Cannes 2012 : Cannes Classics, éclectique

Posté par vincy, le 26 avril 2012

Révélation de la sélection Cannes Classics, la sélection "patrimoniale" du festival de Cannes. 13 longs métrages, 2 courts métrages, un mini-concert et  4 documentaires, tous en avant-première mondiale.

Et c'est aussi varié que réjouissant.

Comme nous vous l'avions annoncé sur notre page Facebook, l'événement sera bien entendu la présentation en copie restaurée et reconstruite (avec 25 minutes de scènes additionnelles) d'Il était une fois en Amérique, de Sergio Leone. Le film épique a été remasterisé par La Film Foundation, présidée par Martin Scorsese. Robert De Niro, Elizabeth McGovern et Jennifer Connelly acompagneront la projection.

Pathé présentera la version restaurée de Tess, le film césarisé de Roman Polanski. Le cinéaste a lui-même supervisé le travail et, avec son actrice principale Nastassja Kinski, sera de la projection.

Pour les 100 ans d'Universal Pictures et les 40 ans de cinéma de Steven Spielberg, Cannes Classics diffusera Les dents de la mer dans une copie neuve.

Autre centenaire, celui du cinéaste japonais Keisuke Kinoshita, né en 1912 (et mort en 1998). La sélection a retenu La ballade de Narayama, dont le remake de 1983 avait obtenu la Palme d'or. Cette première version, l'adaptation du roman de Shichirô Fukazawa, avait été en lice pour le Lion d'or 1958. Le film sera distribué en France par MK2.

Autre anniversaire, le grandiose Lawrence d'Arabie de David Lean, qui célèbre ses 50 ans et sera projeté avec une nouvelle restauration en format 4K.

Le Festival de Cannes fêtera aussi le trentième anniversaire de la Cinémathèque de la Danse (Paris) avec trois films : A Great Day un Harlem de Jean Bach (1994) et deux courts métrages, An All Colored Vaudeville Show et Jammin The Blues.

Dans le cadre du projet "Rescue the Hitchcock 9", initié par les Archives nationales du British Film Institute, visant à sauver les 9 films muets du Maître du suspens, Cannes proposera Le masque de cuir (The Ring, 1927), triangle amoureux entre un jeune boxeur, son épouse et un champion de boxe, avec un ciné-concert joué par le musicien Stephen Horne.

Cannes prolonge aussi sa collaboration avec la cinémathèque de Bologne et l'Insititut Luce Cinecittà qui ont lancé le projet Rossellini afin de faire revivre les oeuvres du grand réalisateur néo-réaliste. Cette année, la Croisette accueillera Voyage en Italie, avec Ingrid Bergman.

La World Cinema Foundation présentera After the Curfew, film indonésien de 1954 d'Usmar Ismail et Kalpana, film indien de 1948 d'Uday Shankar.

Côté cinéma russe, le Festival profitera de la présence d'Andrei Konchalovsky pour projeter la copie neuve de son film d'action Runaway Train. Ce film de 1985, avec Jon Voight, Eric Roberts et Rebecca De Mornay avait reçu trois nominations aux Oscars et il avait été sélectionné en compétition à Cannes en 1986.

Les Archives françaises du film du CNC présenteront une restauration de Cléo de 5 à 7, le film culte d'Agnès Varda, qui sera là pour l'occasion.

Dans le cadre d'un hommage rendu par le Festival à Georges Lautner, une projection des Barbouzes, dont les dialogues ont été écrits par Michel Audiard. Cette comédie de 1964 met en vedette Lino Ventura, Francis Blanche, Bernard Blier et Mireille Darc.

Les quatre documentaires choisis mettront en lumière quatre réalisateurs : Woody Allen (Woody Allen : A Documentary, Robert Weide), Jerry Lewis (Method to the Madness of Jerry Lewis, Gregg Barson), John Boorman (Me and Me Dad, Katrine Boorman) et Claude Miller (Claude M le cinéma, Emmanuel Barnault). L’hommage à Claude Miller se poursuivra en clôture du Festival avec la présentation de son dernier film en Sélection officielle, Thérèse Desqueyroux.

