce film qui sera réalisé par Daniel Espinosa (Sécurité rapprochée, Enfant 44, Life: Origine inconnue) a et écrit par Matt Sazama et Burk Sharpless (la série Lost in Space sur Netflix, c'est eux). Adria Arjona (Pacific Rim: Uprising, True Detective saison 2) est aussi annoncée au générique.

Morbius, créé en 1971 dans The Amazing Spider-Man, a eu le droit à sa propre série de comics (32 épisodes) entre 1992 et 1995. Il avait aussi eu les honneurs d'une série animée dans les années 1990.

Sony multiplie les films autour de Spider-Man

Matt Smith sera à l'affiche cette année du biopic Mapplethorpe de Ondi Timoner et des thrillers His House de Remi Weekes et Official Secrets de Gavin Hood.

Jared Leto est pressenti pour être aussi dans Tron 3 et pour reprendre son rôle du Joker (du rival DC Comics) dans Ares, un film sur le personnage de l'univers Batman, le spin-off sur Harley Quinn et la suite de Suicide Squad. Il n'a rien tourné depuis Blade Runner 2049 et The Outsider, sorti en VàD il y a un peu moins d'un an.

Sony mise de plus en plus sur son super-héros Marvel. Outre les projets animés suite au succès de Spider-Man : New Generation, favori pour l'Oscar du film d'animation cette année, le studio va sortir Spider-Man: Far from Home (suite de Spider-Man: Homecoming) le 3 juillet (deux suites sont déjà prévues) et a programmé pour octobre 2020 un autre film, qui devrait être Venom 2.

Oscars 2019 : Roma et La Favorite en tête des nominations

Posté par wyzman, le 22 janvier 2019

Deux semaines et demi après les Golden Globes où il a été sacré meilleure film (comédie ou musical), Green Book de Peter Farrelly continue de faire parler. Après être devenu le grand favori de la catégorie meilleur film de la 91e cérémonie des Oscars, Green Book part dans la course aux Oscars aux côtés de A Star is Born, BlacKkKlansman, Bohemian Rhapsody, La Favorite et Roma. Ces deux derniers dominent la liste avec 10 nominations chacun: Hollywood a plébiscité un cinéaste mexicain et un réalisateur grec. Roma est le premier film "Netflix" nommé dans la catégorie suprême, ce qui est un tournant dans l'industrie hollywoodienne à coup sûr. C'est le premier film en langue étrangère depuis Amour en 2012 à être nommé en meilleur film. Pour Alfonso Cuaron, c'est carrément un carton plein puisqu'en son seul nom, il glane 4 nominations (producteur, réalisateur, scénariste, directeur de la photo), le faisant entrer dans un club très select où règnent Warren Beatty, Alan Menken, et les frères Coen.

Grâce à La Favorite et Bohemian Rhapsody mais aussi L'île aux chiens et Can You Ever Forgive Me? la Fox domine la course cette année avec 25 nominations pour le studio (Fox Searchlight et 20th Century Fox), devant Universal et Focus Features (17), Walt Disney (16), Netflix (13), Annapurna Pictures (9), Warner Bros (8). Amazon Studios repart avec 3 nominations

Signalons, même si ce n'est pas une surprise, la nomination d'un Marvel, Black Panther, pour la première fois dans la catégorie meilleur film, en plus de six autres citations (là aussi un record dans le genre). Trois des cinq réalisateurs nommés sont étrangers (ce qui évince Bradley Cooper comme Ryan Coogler). Mais pour Spike Lee, c'est aussi sa première nomination dans les deux catégories reines (film, réalisateur)! Avec BlacKkKlansman, au total six fois nommé, il devient le 6e cinéaste afro-américain à être distingué dans la catégorie réalisateur, qui ne compte cette année aucune réalisatrice. Cannes (avec 3 films, dont la Palme d'or) et Venise (avec 2 films, dont le Lion d'or) se disputent l'Oscar du meilleur film en langue étrangère.

A Star is Born et Vice remportent 8 nominations chacun. Glenn Close capte sa 7e nomination, et enfin une victoire?

