[2019 dans le rétro] 40 talents au top

Posté par vincy, le 31 décembre 2019

Le cinéma serait une grande famille. Mais alors façon Downton Abbey. Bien recomposée. Cette année, nombreux sont ceux qui ont su s'imposer dans nos mémoires de cinéphiles, au box office, et surtout à l'écran. Sur les écrans devrait-on dire. Le grand et celui chez soi. Il n'y a plus vraiment de distinction avec la déferlante Netflix, la hausse de la VàD et le succès de masse de certaines fictions télévisuelles. Sans oublier l'écran web, où Adèle Haenel a révélé la première grande affaire #MeToo du cinéma français. Son courage et sa clairvoyance en ont fait un événement marquant de l'année, rebattant les cartes des rapports hommes/femmes dans la profession. Adèle Haenel a été un symbole, pas seulement parce qu'elle a été la jeune fille en feu mais bien parce qu'elle (nous) a mis le feu. Ouvrant les portes anti-incendie à une nécessaire mise à plat. Elle n'a pas joué, cette fois-ci, ni misé pour voir. Elle a abattu ses cartes et déjoué les bluffs de certains.

Trois mondes

Ce sont les patronnes de l'année. Des impératrices dans leur genre. Olivia Colman, avec un Oscar en février pour La favorite, a incarné une reine au bord de la folie, avant de nous éblouir dans les habits d'une autre reine dans la troisième saison de The Crown. Régnante indétrônable sur le cinéma français, Catherine Deneuve continue inlassablement de tourner. Et pour ceux qui doutent encore de sa maestria, il suffit de la voir dans La vérité, où elle déploie tout son talent, sans se soucier de son image, dans une fausse mise en abime d'elle-même. Quant à Scarlett Johansson, elle a brillé (tragiquement) dans le dernier Avengers, plus gros hit de l'année, mais c'est bien son éclectisme qui la rend si spécifique par rapport au reste du cast de Marvel, tournant un second-rôle dans la comédie décalée Jojo Rabbit et poussant son niveau de jeu vers les plus grandes dans Marriage Story.

Les combattants

Ils sont à la fois au sommet du côté du box office, dans leur genre, et engagés, par leurs choix cinématographiques comme par leur parole en promo. Ainsi Adèle Haenel n'a plus sa langue dans sa poche, et fait preuve d'une franchise salutaire, tout en étant sublimée en amoureuse énigmatique dans Portrait de la jeune fille en feu, plus beau film LGBT de l'année. Corinne Masiero affirme ses idées de gauche, cartonne avec son Capitaine Marleau sur France 3 et dans Les Invisibles au cinéma, film sur les exclus. Ladj Ly prend sa caméra pour nous tendre un miroir sur notre société en décomposition avec Les Misérables, sans juger. François Ozon, auréolé d'un grand prix à Berlin avec Grâce à Dieu, a aussi livré un film qui ouvre les yeux, cette fois-ci sur les abus sexuels dans l'Eglise catholique, et leurs conséquences sur l'existence des victimes. En s'aventurant chez les Juifs ultra-orthodoxes de Tel Aviv, Yolande Zauberman, avec M, ne montre pas autre chose: abus sexuels, dévastation psychique, rejet des victimes... De la même région, avec sa fable burlesque et absurde, It must be Heaven, Elia Suleiman poursuit son inlassable lutte pour la paix des peuples dans un monde de plus en plus aliéné et sécuritaire. Avec courage, Waad al-Kateab a filmé Alep sous les bombes dans Pour Sama, exposant l'horreur de la guerre en Syrie.

Naissance des pieuvres

De nombreux nouveaux talents ont émergé, soit autant de promesses cinématographiques. Côté réalisateurs, Levan Akin et Kirill Mikhanovsky, révélés à la Quinzaine des réalisateurs avec respectivement Et puis nous danserons et Give Me Liberty,  ont justement soufflé un vent de liberté autour de "marginaux" avec une vitalité jouissive, que ce soit pour aborder l'homosexualité dans un pays homophobe ou l'exclusion du rêve américain. Côté animation, deux coups de maîtres très loin des standards hollywoodiens ont emballé la critique et fait preuve d'un renouveau esthétique et narratif:  Jérémy Clapin avec J'ai perdu mon corps et Ayumu Watanabe avec Les enfants de la mer. Côté acteurs, on retiendra, la beauté et le charisme de Luca Marinelli dans Martin Eden et Maud Wyler, actrice touche-à-tout et sensible vue dans Alice et le maire, la série Mytho et surtout Perdrix. Sans oublier Mati Diop, qui, avec Atlantique, est l'incarnation de cette promesse de cinéma tant souhaitée, en mariant la fable fantastique, l'épopée romantique et le drame socio-politique avec audace. C'est d'ailleurs le mot qui leur conviendrait le mieux, à chacun.

En liberté !

Ils sont déjà bien installés en haut de l'affiche, et pourtant, ils parviennent encore à nous surprendre. Ils ont tous ce grain de folie nécessaire pour accepter des projets divers ou des films sans barrières. Ils ont tous excellés à des niveaux différents. Qui aurait pu deviner il y a quelques mois qu'Eva Green en astronaute dans Proxima trouverait son plus beau rôle ou que Chiara Mastroianni dans Chambre 212 serait étincelante comme jamais avec un personnage pas très moralement correct? De la même manière, le futur Batman, Robert Pattinson, avec le radical et barré The Lighthouse, et l'éternel OSS 117, Jean Dujardin, hors des sentiers battus dans Le Daim et parfait en contre-emploi dans J'accuse, ont démontré que leur statut ne les bridait pas dans leurs envies de cinéma. Car c'est bien à cela qu'on reconnaît les grands: passer d'une famille à l'autre, sans se soucier des étiquettes. A l'instar d'Anaïs Demoustier (Alice et le maire, Gloria Mundi) et d'Elisabeth Moss (La servante écarlate, Us, Les Baronnes, Her Smell) qui sont à chaque fois justes et convaincantes, peu importe le genre. C'est ce qu'a fait durant toute sa carrière Fanny Ardant, rare césarisée pour un rôle de comédie, dont on perçoit le bonheur de jouer dans La belle époque, elle qu'on ne considère plus comme "bankable". Cette liberté que chacun s'autorise a permis d'ailleurs à la réalisatrice Rebecca Zlotowski de signer à la fois Une fille facile, véritable œuvre personnelle sur le féminin contemporain, et Les sauvages, l'une des meilleures séries françaises, qui plus est politique, de ces dernières années.

120 battements par minute

Ils nous ont fait vibrer avec leur "cinéma". Evidemment, Bong Joon-ho, Palme d'or avec Parasite, est le premier d'entre eux. Son thriller social, dosé parfaitement avec un zest d'horreur et un soupçon de comédie, a été le film palpitant de l'année. Dans le mélange des genres, entre western et drame social, Kleber Mendonça Filho n'est pas en reste avec Bacurau, où le spectacle et le culot sont toujours au service du récit. Tout comme Diao Yinan qui n'hésite pas à revisiter le film noir pour en faire une œuvre d'art avec Le lac aux oies sauvages. Ces films, sous leurs aspects politiques, démontrent qu'il y a encore du grand cinéma possible. C'est d'ailleurs ce que rappelle Martin Scorsese avec son ambitieux The Irishman, coûteux, long, surdimensionné, et presque grandiose, et avec ses prises de paroles coup de poing qui ont créé un débat passionnant sur le 7e art, entre industrie et vision d'auteur. Cette vision intime et personnelle, on la retrouve chez Nadav Lapid qui nous a enthousiasmé avec son film puzzle, Synonymes (Ours d'or), où chaque scène, chaque plan étonne par son imprévisibilité. Et puis, on aurait pu citer Pedro Almodovar, mais c'est son double, Antonio Banderas qui reste dans nos rétines. Douleur et Gloire lui offre une variation infinie sur le même thème, renouant ainsi avec la quintessence de son métier, tout en se révélant sans pudeur, et avec maturité.