7 British Awards pour The Artist : ça laisse sans voix !

Posté par vincy, le 12 février 2012

Dimanche 12 février, les BAFTAS (Oscars britanniques) ont décerné leurs prix, lançant la grande saison européenne, avant les Césars, les Goyas et les Donatello. The Artist s'avance un peu plus vers les Oscars avec 7 récompenses, dont quatre majeures (film, réalisateur, acteur, scénario). C'est la première fois depuis Philippe Noiret (Cinéma Paradiso) qu'un comédien français gagne ce prix.Dans la catégorie film, The Artist succède ainsi à d'autres films français : Jeux interdits, Le salaire de la peur, Jean de Florette et Le Pianiste.

Le prix du meilleur film étranger a été remis à Pedro Almodovar avec La Piel que habito. Il l'avait déjà obtenu pour Tout sur ma mère et Parle avec elle. Il devient ainsi le cinéaste étranger le plus primé de l'histoire de l'Académie britannique.

Enfin, Meryl Streep emporte son deuxième trophée anglais de sa carrière (et oui seulement), 20 ans précisément après celui de La Maîtresse du lieutenant français.

________

Le palmarès

Academy Fellowship : Martin Scorsese

Contribution exceptionnelle au cinéma britannique : John Hurt

Orange Rising Star (prix du public) : Adam Deacon

The Artist : film, réalisateur, acteur (Jean Dujardin), scénario, musique, image, costumes

La taupe : film britannique, scénario adaptation

La dame de fer : actrice (Meryl Streep), maquillages

Beginners : second rôle masculin (Christopher Plummer)

La couleur des sentiments : second rôle féminin (Octavia Spencer)

Tyrannosaur : premier film

Senna : documentaire, montage

La piel que habito : film en langue étrangère

Rango : film d'animation

Hugo Cabret : décors, son

Harry Potter et les reliques de la mort, 2e partie : effets spéciaux

A Morning Stroll : court métrage animé

Pitch Black Heist : court métrage

Oscars 2012 : des nominations entre nostalgie et gros oublis

Posté par vincy, le 24 janvier 2012

Toutes les nominations par catégorie

On pourra toujours se ravir de la présence française dans ses Oscars : 10 nominations pour The Artist (un record pour une production frenchy), toutes pour des talents hexagonaux ; Une vie de chat dans une catégorie animation sans aucun film Pixar (une première depuis des lustres), sans Tintin et sans Rio ; 11 nominations pour Hugo Cabret et 4 autres pour Minuit à Paris, tous les deux tournés dans la capitale française... Ces Oscars auront une "french touch" particulière, une fois n'est pas coutume. Etrangement, que ce soit pour Minuit à Paris, Hugo Cabret ou The Artist, la nostalgie imprègne cette liste, avec des films renvoyant au passé, voire en faisant l'éloge d'un temps oublié (le cinéma muet, le cinéma de Méliès, le Paris intellectuel de l'entre deux guerres). Ce que conforte le nombre impressionnant d'histoires en costume dans la liste des 9 nommés au titre de meilleur film.

Si l'on s'en tient aux favoris, Hugo Cabret devance d'une nomination The Artist, même si le film d'Hazanavicus équilibre davantage ses citations entre les catégories techniques et artistiques. D'autres films sont nommés plus de cinq fois : Cheval de guerre (mais pas Spielberg), Le stratège, The Descendants et Millénium (mais rien pour le réalisateur ou le film).
A l'inverse on peut s'étonner que des films comme Extremely Loud & Incredibly Close soit nommé en meilleur film alors qu'il n'a qu'une autre nomination ou que La couleur des sentiments ne se voit pas honoré en meilleure adaptation.
On est agréablement surpris de voir Une séparation reconnu aussi pour son scénario, Pina de Wenders cité dans les meilleurs documentaires, le cinéma québécois deux fois reconnu (Monsieur Lazhar en film en langue étrangère et Dimanche en court métrage animé).