Des snobés

Parmi les surprises, notons les absences de Thimothee Chalamet (Beautiful Boy) et Ethan Hawke (First Reformed, pourtant nommés partout depuis 3 mois,, des actrices de films de genre (Emily Blunt et Toni Collette), mais aussi de Michael B. Jordan, Margot Robbie, Saoirse Ronan, John David Washington, Claire Foy et Nicole Kidman, de cinéastes comme Barry Jenkins et Peter Farrelly, de films attendus (mais surestimés) comme Crazy Rich Asians ou La mule (Eastwood est complètement snobé). Leave no trace ne marque pas plus de points malgré les faveurs des critiques, tout comme le documentaire à succès Won't you be my Neighbor?. First man fait aussi partie des perdants tout comme Burning évincé des films en langue étrangère comme des catégories d'interprétation.

Au moins la diversité et reine, du film en costumes au blockbuster de super-héros, du remake musical au biopic musical, de fresques sociales en noir et blanc ou en couleurs pops, du drame politique à la comédie dramatique humaniste. La liste révèle une variété de styles mais aussi de cultures (il suffit de voir les multiples nominations de Cold War, Roma, La favorite, Never Look Away ou celles dans les catégories courts métrages). C'est d'ailleurs la leçon à retenir: les films qui ont triomphé à Cannes et Venise jouent à égalité avec les productions américaines, prenant même des nominations dans des catégories reines, rendant ces Oscars plus cosmopolites que jamais.

On connaîtra les gagnants le 24 février.

Voici la liste complète des nominations:

Meilleur film
Black Panther
BlacKkKlansman
Bohemian Rhapsody
La favorite
Green Book
Roma
A Star Is Born
Vice

Meilleur réalisateur
Spike Lee, BlacKkKlansman
Pawel Pawlikowski, Cold War
Yorgos Lanthimos, La favorite
Alfonso Cuarón, Roma
Adam McKay, Vice

Meilleur acteur
Christian Bale, Vice
Bradley Cooper, A Star Is Born
Willem Dafoe, At Eternity’s Gate
Rami Malek, Bohemian Rhapsody
Viggo Mortensen, Green Book

Meilleure actrice
Yalitza Aparicio, Roma
Glenn Close, The Wife
Olivia Colman, La Favorite
Lady Gaga, A Star Is Born
Melissa McCarthy, Can You Ever Forgive Me?

Meilleur acteur dans un second rôle
Mahershala Ali, Green Book
Adam Driver, BlacKkKlansman
Sam Elliott, A Star Is Born
Richard E. Grant, Can You Ever Forgive Me?
Sam Rockwell, Vice

Meilleure actrice dans un second rôle
Amy Adams, Vice
Marina de Tavira, Roma
Regina King, Si Beale Street pouvait parler
Emma Stone, La favorite
Rachel Weisz, La favorite

Meilleur scénario original
La Favorite ; First Reformed ; Green Book ; Roma ; Vice

Meilleur scénario adapté
The Ballad of Buster Scruggs ; BlacKkKlansman ; Can You Ever Forgive Me? ; If Beale Street Could Talk ; A Star Is Born

Meilleurs décors (et direction artistique)
Black Panther ; First Man ; La favorite ; Le retour de Mary Poppins ; Roma

Meilleurs costumes
Ballad of Buster Scruggs ; Black Panther : La Favorite : Le retour de Mary Poppins ; Mary, reine d'Ecosse

Meilleurs maquillages et coiffures
Border ; Mary, reine d'Ecosse ; Vice

Meilleure photographie
Cold War ; La favorite ; Never Look Away ; Roma ; A Star is born

Meilleur montage
BlacKkKlansman ; Bohemian Rhapsody ; Green Book ; La Favorite ; Vice

Meilleur montage son
Black änther ; Bohemian Rhapsody ; First Man ; Sans un bruit ; Roma

Meilleur mixage de son
Black Panther ; Bohemian Rhapsody ; First Man ; Roma ; A Star is Born

Meilleurs effets visuels
Avengers: Infinity War ; Christopher Robin ; First Man ; Ready Player One ; Solo: A Star Wars Story

