Le cinéma maghrébin à l’honneur en Ile-de-France

Posté par Sarah, le 15 avril 2011

Du 4 au 8 mai prochain se tiendra la 6e édition du Panorama des Cinémas du Maghreb au cinéma de L'Ecran à Saint-Denis, mais aussi à Paris et en Seine-Saint Denis. C'est donc l'occasion de découvrir des productions venant des pays du Maghreb (Maroc, Tunisie, Algérie), dont les cinématographies sont en général peu connues du grand public. Le festival a pour habitude de passer outre les caricatures et les idées reçues sur ces pays ou sur la culture musulmane, grâce à une sélection finement élaborée.

Cette année, l'évènement se double d'une deuxième mission. Les récents évènements politiques qui ont eu lieu en Tunisie, en Égypte, en Libye et dans d'autres pays, ont montré à quel point ses habitants avaient soif de changements et de liberté, mais surtout que cela était possible. A travers ce panorama, les organisateurs ont donc souhaité, par le cinéma, leur montrer toute leur affection et leur soutien.

Lors de ce panorama des cinémas du Maghreb 2011, plus d'une trentaine de films seront projetés, dont des courts et des documentaires, le tout en présence des réalisateurs pour que des débats aient lieu à la fin des séances. La sélection est soignée et offre une vision sur le monde assez différente de celle qu'on a l'habitude de voir au cinéma. Le cinéma de L'Écran (à Saint-Denis) représente le point de ralliement de ce festival, bien que le cinéma des cinéastes (Paris 17e), l'Entrepôt (Paris 14e), Le Studio d'Aubervilliers, le Trianon de Romainville et l'Espace 1789 de Saint-Ouen propose également des projections. Pendant quatre jours le cinéma d'auteur maghrébin est donc à l'honneur, avec également des tables rondes et des concerts organisés un peu partout.

En plus d'une sélection riche et variée, le panorama rend cette année un hommage au cinéaste marocain trop peu connu Ahmed Bouanani. A cette occasion, trois courts et son seul long-métrage, intitulé Mirage (1979) seront projetés au public. Qualifié de cinéaste de l'errance, Ahmed Bouanani a créé une œuvre poétique et engagée, qui lui a valu de nombreuses censures.

En avant-goût de ce 6e panorama, on a pu découvrir en avant-première le deuxième film d'Amor Hakkar, Quelques jours de répit, avec la formidable Marina Vlady, ainsi qu' Amor Hakar et Samir Guesmi,  qui nous a beaucoup ému. Il aborde avec justesse et une émotion rare les thèmes de l' immigration, l'homosexualité ou encore la solitude et l'amour chez les personnes âgées. Il a fait partie de la sélection officielle du festival Sundance 2011 et c'est aisément compréhensible. Pour d'autres surprises et coups de cœur, n'hésitez pas à découvrir le reste de la sélection et à vous laisser guider par vos envies...

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6e édition du Panorama des Cinémas du Maghreb
Les 28 et 29 avril à Paris, et du 4 au 8 mai en Seine Saint-Denis.
Pour voir le programme complet, rendez-vous sur le site du festival.

Poitiers : des nouvelles d’Afrique

Posté par MpM, le 12 décembre 2008

Où sont-ilsDepuis quelques années déjà, l’Afrique semble le continent oublié (négligé ?) des grandes compétitions internationales. Alors que l’Asie et l’Amérique latine sont tour à tour les chouchous des comités de sélection, l’Afrique, elle, passe systématiquement son tour. Kini et Adams d'Idrissa Ouedraogo, le dernier film africain à avoir été présenté en compétition à Cannes, remonte déjà à 1997 ! Une des excuses souvent avancée pour justifier cette absence est le fait que le continent tourne peu. Or, rien qu’à Nollywood, l’équivalent nigérian d’Hollywood, il se produit chaque année quelque 1200 films. Et les écoles fleurissent sur le continent, du Maroc à la Tunisie, du Ghana au Burkina Faso, du Bénin à l’Afrique du Sud.

D’où ce focus sur l’Ecole africaine organisé par les Rencontres Henri Langlois, avec preuve par l’image que le cinéma africain existe et mérite d’être montré. En 6 longs métrages et 14 courts, les festivaliers ont ainsi la possibilité de se faire une idée plus précise du dynamisme et de la créativité de ses cinéastes, ainsi que de ce qui les préoccupe. Sur l’échantillon des films d’école présentés à Poitiers, on compte notamment une large part de documentaires et de fictions réalistes, inspirées de faits réels, qui confirment le pouvoir de témoignage, voire de dénonciation, conféré au cinéma par les jeunes générations. Au Maroc, Alaa Eddine Aljem critique les rituels ancestraux liés au mariage. Au Sénégal, Fabacary Assymby Coly et Angèle Diabang Brener interrogent la "douleur de l’exil" en rencontrant deux opposants politiques haïtiens exilés depuis quarante ans. Au Ghana, Afeafa Nfojoh dénonce l’esclavage moderne de la pratique Trokosi qui consiste à donner ses filles au prêtre du village pour expier les pêchés de la famille.