Les ogres

Chacun à leur manière, ils ont dévoré l'écran, à chacune de leurs apparitions. Joaquin Phoenix est littéralement le Joker. Le perfectionnisme de l'acteur et la folie de son personnage sont d'ailleurs palpables chez Lupita Nyong'o (Us, Little Monsters) ou chez Christian Bale (Vice, Le Mans 66). Leur exigence n'a rien à envier à ceux qui suivent, mais ils captent la lumière, envahissent l'image et contribuent beaucoup à la réussite de leurs films. On pourrait donc en dire autant, dans des registres un peu moins flamboyants de Mahershala Ali (Green Book, True Detective, Alita : Battle Angel) et de Adam Driver (Marriage Story, The Dead don't die, Star Wars IX). Tous s'imposent par leur prestance physique et leur précision de jeu, peu importe le style de films ou la nature de leurs personnages. Mais en dehors des acteurs, il y a aussi d'autres métiers qui exigent gourmandise, leadership et puissance. On ne peut pas ignorer parmi cette famille Kevin Feige, patron des films Marvel, qui en trois films a rapporté 5 milliards de dollars dans le monde, affirmé son emprise sur le line-up de Disney (y compris Star Wars) et semblé avoir trouvé la martingale pour transformer les super-héros en machines à cash.

Confession d'un enfant du siècle

Guillaume Canet aura réussi un brelan d'as avec Nous finirons ensemble (2,8M d'entrées, 3e plus gros succès de sa carrière), Au nom de la terre (2M d'entrées), et La belle époque (1,3M d'éntrées). Réalisateur ou acteur, cette année fut la sienne, sans qu'il se compromette dans des comédies aux affiches bleutées et criardes. En incarnant un agriculteur dépressif, il a su toucher un large public provincial qui va rarement au cinéma. Après le carton du Grand bain, l'an dernier, il s'est imposé comme l'un des rares talents bankables du cinéma français devant et derrière la caméra. On lui a depuis confié les manettes du prochain Astérix.

Les héros ne meurent jamais

Qu'il soit astronaute au premier plan dans le crépusculaire Ad Astra de James Gray ou doublure cascade d'une vedette sur le déclin dans le jubilatoire Once Upon a Time in Hollywood de Quentin Tarantino, Brad Pitt, 56 ans, est toujours aussi magnétique, beau et cool. Une star de catégorie A, qui remplit un peu toutes les cases précédentes, à la fois ogre et libre, combattant et enfant du siècle (précédent). Il a son style. Capable de s'exhiber torse-poil comme au temps de Thelma et Louise ou de rivaliser avec "Bruce Lee" dans une séquence de combat culte. Il ne semble pas vieillir. Mais il choisit ses films (il se fait rare, a refusé toutes les productions avec super-héros) et surtout ses cinéastes (sa filmographie devient un panthéon assez admirable). De la même manière, comme producteur avec sa société Plan B, il sélectionne des projets engagés, politiques ou sociétaux à l'instar du beau Si Beale Street pouvait parler de Barry Jenkins, du percutant Vice d'Adam McKay et du touchant Beautiful Boy de Felix Van Groeningen.

Critics’ Choice Awards 2020 : The Irishman décroche 14 nominations

Posté par wyzman, le 9 décembre 2019

Longtemps baptisés Broadcast Film Critics Association Award, les Critics’ Choice Awards continuent d’être la cérémonie de remise de prix que l’on a tendance à oublier mais qui en dit long sur la suite de la saison. Organisée chaque année par l’American-Canadian Broadcast Film Critics Association (BFCA) et ce depuis 1996, les Critics’ Choice Awards ont pour ambition de récompenser les meilleures productions cinématographiques et télévisuelles.

Mais à l’inverse de ses concurrentes, cette cérémonie n’a pas peur de changer le nombre de nommés possibles. Une manière de faire qui lui permet cette année de sur-nommer The Irishman de Martin Scorsese (14 mentions) tandis que la série de Netflix When They See Us (6 mentions) fait de l’ombre à celles de NBC et Pop : This Is Us et Schitt’s Creek ne décrochent en effet « que » 5 nominations. On notera bien évidemment les 2 mentions de Once Upon a Time… in Hollywood de Quentin Tarantino ainsi que les 9 nominations de Little Women de Greta Gerwig. Des films qui, à l’instar de The Irishman, devraient terminer leur course aux Oscars, le 9 février prochain.

Avant cela et côté séries, la lutte sera bien évidemment acharnée entre les projets phares de HBO (Game Of Thrones, Watchmen) et ceux de Netflix (The Crown). Si le premier studio a longtemps régné sur les cérémonies de remise de prix, depuis quelques années, l’impact de Netflix n’est plus à prouver. Ainsi, après avoir changé la donne aux Emmy Awards, le géant du streaming peut se vanter d’avoir récolté 61 nominations à travers toutes les catégories quand HBO devra se contenter de 33 mentions… Pour connaître les gagnants des Critics’ Choice Awrads 2020, il faudra simplement attendre le 12 janvier, date à laquelle la cérémonie sera retransmise sur The CW, la chaîne qui diffuse entre autres The Flash, Riverdale et Dynasty.

Meilleur film

1917
Ford v Ferrari
The Irishman
Jojo Rabbit
Joker
Little Women
Marriage Story
Once Upon a Time… in Hollywood
Parasite
Uncut Gems

Meilleur acteur

Antonio Banderas – Pain and Glory
Robert De Niro – The Irishman
Leonardo DiCaprio – Once Upon a Time… in Hollywood
Adam Driver – Marriage Story
Eddie Murphy – Dolemite Is My Name
Joaquin Phoenix – Joker
Adam Sandler – Uncut Gems

Meilleure actrice

Awkwafina – The Farewell
Cynthia Erivo – Harriet
Scarlett Johansson – Marriage Story
Lupita Nyong’o – Us
Saoirse Ronan – Little Women
Charlize Theron – Bombshell
Renée Zellweger – Judy

Meilleur acteur dans un second rôle

Willem Dafoe – The Lighthouse
Tom Hanks – A Beautiful Day in the Neighborhood
Anthony Hopkins – The Two Popes
Al Pacino – The Irishman
Joe Pesci – The Irishman
Brad Pitt – Once Upon a Time… in Hollywood

Meilleure actrice dans un second rôle

Laura Dern – Marriage Story
Scarlett Johansson – Jojo Rabbit
Jennifer Lopez – Hustlers
Florence Pugh – Little Women
Margot Robbie – Bombshell
Zhao Shuzhen – The Farewell