Et puis on grimace, fortement, face aux oublis, qui confirment la tendance conformiste de cette cérémonie : Tilda Swinton, Tintin, Drive (une fois de plus les Oscars n'ont pas de tripes), Ryan Gosling (l'acteur de l'année), Leonardo DiCaprio et J.Edgar, Take Shelter (et ses comédiens), Le projet Nim, Michael Fassbender. On se plaignait de l'absence de risques des Golden Globes ; et finalement les Globes apparaissent comme "dangereusement" avant-gardistes comparés aux Oscars.

Golden Globes 2012 : un palmarès sans audace

Posté par vincy, le 16 janvier 2012

Si deux vainqueurs se détachent - The Artist (toute l'équipe en photo) et The Descendants, chacun primé dans leur catégorie comme meilleur film mais aussi comme meilleur acteur - ces Golden Globes 2012, un peu tièdes malgré quelques beaux éclats (Madonna, Felicity Huffman et William H. Macy, George Clooney, Jean Dujardin, Morgan Freeman) ont été à la (faible) hauteur des nominations. Le palmarès a saupoudré ses récompenses, essayant de n'oublier personne : les poids lourds sont repartis avec au moins un prix : Steven Spielberg, Martin Scorsese, Meryl Streep, Woody Allen, Madonna... La couleur des sentiments n'a pas subit d'humiliation avec une statuette. Une séparation a continué sa razzia de prix internationaux.
Mais, quelle absence de panache! les Golden Globes ne distinguent plus le grain de l'ivraie. Spielberg, Scorsese, Clooney, Streep, Winslet (en TV), Allen avaient déjà tous été honorés par un, deux, trois, Golden Globes dans le passé. Ce sentiment de répétition entraîne forcément une banalisation. On le voit dans la catégorie des meilleurs interprètes. Une actrice doit incarner une personnalité mythique dans un (mauvais) biopic et c'est la martingale. Un acteur doit être charmeur et drôle pour séduire les votants.
On se dira juste que ces GG étaient très européanisés : Tintin, Hugo Cabret, Minuit à Paris, My Week with Marilyn, La dame de fer et d'une certaine manière The Artist. Mais sur scène, c'était les stars hollywoodiennes qui faisaient le show. Un paradoxe ?

Tout le palmarès

Martin Scorsese soutient Le Jour le plus court

Posté par vincy, le 8 décembre 2011

A l'occasion de son voyage promotionnel à Paris pour la sortie du film Hugo Cabret, Martin Scorsese a accepté d'apporter son soutien à la grande fête du court métrage initiée par le CNC, Le jour le plus Court.

L'événement aura lieu le 21 décembre 2011.

Martin Scorsese a tenu à saluer, auprès de Thierry Frémaux, Délégué général du Festival de Cannes, et Eric Garandeau, P-DG du CNC, "l'initiative qui permet de faire la promotion du format court auprès d'un large public partout en France" selon les termes du communiqué.

Mélies sur trois écrans géants à la Gare Montparnasse

"Ce soutien marque aussi l'attachement de Martin Scorsese au réalisateur Georges Méliès dont on célèbre cette année le 150ème anniversaire de la naissance" et qui est la vedette du film Hugo Cabret. A l'occasion du Jour le plus Court, le public pourra découvrir 4 films de Mélies toute la journée, au coeur de la Gare Montparnasse, sur 3 écrans géants. Dans Hugo Cabret, Mélies tient une boutique de jouets et de confiserie au coeur de la gare...

Ecran Noir fêtera aussi le court métrage ce jour-là (voit lejourlepluscourt.com).