Les jeunes cinéastes compensent le manque de moyens techniques et d’expérience par une vitalité d’esprit et une audace qui forcent le respect. D’accord, les jeunes actrices d’Ezanetor, le court métrage d’Afeafa Nfojoh, ont un jeu outré, mais en dépit de ses innombrables maladresses, le film sensibilise le public au problème du Trokosi et n’hésite pas à dénoncer la complicité passive de la société. Entre les mains de tels cinéastes, le cinéma redevient mode d’expression, vecteur de prise de conscience et moteur d’action collective.

Son pouvoir de divertissement n’en est d’ailleurs pas pour autant nié, comme le prouve le très réussi Où sont-ils de Kossa Lelly Anité, ou la quête impossible de Lelly, jeune cinéaste du Burkina Faso, désireuse de rencontrer le "Belge typique". A la fois réflexion sur l’identité (construite, innée, revendiquée, héritée, acquise…) et déambulation pleine d’humour dans le Bruxelles contemporain, ce documentaire réconcilie un cinéma africain qui serait irrémédiablement lié aux traumatismes du passé avec un cinéma occidental forcément détenteur de la modernité et du savoir-faire. Logique, puisque le film est le résultat d’une collaboration entre Belgique et Burkina Faso, donnant un aperçu très prometteur de ce que pourrait être une telle collaboration à grande échelle.

Les 50 ans du cinéma marocain : un pays qui manque de salles

Posté par vincy, le 23 novembre 2008

blog_marrakech1.jpgPour ses cinquante ans, le cinéma marocain a profité du Festival international du film de Marrakech (FIFM) pour établir son bilan. Cetes le Festival, à l'origine destiné pour défendre le cinéma africain et arabe, est devenu un instrument marketing pour la ville de Marrakech et le Royaume du Maroc. Une vitrine luxueuse (et coûteuse) où l'on invite médias français et stars hollywoodiennes.

Pourtant, Marrakech mériterait de promouvoir davantage le cinéma maghrébin et d'attirer l'aspect industriel de la profession. Car le Maroc manque de salles. Au point que les quotidiens nationaux peuvent aficher la programmation des quelques multiplexes sur une demi page (Megarama est présent à Casablanca et Marrakech). Les sorties sont presque simultanées avec l'Europe, et les films américains se taillent la part du lion d'un marché qui se réduit année après année. Les Marocains préfèrent regarder la télévision. Il y a trente ans, 40 millions de spectateurs allaient dans les salles chaque année, il n'en reste plus que quatre millions. La faute aux chaînes étrangères et aux antennes satellites. Pendant le Ramada, la prgrammation cinéma est si intense que tous les blockbusters hollywoodiens remplissent les écrans.

Peu de nouvelles salles se son construites, beaucoup ont disparu, et la vétusté de la plupart des cinémas n'incite pas à séduire un public en voie d'occidentalisation. Le Maroc ne compte que 90 écrans (130 de moins en trente ans), soint trois fois moins qu'en Afrique du Sud ou en Egypte. Il y aurait un manque de 150 salles.

Une association "Sauvons les salles de cinéma au Maroc" est née il y a un an (voit leur site : savecinemainmarocco.com), dans ce même Festival du film de Marrakech. L'associationveut que le cinéma redevienne un vecteur régional de culture et d'ouverture, tout en sensibilisant les citoyens sur l'état désastreux de l'exploitation cinématographique locale. L'Eden de Marrakech, avec le soutien de l'Unesco, sera le premier chantier de réhabilitation lancé par l'association.

Hélas, depuis un an, une salle (à El Jadida) à été complètement détruite, après cinq ans de fermeture, et quatre ont baissé le rideau (deux à Fès, une à Al-Hoceima, une autre à Casablanca).

Le cinéaste Ahmed El Maânouni évoquait en avril dernier au quotidien L'Humanité ce problème de chaînon manquant pour favoriser la croissance d'un cinéma nord-africain. "Il y a (...) le problème du piratage. On peut acheter Bienvenue chez les Ch’tis pour un euro. Il y a deux multiplexes au Maroc dont un tenu par un Français, Claude Lemoine, à Casablanca. Le second est à Marrakech. Il me semble que ceux qui analysent mal la situation disent que le cinéma ne se porte pas bien à cause des multiplexes. Or, il en faudrait beaucoup plus car cela permet une offre de films variée avec un accueil marchand qui fait venir le client. Nous en sommes réduits à ça. On a besoin des petites salles de quartiers et de multiplexes."