Meilleure chanson originale
“All The Stars”(Black Panther), Kendrick Lamar, SZA
“I’ll Fight” (RBG), Diane Warren, Jennifer Hudson
“The Place Where Lost Things Go” (Le retour de Mary Poppins), Marc Shaiman, Scott Wittman
“Shallow” (A Star Is Born), Lady Gaga, Mark Ronson, Anthony Rossomando, Andrew Wyatt et Benjamin Rice
“When A Cowboy Trades His Spurs For Wings” (The Ballad of Buster Scruggs), Willie Watson, Tim Blake Nelson

Meilleure musique de film
Black Panther ; BlacKkKlansman ;L'île aux chiens ; Si Beale Street pouvait parler ; Le retour de Mary Poppins

Meilleur film en langue étrangère
Capharnaüm (Liban)
Cold War (Pologne)
Never Look Away (Allemagne)
Roma (Mexique)
Une affaire de famille (Japon)

Meilleur film d’animation
Les indéstructibles 2 ; L'île aux chiens ; Mirai ; Ralph 2.0 ; Spider-Man: Into the Spider-Verse

Meilleur film documentaire
Free Solo ; Hale County This Morning, This Evening ; Minding the Gap ; Of Fathers and Sons ; RBG

Meilleur court-métrage de fiction
Detainment ; Fauve ; Marguerite ; Mother ; Skin

Meilleur court-métrage d’animation
Animal Behaviour ; Bao ; Late Afternoon ; One Small Step ; Weekends

Meilleur court-métrage documentaire
Black Sheep ; End Game ; Lifeboat ; A Night at the Garden ; Period. End of Sentence

Oscars d’honneur

Nos films les plus attendus en 2019 (1/3)

Posté par redaction, le 3 janvier 2019

Première partie
Troisième partie

Le 30 janvier, Si Beale Street pouvait parler, va être l'un de nos films les plus attendus de l'année. Deux ans après l'Oscar du meilleur film pour Moonlight, il s'agit du grand retour de Barry Jenkins, d'après le roman de James Baldwin.

Une semaine avant, ce sera aussi le retour de l'acteur révélé par Moonlight, Mahershala Ali, aux côtés de Viggo Mortensen, avec Green Book, premier film solo et mélo (et chouchou à Toronto) de Peter Farrelly. Dans les deux cas, ces films tenteront s'être oscarisables et oscarisés.

Mais le premier gros coup de semonce hollywoodien sera malgré tout donné par Disney/Universal avec Glass le 16 janvier. M. Night Shyamalan fait un crossover de deux de ses plus gros hits. Box office assuré? Disney comptera aussi dans les premiers mois de l'année sur Dumbo, version non animée de Tim Burton (27 mars) et deux autres adaptations "live action": Aladdin le 22 mai et Le Roi Lion le 17 juillet.

Avec Marvel, il faudra aussi compter sur Captain Marvel, avec l'oscarisée Brie Larson, qui va enfin débarquer sur les écrans le 6 mars, en vue de sauver les Avengers dans Endgame, leur final, le 24 avril. La question est de savoir comment vont revenir à la vie les superhéros, dont Spider-man, dont le prochain opus, Far From Home, est prévu chez Sony le 3 juillet. Et on sait déjà que Chris 'Captain America' Evans tirera sa révérence.

Face à l'Empire, les autres studios contre-attaqueront notamment avec Shazam! en provenance de DC Comics le 3 avril et Alita: Battle Angel, le 13 février, adaptation du manga Gunnm co-scénarisée par James Cameron.

Mais,  pour la SF, c'est peut-être et sans doute Ad Astra de James Gray (22 mai), avec Brad Pitt dans une quête spatiale inattendue, qui nous excite le plus. On le voit mal éviter l'orbite de la Croisette. Parasite signe à la fois le grand retour et le retour aux sources de Bong Joon-ho. On le voit mal échapper à un grand festival.

Car, il y aura aussi tous les films pressentis pour Cannes ou sélectionnés à Berlin d'ailleurs. Le plus emblématique est sans aucun doute Douleur et gloire, le nouvel Almodovar, en salles en Espagne début mars, film quasi autobiographique en lisant le pitch avec Antonio Banderas et Asier Etxeandia. Ou le film de François Ozon, Grâce à Dieu, en compétition à la Berlinale, au cinéma le 20 février, avec un sujet à buzz et trois acteurs "hype" : Melvil Poupaud, Denis Ménochet et Swann Arlaud.