Meilleur.e jeune acteur.trice

Julia Butters – Once Upon a Time… in Hollywood
Roman Griffin Davis – Jojo Rabbit
Noah Jupe – Honey Boy
Thomasin McKenzie – Jojo Rabbit
Shahadi Wright Joseph – Us
Archie Yates – Jojo Rabbit

Meilleur casting

Bombshell
The Irishman
Knives Out
Little Women
Marriage Story
Once Upon a Time… in Hollywood
Parasite

Meilleur réalisateur

Noah Baumbach – Marriage Story
Greta Gerwig – Little Women
Bong Joon Ho – Parasite
Sam Mendes – 1917
Josh Safdie and Benny Safdie – Uncut Gems
Martin Scorsese – The Irishman
Quentin Tarantino – Once Upon a Time… in Hollywood

Meilleur scénario original

Noah Baumbach – Marriage Story
Rian Johnson – Knives Out
Bong Joon Ho and Han Jin Won – Parasite
Quentin Tarantino – Once Upon a Time… in Hollywood
Lulu Wang – The Farewell

Meilleur scénario adapté

Greta Gerwig – Little Women
Noah Harpster and Micah Fitzerman-Blue – A Beautiful Day in the Neighborhood
Anthony McCarten – The Two Popes
Todd Phillips & Scott Silver – Joker
Taika Waititi – Jojo Rabbit
Steven Zaillian – The Irishman


Meilleure photographie

Jarin Blaschke – The Lighthouse
Roger Deakins – 1917
Phedon Papamichael – Ford v Ferrari
Rodrigo Prieto – The Irishman
Robert Richardson – Once Upon a Time… in Hollywood
Lawrence Sher – Joker

Meilleurs décors

Mark Friedberg, Kris Moran – Joker
Dennis Gassner, Lee Sandales – 1917
Jess Gonchor, Claire Kaufman – Little Women
Lee Ha Jun – Parasite Barbara Ling, Nancy Haigh – Once Upon a Time… in Hollywood
Bob Shaw, Regina Graves – The Irishman
Donal Woods, Gina Cromwell – Downton Abbey

Meilleur montage

Ronald Bronstein, Benny Safdie – Uncut Gems
Andrew Buckland, Michael McCusker – Ford v Ferrari
Yang Jinmo – Parasite
Fred Raskin – Once Upon a Time… in Hollywood
Thelma Schoonmaker – The Irishman
Lee Smith – 1917

Meilleurs costumes

Ruth E. Carter – Dolemite Is My Name
Julian Day – Rocketman
Jacqueline Durran – Little Women
Arianne Phillips – Once Upon a Time… in Hollywood
Sandy Powell, Christopher Peterson – The Irishman
Anna Robbins – Downton Abbey

Meilleur maquillage et coiffure

Bombshell
Dolemite Is My Name
The Irishman
Joker
Judy
Once Upon a Time… in Hollywood
Rocketman

Meilleurs effets spéciaux

1917
Ad Astra
The Aeronauts
Avengers: Endgame
Ford v Ferrari
The Irishman
The Lion King

Meilleur film d’animation

Abominable
Frozen II
How to Train Your Dragon: The Hidden World
I Lost My Body
Missing Link
Toy Story 4

Meilleur film d’action

1917
Avengers: Endgame
Ford v Ferrari
John Wick: Chapter 3 - Parabellum
Spider-Man: Far From Home

Meilleure comédie

Booksmart
Dolemite Is My Name
The Farewell
Jojo Rabbit
Knives Out

Meilleur film d’horreur ou de science-fiction

Ad Astra
Avengers: Endgame
Midsommar
Us

Meilleur film en langue étrangère

Atlantics
Les Misérables
Pain and Glory
Parasite
Portrait of a Lady on Fire

Meilleure chanson

"Glasgow (No Place Like Home)" – Wild Rose
"(I’m Gonna) Love Me Again" – Rocketman
"I’m Standing With You" – Breakthrough
"Into the Unknown" – Frozen II
"Speechless" – Aladdin
"Spirit "– The Lion King
"Stand Up" – Harriet

Meilleure bande originale

Michael Abels – Us
Alexandre Desplat – Little Women
Hildur Guðnadóttir – Joker
Randy Newman – Marriage Story
Thomas Newman – 1917
Robbie Robertson – The Irishman


Meilleure série dramatique

The Crown (Netflix)
David Makes Man (OWN)
Game of Thrones (HBO)
The Good Fight (CBS All Access)
Pose (FX)
Succession (HBO)
This Is Us (NBC)
Watchmen (HBO)

Meilleur acteur dans une série dramatique

Sterling K. Brown – This Is Us (NBC)
Mike Colter – Evil (CBS)
Paul Giamatti – Billions (Showtime)
Kit Harington – Game of Thrones (HBO)
Freddie Highmore – The Good Doctor (ABC)
Tobias Menzies – The Crown (Netflix)
Billy Porter – Pose (FX)
Jeremy Strong – Succession (HBO)

Meilleure actrice dans une série dramatique

Christine Baranski – The Good Fight (CBS All Access)
Olivia Colman – The Crown (Netflix)
Jodie Comer – Killing Eve (BBC America)
Nicole Kidman – Big Little Lies (HBO)
Regina King – Watchmen (HBO)
Mj Rodriguez – Pose (FX)
Sarah Snook – Succession (HBO)
Zendaya – Euphoria (HBO)

Meilleur acteur de second rôle dans une série dramatique

Asante Blackk – This Is Us (NBC)
Billy Crudup – The Morning Show (Apple)
Asia Kate Dillon – Billions (Showtime)
Peter Dinklage – Game of Thrones (HBO)
Justin Hartley – This Is Us (NBC)
Delroy Lindo – The Good Fight (CBS All Access)
Tim Blake Nelson – Watchmen (HBO)

Meilleure actrice de second rôle dans une série dramatique

Helena Bonham Carter – The Crown (Netflix)
Gwendoline Christie – Game of Thrones (HBO)
Laura Dern – Big Little Lies (HBO)
Audra McDonald – The Good Fight (CBS All Access)
Jean Smart – Watchmen (HBO)
Meryl Streep – Big Little Lies (HBO)
Susan Kelechi Watson – This Is Us (NBC)

Meilleure série comique

Barry (HBO)
Fleabag (Amazon)
The Marvelous Mrs. Maisel (Amazon)
Mom (CBS)
One Day at a Time (Netflix)
PEN15 (Hulu)
Schitt’s Creek (Pop)

Meilleur acteur dans une série comique

Ted Danson – The Good Place (NBC)
Walton Goggins – The Unicorn (CBS)
Bill Hader – Barry (HBO)
Eugene Levy – Schitt’s Creek (Pop)
Paul Rudd – Living with Yourself (Netflix)
Bashir Salahuddin – Sherman's Showcase (IFC)
Ramy Youssef – Ramy (Hulu)

Meilleure actrice dans une série comique

Christina Applegate – Dead to Me (Netflix)
Alison Brie – GLOW (Netflix)
Rachel Brosnahan – The Marvelous Mrs. Maisel (Amazon)
Kirsten Dunst – On Becoming a God in Central Florida (Showtime)
Julia Louis-Dreyfus – Veep (HBO)
Catherine O'Hara – Schitt’s Creek (Pop)
Phoebe Waller-Bridge – Fleabag (Amazon)