Pour le National Board of Review, Hugo Cabret est le meilleur film de l’année

Posté par vincy, le 1 décembre 2011

Créés en 1929, le National Board of Review, composé d'une centaine de professionnels, étudiants, professeurs du cinéma, remet ses prix. Ces dernières années, quasiment tous les films sélectionnés ont récolté des citations aux Oscars, mais depuis les années 2000, hormis No Country for Old Men et Slumdog Millionaire, aucun n'a remporté l'Oscar du meilleur film.

Meilleur film, le merveilleux Hugo Cabret de Martin Scorsese succède ainsi à The Social Network, In the Air, Slumdog Millionaire, ... Scorsese repart aussi avec le prix du meilleur réalisateur. C'est la troisième fois qu'il obtient ce prix après L'âge de l'innocence et Les infiltrés. Un record dans l'histoire du palmarès.

Avec The Descendants, George Clooney reçoit aussi le prix du meilleur acteur pour la troisième fois, après Michael Clayton et In The Air. Le film d'Alexander Payne a aussi obtenu le prix du meilleur second rôle féminin, pour Shailene Woodley et le prix de la meilleure adaptation.

Favori pour l'Oscar du film en langue étrangère, Une séparation ne faillit pas à son buzz : il accumule ici un prix supplémentaire.

Enfin signalons la présence de The Artist dans la liste des 10 meilleurs films de l'année - au total, sept films présentés au Festival de Cannes sont distingués - et d'A bout portant dans celle des 5 meilleurs films étrangers.

Les autres prix :

Meilleure actrice: Tilda Swinton, We Need to Talk About Kevin

Meilleur second rôle masculin: Christopher Plummer, Beginners

Meilleur scénario: 50/50

Meilleur film d'animation: Rango

Meilleurs espoirs: Felicity Jones, Like Crazy et Rooney Mara, The Girl with the Dragon Tattoo

Meilleur réalisateur d'un premier film: J.C. Chandor, Margin Call

Meilleur casting d'ensemble: La couleur des sentiments

Prix Spotlight: Michael Fassbender (A Dangerous Method, Jane Eyre, Shame, X-Men: First Class)

Prix de la liberté d'expression: Crime After Crime et Pariah

Meilleur documentaire: Paradise Lost 3: Purgatory

Prix spécial pour son accomplissement dans le cinéma : la franchise Harry Potter pour son adaptation distinguée des livres au films

Les autres listes :

Les 9 autres films du Top 10
The Artist ; The Descendants ; Drive ; The Girl with the Dragon Tattoo ; Harry Potter et les Reliques de la mort, 2e partie ; Les marches du pouvoir ; J. Edgar ; Tree of Life ; Cheval de guerre

Les 5 meilleurs films étrangers
13 Assassins ; Elite Squad: The Enemy Within ; Footnote ; Le Havre ; A bout pourtant

Les 5 meilleurs documentaires
Born to be Wild ; Buck ; George Harrison: Living in the Material World ; Project Nim ; Senna

Les 10 meilleurs films indépendants
50/50 ; Another Earth ; Beginners ; A Better Life ; Cedar Rapids ; Margin Call ; Shame ; Take Shelter ; We Need To Talk About Kevin ; Win Win

Scorsese va faire son Bonhomme de neige

Posté par vincy, le 24 novembre 2011

Martin Scorsese quitte le monde de l'enfance (Hugo Cabret est présenté aujourd'hui à la presse française) pour s'immerger dans les polars norvégiens de Jo Nesbø. Un drame bien sombre : The Snowman (en français Le bonhomme de neige, paru dans la Série Noire de Gallimard en 2008). Le scénario est signé Matthew Michael Carnahan (Le royaume, Lions et agneaux, jeux de pouvoir, World War Z). Le projet est produit par Working Title.

The Hollywood Reporter confirme qu'il s'agira probablement du prochain film du cinéaste. L'écrivain aurait donné son accord personnel. Etrange, cependant, de commencer les aventures du détective Harry Hole par sa septième aventure.