Pas mal de films vus à Cannes, Venise, Toronto l'an dernier ne vont sortir qu'en 2019. A commencer par Un grand voyage vers la nuit, en salles le 30 janvier, film chinois de Bi Gang sélectionné à Un certain regard en mai dernier. Il a récolté 38M$ pour ses premiers jours d'exploitation en Chine. Un exploit pour un film d'auteur.

Sunset, en compétition à Venise: le nouveau film de Laszlo Nemes se déroule dans l'empire austro-hongrois avant la Première guerre mondiale. Sortie le 20 mars. Ou Funan, le film d'animation de Denis Do, prévu le 13 mars, qui a reçu le Grand prix à Annecy. Ou encore C'est ça l'amour, primé à Venise, triomphateur aux Arcs: le film de Claire Burger (Caméra d'or avec Party Girl) est attendu le 27 mars. Et enfin, Les oiseaux de passage, de Ciro Guerra et Maria Camila Arias, qui ont longtemps retardé leur arrivée en provenance de la Quinzaine des réalisateurs, et qui seront en salles le 19 avril.

Ciro Guerra sera peut être doublement dans l'actualité avec son autre film, actuellement en production, Waiting for Barbarians, d'après un roman de J.M. Coetzee et avec Johnny Depp. Autre cinéaste qui passe aux Etats-Unis: le flamand Felix Van Groeningen, avec My beautiful boy, qui réunit Steve Carell et Timothée Chalamet (le 6 février).

Chalamet sera aussi dans le buzz cannois avec l'historique et shakespearien The King, de David Michôd, diffusion Netflix. Netflix mise aussi très gros sur le coûteux The Irishman, de Martin Scorsese avec Joe Pesci, Robert De Niro et Al Pacino. Outre le duo Pacino/De Niro, retrouvez le trio des Affranchis et de Casino est "cinéphiliquement" palpitant.

Des stars, il y en aura beaucoup cette année à l'affiche. Et notamment pas mal d'acteurs et d'actrices qui vont incarner des personnalités existantes ou ayant existé. Kristen Stewart sera Jean Seberg dans All Against Enemies, Christian Bale sera méconnaissable en Dick Cheney dans Vice (13 février), Renee Zellweger sera Judy Garland dans Judy, Jesse Eisenberg sera Marcel "le mime" Marceau dans Resistance, Christian Bale (again) et Matt Damon seront respectivement Ken Miles et Carroll Shelby dans Ford v Ferrari (de James Mangold). La variété débutera dès le 16 janvier avec Keira Knigthley en écrivaine bisexuelle Colette (puis, plus tard dans le calendrier, en lanceuse d'alerte dans Official Secrets). On dansera le rock avec un crocodile de la pop, aka Elton John dans Rocketman, incarné par Taron Egerton (29 mai).

Toujours côté LGBT, on priera pour que le film de Paul Verhoeven, Benedetta, soit le récit d'une nonne sulfureuse italienne d'un autre siècle (Virginie Efira) soit à Cannes. Toujours dans des costumes d'époque, Marie Stuart, Reine d'Écosse (27 février), avec l'affrontement entre Saoirse Ronan et Margot Robbie, promet son lot de "bitcheries. mais sans doute pas autant que dans La favorite, nouvel opus de Yorgos Lanthimos (6 février), avec Olivia Colman, favorite pour un Oscar, Emma Stone et Rachel Weisz. Là encore une histoire de queen, cinq fois nommée aux Golden Globes après un Grand prix et une Coupe Volpi à Venise en septembre.

Première partie
Troisième partie

Les 18 qui ont fait 2018

Posté par vincy, le 1 janvier 2019

Juliette Binoche
On l'a vue chez Kawase et Denis, dans les forêts japonaises et dans l'espace. Nommée pour la 10e fois aux César en février, future présidente du jury de la prochaine Berlinale, elle est aux avant-postes de L'affaire du siècle, la pétition pro-écolo qui veut attaquer l'Etat français pour "crime" environnemental contre l'humanité.