Meilleur acteur de second rôle dans une série comique

Andre Braugher – Brooklyn Nine-Nine (NBC)
Anthony Carrigan – Barry (HBO)
William Jackson Harper – The Good Place (NBC)
Daniel Levy – Schitt’s Creek (Pop)
Nico Santos – Superstore (NBC)
Andrew Scott – Fleabag (Amazon)
Henry Winkler – Barry (HBO)

Meilleure actrice de second rôle dans une série comique

Alex Borstein – The Marvelous Mrs. Maisel (Amazon)
D'Arcy Carden – The Good Place (NBC)
Sian Clifford – Fleabag (Amazon)
Betty Gilpin – GLOW (Netflix)
Rita Moreno – One Day at a Time (Netflix)
Annie Murphy – Schitt’s Creek (Pop)
Molly Shannon – The Other Two (Comedy Central)

Meilleure mini-série

Catch-22 (Hulu)
Chernobyl (HBO)
Fosse/Verdon (FX)
The Loudest Voice (Showtime)
Unbelievable (Netflix)
When They See Us (Netflix)
Years and Years (HBO)

Meilleur téléfilm

Brexit (HBO)
Deadwood: The Movie (HBO)
El Camino: A Breaking Bad Movie (Netflix)
Guava Island (Amazon)
Native Son (HBO)
Patsy & Loretta (Lifetime)

Meilleur acteur de mini-série ou de téléfilm

Christopher Abbott – Catch-22 (Hulu)
Mahershala Ali – True Detective (HBO)
Russell Crowe – The Loudest Voice (Showtime)
Jared Harris – Chernobyl (HBO)
Jharrel Jerome – When They See Us (Netflix)
Sam Rockwell – Fosse/Verdon (FX)
Noah Wyle – The Red Line (CBS)

Meilleure actrice de mini-série ou de téléfilm

Kaitlyn Dever – Unbelievable (Netflix)
Anne Hathaway – Modern Love (Amazon)
Megan Hilty – Patsy & Loretta (Lifetime)
Joey King – The Act (Hulu)
Jessie Mueller – Patsy & Loretta (Lifetime)
Merritt Wever – Unbelievable (Netflix)
Michelle Williams – Fosse/Verdon (FX)

Meilleur acteur de second rôle dans une mini-série ou un téléfilm

Asante Blackk – When They See Us (Netflix)
George Clooney – Catch-22 (Hulu)
John Leguizamo – When They See Us (Netflix)
Dev Patel – Modern Love (Amazon)
Jesse Plemons – El Camino: A Breaking Bad Movie (Netflix)
Stellan Skarsgård – Chernobyl (HBO)
Russell Tovey – Years and Years (HBO)

Meilleure actrice de second rôle dans une mini-série ou un téléfilm

Patricia Arquette – The Act (Hulu)
Marsha Stephanie Blake – When They See Us (Netflix)
Toni Collette – Unbelievable (Netflix)
Niecy Nash – When They See Us (Netflix)
Margaret Qualley – Fosse/Verdon (FX)
Emma Thompson – Years and Years (HBO)
Emily Watson – Chernobyl (HBO)

Meilleure série animée

Big Mouth (Netflix)
BoJack Horseman (Netflix)
The Dark Crystal: Age of Resistance (Netflix)
She-Ra and the Princesses of Power (Netflix)
The Simpsons (Fox)
Undone (Amazon)

Meilleur Talk-show

Desus & Mero (Showtime)
Full Frontal with Samantha Bee (TBS)
The Kelly Clarkson Show (NBC)
Last Week Tonight with John Oliver (HBO)
The Late Late Show with James Corden (CBS)
Late Night with Seth Meyers (NBC)

Meilleur programme comique

Amy Schumer: Growing (Netflix)
Jenny Slate: Stage Fright (Netflix)
Live in Front of a Studio Audience: Norman Lear’s All in the Family and The Jeffersons (ABC)
Ramy Youssef: Feelings (HBO)
Seth Meyers: Lobby Baby (Netflix)
Trevor Noah: Son of Patricia (Netflix)
Wanda Sykes: Not Normal (Netflix)

The Irishman, meilleur film de l’année pour le National Board of Review

Posté par vincy, le 3 décembre 2019

Et à la fin c'est Netflix qui gagne? On va finir par le croire. Le lendemain du palmarès des Gotham Awards qui a couronné une production de la plateforme, Marriage Story, le National Board of Review a sacré la plus grosse prod de Netflix, The Irishman de Martin Scorsese.

Meilleur film de l'année et meilleur scénario adapté, The Irishman part désormais en bonne position pour les Oscars. Le président du NBR a loué le film, "une épopée magistrale qui représente le meilleur de ce que le cinéma peut être. Nous sommes également ravis de présenter notre tout premier prix Icon Award à Scorsese, Robert De Niro et Al Pacino. Ils représentent la véritable définition des icônes du cinéma, chacune avec son propre corpus exceptionnel."

Les membres du NBR ont aussi plébiscités Once Upon a Time in Hollywood en citant Quentin Tarantino comme meilleur réalisateur et Brad Pitt comme meilleur second-rôle masculin (absurde, non?).

Sinon Adam Sandler avec Uncut Gems (récompensé aussi pour son scénario original) prend un ticket pour les prix de l'année, tout comme Renée Zellwegger qui semble favorite pour les Golden Globes et les Oscars pour son incarnation de Garland dans Judy. Par ailleurs, le dernier film de Clint Eastwood, Richard Jewell, repart avec deux prix.

Parasite, sans surprise, a raflé le prix du meilleur film étranger.

Film: The Irishman
Réalisateur: Quentin Tarantino, Once Upon a Time in Hollywood
Acteur: Adam Sandler, Uncut Gems
Actrice: Renée Zellweger, Judy
Second-rôle masculin: Brad Pitt, Once Upon a Time in Hollywood
Second-rôle féminin: Kathy Bates, Richard Jewell
Scénario original: Josh Safdie, Benny Safdie, Ronald Bronstein, Uncut Gems
Adaptation; Steven Zaillian, The Irishman
Révélation: Paul Walter Hauser, Richard Jewell
Réalisateur d'un premier film: Melina Matsoukas, Queen & Slim
Film d'animation: How  to Train Your Dragon: The Hidden World
Film en langue étrangère: Parasite
Documentaire: Maiden
Ensemble du casting: Knives Out
Image: Roger Deakins, 1917
NBR Icon Award: Martin Scorsese, Robert De Niro, Al Pacino
NBR Freedom of Expression Award: Pour Sama
NBR Freedom of Expression Award: Just Mercy

The Irishman en avant-première au Festival Lumière

Posté par vincy, le 19 septembre 2019

Roma l'an dernier, The Irishman cette année. Le Festival Lumière s'offre ainsi, de nouveau, l'autre production majeure de Netflix avec ce film de Martin Scorsese à 180M$. Il sera projeté le 15 octobre en présence du réalisateur, qui avait reçu le Prix Lumière en 2015.