Le bonhomme de neige se déroule à Oslo, en novembre 2004. Un bonhomme de neige apparaît mystérieusement dans le jardin de la famille Becker. La nuit même, Birte, la mère, disparaît, laissant pour seule trace son écharpe rose autour du cou du bonhomme de neige. Katherine Bratt, nouvelle dans l'équipe d'Harry Hole fait le lien avec de nombreuses autres disparitions de mères de famille dont le corps n'a pas été retrouvé ou juste une partie.

Scorsese prépare deux autres films : le drame historique autour de deux prêtres jésuites au Japon au XVIIe siècle, Silence, avec Daniel Day-Lewis, Benicio del Toro et Gael Garcia Bernal (voir actualité du 17 mars), et le biopic Sinatra avec Leonardo DiCaprio. Il a aussi accepté de réaliser un biopic autour du couple Liz Taylor / Richard Burton (voir actualité du 5 juin).

Le guide de la rentrée (1) : 15 films incontournables venus du monde entier

Posté par MpM, le 2 septembre 2011

L'automne sera cinématographique ou ne sera pas. D'ici fin 2011 vont en effet défiler sur nos écrans certains films parmi les plus alléchants de l'année. Derrière la caméra, on retrouve de grands cinéastes, dont chaque nouvelle œuvre est un événement en soi, et des auteurs plus "récents" avec lesquels il faudra désormais compter. Pour commencer ce petit florilège forcément subjectif des incontournables de la rentrée, quinze longs métrages venus du monde entier (et classés par date de sortie) que l'on a d'ores et déjà très envie de (re)découvrir.

Et maintenant on va où ? de Nadine Labaki
Sortie le 14/09
Un de nos coups de coeur de Cannes. Mélange de comédie musicale et de fable politique, le 2e film de la jeune réalisatrice-actrice libanaise parle de tolérance, d'humanisme et de solidarité avec des accents si sincères et justes qu'il nous bouleverse. On veut croire en son utopie intelligente et optimiste pour régler les conflits religieux et ethniques.

Attenberg de Athina Tsangari
Sortie le 21/09
Depuis Canine en 2009, le cinéma grec suscite chez le cinéphile à la fois curiosité et désir. Comme si les cinéastes du pays avaient le secret pour nous livrer des oeuvres audacieuses et atypiques réinventant à elle seule un univers d'étrangeté, de sensualité et d'intimité auquel le langage cinématographique apporte une véritable universalité. C'est en tout cas exactement l'impression provoquée par Attenberg, conte plus doux qu'amer sur l'être humain, la jeunesse et l'existence en général.

We Need to Talk About Kevin de Lynn Ramsay
Sortie le 28/09
Si l'on ne devait retenir qu'une chose de cette adaptation du roman de Lionel Shriver, ce serait le regard au-delà de toute douleur de son actrice principale, Tilda Swinton, qui réalise une performance violente et subtile à la fois en mère d'un adolescent assassin. A voir aussi pour l'audace esthétique et formelle de la réalisatrice, qui ose une proposition de cinéma radicale, étouffante, et au final envoutante.

Ceci n’est pas un film de Jafar Panahi
Sortie le 28/09
Tourné alors que le réalisateur iranien est en résidence surveillé, frappé d'une interdiction de tourner, ce journal filmé en forme de déclaration d'amour au métier de cinéaste prend forcément un relief particulier. On y sent l'absolue nécessité qu'a Panahi du cinéma, et à quel point ce besoin est réciproque.

Drive de Nicolas Winding Refn
Sortie le 05/10
Le jury présidé par Robert de Niro a logiquement récompensé d'un prix de mise en scène ce thriller brillant, esthétique à outrance et ultra-violent où la musique, le cadre et l'image subliment une intrigue minimaliste mais terriblement efficace. Nicolas Winding Refn s'inspire à la fois des polars US des années 80 et du cinéma d'action asiatique, pour mieux réinventer un genre dont on ne se lasse pas.