Laure Calamy
Vedette incontestable de la série Dix pour cent, elle a brillé en second-rôle dans des films promis aux César, Nos batailles et Mademoiselle de Joncquières, sans oublier son passage dans Roulez jeunesse. Tout terrain, la comédienne, attendue chez Bertuccelli, Hamidi, Triet et Lespert, a été sacrée par un Molière de la comédienne dans un spectacle de théâtre privé pour Le Jeu de l'amour et du hasard.

Timothée Chalamet
En un an, il se sera imposé comme l'étoile montante à Hollywood. Nommé aux Oscars pour Call Me by Your Name, à l'affiche de Lady Bird et Hostiles, deux films chouchoutés par la critique, il a déjà une deuxième nomination consécutive aux Golden Globes avec Un Garçon magnifique (My Beautiful Boy) de Felix Van Groeningen, qui sort en février. Depuis il a enchainé The King de David Michôd pour Netflix, The French Dispatch de Wes Anderson, Les Quatre Filles du docteur March de Greta Gerwig et prépare Dune de Denis Villeneuve.

Bradley Cooper
Difficile d'échapper à cette star francophone cette année. Il est toujours la voix de Rocket Raccoon dans Avengers, qu'on retrouvera en mai pour le final. Il a aussi retrouvé Clint Eastwood avec La Mule, sorti en fin d'année aux USA et joli succès au box office. Mais c'est évidemment avec A Star Is Born qu'il a marqué les esprits: Il en est l'acteur principal et le producteur, avec Eastwood. Il en est surtout le réalisateur. Son premier film a révélé Lady Gaga en actrice, récolté 5 nominations aux Golden Globes, et amassé près de 400M$ de recettes dans le monde.

Penélope Cruz
Omniprésente, l'actrice espagnole a enchaîné les promos avec Escobar, Everybody Knows, film d'ouverture de Cannes, la série American Crime Story - Versace qui lui a valu plusieurs nominations, dont une aux prochains Golden Globes. Elle a aussi amené du glamour à Paris en recevant un César d'honneur en février. La Cruz continue sa carrière globe-trotter en passant du nouvel Almodovar, celui à qui elle doit beaucoup, Douleur et Gloire, au nouvel Olivier Assayas, Wasp Network.

Alfonso Cuaron
Un Lion d'or à Venise, de probables nominations aux Oscars. Cuaron est incontestablement l'un des grands cinéastes de ce début de siècle, tant par ses succès passés que par le prestige de son œuvre. Roma a fait l'événement: un film ample, splendide, hors des sentiers battus (noir et blanc, en dialecte mexicain, sans structure narrative classique). Sa diffusion sur Netflix a provoqué le débat de l'année sur la chronologie des médias en Italie, en France, aux Etats-Unis. En se différenciant de la production hollywoodienne par son style et sa diffusion, Roma est, quelque part, le symbole d'une époque en mutation.

Michael B. Jordan
Et si c'était lui la star de demain? On va commencer à le croire. Il est l'un des "héros" du hit de l'année, Black Panther. Il est la tête d'affiche de la suite de Creed, gros succès aux USA en fin d'année, prolongeant ainsi la franchise Rocky avec classe. Il a aussi produit et joué dans Kin le commencement, et foulé le tapis rouge de Cannes avec le remake de Fahrenheit 451, téléfilm HBO. Michael B. Jordan enchaîne les projets pour le cinéma et la télévision, acteur comme producteur. Last but not least, il est apparu dans le clip de Family Feud de Jay-Z et Beyoncé.

Wanuri Kahiu
La réalisatrice kényane de Rafiki a été la première de son pays à être sélectionnée à Cannes. Le film, une histoire d'amour entre deux femmes de Nairobi, est aussi l'un des rares du continent africain à être distribué en France cette année (et aux USA l'année prochaine). La cinéaste montre ainsi que le cinéma africain peut exister et s'exporter. Il a surtout été au cœur de l'actu avec un gouvernement, pourtant co-financeur du film, qui l'a censuré, symbolisant ainsi deux phénomènes de sociétés remarqués là-bas ou ailleurs: l'homophobie et l'atteinte à la liberté d'expression.