Cette avant-première sera l'une des rares projections en salles du film en France. Robert De Niro, Joe Pesci et Al Pacino en sont les acteurs principaux. Netflix le diffusera à partir du 27 novembre. The Irishman fera son avant-première mondiale le 27 septembre au Festival de New York et son avant-première internationale le 13 octobre à Londres. Il a aussi été sélectionné aux festivals de Rome et de Tokyo.

Cette année, pour son dixième anniversaire, le festival décerne son prix Lumière à Francis Ford Coppola, l'un des autres géants du cinéma américain, double Palme d'or. Frances McDormand, Bong Joon-ho, Donald Sutherland, Marina Vlady, Daniel Auteuil, Gael Garcia Bernal et Marco Bellocchio en sont les invités d'honneur. Un hommage sera aussi rendu à Jim Harrison et une grande rétrospective sera consacrée à André Cayatte.

De Niro et DiCaprio chez Scorsese

Posté par vincy, le 1 août 2019

Alors que Martin Scorsese s'apprête à montrer son plus gros budget cet automne, The Irishman (lire actualité d'hier), la presse professionnelle américaine s'emballe sur une possible réunion entre le cinéaste, son acteur fétiche des années 1970-1990 et son autre acteur fétiche des années 2000-2010, respectivement Robert De Niro et Leonardo DiCaprio.

Les deux acteurs pourraient se retrouver dans Killers of the Flower Moon, qui devrait être le prochain film de Martin Scorsese.

Le réalisateur aurait confirmé la présence de Robert De Niro au générique lors de sa rencontre avec le chef de la nation Osage, Geoffrey Standing Bear, chef de la nation Osage. de Niro incarnerait le tueur en série William Hale.

Leonardo DiCaprio et Martin Scorsese ont lancé le projet il y a deux ans. Il s'agit de l'adaptation du polar Killers of the Flower Moon: The Osage Murders and the Birth of the FBI, livre signé David Grann (La cité perdue de Z), traduit en France sous le titre La note américaine. Au départ le film devrait être tourné l'année dernière, mais Scorsese a pris du retard sur The Irishman et DiCaprio, entre temps, s'était engagé sur le nouveau Tarantino, Once Upon a Time in Hollywood.

Une des premières enquêtes du FBI

Le scénario est écrit par Eric Roth (Forrest Gump, Benjamin Button). L'histoire se passe dans les années 1920. Alors que l'on découvre du pétrole dans le sol de l'Oklahoma, des membres de la nation Osage, une tribu amérindienne affiliée aux Sioux, sont mystérieusement tués. Ce sera l'une des premières grandes enquêtes du FBI. Les agents découvrent une gigantesque conspiration et met au jour une série de crimes choquants et effrayants.

Paramount doit distribuer le film.

De Niro et DiCaprio ont déjà été réunis deux fois au cinéma, dans Blessures secrètes de Michael Caton-Jones (1993) et Simples secrets de Jerry Zaks (1996). Scrosese les a aussi fait jouer ensemble, avec Brad Pitt, dans le court métrage The Audition.

Netflix dégaine The Irishman de Martin Scorsese

Posté par vincy, le 31 juillet 2019

C'est le plus gros budget pour un film de Martin Scorsese (160M$). C'est aussi l'un des films les plus attendus de l'année. C'est enfin la grande réunion de Robert De Niro et Joe Pesci, et les retrouvailles entre De Niro et Al Pacino (depui Heat en 1995) ou entre De Niro et Scorsese (depuis Casino en 1995 aussi). On pourrait aussi dire que c'est la rencontre tant attendue entre Scorsese et Pacino. Bref c'est l'événement que tous les cinéphiles attendent.

Après un teaser durant les derniers Oscars, Netflix a dévoilé la deuxième bande annonce de The Irishmen, prévu en novembre sur sa plateforme, après avoir dévoilé deux images lundi. Le film fera l'ouverture du New York Film festival. Aux Etats-Unis, il est certain qu'il sortira dans quelques salles avant sa diffusion, afin d'être oscarisable. A l'origine, le film devait être distribué par la Paramount. Netflix aurait déboursé (entre la production et l'acquisition des droits) près de 230M$.

En France, hormis peut-être le cadre d'un festival ou lors de projections spéciales, il faudra être abonné à Netflix.

Le film se déroule sur plusieurs décennies. Ce qui implique, comme on le voit sur la bande annonce, de nombreux effets spéciaux permettant le rajeunissement des acteurs. Il est étonnant de voir De Niro comme il était à l'époque de Casino ou des Affranchis. Harvey Keitel - qui a tourné dans les quatre premiers films de Scorsese, Bobby Cannavale, Anna Paquin et Ray Romano sont aussi au générique de ce film tourné entre 2017 et 2018.

Le scénario est adapté du livre I Heard You Paint Houses: Frank ‘The Irishman’ Sheeran and the Inside Story of the Mafia, the Teamsters, and the Final Ride by Jimmy Hoffa de Charles Brandt. Autrement dit une longue enquête sur Jimmy Hoffa (déjà incarné par Jack Nicholson dans Hoffa en 1992), ici interprété par Al Pacino, et surtout Frank Sheeran (De Niro). Sheeran, syndicaliste fricotant avec la mafia et tueur à gage, et Hoffa, lui-même dirigeant syndicaliste proche de la mafia, se sont rapprochés jusqu'à pactiser ensemble. Les deux seraient également liés à l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy. Sheeran a confessé à Charles Brandt qu'il aurait tué Jimmy Hoffa, dont on n'a jamais retrouvé la trace.

The Irishman de Martin Scorsese (enfin) en montage

Posté par vincy, le 14 mars 2019

Thierry Frémaux était le week-end dernier à Los Angeles. S'il parlait restauration, on imagine qu'il en a profité pour faire le tour des studios. Et peut-être pour négocier avec Netflix la présence de quelques uns des gros films qu'il pourrait projeter à Cannes.

Parmi ceux-ci, il y a le nouveau Martin Scorsese, Palme d'or en 1976 et président du jury en 1998. The Irishman est l'un des plus gros budgets de Netflix (140M$). Cependant, même si Netflix et Cannes parviennent à pactiser de nouveau, rien n'est certain sur le présence du film sur la Croisette. Le montage vient à peine de commencer. Et il y aurait plus de 300 scènes entre les mains de la vénérable Thelma Schoonmaker, la monteuse fidèle du cinéaste.

Car cette fois-ci, Scorsese a abandonné sa technique du storyboard pour mettre en scène au jour le jour chaque plan et laisser les comédiens s'emparer de la séquence..

Le film réunit Robert De Niro et Joe Pesci, qui ont partagé l'affiche de Raging Bull, Les Affranchis et Casino, trois des plus grands Scorsese. Anna Paquin, Ray Romano (qui était dans la série Vinyl, produite par le réalisateur) et Harvey Keitel (au générique de Mean Streets et Taxi Driver) sont aussi du casting. Mais le bonus c'est Al Pacino dans le rôle de Jimmy Hoffa (déjà incarné par Jack Nicholson dans Hoffa en 1992). Pour lui, c'est une première avec Scorsese. Il a déjà été face à De Niro dans Heat de Michael Mann, un événement à l'époque tant les deux acteurs représentaient la nouvelle génération du cinéma américain des années 1970. Pacino sera aussi à l'affiche de Once Upon a Time in Hollywood de Quentin Tarantino, promis pour la compétition cannoise.