Les 50 ans du cinéma marocain : Essaouira (3)

Posté par vincy, le 11 octobre 2008

essaouira_orsonwelles.jpgAu bord de l'Océan Atlantique, entre Casablanca et Agadir, se dresse une petite ville fortifiée, un port de pêcheur qui, tranquillement, s'est mué en spot touristique. La ville a des airs (iodés) de Saint-Malo, le thermomètre est à peine plus chaud. Ce n'est pas Safi, autre ville océanique qui s'est transformée en Jérusalem pour les besoins du film de Ridley Scott, Kingdom of Heaven. Il s'agit d'Essaouira, cité adulée par les français, sans doute pour ses similitudes bretonnes. Planté dans le très occidental Sofitel, face à l'île de Mogador, Claude Lelouch y tourna le "mythique" And Now... Ladies and Gentlemen, avec Patricia Kaas, Jéremy Irons, et Jean-Marie Bigard.

Heureusement Essaouira a plutôt gardé le souvenir d'un autre tournage, mythologique. Othello.

Orson Welles posa sa caméra ici (mais aussi à Safi et El-Jadida, toutes deux plus au Nord) pour filmer sa plus belle oeuvre, en 1952. Il incarnait brillament le Maure de Venise dans cette tragédie shakespearienne, aux côtés de Suzanne Cloutier et Robert Coote. Ce Grand prix du festival de Cannes (Palme d'or de l'époque) avait connu deux suspensions de tournage, faute d'argent. Il a ainsi accepté des narrations et des seconds rôles deans Le troisième homme et Echec à Borgia pour réinvestir ses cachets dans la production de Othello. Welles devait batailler avec ses financiers pour parvenir à ses fins. Il a changé quatre fois de Desdémone. Tournage mouvementé, film tourmenté, son sixième long métrage fut un chemin de croix de trois années.

Locarno lui rendit hommage avec une rétrospective unique en 2005 et rappela qu'à la mort du cinéaste, Othello était le seul film qu'il possédait encore. Il existe trois versions de l'oeuvre, dont la plus rare reste celle présentée à Cannes. Sa fille avait entrepris la restauration du film en 1992; et la copie neuve eut le droit aux honneurs d'une projection publique en plein air, juste à l'entrée des fortifications. Désormais, là où se dresse une stèle (mal entretenue), avec le portrait de l'artiste, la place porte son nom.

(photo : Vincy Thomas)

Les 50 ans du cinéma marocain : Marrakech (1)

Posté par vincy, le 21 septembre 2008

marrakech.jpgLe cinéma marocain est né en 1958. Nous reviendrons sur les grands noms de son histoire, mais aussi sur l'affirmation de plus en plus nette d'un cinéma qui est devenu l'une des trois cinématographies les plus importantes en Afrique.

Mais le Maroc c'est aussi, et depuis longtemps, une terre d'accueil pour les tournages hollywoodiens et même français. Nous y reviendrons lors de l'étape à Ouarzazate.

Même si Casablanca a donné son nom à l'un des films les plus emblématiques de l'histoire du 7e Art, ce sont Tanger et Marrakech qui ont servi le plus souvent de décors aux réalisateurs occidentaux fascinés par ce monde arabe riche en couleurs.

Marrakech a ainsi été rendue célèbre par Alfred Hitchcock en 1955. Sur la place Jemaâ El Fna, Daniel Gélin se fait planter un couteau dans le dos et meurt dans les bras de James Stewart dans L'homme qui en savait trop.

Mais Marrakech a aussi été à l'image de nombreux films lorsque le Maroc était sous protectorat français. Notamment en 1934, Jacques Feyder, sur un scénario de Marcel Carné, y réalise Le grand jeu, avec Charles Vanel, Françoise Rosay et Marie Bell.

C'est aussi à Marrakech qu'une partie des plans de Shéhérazade (avec Anna Karina), du Grand Escroc (de Jean-Luc Godard, avec Jean Seberg), de 100 000 dollars au Soleil (de Henri Verneuil, avec Jean-Paul Belmondo et Lino Ventura), de L'homme qui voulait être roi (de John Huston, avec Sean Connery et Michael Caine) furent tournés, ou détournés. Dans les années 90, on notera juste le film "flower power" Hideous Kinky (Marrakech express), avec Kate Winslet.

C'est enfin à Marrakech que se tient le seul grand festival international de films du Maroc. Outil marketing pour attirer stars, touristes, investisseurs et donner une image glamour et jet-set à une ville globalement pauvre.