Hirokazu Kore-eda
Une Palme d'or à Cannes, c'est le sacre suprême pour ce réalisateur adoré plus souvent à l'extérieur de son pays. Une affaire de famille a fait consensus: gros succès au Japon, mais aussi en Chine. Il n'y a bien que le premier ministre, Shinzo Abe, qui n'a pas apprécié cette observation des exclus de la société nippone. Cela ne l'empêchera pas d'être l'un des favoris aux Oscars. San Sebastian lui a décerné un prix honorifique pour son œuvre. Et depuis, le réalisateur japonais a tourné en France l'un des films qui fera l'événement de l'année 2019, La vérité, avec Deneuve, Binoche et Hawke.

Vincent Lacoste
Impossible de passer à côté de l'acteur français cette année. Il a été jeune homo provincial dans Plaire, aimer et courir vite, en compétition à Cannes et Prix Louis-Delluc. Il fut étudiant déterminé en médecine dans Première année, un des films millionnaires en entrée en France. Et puis on l'a vu, différemment, touchant et mélancolique, dans Amanda, Grand prix du festival de Tokyo, où il affrontait les conséquences d'un attentat avec sa jeune nièce. Lacoste a définitivement changé de statut cette année, gagnant ses gallons d'acteur dramatique.

Gilles Lellouche
Mieux que Cassel et Canet, la star du cinéma français cette année fut Lellouche. On passera sur l'échec de L'amour est une fête, pourtant pas mauvais. Son année a débuté avec une nomination aux César, sa troisième seulement, pour Le sens de la fête. Elle se termine avec le joli succès de Pupille, où il continue de dévoiler une facette plus sensible. Mais c'est évidemment avec sa réalisation, 14 ans après son premier film, Le grand bain, qu'il laisse une empreinte dans le cinéma français: hors-compétition à Cannes, où il a été chaleureusement accueilli, il a enregistré 4,2 millions d'entrées, se classant 3e des films français de l'année, devant Taxi 5!

Thomas Lilti
Première année est son troisième hit d'affilée, et son troisième film sur le milieu médical. Il conforte ainsi son style, mélange de récit documenté et de comédie dramatique autour de personnages passionnés et dépassés. Paradoxalement, c'est pourtant avec la série télévisée Hippocrate, déclinée de son deuxième film éponyme sorti en 2014, avec Vincent Lacoste, qu'il a frappé le plus fort. La série Hippocrate, sur Canal +, est sans doute la plus belle réussite française dans ce format. Toujours en explorant les urgences, réas et autres services hospitaliers à travers un groupe de quatre internes, il pose un regard lucide et acide sur le système de santé. Brillant.

Félix Maritaud
L'espoir masculin de l'année. Avec sa belle gueule, son air farouche, ses tatouages, le comédien révélé il y a un an avec 120 battements par minute, s'est installé dans le paysage cinématographique "arty". Prix Louis Roederer de la révélation au Festival de Cannes et Valois de l'acteur au Festival du film francophone d'Angoulême, il a séduit par son charisme et son magnétisme dans Sauvage de Camille Vidal-Naquet. Il était aussi à Cannes, dans un petit rôle, avec Un couteau dans le cœur de Yann Gonzalez. Toujours enfermé dans les personnages gays, un peu marginaux, un peu en perdition, il a aussi porté la fiction d'Arte, Jonas de Christophe Charrier. On l'a enfin vu dans quatre courts. Une année bien remplie.

Marvel
Grand triomphateur de la saison, humiliant Star Wars, Pixar et autres marques de la galaxie Disney ou tout simplement du cosmos hollywoodien. Les super-héros ne sont pas prêts de mourir. Rien qu'aux USA, Black Panther et Avengers: Infinity War sont devenus les deux films Marvel les plus prospères du box office avec respectivement 700M$ et 680M$. Au BO américain, les deux films dominent l'année, mais Deadpool 2 (320M$) et Venom (215M$) se classent dans le Top 10 également. Et n'oublions pas le carton du film animé Spider-Man: Into The Spider-Verse (New Generation) qui file vers les 100M$ et une nomination aux Oscars. Ces 5 films ont récolté 5,2 milliards de dollars dans le monde. Une domination quasi sans partage qui se double, cette année, de bonnes critiques et même d'éloges pour ses audaces concernant Black Panther et le Spider-Man animé.