L'histoire est celle du maffieux Frank "L'irlandais" Sheeran, soupçonné d'avoir assassiné le chef de la mafia Jimmy Hoffa.

Netflix a prévu de diffuser The Irishman au second semestre 2019 en vue de concourir pour les Oscars, si les règles de l'Académie ne changent pas sous la pression du lobbying de Steven Spielberg.

Aretha Franklin (1942-2018): Little Prayer & Big Respect

Posté par vincy, le 16 août 2018

C'était, sans aucun doute, l'une des plus belles et des plus grandes voix de la soul, la pionnière, bien avant Whitney, Beyoncé et Rihanna. Lauréate de 11 Grammy Awards en tant qu'interprète R&B, Lady Soul, ou The Queen of Soul, etait une légende avec 75 millions d'albims vendus et des tubes comme Respect, A Natural Woman, Chain of Fools, Spanish Harlem, Think, I say a little prayer, Jump to hit, A Rose is still a Rose, I Never Loved a Man the Way I Love You...  Aucune autre chanteuse n'a eu autant de singles classé dans le Top 100 américain. Elle aura été la première femme élue au Rock'n'Roll Hall of Fame, le panthéon américain du rock et de la musique populaire.

Aretha est morte ce 16 août 2018, à l'âge de 76 ans, d'un cancer du pancréas, après nous avoir enchantés pendant 61 ans de carrière. Femme engagée, diva respectée, monstre sacré, elle n'a fait que deux apparitions au cinéma, dont cette fameuse séquence dans The Blues Brothers, où elle reprend Think. Elle reprendra son rôle de gérante du Soul Food Café dans la suite, Blues Brothers 2000.

Toujours pour le cinéma, elle reprend la chanson des Rolling Stones Jumpin' Jack Flash, utilisée dans la BOF du film avec Whoopi Goldberg. On l'entendra dans un autre film avec Goldberg , Sister Act 2 avec A deeper Love.

Ses tubes sont si indémodables qu'ils ont souvent été utilisés pour le cinéma.

Dans Recherche Susan Désespérément, avec Madonna, qui fête ses 60 ans aujourd'hui, on peut ainsi entendre Respect, tandis que dans Les Affranchis, de Martin Scorsese, c'est Baby I Love You qui est utilisée. Scorsese se servira de Do Right Woman, Do Right Man dans Les nerfs à vif.

Celle qui effectuera une tournée avec Martin Luther King, puis chantera lors de ses funérailles en 1968, sera dans la BOF de Malcom X, avec Someday We'll All Be Free. Dans Ali, c'est la chanson Ain't No Way qui est choisie. Sans oublier dans l'oscarisé Moonlight, où l'on a droit à One Step Ahead.

Respect, on l'entend dans Forrest Gump et Le journal de Bridget Jones, tandis qu  Chain of Fools passe dans Les experts (Sneakers), Michael et L'Affaire Pélican, avec Julia Roberts.

Et justement, si on doit en retenir une seule c'est plutôt l'hommage déridant à son répertoire lors d'une scène de restaurant cocasse, avec la même Julia et des homards, dans Le mariage de mon meilleur ami. Say a little prayer for you Lady.

Quinzaine 50 – 20 cinéastes nés à la Quinzaine des réalisateurs

Posté par vincy, le 14 mai 2018

Héritière directe de ceux qui voulaient affranchir le cinéma de ses chaînes en 1968, la Quinzaine célèbre cette année sa 50e édition. L'occasion d'une promenade à son image - en toute liberté, et forcément subjective - dans une histoire chargée de découvertes, d'audaces, d’enthousiasmes, de coups de maîtres et de films devenus incontournables.

En partenariat avec Critique-Film. Retrouvez tout le dossier ici.


La quinzaine a souvent eu du flair, soit en choisissant des réalisateurs prolifiques d'une cinéphilie peu exposée (Oliveira, Lester James Peries, Ray ...), soit en fidélisant des cinéastes "étiquettés" cannois, soit encore en sélectionnant des réalisateurs qui n'avaient qu'un ou deux longs métrages (pas forcément exportés) à leur actif (Paul Pawlikowski, Todd Solondz, Stephen Frears, Todd Haynes, Denys Arcand, Ann Hui, Atom Egoyan, Roberto Benigni, Ken Loach ...). Elle a aussi manqué les débuts de Hou Hsiao-hsien et Aki Kaurismaki, n'a jamais choisi Pedro Almodovar ou Nanni Moretti, et a souvent invité Newell, Chahine, Oshima, Fassbinder, Schroeter ou encore Carle.

Aussi la sélection suivante n'intègre pas des cinéastes passés par la Quinzaine comme Théo Angelopoulos, Abderrahmane Sissako, Ang Lee, Bong Joon-ho, Gregg Araki, Michel Ocelot, Lynne Ramsey, Werner Herzog, ou tous ceux que nous venons de citer, puisqu'on ne peut pas dire qu'ils aient été révélés par la sélection parallèle. Cependant on notera que trois d'entre eux sont en compétition pour la Palme d'or cette année. Et que certains ont reçu par la suite Palmes ou/et Oscars.

Bob Rafelson - Head (1969)
Produit et coscénarisé par Jack Nicholson, ce film musical est l'adaptation au cinéma d'une série télévisée The Monkees créée par Bob Rafelson. Le film sera un échec public. Mais avec Five Easy Pieces en 1970, nommé à l'Oscar du meilleur film, et Le facteur sonne toujours deux fois en 1980, le cinéaste deviendra à la fois culte et populaire.

Lucian Pintilie - La reconstitution (1970)
Son premier film, en 1965, Dimanche à six heures, n'avait pas connu une carrière internationale fracassante malgré ses prix à Mar del Plata. Avec ce deuxième long, le cinéaste roumain s'offre une belle exposition qui en fera une figure de proue du cinéma roumain dans la période communiste. Deux fois en compétition à Cannes par la suite, avec Un été inoubliable et Trop tard, il recevra pour Terminus Paradis un Grand prix du jury à Venise.

George Lucas - THX 1138 (1971)
C'est le premier long métrage de Lucas. Déjà dans la Science-fiction. Déjà à Cannes. Sans aucun doute cette sélection lui a conféré l'aura d'un auteur singulier, avant son American Graffiti et surtout avant Star Wars, qui le propulsera sur une autre planète du cinéma. C'est évidemment son ouvre la plus audacieuse.

Martin Scorsese - Mean Streets (1974)
C'est son troisième long métrage (après Who's That Knocking at My Door et Bertha Boxcar), mais c'est véritablement le premier à se frayer un chemin vers l'international. Mean Streets, dans la mouvance du nouveau cinéma américain initié par Coppola (qui le produit), Rafelson, Hopper, Lucas et Spielberg (tous deux avant leur passage au blockbuster), précède Alice n'est plus ici et Taxi Driver (Palme d'or deux ans plus tard). Le film révèle Robert de Niro, grâce auquel il reçoit ses premiers prix d'interprétation, et Harvey Keitel.

André Téchiné - Souvenirs d'en France (1975)
Six ans après son premier film, Pauline s'en va, primé à Venise, le cinéaste galère. Ce deuxième film si tardif, avec la présence de Jeanne Moreau en tête d'affiche et de Marie-France Pisier, qui sera césarisée l'année suivante, va lui ouvrir les portes du 7e art. Surtout, on se souvient de Pisier balançant l'une des répliques cultes du cinéma français: "Foutaises ! Foutaises !"