Love and bruises de Lou Ye
Sortie le 2/11
Film après film, le réalisateur chinois nous intrigue, entre récits intimistes, sensualité feutrée et propos politique. Pour raconter cette nouvelle histoire d'amour violente et passionnée, il est venu tourner à Paris, avec un casting principalement français : Jalil Lespert, Vincent Rottiers, et surtout Tahar Rahim, la brûlante révélation du Prophète de Jacques Audiard. On est curieux de découvrir ce que l'exil, et la totale liberté d'action, vont apporter à son travail.

Contagion de Steven Soderbergh
Sortie le 9/11
Un virus mortel se répand à la vitesse de l'éclair, laissant la communauté médicale démunie et impuissante... Un point de départ classique mais prometteur pour le nouveau thriller de l'insatiable réalisateur américain, qui réunit devant sa caméra rien de moins que Matt Damon, Kate Winslet, Jude Law, Marion Cotillard, Gwyneth Paltrow et Laurence Fishburne. De quoi frôler l'épidémie de talent...

A Dangerous Method de David Cronenberg
Sortie le 30/11
Viggo Mortensen en Sigmund Freud, Michael Fassbender en Carl Jung, et Keira Knightley en patiente "hystérique". Le cinéaste canadien s'attaque au père de la psychanalyse, et à ses relations complexes avec l'un de ses plus célèbres collaborateur, et il n'en faut pas plus pour faire fantasmer les cinéphiles.

Le Cheval de Turin de Bela Tarr
Sortie le 30/11
Pour son dernier film annoncé, le cinéaste hongrois réalise une oeuvre-somme qui peut être prise comme un testament, ou un ultime pied de nez. On y suit le quotidien austère et répétitif d'un fermier et de sa fille, filmé dans un noir et blanc riche en contrastes et en clairs-obscurs. Couronné d'un Ours d'argent à Berlin, cet envoûtant (et radical) Cheval de Turin incarne  la quintessence d'un cinéma esthétique et sensoriel qui réinvente l'expérience même du cinéma.

The Lady de Luc Besson
Sortie le 30/11
Avec ce film, Luc Besson surgit sur un terrain où on ne l'attendait guère, celui du film biographique. The lady retrace en effet une période de la vie d'Aung San Suu Kyi, célèbre opposante à la junte militaire birmane, en mettant l'accent sur la relation extrêmement forte qui l'unissait à son mari, décédé en 1999. Michelle Yeoh, qui a parlé la première du projet à Luc Besson, incarne la prix Nobel de la paix aux côtés de David Thewlis.

Take shelter de Jeff Nichols
Sortie le 7/12
Plongée paranoïaque dans le quotidien d'un homme tiraillé à la fois par la peur de la folie et par la peur d'avoir raison contre tous, Take shelter est un thriller poisseux et minimaliste, anxiogène et étouffant, qui laisse le spectateur exsangue et à bout de souffle. Devant la caméra implacable de Jeff Nichols, Michael Shannon est exceptionnel en homme submergé par l'irrationnel.

Sur la route de Walter Salles
Sortie le 7/12
On ne sait pas ce qu'il y a de plus excitant dans cette adaptation ambitieuse du roman culte de Jack Kérouac : le frisson de voir transposé à l'écran le manifeste de toute une génération ?  Le bonheur de retrouver Walter Salles derrière une caméra ? Ou encore la curiosité de découvrir Sam Riley, l'inoubliable Ian Curtis de Control, dans un rôle une fois encore mythique ?

Carnage de Roman Polanski
Sortie le 7/12
Avant même le triomphe de The ghost writer, Roman Polanski avait décidé d'adapter la pièce de Yasmina Reza (Le Dieu du carnage) qui met en scène deux couples réglant leurs comptes après une bagarre entre leurs enfants. Transposé à New York avec l'aide de la dramaturge elle-même (et préparé pendant l'assignation à résidence du cinéaste à Gstaad), Carnage réunit Kate Winslet, Jodie Foster, Christoph Waltz et John C. Reilly.