Netflix
Impossible de passer à côté de la plateforme de streaming cette année. D'un côté, elle cartonne en nombre d'abonnés (140 millions). De l'autre, elle donne une force de frappe aux séries (La casa del papel, Bodyguard, The Crown, Maniac, Stranger Things, OITNB, Mindhunter...) qui les rendent aussi bien cultes que populaires, lançant de nouvelles stars par la même occasion. Ses documentaires sont plébiscités par la critique et cités dans les palmarès. Désormais c'est le long métrage qui est la nouvelle ambition : des prix à foison à Venise, de possibles nominations aux Oscars à venir, Netflix est déjà le deuxième pourvoyeur de nominations aux Golden Globes. Reste à savoir si Cannes va passer à côté de noms prestigieux que la plateforme achète à prix d'or...

Hong Sang-soo
A 58 ans, le cinéaste sud-coréen n'arrête plus de tourner. Variations sur le même thème, et même sur le même "t'aime". On a pu ainsi voir Seule sur la plage la nuit, prix d'interprétation féminine pour sa muse Kim Min-hee à Berlin en 2017, La Caméra de Claire, avec Isabelle Huppert, et Grass, le plus abouti de tous, tout aussi romantique et existentialiste que les autres. Et c'est sans compter la rétrospective qui lui a été consacré à Bruxelles et Hotel by the River, qui lui a valu cet été le prix du meilleur acteur à Locarno pour Joo-Bong Ki, et trois prix, dont celui du meilleur film, au festival de Gijon. Tranquillement, il créé une œuvre "monstre" de films plus ou moins courts, pas si spontanés. Une respiration continuelle où chaque battement de cœur devient un petit bijou.

Steven Spielberg
40 ans après sa première nomination à l'Oscar du meilleur réalisateur, l'homme le plus puissant d'Hollywood et l'un des rares producteur-réalisateur star du cinéma est toujours au top. Après l'échec du Bon gros géant, il a su rebondir deux fois. Avec un drame politique, Pentagon Papers, sorti en janvier: nommé à l'Oscar du meilleur film, succès au box office (1,3 million d'entrées en France, 165M$ dans le monde). Avec un divertissement régressif et futuriste merveilleux, Ready Player One, triomphe en salles (2,2 millions d'entrées en France, 582M$ dans le monde). Spielberg est toujours un roi. Comme producteur, il sait que Bumblebee ne sera pas un carton, mais il peut compter sur la franchise Jurassic née il y a 25 ans, avec un nouvel opus plus que rentable (1,3 milliard de $ dans le monde). Le vétéran se porte bien et prépare une nouvelle version de West Side Story.

Sony veut profiter du carton de Spider-Man : New Generation

Posté par vincy, le 15 décembre 2018

48000 entrées mercredi pour son premier jour d'exploitation. 3,5M$ jeudi soir pour ses premières séances nord-américaines et un week-end au dessus des 40M$ selon les prévisions. Spider-Man: New Generation, le film d'animation de Sony, est parti pour être un carton.En plus d'être un prétendant à l'Oscar du meilleur film d'animation. Le film est nommé aux Golden Globes, aux Annie Awards (7 citations) et a été distingué par les critiques de New York, Los Angeles et Chicago.

Pas étonnant si Sony Pictures a prévu de développer d'autres films animés autour du super-héros Marvel, en plus de la nouvelle franchise avec Tom Holland dans la peau de Peter Parker, dont le prochain film sera dans les salles début juillet.

Le studio a demandé aux producteurs, Amy Pascal, Avi Arad, Phil Lord et Christopher Miller de préparer d'autres films: une suite avec le jeune héros Miles Morales, qui sera réalisée par Joaquim Dos Santos, et un spinoff animé, très #MeToo, Spider-Women autour de trois générations de femmes dotées des super-pouvoirs de l'araignée radioactive, où on peut retrouver d'ailleurs Spider-Gwen. Bek Smith écrit déjà la première version.