Jim Jarmusch - Stranger than Paradise (1984)
Quatre ans après Permanent Vacation, Jim Jarmusch débarque à Cannes avec son 2e film, une version longue d'un court métrage réalisé un an plus tôt. Il a tout juste 31 ans. Et il devient rapidement une sensation du festival. Le film obtient la Caméra d'or à Cannes et le Léopard d'or à Locarno quelques mois plus tard. Un tremplin vers la compétition puisqu'il y sera 8 fois sélectionné, emportant le Grand prix du jury pour Broken Flowers en 2005. Il n'a jamais été nommé à un seul Oscar.

Spike Lee - Nola Darling n'en fait qu'à sa tête (1986)
C'est son premier long métrage trois ans après son film de fin d'études. Le turbulent Spike Lee surgit dans la cinéphilie mondiale avec sa Nola. Non seulement ce fut un énorme succès mais il glana plusieurs prix dont celui du meilleur premier film aux Independent's Spirit Awards. Tourné en 12 jours, il insuffle un ton nouveau dans le cinéma indépendant américain. Le film sera même décliné en série tv. Et Spike Lee est de nouveau en compétition cette année.

Terence Davies - Distant voices, Still lives (1988)
Après trois moyens métrages, le romancier et réalisateur britannique dévoile la délicatesse de son style dans ce premier long. Et ce sera la découverte d'un grand auteur. Le film sera récompensé par un Léopard d'or au Locarno Festival 1988 et cité pour le César du meilleur film européen. Il emporte également le prix FIPRESCI à Cannes puis à Toronto. Davies revient de loin: faut de budget conséquent, il a du tourner le film durant les week-ends pendant deux ans.

Michael Haneke - Le septième continent (1989)
Le futur cinéaste double-palme d'or a commencé sa carrière à l'écart du Bunker. Connu dans son pays pour ses téléfilms, il arrive avec son premier long métrage dans la section parallèle. Il y présentera les deux suivants avant d'être "upgradé" en compétition pour presque tous les films qui suivront. C'est déjà le style Haneke avec cette histoire d'une famille dont la vie quotidienne n'est rythmée que par des actes répétitifs jusqu'à s'autodétruire.

Jaco Van Dormael - Toto le héros (1991)
Quatre ans avant le carton du Huitième jour en compétition, le réalisateur belge arrive à Cannes dès son premier coup (en même temps il n'a réalisé que quatre longs métrages en près de 30 ans). Après quelques documentaires et courts métrages, ce succès public autour d'une histoire existentielle et de revanche (comme tous ses films), formellement originale, récolte toutes les récompenses: Caméra d'or à Cannes, quatre prix du cinéma européen, un césar du meilleur film étranger, quatre "César" belges...

James Mangold - Heavy (1995)
Bien avant de tourner pour les studios et les méga-stars (Logan, Wolverine 2, Night and Day , Walk the Line et Cop Land entre autres), le réalisateur américain est venu discrètement présenté son premier film à la Quinzaine, quelques mois après son avant-première à Sundance. Le film, avec Liv Tyler, est dans la lignée du cinéma américain des seventies, un peu prolétaire, un peu dramatique.

Jean-Pierre et Luc Dardenne - La promesse (1996)
C'est leur troisième fiction, et les deux frères belges sont déjà auteurs de plusieurs documentaires. Pourtant, avant qu'ils ne soient consacrés par une double Palme d'or, les Dardenne surgissent en mobylette avec un néophyte, Jérémie Renier. Tout y est déjà: la classe moyenne (plutôt celle du bas), la caméra à l'épaule, la conscience morale, le dilemme biblique, la jeunesse. C'était bien la promesse d'un certain cinéma qui allait conquérir le plus grand des festivals. Le film obtient une quinzaine de prix dans le monde.

Jafar Panahi - Le ballon blanc (1995)
De retour en compétition à Cannes cette année, le cinéaste iranien condamné à ne plus tourner ni à sortir de son pays, s'est envolé dans les étoiles il y a 23 ans à la Quinzaine avec son Ballon Blanc, drame familial poétique. C'est le seul film du réalisateur qui est sorti en Iran. Caméra d'or avec ce film, Panahi enchaînera ensuite avec un Léopard d'or au Festival international du film de Locarno pour Le Miroir, un Lion d'or à la Mostra de Venise pour Le Cercle et un Ours d'or du meilleur film au Festival de Berlin pour Taxi Téhéran. Manque plus que la Palme.

Naomi Kawaze - Suzaku (1997)
Après plusieurs documentaires, dont l'écriture influera sur celles de ses fictions, la japonaise Naomi Kawase passe au long métrage avec un drame familial dans un village en déclin. Elle aussi reçoit la prestigieuse Caméra d'or à Cannes, ouvrant la voie à six sélections en compétition ou à Un certain regard. Elle est récompensée d'un Grand prix du jury en 2007 et auréolée d'un Carrosse d'or de la Quinzaine des réalisateurs en 2009.

Bruno Dumont - La vie de Jésus (1997)
Les débuts de Bruno Dumont ont commencé au milieu de la Croisette, deux ans avant son Grand prix du jury pour L'Humanité et neuf ans avant son deuxième Grand prix du jury pour Flandres. Cet abonné au Festival (Ma Loute fut en compétition) n'a jamais dédaigné revenir à cette sélection qui l'a révélé. on y a vu l'an dernier Jeannette, l’enfance de Jeanne d’Arc et surtout la série tv P'tit Quinquin. Dumont filme déjà le Nord, la précarité, les exclus, avec des comédiens non professionnels, avec au centre un jeune chômeur qui vit chez sa mère à Bailleul dans un triangle amoureux pas joyeux. Le film recevra en plus le Prix Jean Vigo et une mention spéciale à la Caméra d'or.

Sofia Coppola - Virgin Suicides (1999)
Prix de la mise en scène l'an dernier à Cannes avec Les proies, lauréate d'un Lion d'or à venise, auteure d'un film culte et populaire (Lost in Translation, qui remis Bill Murray sur les rails et révéla Scarlett Johansson), l'héritière Coppola a fait ses premiers pas à Cannes avec un film qui a vite fait le buzz. Kirsten Dunst n'était pas encore connue. Kathleen Turner n'avait plus le glam d'antan. Pourtant cette tragédie familiale, enveloppée des mélodies mélancoliques du groupe Air, a lancé sa carrière avec des projections blindées et l'affirmation d'une cinéaste qu'il fallait suivre.

Cristian Mungiu - Occident (2002)
Dès son premier film, le cinéaste roumain arrive à Cannes, qu'il ne quittera plus d'une manière ou d'une autre: en sélection officielle, dans un jury... ou au palmarès en 2007 avec la Palme d'or, le Prix FIPRESCI pour 4 mois, 3 semaines, 2 jours, en 2012 avec le Prix du scénario pour Au-delà des collines et en 2016 avec le Prix de la mise en scène pour Baccalauréat. Occident est sans doute le plus "léger" de ses films, se focalisant sur l'exode des jeunes voulant partir dans la partie la plus prospère de l'Europe, dans un pays où la corruption, l'injustice et la pauvreté ne laissent pas beaucoup d'espoir...