Mais, hormis Hitchcock, personne ne fut tenté par l'idée d'utiliser le labyrinthe de la Médina comme prétexte à scénario. Des films d'auteur confidentiels s'y tourneront. Mais l'essentiel des productions migrera vers Ouarzazate, dotée de studios d'envergure internationale. Etonnant pour une ville si cinégénique. Pas un James Bond. Juste une mention dans les périples d'Indiana Jones. Et un passage furtif dans Mamma Mia !, où Stellan Skarsgard traverse, à moto, la place Jemaâ El Fna. Toujours la même (en photo).

crédit photo : Marrakech (c) vincy thomas

Boorman adapte Yourcenar

Posté par vincy, le 28 juillet 2008

charliegunnam.jpgLe cinéaste britannique John Boorman (Excalibur, Delivrance) va profiter de l'Hadrienomania qui frappe l'Angleterre. Le British Museum organise actuellement et triomphalement une exposition sur l'Empereur Hadrien, homosexuel, marié à un grec, humaniste, hellénophile, pacifiste mais sanguinaire.

En septembre commencera le tournage de l'adaptation des Mémoires d'Hadrien, le roman le plus populaire de l'écrivaine Marguerite Yourcenar. Un péplum qui sera tourné au Maroc et qui réunira Antonio Banderas dans le rôle de l'Empereur romain et Charlie Hunnam (en photo) dans celui de son jeune amant. Ce dernier est surtout connu pour son rôle de Nathan dans Queer as Folks. On l'a aussi vu en vedette de Nicolas Nickleby et en second rôle important dans Les fils de l'homme.

Yves Saint Laurent, l’homme qui aimait la femme (1936-2008)

Posté par vincy, le 2 juin 2008

smokingforever.jpg

Yves Saint Laurent est mort à l’âge de 71 ans. Héritier de Dior (qu’il remplaça à la mort soudaine de celui-ci) et de Coco Chanel (« Mademoiselle Chanel a libéré les femmes, Saint-Laurent leur a donné le pouvoir » disait son associé et ami intime Pierre Bergé), il est aussi le précurseur de Lagerfeld, Gaultier, Ford et Jacobs… Yves « Henri Donat Matthieu » Saint Laurent, aux initiales essentielles (« YSL », une marque en soi) a été l’un des plus grands créateurs durant 40 ans de mode. Son seul regret fut de ne pas avoir inventé le jean’s mais il a cassé les verrous qui engonçaient les conventions ; on note deux grandes inventions : les femmes en pantalon puis le métissage des couleurs et des tissus, éloge du noir (dont il a sans cesse célébré l‘élégance) et des tons vifs.

Sur les planches, il travailla avec Roland Petit, Jean Cocteau, Marguerite Duras. Fils d'un exploitant de salle de cinéma, il fut le costumier de Claudia Cardinale (La Panthère rose, sublime Capucine), Leslie Caron, Jean Seberg, Romy Schneider (César et Rosalie), Gérard Depardieu (Trop belle pour toi). Il fut en charge des costumes du multi-césarisé Providence.

La femme de sa vie, Deneuve

Mais c’est évidemment avec Catherine Deneuve que la plus belle histoire d’amour se noue. Muse et mannequin, son amie Catherine fera la promotion de ses créations en toutes circonstances : remises de prix, festivals, films... En créant ses costumes pour Belle de Jour, dix ans à peine après avoir repris les rênes de la maison Dior, YSL entre dans l’histoire du 7e Art, mariant le chic et le pervers, habillant la femme « beauvoirienne » par excellence, entre émancipation et soumission. Il habillera Deneuve dans La Chamade (Cavalier), La sirène du Mississipi (Truffaut), Liza (Ferreri), Un flic (Melville), The Hunger (Scott). Une fidélité qui ne trouve écho qu’avec Audrey Hepburn et Givenchy. On touche à l’extase… « Elle a toujours été extraordinaire pour moi. Je l'habille depuis le film Belle de Jour de Luis Bunuel. C’est une femme qui a un charme et un cœur merveilleux. Pour moi, elle est la plus grande star mondiale. Nous nous écrivons souvent. Je l'appelle Catherine, ma douceur, elle m'envoie des roses pâles. » Dans le dernier numéro de Première, Deneuve lui renvoie l’amabilité : « Saint Laurent lui-même est quelqu’un que j’aime tendrement. » Normal qu’ils se soient trouvés, elle qui incarna toutes les femmes, lui qui habilla pour toutes les femmes. Il avait construit un empire avec des parfums, une collection hommes, des boutiques dans le monde entier. Tout fut revendu il y a quelques années à une multinationale davantage obsédée par la valorisation de la marque que par le génie de son créateur. Il quitta les podiums en 2002, entouré de Casta et Deneuve, préférant se soigner sous le soleil marocain.

Les obsèques auront lieu jeudi à l’Eglise Saint-Roch à Paris. Ses cendres seront amenées à Marrakech. Une sépulture les accueillera dans les jardins de Marjorelle, bordant les propriétés de Pierre Bergé et du couturier.

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Voir aussi notre dossier Mode et Cinéma