Hugo cabret de Martin Scorsese
Sortie le 14/12
Chaque nouveau film de Martin Scorsese est un événement en soi... Mais on est d'autant plus excité par ce nouvel opus qu'il lorgne du côté du film d'aventures pour adolescents, s'attaque à la D et se veut en même temps un hommage à l'un des pères fondateurs du cinéma moderne, le génial Georges Méliès. Tout simplement irrésistible.

Shame de Steve McQueen
Sortie le 14/12
Après le choc Hunger, on attend beaucoup du deuxième film de "l'autre Steve McQueen". Shame aborde de manière frontale la question de l'addiction sexuelle, et met en scène un trentenaire new-yorkais ayant de plus en plus de mal à dissimuler sa vraie vie à sa soeur venue vivre chez lui. Le cinéaste, qui retrouve son acteur de Hunger, Michael Fassbinder, ainsi que son directeur de la photographie, Sean Bobbit, et son monteur, Joe Walker, pourrait bien transformer l'essai et revenir tout sauf honteux de Venise où il est sélectionné.

Paramount et Scorsese s’embrasent pour la passion entre Richard Burton et Elizabeth Taylor

Posté par vincy, le 5 juin 2011

Richard Burton / Elizabeth Taylor. Une passion hollywoodienne avec de la vaisselle cassée, des engueulades publiques, de la passion (adultère) exhibée, et deux mariages. Des scandales à profusion, des paparazzis à l'affût, des diamants brillants et des regards noirs. Le premier entre 64 et 74, le second entre 75 et 76. Un film en soi. Ils se sont rencontrés, alors qu'ils étaient mariés, sur le tournage de Cléopâtre en 1961. La Vamp et le Playboy avaient décidé de se conquérir. Les deux égos se sont fracassés.

Histoire fascinante qui ne pouvait qu'inspirer un film (quelques téléfilms ont déjà retracé cette épopée amoureuse). Paramount prépare un long métrage qui a été confié à Martin Scorsese. ce dernier a déjà filmé les coulisses d'Hollywood, notamment dans The Aviator. C'est aussi un grand amoureux du cinéma italien des années 40 aux années 60. Le réalisateur Mike Nichols avait un temps été pressentit.

Il s'agira de l'adaptation du livre Furious Love, de Sam Kashner et Nancy Schoenberg, inédit en France.

Le casting sera sans aucun doute l'un des plus convoités du moment.

Scorsese sortira à la fin de l'année L'invention d'Hugo Cabret, son premier film familial et en 3D. Il a quatre projets en cours, dont un film sur Sinatra et un autre qui signerait ses retrouvailles avec De Niro.

Cannes 2011 : Scorsese et Von Trier vont coréaliser un documentaire

Posté par vincy, le 13 mai 2011

Martin Scorsese and Lars von TrierMartin Scorsese va faire équipe avec Lars Von Trier pour coréaliser ensemble un documentaire, The Five Obstructions.

Il s'agira de la suite d'un film qui a le même titre, que le réalisateur danois avait coréaliser avec Jorgen Leth. Le concept est de lancer cinq défis cinématographiques afin de comprendre au mieuxle processus de réalisation.

Dans le premier film, Von Trier jouait les instructeurs de Leth, qui devait réaliser le remake d'un court métrage cinq fois, avec, à chaque fois, une contrainte à respecter.

Le documentaire sera coproduit par les sociétés des deux cinéastes, Zentropa pour le danois, Sikelia pour l'américain. Le tournage débutera l'an prochain.

Lars Von Trier présentera son nouveau film Melancholia en compétition mercredi. Hugo Cabret, le prochain Scorsese, sortira sur les écrans à la fin de l'année.