Nadine Labaki - Caramel (2007)
En compétition à Cannes cette année avec Capharnaüm, la cinéaste libanaise, qui nous avait enchantés à Cannes avec son précédent film Et maintenant, on va où ? il y a sept ans, a d'abord fait étape à la Quinzaine avec ce premier film, le sensuel et féministe Caramel. Un salon de beauté et de coiffure de Beyrouth permettent à cinq femmes d'évoquer leurs amours (parfois infidèles) et leurs désirs (parfois tabous). Ce portrait du Liban, et de ses communautés comme de ses conflits, a charmé le Festival, et connu un joli succès public.

Xavier Dolan - J'ai tué ma mère (2009)
A quoi reconnait-on un chouchou cannois? A sa trajectoire cannoise: de la Quinzaine au Grand prix du jury de la compétition, en passant par une Queer Palm et le film chéri d'une édition (Mummy). Xavier Dolan s'est imposé dès son premier film. Les critiques se sont vite emballées autour de ce drame de la jeunesse, où l'on retrouve déjà les principaux thèmes de son œuvre et son style personnel. Anne Dorval, Manuel Tadros, Suzanne Clément sont déjà devant sa caméra. Ces 400 coups reçoivent à Cannes le prix Art et Essai CICAE et le prix de la SACD pour le scénario, puis plusieurs mois plus tard le prix du meilleur film québécois aux "César" locaux.

Damien Chazelle - Whiplash (2014)
Avant d'être le plus jeune réalisateur oscarisé pour La la Land, le cinéaste américain a débarqué avec un film faussement musical, vraiment dramatique, et totalement initiatique. Une pulsion violente autour du perfectionnisme. Le film, déjà sacré à Sundance, a fait explosé sa cote grâce à sa réception à la Quinzaine, dithyrambique, et ce quelques mois avant d'être distingué à Deauville et d'être nommé aux Oscars. Ironie de l'histoire, son scénario a été dans la fameuse Black List des grands scripts non produits et il lui a fallu réalisé un court métrage à partir d'une partie du scénario pour convaincre des producteurs. Désormais il est au firmament, parmi les noms les plus courtisés par Hollywood. Pourtant ce n'est pas le premier film de Chazelle (il en avait réalisé un quand il était étudiant). C'est cependant bien à Cannes que sa notoriété a décollé.

Cannes 2018 : Martin Scorsese se livre en masterclass

Posté par wyzman, le 10 mai 2018

Invité d'honneur de la Quinzaine des réalisateurs (où il a reçu un Carrosse d'or), Martin Scorsese donnait hier une masterclass au Théâtre Croisette après la projection de Mean Streets. L'occasion pour lui de revenir sur la fabrication de son premier film présenté sur la Croisette, lors de la Quinzaine des réalisateurs de 1973. Acclamé, le film n'est pourtant sorti en France que 3 ans plus tard mais il demeure aujourd'hui encore un objet filmique culte. Pour l'occasion, Martin Scorsese, qui a ouvert mardi soir avec Cate Blanchett la 71e édition du Festival de Cannes, était d'ailleurs très bien entouré. Annoncée par Céline Sciamma, la masterclass de Martin Scorsese était animée par Rebecca Zlotowski, Bertrand Bonello, Jacques Audiard et Cédric Klapisch.

A propos de la genèse de Mean Streets :

Avec ce film, il s’agissait de se demander comment  avoir une vie juste moralement dans un monde qui ne l’est pas. Il m’a fallu des années pour comprendre certaines choses et qu'en fait, je je ne racontais rien d’autre que la relation entre mon père et son jeune frère. Mon père rendait toujours des services à son frère et ma mère lui disait "Non arrête, c’est bon !" mais il ne pouvait pas s’arrêter.

A propos du bien et du mal dans Mean Streets :

Ces gens que l’on appelle des malfaiteurs, il y avait quand même du bien en eux ! Mean Streets développe l’idée selon laquelle si l’on veut réparer le mal que l’on a fait, on ne peut pas le faire entre les quatre murs d’une église. Dans la vie, il y a deux catégories de personnes : ceux qui sauvent des gens et ceux qui se battent et je fais peut être partie de eux qui se barrent... Voilà pourquoi l’humour est très important !

A propos des thématiques phares de ses films :

Avec le temps, j’ai été davantage attiré par les rapports entre hommes, les amitiés masculines, cette fraternité. Ce sont ces questions là qui ont nourri tous mes films et la création de mes personnages. Et aussi de savoir : si tu laisses les choses dans une relation s’envenimer, est-ce que tu es une mauvaise personne ou est-ce qu’il y a moyen que tu sois quelqu’un de bien ? Est ce que parce que l’on vit mal, parce que l’on pêche, cela définit qui l’on est ?

A propos de sa passion pour le cinéma :

[J'ai grandi aux côtés de] travailleurs sociaux qui étaient au cœur du New York le plus dur mais qui continuaient de croire qu’ils trouveraient les moyens de venir en aide aux autres. Ils s’occupaient des plus défavorisés de ceux laissés sur le bas-côté de la route avec un dévouement dont on devrait s’inspirer. Ce sont des figures qui ont été très importantes pour moi. Il y a un prêtre qui a été comme un enseignant de la rue pour moi, c’est lui qui m' fait aimer le cinéma et les westerns. C’est quelqu’un qui a eu sur moi une grande influence, il m’a aidé à réfléchir à la moralité et au bien car l’autre côté c'est de tomber dans la criminalité et la violence. Il m'a fait découvrir un art.

A propos des romances développées dans ses films :

La question a toujours été de savoir comment entamer une relation amoureuse. Passé un certain âge, il y a énormément d’enjeux. Il faut faire le point sur soi-même, sur ce que l’on est et ce que l’on vaut. Il y a un certain nombre de codes que l’on peut vouloir outrepasser mais qu’il faut d’abord connaître.

A propos des problèmes qu'il peut rencontrer en tournant :

Si l'on sent que quelque chose cloche, que l’on arrive pas à faire ce que l’on veut, c’est que l’on n'a pas les bonnes raisons d’être là et de faire les choses. Je garde d'ailleurs un souvenir claustrophobe et malaisant [de la création de certains personnages de Mean Streets].

A propos de son travail en phase de pré-production :

Ce dont moi j’ai envie c’est une simplicité apparente. On pense que cela se fait tout seul comme chez Clint Eastwood mais ça ne se fait pas comme ça. C’est au prix d’un grand professionnalisme et d’une véritable préparation que cette simplicité apparaît. Malheureusement, ce n’est pas le cas chez moi. Bon, si je dois vous parler de comment je travaille, je ne vais peut-être pas vous reparler de mon enfance (...) Ma seule ouverture sur le monde c’était le cinéma. Je dessinais tout le temps et ces petits dessins sont devenus ce que l’on appellerait aujourd’hui des storyboards. Aujourd’hui encore, c’est ce que je fais. Deux semaines avant de tourner je me pose et je dessine. Et ce n’est que récemment que d’autres aspects sont apparus [sur ces storyboards] : l’échelle des personnages, les mouvements de caméras... Avant, le plus important pour moi était de connaître le cadre et les plans que j’allais tourner !